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Full text of "Coustumes de Beauvoisis"

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BOSTON PUBLIC LIBRARY. 




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COUSTUMES 

D E 

BEAUVOISIS, 

Par ç^efire PHILIPPES DE BEAUMANOIR 

Bailly de CUrmont en BeauvoiCis, 

ASSISES ET BONS USAGES 

DU ROYAUME DE JERUSALEM. 

Tm CMe§re JEAN D'IBELIN Comte de Japhe & d'^fcalon, 
S, de Hames & de Bamth. 

ET AUTRES ANCIENNES COUTUMES- 

Le tout tiré des Manufcrits. 

xAiiec des Notes & Obfer-uations , & un GioJJaire pour l'intelligence des Termes 
de nos anciens Autheurs, 

Par GASPARD THAUMAS DE LA THAUMASSIERE Ecuyer 
S. de Puy-fcrr and, Bailly du Marquizat de Château-ncuf-fur-Cher, 
Avocat en Parlement. 




A BOU RGES, 
Chez François TouBEAuImprimeur Juré de l'Univerfïté & delà Viliev 

±.t fe -vend, 

A P A R I S, 

En la boutique de L. B ilLAiNe , 

Chez Jacques Morel, au fécond Pilher de la Grand' Salie du Palais^ 
au srand Cefar. 



M. DC. XC- 
AVEC rPRIFJLEGE DV J^OK. 



ADAMS 

6v A: 



A MONSEIGNEUR 

M E s s I RE 

JEAN-BAPTISTE COLBERT 

Marquis de Seignelay & de Châteauneuf fur 
Cher, Miniftre & Secrétaire d'Etat , Treforier 
des Ordres du Roy , &c. 



ONSEIGNEUR, 



^oyque les auteurs que je njous f refente foient jufques à prefent demeureT 
Manufcrits dans les Bibliothèques des Curieux, Us ne font pas néanmoins indimel 
de paraître en public fous la favorable proteélion de Votre Grandeur 
foit que l'on conftdere leur mérite, leur qualité, & celle des matières qu'ils traitent^ 
Le premier ejî Mejjire Philippe de Beaumanoir Chevalier, fucccjjivement Bailly de 
Clermont en Beawvoifs , de Senlis & de Vermandois , Confaller de Monfitur Robert 
Comte de Clermont fils du. Roj S. Louis, l'un des plus fcavans hommes de fin fécle 
en Droit Civil & Canonique, ^ principalement dans le Droit Coutumier de U uSj. 
France, il a traite des Coutumes de Beauvoifis , ou plûtoft des Coutumes qui s'ob- 
fervoient de fon temps en tout le Royaume. 

Le fécond efl Mejfire Jean d'ibelm Comte de Japhe & d'Jfcalon, Seigneur de 
Baruth & de Rames, l'un des plus accomplis Chevaliers d'Orient, & le plus fça~ 
vant Gentilhomme d'Outremer, qui nous a donné les Jjffis ^ bons Vfa^es du 
Royaume de Jerufalem , qui ne font autre chofe que les Loix que les Princes 




avoir 
ui 



François accordèrent avec beaucoup de juflice aux Peuples d'Orient, après les .. 
vaincus par la^ force de leurs Armes ; Ces Coutumes ne font autres que celles q... 
étoient obfrvées dans le Royaume de France, comme il le témoigne luy-même 
en plufieurs endroits de fon Livre. £t font les véritables fources de notre Droit 
Coutumier, qui pourront fans doute beaucoup contribuer à l'expliquer er l'iHufirer, 
dans ce temps que notre ^ugufle Monarque a établj l'Etude publique du Droit 
François , qu'il fait enfeigner dans les Vniverfte^ .; Ce font les plus anciens 
Doéleurs du Droit François , & l'on peut dire que ce qu'ont écrit BouteiUer, l'Au- 
teur du Grand Coutumier ^ autres Anciens que l'on a donné au Public^ ne font 



mn en comparaifin de ce qui fe Ut dans ces Juteurs , qui juftifient que l Ufagc 
des Fiefs & du Droit Féodal, eft beaucoup plus ancien en France, que l'on na^ 
ojoit cru, puifquily ttoit ohfcrvé lon^-temps avant que les Confuls de Milan eujjm 
écrit du 'Droit & de l'Vfage des Fiefs ; que ces ^Auteurs & les autres Nations ont 
emprunté de notre France. La compilation de ces Jfjifes du Comte de Japhe a été 
faite environ l'an izjo. & elles ont été établies dés l'an lopp. 

L'un er l'autre contient les Loix fous lefquelks nos Jnceflres ont vécu,]' avoué. 
Monseigneur, que vous y trouvère-^ quelque chofe que le malheur des 
temps avoit produit. Vous trouvère-;^ que les Grands du PyOjaume fe faifoient la 
çruerre les uns aux autres de leur autorité privée : Vous trouvereT^ au nombre des 
Preuves légitimes & judiciaires les Duels eïT les Gages de Bataille, quoique la pru~ 
dence d'un des plus faints er des plus grands de nos l{àis les eut abolis dans fes 
Cours fans les avoir pu bannir de celles de fes Barons, (fes Vfages entièrement 
abroger P^rmy nous, confirment le bonheur des Peuples qui vivent aujourdhuyjousla 
proteâion çy la domination du meilleur O' du plus puiffant Roj du monde, d'un Roy 
quiefi la terreur de fes ennemis ^ les délices de fes Peuples, qui triomphe de fes ennemis 
par la force de fes armes , & qui a feu arrêter le cours de fes Viéhires & de fes 
Conquêtes par une modération fans exemple , pour donner la Paix a l'Europe, que U 
jaloujie & l'ambition d:s autres Nations a inconfiderément rompue, qui abolit les 
mauvaifes Coutumes , donne de fages Loix a. fes Peuples ^ & qui règne autant 
par la fufiice ^ par la clémence ^ que par la candeur de fon courage , ^ par fa 
puijjance. 

On peut neanmois tirer de nos ^Auteurs des Inflruélions très -importante s. Vous 
y verre? » MoNSEiGNEuR, l'ordre judiciaire de leur temps très -nettement 
exfyliqué, l'origine des Doiiaires, le Règlement des Jujîices Ecclefiafliques & Séculières, 
le Droit des Fiefs , les devoirs réciproques des Seigneurs ^ des Vajjaux, les Forma^ 
lite?» la matière & l'exécution des Tefiamens, l'ordre des Succejfions direéles & coU 
latérales , c^ ^^^ principales matières de notre Droit François dans leur pureté 0* 
dans leur fource, 

T^s x^uteurs qui demandent la pr&ttéîion de VÔTRE GRANDEUR, 
s'ejlimeront heureux de paraître fous les aujjices d'un fi fidèle ty^inijlre qui na pour 
but que le Service de fon Roy , la gloire de la France , le bien de l'Etat, le rétablifje- 
ment des Lettres ^ le bonheur des Peuples : En mon particulier. Monseigneur, 
je me ferviray de cette occafion , en vous prefentant ces illuflres ^Auteurs pour vous 
rendre mes rcfleéîs , (y pour vous témoigner en même-temps la reconnoiffince que 
fay de toutes les grâces que j'ay reçues de VÔTRE Grandeur, ç;^ de toute 
votre Famille , ^ pour faire connoître que je fuis , 

MONSEIGNEUR, 

DE VOTRE GKANDEVR, 

Le tics-humblc & tres-obcifTant 
Serviteur. 

De la Thàumassiere. 




AVERTISSEMENT- 

E fcroit une témérité très -grande de vouloir par des paro- 
les relever le mérite des Autheurs que je donne au public > 
qui fe fouticnnent 11 bien par eux-mêmes^ & qui font infini- 
ment au dcflus de tous les Eloges que je leur pourrois don- 
ner. Laledure de leurs Ouvrages en découvrira beaucoup plus 
que tout ce que j'en pourrois dire. 
■ Les Coutumes de Beauvoifis écrites par Pliilippes de Beaumanoir, font 
les plus anciennes qui ayent paru jufques à prefent, de celles où les matières 
font traitées avec méthode, &c diviiées par Titres ou Chapitres, elles con- 
tiennent toutes les Maximes de nôtre ancien Droit Coûtumicr , & font l'o- 
rigine & la fourcc de celuy qui eft à prefent en uiage. 

Pendant que mes anciennes Coutumes de Berry & de Lotris étoient fous 
la prefTejUn de mes amis me communiqua un Exemplaire imparfait de celles 
de Beauvoifis, la le<5lure que j'en fis me donna un grand defir de voir la 
pieceentiere, après l'avoir long-tems cherchée inutilement, j'eus enfin reccur 
a M. d'Herouval,qui fuivant l'inclination ordinaire qu'il avoir d'obliger tou- 
tes les perfonnes de Lettres, eut la bonté de me faire tomber entre les mains 
trois Exemplaires de l'Ouvrage dont je parle. Le premier ell un ancien Ma- 
nufcrit écrit fur vclain tiré de la Bibliothèque de Monfieur Colbcrc. Le fé- 
cond eft une copie que Monfieur Chuppé Avocat en la Cour , a fait tirer 
d'un ancien original. Le troifiême d'un caradere fort ancien & qui eft du 
temps de l'Autheur, ou du moins en aproche ; il appatenoit à Monfieur de 
Loucttierc auflî Avocat en Parlement, &: il eft à prefent dans la Bibliothèque 
de Monfieur l'Avocat General de Lamoignon, & je me perfuade que c'eft 
celuy que Louis Carondas le Caron avoir entre les mains, & fi je me trompe 
dans ma conjecture \ au moins il eft certain qu'il a appartenu à Benjamin 
Carondas le Caron Procureur du Roy à Clermont en Beauvoifis. 

J'ay reconnu par la lecture de cet Ouvrage qu'il y eft traité plus clai- 
rement qu'en nul autre des véritables Maximes de noftre Droit Coûtumier 
& de l'ancien ordre des procédures judiciaires; il contient foixante & dix Cha- 
pitres , qui traitent fort au long les principales matières de nos Coiitumes, 
tout ce qu'ils contiennent eft très-utile & curieux, enforte qu'un célèbre Au- 
theur de ce temps a eu raifon de le préférer à tous nos anciens Autheurs, ;^^/ jj.^ 
& de dire, g«e ce que Bouteiiler a écrit depuis en fa Comme rurale^ nejî rien en corn- Cange,A- 
faraifon de ce quife lit dans cet Amheur. J'ay cru qu il étoit à propos de le pu- '^^^[''n,^. 
blier, pour découvrir la fource, ou nos meilleurs Autheurs ic du Moulin Us.fanie 
même ont puifé leurs plus pures lumières , & d'où ils ont tiré leurs plus fo- ^' ^'f^'- 
lides principes. Chopin, Carondas, Loifel , Frcrot , Pithou , Brodeau, Mef- ^IZs.^ 
fleurs Du Cange, de la Lande, Ricard , de Launay, &c plufieurs autres Au- sur l'Art. 
theurs célèbres l'ont cité dans leurs Ouvrages, comme ie le fais voir fur ^s- de u 
chaque Chapitre. Carondas avoir promis de le donner au public, & de l'iUu- p^^'^^ ' 



Mc.o:.s ftrcr de fcs Commentaires. Loifcldît qu'il ravoit donne a Douceur Libraire 
^^-"- nour r mp rimer. Monfieur Rrcard célèbre Avocat, avoit pris la peme de le 
T^" ''■ Lp c naerement de fa mam, pour le donner au public fa copie eft en- 
' r/ mains des fieurs Guignard ô. Seneuze Libraires de Paris, mais il n y a 

aucunes Notes de ce dode Avocat, aind que Ion m en a affure. 

p" ppes de Beaumanoir Autheur de ces Coûturnes dit dans leProlo 
r;.3,H.eu qufétoitdeBeauvoifis, &quilfai^^^^ 

' foll CT nohU Koknfrcn à. Roy de France Co.te de CUrmont, Il temoi 
ene ailiers qu'il 6toit BaïUy de cette ViUe-là, il ne fe nomme qu a la fin 
le fon Livre , dont le Titre fait voir qu'il le compofa lan mil deux cens 

"^"n'frfuffi BaiilY de Senlis l'an 1173. & en cette qualité il tint les A f-^ 
fifes la même année. Il l'étoit de Clermont dez l'an iz8o. & il rendit compte 
de la Prevofté de Clermont cette année. Amaury de Montfort Chanoine de 
Roiien afranchit plufieurs Héritages que Philippes deBeaumanoir tenoit de 
Juy, pour les tenir en Fief des Seigneurs de Remin par Lerres du mois de 
Tuin îlsx. ce que le Comte de Clermont aprouva le Dimanche après 1 Epi- 
phanie U83. Il étoit Bailly de Vermandois , il fut envoyé par le Roy en Ira- 
lie, & rendit compte de fon voyage à la Chambre 1 an u8p. Il tint les Af- 
fifes en la Ville de Saint Quentin le jour de la Ti^Uim ii^o. 1 etoit en- 
core Bailly de SenUsl'an 1.93. ^l avoir époufé Mabile de Boues, probablement 
de l'illaftre Maifon de Boues prés d'Amiens, dont la Généalogie a ete donnée 
' par Monfieur du Chefne en Ion Hiftoire de Coucy, & par laMorliere en 

celles de Picardie; elle en étoit vefve l'an ^^^C, \z nay rien trouve de la 
Maifon, mais comme les Charges de Bailly ne fe donnoient de fon temps 
qu'à des perfonnes Nobles , il eft confiant qu'il etoit Gentilhomme , & 
Chevalier, homme d'une expérience confommee , d une grande prudence , 
& un des plus fçavans hommes , tant en Droit Canonique & Civil, quen 
Droit François qui fut de fon temps , & fon Ouvrage en rend un temoi- 
gnaP-e alTuré. On peut dire deluy,ce que Mathieu Pans lan i^ji.dit de 
Henry de Bathon, qu'il étoit, miUs Lhterams , Uyim tcrr^ pcrmfmus om 
le qualifier comme Philbcrt Darces Gentilhomme de Dauphine dans Ion 
Epitaphe, Chevalier en armes & en Loix , qui eft la qualité que Froiffard 
donne à Meffire Renaud de Sens Bailly de Blois. ,, n r ■ 1 r 

3'ay fait imprimer le texte de noftre Autheur, tel quil eft forti de les 
mains , & je n'ai rien voulu changer ni des termes, m même de Torthogra- 
phe ; j'ay fait des Obfcrvations pour expliquer les endrous les plus oblcurs, 
& pour faire voir la conformité qui fe trouve entre les Maximes contenues 
dans cet ancien Autheur, & la Jurifprudence gardée aujourd'huy au Palais. 
l'ay adjoûté plufieurs anciens Titres tirés des Manufcrits qui mont ete 
fournis par plufieurs perfonnes, le tout pour découvrir la fource de nos 
Loix municipales , & je feray fatisfait fi j'ay contribué quelque choie a 1 e- 
ckircilTement de noftre Droit Coûtumier dans le temps que Ion travaille 
à l'illuftrcr. Et je fcuhaiterois avoir pu fiire ce que difoit Pline le jeune a l'Em- 
pereur Vefpafien , 'vetujlis noviutem dare , novis authorimm, ohfoUtis mtorem, 
fajiiditis gmmmjuhiis fidem; j'efpere que mon entreprife fera agréable au pu- 
blic , & qu'au moins il louera mon deifein &c l'envie que j'ay deluy rendre 
fcrvice. 



J'ay joint aux Coutumes de Beauvoifis , les Aflifcs de Jcmfalem , qui 
font les Loix, Statuts ^ Ufages Se Coutumes accordées au Royaume de Je- 
rufalem par Godefroy Duc deBuillon Tan 105)9. comme je diray cy-aprés. 

J'ay ajouté quelques anciennes Coutumes en langue vulgaire, qui fontra-^ 
tes & curieufes , j'en ai encore plulïcurs autres dans mon Cabinet, dont ]cù> 
père quelque jour de faire part au public. 

'ts^^fctr /^dbi^ ^fâ]?^»' «feî^ 

ELOGES DE PHILIPP. DE BEAUMANOIR> 

Tirés de divers Autheurs. 

extrait du Chapitre y. n. iz. des Mémoires de Beauuais & de 'Beau'VoiJîs ,p<tr- 
M. Antoine Loifd A'vocat en Parlement. 

HiLiPPEs DE BeaumanoiR fut Confeillet de M. Robert 
fils du Roy S. Louis , Comte de Clermont , dont il étoit Baillif ^ 
^^^B| tenant fes Aflifes, ainfî qu'il apert par les 30. & j4.Chap. des Cou- 
ftumes &c ufages de Beauvoifis j par luy recueillis en l'an 1183. qui ell: le pre^ 
mier & le plus hardi œuvre qui ait été composé fur les CoulL de France- 
car c'eil luy qui en a rompu la glace <& ouvert le chemin à Jean le Bouteil- 
ler, & tous ceux qui font venus depuis. Car Melfire Pierre de Fontaines 
Confeiller & Maitredes Requêtes de S. Louis 3 Autheur du Livre de la Roi- 
ne Blanche, n'avoir point paffé fi avant; il apert par fon Livre qu'il étoit 
grand Legifte, Canonifte &c Coûtumier. Il meritoit d'être imprimé , l'ayant " 
baillé à cette fin à Douceur Libraire; il eftoit certainement de Beauvoifis ,' 
fon langage le montre manifeftement , &: il le dit luy-même en fon Prologue^ 
auquel il n'eft point nommé, mais il l'eft fur la fin de fon œuvre. 

iJH. Louis Charondas le £aron en fon Commentaire jur la Coujlume de Paris art, ^^l 

Philippes de Biaumanoir Ch. 31. duquel jefpere qu'on verra en brief le 
Livre imprimé avec quelques Annotations* 

Extrait de la Bibliothèque du Sieur de la Croix du Maine , imprimée a Taris che^ 
Ahel l' An^elier ijS^.pag. j/i. 

Philippes de Beaumanoir Bailly de Clermont en Beauvoifis. Il a écrit & 
compilé le grand Couftumier de Beauvoifin en l'an de faluc 1183. lequel fe 
voit écrit à la main en la Bibliothèque de Nicolas Bergeron Avocat en Par-;, 
lement, & Jean Du Tillet fait mention de lui en fes Mémoires, & plufieius 
autres Autheurs femblablement. 

Sxtrait des Addit. au Comment, de M. R^icart fur la Coufl. de Senlis. 

Il y avoit dez l'an 1x83. une Couftume particulière du Beauvoifis ^ écrite 
par Philippe De Beaumanoir, qui étoit un excellent Ouvrage, dont Du Mo- 
lin a tiréles plus belles Maximes du Droit François. 



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2{icartfur l'Jrt. zzz. de U Coufl. de Sentis, 

Philippcs de Beaumanoir qui a fait un ample Volume de toute la prati- 
que en l'an 1183. 

(^hoppin. Lib. i. de Morik Tarif. Tit. /. ». ip. f. zz. 

îdquePrifcis Galliac Judiciis receptum acfervatum pcrhibct Philippus Bel- 
manems , qui Claromontanae Belvacorum Jurifdiâiioni przefuit an. 1184. in 
Codice idiographo Belvacenfls Confuct. €.13. 

Idem Tit. z. n. 2^. 

His proinde conformis modo ufus Prifci Judicem Obfidemque Subdo 
Philippum Belmanerum Claromontis Belvacorum Pr^etorem in Lib. Bello- 
vacs Confuet. manu defcnpco ànno 1x84. cujus cap. 7.C. verba h^cc refe- 
runt,.&c. 

Idem jÇjk 2. Tit 7. 

Quemadmodùm Antiquus Bellovatorum praxiarcha litteris mandavitan. 
1183. in manu fcripto codice morum civilium. 

Idem de Commun. Callic. Conf Pr^tcept. Libel. pan. /. n. 8. p. jS. 

Antiquus Franciaî praxiarcha literis prodidit : Que les perfon font Jî di'verfes 
au on ne poroit pas trouver el Hoj/aume de france deuxChaJlelenies qui de tos cas 
ufajpnt d'une même Coflume. In Lib. Philippi de Biaumanoir Claromonti Bel- 
vacorum quodam pracfedi, cujus Infcriptio talis eft. 

Chi commenche li Livre des Coujlumes & des 1J Cage s félon che que il courait ou 
ttms que chis Livres fu fais en l'an de l'Incarnation nofîre Seigneur jz8j. 

Idem ibidem ^. -f . />. ^p. 

Sicuti Teftatum reliquit Philippus de Beaumanoir JudexClaromontanusin 
Lib. Claromont. Conf cujus hxc verba Tunt. 

Idem Lib. z. de Leg. And, Lib. i. C. j. «. jj. p. ziz. 

Ex Lib. Philippi de Biaumanoir de Confuet. 6c Ufibus Bellovacorum aut 
Francorum verius. 

Idem Ibidem C. 42. p, 3/7. 

Philippus de Biaumanoir Antiquus Gallia: Pragmaticus. ' 

Extrait du Livre de la Noble jfe de 'Beauvoips par Louvet,furla Famille 
de Beaumanoir. 

PH I L I P P E s de Beaumanoir ChevaUer Bailly de Senlis , comme il pa- 
roît par les Titres de l'Abbaye de Saint Germain de l'an 125,3. i^ avoiç 
au précèdent tenu les Aflifcs en l'an 1273. il a rédigé par écrit les Coutu- 
mes de Beauvoifis en l'an ii8i. qui fe voyent encore> 



Extrait de l'JvertiJJement de M. Du Cange , fur U troïfême partie de l'iJijioire 
de Saint Louis. 

TT^NtRE les traitez qui ont efté écrits fut ces matières, le pluscuricUx^ 
J^. fans doute , efl: celuy de Philippes de Beaumanoir. Ce Volume eft 
afles gros ôc comient 70. Chapitres , qui tlaitent fort au long de diverfes 
matières fur Torde judiciaire de ce temps-là , 6c avec beaucoup d'eitaditude : 
en forte que ce que Bouteillier a éctit depuis en fa fomme rurale, h'eft rien 
en comparaifon de ce qui fe lit dans cet Autheur : Il fut Bailly de Clermont 
en Beauvoifis fous Robert Comte de Clermont fils de Saint Louis , il fut 
encore Bailly de Senlis en Tan iz^»;. ainfi que j aprens d'un Compte des Baillis 
de France de cette année là» 

TITRES Oyi CONCERNENT THIUPPES DE BEAVMANOIR. 

Extrait d'un ancien Regiflre des rentes du Comté de Clermont en Éeau-voijïs , à U 

fin duquel il jy a plujtcurs Char es^ entr autres celle-cy qui efi une Traduélion 

du Latin en Picard, communiqué par tJ4i, d'J^erouval. 

NOus Robers Fieus le Roy de Franche Cuéns de Clermont. Faifons 
fçavoir à tous que nous veuës les Lettres de noftre Amé &c Feel Al- 
maurry de Monfort Chanoine de Roexi, faines ôc entières en la fourme & 
cilla manière qui s'en iùit. Je Almàurris de Monfort Chanoine de Roen, 
fais à f(^avoir à tous que comme Phelippés de Biaumanoir tenift du Conte 
de Clermont & de moy. Li quex cuens tient che que il a e§ chofes qui s'en 
fuivent par deffaut de homme, quatre màfures, lefquelles nous dévoient à le 
Saint Rcmi par an, vint fous de Parifis, & au Noël 16. mines d'Avene &c 
Kî.capons, defquelles quatre mafures, l'une fu vuitafle de Rcmir. La féconde 
Bertin le Bouchen, la Tierche me haut, le Villaine. La quarte fu Jehan le 
Poincier & Lorenche, la Coiffiere, derequief come li dis Phelippés nous 
deuft pour cinc pieches de Pré p. fous de rentes chacun an, cheft aifavoir 
lune des pieches à le folfe li elTain; Le féconde pieche jôufte le Pré Medame 
Jehanne. Le tierche pieche à la Corne Helouis. Le quarte pieche que l'en 
nome le Pré Bertin. La quinte pieche que l'en nomd le Pré au Gubelvis. Item 
comme li dis Philippes nous deuft pour le terme d'Allemont 18. deniers 
de chens des folfès de fon Courtilg. iz. deniers de rente ôc deux capons, 
des folfés Monfeigneur Jehan Dureboife, trois capons & iz. deniers de 
chens fus trois mines de terre, de les le Moulin à vent qui fu Monfeigneur 
Jehan Boize trois fols. Item comme li dis Philippes tenift de nous 15). mines 
deterre,où la entour à champart, nous rous les Hiretages delfus dix audic Phe- 
lippés de Beaumanoir & à fes hoirs pour l'amour de li^ & pour fon bon ferviche, 
franchiffons,& otroyonspour telle partie comme nous y avons&rcnons,à tenir 
franchement des Seigneurs deReminen Fié & en hommage avencle Fie que il 
tenoit. Et voulons & otroyons que tous les héritages deifus dis foient tenus des 
Seigneurs de Remintout à un hommage, & eft à fçavoir que ou temps que chi 
dons fu fais , li dis Phelippés ne tenoit en fon Fié que un mui de terre gagnaul© 



qui fur Monlieur Pierre Heniy , & déformais il tenra 20. mines de terre 8c 
fbn Manoir ôc fes bois chèque il en a en Jurequin, cheft à fçavoir 17. 
arpcns ou la entour , & fes hoftes, & fe l'en neuve que il 'ait plus de terre 
o-aaingnauble que les zo. mines deffus dis en noftre teneure qui ne foit te- 
nue d'autrui que de nous , le furplus demourra à eftre tenus à Champart. "Et 
feil eft trouvé que il faille des zO. mines deffus dis, U dis Phelippcs porra 
conquefter en nos champartiex jufques à le fomrae defliifdite. Item nous 
franchiffons audit Phelippes trois arpcns qui fient à Loferoie^ des quiex U 
nous devoir chafcun an fix fous de rente & fîx capons. Item comme li dis 
Phelippes au pourfit de le Ville de Remin, ôc pour le fien pourfît aittranf- 
porté une ruelle qui aloit parmi fes gardins eft raffife à joignant des gardins 
fans la Ville damagier , nous le voulons & otroyons en le manière que il 
eft fait, ôc toutes ces chofes deflus dites avons nous donné Ôc otroyé audit 
Phelippes ôc fes hoirs fauve la droiture Monfeigneur le Comte de Clermont, 
que il a es chofes devant dites par deffaut de homme, fi comme il eft deffus 
dit, Ôc de dans la ToufTains prochaine à venir li dis Phelippes eft tenus à 
bailler à nous ou à noftre mandement , toutes les pieches de 20. mines de 
terre ôc des chofes deffus dites, fî que l'en ni puift ne mettre , neofter,& , 
que che foit ferme ôc eftauble , je h devant dit Almauris ai feellé ches lettres 
de mon feel, che fu fait en l'an de grâce 1282. ou mois de Jung le lundi 
devant Fête Saint Jehan Baptifte. Nous Robers Cuens de Clermont defTus . 
dis des chofes deffus dites volons , gréons ôc otroyons comme fîres, 6^ en leur ' 
que tout nous avons donné, quidié , ôc otroyé celé partie comme nous avons 
es terres & héritage deffus dis, fauf che que nous y retenons le haute Juftichc 
ôc tous les cas qui à haute Juftiche apartiencnt, ôc la baffe JufHche o tous les 
héritages defTus dis, li dis Phelippes ôc fi hoir tenront à toujours franquemenc 
en Fié Ôc en hommage dou Seigneur de Remin. Adechertes que il foit con- 
tenu en la lettre de Monfieur Almari deffus dit, que H dis Phelippes euftcn 
Jurequin 17. arpens de bos, ôc que il deuft des foffés Monfieur Jehan Du- 
reboife 3. capons ôc 12. deniers de chens, ôc fus 3 mines de terre joù.tc du 
Moulin à vent 3. fous ôc Jehans Daridians des 17. arpcns de bos dcflus dis 
ait retret 4. Arpens ôc les dis foffés ôc ladite pieche de terre parla bourfe, nous 
volons que en lieu des quatre arpens de bois refoiertt mis 4, arpens de bois 
que li dis Phelippes a en la caude Bruicre, fî que la fommc des 17. arpens 
rcfoit toute entière, ôc les cens ôc les rentes des dis foflés ôc ladite pieche de 
terre que nous avons quidées audit Phelippes, ledit foffé ôc ladite terre les 
rendront chafcun an audit Phelippes aufii comme ils faifoient à nous , ôc 
pour che que che foit ferme chofe ôc eftable , nous avons audit Phelippes 
ba'illié ches lettres feellées de noftre feele, chefu fait en l'an de grâce 1285. 
le Dimanche après le Tiphaine. 

Compotus Philippi de Bellomanerio Balli'vi CUromont, de Pr^pofituris Claromontis- 

de tcrmino omnium Smthrum M. c c. oSinagefimo. Communiqué par Mrs. 

d'Herouval & du Fourny. 

Le Conte Phehppc de Biaumanoir Chevalier BaiUif de Vermahdois , fait 
dou voyage de Rome l'an 128;;. 



Extrait et m ^uleau contenant les Bailliages de France àe ne,^ .communiqué bar 
les mêmes. Sihaneéîum ■ 

Philippus dcBellomanerio Miles Baillivus Silvanedtcnfis pro expcnfis failis 
per ipfum apud Sandum Quintinum pro cxercitu Hannonix rcdditis Bail- 
livo Viromandias per compotum ejufdcm ad Candelofam 1x91. 107. liv. 5. f. 
Idem pro denariis redditis Thefaurario pro ipfo ad candelofam iz5>z. 1168. I. 
8. f. 2.. d. folvendos ad omnes Sandos. 

Compotus Philippi de Bellomanerio Militis Êailliiji Viromandite ^ de termina 
Candelope izS^. 

Extrait d'un Compte en rôuleauk de la Chambre des Comptes de Paris, intitulé: 
Compotus Thejaurariorum Lupara, de termino SanBiJohannis izp6. au (Chapitre, 
E^cjpeéîus dati in BailliuHs Silvaneélum , Mabilia de Boua IJxor quondam Do- 
mini Thilippi de "Bellomanerio, clx. ///». 

ROOLE OV LISTE DES 3AILLIFS 

Gotiverneiirs dtt^ Comté de Clermont en Beauvoifier, 

i.Philippes deBeaumanoirBailIyenizSo. li. Charles de Boulinvillier Chevalier , 

2. Jean de Mourct Chevalier , Bailly en Bailly en lyiS. 

13(53. 15. Henry de Boulinvillier Chevalier , 

3. Gilles de Nedonchel ChevaUer,Bailly Comte de Rouflillon , fieur d^Hemefviller 
en 1373. Bailly en 1514. 

4. Pierre de Bournel S, du Ploix , Che- 14. Pierre de VVarcy Chambelan de 
valier, Bailly en 1379. François I. Grand Maître ^ des Eaues & 

y. Jean Foucault dit le Borgne , Cheva- Forets de France > Bailly Gouverneur en 

lier, Bailly eu 1400. 1539. 

6. Philbert de Digoine Chevalier, Bail- ly. Gilles Dongnies Chevalier Comte de 
ly en 1401. Chaune, Bailly Gouverneur en 1580. 

7. Pierre d'Efpineuzes Chevalier, Con- 16. Antoine de Longueval Chevalier 
feiller & Chambellan de Mr. le Duc de S. d'Haraucourt , Bailly Gouverneur en 
Bourbonnois , Bailly en 1410. 1^00. 

8. Henry Duc dit Chantelot , Ecuyer , 17. Jaques de Longueval Chevalier,BaiIly 
Bailly en 1438^ Gouverneur en 1^20. 

5». Louis de Soicourc Chevalier fieur de 18. Annibal Alexandre de Longueval 

Mouy,Confeiller & Chambelan de Mr. Chevalier Bailly en i^yo. 

le Duc Comte, Bailly Gouverneur en 1448. 19. Roger du Pleflïs CheValier des Or- 

10. Guy Pot Chevalier Bailly de Ver- dres du Roy , Duc de Liencourt, Bailly 
mandois, Gouverneur du Comté de Cler- Gouverneur en 1660. 

mont en 1489- 20. Monf. le Duc de la Rochefoucauk, 

11. Guillaume Comte de Montmorency Bailly Gouverneur en léSo. 
Gouverneur dudit Clermont en ijoo. 

J^IEVT ENJNS gENEJ^JVX kAV t AILLIAGE 

^ Comté de Clermont en Beawvoifsi 

I. Maître Pierre de Beftot Licentié ez Gouverneur du Comté de Clermont , en 
Loix , Confeiller de M. le Duc de Bour- 1414. 
bonnois , & Lieutenant General de M. le 2. M. Clément Vivien Lieutenant Genc- 



rai du Bailly de la Comté de Glermont , 

en 1417- 

3. M. Louis De Pelé Confciller de M. le 
Duc de Bourbonnois , Licuccnanc General 
fur le fait de la Juftice de M. le Gouver- 
neur de la Comté de Clcrmont,cn 14Z7. 

4. Noble homme & fage M. Jean Gouye 
Bachelier ez Loix, Lieutenant General fur 
le fait de la Juftice de M. le Gouverneur 
de la Comté , en 144(5. 

Ledit De Gouye fe voit encore en 1448. 

j. M. Jean Baillet Confciller de M. le 
Duc de Bourbonnois, Lieutenant General 
en i4j(î. 

6. M. Jean Louvet Liccntié cz Loix , 
Confciller de M. le Duc de Bourbonnois, 
& parluy étably Lieutenant General de 
M. le Gouverneur de la Comte , en 1466. 

7. Jean de Frapier dit Louvet, Licencié 
cz Loix, Ecuycr S. de Sailliville, Confcil* 
1er de M. le Comte de Clermont , &: par 
luy commis Se établi Lieutenant Gênera jde 
M.le Gouverneur de ladite Comtc,en 1484 

8. M. Louis Gaianc Confciller de M, le 
Duc de Bourbonnois & d'Auvergne , & 
par luy commis Lieutenant General de M, 
le Gouverneur en la Comté de Clermont 
en lyoo. 



^. Jean DarglUicre Ecuyer S. de Brulc- 
vert , Valefcourt & autres lieux , Confeil-*- 
1er du Roy Efleu à Clermont , Confciller 
& Secrétaire deMonfieur le Duc de Bour- 
bonnois &r d'Auvergne , & fon Lieute- 
nant General en la Comté de Clermont , 
decedé en ijii. 

10. François Dargillicre Ecuyer S. de 
Valefcourt &: de Monceaux , premier. 
Confciller du Roy , Lieutenant General a- 
prez l'éredion de la Juftice de Clermont 
en Juftice Royalle , prcfent à la reforma- 
tion de la Couftume en 1539. 

11. Gabriel Du Verger Ecuyer S. de Ro- 
teleu , Lieutenant gênerai au Bailliagc,ea 
1550. 

II. Louis Le Carron Ecuyer , Lieutenant 
General en ijéo. 

13. M. David Bofquillon Lieutenant 
General en léoo. 

14, M. Pierre Le Mercier Lieutenant 
General en léio. 

ly. M.. Pierre De Laiftrc Lieutenant 
General en 1630. 

16. M. Denis Gaultier Lieutenant Ge- 
neral en 16^6. 

ij. M. Louis Bofquillon S. d'Armangic, 
Lieutenant General en 1680. 



Témoignage des Âutheurs qui ont parlé des ^jffis de JerufaUm. 

Brodeau fur U Coutume de Paris P. p. Cette Coutume eft appellée. Jus C'fi»onta»um , ad diffère»- 
tiam Jurts Jcripti t^uod tranfilpinMm dicitur per Joa/7. Hiirefher. Ep. So. ad Alexandrum' 3- Et a efté 
donnée pour Loy aux peuples de la Terre Sainte par Baudouin Roy de Jcrufalcm , & fous le titre 
des Afllfes de Jerufalem, au rapport de VviILTjtihs Lib. 16. Cap. 2. Lib. /p. Cap. 2. çs\x il l'appelle, 
fus Confuctudinarium cjuo regehatur Regnum Orientale. 

Le même fur le Ttt. des Fiefs P. S-l-. Le Livre des Affifes de Jerufalem , dont le Manufcrit qui eft 
de l'an 1095). eft en la Vaticane, Se un autre en la Bibliothèque de Mcflire Pierre Seguier Chance- 
lier de France, & un autre en celle des Héritiers de deffunt Maître Jean rEfchailier Confciller au 
Châtelet de Paris, duquel j'ay tiré une copie. 

Le même fur l'Art. 20. P. 2^3. Les Alfifes de Jerufalem, qui font les Loix que les François ont 
donné aux peuples de Jerufalem & de Sirie , lors du premier vovagc d'Outremer. 

Le même fur l'Art. 2;. P. 2S0. Les François après la Conqucile de Jerulalcm, ont établi le mémo 
ufige, tant pour les Héritages Feodeaux, que Cenfuels de la Syrie & autres Provmces de l'Orient, 
qui ont efté donnez & oftroycz pour être tenus & pofl'edez librement en pleine & incommutable pro- 
priété, paft'erà l'héritier mâle ou Femelle, & être vendus & aliénez comme les autres biens patrimo- 
niaux, ainfi qu'il eft rapj. orté dans le Livre Manufcrit des Afllfes de Jerufalem , Andr. Morefmui 
L'b. 2. deir acijuifio che la Republica di Venetia , confederata con Principe FraHcefi^ fece d'eW Jm- 
perio di CotiflantiftopoliP. iS8. cfr iSp. 

Le même fur le Tit. de retrait l'gnag. Tom. 2. P. 31 i-. Les AflTifes de Jerufalem , qui font les Loir 
que Godcfroy de Bouillon établit au Royaume de Jcrufalcm & Chypre, après la Conquefte de la 
Terre Sainte faite par les François en l'an 1099. qui ont efté traduites en Italien , & imprimées» 
Venife en l'an 1545. Choppin Lib. t. de leg. And. Tit. 1. P. 84., ejuid de ali.i Francorum Equitum Co- 
loria Jerofalimas du^.i Cottofrcdu! Buiioneus fibaEU armis Paleflinit Leges fcripft in Conventu procerum 
bellorum Kofiris haud abftmiles. Ex Codice vetuflo fie infiripto. Des Alfifcs &: Ufagcs des plais de U 
haute Cour don Royaume de Jerufalem. 

De la Lande Coût. d'Orléans Arr. r. P. 4. C'a eftcauni l'ancienUfage de ceRoyaumc , duquel nous 
avons une preuve authentique dans le recueil des Statuts &: Rcglemens faits par Godefroy de Bouil- 
lon après la Conquefte de Jerufalem , bc par Baudouin fon fuccefTcur , pour le gouvernement & dif- 
cipline de fes fujets, Icfqueles Loix furent prifcs de la Police & obfervance gardée en France, Ce 
Livre eft intitulé, Des ^kjfifes ^ '^fig^^ & "'^■f P^^'s de U haute Cinr dn Royaume de Jerufalem. 




^ûm I m^^ s mm s mm^m^^ s mm s mm i mM^imè 

CI COMMENCHE LI LIVRES 

des Couftnmes 5c desUfages de Biaiivoifins,felonc 
ce qu'il couroic ou tans quecift Livres fu fez, c'eft 
affavoir en l'an de llncarnacion Noilre Seigneur 
M. ce. LXXX Se trois. 

CEST LI PROLOGVES, 

A grant efperancc que nous avons de l'aide à cheli parqui toutes 
choies font fêtes, &: fans qui nulle bonne œuvre ne porroit eftre fete^ 
che eft li Pères ,& li Fic3, & li fains Efperiz. Lefqucles trois très 
faintcs &: très precieufes chofes font un feul Dieu 'en Trinité , nous 
donnent talent de mètre notre cuer &: noftre entendement en eftude, 
& en penfée de trouver un Livre par lequel cil qui défirent à vivre em 
pés foient enfeignie briement coumcnt il fe détiendront de chaus qui à tort &c par 
mauvaife caufe les alTaudront de plet , &; coument il connoiftront le droit du tort ufé 
& accouftumé en la Contée de Clermont en Beauvoifins , & pourcc que nous fou- 
mes d'ichelui Pais , & que nous foumes entremis de garder .. &: de fere garder les 
Drois &; les Coutumes en le dite Contée par le volenté du très haut home &: trcs- 
noble Robert Fiex jadis du Saint Roy Loys Roy de France , Conte de Clermont , 
devons nous avoir plus grant volenté de trouver felonc les Coutumes doudit Pais, 
que de un autre , &: fi regardons m. refons prinéipaus qui à che nous doivent ef- 
mouvoir. Le première raifon fî eft que Diex commanda que on amaft fon proifme 
comme foi meifmes, èc chaus doudit Pais font nos proifmes par raifon de voiiinage ^ 
de nafcion , &; tiex i a de Lingnage, fi nous femble grant pourfit , fe nous par noftre 
traveilj à laide de Dieu leur poons parfere che Livre , par lequel jils puiflent élire 
çnfeigniés de pourcachier leur droit , èc delelTier leur tort. La féconde raifon lî eft 
four che que nous puiflons faire à l'aide de Dieu aucune chofe qui plefe à noftre Sei- 
gneur le Conte j &c à chaus de fon confeilg. Car fe Diex pleft par che Livre pourra il 
cftre enfeigniés coument il devra garder & fere garder les Coutumes de fa Terre ,^ç 
le Contée de Clermont , fi que fes houmes & li menus pueples puiflent vivre em pés 
delTous lui , Se que cheftui enfeignement li tricheeur ôc li bareteur foient tuit connei,i 
en leur barat , ou en leur tricherie , & boute arriéres par le Droit S>c par le Couftu- 
mes lé Conte. Le tierche raifon fi eft pour che que nous devons miex avoir en mé- 
moire che que nous avons veû ufer & jugier de noftre enfanche &: en noftre Pais que 
d'autre Pais dont nous n'avons pas aprifes les Couftumes ne les Ufages , & ne pour- 
quant nous n efperons pas en nous le fens par lequel nous puiflons par fournir cheft- 
Livre &: chefte entreprife, mes Ton a fouvent veu avenir que maint homes ont en- 
■coumenchiés bonnes oeuvres qui n'avoient pas le fens en aus de parfournir. Mes Dieu 
qui congnoiflbit leur cuers &c leur entendement leur cnvoiet fa grâce. Si que ii pai'fcr. 
ibient legierement ce qui leur fembloit grief au commenchier. Et en la fainccflcritu- 
re dift-il commenche & je parferai. Et en la fianche que il parfachc, &: que nous puil- 
fons acquerre fon gré par le paine &: par le travefl quenous imetrons avons noiïs oom- 
menchié en tele manière que nous entendons à confermer grant partie de che Livre 
par les jugemens qui ont efté feis en noftre temps en ladite Conté de Clermonr, i;t 
l'autre partie par clers ufagies & par cleres Coutumes ufées &: acpuftumées de lonc 
temps pefibleiuent, & l'autre partie des casdouccus en le dite Conté par le ]\\g^mm^ 



des Chafteleries voi/iries; &:rautr'c partie par le droit qùiefl: cdrAfnuhs à tfdvis elKô-" 
laumc de Franclie. Et fe aucuns a grant dcfiricr de favoir qui chclui fu qui commen- 
cha chc Livre, fe noftre Sire Dicx donne que nous le mettons à fin. Car aucune fois 
avient que li bons Vins cft rcfufcs quant on nomme le terrqoir la ou il crut , pour; 
che que on ne croit pas que tel tcrroer pcuft tel Vin porter. Et auffint nous doutons- 
nous fe on favoit fi tofl noftre non que pour le petit lens qui eft en nous noftre œu- 
vfe nen fuft rftains pioific. Mes pour che que nous veohs ufcr felonc les Couftumes 
des Terres , bi leiTier les anciennes Loys pour les Couftumes , il m'eft avis & à autres 
aùflint que chcs (^uftumcs qui maintenant font ufécs fi font bonnes &: pourfîtabics 
à faire mettre en efcript & en Livre, fi que clcs foient maintenues fans changier des 
ores en avant, que par les Mémoires qui font rcmuans , &: efcoulans par \cs vies as 
cens qui font courtes , & che quin'eft pas efcrit, cft (moult toft ouWic , & bien i 
pert à che que les Couftumes font fi diverfcs qtic l'on ne pôrroit pas trover ou Ro- 
iaume de Franche deus Chaftelcries qui de tous cas ufaffent d'une meefme Couftu- 
mc. Mes pour che ne doit on pas Iclfier à apenre & à retenir les Couftumes dou Pais 
ou on cft cftant &demouranr, car plus legiercmentcn apreùt on & retient on les 
autres , & meefmement de plufieurs cas eles fentrefîevent en plufieurs Chaftcleries. 
Et tout auffin coume chelui qui a une bcfoigne à fere , laquele il ne pùct faire fan§ 
l'aide le Roy de Franche , &: na pas tant delcrvi envers le Roy que il ne fe doutaft 
à faillir fe il le requeroit fans aide , quiert volentiers aide &; le bonne veullancbe 
de ceus de fen confeilg pour lui aider à prier envers le Roi. Tout auflînt nous eft il 
meftiers & plus fans comparaifon que nous apelons en noftre aide chaus & cheles qui 
font en le compaignie le Roy de Paradis pour nous aidier à prier le Seigneur dou 
Chiel &: de la Terre. Si en apelons la benoite Virge Marie j qui miex & plus hardie- 
ment veut prier fon filg que nus autres , & aprez tous Sains & toutes Saintes tous 
enfamblc , & chacun apar foi , en lequele prière nous avons fianche que Diex nous 
aide en chefte euvre > &: en toutes nos autres euvies. Si commcncherons des ore-i 
mes noftre Livre en le manière qui fenfieut; 
Chi fut ii Prologues de che Livre. 

là commenche le Denjijton de cejl Livret 

Pour che que che fcroit envieufe chofe à chaus qui vourront regarder en che Li- 
vre en aucun lieu qui leur foit convenable à che que il auront à faire pour auis oii 
pour leur amis de cherchier che Livre de chief en chicf. Nous en cette partie devi- 
îerons briement &C nommerons tous les Chapitres qui en che Livre feront contenus 
& tout en ordirc fi comme ils charront, & les faignerons par le nombre en chefte de- 
vifion , &: de meefme ce faing nous faignerons chacun Chapitre là où il cherra fi que 
par the pourra on trouver legierement la matière^ fcur laquelle l'on voudra eftu- 
dicr. 

Sachent ijue en cheft Livre font contenu LXX. Chapitres qui parolent des Ma- 
tières qui enfievent. 

L Chap. Parole de l'Ofîce aus Ballis quel il doivent cftre , &C comment ils fe 
doivent maintenir en leur Office; 

IL Parole des Semonces , &: des Semonceurs , & de Ceux qui ne obciflcnt aux 
Semonces , &c comment l'en doit fcmonre, 

IIL Parole des Eflbines & des Contrcmans qiie l'en peut fere par Couftumc. 

IV. Parole des Procureeurs &: des Eftablis pour autruy & qui puet fere Procu- 
rccur , & lefquclles Procuration valent , &; lefqucUes non , &: comment li Procurecur 
doivent ouvrer en leurs Offices. 

V. Parole des Advocats, comment il doivent cftre receu, & comment il fe doi- 
vent maintenir en leur Office , &: liqucl puent cftre débouté. 

VI. Parole des Demandes comment l'en doit fourmcr fa demande par devant Ju- 
ftice , & des Requeftes &: des Dénonciations , & en quel cas jurcce ou ignorance puce 
cfcufcr , & de ferment de vérité. 

VIL Parole des Defenfcs que li Deftcndierre puet mettre avant contre les de- 
mandes qui h font fctes que h clerc apelcnc Exceptions , &c des Rcplications , âc 
des Nianccs, 



VIII. Parole de ceux ijui cuvent trop tart à leur demande ferc , & de quel tans 
teneure pefible fouffift en demande de mcueblc, & de quel tans en Hiretagc. 

IX. Parole des cas ou jour de veue appartient , & coumcnt Icn doit barroyer en 
Cour laie, & coument veue doit eftre monftrée, & que tefmoings aient jour d'avi* 
iement Ce il le requièrent. 

X. Parole des cas des Qmex li Quens de Clermont n'eft pas tenus à rendre la 
Court à Tes hommes , aincois len demeure la connoiflance par refon de Souveraineté 
XI. Parole des cas des quiex la connoiflance appartient à fainte Efglifc , & des 
quiex à la Court laie & en quel cas l'une Court doit aidier à l'autre , & de la difFc- 
rence qui cft entre lieu faint ôc lieu Religieux , & de quel cas fainte Eglifc ne doit 
pas garantir, &: de la prife des Clers. , 

XII. Parole des Teftamens liquel valçnt , & liquel non , & que l'en puet laifllcr 
en Tcftament, & comment l'en puet debatre Teftament ou apeticier, &:que len les 
face tenir pour le pourfit des âmes , èc comment li cxeotiteur doivent ouvrer des exé- 
cutions , & la fournie de fere Teftament. 

XIII. Parole des Douaires coument ils doivent eftre délivré as famés , & coument 
clés les doivent tenir j& coument eles doivent partir aprcz la mort de leurs Seigneurs. 

XIV. Parole de Defchendement &c d'Efchcoite de cofté & de partie de Hiretao-es 
&: de raport , & de dons qui ne/ont pas à foufrir &: de faire homage, 

XV. Parole des Baux &c des Gardes des Enfans foubz aage, & de la différence qui 
cft entre Bail & Garde,& à quel tans Enfans font aagie parla Couftume de Beauvoifis, 

XVI. Parole des Enfans fous aagies, coument &:.en quel cas il peveent perdre ou 
gaaignier, &: coument ils peveent rapeler leur decevancc , & coument leur aage fe 
puet prouver ,& coument partie fe puet faire comrc eux. 

XVII. Parole des Tuteurs qui font Baillies as Enfens foubz aagies , pour gardes 
& pour aminiftrer leurs befoignes. 

XVIII. Parole liquel oir font loial pour tenir Hiretages , & liquel en pueent eftre 
déboute par baftardie, & coument baftardie puet eftre prouvé, &: liquel Mariage font 
bon , & liquel non. 

XIX. Parole des Degré de Lignaje parquoi chafcuns puift fçavoir combien fi pa- 
rent li font prochien ou lointeng. Car ce puet avoir meftier pour les Guerres ou pour 
recbufles d'Hiretages, 

XX. Parole de ceux qui tiennent Hiretages ou autres chofes par caufe de bonne 
foy , coument il doivent eftre gardez de damage , & coument cil qui à tort & par mo- 
vefe caufe tiennent lautrui chofe doivent eftre pugni , ôc coument certaines parties 
ne fe pueent fere en aucuns cas. . 

XXI. Parole de Compaignie , & coument Compaignie fe fet par Couftume , & 
coument l'on puet perdre &: gaaignier en compaignie, & coument compaignie faut,&; 
coument len puet ofter Enfans hors de Bail. 

XXII. Parole d'autre manière de Compaignie que len appelle Compaignie d'Hire- 
tages , lefquelles fe pueent partir , & lefqueles non , & coument len doit ouvrer en 
tiex Cornpaignies. , 

XXIII. Parole queles chofes font Muebles, & queles chofes font Hiretages fe- 
lonc la Couftume de Beauvoifis. 

XXIV. Parole quelle chofe eft Couftume , Se quelle chofe eft Ufagc , &; la diffé- 
rence qui eft entre Couftume & Ufage, & liquel Ufage valent, &:hquel non, ôc de 
leffier la terre pour le Cens , & des Edeiîces. 

XXV. Parole des Chemins de quele largeur il doivent eftre , ou coument il doi- 
vent eftre maintenus fans empirier & fans eftrecier, & à qui la Juftice en appartient, 
&: du conduict as Pèlerins & as Marcheans , & de ce qui éft trouvé es Chemins , & 
des Croix & des autres aaifemens communs. 

XXVI. Parole des Mefures &: des Poiz, & coument l'en doit pefer & raefurer, & 
coument cil doivent eftre pugni qui mauvefement mefurent. 

XXVII. Parole des Explois qui pueent venir as Seigneurs des Hiretages quidaus 
muevent fi comme de rachapt ou de Ventes , & de pris d'Hirctage. 

XXVyi. Parole çouinefit VQ doibt fcrvir foa Seigneur de roucin de fervice, paf 

A ijl 



4- 

raifoh de Fief, &c en quel domagc S fcnt , fe il nen fervent fi rommt il doivent.' 

XXIX. Parole des Services qui font fes par lovier ou par manderneht , ou par 
volenté , &c des Comptes des Serjans , &c des autres fervices que leu fet pour refon 
-de Ficf, &: de redemander arriéres ce que len paie trop. 

XXX. Parole des Mcsfcs , & quelle vencanje doit eftre prife de chafcun mesfet , 
&: que les amande font à voleté, &c des Bonnages^ & des Banis, & des faux tefinoms^ 
&c combien gaie doivent eftre garde, & des Alliances , &: de quel cas len fe pafle par 
fon ferement , &c de quoi len eft tenus à rendre autruy damage , & de mener fa pri- 
fe par autruy Seignorie , & de ceux qui foht appelé ou emprifonné pour cas de crie- 
me, & de ceux qui enmainent la femme ou la fille d'autruy,de les dits & des méfiées. 

XXXI. Parole des Larrecins apers , &c de ceus qui font en doute , & coumenr 
Larrccin fe prueve. 

XXXII. Parole de nouvelle deflaifine, & de force, & de nouvel trouble, & cou- 
menr len en doit ouvrer, & de lobeifiTance que li oftes doit à fon Seigneur. 

XXXIII. Parole que ce qui cfl: fet par force , ou par tricherie , ou par grant peur, 
ne (et pas à tenir. 

XXXIV. Parole des convenances, & lefqueles font à tenir ^ &: Icfqueles non, & 
des Marchiés , & des Fermes , & des ciiofes qui font obligiés fans convenance , &; 
coument paie fe prueve fans tefmoing , & quele chofe efl; force, &: des fraudes. 

XXXV. Parole de foi obliger par Lettres , &: coument on les doibt fere tenir , & 
coument len puet dire encontre, & la fourme de faire Lettres. 

XXXVI. Parole des chofes qui font bailliées à garder , coument on les doit tar- 
der & rendre à ceus qui les baillieront, 

XXXVII. Parole des chofes qui font prefl:ées , & coument cil qui les empruntent 
icn pueent ufer. 

XXXVIII. Parole des chofes bailliées par louier, & des Fermes, & des Enfraae- 
4nens. 

XXXIX. Parole des Pruevcs &; de faufler témoins ,& des efpurgemcns , & dui 
péril qui eft en mg nacier , &: de dire contre tefmoins ^ & qui ex cas puent cheoin 
-<?n prueve; 

XL. Parole des Ènquefteul-s &: des Auditeurs , & des aprifes ^ & de examiner Tef- 
moins , & de^Ia différence qui eft entre aprife , & enquéfte , &c de debatre Tefmoins. 

XLI. Parole dfes Arbitres & du pouvoir qu'ils ont , &: liquel valent , & liquel 
non , & coument arbitrage faut , &: d« quel cas on fe puet mettre en arbitrage. 

XLII. Parole des peines qui font pramifes,en quel cas eles font à paier, &: en quel 
cas non , & de la différence qui eft entre peine de corps &: peine d'argent. 

XLIII. Parole des Plegeries , & coument &: en quel manière len doit délivrer fes: 
pièges , &; des damages que len doit rendre en Court laie , & qui puet piéger , 8C 
qucles journées chafcun doibt avoir. 

XLIV. Parole de refcoufie d'Eritage, &: des Efchanges j èc que li barat ne foienc 
foufferts. 

XLV. Parole des Aveus & des Servitures , & des Franchifes , &: du péril qui eft 
<h defadvouer ^ &: coument on doit fuir ceux qui fe defavouenr. 

XLVl. Parole de la garde des Eglifes, &: coument len doit pugnir ceux qui leur 
mésfont,&: des deux Efpées, l'une temporel &: l'autre fpirituel, &c quel damage l'E- 
glife puet avoir de defadvouer fon Droit Seigneur. 

XLVII. Parole coument li Fief puent alongier &: raprocher leurs Seigneurs félon 
Ja Couftume de Beauvoifis , & que li tenant fi garde de partir contre Couftume. 

XL VIII. Parole coment li houme de Poète pueent tenir Fief en foi & en hou- 
iuaige, & coument il le doivent defervir. 

XLIX. Parole des Eftabliffemcns & du tans ouquel Couftume ne doit pas eftre 
gardée pour caufc de neceflîtés qui advicnncnt. 

L. Parole des Gens des bones Viles &; de leurs Droits , &: coument il doivent c- 
Jtrc garde &:juftichicfi que jl puiffent vivte en pés. 

LI. Parole pour queles caufes il loit as Seigneurs à faifir Fief &c autres Terres & 
■a tenir en leurs mains , ^ coument ils en doivent ouvrer au profit de leurs fougies, 
*^ «» gardant leur dr©it. * , * 



s 

LU. Parole des chofes défendues &: des prifes qui font fêtes pour damages , ou 
pour mesfés, & coument on doibt prendre &: ouvrer de la prifc, & d'Hiretages vendus 
par force, & Acs vérités. 

LUI. Parole des Recreances , &: en quel cas Icn doit faire Rccreance , &l en quel 
non, & coument Recreance doit eftre rcquife, &: coument elc doit cftrc fête es cas es 
quiex ele chiet. 

LIV. Parole comment len doit fere pàier lés Créanciers , & garder de dama<yc ' 
& la rAaniere de prendre es Mefons , & pour quel cas & coument len doit mctrc 
garde fcur autruy , bc queles les Gardes doivent eftre. 

LV. Parole des Reclameurs lefqûeleis font fêtes à droit, & léfquelles \ tort , ^ 
coument li Seigneur en doivent ouvrer. 

LVI. Parole de ceux qui ne doivent pas tenir Héritage , & que len doit ferc des 
folz &: des forfenes , & de la garde des Oftcleries &; des Maladeries , &: à qui la gar- 
'de & la Juftice en appartient 

LVII. Parole des mautalens qui mucvent entre homme & femme qui font af- 
femble par Mariage , & coument li Seigneur en doivent ouvrer, &; pour quiex eau-, 
fe il loit à départir l'un de l'autre, . , , 

LVIII. Parole de haute Juftiche & de baffe, & des cas qui appartiennent a l'une- 
Juftiche &: à l'autre, & de ceux qui vont armes par autruy Juftice ,& que pés ne foie 
fouiferte de vilain cas , & que H Souverain peveèrit panre lés Fortéreftes de leur Sou-» 
gies. ... 

LIX. Parole des Guerres , coument Guerre fe fet par Couftumes , &: coument ele 
faut , &: coument len fe puet aidier de droit de Guerre. 

LX. Parole des Trives & des Affeurèment, & liqucl émpueent eftre mis hors, &2 
dou perilg de lenfraindre. 

LXI. Parole des Apiax, &: coument len doit fourmer fon apel,& de quel cas lea 
puet apeller & depourfuir fon apel , & des Banis , & en quiex Armes len fe combat. 

LXII. Parole des Appiaux qui font fes pour defaute de droit, & coument il con-. 
vient foumet fon Seigneur avant que len ait bon appel contire li defaute de droid. 

LXIII. Parole queles defences pueent valoir à ceux qui font apeles pour anian-*, 
tre les gaiges , & des cas defquiex gaiges ne font pas à recevoii:. 

LXIV. Parole des Prefentations qui doivent eftre fêtes en plet de gaiges , en ar-^' 
mes &: en paroles, & des Seiremens, & des chôfes qui enfeVent jufques a la fin de 
Bataille. ,,,,.- 

LXV. Parole des Délais que Couftume donne , &: des Refpis que li homes pueenc 
pendre avant que il puiflent eftre contrains de fere Jugemens. 

LXVI. Pairole de refufer les Juges , &: en quel cas un feul Tefmoin eft creus , &J 
que fi Seigneur fàcent viguéreufement tenir & mettre à exécution ce qui eft jugié &: 
pafile fans appel. 

LXVII. Parole des Jugemens k. de la manière de fere Jugement , &: Coument len' 
doit jùgier , & liquel pueeht jugier , & coument li Sires doit envoier pour fcavoir le 
droit que fi homme font, & coument len puet faulïér Jugement, & coument li Ser-^^ 
gerit doivent eftré renvoies pour comter. 

LXVIII. Parole des Ufures & des Ternioiemens , &: coument len fe puet defen-i 
dre par caufe d'Ufure , contre les Ufuriers. 

LXIX. Parole des cas d'avantuires qui advienneiit par mefchèance esquiex ca^ 
pitiés & mifericorde doivent miex avoir lieu que rude Juftice. 

LXX. Parole des Dons outrageux qui par refon ne doivent pas eftre tenus , ^ d^ 
«eux qui font à tenir que len ne puet ne ne 4oit debatre. 



PRIVILEGE DV ROT. 

LOUIS par la grâce de Dieu Roy de France & de Navarre : A nos Ames &: 
féaux Confeillers les Gens tcnans nos Cours de Parlement , Maîtres des Re- 
quêtes ordinaires de noftre Hôtel, Prévôt de Paris ,BaiUifs, Sénéchaux, leurs Lieu- 
tenans Civils, &: tous autres nos Jufticiers, & Officiers qu'il apparriendra, Salut, No- 
tre cher &: bien amé Louis Billaine l'un des Marchands Libraires &c Imprimeurs de 
notre bonne Ville de Paris , Nous a tres-humblement fait remontrer qu'il luy a étc 
mis entre les mains un Livre françois intitulé Les Coutumes de Beauvoifisfar Meffirc Phi- 
itppes de Eeaumanoir, & les Àjjifes & hons Vfages dejerufalem^avecles Nettes & obfet'va- 
tions du Sieur De la Thaumaffien Aiocat en Parlement , lequel Livre il defîreroit faire im- 
primer & donner au public. Mais craignant qu'en ayant fait la dépenfe , d'autres ne 
le vouluflent pareillement imprimer , il a recours à nos Lettres de Permiffion necef- 
faires : A ces Caufes, voulans favorablement traitter ledit Expofant,Nous luy avons 
permis &C permettons par ces Prefentes d'imprimer ou faire imprimer ledit Livre in- 
titulé Les Coutumes de Seauvoi(/s par Mejfire Philippe s de Beaumahoir , en un ou plufieurs 
Volumes ; Marge , Caradere, &: autant de fois qu'il advifera pendant le temps de fîx 
années confecutives , à commencer du jour qu'il fera achevé d'imprimer ,iceluy ven- 
dre & débiter par tout notre Royaume , faifant dcffenfes à tous Imprimeurs , Librai- 
res &C autres d'imprimer ou faire imprimer , vendre & débiter ledit Livre fous quel- 
que caufe que ce foit, fans le confentement dudit Expofant,ou de ceux qui auront 
droit de luy , à peine de confifcation des Exemplaires , mille livres d'amende , appli- 
cable un tiers à Nous , iin tiers à l'Hôpital gênerai de notre bonne Ville de Paris , 
&: l'aiitre audit Expofant , & de tous dépens , dommages &: intérêts , à la charge de 
mettre deux Exemplaires dudit Livre en notre Bihliotheque pubhque , un en celle 
de notre Cabinet des Livres de notre Château du Louvre , & un en celle de notre 
très -cher & féal ChevaUer Chanceher de France le S. Le TelUer, & de faire enre- 
giftrer ces Prefentes ez Regiftres de la Communauté des Marchaids Libraires de Pa- 
ris , à peine de nullité d'icelles ; du contenu defquelles vous mandons &: enjoignons 
faire joiiir l'Expofant & ceux qui auront droit de luy, plainement & paifîblement , 
ccflant &: faifant cefler tous troubles au contraire. Voulons qu'en mettant au com- 
mencement ou à la fin dudit Livre l'Extrait des Prefentes , elles foient tenues pour 
dûëment fignifiées, & qu'aux copies coUationnées par l'un de nos amés & féaux: 
Confeillers & Secrétaires, foy foit adjoûtée comme à l'Original. Mandons aupremiec 
notre Huifller ou Sergent fur ce requis faire pour l'exécution des Prefentes . toutes 
Significations ^ Deffenfes , Saifies &: autres Aétcs requis , fans demander autre per- 
mifllon , à la charge de faire imprimer lefdits Livres fur bon papier &: en beau cara- 
ûere , fuivant les Reglemens de l'année ï6i8. concernant la Librairie. Car tel ell no- 
tre plaifir. Donné à S. Germain le 9. jour de Janvier l'an de grâce 1 6 8 1. &: de notre 
Jlegne le 38, Ainfi iîgné , Par le Rfey , N O B L E T. & fecllé de cire jaune. 

Regiftré fur le Livre de laÇommuftaiité des Marcliands Libraires èc Imprimeurs 
⣠Paris le i6. Janvier i68j. 

Je déclare ne rien prétendre au prefent Privilège , &: celuy à qui il apartieht tti 
çcut difpofer comme de chofe à luy appartenante. Fait à Par is le 8. Août i6^ï, 
B I L A I N E. 

Le S. De la Thaumalîîcre a cédé fon droit du prefent Privilège à François Tou-^ 
beau Imprimeur-Libraire à Bourges , fuivant l'accord fait entre eux. Ce 3. Janv.i^8St 

Achevé d'imprimer pour la première fois le j. Janvier lè^e. 




COUTUMES 

b'E 
BËAUVOISIS- 



CHI COMMENCEE LE TREMIER CHJPITRÈ, 

de che Linjre^ qui farcie de l Office as Bditlis , quel il doivent 

ejire , & coument il fe doivent maintenir en leur Ofîce^ 

CHAPITRE I. 

O U T foie il ainflînt que il liait pas en nous toutes les gra^ 
ces qui doivent eftre en homme qui fentrcmet de Baillie,pour 
chelcions nous pas à traiter premièrement en che Capitre 
de l'eftat & de l'Office as Bailleus, & dirons biiemcnt une 
partie des vertus que il doivent avoir , & coument il fe doi-^ 
vent maintenir fi quechil qui fentremetront de tel Office il 
puiflent penre aucun Eflamplc; ■■.■•.. ■ j 

Il nous eft avis que cheli qui veut eftre loyaux Baillitf 
& droituriers , doit avoir en foy dix vertus , en lequclle 
i'une fi eft qui doit eftre Dame & Meftrefle de toutes les 
autres , ne fans lui ne pueent eftre les autres vertus gouvernées ; & ciele vertu fi eft 
appellée Sapience, car autretant vaut eftre fapiens comme fage : doncques difons 
nous que chil qui fentremet de Baillies garder & de Jliftiche fere doit eftre fages,HC 
autrement il ne faroit mie fere ce qui appartierit à l'Office doû BaiUi, 

La féconde vertu fi eft que U Baillis doit avoir, que il doit très durement amer de 
tout fon cuer Dieu noftre Père & noftre Sauveur, & pour l'amour de Dieu faintc Egli- 
fe, & non pas de l'amour que li auquant des Sers ont à leurs Seigneurs qui ne les ai- 
ment fors pour chèque il les criement & doutent, mes de amour entière, fi coume 
li Fiex doit amer le Père. Car de lui amer & fervir vienent tout li bien. .Ne chil na 
pas Sapience en foi qui par deffeur toutes chofes notroie fon cuer à l'amour de Dieu, 
& moult trouveriens de matière de parler des raifons , pourcoi on le doit amer, & des 
biens qui en vienent , mes il nous convendroit une grant pieche hors iffir de la ma^, 
tere que nous avons entreprife , &: mefmement fainte Eglife nous le montre èc en- 
faigne tous les jours. 




s "De l'Office as 'Baillis, 

L^ cierchc Vertu que li Baillis doit avoir fi cft que il doit eftre dons & débonnai- 
res fins félonie & fans cruauté , & non pas débonnaires envers les félons ne envers 
chaus qui font les meffcs -, car à tiex manières de gens doit il montrer lemblant de 
cru lurc , &: de félonie , & de forche de Juftiche pour leur malice eftre menre. Car 
roue autre fi comme li mires pour pitié de maladie de clieli qui eft entre fes mains 
Iclfc à ataindre bien le plaie de lequelle il le doit garir,le met en pcril de mort. Tout 
aulUnt li Baillis qui eft débonnaires vers les meffefans de fe Baillie met chaus qui 
veulent vivre em pes en penl de mort , ne nus plus grant bien un pour un ne puec 
cftre en Baillis que defTartcr les mauves , hors des bons par fadeur de Juftiche, donc- 
ques che que nous avons dit que il doit eftre débonnaires , nouslentendos vers chaus 
qui bien vuelent , &C vers le quemun pueple , & es cas qui aviennent plus par mef- 
cheance que par malice j pour che que nous avons dit que fapiance eft le fouverainc 
vertu de toutes chelles qui doivent eftre en BaiUi , l'on ne doit pas tenir le Bailli pour 
faac qui vers tous eft félon & cruex, &: fouvent avient que les llmples gens qui ont 
bonnes querelles &: loyas laiilcnt perdre leui^ quereles pour che que il ne les ofenc 
maintenir par devant tiex Baillis pour leur felonic,pour doubte de plus perdre^ 

Le quarte vertu qui doit eftre en Baillies fi eft que il foit fouftrans &: efcoutans 
fans foi concouchier ne mouvoir de riens. Car li Baillis qui eft trop haftif de repon- 
dre, ou qui fe tourmente & courrouce de che qu'il ot fi n'a nul pooir de bien retenir 
che' qui eft propofé devant lui en Jugement , & puifque il ne le puct bien retenir, il 
ne le puet bien recorder, & fans bien retenir & fans bien recorder nul ne fe doit en- 
tremette de Bailhe garder ; doncques li Baillis doit eftre fouftrans èc efcoutans , en 
telle manière que il laift à chaus qui font devant lui en Jugement diretoutte leur vo- 
lente &: ce qu'il leur plera , partie contre autre , & f.;ns corrompre leur paroUes , 8>C 
fe il le fet ainfint , il les poura mieux & plus fagement juger ou fere juger , fe cheft: 
en Court ou on juge par hommes , & aufllnt comme nous deifmes ci deflus que le 
debonnarieté dou Bailli ne fe doit pas eftendre vers les mauvais, auffint difons nous 
que le fouflfrance ne fe doit pas extendre vers aus,mes efcouterlcs doit dilijemment,' 
car par bien efcouter les font il fouvent connoiftre lemauvaifeté qui eft en leur cuers,^ 
fi que li Baillis en fetmiex ouvrer. Apres que devant , Se auffint nentendons nous 
pas que le Bailli doit eftre trop fouftirant en chofe qui porte defpit ne damage à foa 
Seigneur ne à foi. Doncque fe fe tors ou defpit eft fct à fon Seigneur ou à li , il le 
doit vengierhaftivement & fagement en juftichant félon che que li mefezle requiert,' 
fi qiie par le vengeance que. il em penra, li autre aient eflfampk de fere che que il ' 
doivent vers leur Seigneur, & vers leurs Baillis, Car li Baillis tant comme il eft en 
l'Office de Baillie ^ reprefentc le perfonne de fon Seigneur , &: pour che qui mesfcc 
au Bailli , il mesfet au Seigneur , ôc de tant comme li Baillis eft en graigneur eftat de 
l'auftorite fon Seigneur , de tant fe doit il plus garder que il ne mcsfache & mettre 
peine que il ait en lui les vertus qui en cheftui Chapitre font dites. 

Le quinte Vertu que chtl qui s'entremet de Baillie garder , doit avoir en foi , G. 
eft que il foit hardis & viguereiix fans nulle perefte. Car Bailhs qui eft pcx-efleux ^ 
lefte moût de befoignes à fere & pafler qu'il fufent boucs à retenir , & fi fet fere moue 
de befoignes par autrui main qui deuflent eftre fêtes par li , & alonge & met en de- 
lay mout de cliofes par fe perefce, lefqueles ij deuft haftcr , &: de che puet neftre au 
Bailly qui eft pereceus vilanie &: diifamement & damage ; &c pour- che leur loons nous 
que il fe garde doU vice de perefte , &; que nous difons que^ il foit hardis , cheft une 
vertu fanricquelle h Baillis ne puet faire ce qui appartient à fon OiEcc. Car fc il e- 
ûoit couars, il noferoit couroucier le riche homme qui aurok afere contre le poure, 
ou il n'ozcroit chelui qui auroit mort defcrvieferejufticier, pour paour de fon ligna- 
ge ,&: fi n'oferoit pendre les mefteteurs , ne les mellieus pom- paour que il ne fe ré- 
coiififlent, & toutes ches chofcs que il leroit à fere par couardilc , appartiennent à 
fere à Im, donques doit il eftre hardis fans couardife & fans nulle riens douter, ou au- 
trement ' il ne fct pas che qui à lui appartient & à fon Etat , & tourtes voies quand 
il fera aucunes chofes là où il appartendrahardiement , que il le fâche fagement; car 
deux manières de hardement font , l'un fige, l'autre fou. Li fages hardis fi eft chil qui 
tigcment èc apcnfccment monftrc fon hardcme^u , U fol hardis fi eft chel qui ne fc 

prend 



chapitre Premier. p 

prend garde a lequellc fin il puct venir de chèque il entreprcnt \ & chil qui fct fon 
hardement en point & en tans que il n'efl: meftiers , Çi coumc fc je aloic tous feus &; 
defarmés, afTaillir pluriex perfonncs la ou mes hardement ne porroit riens valoir S>C 
che appelle len fol hardement. 

Li iiizimc Vertu qui doit cftre en Bailly fi eft largcfit, &: de chettc vertu dcfccndenc 
deux autres qui grant Meftier li puecnt avou* à maintenir fon Etat , & à foi avancier 
&c ferc amer de Dieu & du fiecle. Che eft courtoifie &r nettetés , &: larcrcfcc ne 
vaut rien fans chcs deux, ne ches deux fans largefce, &: grand meftier eft que le lar- 
gefce foit démenée fagement &: atrempeement. Car deux manières de largefce font, 
dont l'une eft gouvernée par le vertu de fapicnce , &: l'apclle len fage largefce ; l'au- 
tre manière de largefce fi eft fi méfiée avec fotie, que l'une ne fe puet départir de 
l'autre ; donques poons nous entendre que li faiges larges ii eft chil qui fe prend o^x- 
de combien il a de patremoine , & de bon conqueft & de gaiges , &: puis defpcnt , 
& met en bonnes gens che que il puet fouftrir fans apeticier & fans acquere mauvai- 
femcnt. Car li cuersavaricieux acquierr.né li chault coumcnt,nc ne. puet efirc aflafiés 
d'avoir, & en tele manière de cucrs ne fe puet loiauté herbergicr , & fouvcnt voit on 
que il amaffe d'une part avoir & d'autre part emmenuific lor {i que quant la roe de 
fortune leur tourne , ils defchendent plus .en une eure que il ne font montes en dix 
ans , & fi en perdent Dieu &: le fiecle , & meefment avarice hcbergiée en cuer de 
Eailly eft plus mauvaife &: plus pcrilleule qu'en autre genr. Car il convient au Bailli 
avarideux pour afaficr fivaticc , fcre &: fouft"riraflcs déchoies qui font contraires 
a fon eftat. Doncques li loons nous que il foit large, eu telle manière que il puift fe 
largefi!e maintenir fans foy apeticier , & que il fe gart de foie largelie, car U fous lar- 
geiette li fien puer; chil fi eft fol large qui le fien depeiit folement fans preu & fans 
honeur, & qui maine vie lequelle il ne puet maintenir au par aler de che . que il a , 
& aucunes fois avient il quand li fous larges a tout defpendu il devient autres . que 
bons, ne ne li chaut dont avoirs li viengne, mes que iJ puift fe foie largefiTe maintenir, 
&: pour ce doit li fage Bailli fe larges ce maintenir, atrempeement en fere Aumofncs à 
fcs fougies & à fes bons voifins honourer , & en Iby courtoifcment & honneftement 
maintehir &: nettement , car aucuns pueent perdre la grâce qui leur doit venir de larr 
gefce quand il le font vilainement &: ordement , & pour clie convient il moult bien 
que on foit avec largefi!e courtois & nés. 

Le feptime Vertu qui doit eftre en Bailli ci eft que il obeilTe au quemandement 
de fon Seigneur en tous £cs q^emandemens efliutes les quemandemens par lefquiex 
il poroit perdre le vie fe il les fefoit: car l'obeifiance que il doit, {i doit eftre enten- 
due en droit fere &: en loial Juftiche maintenir , ne h Bailliy. ne fcroit pas excufés 
vers Dieu , qui dou quemandement fon Seigneur feroit tort à fon efcient , & mie^ 
vaut au Bailliy que il lefiîe le ferviche que pour quemandement ne pour autre choflc 
il face tort à fon efcient, & ne pourquaat li Baillis n'a pas à jugier fe li quemande- 
ment que (es Sire li fet pour Mueblés, pourChatiex, ou pour Hiretages, ou pour au- 
tres cas eilîeutes mort d'homme, ou mehaing foit bons ou mauves , aincois doit o- 
beir aii quemandement; car fe le partie contre qui li quemandement eft fes fe diçut, 
il fe peut traire au Seigneur, & empêtrer que drois li foit fes, &: ainifint puet venir à 
fon droit , & fi à li Baillis obéi au quemandement , mes en cas de mort d'homme ou 
de mehaing , fe li commendement eftoit fet , il ne poroit eftre amandes , &: pour che 
ne looiiS nous mie as Baillis que il obeifl!ent à tiex commendement, mais leffent ain- 
chois le ferviche fe U Sires ne veut fon quemandement fapeler. Car li Sires n'cft mie 
bons à fervir qui plus prent garde à fere fe volonté, que à droit & à Juftiche maintenir, 

L'uitifmc Vertu qui doit eftre en celui qui fentremet de Bailhe tenir , fi eft que il 
foit très bien connoifiant. Premièrement : Il doit connoiftre le bien dou mal , le droit 
doutortjles pefibles desmelliex,les loyaux. des tricheeurs , les bons des mauves ,& ef- 
cfpeciaument il fe doit conoiftrc &: fi doit conoiftre les volontés & les manières de 
fon Seigneur, &: de chaus de fon confeil, & fi doit conoiftre.le fienc mefme , & pen- 
î'e garde moût foigneufement quel il font: car tout foit il ainfint que li BaiUis de foi 
ne face ne ne vvelle fe bien non , fi puet il rechevoir vilenie &c damaige par le mesfeç 
d'aucuns de chaus de fa mefgnic,«S«: en dire le mefnie , le Bailly entendons nous les 



j^ De l'Office as BailUi » 

Prcvofts & les Scrjans qui font dcfous li, & le mernic de fun Oftel, &r des biens qui 
pucenc venir au Bailli des connoiilances defTus dites , toucheront nous un petit brie- 
ment Te li' Baillis connoift li bien du mal , il en faura miex le bien fere &:le mal ef- 
chivcr & pat che puct il maintenir fon cftat &C venir à l'amour de Dieu &c dou fie- 
cle. Se' il connoift le droit du tort, il faura bien fere droit à fes fougeis , & bouter 
arrière chaus qui tort ont, & fe il connoift les pefibîes des mciUiex, il poura les pe- 
fibles fere garder , &L che appartient à fon ofHce , & garder en pcfibleté par les me- 
naches &: par les contraintes que il fera as meiUiex, & bien appartient à O^cc de 
Bailly que il efpouante &: contraingne les meilliex fi que li peliblcs vivent em pais, fe 
il conoift les loiaux des tricheeurs , il pourra &: devra les loiaux atrairc près de foi,&: 
conforter &: déporter fe il ont meftier de confort & de déport, &: bouter les tricheeurs 
arriéres, &: punir fclonc droitte Juftiche de leurs tricherie; fe il connoift les bons des 
mauves', il pourra &c devra farder & cllarter.les mauvés des bons, à l'effample que 
on ofte les mauvefes herbes des fourmens , èc à che fere eft il tenus fe il connoift 
foimefme qu'il faura quiex il eft,&: fc il fcct en foi aucun mauvais vice pluftoftlen pou- 
ra ofter ; & trop maie chofe eft quand chil qui par fon cflcmple doit mettre les au- 
tres en bonne voie demeure mauves en foi, ne nus qui foit plain de mauves vice na 
le pooir de bien maintenir l'Office de Bailh. Se il connoift les volentés & les maniè- 
res de fon Seigneur che eft grant avantaiges de foi bien maintenir en fon Office , fe 
il fet que les manières & les voles foient bonnes & loiaux il puet legieremcntacquer- 
re le «^ré de fon Seigneur. Se il fet & fieut fes volentés , & f c il fet volentés & (es ma- 
nières' mauvefes , il doitpenre congié &: foi partir dou fcrviche au pluftoft que il puet, 
car pieça que len dit qui mauves Seigneur fert mauves louier atcnt , fe il connoift 
les manières dou confeil, fon Seigneur &: elles s'accordent as bonnes manières , fon 
Sei<yneur Icgierement fe puet tenir à leur ^ré, fi que il poura eftre par aus confeiUiez 
&: fouftenus. Et fe h confans eft contraire a le volenté, &: à le manière fon Seigneur 
fique li confans lot une chofe, & le Seigneur fi en vueillefere une autre , nous li 
loons que il feu parte dou ferviche , car nus Baillis fi na pooir de demeurer en Offi- 
ce de BaiUis , & fere che qui à l'Office appartient quant les fire eft contraire à fon 
confeil. Car nus riche homme qui du tout veut ouvrer de foi fans croire confeil fi na 
pooir de perfeverer en loial Juftice fere , ne en grant terre loiaument maintenir , & 
pour che n'eft pas li Baillifages , qui demeure en tel ferviches. Se il connoift fe mef- 
nie cheft a favoir fes Prevoft, éc chaus de fon Oftel , &c fes Serjans il pourra & de- 
vra chaus qui font plains de mauves vice ofter dentour foi , fi que il fera gardé du 
blafme de la vilenie que il porroit avoir par leurs mesfes , & quant il mesfont li BailIy 
les doit plus cruellement punir de leur mesfet que nus autre manière de gens , par 
trois refons: le première pour che que le pueple que li Baili a à gouverner s'aperçoive 
que il ne les veut pas foutenir en leurs mahce. Le féconde raifon fi eft pour che 
que h autres Serjans fe gardent de mesfere «^uant il voient que fc il mesfcfoyent il fe- 
roient cruellement juftichiés par leurMcftre. Le tierce raifon fi eft pour ce quehcomuns 
pueple vit plus em pes quant li Prevoft &: li Serjans ne leur ofcnt mesfere à tort, car 
quand li BaiUis lefle convenir Prevofts &c Serjans &: le mefnié de fon Oftel plains de 
malice , che font leus entre brebis , car il tolent &: ravifTent les fivoirs dont li com- 
mun pueple fe doit vivre , & fi en tourne aucune fois h blâmes leur le Bailh tout foie 
che que teles prifcs neutre pas en fe bourfc. 

La nucviefme Vertu qui doit eftre en cheli qui fcntrcmet de Baillic , fi eft que 
il ait en foi foutil engien & haftif de bien efploitier fans fere tort à autrui, &: de bien 
favoir conter , de bien efploitier , che eft à entendre que le valeur de le terre fon 
Seigneur n'apetice pas par fe négligence ains chois croile tousjours par fon fagcmenc 
manitenir, car cheli n'eft pas bon Bailli en qui main la Terre fon Seigneur apeticc par 
fa Niccté , mes cil eft bons Bailli en qui main la Terre de fon Seigneur croift fans 
fere tort à autrui ; &C fili convient moult que il fiche bien conter , car che eft un des 
plus grands perix qui foit en l'Office de Bailly , que d'cftre négligent ou peu foigncux 
de fes contes pour deux raifons. Le première li eft pour che le il mccontc fur foi li 
damaige en eft Ikns. Le féconde fi eft pour che fc il mcfcontc leur fon Seigneur, 
&: l'en aperçoit il puct eftre mefcru de deloiautc , &: pour foi efchivcr de fon blafme 



chapitre Vremitr. j^ 

& de Ton dammaîge li efl: il bien mefticr que il faichc bien conter. 

Le difiefme Vertu qui doit clhe en cheli qui s'entremet de Baillie , fi efl le meil- 
leur de touttes les autres, ne (ans lui ne pueent les autres rien valoir. Car che elt 
chelle qui enlumine toutes les autres, che cft chelle (ans qui rien ne puet valoir 
che efl chelle qui eft li conjointe avecq le vertu de fapience , que pour riens fa- 
pience ne puet eftre fans fe compaignie. Et chefte vertu 11 eft appelée loiautés. 
Car quiconque eft loiax il eft fa^e à maintenir loiauté, & pour néant doit eftre nri- 
fiés li fcns de chelui en qui delloiauté eft hebergice , & miex venift à chclui qui 
n'eft pas loiax eftre foux naturex que fcavoir dou monde aucune chofe , car quand 
plus feit plus vient de maus de fan lavoir ", &: en droit parler len ne doit nul def- 
loial appeler fage, mes bareteeur , &: moult voit on advenir que quand aucun a 
cr» foi hcbergic loiauté & il a poi de fcns & poi d'autres vertus h eft il prifiés &: 
fouftcrs pour l'amour de chelle vertu tant feulement , &: qui aroit touttes les autres 
vertus &: len feuft que loiauté i faufift, il ne feroit ne creus , rie aniés , ne prifics, 
& par che puet len croir que loiautés vaut miex à par foi que toutes les autres 
vertus fans loiauté,meefmement delloiauté puet plus nuire quand elle eft hebercriéc 
en homme qui doit droite Juftiche manitenir que en autres pcrfonne^ ; car il eft 
afles de balTes perfonncs defloiaux qui pour leur deloiauté ne pueent mie moult de 
mal fere pour che que il ont petit pooir , mais delloiauté quant elle eft heber- 
giée en cuer d'oume qui a grandt Terre à manitenir , il puet femer moult de ve- 
nin, car touttes les manières de maux en pueent venir ; Et pour che loons nous 
à tous ceux &: efpeceaumcnt as Baillifs que il foient loiaux , & fe il ne le veulent 
eftre, nous loons à leurs Seigneurs que fi toft que il les conoiftront à defloiaux que 
ils les boutent hors de leur ferviche, &: que ils foient pugni felonc che que ils au- 
ront ouvré defloiaument, ne nus ne foit fi hardi que"'il fcntremette de fervir autruy 
fe loiauté n'eft en luy hebergie. 

Nous avons parole des dix vertus qui doibvent eftre en chelui que fentremet 
de Baillie, & h Bailly qui en foi les auroit fi en poroit acquerre lamour de Dieu &: 
de fon Seigneur. Et pour ce que forte chofe feroit davoir les toutte?, au meins fe 
gart h BaiUi que loiauté ni faille mie en lui , & fe il puet eftre fagc & loiax il a tout- 
tes les autres qui font dites entre deux. Nous avons ffarlé des vertus que les Bail- 
îjfs doivent avoir generaument. Or voions daucuncs chofes que il doivent fere ef- 
peciaument. 

Il y a aucuns \icx là où li Baillix fet les Jugemens , &; autres liex là où li hom- 
me qui font homme du Fief au Seigneur les font. Or dilbns novs ainfint que les 
lieùs là où li BaiUis font les Jugemens , quand li BaïUy a les parollçs receues &: el- 
les font apuiées en Jugement il doit appeller à fon confeilg des plus fagcs & fere 
lej ugement par leur confeilg. Car fe len appelé dou Jugement & li Jugement eft 
trouviés mauves li Bailly cft efcufé de blafme quand on fet que il le fîft par 
confeilg de faiges gents. Et ou hu là où len juge par hommes , le Bailly eft tenu 
en le prefence des hommes à penre les paroUes de chaux qui plaident & doit dc- 
mender as parties fe il vuelent oir droit felonc les raifons que il ont dites , & fe il 
dient. Sire, oil , h Bailli doit contraindre les hommes que ils facent le Jugement^ &: 
coument il les puet & doit contraindre , il fera dit au Chapitre qui parlera des De- 
lais que Couftuine donne, & fe il ne pleft au Bailli ou aux liommes li Bailli neft 
mie tenu à eftre au Jugement ne à prononcier le Jugement fe il neft ainfint que li 
BaiUis ne foit homs du Hes au Seigneur à qui il eft BaiUis. Car en tel cas convien- 
droit il que il fuft Pers aveques les autres. 

Tout avons nous parlé des liex là où li BaiUis font les Jugemens , il ncn a nul 
en le Contée de Clcrmont ainchois doivent tout li Jugement eftre fet par li houmes 
dou lies , & il a grant différence entre les Appiaux qui font fes des Jugemens des 
BaiUis &: les Appiaux qui font fes des Jugemens des houmes , car fi len appelé des 
Jugemens des BaiUiex en le Cour ou U le jugent , il ne font mie leur Jugement bon 
par giiges de bataiUe , aira&hois font porté li errcmens dou Plct furcoi li Jugemens 
fu faits en la Cour dou Signeur fouverain au Bailli qui fîft le Jugement, iJlcqucs eft 
tenu pour bons ou pour mauves, &; ainfi r^eft il mie de chiaux qui appeUcnt^dçs hom- 



12 2)tf l'Office as Ba'tlUs , 

mes qui font le Jugement. Car li Appiaux cft démenés par vuaigc de batailîc & ce 
cljcs manières dAppiaux, & comment on dojt bc puct appcller Icra il parlé ccnvc- 
naulcmcnt au Chapitre des Appiaux. 

Voirscllquc toutes choies quilbnt proporécspardcvant le Bailli ne ont mie mcfticr 
d'cHre mifcs en Jugcment.Car quantle Clameur cft d'aucun cas qui touque à l'Hiretage 
de Ton Seigneur ou Ion Depit,ou fe vilanie ou fan dammaigc, & li cas eft pour les houmes 
qui aida- ïc vauroicnten tel cas contre leur Seigneur , li Bailli ne le doit niic mettre en 
Jugement, carli houmes ne doivent mic jugier leur Seigneur,mais il doivent jugicr li uns 
l'autre , & les qucvellcs dou quemun pueplc,& le cheli qui a à fane contre le Seigneur 
requiert que li drois li loit fet , li BailIi par le confeilg de fon Seigneur &: de fonCon- 
ieilg li doit faire chc qui cuide que il foit refon , & fe il fe dieut de che que liBa;!- 
hs lifet, il doit montrer le grief au Conte, & à chaus de fon Confeilg, &parcli,afis 
doit cl1:re ofté &c amande, & fe li Bailli a fet trop, & ccfte voie entendons nous en 
tous les cas qui puccnt touquier lavantaigc ou le pourfit de tous les houmes contre 
Jour Seigneur. Mes aucuns cas font que h Sires demande elpéciaument contre au- 
cuns de (es houmes , ou aucuns de Ces houmes contre leur Seigneur j fi comme fe 
Ji Sires demande l'Amande d'aucun forfet qui a cfté fet en fe Terre oti il h deman- 
de aucun Hiretage ou aucuns Muebles dont il cft tenant, en difmt que il appartient 
à li par le Couftume dou Pais , & chil fc dcftend & dit que l'Amande n'cft pas Ci. 
grant, ou que chil Hiretages, ou chilMueblc que les Sires li demande doi^/ent ef- 
trc fien & en requiert droit. Touttes celles querelles puct & doit bien mette li Bail- 
li ou Jugement des houmes. Car dételles querelles doit li Cuens ufcr entre l'es Soucies 
fclonc las Couftumes que li hommes ufent entre leur Sougies. Mes fe le querelle touque 
à vilenie dou Seigneur,fi comme de vilenie dite ou de mainmife au Bailli ou as Prevofts-, 
ou as Serjans, l'amende de tel forfet ne doit mic mettre li Baillis ou Jugement des hou- 
mes, ne en tiex forfets qui font fcs vers le Seigneur n'a point d'Amande tauflee, car fè 
il y avoir certaine fomme d'argent tauflee pour tel forfet, doncques fauroit chacuns pour 
combien il pooroit batte le ^m\\\s ou les Prevofts ou les Serjans & aifes y en auroit de- 
Datus quand len les juftichiroit plus rudement que il nevauroient fe il favoientlccher- 
tainc voie de l'efchaper,&: pour che n'eft pas métier à ceaux qui s'entremettent des fer- 
viches as grans Seigneurs, qufetiexforfes foient tauflc fors à la volenté dou Seigneur , 
lequelle volenté doit eftre de longue prifon & de perte d'avoir , excepté mort & mc- 
haing , fe il not cl forfet qui fu fet mort ou mehaing. 

Li Bailhs n'a mic pooir de fere bonnaigc ne divife entre l'Hiretage fon Seio-neur 
& l'autrui fe il n'a clpecial quemandemcnt de fon Seigneur de fere loi , & fe h Sires" 
le veult pouriîtable chofc fi cft as Marchiflans que il prennent Lettres dou Seigneur 
que il vout &r odroie que fes Bailhs feift tel bonnaigc pour che que chc qui cft oc- 
troie à fere eft oublié en poi de tans fc l'en n'en a chcrtaine remembrence de Let- 
tres , ou de vis tcfmoins. 

, Che cft bien de l'Oftîce au BaiUi que il vende les rentes , Sz lesiflues de la Terre 
fon Seigneur fclonc che qu'elles font accouftumécs à vendre Ç\ miex rie le puct fê- 
te , mes puifquelles font vendues & li termes aflîs, fc li Detcur requièrent refpit il 
ne leur puct donner fans l'authorité de fon Seigneur. 

Quiconques entre en O^cc de Bailli il doit jurer fcur Saints que il vvardera le 
droit Ion Seigneur & l'autrui , &c que il ne penra nulles riens pour droit fere ne pour 
tort fere , & que droite Juftichc &c loial maintenra, & quand il ara fet che Serement 
il doit ouvrer en telle manière qu'il ne foit parjurs , car qui fe parjure il a grant er- 
res de vilenie avoir, & che que nous avons dit que il doit cftre en fon ferement que 
il ne doit rien pcnre fe grâce ne li cft donnée par fon Seigneur , bien puct penre vins 
& Viandes , &c non mie outragcufcmcnt comme' vins en qucvécs &: en tonniaux, ne 
bues ne pourciaux vts , mes chofcs prcftes comme à boire &: à manger à le journée, 
il comme vins en pos ou à baris , ou viandes prcftes à envoier en le cuilînc ; &: tiex 
chofes font otroiée à penre as Baillis pour chèque trop fcroit de loial, chil qui pour 
tirx dons tauroic le droit d'autrui , & ainfint feroitil le il fcfoit pour grans dons, mes 
routes voies plus dontablc chofe fcroit que il ne fe mefteit pluftoft pour le grand don 
que pour le petit, &: mecfmcnt congics cft donnés as Baillis de pcnre les chofcs dcf- 
J^fd^tcs de bouc & de mcnf^cr. 



(Chapitre Premier, j\ 

Li Baillis qui vciic droite Juftichc maintenir, & qui a les vertus 'qui font dites ci 
che Chapitre , il eft fans^ amoiir^ &c fans haine , che eft à dire que il ne doit tcrc.tort 
ne fouiïrir que tort foit t-ct,puirqueillc puill amandcr ne pour haine, ne pour am'oui- 
& le courtoifie que il puet fcre en jufticant à chelm qui cft Tes amis,' li cil de lui iia- 
llcr Ton droit le il a droit, &: fe il a tort il lui doit aidicr à li ofter de Von tort au men- 
re damage & à le mcnre vilainie que il pora, mes que che foit eh tel manière que il ne 
face tort à autrui , ne que il ne le tace par voie de barat. 

Pour che que moult feroit longue choiîc "&: charchant aux homes , qui font ces 
jugemens,de mettre en jugement tous les cas qui viennent devant le Bailli , le Bailli 
doit mètre grant peine de délivrer che qui eftplaidié devant lui , quant il fait che que 
l'on doit fcre dou cas felonc le Couftume, & quant il voit que le chofc efl: claire &: 
aperte, mes che qui eft en doute, &: les grolfes querelles doivent bien eftrc mifcs en 
jugement , ne il he convient pas que on mete en jugement le cas qui. a autrefois clic 
jugiés , tout foit che que li jugement ait elle fct pour autres perfonnes , car Icn ne 
doit pas fere divers Jugcmcns d'ûu mefme cas. 

Bonne chofe ell au Bailli de fouvent tenir fes Aififes au mains de C\k fepmaines à 
autre ou de fcpt, car les Droits en font plus halles , &: fi en efl. on miex.remambrans, 
& il en ell l'Afîife mains chargiée & plullofl délivrée; '&: fi loons au Bailli que il ne' 
contrcmande mie l'Allife , qiic il a fct fivoir ne point ne la mette en refpit fe il na 
elToine ou regnab'le caufe, fi comme de maladie ou de quemandemciit de Sci<rneur oit 
d'autres grolfes befoignes qui h fourt, dont il ne fc donnoit garde. Car quant Ica 
contremande AfÏÏfe on fait grant damage à chaus qui font pourveus de leur conlcîl de 
leur amis ou de leur Avocats, &r li en detrient li droit, & toiitte vois quant il le con- 
vient contremander grant courtoifie fct li Baillis quant il le fet toil favoir , car li da- 
mage en efl mcndres à chaus qui i ont à fere quant il le fevent tofl. 

Li Bailly fî a'oit i\ juflement ouvrer en fon OfHce que nulle des parties qui ont 
devant li à plaidier he foient advifées par lui , car il n'ell nule doute que h Bailli fe 
mefface qui advife partie de chofe dequoi l'autre partie puift eflre da.mao-iée , mes 
voirs que aucune foiv les parties plaident fi mal ordcneemcnt , que leurs parolles ne 
pueent eflre apoiees en Jugement , ne que Jugement ne puet élire fet fur leur pa- 
roles , & quant li Baillis voit che , il leur doit bien montrer leur erreur, & rcmetre eti 
le droits voie de plait , fi q'uC droit leur puill eflre fet. 

Bienfegart h Bailhs que d ne foit Avocasàcheh quiplede devant li,ne que ilnepa- 
rout pour h:car il abefîeroitfarenommée,& Çi poroit ellrc déboutés par l'autre partie de 
l'Office de Juge en chelle querfle; car nus ne doit cflfe en nule querele Juge &: Avo- 
cas , & fili |)let n'efloit pas devant li, mes devant autre Seigneur, mes routes voies 
li pies portoit venir par devant li pour refon de relfort . encore ne doit il pas eflre 
Avocas , & à brièvement J)arler nus Bailhs en fc Baillie de chofe qui puifl venir par 
devant li en Jugement ne doit eflre Avocas ne ConfeiUieres , mes liors de fe Bailhè 
puet il aidier chaux à qui il plet en fon avdcation ou en confcil. 

Se h Baillis ou aucuns autres Juges a à plaidier de fa propre querelle en la Cour 
meefmc dont il doit eflre Juges ou Baillis , il doit eilablir autre Juge ou autre Bailli 
en lieu de li tant comme à fe querelle monte. Car nus en fe querelle ne doit cllrc 
Juges &c partie excepté le Roy. Car il puet eflre Juge en fa querelle &: en l'autruy." 
Nous n'entendons pas fe li Qucns de Clermont ou aucun autre qui ait Jufl:ichc(S; 
houmes qui en fe Cour doivent jugier demande en fe Cour aucune chofe pour foi 
que il foit Juge & partie , ainchois efl partie tant feulement , & li houmes font Ju- 
ges, &: bien apert, car fe li homes fefoient aucun Jugement qui femblaft mauves au 
Seigneur, il convenroit fe li Sires le voloit faufler , que che full par appel en la Cour 
Souveraine , & feroit li appiax démené par vvages de Bataille ; excepté chil qui font 
Fil le Roy. Car fe le Qucns de Clermont appelloit dé faux Jugement & àc fes hou- 
mes, li erremens dou plet feroient apportés en le Cour le Roy, & la fcroit tenus li 
appeaus pour bons ou pour mauves , He chell avantage auroit il pour che qtie Fiex de 
Roy ne fe doit pas combatte à fon houme pour plet de'Mueble pour Cariex ne pour 
Hiretage, mes fe il appelloit fon homrrbe de meurtre, ou de traifon, en tel cas con- 
venroit il que U fe combatill à fon houmc, car li cas font li vilains, que nus efparne^ 



j^ T>e l'Office as TaÛlis-, 

ment ne doit cftre vers cheli qui acuf« , &c de cette matière des Appiaux nous nous 
fouftcrrons à parler , dus qucs à tant que nous en ferons propre Chapitre , lequel fe- 
ra dit des Appiaux. 

Li Bailli ou liPrevofl: quand ils en ont mcftier pour leur efîbine pueent fere Af- 
fcfTcius, chil font appelé AflcfTeur qui reprefentcnt la perfonne dou Baillyou dou Prc- 
voft, en fczant leur Offïcc\ mes bien fe doivent penre vuarde li Bailli & li Prevoft 
quiex gens il mctent en leur lieu quant il ni pueent efl:re,car fe il mesfefoient chil qui 
les i afoit mis en feroicnt blafmcs , & li A fleifeurs meifmepugni. 

Le Juftice qui vient mettre aucun enfon lieu pour fere fon Oiïice, il doit mettre 
houme moult loial & de bonne renommée & faige, &le doit eflablir ou par Lettres, 
ou en Alfife, ou aux Pies communs , ou autrement, qui defobeiroitàleur qucmande- 
ment, il ne dcvcroet point damande , car il fe poroit efcufer par dire que il ne faroit 
mie que il fuft ou lieu de la Juftice , mes che li convenra il à jurer fe il fe voloit pafler 
de la defobciffance , pour che que fort chofe cft à croire que nus fe face BaïUy ne 
Prevoft, ne en lieu de Bailly ou de Prevoft, fe il ne l'eft , car de che luy qui le fe 
feroit & ne le feroit mie , èc ouvreroit de l'Office , l'amande feroit à la volonté doii 
Seigneur. 

Lcn ne doit mie fere Afteffeur d'Oume que chil ne puift jufticier , qui le fet fe il 
le trueve en mefTet , fi comme de cler ou de croifie , car il ne les poroit jufticier ,fc 
il mesfefoient , car le cognoiflance dans fi appartient à fainte Eglife. 

Chaus qui ne font digne d'eftre Bailli ou Prevoft ne doivent pas eftre miis en leur 
lieus , fi comme Sours , Mus , Auvegles , Forfené , Eflbinies , de moût d'autres befoi- 
gnesj ne chaus qui pueent eftre oftes des Parties par aucune caufe de foupechon, &c 
par toutes caufes comme on puet refûfer les Baillis, & les Prevofts puet on refufer 
chaus qui font en leurs lieus , & des caufes quelles elles font , il eft did au Chapi- 
tre qui parole de refufer les Juges. 

Aucune fois convient il par forche que li Bailli ou h Prevoft facent AfTefleur , û. 
comme quant partie le foupechone par aucune regnable caufe que il met avant , ou 
quand li Bailli ou li Prevoft font partie contre clieli à qui il a à plaidier , foit en de- 
mandant, foit ou en deffendant j &: fe li Bailli ou li Prevoft fcftbrcoient de demeun 
rer Juftice en tiex cas, &c ne voloit fere AffefTeur à la Requefte de Partie, nous ne 
loons mie à la Partie qu'elle voit avaiit , car chofe que h Bailli face ne li Prevoft 
contre li ne li puet valoir , puifque il le débouta par bone refon ; & fe jh Baillis ou k 
Prevoft le contraint à aler avant par prife de corps ou de biens , il a bonne refon de 
foi plaindre au Seigneur j &: tout che qui fera fet par ledit contraignement fera rappe- 
lé , &c encore nous accordoiis nous en tiex cas que li Baillis ou li Prevoft qui par bo- 
ne refon ne les devoir mie jufticier, & touttes voies les jufticiercnt a. forche h rendent 
le damaige que il a eus par le forche que li Bailh ou li Prevoft li firent pour che que il 
ne vont repondre par devant aus par bones refons que il avoient propofées à chelle 
fin que il ne doivent mie eftre fon Jv^e. 

Bien appartient à l'Ofiîce au Bailli que fe il voit les houmes varier en Jugement par 
erreur ou parmauvefe caufe,fi comme pour amour ou pour haine, ou pour louier,ou pour 
chequeil n'ont mie bien entendue le querellc,que il les repreignecourtoifcmcnt &: Cà- 
gementjlî que il foient par lui avife à loiaument jugier, & leur doit recorder les pa- 
roles qui ont efté dites cmples , & fi les houmes ne veulent croire li Bailli dou record, 
ou l'une des parties le débat , li Bailli doit fere repledicr la querelle en la prefence 
des houmes qui doivent fere li Jugement. Car lis houmes ne font mie tenus de fere 
Jugement fe il ne leur pleft de querelle qui n'ait efté plaidiéc par devant aus , fi che 
n'cftpar l'accort des parties; Ne por, quant pour che que grant ennui feroit as hou- 
mes &: à chaus mcefme qui auroient à plaidier fe il convenoit que tous h houmes qui 
jugent fuflent à tout le plait de chafcune querelle , il fouffift fe l'une partie des hou- 
mes cft au plet, d'eux ou plus fans foupechon, avecq li Bailli ou avccq li Prevoft ^ & 
que il foicnt toutte voies tiex que il faichcnt recorder as autres houmes ce qui fut 
plaidie quant il convient que les houmes foicnt enfinble pour jûgicr. 

Tout foit il ainfint que li Baillis doit pcnrc les parollcs de chaux qui plaident &: 
fere les parties apuicr à Jugement , ne pour quant iln'cft mie au Jugement fere , fc 



chapitre Tremter, jj 

li houmc ne veulent , (3^ nus doit eftre avec chaux qui jugent ou tans que il font en- 
fanblc pour fere le Jugement, fi il ni cfl: appelés de ciaux qui doivent ju^ier, &: au- 
cune fois quand ils riottcnt trop pour un Jugement fere, &: nous ne les poons accor- 
der pour leur débat , les avons nous laiilies &: allions tenir nos plcx en tant comme 
ils fe debatoient à fere le Jugement , &: che puet bien fere li Bailli. 

Il advient aucune fois que plet muet entre le Conte 6^ tous fes hommes , Ç\ com- 
me quant aucun des houmes requiert fa Court de aucun cas dont il ne la doit mie 
ravoir, ou il dit que il a aucune Jufticc en fi Terre par la refon de fon Fief, que Û 
Qucns ne li conoift pas , ains dit que le apartient à li par refon de Reiîort , ou il dit 
que à li apartient aucune conoilîance dou Plet , fi comn\e de Lettres , ou de Douaire, 
ou de AlTurement , ou d'aucun autre cas que il dit que il doit avoir , & li Qucns die 
mais li, en tous tiex cas ne doit mie li Bailli mètre le Plet ou Jugement des houmes. 
Car il meifmes font partie, fi ne doivent mie jugicr en leur querelle meifme, donc- 
que fe tel Plet muet entre les Conte &: Çqs, houmes , &: li houmes requièrent droit 
il doieent penre ccl droit par le Comte & par fanConfeil, &: fe li Quens leur rcfufe 
à faire droit ou il leur fet mauves Jugement, traire le pueent par l'une de ches deux 
voies par devant le Roy fî comme pardevant Souverain, mes du péril qui eft l'appel- 
1er, il fera dit au Chapitre des Appiaux. 

Les Pies qui muèrent entre le Comte d'une part & aucuns de fes houmes fmgu^ 
lierement de l'autre part dont tuit li houmes ne fe pueent mie fere partie , fi comme 
d'aucun Hiretage ou d'aucun forfait ou d'aucune querelle defqueles il convient que 
Jugement foit fet felonc la Couftume dou Pais , en tel cas puet bien li Bailli penre 
droit pour le Comte par les hounies. Car auffi comme il convient les houmes le Com- 
te mener leurs houmes par le Jugement de leurs Pers, auffy doit li Qucns mener fes 
houmes par le Jugement de fes autres houmes qui font leurs Pers es querelles, dont 
tous les houmes ne font mie partie contre li, fi comme dit eft deffus. 

Il n'eft mie mcflicr que li Baillis en touttcs chofcs qui avienncnt faccnt Plet orde- 
né, ainchois doit courre au devant des meffes & jufticier felonc le meffet &: touttes 
voies bien fe vvard que il ne mette nuUiii à mort fans Jugement , ne il n'eft mie mef- 
tiers quant aucun cas avient dont la Juftiche doit eftre haftés , que il attende fes Af- 
fifes , mes prenne trois des Jugeurs ou quatre ou plus , fe il li plcft, liquel foient fans 
foupechon &: face fere le Jugement fans délai , car par les Juftices qui trop délaient 
font maint Maufeteur efchapé & maint Malfet. 

Aucun Maufeteur font defquix les Mesfes ne font mie fi prouvés ne fi notoires 
que len les ofe ]ugier à mort aciaus doit demander li Baillis fe il veulent attendre loial 
Enquefte , &: fe il ne veulent ticgne les li Bailhs en Prifon fans iffir fe mauvaifc re- 
riommée labeure contre aus. 

Baillis ne fe doit mie attendre à fes Prevofts ne à fes Serjans que il ne fâche quiex 
prifonniers il a & pour quels cas chafcuns eft tenus , &: doit fere baiUir à chafcun 
Prifon felonc le cas pourquoi il eft pris. Car ce n'eft mie refon que les Prifons foient 
omnies.ne que h cas foient onmi , mes li tenu pour cas ne Crieme foient mis en Fof- 
ïzs &c en Fers , & li autres aient plus legieres Prifons qui font pris pour Mesfaits donc 
on ne doit perdre ne vie ne membre. 

Honnefte chofe &: bonne eft au Bailli que il ne feuffre mie que famé foit mife en 
Prifon pour faulx accufement , ny pour nul cas , fe n'eft pour cas de crieme , &r fi 
difons nous de chelles defquelles Compagnie eft convoitis pour la jonefce ou pour 
le biauté , & fe il avient que le cas defierre que elles foient mifes en Prifon len leur 
doit baillier vvarde fans foupechon pour che quelle ne pèche par forche ou par 
paour. 

Se il eft denoiicié au Bailli que aucuns facent ennuy à fainte Iglife , comme fe 
il ne fe veulent taire en l'IgUfe, aincois parolent fi que h fervices en pueent eftre em- 
pefchiés , & s'il font efcommuniés , & il veulent entrer au Mouflier maugré le 
Preftre , ou fe il font aucun vilain péché en lieu faint , fî comme en Cimetière ou el 
Moutier , fi toft comme il eft denoncié au Bailli par gens creables il les doit penre ou 
cmprifonner de fon Office tant que il fe foit accordés à fainte Ighfe dou mesfer. 
Car fainte Iglife fî doit eftre gardée des Maufaiteurs par l'Egée temporel. Car poi 



y^ Be ï Office as Baillis^ 

fcroit doutée l'Efpée cfperituGl des mauves fc il ne cuidoicnc que l'Efpée temporel 
s'en mcllall, combien que relpiritucl hcc plus à douter fans comparilbn. 

Li EftabliHcmcns que li Rois fct pour le qucmun pourfît eftre fermement gardés 
par la pourvcancc des Baillis , 6c entre les autres il doit eftre foigncux de chelui qm 
i-ut tes pour les vilains fcremcns. Car il cft cftabli que chil qui jurent vilainement de 
Dieu &: de Notre Dame , doivent eftrc mis en l'Efchielle une eure de jour en la 
prelcnce du quemun pour che que il ait honte , & après n'eft il mie quite de l'A- 
mande , pour che que il a enfreint l'Eftablilfcment , ne en chefte Amande n'a point 
de Tauflation fors que la volonté dou Prince fclonc le ferement & felonc l'avoir 
que chelui à qui jura viliaincment. 

Pour che que li Seaux de la Baillic cft autenticqwe & creus de che qui cft par li 
tefmoignic en Lettres , le Baillis n'eft mie fage qui foigneufement ne le garde fi que 
nulle Lettres n'en foit fecUée que il mecfmc n'ait avant veue, & que il fâche fi elle 
doit eftre fcellée ou non , & pour che cft li rEftabliftemcnt bon qui cft fet de nouvel. 
Car il cft cftabli par.noftre Roy Phclipe, que en chacune bonne Ville là où on tient 
Aflife, ait deux Prudhoumes cflcus pour oir les Marchiés & les Convenances dont on 
veult avoir Lettre de Baillie , &: che qui eft tefmoigiué par les Sceaux de tous deux 
PrudJaommes le Bailli en plus grant temoigng i met le Scel de la Baillie, & prend pour 
le Scel de la livre une maille, & li deniers qui en viennent font au Seigneur, &: iî 
li Bailli en ouvre autremant qu'Une doit dou Scel de la BaiUie,il en puet recevoir vi- 
lenie , comme de perdre fon Office & de rendre damage', &: lî il l'avoit fet à eificnt 
ou mahcieufement , il feroit punis felonc le mesfet. 

Bien appartient à Office de Bailli que il a près che que il fera hors de l'Office de 
Bailh foit demeurant du Pais où il fut Bailli par l'efpace de quarante jours , pour che 
que mauvefcs prife lui puiflcnt eftre demandée fe il a faite aucune, & pour le nou- 
vel Bailli fere îage de l'eftat des querelles , & fe il ny puet eftre pour aucune refo- 
nable caufe continellement , joilrS li doit eftre donné , fi que h quemun dou Pais le 
fâche , &: illeques doit eftre oy par le Seigneur que il fervit ou par houme foufîifant 
envoie de par li fi on lui voudra rien demander. Car au Bailli qui après li vient 
n'eft il mie tenu de repondre pour l'honneur de che que il tint che mefme Office, fc 
li nouveaus Baillis n'a efpeceal mandement de che fere , à doncques convenroit il 
que le vies Baillis en refpondift devant le nouvel ^ & fe li Baillis fe part de fon Offi- 
ce &: s'en va fans fere che qui eft deffus dit , & plaintes viennent de lui dou Pais que 
il a eu à garder , ou que il foit aies, il doit eftre renvoies au heu que il garda tant que 
il ait rendu bon conte à fon Seigneur , & les prifes que il prift contre fon ferement, 
& l'amande des mauvefes prifes au Seigneur, c'eft affavoir pour un denier de tort fec 
deux d'amande, & toute voies le tort fet rendu avant toutte euvre &: che que nous 
avons dit des Baillis entendons nous des Prevofts & des Serjans & de chaux qui fonc 
en ùcx Offices. 

Li Baillis fe il n'a efpeceal commandement ne peut mettre l'Hiretage de fon Sei- 
gneur en Jugement, ny fere bonnage ne devife de l'Hiretage fon Seigneur vers autrui, 
ne vendre ne engaigicr nulle des chofes fon Seigneur, fors en uncmanierefî comme le 
vente de Bois & les Prcvoftcs &: les Fermes qui ont efté accouftumées à baillier au- 
trefois par les Baillis qui furent devant lui. Car fes drois Offices fi eft de garder les 
Droits & les Couftumes dou Pais & les pourfits de la Terre fon Seigneur fans fere 
nouveleté defconvenable , &: fe il fct plus que il lie doit de la Terre fon Seigneur 
fans avoir efpeceal Commandement , che qu'il a fet cft de nulle valeur. 

Se h BaïUis fet en fa Baillie houme ne famé de Religion qui foit ilfus de s'Abbeie 
aprcs que il fu Profes &: il eft requis de chelui qui a l'Eghfe à 'gouverner dont il iffî 
il le doit fere penre &c rendre à fon Abbé , foit à forchc foit autrement, fe il le trueve 
hors de Lieu faint. 

Nous avons parlé en che Chapitre de l'Office au Baillis &: coumcnt il fe doivent 
maintenir , 5^ encore avec che que nous avons dit venront il moult dfc chofes es 
Chapitres qui venront après cheftui que il doivent fere felonc che que les querelles 
avienncnt dcfqucles nous parlerons fi Diex plcft. 
, Clii definc U Chapitre de l'Office as Bailhs. 

C H I 



chapitre 1 î. 'j^ 



Qhï commenche le Secont .Chapitre de che Livre , leqnel fiarole des Semonces 
me on appelle Ajournemens. 

CHAPITRE SECONT. 

QUANT aucun fc dicut d'aucun tort que l'en a fct douquci il veut avoir 
Amendement par Jufticc , il convient que il face femondre chelui de qui il fc 
veut plaindre en la Court de tel Seigneur qui en puiflc ferc droit , &: pour clic trait- 
tcrons nous en chefte partie des Semonces des Gcntiex-hommcs , &: des autres qui 
ne font pas Gentiex-hommcs, &: dirons coument chafcun doit eftrc femons , & cou- 
ment il doivent obéir à le Semonces qui leur font faites , foit par refon d'Hirctacrc , 
foit de Muebles, foit de querelle, qui touche à la perfonne, fi comme par fet ou par 
dit , &: fi dirons as quelles femonccs ils pueent contremandér par Couftumc , & af- 
quelles non, & afquelles ils fe pueent ellonier, & quiex damages il doivent recevoir 
feil ne viennent as femonccs qui leur font fêtes, fi comme il doivent. 

Puis que li Sires veut femondre fon Gcntilhoume par la refon de che que il tient 
de lui fief, il doit penre deux de (es houmes qui foient per à chelui que il veut fe- 
mondre, &r fe il na nul houme il les doit emprunter à fon Seigneur , &: li Sires H eft 
tenus à prefter, & à donques il leur doit dire que ils voifent ajourner fon houme par 
devant lui en tel lieu, & leur doit chargier que ils dient la caufc à fon houme pour- 
quoi il eft femons , &: adonques chil doivent ferc la fcmonce^ laquelle fcmoncc doit 
au mains contenir quinze jours d'efpace. 

Chil qui eft femons H doit garder la manière de la femonce, &: pourquoi il eft fe- 
mons , fe il eft femons fimplenient, fi comme fe li femoneeur dient nous vous ajour- 
nons à duy en quinze jours en tel lieu pard'evant voftre Seigneur dieut nous vous a- 
journons à duy en quinze jours en tel lieu par devant voftre Seigneur de qui vous re- 
nés tel fief, &c ils ne dient plus, ou fe ils difent nous vous ajournons feur tout che 
que il vous faura demander en ches deux manières de Ajournemens puet U homs trois 
fois contremandér par trois quinzaine , & la quarte quinzaine eflonier , &: fe li Sires 
fefit fon Fief pour che que il li mette fus que il ne pUetfere contremdndemans quant 
fes homme venra eu Court il devra eflre refaifis tout à plain fe il le requiert , avant 
que il reponde à riens qui foit propofé contre lui. 

Se il eft femons feur fies qui conchele, ou feur che que il a fct de fon fief, ou 
d'une partie de fon fief,- arrière fief, ou fur le ferviche que il doit par la refon dou fief, 
il na point de contremand , mes ellonier puet une fois , & bien fe gart que il ait loial 
efix)ine, car il le convenra jurer fon efiToine en Court fe li Sires veut , & fc il ne le 
veut jurer il fera tournés en defaute. 

Pour quelque chofc que li Sires praingne en fa main, & dont il trueve fon hou- 
me faifi & veftu fe il ne le prent par le Jugement de i^cs Pers , il eft tenus à refefir fon 
houme tout à plam avant que li homs reponde en Court à riens que fes Sires li de- 
mant, &c quant il lera refaifis li Sires puet propofcr contre lui che que il libee à de^ 
mander en la prefence de fes pers, & U homs doit mètre fes deftenfes en contre, &ç 
puis doivent attendre droit par les pers defiîufdis. 

Se aucuns eft femons fcùr partage fi comme frères ou ftiers font femondre pour 
avoir partie leur frère qui tient le tout , ou fe li Hiretages eft efcheus à pluficurs per- 
fonnes d'un même degré de ligna^Cj^: li un s'efi mis en f efine de tout,en telles femon- 
ccs na point de contremand,&: fe chil contremandc qui eft femons en tel cas oudeftaut, 
li Sires doit fefir toutes les chofes efquelles chil qui firent femonre demandent partie, 
& les doit cir en leur demande, &: leur doit fere partie & dcvifer , fauve h partie au 
dcftaillant, quant il la vourra rcquerre, & che entendons nous en routes parties de 
Muebles ou d'Hiretages foit de fief ou de villenages qui foient dcfccndus ou efcher 
oit, &c des parties qu'elles doivent eftre, il fera dit ou Chapitre qui parlera de Dei- 
cendement &: d'Efcheoite. 

Quant li Sires fet femonre fon homme fur la propriété de l'Hirctage que il tient 
de lui, foit pour foi meifmes , ou à la Requeftc d'aultrui, &c chil qui eft femons a 

€ 



j^ Des Semonces. 

trois contrcmans , chafcuns contrcmans de quinze jours , & puct une fois cfloinicr 
(i\m lour, mais fi toft comme il cil: hors de Ton cflbine, il le doit fcrc favoir, fi queli 
Sires le puift fcre rajourncr fe j1 li plcft, & fe jl ne fct favoir que il foit hors de fon 
cfloinic, &: il cft prouvé co.ntre lui que il foie venus en bcfoigncs, ou aies aval le pais 
comme hetiex puis lafîbinemcnt , il doit eftrc tournés en deftaute pure fe che n'eft 
puis que il aura fct favoir que il foit hors de fon cflbine. 

Or veons quant aucun cft ajournés fcur propriété d'Hirctagc,& il ne vient ainchois 
fe met en defautc , par quans jours l'en le doit attendre, nous difons que il convient 
que il foit mis en trois pures defautcs tout fans les jours que il puct contrcmandcr , 
& effoinier par Couftume, &: ont aucune fois dit li aucun que il convcnoit que tiex 
dcfFautes fuflent près après mes nonfet,car feil contrcmande une fois ou deux , & puis 
défaut , &: puis cfl: rajourné &: contremandé cet ajournement , toutte voies la defau- 
te que il fîft li cft contée pour une cheft à entendre que pour che fc il fet fcs contrc- 
mans entre fcs defautcs , ne l'cft il mie pour che que chacune dcfaute ne li foit con- 
tée pour une , &C chacun contrcmant pour un , lî que quant il aura eu trois Con- 
trcmans & un eflbincmcnt, &: trois pures defautcs, ouïes trois pures defautcs fe 
il ne veut contrcmandcr ne cflbinicr , li Sire doit mètre le demandeur en la fefinc de 
la chofe , en telle manière que h dcmandierrcs baille furté des levées fe chil qui de- 
vant cftoit en fefine de l'Hiretagele fet ajourner fur la propriété dedensun an & un 
jour , & fe il gaaigne la querelle que il rait les levées, & fe che cft h Sires qui ait 
pourfui pour foi, il doit montrer les defautcs à fcs houmes qui font pcrs au défaillant, 
&:par leur Jugement il doit prendre fefine pour foi, car fc il le prcnoit fans Jugement, 
il rcfefiroit toujours fon houme ainfint comme j'ai dit par dcfl'us ; mes fe il l'a par le 
jugement de fes houmes , &: chil qui a perdue la fefine par fes defautcs veut plaidier 
de la propriété , fes Sires plaidera fefi dufques à fin de querele. 

Chil qui font femons pour aider leur Seigneurs contre leurs ancmis , ou pour ai- 
dier leurs Mefons à deffendre, ne doivent pas contrcmandcr ne qucrre nul délai , & 
fe ils contremandent ne quierent délai , il ne gardent pas bien leur foi vers leur Sei- 
gneurs, &: quant ils faïUcnt leurs Seigneurs à tel befoing , il defervent à perdre leur 
èef, ne il ne s'en puccnt cfcufer par efifoine , puifque il foit ou pais , & que la guerre 
ne foit contre chellui de qui leur Sires tiennent leur houmagcs , ou contre le Conte 
qui eft leur Souverain , ou contre le Roy qui eft par defîeur tous , car fe ils ont eflbine 
ils pueent envoier fuffifaumcnt pour aux Gcntils-houmes chacun un pour lui Arme 
&: arrée , fi coume il apartient à l'eftat de chelui qui li envoie. 

Quant li aucuns font femons pour aidier leur Seigneur , ou leurs Mefons à garder, 
fi comme j'ai dit, le Sires leur doit livrer leurs defpens refonablcment , puis la pre- 
mière journée que il viennent de leur Mefon en avant , & auflint fe il font femons 
pour loft le Conte ou pour loft le Roi, cfquicx os leurs Seigneurs les pueent mener. 
Se aucuns eft femons pour aidier fon Seigneur à dcftcndrc contre fes ancmis , il 
n'eft pas tenus fe il ne vient à oiflir hors des fiés ou des arricre-fiés fcn Seigneur, con- 
tre les ancmis fon Seigneur , car il feroit clerc chofe que fcs Sires aflauroit il ne def- 
fendroit pas puifque il iftroit de fa Terre & de fa Seigneurie , & fes homs n'eft pas 
tenus à li aidier , à autrui aflaillir hors de fcs fiés , fe neft pour cft du Souverain , 
comme j'ay dit deflflis. 

Li Qucns a autre avantage de femonre fes houmes de fief, que n'ont li fougct,fi 
coume je ai dit devant , car li fougiet ne pueent femonre fors par pcrs quant ils 
Veulent aucune chofe demander pour aus , mes li Qucns les puct fcrc fcmondrc par 
fcs Serjatis fercmentés par un ou par pluriex, &: font li Scrjant crcu de leurs fcmon- 
ccs par leurs fcremens , puifque li Scrjant dient que il firent la fcmonce à leurs per- 
fonncs mefmes, ou à leur Oftel; car chacun doit avoir telle mcfniée qui li facent 
icavoir les femonces &: les commandemens de fon Seigneur. 

Chvl qui vont aucun Icmondre, ou qui le truiflcat puccnt fcre leur fcmonce, & 
fc il ne le trucvent davanturc il doivent aller Icrc leur fcmonce en fon Oftel la ou il 
cft couchans &: Icvans , &: fc chcft homes qui n'at point d'Oftcl , & qui repaire 
une cure che une cure la , il le doivent femonre la ou il repaire le plus fouvent, &r fi 
il ne le trucvent, il doivent dire as voifins que fi toft coume il le veeront que il li 



chapitre I /, ^4 

*<5icnt que il cft fcnions à tel jour, & adonqucs fera il en dcfluitc Ce il ne vicnr ' 
•puifquc li voifins li auront dit, 

N'eftpas grant merveille fc aucuns lemont Ton houmc a rcqucftc d'autriii ,^chil 
à qui requefte la rcmoncc cft fctc n'eft pas jufticables au Seigneur en qui Court il 
veut avoir droit , fc il vient avoir droit &c plcgcs de pourfuir le plaît pourquoi il fct 
femonre, mes fe il eft poure ou eftranges parquoi il ne puct plcgcs livrer , il fouffifl: fc 
il en donne fa fol. 

Chil qui font fcmons leur douaire ne puecnt contremander, mes elTonicr nuccnê 
il une fois , fc ils ont loial effoine , &: fc il contremandent ou défaillent , li Sires doit 
tantoft favoir feli Barons de chelc qui demande Douaire eftoit tenans & prcnans des 
lieux ou elle demande Douaire, comme de fon Hiretage ou de fa Qucfte, au jour que 
il l'efpoufa, & tantoft comme il en faura la vcrité , il la doit mètre en fon douaire. 

Or veons quant aucuns eft fcmons par devant fou Seigneur deflbus qui ileftcou- 
chans & louans , &c à chcle mcifme journée il eft fcmons par devant un de fes au- 
tres Seigneurs pour refon d'Hiretage que il tient, & font li cas tel que il ni a point de 
contremant, auquel il doit miex aler, je dis que il doit miex alcr à la femonfe don Sei- 
gneur deflbus qui il eft couchans &C levans , car il li doit moult plus d'obeïflancc que 
il ne fct à autres Seigneurs , de qui il tient fes Hiretages tant feulement ^ pour chc 
que le Seigneur deflbus qui il eft couchans & levans a la Jufticlie de fon Corps , &: 
la connoiflance de fes Muebles , &: des Chatiex , & des Hiretages que il tient de lui -, 
& nepourquant fe il eft fcmons en chefte manière , il puet bien tenir l'un jour &: 
l'autre , car il puet aler en fa propre perfonne pardevanr le Seigneur loubz qui il eft 
couchans & levans , mes pardevant l'autre il puet envoler par Procureur , car chc eft 
en défendant quant il eft femons à repondre de l'Hiretage dequoi il eft tenant , & en 
touttes querelles d'Hiretage & de Muebles , je me puis défendre par Procureeur.Mes 
fe je demande je ne fui pas ois par Procureeur par noftre Couftume, fe ce n'eft. par 
aucune efpeceal grâce que li Souverain face , fi comme vous oirex au Chapitre des 
Procureeurs. 

En tous les cas ou refefine apartient , l'en doit rcfefir fi entièrement que toutes le.? 
chofes qui furent levées , ou la valeur fe len ne puet les chofes ravoir , foient rendues 
a chelui qui eft refefi , avant que il reponde à riens que l'on li demaiit delà querele, 
car petit vauroit la refefine fi elle n eftoit fête entièrement à chelui qui eftoit defaifis. 

Bien fe gart chelui qui a tant démené fon plet que il a jour de veue que il ne 
faille j ne ne contremande aprez jour de veue , car fe il contremande il li eft tourné 
en defaute pour che que il ne puet contremander, & pour une feule dcfaute,il pert 
fefine de toutte la querele dont veue a efté fête. 

Qui, fet veue, il doit monftrer toutes les chofes qui font demandées ou plet en 
chafcun lieu & en chafcune pièce, car fe il gaigne la querelle, il ne gaigne fors chc 
qui a efté monftré , & pour che eft il bon que il ne (bit pas négligent de monftrer 
tout che qui eft en la querele. 

Je dis devant que li Sire eft tousjours tenu à refefir fon homme quant il prent che 
que il trueve en la main fon houme fans jugement , &: che eft voirs , mais ce n'eft 
pas à entendre que fe h Sires trueve par mesfet hors de la main à fon houme ou à 
chelui qui doit eftre fes houmes que il ne le puis bien penre fans jugement , &: vous 
dirai en quel cas che puet eftre. 

Si 11 houme d'aucun Seigneur fet de fon fief, ou d'une partie de fon fief , arrierfe 
fief, contre couftume fans le congié de fon Seigneur , fi toft comme h Sires le fct, il 
le puet penre comme le fien propre pour le mesfet , &: fe chil qui le devoit tenir l'en 
demande refefine li Sires ni eft pas tenus , car il li puet dire que de che que il a pris, 
il ne le prift pas en fa main , dont il ne li puet demander refefine , & fe chil qui eft 
fes ho^es qui fift de fon fief arrière fief lan demande refefine , li Sires puet refpcn- 
dre que il ni eft de riens tenus , car il na riens prins en fa main, ainchois a pris che 
que il a trouvé alongié dou demaine que il fouloit tenir de lui , & ainfint .ncn fera li 
Sire nulle refefine ainçois venra li Hiretage en fon propre Demaine corhmc forfer. ; 

Le féconde caufe en quoy li Sire n'eft pas tenus à fere refefine à cheluy qui doit, 
eftre fes houmes eft quant jl lieve par defaulte d'houmes. Car tout che que h Slre§ 



tit$ Semonces, 

puct lever doufics ains que il eu ait hou mes cft ficn de fon droit Le tierche caufc 
nourquoY li S'^c n'cftpas tenus à lenTcfir fou hoiimc, h cft quand plct eft de refqucuf- 
fe d Hireta<TC , & il tient les dcfpeuelles en fà main à la requeflc du Rcfcouerres. 

Picnc pfopofa contre Jehan de qui il tenoit fon fies , que chelui Jehan l'avoir fe- 
mont pour li fere demandes en une Vile la plus loingtainequc il pooit trouver en la 
Comtc-e & en laquele Vile ledit Jehan n'avoit Fief ne Arrière Fiet, & pour che que il 
n'avoit pas obci à le fcmoncc ne il n'cftoit pas ailes à fon ajourncment,li dit Jehan tc^ 
noie fon Fief fefy, fi requeroit que h dit Jehan oftat la fefine de fon Fief,&: que il lui 
fuft prononcie par droit que il en! tel heu ne le pouoit femondre. 

A cherepondi Jehan que il connoiflbit bien que il en tel lieulavoit lcmons,&difl: 
que il fon houme pouoit bien fcmonre en quel lieu que U lui plefoit en IaContée,par 
la refon de che que le Fief que Pierre tenoit de lui eftoit des membres de la Contée, 
&:feur ce fe mirent en droit. 

Il fu juo-iés que Pierre devoit eftre refaifis tout a plein, & que il n'etoit pas tenus 
à aler à tele femonce, U que nul par la Coutume ne puet ne ne doit fcmonre fon 
houme hors de fon Fief ou de fon Arrière Fief, car moult feroient grevé li poures 
houmes qui tiennent les petits Fief. ^ 

Nous avons veu pluriex debas de chaux qui cftoient ajournes par devant leur 
Sei<Tneur à la requefte d'autrui pour dette , & puis fefoicnt tant chil qui eftojenc 
ajournes, que li gré de chaux à q«i requefte il avoient eftc ajournes eftoit fez fî que il 
ne fapparoient pas à jour contre aux , ne li ajourné ne alioient pas à leur jour , ne 
pourquant U Seigneur les vouloient mètre en defautc par la refon de l'Ajournement, 
cout fut il ainfit que mil he fe fuft apparus contre aus.^ 

Et li ajournes fe deffendoient pour che que nul ne s'eftoit appareu contre aus , & 
difoient que ils nen dévoient point d'amande, & pour che que nous veifmes moult de 
fois chelui débat nous mcifmcs en Jugement fe li Ajournes dévoient amende pour 
refon de defaute en tel cas. 

Il fu jugié que chil qui eftoient ajournes pour dette à la requefte d'autrui en la 
manière devant dite,&r partie ne fe apparoir contre aus ne dévoient point damande, mes 
fe partie fc prefentoit contre aus &: il ne venoient, la defaute eftoit clere,mes ajourne^ 
mens qui font fets fur forche ou fur nouvelle defeline ou fur cas de trievc ou fur 
meflée, il convient bien que li Ajorné vlegne à fon ajouriièment , ou il feroit en de- 
fautc. Car puis que ajournemens eft fes fur aucunes de ches chofes les parties ne les 
pueent pas deleffier fans la volenté dou Seigneur, ainchois convient que chil qui a fec 
fere l'ajournement pourfieve chefeur quoyilla fet ajourner, & fc il ne le veultpourfuiril 
chict en autelle amande comme chil feroit que il a fet ajourner, s'il en eftoit atteins:&: fç 
il le pourfuit &: li ajournés fe défaut, il doit eftre juftichie pour les défaut, & fe il i en a 
trois il cft atteints dou fet feur lequel il fu ajournés,&;fe h uns ne h autres ne vient avant 
puis l'ajournement fet,h Sires doit jufticier cheli qui fift ajourner jufques à tant que il fâ- 
che en qui defaute la querelle demeure,&: puis lever l'amande de cheli en qui il défaut. 

Aucune fois avient il que uns houme fet ajourner un autre , &: après chil qui eft 
ajournes vient à Court & chil qui fift ajourner ny vient. Or veons que il en cft à fere 
en tel cas, fc chil qui fift ajourner ne vient dedans leure de miedi, l'en doit donner 
congic à chelui qui fut ajournés, & fc chil qui ne viht mie le ict puis ajourner il ne 
répondra pas devant que il raura fcs damages de lalitre journée devant, & fe li uns 
& Ix autres cft couchant & levant defous che mefme Seigneur, Nous voUs accordons 
que li Sires puet lever la defaute de cheli qui fift ajourner , tout foit il ainiînt que 
nous navons pas veu che cas moult ufer. Car poi avient que len face ajourner au- 
trui &: défaillir , &: chil qui le fet & ne vient pas au jour que il la fet ajourner doit 
cftrc en autel damage comme chil feroit qu'il a fet ajourner fe il ne venoit. 

Quand aucuns font femons pour leur Seigneur défendre, ou pour aller «en ba- 
taille pour le quemun pourfit dou Royaume , bien fe gart que il en face fon avenant, 
car fe il fcnfuit il a perdus honneur, & tout che que il tient en Fief ne ne doit puis 
cftrc ois en Court en tefmoignage , ne en apcUer autruy fe aainfy n'cft que il n'euft 
rcfnable caufc en la fuite , fi comme fc il fcnfui tant des autres devant li que {zs dc- 
saeurcr ne peuft tiens poiirfitcr , en che cas fc doit l'en prendre as prumerains 



chapitre II, 21 

fuyans. Car il font mauves &: par eux font li autre en plus grant péril de mort ou de 
honte avoir, &: à la fois tout îbicnt il bon &: vigoureux, ils perdent les cucrs par la 
mauveftié de chaux qui leur doivent aidicr , fi en ont cilc mors &: deconfîft: maint 
prudhoume & mainte Terre perdue , & mainte Ville abàtuc &: arafce , &: tant fâ- 
chent chil qui vont en tiex befoignes que en plus grant péril font clul qui fcnfuicnt 
que chil qui affaillent ou qui vigcureufement fe défendent, &: de toutes les bcfoi- 
cncs dont nous avons oi parler l'en a plus ocis des fuians que des dcmcurj 



rans 



orant cuer donne à fon anemy qui vuide le lieu là où il fe doit à luy combatrc , &c 
picca dit on que chil qui fenfuit trueve afles qui le chaflc. 

Autel comme nous avons dit de chaus qui fen fuient des Batailles , entendons 
nous que cex qui font mis en garnifons éz Villes ou ez Chaftcaux pour le garder , &c 
pour le défendre au quemandement de leur Seigneur ou par foi ou par feremcns, car 
en nule manière dou monde , ne pour rnort , ne pour vie il ne doivent baillicr as auc- 
mis de leur Seigneur che que leur Sires leur a baillié à garder , mais garantir & dcf- 
fendre jufques à la mort , excepte un feul cas , cheft li cas de très grande famine, £àns 
attente de fecours, car fe il i afigrante famine que il aient par difetc jeune trois jours 
ou quatre , &: que ils n'aient à mcngier ne Chevaux ne autre chofc ; &: en y a ja au- 
cuns morts par famine , &: eft aperte chofe que nul fecours ne leur puet venir ne de 
Seigneur ne de viande , l'en iie fe doit pas merveiller fel'cn vuide le lieu , fauve fa 
vier Car U demeurer ne puet riens pouriîter , & plus puevent puis aidicr à leurs Sei- 
gneurs que fe il euffent attendu tant que il fuffent mort. 

Chacuns doit mètre peine grant en foy maintenir fagement &c loiaument en l'Of- 
fice là où il eft. Car che eft bien & honneur & à Dieu &: au monde , & qui autre- 
ment le fet fe il Icn mefavient c'eft à bon droit. Or veons fe unefcme ou tans de fa 
veufveté ou el tans de fon Pucelage que elle eft en aage &: hors de mainburnie fet 
une dete en la Juftice où elle maint, &: aptes elle fe marie en une autre Contrée avant 
que la dete foit paiée ; & fa Terre 4^1 eft de par lui ou aucuns de fes muebics dc- 
mcuirent en la Juftice dont elle fe partit quand elle fe maria , fe chil à qui la dete eft 
deue porira fere arreftei: pour foi ferc paier che qui eft en la Juftice , ou elle s'oblija , 
bu fe il convcndra que il en pourfîevele Mari à le femme pardevant le Seigneur de 
foubz que il couche &: lieve. \ , 

Nousdifons que en che cas que li creanchiers puet fere les bien arrefter là où la 
Jeté fu fetc; & la convient que li Maris la face paier ains que il i ait riens de par la 
famé. Car maie chbfe feroit que len alaft plaidier en eftrange Contrée pour fa dete 
avoir qui feroit fête en fon lieu , & aroit chil qui fen iroit dequoy paier ou IicU dont 
il feroit partis , nepourquant fc la femme en avoir tout porté & h creanchies iiavoin 
pièces qu'il convenroit que il fuiflft le Mary là où il feroit couchant ôc levant , ou 
les Pleiges , fe Pleiges y avoir ^ pour quierre leur dehvrance. 

Qui, femont homme de fcmonce de Chretieiité qui n'eft pas de la Jurididion à 
chelui qui femont, fi comme fe UOfficiaus de Biauvais fet femonre aucune qui eft 
<le l'Evefché de Soiffons; il doit aler où envoyer à la fempnce & montrer au Juge que 
à tort eft fernbns , Car il n'eft pas de fa Jurididion & que il n'eft pas tenus à ref- 
pondre,larefon pourquoi il doit aler ou énvoier,fi eft pour chèque s'il n'y aloit ou en- 
voioit len jetteroit feur H Sentence d'Efcômmuniement, 6â li Efconimuniements font 
à douter , comment que ils foient getté foit a tort, foit à droit , & pouir che i doit il 
aller ou envoyer , que en aucuns cas il porroit il eftre teiius à refpondre , fi comme 
fe il avoir aucune chofe en l'Evefché de Biauvais & len h dèmandbit chelle chofe 
par refon de Teftament , ou fe il avoit plaidié contre aucun &C chil contre qui il plei- 
da à Biauvais fift reconvention feur U ou feur fes redevaiiciers ipleida &:entetrema plet 
avant qu'il mouruft,en tous tiex cas i feroit il tenus à refpondre, pour che eft il bon 
que il y voife ou envoit Procureur pour alliguier que il n'eft pas là à jufticicr,oupour 
refpondre fe len li demande chofe à laquelle il foit tenus à refpondre. 

En la Cour laie eft la Couftume contraire à chelè que nous avons dit deffuSjCar 
fe U Bailli de Clermont fet femonre aucun qui foit de la Juftiche à un autre Conte, 
ou à autre Seigneur hors de fa Contée , & cil qui eft femons n'a rien en la Contée 
de Ciérmônr^ il n'eft pas tenus à obéir à fa femonce , mais fc il a aucune chofe en la 



^^ Des Semonces. 

Contée & il c/t ajournes en 'diCint foies en tel jour à Oermont, contre tel, à refpon- 
dre de telle chofe que vous avez en ha Côntcc de Clcrmont , àdonc doir il y alcr : 
car il doit dcfFcndrc fa chofe là ou elle liét, nepourquaiit fc che cft Mueble que il a 
en la Contée de Clcrmont , &: il ne le obligea pas par Lettres. Il poura dire quant il 
vcnra à Court (^uc il n'en veut refpondre fors la ou il cft couchant & levant , &: À 
donques il ni repondra point , mes fc che cft Hiretages , le Plct demeura par devant 
le Seigneur, de qui il muer. 

Si comme nous avons dit que Ten doit aller à la femonce de Chrcftienté , tout 
ne foit len pas de la Juftiche au Seigneur qui fcmont^ nous entendons ainiînt des 
Juo-cs de par l'Apoftoile, fe ilfemonnet autrcmant que Une doivent fi comme fe il font 
dechcu par Lettres qui furent mauvcfcmcnt & faulcement empêtrées , ou s'il femon- 
nent plus de deux journées loin outre les mettes de le Diocefe dont ils font, ou s'il 
font aucun autre defavenant en leur femonccs , touttevoies i doit le fcmons alcr ou 
envoyer, fij quant il vient la, il fe doit complaindre au Juge du defavenant de la Se- 
monce , &: rcquerrc que il li face droit , & fe li Juges li refufe à fere ou il li donne 
mauvefe fentence appcller puet à fApoftoile, & de chcs Apiaux de Crefticnté fe Plct 
cft dcvai;t le Doien, l'en puet appcller à l'Evefque, & de l'Evefque à l'Archevefque, 
& de l'Archevcfqlie à rApoftoile. Mes du Juge envoie de par l'Apoftoile ne puet ap~ 
pellci- que par devant l'Apoftoile, &: ainfint en la Cour laie font li Apcl de degré en 
degré dou fougiet as Seigneur , &: de Seigneur en Seigneur jufques au Roy es cas qui 
ne^font démené par gaige de Bataille , car en la Cour ou l'en va par la refon de 
l'appel pour les gaiges maintenir, fe la Bataille eft fête, la querele eft venue à fin, fi 
que il m a métier cle plus d' Apiaux, mes ains la Bataille fête porroit elle àler de de- 
gré en degré jufques au Roy , tout fuft li Plet démenés par gaiges , ceft à fcâvoir de 
l'une des parties , fi comme un des foùges le Conte fefoit fere aucun Jugement en fa 
Court , & partie appeloit de faux Jugement en la Cour le Conte , &: li houmes qui 
auroicnt fet le Jugement , vouloient fere le Jugement bon par gaige de Bataille, & li 
apeliers propofoit refons pour ofter les gaiges , & pour fauffer le Jugement par les er- 
rcmens dou Plet , & après che fe metroient eh droit , fc li Apiaux feroit démenés 
par gaiges ou par les erremens dou plait, & après li houmes le Conte jugeoient que 
Il Apiaux fe feroit par gaige , &: h Apelierres apelloit les houmes le Comte de faux 
Jugement en tel cas venroic li Apiaux de degré en degré jufques au Roy. 

L'en doit favoir que chil qui eft femons quant il vient au jour fe doit prefehret 
par devant le Seigneur qui le fift femonre , ou par devant chclui qui tient fon licu,où 
lieu la ou il tient fes Pies , &: foi offrir contre chaus à qui il a afaire , & s'il ne truevè 
ne le Seigneur ne chelui qui la Cour tiengne il doit alcr au Heu la ou il tient {^ts pies- 
accouftumeement, &: attendre jlifques à eure de miedi, & a donques fe nul ne vient 
pour le Seigneur qui ait pooir de la Cour tenir , aler fcn piiet fans cftre tournés en 
defaute de chele journée, &: touttevoies nous lui loons bien que ilmonftre l'attente 
à bonnts gens qui le puiflent tefmoigner fe métier eft. 

Quand femonce eft fête à jour (ans nommer cure , Il fcmons doit entendre que 
cheft au matin dedens cure de miedj, & s'il ne vient dedens chele eure, &: il ne fe 
prefehte il eft en defaute, mes fe H ajournement eft fes à relevée ou à vcfpres,l'eure 
de prefentation dure jufques à Soleil efcoufl'ant, & qui dou Soleil luifant fc prefcnte 
il ne pUet eftrc en defaute du jour, qui cft mis à relevée ou à vefprcs. 

Eh la Court de Chrcftienté ne fcmont len pas en jour ^e Fefte , ne ne tient on Pies,' 
& fi len fcmont en Fefte, que l'en ne s'en doignc garde, ne ptedclen pas quant on vient 
au jour, ne en la faifon d'Aouft, ne de Vendanges, ne en la fcpmaine Peneufc, ne en la 
fepmaine de Pafques, ne en la fcpmaine de Pcntecofte,ne en la fcpmaine de Nouel,maîs 
chtfteCôuftume ne tenons nous pas en Court laye, ainschoisfontli Seigneur leur femon- 
ccs en quel jour que il leur plct, ncpourquant qui feroit femons au jour de Nouel, 
ou de Pafques, ou de Pchtecofte , &: ne fuft pour la grande befoigne dou Seigneur, 
ou pour chofe durement penlleufe , fe li fcmons ne vient, nous ne nous accordons 
pas que defaute en foit levée, & aufllntdcla femaine pcncufcj car bien doivent cftre 
tels jours frans , ^ délivre de Plais , &: che que l'en plaide esautres Fcftes che doit 
cftre entendu pour bien , fi comme grief feroit as poures hommes qui ont à plaidier 



chapitre llL ^^ 






pour petite querelle, que 1 en demcnaft les Plais par les jours cfquiex il doivent sain- 
gner leur pains, & ferc leur labourages, &r qui pour chcftc caufc fet femonceî en 
jour deFefte, & tient Tes Plais , la caufc eft bonne, mes touttcvoics qui tenir les i 
veut tiegnent les après clic qucli fcrviccs noftre Seigneur cfl fez , (i que pour les Plais 
Diex ne demeure pas à eftre fervis , ou autrement li Plet à tenir ne fcroicnt pas bons 



Se len voit que aucun Sires ait haine à aucun de fes fouges pourc, & que pour 
lui grever , il le voit journeiant es jours que il doit jouinoier & fcre fon labour & 
fe cheftc chofc cft fête favoir au Conte , il ne le doit pas foufFrir, ainchois doit con- 
traindre fon houme que il face à fon poure fougct Iiatif droit , & en tel jour que il 
nen perde fon labour , nepourquant de Couftumc l'an puet ajourner fon fougct de 
pooftc en quel jour que l'en veult & dliUy à demain , mes chelui qui tient en Baron- 
nie quant il voit que aucun de fes houmes veut ufcr trop cruclmcnt de la Couftu- 
me contre i'c$ poures "fouges,de fon Office, il lui puet bien rcllraindrc cherté Couftu- 
me, & regarder la caufc que li Sires a contre fon fouget, & s'il ne void la caufe bon- 
ne, défendre luy puet de fon Office que il ne li maintienne plus. Car quand les Cou- 
ftumes commencierent à venir l'en les commença à maintenir pour le quemunpour- 
fit , non pas pour ouvrer ent felonnelTcment ne cruelement , nepourquant es cas 
de crieme ne doit avoir point de bonnaireté, ainchois en doit on ouvrer felonc che 
que ce cas le defhre &: que Couftume le donne, exceptés les cas dcfqucx reï'on don- 
ne que l'en ait mifericorde , &: li quel cas fc font, il cfl dit au Chapitre qui parole des 
cas ou pitiés & mifericorde apartient. 

Chi defîne \i Chapitres des Semonces. 

Chi commenche le tiers Chapitre de cefi Livre qui parole des Ejjoines 
C!^ des Contremans, 

LE TIERS CHAPITRE. 

APRES che que nous avons parole ou Chapitre devant cJ::cftui des Semon- 
ces , il cil bon que nous diions après en cil Chapitre cy des Eflbincs & des 
Contremans } comment l'tn les doit fer'e & en quelles quereles il efcheent , &c 
mefmemcnt nous en avons ja parole en aucuns liex ou Chapitre des Semonces , fî 
dirons enfuivant che que nous navons pas dit, & pour che que après les Semonces 
vienent les Contremans & les Eflbinemens felonc che que les Semonces ont efté fê- 
tes eft il bon que nous en parlions avant que nous entrons en autre matière. 

PI ufieurs Efloines font par lefquiex ou par aucuns defquiex l'en puet elTonier le 
jour que on a pardevant fon Seigneur , fî comme enfermeté de cors. Car quicon- 
ques a maladie par laquelle il eft aperte chofc que il ne puet fans grant grief aler a. 
fon jour , il puet loiaument eflbnier chil qui eft femons pardevant fon Seigneur fou- 
yerain fe il cft femons par devant autres Seigneurs en chelui mcefme tams fi près que 
il ne puift cftre legierement dune part &; dautre , il doit aler à la Semonce dou Sou- 
verain, & puet hardiemcnt tous les autres jours elfonicr. . 

Chil qui a jour à jurer en caufc de tefinoignage'en fa caufe meèfme par devant 
fon Ordinaire fc il a jour aïlieurs puet loiaument eifonier. Car les quereles lefquel- 
les ne pueent fincr fans ferement de vérité, feroient autrement trop attargies. 

Quant aucun eft meus à aler à fon jour &: il a deftourbier en la voie , fi comme 
fe fon cheval muert ou afolc, fi que il ne puet aler &: il ne puet cheval recouvrer , 
& il n'cft pas homs qui doie aler à pied felonc fon eftat , ou il trueve û grans javes 
que ilnofe pafler pour péril de mort, ou h tans devient tiex que perillieufe chofe 
cft d'aller parmi les chams , fi comme de grans vcreglas ou de grants neiges , ou de 
grans orages en tous tiex cas puet on bien elîbnier. 

Chil qui eft femons au jour que il doit femme plevir ou efpoufer , ou au jour que 
il marie un de Ces Enfans , ou un de Ces Frères , ou une de fes Sereurs , ou de Niè- 
ces, ou de fes Nevcus, ou d'aucun autre de fon lignage qui foient à lui à marier , 



^ . Des Bjjoifjes & des Contremans , 

puct Joiaumcnt cfibnier , quand aucuns cft fcmons &: ni nofe aller pour que fà 
femme ou fi ei f int font en péril de mort il puet loiaument cfîbnicr. 

Bien fc puet chil encore eflonier qui nofe aller à fon jour pour doute de Ton cors^ 
fi comme fe il cft menaciez , ou fc il eft de Guerre ou pour foi ou pour fon h- ^ 
gnagc. - 

En tous CCS cas ou efloniemcnt appartient , il peut lelTier lefloinemcnt s'il veut,&: 
contremandcr s'il n'a pas fcs trois contremans , car fe il les avoir pris il ne potroit plus 
contremandcr. 

Chil qui eft cfloines ne puet pas contremandcr après fon cftbniement, doncques 
convient il que chil qui veut avoir tous {ç.s Contremans que il les prengne ain- 
choins que il fcfloine, &: la refon fi eft telle que chelui qui elfoine quant il eft hors 
de fon eflbine fc doit fere reajourner, &: le jour qui li cft donné à fa rcquefte il ne 
doit contremandcr ne eflonier , & fe il le fct il chict en defaute. 

Il y a grant difterence entre Contremans &; Efloincmcns , car en touttes quercles 
là où il chiet Contrcmant l'en en puct penrc trois avant que l'en viengne à Court, 
dont chafcuns des trois contient quinze jours , ne ne convient pas fere fercment , ne 
dire la rcfon pourquoi l'en contremanda , mes de lefloinemcnt l'en ne puet avoir 
que un entre deus jours de Cour , &r doit eftre fcs fans jour , car nul ne fait quant il 
doit eftre hors de fon Eflbine , dou plus des Eflbincs ^ & fl li convient fon eflbine ju- 
rer fe il en eft requis de partie quant on vient à Court. 

En toutes quereles efquelles il a contrcmant; l'en peut cflbnier une fois qui a ef- 
foine , mes touttes les quereles là où l'en puet eflbnier l'en ne puct pas contreman- 
der ; car il eft poi de quereles ou nulles efquelles on ne puift bien eflbnier, qui a ef- 
foine , mes on ne puet contremandcr fe la fcmonce n'eft ict^ Amplement, fi comme 
fe li Semoniere dient cheli vous fct ajourner pour quoiconques , il vous lîira deman- 
der, ou ils dient cheli vous fct ajourner feur cas d'Hiretage, en ches^dcux Semonces 
feulement à Contremans qui prendre les vient, es autres non. 

Toutes les fois que chil qui cft ajournés fe part de Court en cas ou il a Contre- 
mans , il ra fcs Contremans de novel , &:; fon eflbniement après, fil a eflbine , jufques 
à tant que jour de veue il n'y a nul Contremans, ainchois pert la feftne par une defau- 
te , fl comme jai dit alleurs. 

Quand aucun contrcmande, li Contremandi erres doit dire en tele manière à chc- 
lui qui tient la Court , Sire Pierre qui ajournés eftoit contre Jehan à la Journée dhui 
pardevant vous contrcmande fon jour jufques à dhui en quinze jours , &: adonc fe la 
partie qui fîft ajourner vient débatte le Contrcmant il le doit débatte tantoft, & di- 
re , Sire , en tel cas n'a point de Contrcmant à la Journée dui , &: la rcfon nous di- 
rons en' tens &: en lieu , quant il fera prefent , bc monftrerons pourquoi il doit eftre 
tournez en pure defaute de cette journée, adoncqucs la Juftice doit mettre le Con- 
trcmant en efcrit comme debatu, & oir les refons des parties feur le débat dou Con- 
trcmant quand il venront en Court , &: en fere droit fclonc clie qui eft dit des par- 
ties , &; fc la partie ne débat le Contrcmant au jour que il cft fes il n'en puet puis 
tourner en defaute le Contremandcur ainfchois cft h Contrcmant tenus pour fcuf- 
fîfant tout foit che que Contrcmant nefchet pas en chcllc querele fc partie l'euft de- 
batu. 

Li Eflbnicrres qui eflbine pour autrui fi doit dire en cheftc manière à chelui qui 
tient la Court j Sire Pierres, fi ellbinc tel jour comme il avoir à hui pardevant vous 
contre tous chausà qui il avoit aflaire,& quand il fera délivres de fon Efroine,il le vous 
fera à favoir,fi que vous le puiflîes rajouriier fc il vous pleft , ou fe partie le vous re- 
quiert , &: fi: aucune partie veut debatrc , reflbinement il le doit débatte tantoft en la 
manière qui eft dite dcfilis là où il parole de debatrc les Contremans. 

Il eft clerc chofc quic fc aucuns a pluricx quereles en une Court à une Journée, 
il ne fc puct pas aparoir pour l'une querele & contremandcr ou eflbnier pour l'au- 
tre , Car puis que :1 vient en Court il li convient aler avant en chafcunc querele^ 
que il a ahiirc en la Court à chele Journée. Car mal chofe feroit que il pcuftcon- 
ticmandcr ne eflbnier pour l'autre puis que il fc feroit aparus ncj prefcnté en Court 
à chcle Journée, 

Nule 



' chapitre III. 2/ 

Nulc dcfautc n'ci]: plus clerc que de chclju qui llipcrt eu Couic , & ne fe prcfcn- 
ce de deus cure de micdi, doncqucs feil ne le prcrcntc & Gi partie requiert detaute,il 
la doit avoir aufll bien comme ic il ne s'clloit aparus en- Court , car poj vauroit les 
venus fe il ne fc prcfcntoit à venir avant & à alcr avant es querelcs que il auroit à fe- 
re a le journée. Aucuns lont qui bien fe prefentent de deus cure de micdi , & aprcs 
s'en vont de la Court fans congié, ou quandJcur avcrle partie veut plaidier il dient 
pour fer'c anui à chcux contre qui ils ont à plaidier que il attendent leur cqnfeil, mcs' 
bien lî gardent chil qui ainlint font , car fe il attendent tant que cure foit paflee , &: 
que chil qui tient la Cour s'en vucillc partir à rcuie que il a accouftumé à partir feu 
ii cliicnt en défaut , car poi vaudroit leur prcfcntation fe il ne vouloicnt alcr avant en 
la querele. 

Quand femme plaide ou elle eft alîallie de plait, elle puct bien cflbnier fans jour 
fc elle efl grolfe , mes qu'elle foit près de fon terme, II conimc à deux mois ou la cm 
tour,, tout foit che que li plait fufl en la Ville ou elle cft couchans &c Ipvans , &: que 
chacun voie quelle va au mouflicr, car' elle fe puet partir dou moufticr quant elle 
vient pour fon prive clîbine fc cle la, mes chc ne pouroit elle pas fc elle -cftoit entrée 
en Court pour plaidier ainçois feroit mife en dcfautc fc de ne aloit avant .au plait , 
felonc chc que le journée dclicrrcroir, & quant elle elfonie pour grollefle, eJlç le doit 
ferer ajourner dcdcns les quinze jours qu'elle çft relevée , fe ainïi n'eft que elle f^ifc 
malade, lî comme il avient aucunes fois qu'elles gîfcnt plus que leur mois. 

Aucune fois avient il que c' il qui font venus a cou,rt poiu: plcdier on ellonic de 
maladie qui les prend en leurc que il convient que ils s'en voilent , &:. lî le Plaît ell 
que tels gens ont en deffcndant , il pucent lelîîer Procureur pour aus , &: lî U çflbnies 
eft li hatif que ils n'ont remembrancc , ne pooir de lelfier Procureur ne doivent il pas 
pour che perdre, car la caufc de pitié que chafcuns doit avoir li uns de* l'autre le cf- 
cufc, &: chil qui eft dcniandierrcs &: a tel effoine les Pies doit demourer en tel eftat , 
comme il eftoit quand fcs eiToincs le prift, pour che que il ne puet Icffier I?rocurcui^ 
en demandant. „ , . 

Quant Pies eft meus contre aucun , & le Plai.t.pcndant il devient forfenés, fî que 
jl ne fauroit fon, Plait maintenir , la Jufticé fî ddic à la Rcqueftc de l'autre paf tie do- 
ner au forfehé deffendeur , foit li Pleis de Hiretage ou de Mucblc , car le forfenerie 
d'aucun ne doit pas autrui damj^gier, mefmement quand Plait fut entamés devant fa 
forfencrie, & pour che doit il avoir deffendeur; car on ne fait le chcrtain jour de facra- 
rifon , mes il n'eft pas. ainlînt des Enfans foubz aagies , car tout foit ainlî que li Plaie 
fut entames au tâns leur Père , & li Père muert le Plait pendant , avant que Jugement 
l'ait ofté de che dont il eft faifis li Ertfans demeurent en la fefmc , & U Plet en feliat 

ou il eftoit quant li Pères mourut , jufques à l'aage des Enfans 

Chil ne contremande pas loiaument ne nelfoine qui contreniande . ou elToine pour 
che que il a fet autrui ajourner en autre Court. Car il ne fe doi t mie leffier à défendre 
pour autrui afaillir. ;,.,.,,,. 

Se il avient que uns homs foit ajourné par devanr.fon Seigneur ,,lequicx Seigneur 
eft deftbubz le Conte, & li Qucns a meûier de chclui qui fu ajournés à cele journée, 
il puet loiaument elfonicr , car la volenté dou Souverain lefcufc , vcire fe che cftoic 
hors autre Sires , que li Qucns qui feroit Sires au Seigneur devant qui chil feroit ajour- 
nés. 

Chil qui apele par gaige de Bataille ne puet contrernander , ainchçis convient que 
jl Aiengne ainlint comme il doit à chacune journée, mes eflbnier puet fc il a e/îbnie, 
une fois , lequel cflbine il li convient jurer en Court , & doit fcrc rajourner la partie 
que il a apellée lî toft comme il eft hors de fon clfoinc; & fe il ne le. ^ct &c j1 eft veu 
en autres bcfoigncs chil qui fu appelés s'en puet aidier, ^ h fere mctrc en defaute 
& par chcle defaute il doit eftte délivrés des gaiges , & fi demeure clul qui apellapar 
devers la Jufticc comme de faux apel. Si que li li Appiaux fut pour autre cas que pour 
cas de criemc , & Apellieres eft Gentils-houmes l'amande eft de foixante livres , 6a 
pert la querele, &:fe il eft homs de poofte lamande eft defoixanrc fols avec la querels 
perdre, & fc h Apiaux fu pour cas de crieme, & h Apelierres eft en defaute que il na 
pourfui fon apel li comme il doit , il demeure eji la mcrcy dou Seigneur dou corps 
& de lavoir. D 



2i< Des EJfiwes ta Contremans, 

Voirs cft que chil qui eft appelés toutte fois que il fc part de Court , puet crois 
fois concrcmander, & la quarte journée cfîbnier fins jour, fe il a elîbine , mes Icf- 
ibine-li convient il jurer fe partie le requiert quand il fcfl: fct ajourner, & il vient en 
Court & nommer Icllbine, &: bien 'ïc gart que Ii Eflbinc foit tiex que il ne foit parjures 
&: que il foit receus en Court , car fe il eftoit en defaute, par Jugement il feroïc 
ataint de fon apcl. 

Avenir puet que chil qui cflbine fans jour pour quelques cas que che foit, &: a- 
prcz fon Efîbine fc fet rajourner , &: avant que li jours viengne de rajournemcnr il 
a il grant elfoine que il ni puet aler ni pourfuir fon plct. Or veons doncqucs que len 
en fera en tel cas , car par noftre Couftume il n'a que un Elfoinement : Nous difons 
que jfi li derreins clfoines eft de cors fans fraude &: fans barat, li Sires de fon Office 
pour caufc de pitié le doit garder de damage. 

Chil puet cflbnier loiaument qui eft femons à alér en l'oft le Roy, ou le Conte , 
ou pour garder le Cors ou la Mefon de fon Seigneur lige , tout foit il ainfint que il 
ait deux mois ou trois dufques an jour de lemuete , car quand teles lemonces font 
fêtes li délais qui eft entre le jour de la fcmonce & le jour de lemueteneftpasoclroiés 
pour plaidier , mais pour foi ahcrncfcher & apareillier de fcs befoignes qui li faillcnr. 
Tout foit il ainfmt que chil qui eftbinc puifte effonier fans jour il en font aucuns 
fî nices quils fe font eflbiner à quinzaine, & puis que il demandent chertaîn jour que 
il nenront à Cour li jours doit tenir, car il leur loit bien à renoncier au droit que il 
avoicnt defonier fans jour. 

Chil qui eflbine pour la mort de fes Enfans qui muèrent de leur bonn^e mort ou 
dautre cl tans que il aletent puet jurer loial effoinement , car tiex Enfans courroucent 
les cuers des Percs: &: fi l'Enfant eft mort de mort vilaine pat mauvefc garde, com- 
me d'efteindre, ou de ardoir , ou denoier, eflbnier puet encore miex, car fon cou- 
roux lefcufe. 

Bien fe gart chafcun quel MclTage il envoie pour contremander fon jour, Car fc 
il h charche que il ixcc fimple contrcmant à quinzaine , &: li Mefîages lelîbine fans 
jour il a perdus fes contremans , &: fi puet eftre tournes en defaute , fe il ne vient foa 
cfToine jurer quant il vient en Cour , &: fi leMeflages dcut fere cflbinement après trois 
Contremans , &: il fet droit contrcmant à quinzaine , il met fon Maiftre en defaute ; 
car il ne puet quarte fois contremander ; &: par chc puet on favoir que l'en farrete as 
paroles qui font dites en Court, non pas àlentenfon de chaux qui ont bailliés les pa- 
roles à leurs Meffages. 

Aucuns Eflbines font lonc. Or veons doncqucs fi aucuns Eflbines par Eflbine de 
fon Cors combien lautre partie le doit attendre, il nous eft avis que il doit eftre aten- 
dus un an & un jour , &: fe li Eflbine dure plus dun an, partie le puet fcre rajourncL- 
car plus longue langueur que dun an &: un jour ne doit pas plus detrier laverfe par- 
tie , &: fc li Efl!bines ni puet aler , cuvoien puet Procureeur en foi défendant , &: tel 
caufe pouroit il avoir bien en demandant que li Quçns lui pourroit fcre chefte grâce 
que l'en rcfpondift à fon Procureeur , fi comme es caufcs piteufes , car il eft meftiers 
que chaux qui font en longue langueur aient qui aminiftrent leur befoignes. 

Quant il convient à aucuns jurer fon eflbine, il doit jurer fe Diex h aift, &; tuic 
\\ faints que il eut eflbine loial pourquoi il ne puet eftre au jour, & que li Eflbine il 
ne pourcacha à efllent ne ni quift fraude ni barat , ne il ne nommera pas fon Eflbine 
fe il ne vieut en nulc querele , fors que en cas de crieme , &: quant il a fait tel fere- 
nient , il en doit eftre crus ne ne puet len riens fcre encontre. 

Par noftre Couftume doivent chil qui ont à plaidicr de querelle la ou il puet avoir 
contrcmant, contremander le jour devant le jour dou Plet dedans folcil ellccouflant, 
^ fe li Contremans neft fet en chefte manière, ainchois vient la journée mcfme dou 
Plct, il ncft pas à rccbevoir fc partie le vient debatrc, aincois cliiet chil qui tel con- 
trcmant fiil: en pure déduite. 

Voircs eft que li Mcflaiges qui eft envoies pour fcre le Contrcmant devant le jour 
iic fc doit mouvoir devant landemain , &: doit venir as Plaiz &: recorder fon Contrc- 
mant que il fift des le foir , &: fe la partie ne len vieut croire , "il doit prouver que il 
iîft le Contrcmant le jour devant par le rccort de la Court, ou par le rccort de cheli 



chapitre IV. ^^ 

qui cfi: cftabïis à rechevoic les Contrcmans , fi coumc aucuns ont leur Majeur ou' leur 
Sarjans, & celi Contrcmandicrres ne trouve point de Court vcfhic pour tcre rccort 
ne .lutrc cftabli au Contrcmant , rcchcvoir fc il puct prouver par deux Proutloumcs 
que il vint aufui la ou il devoir fcre le Contremant , & leur dit que il fuioit pour fc- 
rc le Contremant , mes il ne trouvoit à qui il fouffifl: aiTcs pour Ton Maiftrc &■ cheftc 
prucve doit cttre fête par cheli qui fift: ferc le Contremant quant il venra en Court 
(c len le vieut metrc en defaute: Car chil qui de par moi eil envoies pour fcre un 
Contremant, ne puet ne ne doit de riens plaidier pour moi ne contre moi , mes fon. 
Contremant face tant feulement, &C fe partie le débat doit eftremis en efcrit cou- 
me debatus , 'S>c quant je venray à Court à donc puet eftrc li Pics feur le débat dou 
Contremant. 

Nous vifmes un Chevalier qui avoir à plaidier de pluriex querclcs par devant 
Nous , & eftoient les quereles les unes en demandant &: les autres en delfcndanr , il 
cnvoia Procureeur, & pour cheles que il avoir en demandant , il fc fifl: ellbnier , & chil 
qui avoient à lui à taire diflrent que il devoit eftrc en defaute de chcllc journée , car 
chc eftoient deux chofcs contraires deilonicr en chele journée d'une part , &: de en-, 
voier Procureeur d'autre, à che refpondit li Chevalier que il avoir envoie Procureevir 
es quereles dont Procuncrres devoir &: pouoit eftre recheus en deffendant , & pour 
che que par la Couftumc Procuricrres neft pas recheus en demandant, avoit il Efloi- 
ne en chelle querelle pour chc que il ni pouoit eftre , & fcur fapucrent à droit favoir 
mon fe il pouoit fcre en la manière dcfllis dite. 

Il fut jugié que il ne pouoit pas d'une part eflbnicr & dautre part anvoicr Procu- 
reeur en une meifme journée & en une meifmc Court, & pour che fu il tournés en 
defaute de tout chc que il avoit à fcre en la journée , car qui vieut ferc Contremant 
ne Elfoinement che doit eftre de tout che que il a afaire à la Courr en la journée, &: 
bien fc gart fe il a divcrfcs quereles coument il eftbinc ou contremande , car il pour- 
roit perdre lune bcfoigne pour hutre, fi comme fe il avoir eus tous fes Contrcmans 
d'une querele, & dune autre querele ne les avoit pas euz, fe il contrcmandoit, il cher- 
roit en defaute en la querele la ou il arroit eu tous fes Contrcmans ; ainfint avient il 
fouvent que lune befoigne tout lautre àaloage , fi doit chil penre garde qui a afere 
de pluficurs quereles en une Court , le meilleur voie , ou d'aler à tourt pour toutte 
la journée , ou de contremandcr, ou de e/Toriicr tout chè que xl a afere à chele jour- 
née. 

Nous avons dit defilis que U Contremant doit eftre fes le jour devant, &: che eft 
voires , nepourquant fe li Mefi^ages qui va fcre le Contremant , &: qui eft meus bien à 
tans pour venir à droite cure fe il aeifoine de fon cors en la voie, {i que il ne puet pas 
pour fon Eflbine venir à droite cure de ferc fon Contremant , en tel cas puet eftre fes. 
li Contremant en la journée dou Plet , car li Elfonierres dou Mcfl'age doit efcufer le 
meftre de la defaute. 

Chi define li Chapitres des Contrcmans &: des EfiToinemens. 

Qoi commenche li quars Chapitre de ce H Li'vre ^ quiiarole des Procureeur s ç^ des 

EfiaUis pour autrui. 

CHAPITRE IV. 

VO I R s eft que après ce que femonce eft fête , &c cil qui eft lémons a tant 
contremande &: eftbiné , comme il puet par couftumc , defqueles chofcs nous 
avons parlé cl Chapitre devant cettui , fi convient que cil qui fu femons , viengne a 
Court, ou envoit Procureeur fuffifant , &: pour ce parlerons nous en ccïk Chapitre 
des Procurceurs , &; de ceux qui font cftablis à plaidier pour aultrui , Se queles Pro- 
curations doivent eftre fêtes. 

Chafcuns par le Couftumc de Biauvoifins en foi défendant puet envoier Procu- 
reeur, &: puct ferc li Procurieçres fe il a bone Procuration, autant en la caufc com- 
me fes Sires fcroit fe il i eftoit prefcns , mes en demandant nul neft ois par Procu-.' 
recur fe ne font perfonnes privilégiées, fi comme Eglifes ou perfonnes qui foient cn.-^ 

Dij 



2 s ^es Trocureurs & des Eftahlis â'auîruj. 

befoicrnécs par le quemandcment dou Roy ou dou Conte , fi que il ne pueent enten- 
dre àlcur befoignes , car à chaus puct bien cftre fête grâce par le Souverain que il 
foicnt ci par Procurceur en demandant. . . ^ 

Or vcons donqucs coument li Procureeurs doivent venir garni en Court , & quel. 
nt, &c coument on doit aler avant contre aus, &: qiieles Procurations valent, 



pooir 



il ont 



&:queles non. i , ,. 

Quant II Procurierrcs vient en Court , il ic doit prelenter ou nom de cheh pour 
qui il vient contre tous ceaus à qui il a affere à le journée, & doit baïUier fa Procu- 
ration en la main dou Juge , & chil qui ont a faire à li doivent requerre quele foie 
vcue &c leuve, pour fivoir quele foit de fi grant vertu que li Procurierres doit eftre re- 
chcus car fe 'la Procuration neft en foi de fi grant vertu que li Procurierres qui la 
porte doit eftre rechcus elle eft de nule valeur, &: efl: chil tournez en pure defaute, qui 
le Procurceur envoia,&: pour che que che efl péril d'envoier Procurceur à tout Procura- 
tion maufoulîzant, vous orrés la ténor d'une gênerai Procuration, laquelle par raizon 
ne puet eflre debatue en Court laie. 

A tous chaus qui ces prefentes Letres verront & orront , li Baillis de Clermont , 
Salus. Sachent tuit que en noftre prcfence pour che eftabU Procurceur de tel heu , a 
eftabli Jean de tel lieu fon Procurceur gênerai & efpecial en toutes taufes meues & 
à mouvoir, tant pour li coume contre U , contre quiconque perfonncs tant d'Eghfe 
coume fecuheres , tant en demandant comme en défendant , par devant quelconque 
Juges ordinaire, Delegas,Subdelegas,Arbitres, Confervateurs, Auditeurs, Enqucfteurs, 
Baîllis, Prevofts , Majeurs , Echevins , & autres quiconque Juges , tant d'Eglife com- 
me feculiers ,&:les Serjans d'iceux, & qui aront leur povoir, & donna à ichch Jehan 
pleniere poofte & efpecial mandement de fere pour li , de h défendre , de convenir, 
de reconvenir , d'extirper , de replicquier , de oir interlocutoires & Sentences défini- 
tives , de apeler, de pour fuir fon Appel , de jurer en lame de U de quelconques ma- 
nières' de feremens, de fere pofitions , de rechevoir che qui feroit adjugiés pour li , 
de requerre féconde Prodution , d'amener tefmoins avec la folemnité de droit , &: de 
fere icelle folempnité, &: de faire pour li toutes chofes que hdit Pierre feroit ou por- 
roit fere fe il cftoit prcfent , en Caufes jJ'Hiretages , de Muebles , de Chattiex ; &: 
donna encore pooir audit Jehan de foubz eftablir en heu de h toutes les fois que il Ij 
plera, hquiex foubï eftablis aura autel pouvoir etoume lidits Pierre fe il eftoit prefent^ 
& pramift ledit Pierre par devant Nous que tout che qui fera dit & fait doudit Jehan' 
ou dou foubfeftabii diceli Jehan il tenra fermement feur obligation de tous ks biens ' 
en tefmoignacre de laquelle chofe , je ay à la requefte doudit Procurceur cette Pro-* 
curation fcelee dou Seel de la Bailhe de Clermont. Ce fu fet en l'an de grâce 

Se il avient que aucuns ne vueille mie fere Procuration fi gênerai, cle puet eftre 
fête efpecial , che eft à dire que li Procurierres nara povoir en fa Procuration fors en 
la caufe pour laquelle il fera envoies , de laquelle la Procuration parlera. 

Encore puet len fere Procurceur liquiex nara povoir fors de che qui fora fait en 
la journée , fe la Procuration le devife en tele manière. 

Nule Procuration ne vaut riens fe chil qui fet le Procurceur ne fobligc à tenir fer- 
me & eftable che qui fera fet ou dit par fon Procurceur. 

Chafcuns Gentilshons par noftre Couitumc puet feeler Procuration en fa .Caufe 
& en foi défendant, de fon Seel , mes pour autruy que pour h ele ne vauroit pas, 
car li Seaus de chafcen Gentilhomme neft pas autcntique ne n'a foi en Court , fors 
contre le Gentilhomme qui U Seaus eft. 

Chil qui vient fere Procurceur , &c na point de Seel , ou il eft hons de poofte , 
qui ne doit mie avoir Seel , doit fere fa Procuration feeler dou Seel de la Baillie , ou 
de fon Juae ordinaire , ou d'autre Seel autenticque , car fe Procurations ne poienr 
cftre faites fors par le Seel de la Bailhe , ou de l'ordinaire, chil qui font hors dou 
pais , & ont meftler que on les deffcndc pour les biens qup ils ont en le Contée , fc- 
roicnt malbailli , &: pour che chil qui font hors dou pais pueent envoicr Procuration 
fecUée d'Archcvefque ou d'Evcfque , ouJd<; Roi, ou de Prince, ou d'aucun autre Juge 
qui ait Seel bien conneu & bien aprouvc. 

Toutes Procurations qui font fctcs entre chaux qui font relidans en 1^ Contée ne 



chapitre IV. 2p 

durent que un an &r un jour , car moult de pcrix pouroicnt venir par anciennes Pro- 
curations oubliées, mes il eft autrcmant de chaus qui vont hors dou pais , & Icflcnt 
pour aus Procureeur General , car la vertu de la Procuration dure tant comme chc- 
Jui eft hors dou pais , fe il ne la rapele par chertain Mandement , ou par nouvel Pro- 
cureeur; car la dcrreaine Procuration qui vient en Court cftaint la première fe clic 
n'en fait mention. 

Chil ne favoit pas bien la Couftume qui vint en Court , & aporta bonc Procu- 
ration daler avant en la Caufc , &: quand il leut montrée il vout contremander a 
quinzaine le jour que fes Maiftres avoir, &C chc pouoir ilferc , car il reprefcntoit la 
perfonne de chclui par la Procuration , &: pouoit aler avant en la Caufe fe il ni fuft 
aies , puifque il eut montrée la Procuration fes Maiftres euft efté tournés en defaute. 

Jour de veue fi fut donné d'un Plet d'Hiretage chil qui fc defendoit cnvoia Pro- 
cureeur au jour de la veue , liqueix Procurierres avoir bonc Procuration gênerai de 
toute la querele, nepourquant l'autre partie le vouloir débatte, & difoit que veue ne 
devoir pas cftrc fête par tel Procureeur, pour che que la Procuration ne faifoitpas 
mention efpeciaument du jour de la veue , li Procurierres difoit que fa Procuration 
eftoit bien fouffifant à la veue rechevoir , car ele eftoit gênerai de toute la querele , 
perdre ou gaignier, &: feur che fe miftrent en droit. 

Il fut jugié que la veue pouoit bien eftre rechcue par tel Procureeur , car la Pro- 
curation gênerai d'une querele contient en foi toutes les efpecialites qui neflcnt de la 
querele, cheft à dire fî je fui Procurierres de défendre l'Hiretage qui eft demandés à 
cheli pour qui je fuis , & le Procuration eft gênerai de toute le querele, je puis efpe- 
ciaument demander &: requerre jour deconfeil &: jour de veue, &: toutes ces cho- 
ics ou chacune par foi qui doivent eftre eues en Plet d'Hiretage , car les demandes 
que je fais comme Procurierres tornent en la defence de cheluy pour qui je fuis. 

Bien fe gart qui repond au Procureeur qui a Procuration mal fouffifant , car fe il 
chiet de la querele il pert, & fe il gaaigne chil qui envoia le Procureeur mau fouffi- 
fant puet rapeler , car il neft tenus à eftre contrains fors felonc la vertu de la Procu- 
ration qui fut bailliée en Court. 

Li Juges doit retenir par devers foi toutes les Procurations qui font apportées en 
Court fî qvie il ibit tousjours faifis dou pouoir au Procureeur : car fî li Procurierres 
pcrt par la vertu de la Procuration , puet il mette à exécution le Jugié. 

Qui eft acufé de cas de cricme , il ne fe puet défendre par Procureeur , ainchois 
convient que il viengne à Court en fa perfonne, mes fe cas chiet eri apel : & il a ef^ 
foine , il puet avoir avoué & fere la Bataille , fî comme nous dirons au Chapitre des 
Appiaus. 

Quant la Procuration eft bone &; elle eft devers le Juge l'autre partie doit aler a^ 
vant en la querele , tout en la manière que il feroit fe chil i eftoit qui le Procureeur 
i envoia. 

Chil qui font Procureeurs pour le quemun daucune Ville , en laquele il na point 
de quemune, doivent eftre mis & eftabHs de par le Seigneur qui a la Juftiche de la 
Vile , & par l'accort de tout le quemun , liquiex acort doit eftre fes en la prefence 
dou Seigneur ou daucun Envoie de par le Seigneur pour laccort rechevoir , & h Sires 
ou chil qui eft envoies doit demander a chafcun du quemun par foi fe il facordcnt , 
que chil qui font nommé pour eftre Procureeur pour la Vile , foient Procureeur pour 
la Vile , & aient pouoir de perdre ou de gaaignier es caufes pour lefqueles ils font e- 
ftabli Procureeur, & tuit chil qui fî accordent doivent eftre mis en efcrit, comme ac- 
cordant & tous les noms de ceaux qui fen defcordent doivent eftre mis en efcrit com- 
me defacordant, fî que quant li Pies eft fines foit à perte foit à gaaing, que on fâche li 
quel pueent perdre , ou gaaignier ou Plet , car chil qui ne facordcnt au Plet ni doi- 
vent perdre ni gaaignier. 

Encore puet on cftablir Procureeur pour quemun de Ville en autre manière , cheft 
à favoir fî li Sires ou chil qui eft envoyés de par le Seigneur fet femondre tout le que- 
mun par devant li , & puis leur dift li aucun facordcnt que ticx gens foient Procu- 
reeurs pour vous tous es Caufes que vous aves ou entendes à avoir contre tiex gens ^ 
&: doit nomma" les caufes , &: s'il en i a nul de vous qui fen defcorde fî le nous die; 



jo I^^^ ^rocunun ft) des Fftahlis aauîruj, 

i dencqucs le nul ne les defclit chil qui foit nommé devant demeurent Procurceur, .S: 
"pueent perdre ou gaaignicr es Gaufcs pour lerquelcs il font eftabli. 

Il ne lôit à nui-ui à rappeler che que les Procurierres a fet fc li Procuricrres ne 
ïcft cfU-ndûs. eu plus graiic.pouoii que il na parla vertu de fa Procuration, (i comme fe 
il cil- dit en la Procuration que il a pouoir es Caufes de Mueblcs , ou de Court re- 
qucnc , ou de Jufticlie tenir, & il muet aucun Plet d'Hiretage fe il pert chel Plet , 
ic3 Sircs le puct rapcler , car il ne li donna pas tel pouoir , &: pour che fe doit bien 
chacun garder que il plcdc contre Procureeur qui ait pouoir que il ne fc mete cm 
tlet , ouqucï li Sires dou Procureeur ne puet perdre , ainchois fi toft comme il voie 
que li Procurierres feflent en plus que il ne doit , il doit débatte le Procureeur,& s'il 
he Iç débat, &: il le reçoit à Procureeur jufqucs a la fin de querele , ou jufqucs àtant 
que il fc foicnt apuié à Jugement , fil pert la querele il ne la puet rapcler , car li Sires 
dou Procureeur puet direjil li plet que il tient ferme & eftable che qui a efté fec 
pour lui. 

Qu.int Ville de quemunc a à faire , il ne convient pas que toute la quemunc 
voift au Plet, ainchois foufnfl: fe le Maires &: deux de (es Jurez i vont, car chil troi 
pueent perdre ou gaaignicr pour le Vile. 

Li Procureeurs ne font pas tenus à procurer les befoignes de leurs Mcftres à leurs 
courts , ainchois doivent avoir falaire foufîïfans felonc les befoignes que il procurent, 
tout foit che que len ne leur ait riens convencié à doncr , car nule franche perfonne 
neft tenue à fervir autre pour nieant. 

Bien fe garde li Procurierres que il face che que il doit en fon O^cç ^ car en telle 
inaniere en porroit il ouvrer que il feroit tenus à rendre les damages à fon Seigneur 
cheft à fcavoir en tous les cas la ou fes Sircs pcrdroit par fa tricherie , ou par fa folè 
perefce. Par fa tricherie h coumc fe il prenoit louier de lautrc partie pour fere perdre 
à fou Seigneur fa querele, ou fe il perdoit à clfient pour la haine de fon Seigneur, 
ou pour l'amour de l'autre partie , ou pour aucuns cas femblables la ou tricherie puec 
eftrc trouvée par fa foie perefce, pourcit eftrc li Procurierres tenus à rendre les da- 
macres à fon Seigneur , fi coume fe il defaïUoit à aler aus jours affignes pour la befoi- 
gne , &: fcs Sires pcrderoit pour fes dcfautes, & ceft bien refons que le Maiftre ait 
action contre fon Procureeur en tel cas , pour che que il fattcndoit à li que il allaft 
à fon jour. • . 

En cas de cricme ne puet fere Procureeur nul felonc noftre Couftume , ainchoi> 
conviens que chil qui acufc & chil qui eft acufés viengnent à Court en propres per- 
fonnes fans envoyer Procureeur. 

Une Couftume queurt entre les Procureeurs en la Cour de Chreftienté , laqueL' 
le ne queurt pas en Cour laie , car il convient que li Procurierres face caution cheft: 
à due leurté que fes Sircs tiendra che qui fera fet, & eft chefte feurté de plege , ou 
dune fomme dargent que h Procurierres iîanche à rendre li ainfint eftoit que fes Si- 
res ne vouiifent tenir che qui feroit fer contre h , mais de che ne faifons riens en 
Court laie, ainchois regardons en la Procuration que h Procurierres apporte , & fe 
ele eft fouffifant, la Juftiche le retient par devers foi, & fet tenir che qui eft fet par 
le Procurceur, & fc ele neft fouffifans felonc la querele, h Sircs dou Procureeur chiec 
en defautc ainfint coume fc il ni avoit pas envoie. 

Se aucun a fet Procurceur jufqucs à chertain tans fon pouoir dure jufqucs au tans 
qui eft dit en la Procuration , &; fe il eft £us Procurierres fans nommer jour , & h Si- 
rcs eftoit prefant ou pais l'en ne croit la Procuration que un an &; un jour , mes au- 
tre chofe feroit fi li Sires dou Procureeur eftoit hors dou Pais , car en tel cas durroit 
la Procuration jufqucs à tant q^ue li Sircs vcnroit ou que il h cnvoirroit autre Procu- 
rceur, fi comme il eft dit dcflus. 

L'en doit favoir quant aucun:s a fet Procurceur de Procuration gênerai , cheft à 
dire liqvucx Procurierres ait pouoir en routes les chofes que Procurierres puet avoir, * 
èc après il fet Procureur efpeciaument d'une querele , li generaus Procuricrres neft 
pas pour cUc aniantis , mes fe il fet le derrain Procurceur gênerai fins fere mention 
en la derrainc Procuration dou premier Procurceur, l'en ne doit pas puis croire au 
premier, aipcliojc ,\*^ç on baillicr au derrain les befoignes, S>c Icftc h premiers à eftre 



chapitre IV,. ^j 

Procuricrres, ù tofl: coumc la dcrrainc Procuration vient en Court, Mes fi li Procu- 
ricrrcs derrain tell ou choilc la Procuration , &: li premier Procurecur qui riens ncn 
fait , ouvre de la Procuration , che qui cftfct doit eftrc tenu, car autrcmant pouroicnt 
meut de tricherie cftre fctes par chalix qui fcroicnt Procurceurs , pour che que il 
pouroicnt dire chil cjue vous dite qui a perdu ma qucrelc nelloit pas mon Procurecur 
ainchois lelloit chcli que javoic puis fet mon Procurecur , Se pour che ne doit Icix 
croire nul Procurecur , devant que la Procuration cft par devers la Juftichc qui 
tient la Court. 

A che qui cfl dit dcfllis puct l'en veoir que le derrain Procureur boute le premier 
hors, fe la Procuration cil autclc ou plus forte coumc la première, ncpourquant p. 
qui cfloit premier Procurecur, & leva & exploita les biens de chclui qui le fill Procu- 
recur, avant que 11 derrain Procurecur lapparufl: en l'Office, nell pas tenus à rendre 
conte de che que il a fet & procuré à Jehan qui cfl fet derrain Procurecur , fe ain- 
lînt nell que il foit contenu tout a mot en la Procuration de Jehan je vucil que p. qui 
fu mes Procuricrres rende conte à Jehan mon derrain Procurecur , car à doncqacs 
Voit len que h Sires vieut que le derrain Procurecur foit adminillricrcs de fes chofcs 
auflî ûou tans palîe comme dou tans avenir , & en tes cas fe li premier Procurecur 
rend conte au derrain tel que il fen tiengne à paie h Sires qui Procurecur le fift , ne 
len puct riens demander, ainchois doit le derrain Procurecur conter de tout , & fe 
le premier Procurecur neft pas tenu à rendre conte au derrenicr , pour che que men- 
tion ncn fu pas fetc en la dcrrainc Procuration, chacuns des Procurceurs cfl tenus 
à rendre conte de fon tans , quand li Sires qui Procurecur le fifl ou fi hoir , fe li Sires 
efl mors, veulent avoir conte. 

Aucune- fois avicnt il que un Procuricrres a affaire en divcrfcs Cours pour fon 
Seigneur &: de pluriex quereles , &: fi n'a que une Procuration &: puct eflre que Ces 
Sires efl en tel lieu que il ne puet autre recouvrer , que fera il donc quant la pre- 
mière Court là où il vendi-a plaidier recenra fa Procuration , il doit requcrre à Ja 
Court que fa Procuration li foit tancrite mot à mot , & li tancris feellé dou Scel 
de la Court ou d'autre Scel qui foit autentique , & de cel tancrit qui lui fera bail- 
lés ou de fa Procuration qui Iviy fera rendue fe la Cour retient le tancrit devant dit 
il fe poura aidier en la féconde Court , &: fe il a affere en la tierchc, en la quarte ai- 
dier fe puet en chacune par les tancrits fcellés des Seaus autentiques. : 

Tout foit il ainfint que aucuns ait fet Procurecur jufqucs à chcrtain tans & li ait 
promis chertain louier pour eflre fon Procurecur jufques à tel terme qui efl dit en 
la Procuration, n'a il pas renoncié que il ne puet fcre autre Procurecur & chelioflcr, 
mes fe il ofle fans fon meffet il li eft tenus à paicr tout fon falaire , & ainfînt efl û die 
de tous autres fervichcs. Car chacuns puet ofler de fon ferviche chcli qui le fert quant 
il li plefl, en tele manière que il li paie autant comme fi li avoit elle tout fon terme, 
puifque il ne fe départ par fon meffet, 

Procurecur ne puct fere pais ne mife ne ordonance ne concordance de le qucrelc 
fon Seigneur fe li povoir ne l'en efl donnés efpeciaument par les mos de la Procura- 
tion , &: fe il le fet h Sires ne le tendra pas fe il ne li plefl , & fe li Procurecur baille 
pleiges à la partie que (es Sires le tenra & après ne puet fere que li Sires le tiengne, ii 
convient que il tiegne à le partie che que iUi convenchaou autant vaillant, &ain/ïnc 
puct il eflre damagiés par fa foie obligation & pour che efl il mcflicr as Procurceurs 
que il prengnent garde quel povoir ils ont & que il ufent felonc leur povoir tant feu- 
lement. 

Nous n'avons pas accouflumc que hons de poofle face Procurecur en nul cas, mes 
Gentilz-houmes , Religions , Clers & Femmes le puevent ferewen défendant, non ca 
demandant , fors que les Eglifcs &: chil aufquiex les efpeciaus grâces font donnée du 
Roy ou dou Seigneur qui tient en Baronnie , dedens faBaronnie, ou chil qui vont en 
cflranges Terres pour le pourfit qucmun , car cil pueent eftablir Procurecur en de- 
mandant &: en dcffendanr. 

Qu3nt aucune Aficmblée fi comme quemun de Vile vieut mouvoir aucun plet qui 
touche la Qucmunité, il n'efl pas mcflicr que toute IcQuemunitc vpitplaidier &:auf- 
lîiiC ne doit l'en pas repondre à chafcun à par foi. Car quant li uns aroit perdu , \i 



.^ Des Procureurs & ÉjfahUs à'autruy^ 

auti-es pooroiffomméiicier le plct pourtant comme il Ii toiichcroic & cinfint iViU- 
roit jamais fine li plet qui feroit mcu contre aucune Qucmunké, doncqucs <e aucune 
Viic veut uiouvoir plet qui touche le Queniuriité, il doivent cftablir pour ans "tous 
une-pcrfone ou deux ou trois ou plus ie il leur plet, & leur doivent donner povoir 
de perdre & de gaigndr pour aus, & che doit cftre fct par devant le Seigneur de qui 
ils ticncrnent & à qui lufticiablcs ils ronr,ou par devant le Seigneur qui tient en Ba- 
rounie en qui court il cntandcnt à plaidier, & fpeoaument quand Us font coucham 
&: Icvans de fous li ou de fous fes Sougies , &c doivent tuit chil qui acordent cftre 
mis en efcrit pour che que il ne puilTent rcnoier que li éftablis ne feuflent mis par 
leur acord,&: adoncqucs chil qui font cftablis en chete manière font Procurceurs pour 
le Vile pueeht perdre ou gaigner les quereles pour lefqueles ils font eftabli , & s'ils 
font eftablis o-eneraumcnt-pour touttes quereles meues ou à movoir ils puent aler avant 
es quereles qui font à mouvoir & qui font mené jufqucs à tant que il font ofté de 
leur Office par chaus qui à che les établirent. 

Bonne chofe eft as Procureeurs que il fe maintiennent en leur O^cc fagcment & 
îoiauement que il fte foient déboutés par leurs maies euvres , nepourquant fc ils 
ont baïUié bonê procuratipn fouffifant allez doit fouft'rir la Court de eux pour che 
que leur Seigneur ne perdent, mes bien doit li Baillis fere favoif à chelui qui Procu- 
recur le fift que il quiere autre Procureur , & mander la refon pourquoi chil n'e.ft pas 
fbuffifant , & fe fes Sires ne le veut changicr adonc le puct li Baillis ofter de iba 
Office, & bien reçoive li Sires dou Procureur tel damage comme il devra par fa 
dcfaute pouï che que il ne vpvit envoler Procureur fouffifant; 

Il n-e convient pas quant Quemunité de Vile fet Procureéur que li aucuns appe-» 
lent eftablis, ou quand l'en fet aucune cliofe qui eft netéflaire ou convenable pour 
la Vile, che qui eft fct foit de nule valeur pour che il ne furent tuit à l'acord ferc. 
Ainchois foufift che les deux parties des gens & les miex fouffifans font à l'acorder, 
car il convient pas ne l'en ne doit foufrir que \i menus ne li plus pourcs puiftenc 
defpecier che que le grcigneur partie &: limiex fouffifans acorde , & che que nous a- 
vons de tiex eftablis qui fera fet pour commun de Villes , entendons nous pour Villes 
Ï5atheiches hors de communes , car les Villes des communes ont leurs Maires & leuc - 
Jurez , liquel font eftablis pour la commime , &: puevent perdre &: gaigner fcloïl la 
franchifc qui leur eft donnée par les points de leur Chartes. 

•Li pouoirs as cftabhs qui font fets pour procurer les befoigncs a aucune Commu- 
nité , dure tant que les befonghes pour lefqueles ils furent eftablis foient mifes afin fe 
ainfint neft que il foient ofté pour autre mettre en tel Office par chaux qui les cfta- 
bhrent, ou par la greigneur partie des plus fouffifans ,' & en la prcfence dou Seigneur 
defloubz qui ils couchent & lievent, ou de leur Souverain, fe ils entendent à plaidier 
en fa Court. 

Quand il eft contenu en la Procuration que li Procureéur puit fere autres Procu- 
rceurs fere le puet, &: chaus appelent len foubz eftablis , & toutes les fois que ches 
eftablis font fes , ils doivent aporter en Court la Procuration par laquelle len les puet 
fous eftablir & Procuration dou Procureéur qui left foubz eftabli , &c adoncques \cn. 
doit refpondre à h comme à vrai Procureéur, mes chil qui en chcfte manière fonc 
foubz cftabhs, ne pueent pas autre foubz eftabhr ,car il fouffiftaftcs fc len pùet foubz 
cftablir Procureéur une féconde fois. 

Chi dcfine If Chapirre des Procureurs. 

^ I — I ■ Il IIIMIIIIlHJLl^l^M^ail I II ^ -.- I _ i,^-^— p— ^^^ 

£hi commènche le cmqHiefme Chapitre de cejl Linjre j qui parole de l'Office des 

i-Avocats, 
CHAPITRE V. 

PO u R che que moult de gens ne fevcnt pas les Couftumcs coumcnt on doit ufer " 
ne che <^vu aparticnt à leur querclc maintenir, il loit à chiaux qui ont à plcdicp 
que il quierent confeil , &: aucunes perfojines qui parolcnt pour aus, & chil qui p^_ 
x«lcnt pour autrui font apeles Avocats ; Si traiterons en chcfte partie de che qui an. 

P«"cnt' 



chapitre V^ ^^ 



particnt à leur Office , & de clic que il doivent fcrc. 

Chil qui fe vieut méfier de Avocation fc il en requis dou Juge, ou de la partie 
contre qui il plede , fi doit jurer que il tant comme il maintendra l'Office d'Advocat, 
il ic maintendra en l'Office bien & loiaumcnt , &: que il ne fouftcndra à l'on efficnt 
ne mes que bonne querelc &: loial , &: fe il cncommcnche à maintenir aucune laquclc 
il creoit à bone quant il cmprift , &: il la cognoift puis à mauvefe , aufi tres-toft com- 
me il la connoiftra que il la delaira,&:puis que il a fet chelui fercmcnt en une Court, 
il ne cft plus tenus à fere loi dcs-orcs en avant , mes devant que il lait fct il ncll pas 
à rechevoir en Advocation , fe Partie le débat. 

Li Advocats par nollre Couftume puecnt penrc de la partie pour qui il plaident 
le falairc quilcur effcconvenanchié,ne mes que il nepaflciit pour une querelc trente li- 
vres, car plus de trente livres ne puecnt il penre parleftablilTement noftrc Roy Phclipc, 
& fe il ne font point de marchiéà chaux pour qui il plcdent, il doivent eftrc paies par 
journées , felonc che que il fevent &: fclonc leur cflat , & felonc che que le querelc cfl: 
grant ou petite,car il neft pas rcfon que uns Advocat qui va a un Cheval,doie avoir auffi 
grant journée comme chil qui va à deuxChevaux,ou à trois, ou à plus, ne que chil qui 
|)eu fet ait autant coumc chil qui fet affes , ne que chil qui plede pour petite querelc 
ait autant coume chil qui plede pour la grant, &: quand Plet eft entre F Advocat &: 
chelui pour qui il a pledié , pour che que il ne"fe pueent acorder dou falaire qui ne 
fu pas convenancics , cftimation doit eltre fête par le Juge felonc che que il voit que 
rcfons eft felonc che que il cft dit deflus. 

Bien fe gart li Advocas que puis que il aura aucun aide en fa querelc ^ ou efté à 
fon confeil de fa querelc , que il ne le lefl'e par fa coupe pour aidier à l'autre partie 
contre li, car.il em porroit eftre déboutés fe chil qui il aida premier avant le voloic 
débatte , & che cft bien rcfons que chil qui a efté à mon confeil ou Advocas en ma 
<juerele ne puift puis eftre contre moi dicelle mcifme querele , &: pour che fe doivent 
bien garder li Advocas à qui ils convenancent à aidier &: comment , car fe ils font 
jnarchié à toute querele, & fe il le vieut deleffier qui lappela à eftre de fon confeil , 
Ji Advocas fi ne pert pas pour che qui naît tout che qui lui fut convenancié pour che 
que che neft par la fieue defaute , que il le leflc , & fe il fu loué par journée , chil 
qui le loua le puet leffier quant il li pleft, & paier de tant de journée comme il y aura 
efté , & ii ne poura puis \\ Advocas alcr au confeil de l'autre partie en chele. querele. 

Nous avons dit que nus ne doit eftre receus en advocation devant que il a fec 
le ferement fe partie le débat , mes fe entendons nous entre les perfomies qui main- 
tiennent l'Office d'Advocat par louier , car autres gens font qui bien pueent plaidier 
pour autrui fans fere ferement qui apartient à fere as Avocats , fi comme quant aucun 
flede fans. attente de louier pour aucun de fon lignage, ou pour aucun de fes fougics 
.afquiex il eft tenus à aidier ou pour fon Seigneur , ou pour aucune Rehgion povre , 
ou pour aucune povre perfonne, pour lamour de noftre Seigneur tous tiex manières 
de gens fi doivent eftre ois pour autrui , & fi ne font pas pour ce appelés Advocats, 
ni ne leur convient pas fere le ferement que li Advocats font. 

Li Advocats qui doit aidier à une partie par chertain louier , fe il prent louier de 
l'autre partie par tel convent que il ne fe méfiera de l'une ne de l'autre partie en con- 
ieil ne en Advocation , fe che cft prouvé contre , il doit perdre l'Office d'Advocat , 
car che eft aperte mauvcfeties davoir convent à aidier à autrui , & après che faillir 
par convoitife, & chil qui de che font ateint, fi ne font puis digne deftre en chel Offi- 
ce ne en nul autre. 

Quant li Advocats pledent pour autrui , il doivent dire à chelui qui tient la Coure 
ou commencement leur parole : Sire , je dirai pour p. par amendement de li & .de 
fon confeil , car fe il ne retient lamendement , & il neft avoués de p. pour qui il pa- 
role il chict en la fimple amande dou Seigneur , &: fe il retient lamendement , & il neft 
avoué de p. pour qui il parole d'ofter che que ce il a trop dit , ou de fere plus dire fe 
il a trop peu dis , mes que che foit avant que il ait avoé fa parole, car puifque il a 
avoé che que len a dit pour lui , fe il ne lavoe par anicndement , il doit dire tantoft 
che que il veut amender , avant que il fapuie en Jugement, car puifque paroles font 
couchiées en jugement on ni puet riens mettre ne ofter. 

E 



j^ T>e l'Office des jivocas\ 

Combien que aucun ait de gens à ion confcil li uns tant feulement doit èftre eflcus 
pour dire pour li , &: bien emport dou confcil des autres che que il doit dire , car fe 
tuit dou confcil ou pluricx parloicnt pour li , li Juges feroit empcfchiés pour la mul- 
titude àc'^ paroles, & fi {croient li Plct trop lonc , &: pour che affiert il que il ne pa- 
role que li un, mes fe il dit par amendement, li dis puet cftre dit par lui ou par au- 
cun des autres, fe il plaill à la Partie qui plcdc. 

Combien que li bons foit fages fc il a grant querele, nous ne lui loons pas que il 
comte fa parole , pour deux perieus ; li uns des péris (i eft , pour che que chafcun 
eft pluflot troublés ou cmpefchics quant len ne H fet ou dit fa volenté en fe querele 
que en l'autrui, & li fecons pcrils fi cil que quand il dit aucune chofe qui li eft con- 
traire , il ni puet metrc amendement , lequellc chofe il puet bien fcre de la bouche à 
fon Advocat, quand il dit par amandement. 

Mcftiers eft à chelui qui fe mefle d'Office d' Advocat que il fâche foulFrir & ef- 
coutcr fans courons , car li bons courouciés fî pert légèrement fon propos , fî eft me- 
fticrs que il foit foulïrant fans couroucier, & bien efcoutant de che qui eft dit contre 
ii pour micx entendre &: retenir. 

Bia"us maieticres eft à chelui qui eft Avocas &: à toutes manières de gens , qui ont 
à plaidier pour aus ou pour autrui , quant il content leur Plet, que il comprcignent 
tout leur fet en mcins de paroles que il pouront, ne mes que toute la querele foit 
bien comprife es paroles , car mémoire d'homme retient trop plus legiercment peu de 
paroles que moult & plus agréables font as Juges qui les rechoivent , & grans em- 
pêchemens eft as Baillis & as Jugeeurs de oir longues paroles qui ne font riens en la 
querele, car quand eles font dites, fl convient il que li Baillis ou li Juge qui les a re- 
cevoir pregne feulement ces paroles qui ont meftier à la querele , & les autres ne font 
contées que pour oifeufes. 

Li Advocats fe puet bien loer à un homme pour la querele , &r nepourquant il ne 
laira pas pour che fe il ne lui pleft , à cftre encontre dune autre querele , car il neft 
pas tenus fc il ne lui pleft à lui aidier fors de le querele de laquele il li convenanca 
laide , &: fe li Avocas au commancement cuida que la querele fuft bone , & il la fau- 
tift puis maiivaife , fî que il lui faillift daide pour fauver le ferement que il fîft quil ne 
fouftendroit point de mauvcfe querele, puifque il la connoiftroit, pour che ne doit il 
pas aler à laide de lautre partie , contre cheli lequel il convenanca à aidier dicelle 
mefme querele^ ainchois ne fen doit entremettre ne dune part ne dautre, &c pour che 
que li Advocas pouroit cuidier la querele à mauvefe, laquelle feroit bonne, puifque 
fa confcience le reprent départir fe doit , mes che doit eftre courtoifcment & en tel 
point que chil qui fe atcndoit à lui puift recouvrer autre Advocas. 

Or eft à favoir fe h Advocat le fet en chcfte manière fe il aura louier de chelui 2 
qui il convenanca à aidier en route la querele , puifque il la leffié , ains la fin de la 
querele, nous difons que oil, ne mes que il jure fcur Sains que il lefla à lui aidier 
pour che que il conneut la querelle a mauvefe pour fon ferement fauver, &: le fere- 
ment fet il doit cftre paie felonc che que il avoir pené avant que il conncuft la que- 
rele à mauvefe , & felonc le louicr que il devoir avoir en toute la querele par Icfgarc 
àzs jugeurs. 

TTuit chil qui pucent cftre débouté par vilains cas de crieme de tcfmoignage por- | 
ter, puent «S<: doivent eftre déboute de Advocation , mes àcs autres cas que de crieme 
pucent bien eftre tel débouté en tcfmoignage qui ne pucent pas eftre débouté en. 
Advocation, fi coume chafcuns puet eftre Advocas en fa querele, Se il ni eft pas 
reccu en tcfmoignage, ou chil qui font de ma mcfnic , ou mi ferf , ou mi baftart (i 
pucent eftre mi Advocas , &: fi porroient eftre déboute de tefmoignier en ma querele. 
Chil qui ne pucent cftre jufticiés par les Juges de la Court la ou ils vieut cftre 
Advocats , neft pas à recevoir en Advocation fé li Juges ne li fet grâces , fi comme 
Clcrs en Cour laye , car fc il niicfefc)it, ou fe ils ncftoicnt avoes de fa parole, ne pou- 
roient il cftre jufticiés pour lamandc ne pour le mcsfct que il ne fuft rendus à fon 
ordinaire , &: nepourquant partie ne le puet dcbatrc fe li Juges le vieut foutfrir &L fc 
Il Juges ne le veut ferc, nepourquant il puet fcre requcftcs ou plaidier pour li ou pour 
1 Eglifc ou pour fon lingnagc ou pour le qucmun pourfit ou pout poure pcrfonnc 



chapitre V, ^j 

pour Dieu, ne mes que il flice fcrcmcnc que il n'en n'ait nul louicr ncnatcnd avoir. 

Li Baillis de fon Orficc puct bien débouter l'Advocac que il ne Ibitois en Advoca- 
tion devant li, Iiquicx cft coultumicrs de dire vilenie auBailly ou as jugeeurs ou à le 
partie à qui il a affaire : Car maie choie feroit fc telc manière de gcns'nc pouvoienr 
eftre déboute de Advocation. 

Il ne loift pas à fcme que elle foit en Office d'Advocatpour autrui par louicr, mes 
fans louier puet ele parler pour foi ou pour fes enfans ou pour aucun de fon ligna'Te, 
mes que ce foit de l'autontc de fon Baron , fi ele a Baron. 

Chil qui eft efcommunics ou renforcics puet eftre déboutés d'Oflîcc d'Avocat 
de partis ou de Juge, ,jufques à tant que il cil afl'^us pour che que tuit chil qui à li 
parole &c fevent fon efcommuniemcnt font efcommunics , & il convient repondre 
& parler as Advocas. 

Hons de^eligion fi ne doit pas eftre rcceu en Office de Avocat en CourLayc fe 
che n'eft pour la befoignc de lEgUfc , & de l'autorité de fon Souverain, qui cfptciau- 
ment le ait à che eftabli. 

Il appartient au Bailli que il garde quiex Avocats viennent acouftument à plaidicr 
pardevant li , & fe il les puet ofter fe il ne les voit fouffifant , ii comme il eft dit en 
che Chapitre mccfmes, & auffi fe il font defobeiftans à fon Commandement es cho- 
{cs efqueles il doivent obéir à li ; lefqueles chofes fi font teles que fe jai une bcfoigne 
commenciés de laquelc il ne fe doit mefler, & il lame courront & tet l'cnnuiex pour 
parler d'une fiennc befoigne , & je lui commande que il fe taife , & il ne fc vicut tai- 
re , je H puis ofter l'Office de Advocation de devant moi , &: ainlint fc partie me 
requiert que je lui baille confeil par le fien, fi comme chil qui n'en puet point avoir 
pour la redoutanche que il ont de chelui, encontre qui il plede ou pour la doutanchc 
deftre mauvefement paie , & je commande à l'Advocat que il voift à fon Confeil , il 
doit obéir au Commandement en tele manière que il foit feur de la partie d'avoir fou 
falaire felonc che que le journée defirre , & nepourquant pour aucunes refonnables 
caufes fe puctefcufer li Advocas que il ne doit pas aler au Confeil ne eftre Advocats 
à chelui dont il a commandement, fi comme fe ileft convenanciés à l'autre partie; 
ou fe il eft fes amis de Char , ou fe il i a grande affinité damour à la veue&: à la feue 
dou quemun, ou fe il a aucune alliance à U , ou aucune Compaignie , ou fe il a haine 
vers la partie,ouli Baillis H commande à aler ou vers aucuns de fes prochains pour droi- 
te caufe de haine, ou fe il h aida autrefois &; il ne lui paia pas fon falaire ni encore ne 
lui vieut paier , ou fe la querele \i touche en fa pcrfonne ou à aucuns de i^cs 
parens ou à aucun de ceaus à qui il feft alié, ou fe il jure que il croit la querele à mau- 
vefe parquoi il ne viet pas eftre (es Avocats ; par toutes tiex caufes fc puet il défen- 
dre, &requerre au Bailli que il rapeaut fon Commandement , & li bai,llis le doit 
fere fe il i voit aucune des caufes deftus dites. 

Se aucuns vient en Court pour plaidier , & ne puet avoir confeil , par che que 
tuit li Avocats cfcufent par refonnable caufe que il ne foient avecli,H Plais fi ne doit 
mie pour che demeurer ni alongier par la Couftume de la Cour laie , aincois doit la 
partie eftre contrainte à aler avant , pour che fe doit chacuns pourveoir comment il 
vient garnis de confeil à fon Plet , & fe il ni veut aler avant , il doit eftre mis en de- 
faute tout ainfînt comme fe il ne fuft pas venus à Cour. 

Li Avocat &; li ConfeiUier pueent penre falaire, & fervices pour leur confeil, ou 
pour leur Advocation , mes che ne pueent pas fere les Juftices , ne li jugeeur , car 
fervices & confaus fi pueent bien eftre vendu, mais che ne pueent pas ne ne doivent 
cftrc li Jugemens. 

Chi define le Chapitre des Advocats. 



Êiî 



^ s Des 'Demandes. 



Cin con7menche le ftxiefme Chapitre de eÛ Livre , ^«i parole des Demandes 

qu'on puet fertj. 

CHAPITRE. VI. 

LI Clerc fi ont une manière de parler moût bêle le latin , mes li lai qui ont à plai- 
dier contre aus en Court laie , fi ne entendent pas bien les mots mcifme que 
il dicnt en franco'is, tout foicnt il bel &: convenable au Plaît, &: pour chc de che qui 
plus fouvcnt cil dit en la Court laie ^ &; dont plus grant meltier eft j nous traiterons 
en cell Chapitre , en tcle mariiere que li lai le puiflcnt entendre , che efl; à favoir 
des demandes qui font fêtes , & que l'en puet & doit fere en Court laie ; Icfquelcs 
demandes ii Clerc appelcnt Libeilles , èc autant vaut demande comn%||^ibeille , èc 
aprez che nous traidcrons des deflcnces que ï\ DefFendierres doit mètre avant contre 
cheli qui dcmmde , lefqucles deffcnces li Clerc appelent exceptions; èc aprez nous 
traiterons des dcfFcnces que chil qui demande met avant pour deftruire les deifences 
que li dclFendierrcs met contre fa demande , lefqueles dcffenccs li Clerc appelent Re- 
plicadons ,&: de dire en avant que jufques aux Replications il n'eft pas meftier en 
Court laie ,'pour che que on ne barroie qu'une fois chacune partie; & nous appelons 
barroier les refons que li demahdi^rres met contre les deffcnces au dcffcndceiu 
mes à la Court de Chrcftienté barroie il par tant de fois comme il font retenue , que 
il appellent Proteflation ; &: comme il pueent trouver refoii lune partie contre lautre, 
&: pour che baillent il Triphcation au Delfendeur contre les Rcphcations au Deman- 
deur; & aprez il baillent Quadruphcation au Demandeur contre les Triplications au 
Deifcndeur ; mais de tout che neft il meftier en Court laie , fors que fans plus des 
deffcnces que li deffendierres met contre che qui li eft demandé , &: des refons que li 
dcmandicrres met contre icelles deffcnces ; fi traiteron de ches trois chofes tant feu- 
lement, cefl: à fcavoir en ceft Chapitres ci des demandes que li demandierres doit fe- 
re, & ou Chapitre qui venra aprez chefîui des deffcnces au Deffendcur, & des refons 
que li demandierres met contre icelles deffcnces, &: tout che premièrement nous dirôxis. 
des demandes pour che que che efl li commencement dou Pler, 

Pluriex demandes fi font fêtes les unes de Muebles &; de Chatiex , les autres de 
faifinc iS<: d'Hiretages , les autres de propriété de Hiretages , les autres de convenances, 
les autres de Douaire , les autres de bail ou de garde , qui pueent avenir par raifoii 
de Enfans fous aagics, les autres de forche, les autres de nouvelle dcfiifine, les au- 
tres deflre troublé en fa faifine,les autres de cas de crieme qui touche les perfonnes; 
il cft bon que nous difons brieement coument demande fi doit cftre faite par devant 
Jufliche de chafcune de ches chofes. 

Qui, veut demander Mueubles &: Chatiex , il doit dire en chcfle manière : Sires, 
je demande à Jehan qui la efl, tiex Muebles & tiex Chatiex, &: les doit nommer (c 
che font grofes chofes & par peu de partie, car en teles manières pourroicnt eles eftrc 
que il fouffiroit feil fefbit fa demande en gênerai, fi comme fe il dcmandoit chofes 
enfermées que il ne auroit pas veuës^ ou pluriex defpueilles là ou il n'auroit pas étc 
au lever, ou partie en tous les Muebles dunOftel, car en tiex chofes ne pouroit il fa- 
voir tout nommer, &c pour che foutîirpit il a dire je dcmant toutes les chofes qui la 
font enfermées , ou partie , fe il ne demande le tout , o;i les Muebles de tel oftel qui 
furent cheli ou ces defpueilles de tel Hirctage qui furent à tel , Sc fe il rien demande 
fors partie, il doit dire la partie qucle ou moitié , ou tiers, ou quart , ou mains fe 
mcins i demande , & puis doit dire refon pourquoy il le doit avoir, fi comme fe li drois 
y^- efl dcfccndus ou el'cheut de cofté , ou par achapt , ou par don , ou par autre caufe 
refiiablc : Car demande qui efl fetc , & Icn ne dit raifon parquoi l'en le doit avoir , 
ne vaut riens , ne ni ell pas li deffendierres tenus à repondre ; car nieant efl: à dire: 
Jehan me doit dix livres , faites les moi paicr, fe je ne dis pourquoi 6c dequoi il les 
me doir.' 

Aucuns i a qui ont meftier de fourracr leurs demandes fur faifuic d'Hiretage tAiic 



chapitre VI, ^^ 

feulement , en celle manicrc que il ne couche de riens en leur demande la propne- 
té , pour che que fe il touchoient la propriété en leur demande li pics feroïc déme- 
nés (clone la propriété , fi en feroit li plais plus Ions &: |>lus pcnlcus. Car après 
che que feiîne ell: gaaignéc ou perdue puec l'en commenchicr plet leur la propriété. 
Donqucs doit cftrc fête la demande proprement Teur la Icûnc en la manière qui 
s'en fieuc. 

Sire, je demande à avoir le fefme de tel Hiretags qui fict ci\ tel lieu , &: qui 
fii à tele jjcrlbnne , & di que à moy en apartientla fezine par tcle raifon , & doit 
le raiToadirc , fi comme fe ele li efb defccnduc ou efchoite , ou fe il le demande 
comme exécuteur par raifon de Teftamcnt , car en tel cas viennent fcfines de 
Hirecagcs , & fe aucuns ne li cmpefche féline il ne li cft pas mefiier que il en 
face demande , car il puct entrer en la chofe dont drois ou couilumc li donne la fe- 
fine fans parler à Seigneur, fauf che que fe che cll^Hcf , il doit aler à l'houmac^û 
dou Seigneur dedans les quarencc jours que il eft entrés en la fezine. 

Autremant convient fourmer fa demande qui veut plaidicr leur propriété d'Hireta-' 
'ge , car il doit dire, Sire , je demande tel Hirctagc que Jehan me empcefchc , oa 
je voi tenir à Jehan liquicx Hiretage fier en tel lieu, & qui fu à tele perfonne , &: à. 
moi apartient li drois de l'Hiretage par tele raifon , &: doit mette la raifon avant , 
&: offrir la raifon aprpuver li ele h elt niée de l'averfe partie , &: aulfint en toutes de- 
mandes queles que eles foicnt Icn doit offrir- à prouver la raifon que Icn met avanc 
fe elle efl: niée de partie avcrfe , car riens ne vauroit rajifon que l'en meifl en fa 
demande fe ele eftoit niée & l'en ne le prouvoïc : ; 

Qin veult fourmer fa demande feur convcnanchc il doit dire en chcftc manière. 
Sire, vez là Jehan qui meut telle convenanche &: doit dire la convcnanche , de-:' 
quoi & pourquoi ele fu , car tele puet elle eftre que Jehan doit cftre contraint à. 
tenir la fc il le connoift, ou elle efl; prouvée contre li, & telle que non , & lefqueles^' 
,ne font pas à tenir il efl: dit au Chapitre des convenanchçs, & fe la convenanche cft: 
' par Letres il doit fere lire les Letres par devant la Juftice en heii de fa demandc,&:deche;' 
parole il afles foufîîfcmmcnt ou Chapitre qui parole des obligations, fêtes par Letres.' 

Les demandes de douaire font afles bries. Car la famé i\ doit dire, Sire, je de- 
mant que mon douaire me foit devifés ou effieutez en tel terre qui fu à tel liôumc 
qui fu mon mari, de laquele terre il efloit &: tenant &: prenant au jour que il mel- 
poufa, ou laquele terre lui defcendi de fou Père ou de fa Mère ou de fon Aieul 
ou de s'Aieule le Mariage durant de lui &: de moi, & offrir à approuver che que 
ele dit fe il efl: nié de partie, & doit efpecefier qucle pAttie elle i demande fi coumc 
le moitié, fi elle fu feme première au mort , ou le quart fi ele fu féconde femé 
au mort , ou le huitiefme fe elle fu la tierehe. . . , .. 

, Il convient fere aucune fois demande feur Bail ou feur Garde dcnfans foubz a- 
gies, fi doit Fen fere fa demande en tele manière, Sire, je demande le Bail ou la ear-^ 
. de fe clie efl: Pcre ou Mère à qui la garde appartient , quant îi ims muert, que Je dot 
avoir pour droit &: par raifon comme le plus prochen qui appartiengne as Enfans d 



ou. 



çofté dont li fies muet , mes fe l'en fourme fa demande feur garde il ne convient pas 
dire que l'en foie dou cofl:é dont h Hiretages muent. Car h Pères emporte la garde 
de fcs enfans de l'Hiretage de par la Mère , &; la Mère de l'Hiretage de par le Père, 
& fe le garde denfant vient à plus lointieng parent que Pcre & Mère fi efl che au' 
plus prochain de garder l'Hiretage Arles biens des enfans de quelque çofl:é que û vien^ 
ne , &: coument baus &: garde doivent eiîre maintenu, &: la différence qui efl entre 
ïun & lautre , il eft dit ou Chapitre qui parole de bail & de la garde. 

Or veons des demandes qui doivent efl:re fêtes pour forchee l'en doit dire, Sire^' 
vefla Jean qui à tort &: fans raifon il ou fes commandemens vint en. tel heu &: ma fait: 
tele forche &: doit nommer laforche quele & toute la manière dou fcc & offrir le 
à prouver en la manière que il la mis avant fc il' efl: nié de partie , &c quant il a die 
pute la manière dou fet il doit rcquerre que le vilenie U foit amandée Se. li damage 
rendus fe il eut damage par la forche. ,. - 

Autremant convient fere fa ^demande quant fen fe veut plaindre de nouvele dé- 
fezine. Car nouvelles defezwi'es font de nouvel' eftabliifemcnc fi doit on fu^ l'eft^ 



j/ lues Demandes, 

bliflcmenc en fere fa demande, doncqucs doit on dire en chcfte manière, Sire, vcfla 
Jehan , qui ma defciî &: de tel chofc de nouvel &: doit nommer che dequoi il eft de- 
iailîs &c le forche lui fut fête à le defaifine bien le puet mètre avant en fon clain &: 
puis quant il a tout le fet conté, il le doit offrir à prouver fe il eft nié de partie , & 
doit requerrc que il Toit refaifls de partie tout entièrement. 

Le demande qui eft fête pour le trouble de defezine fe doit fere en aurre manière 
que chele delà defeiine, car il i a différence entre la defezine & trouble defelîne , 
doncqucs doit on dire en chefte manire , Sire , vella Jehan , qui me trouble &: em- 
pcfche ma fezine en laquelle jeftois paifiblement , & doit dire le manière de lem'pel^ 
chement,fi comme fe il li a défendu que il n'en exploite ou feil a fet menalfcs àchaus 
qui i vouloient ouvrer, ou fe il i a fet fere arreft par Seigneur, ou aucun autre empef^ 
chement femblable à chaus , & doit offrir à prouver l'empefcliement, fe il li eft nié 
de partie èc rcquerre que h empefchemens \i foit oftcs fi que il puift joir de fa fezine 
ou il eftoit premièrement , & des forches &: des nouvelles defeîines , & des troubles 
dcfellnes comment l'en en doit plaidier &: quelle différence il a de lune à lautre , 
il eft dit ou Chapitre qui de ks trois chofes parolent. 

Autres demandes fi pueent eftre fêtes lefqueles font plus perilleufes que chelles 
que nous avons dites fus, che font les demandes qui font fêtes pour cas de crieme, 
& de telles demandes font il pluriex &: pueent eftre fêtes en deux manières , lune 
par faire droite demande comme acufeeur contre chelui à qui len met fus le cas de 
crieme , &: en icelles demandes fe convient il fere partie , &: dire en tek manière , 
Sire, vefla Jehan, qui a fet tel meurtre ou tel traifon, ou tel homicide, ou tel ratj 
ou tel ars , ou telle roberie, & doit nommer les cas dequoi il lacufe , &: oft'rir les à 
prouver fe il eft nié de partie , & requerre que droite Juftiche en foit fête. 

Lautre voie de dénonciation eft dautre manière , car chil qui denonche il ne con- 
vient pas qu'il fe face droitement partie, ainchois puet dire en cette manière , Si- 
re , je vous denonche que Jehan a fet tel fet qui appartient à vous à vengier 
comme à bonne Juftiche , &: fi eft li fet fi clers & fi notoires que il ne con- 
vient pas que nul fen face droitement partie contre li , & doit dire comment 
li £cs eft clers , fi eomme fe il fu fet devant grant plante de bonnes gens ou fe il fe 
venta que il le feroit ou en aucune autre manière parquoi il appert que li fais foie 
clers. Car tel fet qui font fi apert doivent eftre vengiez par l'Office au Juge tout foie ,- 
che que nul ne fen face partie droitement, comment l'en on doit aler avant en cas 
de crieme foit pour acufer foit pour dénoncer. Il eft dit ou Chapitre des Mesfaits. 

Moût de demandes font &c pueent eftre fêtes pour moût de chofes defqueles nous 
navons pas parlé efpeciaument , Mes par chelles que nous avons dites l'en doit en- 
tendre que en toutes demandes & en toutes requeftes que l'en fet à Juftiche , la- 
quelle reqûefte ou demandes touchent le Seigneur' ou partie, l'en doit dire la cho- 
fe que l'en demande &: combien &: par quele raifon on la veut avoir &: requerre 
que droit en foit fes , & offrir à prouver che que len met avant , fe il eft nié de par- 
tie. 

Aucune fois avient il que chil qui plaident ne fet pas droitemCrrt demande contre 
partie, ainchois fet Reqûefte au Seigneur, fî comme fe il le requiert que il le reçoive 
à homme de fief, ou que il ofte fa main de fa Terre ou de fes biens que il a faifis , 
ou que il le mette en faifine daucune chofe que il demande , ou que il li lace rendre 
che que len li a rolu , ou emblé , ou ofté par force , en toutes teles Requeftes & en 
autres queles quelcs foient, qui font fettes au Seigneur ou à Juftiche, li Sires ou la 
Juftice doit penre garde fe la Reqûefte qui eft fetc touche partie , fi comme fe Jehan 
eft tenant de la Terre que p. requiert à avoir , ou fe il fezi la chofe p. à la Reqûefte 
de Jehan , & quant il voit que la Reqûefte touche partie , il ne doit pas fere la Re- 
qûefte devant que la Partie fbit fcmoncc, & quant ele vient encourt, p. doit recorder 
la Reqûefte que il fift au Seigneur ou à la Juftiche, &: Jehan doit requerre au Sei- 
gneur que Une face pas la R^equefte, Pierre, & doit dire les raifons porquoi il ne le 
doit pas fere , & p. les fiennes raifons parquoi li Sires U doit faire i\\ Reqûefte , &: 
ainfint puet cftrc H Pkz entames entre les parties , fans fere demande li uns à lautre, 
If pueent perdre ou gaaignier auffi bien cbnfe fe ils avoicnt fec dcmiande , 6c fi li Si^ 



Chafiîre V L ^n 

vcs fct la Rcqucftc qui li eft fctc, fans appelor la partie à qui clc touche ,clic ne v.uic 
riens ; ainchois doit eftre rapelc quant partie montre que elle fc dicut de la rcqucllc 
qui cft faite, Car nul ne doit cure damagics pour requcUe qui foit fctc en derrière 
de lui devant que il foit ois & apclcs en Jugement , mes les rcqucftcs convenables 
qui font fêtes , lefquelles nus ne débat on que l'en ne puet débatte pour che auc 
i'en voit clere couftume pour le requerceur , li comme l'en requiert la fczinc des 
biens au mort comme exécuteur ou comme hoirs, ou aucune autre i^cqucftc aulfi 
clerc , teles rcqucftcs puet h Seigneur ou les Juftices fcre jufqucs à tant que au-- 
cuns le debate par aucune raifon. Car li Seigneur & les Juftices fi doivent fcre & 
maintenir che que clere couftume donne jufqucs à tant que che qui cft dit encontre 
Ibit prouvé , car les cicres chofes doivent aler dcv;mt les orbes. 

Il na pas tele couftume en Court laie comme en Court de Chrefticnté. Car en I.i 
Court de Chrefticnté l'en baille à la partie en efcrit ù demande puis que la deman- 
de eft de quarcnte fols ou de plus, &: en ticx lieus i a de vingt fols ou de plus , &c il 
baille l'en tous Ic-s crremcns dou Plet & Copie dou dit des tefmoins, &: lî cft tous 
ïi Pics maintenus par efcrit. Mais de tout che ne fct on rien en Court laie fclonc 
noftre couftume de Biauvoifîns. Car l'en ne plede pas par efcrit;, ainchois convicn-t 
fere fa demande ou fa requefte fans efcrit ,' & recorder toutes les fois que l'en re- 
vient à Court fe partie le requiert, jufqucs à tant que les paroles font couchics en 
Jugemant, &: convient que li houmcs par qui li Jugemens doit cftre fes reticngnent 
en leurs cuers che furquoi ils doivent jugicr . mes voirs cft pour che que mcmoi- 
res font efcoulourians & que forte chofe foit à retenir fi grant plante de paroles 
comme il convient en moût de quereles, li Baillis ou la Juftiche puet & doit arre- 
fter en efcrit bricmenc che furquoi les parties entendent à avoir Jugement ; &: auf- 
ilnt fe" les parties ont à pror.ver pluriex Articles luns contre lautre , ils puccnt bail- 
lier en efcrit che que il entendent à prouver, & tiex efcrits appelé l'en Rcbliches , 
<&: de ches Rebriches a bien la partie zdvcvlc tranfcrit fe ele le requiert ; car il loift 
bien à chafcune partie à baillier cii efcrit à Juftiche che que il entendent à prouver, 
& fi en doit baillier autant à le partie qui plaide contre li pour che que fe ils fond 
<lacord de leurs Rebriches eles font bailliécs as Auditeurs qui orront leurs tefmoins, 
£c fe il fe defcordent des Rebriches , en difant que elc.s ne font pas fêtes felonc le 
fledoié eles doivent eftre fctes 6c acordécs par le Seigneur &: par les houmes liquiex: 
idoivent jugier qui furent au Plet. Et adonc leur doit eftre jour donnés de amener leurs 
tefmoins & Auditeeurs baillier qui oient leur tefmoins &l qui leur demandent felonc 
les Rubriches dou plaidoié ce qui appartient au pledoié & metent en efcrit né les par- 
ties ne doivent favoir chofe que leurs tefmoins dient , ne des tefmoins qui font a- 
iivenés contreus , ainchois doivent h Auditeur clore & fceller che qui cft fet Se apor- 
ter en Jugement. Et de l'Office as Auditeurs cft il parlé au Chapitre qui parole des 
Auditeurs & des Enquefteurs. 

Aucune fois met on fus cas de'criemc en Court à aucun fans avoir volenté que chif. 
foit jufticiés pour les cas contre qui l'en le propofe,fi comme fe tefmoi ns font amenés con- 
tre moi , & je di encontre aucun que il fu parjures, ou que il fift pais de vilains cas fans ioi 
purgier, ouqueilociftaucun, ou que il fift aucun larrecin, à chefte fin que il foit débou- 
tés de fon teftnoignage, quant tel cas avient fe chil le prueve à tel qui débouter le vicur , 
il ne gaagne,fors tant que il n'eft pas ois en tefmoignage contre li , fe ainfî n'eft que li tef. 
moin fe offre à défendre par gaiges de batailles de che que on li met fus , traifon ou larre- 
cin , ou auciin fi vilîain cas que fen pert le corps , Car adonques convcnroit que chil 
qui débouter le vieut dou tefmoignage le prouvaft à tel comme il li arroit mis fus , 
&:: que il fuft adonques droitement partie en avanture de perdre le corps ic il ne le 
prouvoit à tel aufiTuit comme chil féroit fe il en eftoit ateint. Mes avant que li gai- 
ges fuflcnt donnez de lime partie &: de lautre , fe chil qui li mift fus le vilain cas 
pour li ofter dou tefinoignage refgardoit que li tefmoins fe voufift défendre & elpur- 
ger de che que l'en li auroit mis fus , il loit bien à chelui qui le accufa de foi rc- 
pantir pour fere amande de la vila'nie &c doulet dit que il fi dift , &C eft lamande fim- 
plc & auifirit fe li lacufés fc vieut déporter deftre tefmois , il ne convient pas que 
il en face plus fc U ne vieut i car il puet dire que droitement fe vourçit fcre partie 



w'if 2)tfi Dèmanâes. 

contre moi je }Ben defendroie , mes jaime miex, tout ne foit che pas voir que il me 
met fus à moi déporter de clie tefmoignàge que à entrer en gaiges. Encore i a il une 
autre voie , car il puct dire à clicli qui latrait en tefmoignàge , je ne me bee pas à 
combatLC pour voftrc qucrcle, ne à entrer em plet au mien , & fe vous me voulés 
défendre volenticrs dirai ma vérité , & fmon je me vueil fouffrir , adonques convient 
il que chii face bon fou tefmoing ou que il le fueflFre de fon tefmoignàge ; &: che 
cfb la meilleure voie au tefmoin , & la mains periUeufe ; car fe l'en li met fus cas de 
crieme , &: chil qui latrâit à tefmoignàge rie le pouroit prouver à bons par gaiges, 
ainchois fufi: vaincus il ou fes Champions , nus nen perdroit le cors , mes déboutés 
feroit dou tclinoignagc, & li Champions arôit le poing coupé fc la bataille eftoit pac 
Champion. 

Se pluricx font demande contre aucun de Mueble ou d'Hiretage, & chàfcun de- 
mande le tour , chil contre qui la demande eft fête doit demeurer em pes jufques à 
tant que Icn fâche à qui la demande appartient ; car che ne puet eftre que une cho- 
fc foit toute entière à chafcun de pluriex demandeurs , fi comme fe jay un Cheval &: 
trois Houmes le me demandent , &: dift chafcuns que il eft ficns , je ne fuis tenus à 
répondre à nul des trois devant che que ils auront plaidié enfemblc, pour faVoir au- 
quel la demande appartient, mais autre chofe feroit fe chafcun me demandoit par- 
tie, &: difoit quele partie; car adonques convenroit il que je refpondifle à diafcun 
pour tant comme à li monferôlt , mes que les Parties ne pafTaffent la chofe qui me fe- 
roit demandée ; car fe chafcuns des trois me demandoit le moitié dun Cheval , il con- 
venrdit que li uns en fuft déboutas avant que je en repondilTe, car en nule chofe ne 
■puct avoir trois moitiés, &: nepourquant en aucuns cas pourois je eftre tenus à refpondrè 
à pluriex perfonnes dont chafcuns me demanderoit toute la chofe , ou plus de partie 
que il ne pouroit avoir en la chofe , cheft à favoir fe l'en me fievoit de mon fet ou 
de ma convenanche, lî comme fe je vendoie, ou dohnoie, ou efchangoie, ou conve- 
nancoie aucune choie à pluriex perfonnes à chacun en par foi , dont li uns ne fauroic 
mot de lautrè, en tel cas me pouroit chafcuns demander tele partie comme je li arois 
convcnafichié , &: convenroit que chil à qui je aurois premièrement la chofe obligiée 
lemportaft,&: aprez que je feifleà cliafcun des autres aufli fouffifant chofe par teftor 
dautres chofes , &: fi en feroie mal renommés , cai: che neft pas fans tricherie de ven- 
dre un Cheval tout entier à chafcun de trois perfonnes, &: rechevoir largcnt de chaf- 
cun , &: che que nous avons dit defllis que chil qui tient là chofe neft pas tenus à re- 
pondre à pluriex perfonnes quant chafcuns \\ demande le tout , nous le entendons 
es cas ou l'en ne fuit pas chelui a qui l'en demande de fon fet , ne de fa convenanct. 
Les unes des demandes fi font feur Muebles & fur Chatiex , & les autres font de 
Hiretages , &: les autres font qui touchent les perfonnes , ne nule demande ne puec 
eftre fête que il he viengne à la fin de lune de ches trois chofes , fi devons favoir que 
par Couftume gênerai &c de Droit quemun les demandes qui touchent le cors, ou qui 
font pour Muebles ou pour Chatiex, doivent eftre demandées par devant les Seigneurs 
deftbus lefqûiex chil font couchans & levans à qui len demande, exceptes aucuns cas, 
fi comme len a ks chofes obligiés à eftre jufticies par tout ou par le Seigneur defous 
qui eles font trouvées , ou quant on fe claime de forche ou de nouvele defezine dont 
la connoiflance apartient au Souverain , ou tjuant les chofes font arrefté defous au- 
cun Seigneur^ & pluriex perfonnes les demandent, ou quant elcs font leflies en Tefta- 
mcnt , ou quant l'en a manoir en eftrangés Terres , & Pen fift detes en la Chaftelenie 
dont l'en fe parti , ou quant l'en fieut de chofe emblée ou d'omicide ,fi comme chaus 
len fuient qui che ont fet , ou quant l'en eft ajournés par devant fon Seigneur , & 
l'ajournement pendant l'en va coucher & lever de foubz autre Seigneur ; en tous tiex 
cas pucent ces chofes daucun eftre jufticies par les Seigneurs delîbubz qui eles font 
trouvées , tout ni foit on pas couchans ne levans , mes des Pies d'Hiretage , il n'eft 
pas doute que la demande nen doie eftre fetc , par devant le Seigneur de qui le Hire- 
rage muet , ou que len couche ne ne heve. 

Si comme nous avons dit que len ne refpohd pas d'une chofe à pluriex perfbncs , 
quant chafcuns le demande toute fois es cas qui en. font elfieutés ; ainfint fe len eft 
acufes dun cas de cricme de pluiicx perfonnes , U acufés n'en eft pas tenus à repondre 

dcvaoc 



chapitre V L ^j 

devant que tuic renoncent à racufcmcnt , fors li uns liquiex fc face droitcmcnt par- 
tie, & quant pluricx fc veulent fcrc partie ne ne fe vueulcnt acordcr à l'un \\ Sivcs par 
devant qui li Plais eft , fi doit eflire le plus convenable à pourfuir lacufcmcnt Ci com- 
me chil à qui la querele touche de plus prez, &c doit contraindre les autres que il fc 
fuefFrent , &: fi li accusés fe puet délivrer de chcli qui lacufe nul ne le puct puis ac- 
cufer de clie ict, & de cherté matière eft il parle fouffifcmment ou Chapitre qui pa- 
role des dcffcnces à l'apellé. 

Quand on a fait fa demande de aucune chofc par devant Juftiche & l'en a dit fx 
railbn parquoy l'en vient avoir fr demande, &: l'en pcrt chèque l'en demanda par les 
bonnes raifons au DefFendecur,hDemandierres, ne puet jamais redemander celé chofc 
que il a perdue, tout fut il ainlint que il le demandaft par autres raifons que par ce- 
lés par lefquelles il fîft fa demande premièrement: car iliroit contre le Jugié fe ainlinc 
n'ertoit que nouviau droit li feuft aquis en la chofe puis le Jugement , ii comme fc 
je plaidoie à aucun de mon lignage de aucun Hiretage , & perdoie ma deman- 
de par Jugement , & aprcz mes Parens mouroit fans hoir de fon cors , & l'Hire- 
tages me vcnoir par efcheoite comme plus prochain ; en tel cas puet l'en voir que nou- 
droit me fcroit aquis puis le Jugement, &: par che cas puetlen entendre àcs au- 



viau 



très qui pueent avenir , par lefquiex nouviau droit poroit avenir &: eftre aquis, 

Voirs eft que fe l'en voit que len na pas bien fourmée fa demande , l'en le puet 
amander en quele eute que len vient , mes que che foit avant que ces paroles foient 
couchiccs en Jugement , en tele manière que fe l'en demande dautrui fet que dou fet 
à cheli à qui on demande , par tant de fois comme il changera fa demande , le dcfirn- 
dierres aura nouviau jour de confeil , & che eft bien raifoh fe je ai jour de confeil 
feur une demande qui eft contre moi, & au revenir eh Cour l'en change fa demande, 
que je aye nouviau jour de confeil , car je navoie à refpondre fors fur la demande 
gui me eftoit fête es cas ou jour de confeil apjjartient à donner. 

On doit favoir que de toutes demandes qui font de Hiretages l'en doit avoir jour 
de confeil , & aprez jour de veue, & de toutes autres demandes qui touchent à autruy 
fet fe l'en ne met fus à moi que je fis fere le Cet , ou que je le pourcacoi à fere, car 
ce eft bien àc mon fet che que je commandai à fere. 

Quant aucun fet demande contre moi par devant le Seigneur defous qui je fuis à 
juftichier , & hdemandierres eft dautre Juftiche,il doit fere feurté fe je le requiers que 
il prenra droit en le Court de Monfcigneur, &: que en autre Court ne me traira de 
chefte chofe , fe neft par Apel de defaute de Droit , ou defaux Jugemetit , &: fi doit 
eftre la feurté fouftîfant, & tde que me Sites devant qui il vieutplaidier le puift Jufticièr 
legiercment, mes fe il veut iurcf fur Sains que il nen puet nul avoir de chele Juftice, il 
fe paflera par autres pièges fouffiij.ns de autre Juftiche, &: fe il veut jurer que il ne 
peut avoir pièges, il fe paflera par (on ferement, que il delà querele que il deman- 
de penra droit en chele Court, ne que ja en autre Court ne len traira fe che neft par 
Us Apiaux defllus ditz. 

Se deux hommes où plus font demandes à Jehah, &:h uns demande dete que il \i 
doit, fi comme pour deniers preftes,ou pour chofes vendues , & h autres demande 
pour don , ou pour prameflfe que l'eh li fift , & Jehan fi na pas aflez vaillant pour pa- 
ler les detes & les pramefl!cs que len li demande , len doit fere paier les detes tout en- 
tièrement , & après fe il y a remenant bien face le a empJir les convenànches àcs dons 
& des prameftes convenables ; car aucuns dons ou prameflcs fi pouroient eftre eon- 
Venanciés qui ne feroient pas à tenir , fi corhme fe il eft clere choCc que un homme 
fenivre volenticrs , &c ou point que il eft ivre il promet à doner cent mars ou cent 
livres à aucun , & fi ne voit len pas la caufe pourquoi il deuft tel Don fcrc fe il feuft 
bien à foi , tiex dons ne tiex prameflès Ci ne font pas à tenir, & auffint fc il ne fec 
prameflts au tenis que il eft en freneifie , ou hors dou fens, ou ernprifonnés , ou par 
force, ou paour, eles ne font pas à tenir , neis fe ces prameftes eftoiênt paiées fi les 
porroit il redemander arriéres par raifon de dechevance, ou de forche, ou de paour, 
& de chefte matière de forche &: de paour feront nous propre Chapitre ça avant la 
ou il parlera plainement dés chofes qui font fêtes par forche ou par paour, 

Totit aions nous dit que yvrece puet efcufcr des dons ou des prâraefi^es, aufllnc fer 

F 



^2 I^^s Demandes 

de des MarcJiies & àci Gonvenanches cfqucles l'en voit apcrte dcchevance, car au- 
trement auroicnc li Barreteurs tout gagnié qui pourfuiioicnt les yvres es Tavernes ^ 
pour ans dcchevoir. Mes ncpourquant l'en doit moût regarder en tel cas à la manière 
doufet, ou de la Convcnanche , car fc l'en i trouve apcrte tricherie ou trop grant 
dechcvanchc , che ne fet pas à tenir ; mes fe on i trouve caufe refnable fans moult 
grande dechcvanchc de tricherie ou de Barat, les Gonvenanches fi font à tenir, pour 
che que chil qui marcheandent ne fc puiflcnt pas legierement cfcufcr par yvrece 
quant il ont fct marchié ou convcnanche dcquoi il fe repentent -, Se bien fâchent 
tuit que nul vilain cas de cricme n'eft efcuzé par yvrece. 

Demande qui cft contraires foi meifme eft de nule valeur , ne h defFendierres 
n'eft pas tenus a. refpondre à telle demande , fors entant que il doit monftrer pour-i 
quoi la demande eft contraire à foi meifme , fi comme fe je demanc dix hvres pour 
un Gheval que je vendi à Jehan , & après che je demande que li Cheval me foie 
rendus pour che que je le prefté audit Jehan; Gelle demande eft contraire à foi, 
car che ne puct eftre que Jehan tienne un feul Gheval par titre d'achat & par titre 
d'emprunc , doncques me convient il tenir auquel que je cuiderai que bon foit ou à 
la vente ou au prcft , &: che cas fi foufïis aflcs à fere connoiftre les demandes qui 
pucent eftre feccs dautres chofes , lefqucles font contraires en clés mefmes. 

Se uns lions a pluricx hoirs dont emporte fe partie , chil à qui les detes font deuës 
lî ne pueent pas toutes leurs detes demander à l'un des hoirs & leflier les autres hoirs 
cm pes , ainchois doivent demander à chafcun des hoirs felonc la quantité que 
il emporta des biens , fi comme fe il emporta le moitié des biens il eft tenu à le moi^ 
né des detes paier dou plus plus , & dou meins meins. 

Pour che que l'en puift fere chertaine damande , il convient bien en aucun cas 
que h defFendierres reponde as demandes qui li font fêtes , fans lefqueles refponces 
li demandierres ne puet fere chertaine demande , fi comme fe je vueile demander à 
Jehan une couture de terre , ou tous les Hiretages qui furent Pierre , ou autres plu- 
riex chofes qui me furent données ou vendues , ou que je enten à avoir par aucu- 
ne raifon & je fais demander à Pierre fe il tient tout che que je demande ou que- 
le partie il tient , il li doit refpondre & dire che que il en tient fi que je fâche dç 
Combien je pouroi plaidier à li, &: fe il ne li vient dire il doit eftre tourné en de- 
faute , & puet perdre fezine par le defaute de che que il tient de la chofe , & fe U 
dit par maUce que il nen tient que la moitié , & il eft apcrte chofe que il tient toutj 
îe doi eftre mis en la fezine de la moitié , & maintenir mon plet feur che que il dit 
que il en tient. Gar drois veut bien que len perde quant on dit mcnconge à efficnt 
de che dont len doit dire vérité. 

Quant demande eft fête à aucun & il meurt le plet pendant , Ici? puet fievir les 
hoirs dou plet qui fu commenciés contre leur devancier, elîîeutes les cas de criemc: 
Car fe le devancier eftoit acufés de tel cas que il en perdit le cors & lavoir , fc il 
en fus ateins , &: il muert avant que il en fuft ateint , li plais devient nul , & 
jouiflent fi hoirs des biens qui de lui vindrent , ne len ne leur puet pas dire, vous 
ne les aures pas pour che que chil de qui vous avés caufe lait mcsfct puifque il 
nen fut condemnés en fon tems. Car l'en doit croire que chafcun cft bon jufques 
à tant que li contraire eft prouvés & nepourquant des Hiretages ou des Muebles que 
li devanciers acquift mauvcfement puet l'en bien faire demande contre les hoirs, 
cflîeutes ces perieus dou cors &: les amendes des mesfais dou devancier ; car li hoirs 
ne font tenu a. refpondre es cas doht on les fuit dou mesfait à leur devancier fors en- 
tant comme il en vint à aus, mes fe font ils vers les créditeurs, qui crurent le leur 
a leur devancier , & vers les Plcges que h devancier bailla pour detes , & les doivent 
aquitier &: les créditeurs paier corribicn que il cmportaflcnt peu puis que il fe font 
fet hoirs. 

Chil qui demande & chil qui fc défend de quel cas que che foit , eflîetes les 
cas de cricme cfquiex il a péril de cors , doivent faire ferement de venté , en telc 
manière que U demandierres doit jurer que il ne demandera fors che que ou il 
croit avoir droit , &c que fc tefmoins li convient atrairc que bons & loyax les i atrai- 
ra a fon clTicnt , &c U defFendierres doit jurer que il connoiftra le vérité de che que 



Chafitre V L ^^ 



l'en li demandera en la befoigne , & que il ne mettra railon avant à fon cifient qui 
ne Toit bonne &: fouffifant , &: Te tefmoins li convient amener aprouvcr fes raifons 
il les amerra bons & loyax à fon clTient, «&: dou fcremcnt que li tefmoins doivent flii- 
re , il eft parlé au Chapitre des Prucvcs. 

Chil qui ne vieut jurer que fa demande cft vrayc , lî ne doit pas cftrc rcchcu 
en fi demande. Car il fc met en foupechon que il ne demande fauflcté, &: fc H def- 
fendicrres ne vieut jurer que les raifons que il met en fes defences font vraies des 
ne doivent pas ellrc receucs , &: fe les parties fc vouloient fouffrir de fere fcremcnt 
par acort, fi ne le doit pas la Juftichc fouffrir , ainchois aparticnt à fon Office que il 
praignc le fcremcnt des parties pour en cherchicr la vérité de la qucrcle. Car de chc 
dont il font à acort par leur fercment plct cft fines , &: feur che dont il cfl defcort 
doit cflre li Plez maintenus &: li tcfmoing trait. Mes les feremens entendon nous es 
Cours où l'en vient plaidicr felonc Icftabliflcmcnt le Roy ; Car felonc l'anchienne 
Couflumc ne queurcnt il pas, & nepourquant fc li fougict en leur Cour de petites 
qucrclcs vuelcnt ouvrer felonc lanchicnne couftume pour la convoitize qui en ncf- 
fcnt , aumofne fct leur Sirc de qui ils tiennent, fc il ne leur fucffre pas , mes ofte 
leur gages & Commendc que li plez foit démenés felonc Icftabliflcmcnt. Car chc neil 
pas chofe felonc Dieu de loufïrir gage en petite qucrcle de Mucblc ou d'Hiretacre, 
mes couflumc les fueffre es vilains cas de cricme, &: es autres cas mcifmc es Cours 
ôizs Chevaliers, fc il ne font dcftourné par leur Souverain. 

Trois manières de demandes font,lcs vncs fontappelécs perfoncXjquc H Clerc apelcnt 
adion perfonel; les fécondes font demandes rceles, les autres font mellécs,c'cfl à duc rce- 
ks &• pcrfonnclesdcs demandes perfoncx font qui touche lapcrfonnc,fîcoumc de conve- 
nances d'achaz,vcntes, vilenies fetcs,obligations,& moût dautres cas,quipueent toucher 
\z% perfoncs. Les demandes rccics font quant l'en demande hirctages,fi coume Tcrrcs,Vi- 
gnes,Bois,Pres,Eaues,Juflices,Scigneuries,Moulins,Fouis,Maifons, Cens, Rentes, & au- 
tres chofcsqui font tenus pour Kirctagcs. Les demandes qui font méfiées fe font cheles 
qui commencent perfonncx & defcendcnt en la fin à eflre rceles, fi coume fe P. deman- 
tie à Jean un Arpent de Vigne, que il li vendi, ou que il li donna, ou que il li con- 
venança à garantir , teix demandes fi font mcUées , car elles font perfoncx pour chc 
des touchent la pcrfonne, & fî font rceles pour che que la fin delà demande defccnd 
feur l'Hiretage. 

La raifon pourquoy nous avons dit chefte divilion , fî efl telle, que felonc noflre 
Couftume les demandes qui fons perfoncx tant feulement fi doivent eftre demandées 
pardevant les Seigneurs deffouz Icfquiex li defïcndeur font couchans & levans; &:les 
demandes qui font rceles & cheles qui font mellées doivent eftre demandées par de- 
vant les Seigneurs defquiex li hiretages font tenus , fi cft bon que len fâche quant 
l'en vieut fere demande , à quel Scigneurlcn doit traire. 

Pierre eftoit Sire d'une Vile & de fon droit toute la haute Juftiche eftait fienne 
& en fon demeine & en lautruy , & Jehan fi avoir en chclle Vile Hiretages en ofti- 
fes , fi avint que deux de {c% oftife vinrent plaidicr par devant li de l'Hiretage de leurs 
oftifcs & comme lidis Jehan eut bien la bafle Jufticc &; la demande fuft reele,à li apar- 
tenoit bien cefte cognoiflance de connoiftre qui avoit droit en l'Hiretage. Or avint 
que lune des parties qui plaidoit atrait tefmoins pour prouver fentention , & lautre 
partie fi leva lunde fes tefmoins &: h mift fus que il cftoit faus tefmoins &: quepour 
tel le feroit par gage de bataille,& htefmoin folFri à defï"endre,& Jehan receu les gages. 
Quant Pierre , qui avoit la haute Juftiche en la Vile en la terre Jean &: ailkurs 
& bien luy eftoit conneu , vit ce, fi dift que en fa Court dévoient eftre démené li 
gaigc,par la raifon de che que cheeftoit cas de haute Juftiche,& que chilqui nont fors 
que baflc Juftiche en leur hiretage ne doivent pas maintenir gages en leur Court. 

A che repondi Jehan que pour che que li Plet eftoit meus pour l'Hiretage qui 
mouvoit^ de li pardevant U coument que il i euft gage che eftoit à chefte fin quç l'hi- 
retages fuft perdus ou gaaingnicz , parquoy il difoit que la caufe eftoit reele pour- 
quoi il en pouoit bien tenir la Court, & feur che fe mifrent en droit, à favoir en 
laquele Cour li gage feroient démené. 

Il fu jugié que fi toft coume U acufemens fu fez de fauffeté , che fu action per» 



^^ ^es Defenfes 

fonncl & efbranchcmens de la qucrclc qui devant cftoit rccic, & fu dit que con- 
noiflancc de gages de bataille II devoir eftre à chcli qui avoit haute juftiche/<S^ non 
pas à clieli que la baflc,&: pour chc faccordercur il que Pierre qui avoir la haute Tu- 
ftichc auroit les gages en la Court, & quant ils fcroicnt failli, c'ell à fcavoir quant 
Il tcfinoins fe fcroit faiz bons, ou il icroir déboutés de Ton tehnoignage comme mau- 
ves, li Plez de THiretage feroit mis arrière en la Court de Jehan, & en chefte maniè- 
re fu li drois gardes de che qui àpartenoit à le haute Juftice pour Pi^:rre , & à Je- 
han de la baflc Juftice & de la connoilTance de la demande reclc qui fut fête en fe 
Go'urt. 

Chi define le Chapitre des Demandes. 

Chi commenche li pptiefme Qoa^ïire de ce fi Lhre, aui parole des "Vejfenfes que li 

*VejfcndeHr pue^vent mètre avant contre les Demandes qui leur Jônt fêtes ^ 

que l'en abele Exceptions j & des B^eplications. 

CHAPITRE VU. 

NOUS avons parle ou Chapitre devant cheftui des Demandes que chil qui fc 
plaignent pueent fere , fi cft bon que nous parlons des delfences que li def- 
fendierres puet mètre fe il les a contre la demande que l'en li fait , Icfqueles dcf- 
fenccs {î font apelécs Exceptions , &: h parlerons des rezons que U Demandicrrcs met 
avant pour deftruire les dcffcnccs que on appelle Replications. 

'Nous devons favoir que toutes rezons que on met avant pour foi deffendre def- 
cendcnt des ches deux chofes , che eft à favoir les unes pour alongier la demande 
qui cft 'fetc contre li , & chellcs appelle len Exceptions dilatoires , autant valent 
Exceptions dilatoires comme dire rezons,qui ne fervent fors que U Plet délai cr ; &les 
rezons qui defcendcnt à lautre fin len les apele Exceptions peremptoircs , comme re- 
zons qui font fi fors delc meefme que toute la querele em puet eftre gaaignie , & 
pour che lapele l'en Peremptoirc , que ele fer la demande périr. 

Or veons premièrement queles les refons font qui ne fors que ics qùereles delaier.' 
Quant aucuns dit dans fa deffence que il neft pas fem.ons fouffifamment parquoi 
il ne veut refpondre, ou quant aucuns à gaaignie fezine, &: avant que il foit rcfefis 
de toutes les chofes dont il fii defcfis , l'en plaide à li de la propriété , & il ne veut 
■pas refpondre devant que il foit rcfaifis entérinement , ou quant aucuns eft cmplei- 
diés de hirctage ou dautrui fet , & il demande jour de Confcil ou jour de veue, es cas 
ou veue apartient , ou quant l'en requiert jour de prouver première fois , & féconde 
fois , quant l'ch na pas tous fes tefmoins à la première, ou quant l'en fet Contrcmans 
ou Eflonicment es cas ou couftume les fuelïre , ou quant l'en débat le Juge pour 
aucun foupechon que l'en met avant , ou pour che que li deftcndicrrcs dit que il 
ne doit pas eftre. Juges de chcUe querele, ainchois fe fet requerre par autre Seigneur, 
ou quant l'en débat Procureurs, pour' dire contre leur Procurations, ou par dire que 
le querele cft tele , que elle ne fe doit pas démener par Procureur , (1 comme Pro- 
cureur n'eft pas ois eii demandant , ou quand li demandicrrcs demande acte ou 
coflvenanche, & li dcffendierres alegue refpit, ou que li termes neft pas venus , ou 
quant aucuns dit que il eft foubz aage parquoi il ne veut refpondre , ou quand li 
Deftcndicrrcs que li demandicrrcs pledc a li de celé demande meifmes en autre 
Court par quoi il n'cli vicut refpondre , ou cjuand li Rois ouli Apoftioles donnent 
rclpit de detes pour le pourfit de la Chrefticnté , &c li deftcndicrrcs alliguc tel ref- 
pit, où quant li plez délaie pour che que lune des parties aappele delà dcfaute de 
droit,ou de faux Jugemens,par toutes telcs refons que li deftcndicrrcs met avant puccnt 
cftrc les qùereles delaiécs non pas perdues , &: par moût dautres c]ue l'en peut con- 
noiftrç par chellcs qui font dites deftlis ,qui ne Icrvent fors des qùereles dilaicr,&: 
toutes font appelées Exceptions Dilatoires. 

Lautre manière font leS refons ou toute la querele queurt que Ton appelé Exce- 
ptions pcremptoiies, fi coumc fc len jmc demande cent livres qui, mç furent prcftés. 



chapitre VIL ^j 

& je alliguc payement ou qui le couche , ou fc l'en me demande convcnanchcs 
& je dis que je lai acomplie , ou le l'en me demande hiretagc &:je dis que il me 
dcfcendit de mes devanciers coume à droit heir , ou fe je me dcf eut par Jono-uc 
tcncurc pc/ible que je ne fui tenus à rcfpondrc, ou fc je montre Lctres ouc chc que 
l'en me demande me doit demourcr, ou fc l'en me demande aucune chofe , &: ic 
di que je lai par titre d'achat de chelui qui le pooic vendre , ou par don de chc- 
liii qui le pooit donner, ou par efchangc de chelui qui le pooit cfchangicr ; toutes te- 
ks refons &: les Icmblahles font Exceptions pcremptoircs. Car chalcunc par foi , ne 
maesqueele foit prouvée, foufîiil au dctfcndcur à élire dcHvré de la demande qui 
cil fête contre lui. 

Qm fe veut aidier des rcfons qui ne fervent ne mes que du plct delaier , il les 
doit dire avant que cheles qui pueent fere la querele pcnr , . ou il arroit renoncié ; 
fi coume fe je m'eftois cn,ni che que l'en me demanderoitj& après voufiflc avoir jour de 
confeil ou jour de vcue , ou alliguier refpit ou terme ,^ ou rcquerre autre Ju"-c , chc 
fcroit à tard ; Car je fcrois ja allé li avant que il m arroit fors a oir Ics.tefmoins , au 
demandeur ; &: aulfint coume nous avons dit de la niance , puet l'en veoir fc nous 
avons mis avant autre refons parquoi che nous doit demeurer qui nous cfl: demandé. 
Car li pies eft entamés leur k tout , il que l'en ne puet revenir as rclbns que l'en 
puet avoir pour le plec delaier , &: nepourquanc aucunes refons dilatoires ont puis 
bien leur lieu , fî coume de duc contre tefmoins , de rcquerre productions , de con- 
tremandcr par loial eflbinc de cors , dalliguier forche , ou paour , ou manachcs , tou- 
tes teles refons pueent avoir lieu aprez ce cjue len a repondu droitemcntà la qucreîè, 
& aucunes autres qui pueent ncllre, le Plet pendant qui pueent dire conevcz par 
laparance dou Plet. 

Toutes refons foient dilatoires ou pcremptoircs doivent eflre rnifcs avant que li 
Jugement foit cnchargiés , car puifque chil qui doivent fere le Jugement, ont les 
paroles receucs des Parties ,& ils fc font apuié à droit, ils ni pueent ne mètre ne oller, 
exceptes les refons qui porroient efchoir le Jugement pendant , il couir.e fc je avois 
mis avant que à moi aparrenoit l'Hiretages par rcfon de Bail , & mes adverfaires 
difoit mes à li, & li enfez mouroit le Jugement pendant, je pouroie defcharchicr les 
hommes dou Jugement qui feroit feur aus, &: dire que il ne fi/fcnt pas Ju^remcnt leur 
le Bail que je ailrois mis awint , nies feur lefcheotc qui me feroit venue puis le Juo-e- 
ment enchargié , & ainilnt feroient h Jugeeurs délivres dou Jugement dou Bail,'^&; 
feroit h Plct feur lefcheotc, &: par tel cas puet l'en entendre que l'en vient bien à tans 
de dire nouvelles refons , puifque Jugement cfl cnchargiés , mes ci e/1 à entendre 
quant eles naiffent le Plet pendant. 

. Voirs cil fc je demande aucun Hiretagc pour chc que je dis que je lâcherai , &; 
li deifendicrres met refons encontre pourquoi je ne le doy pas avoir, &: jay Juo-cment 
contre moi , je ne puis demander chel Hirctage par titre d'achapt , ny par nulc raifon 
que je puiiîe mètre avant le Plet durant , mes aprez chc que je laurois perdu par Ju- 
gement , pouroit il avenir pluricx cas parquoi je le poroie demander , fi comme 
fil melloit donnés, ou vendus, ou cfchangiés, ou il me venoit comme à hoir par le 
mort, d'autrui , & fe je par aucune de chcs refons le demandois,ren ne poroit pas di- 
re que je allafïe contre le Jugement, pour chc que je le dcmanderois par nouvelles 
refons aucunes puis le Jugement fait , fe je le dcmandois par les refons que je pcufc 
avoir dites devant le Jugement, ou pour chelles feur lefquelesjeentendi le Juo-eraent, 
je irois contre le Jugié , li nen dcvroic pas eflre ois , fî cncherroie en lamendc dou 
Seigneur, laquele amande fi feroit de foixante livres à Gentilhomme qui maindroit 
fur fon Franc-Fief, & de foixante folsdeloume de poofte qui maindroit fur vilcnage. 
,• 'Li hoir; a bone rcfon de foi défendre à qui l'en demande que il amaadc le mcsfet 
que ï^ts père ou h devancier firent : Car il ncn cfl pas tenus à rcfpondrc , ni de nul cas 
de crieme que on leur puet demander pour che que il nen furent pas atteins à leur 
tans , & bien doit l'en croire que qui les eufl acufés il fc feuflenr miex défendre , 
& plus chertainement que leur hoir ne fauroient fere , &: l'en doit croire que tuic 
chil qui muèrent avant que ils foient condenné de vilain cas de crieme, ou avant 
que il feiflent lamande daucun mesfec , tout fa che que il mourulfcnt le plec pendant , 



^^^ Des 'Dejfences. 

ii i-ncLirent li all'ous dou mcstet dequoi l'en les fuioïc tant comme au fiecle , ne ncft 
pas li hoir tenus à maintenir Icplet, fi comme il feroit demueble ou d'hircrage, ou de 
convenance. Carde chc convenroit il que li hoirs rcrpondcfift , &: aulîint de toutes 
les chofes que l'en dcmanderoit à l'hoir, pour che que fes percs ou fe devancier les 
aroicnt mal acquifes , il convenroit que il en refpondefift pour tantcoume il en feroit 
venu à li , & fc il ne fc pooit défendre ou par pcfiblc teneurc ou pour che que li de-' 
vancier avoicnt bonc raifon à tenir , il pcrdroit che qui l'en feroit venu , & les arrie- 
rages que il aroir Icues puis la mort de ion devancier, mes dou tans de fon devancier 
ne feroit il tenus à'riens rendre , fc ainffint neftoit que li devanciers en fuft fuiis à 
fon tams,car fe il en cftoit fieuiz & il full: mors le plct pendant & li hoirs maintenoic 
leplet, &le perdoit, il feroit tenus à rendre, & dou tans fon devancier &c de fon temps, 
•&: fe il font plufieurs hoirs chafcuns n eft tenu à repondre fors de tant coume il emporta 
de lachofe mal acquife , mes les dctcs à leur devancier font ils tenus à toutes paier , 
puis que il fc font fet hoir combien que il en aient porté. 

Toutes les demandes & toutes les defenfcs que li defendierres met contre che 
qui li eft demandé , & toutes les raifons que li demandierres met avant pour 
deftruirc les raifons au defFendeur que l'en apellc Rcplications , doivent cftrc prou- 
vée quand clés font niées de l'avcrce partie, & i^c cle neft prouvée ele ne vaut riens 
ainchois eft: cfbeinte, come fe ele n'euft: oncque cfté dite. 

Toutes raifons qui font propofées en Jugement foir dou demandeeur foit dou 
deffendecur qui ne font debatuez de laverce partie , par fere niance ou par dire 
raifons encontre parquoi eles ne doivent pas valoir, font tenues pour vraies & pour 
approuvées , &: doit l'en rendre Jugement fur les raifons qui font dites puis que elcs 
ne font debatues de parties. ^ 

Chii à qui l'en demande aucune chofe preflée ou aucune convcnanche fe il en fec 
niance , il ne puet pas après la niance recouvrer à alleguicr paiement ne autre raifon. 
parquoi il en doit eft:re quite, fe la chofe preftée ou la convenance que il nia puec 
prouvée contre h , car entant coume il nie donne il a entendre que la chofe ne fu 
tête entent coume vient alliguicr paiement après reconnoift il que la chofe fu fête 
fî que il eft contraires à foi meifmes. 

Lcn doitfavoir fefoncla couftume de la Cour laie qu'il ne doit avoir de terme en 
chofe qui eft paftée par Jugement,ceren ne appela dou Jugement,ainchois doivent tuit li 
Jugemens eftremisà exécution fans délai, &: nepourquant aucuns cas cm pueenr eftrc 
exceptés fi comme li cas qui aviennent par mefcheance ou par mefavanture,rcn ne mes- 
fet pas en detrier le Jugement pour favoir fcli Souverain en vouroit avoir pitié ou mercy, 
&: auflînt quand famé eft condempnées à perdre le cors par Jugement Se ele dit que ele 
eft groffe & l'en voit quele eft de tel aage que cle puet bien dire voir , ou quant la 
groiftefle apert à li,li Jugemens ne doit pas eftremis à exécution devant que ele ait efte 
tant gardée que elle ait eu enfant ou que l'en fâche que ele mentoit. Et aulfint li Ju- 
gemens qui font faits pour chofes cngagiées ou pour rentes à vies , ne pueent pas 
eftrc mis à exécution pour che que li termes font avenir , ainchois Ibuffit en tel cas 
fe l'en baiJle la fezine à chelui qui gaaigna par Jugement. 

Quant cognoifl'ance eft fête en Court l'en ne puet pas fere niance de chc que 
l'en a rcconcut,- tout fu il ainfllnt que la reconnoifance feuft fête hors plet. Car fe 
ele cftoit fête en mi les voies hors le Jugement iî fcn poroit aidicr laverce partie par 
prouver que il auroit che recbgneu par devant bonnes gens. 

Retenue na pas lieu en la Court laic,ainlînt comme ele a en la Court de Chreftien- 
té. Car à le Cour de Chreftientc il pueent plaidicr fur lune de leurs raifons , & faire 
retenue de dire autres raifons fe chcle ne h vaut , &: ont Jugement leur chelcs avant 
que il dient les autres, fe il vuclent, mes chc ne puet l'en pas fere en la Cour laie 
puifquc lcn a refpondu droitemènt à le demande, & que Plet eft entamés feur toutes 
les quereles , mes voir eft que tant que coume l'en met avant exceptions dilatoires 
ceft a dire les raifons qui fervent fors du Plct delaier la puet on fere retenue, ii com- 
Jne je di de la demande qui eft fête contre moi , je en requiert jour de veUe ou droir, 
&: fe drois difoit que je ne le deulfe pas avoir li faisje retenue de dire mes bones ren- 
ions , en tel cas valent retenues , car fe je difois tout enfemblc mes raifons qui ne me 



C h dpi tri VIL '^^ 

doivent aidici- fors à delaicr le Plct que len apclle exceptions dilatoires, & chelcs qui 
font au principal de la querele , que len apclle exceptions pcrcmptoires , Jaurois re- 
noncié as exceptions dilatoires , &: pour che a bien retenue lieu, tant comme excep- 
tions dilatoires durent, mes quant exceptions dilatoires font toutes pafces, & il con- 
- vient repondre au principal de la querele , &: mètre avant fes exceptions pcrcmptoires 
len les doit toutes mètre avant , fans fere retenue, & requerre Jugement fur chacune 
raifon de degré en degré, car puifque il a mis raifons pcrcmptoires en Jugement , il 
ni puet puis autres ajoufter pour retenue que il en ait fête , &C pour che dit on que 
len ne barroie que une fois en Court laie. 

Nous apellons barroier les raifons que lune partie dift contre lautrc aprez che que 
les exceptions dilatoires fontpaflTées , fi comme chacune partie alligue raifons de droit 
ou defet, ou de Couftume, pour conforter fentention , &: feur exceptions dilatoires 
barroie len bien aucune fois, fi comme fe je di que je dois avoir jour de confeil, &; je 
di raifon pourquoi, &: maverce partie dit que je ne le doi pas avoir, &: dit raifons 
pourquoi, & chacun de nous deux met pluricx raifons avant, ainfHnt puet en bar- 
roier fur exceptions dilatoires , & auffint comme nous avons dit dou jour de con- 
feil , puet l'en voir que l'en puet bien fere barroier fur autres Exceptions dilatoires , 
quand li un requiert le dclai,& dit raisos pourquoi il le doit avoir felaverfc partie le débat 
& di raifons pourquoi il ne le doit pas avoir,&; quand tiex Barres font mifes en Jugemêt 
li principaus de la querclencqucrt pas, ainchois eft Jugcmensfczàfavoir fe chil auralè 
délai que il demanda ou non, &: fe il ne la il revient tout à tans à refpondre de la querele. 
Nule raifon qui foit propofée de lune partie ne de lautre en Icquelle len void ap- 
pcrte menchonge de lui meifme , ne doit eftre receue en Jugement, fe comme fe je 
demande un Hiretage , & dit queil me defcendi de mon Père, & len fait toufclcre- 
ment que mon Père ne eut oncques point de Hiretage , il ne convient ja que chil 
qui moi plaide contre moi mete autre Exception avant que ma mcnconge,dontpuet A 
dire: Sire, il dit que il a droit en tel Hiretage de par fon Père , faite enquerre vouf 
trouvères que fon Père neut onqucs Hiretage i adonques fi li demandierres ne prue- 
ve que fon Père ot Hiretage , il eft arriéres mis de fa demande , & eft li dcfcndierres 
délivrés , & par chete menconge len puet entendre les autres qui font aportes en Ju- 
gement fclonc ce que li cas font, 

Che neft pas bon ne felonc Dieu que loue Plet & grands courts foient mis en pe- 
tites quereles , & pour che avons nous ufé el tans de noftre Baillie quant aucun Plec 
muet de petite chofe d'une partie contre autre , & la partie qui demande offre à lau- 
tre partie à jurer fur Sains que il eft ainfi coume il a dit , ou fe il veult jurer le con- 
traire, il le clamera quite de fa demande, nous avons contraint le deffendeeur à pen- 
re lequel que il li pleft miex, ou que il voie celi qui li demande par fon ferement,ou 
que il jure que il neft pas ainfint que fe il aloient avant em plet ordenne , fi feroienc 
il cel feremeut fe lune des Parties le requeroit , èc puis que lune des Parties veut re- 
noncier au Plet , àc croire faverce partie par fon ferement , nous ne nous accordons 
mie que len li doie deveer. 

Avenir puet que len a paie à P. che que Ten deoit à J, pour che que len cuidoit 
que la dete feuft à Pierre, ou pour che que len cuidoit que P. feuft encore ferians à 
J. & admeniftrierres de fes befoignes , ou pour che que P. eut convent que il les por- 
teroit a. J. en tous tiex cas &: en femblables puet len redemander à P. che que len li 
bailla, fe Pierre le connoift, ou fe il prouve contre li, & il eft tenus à rendre , & 
auffint avient il aucune fois que len cuide devoir teles choffes que len ne doit pas, 
doncques fe je cuidoie devoir à P. dix livres lefquiex je ne lui dévoie pas , & je li 
baille les dix livres en non de paiemant , & aprez il maperroit que je ne li dévoie pas 
je h puis redemander arrière, &: les me doit rendre fe il ne prueve que je li devois 
lefdiéts dix livres , & que par bonne raifon les receut. 

Chil mift bonne exceptioh avant qui ne veut pas raporter che que il emporta a 
Mariage de fon Père &; de fa Mère pour la mort de lun tant feulement , mes bien 
vouloir raporter che queil emporta de par chelui quieftoit morte, & pour faire loi en- 
tendre plus cler , fe mon Père & ma Mère me marient de leurs Muebles communs, 
& aprez che mon Père meurt , &: je vueil partir à la defcendançhe de \i , je ne fuis 



^S I^^s 'Démenas. 

tenu à raporrer que le moitié des Mucbics que je emportai pour clic ^ue la Mère qui 
efl: dcmemx'c en vie me garantift lautrc moitié tant coume cle vift, &: tout en tcle 
manière dis je fe il me marièrent de leurs concquez , mes fe je fuis marié de l'Hirc- 
tatrc mon Pcre je rapporterai tout en partage fi je veult partir, &: fi je fui mariés de 
i'Hirctagc mon Pcrc je le raportetay cm partie fe jeuvc il partir , & fe fui mariez 
l'Hiretagc la Mère , je ncn raportcrai riens tant comme ele vive. 

Or veons pour che que la Couftume eft tele que chil que Père & Mère marie fe 
fueftre de raporter & de partir fe il li plcft, fe ainiî neft que li dons qui li fu fez par- 
fuft trop outrageux , &: trop desheritans les autres hoirs , fe il avient que Père & Mc- 
re maient marie, &: lun muert de mon Perc ou de ma Mère , & je ne me vueil tenir 
à paiez ainchois vueil raporter &: partir pour che que je i voi mon pourfic-, & après 
quant je ai raporté & parti chil qui demoura en vie de mon Père ou de ma Mère meurt 
& je ne vuelt pas dou derrain mort rapporter &: partir, pour che que bien puet eftre 
que li Pères qui mourut premiers avoir grans hiretages parquoi je gaignai au raporter, 
& ma Mère qui après mourut a petits hiretages parquoi je pcrdrois au raporter , fe il 
me fera fouflcrt que je me fuclfre, ou fe il me convendra raporter , pour partir vucil- 
]es ou ne vuciUcs à la rcqucfte des hoirs, je dis felonc mon avis que quand je rap- 
porterai &: parti pour la mort de mon Père je renoncheà laCouftume, qui efloitpour 
moi du non raporter, & pour che me convendra il raporter après le mort de la Mère 
vucille ou ne vueilles encontre les autres hoirs. 

Li demandierres mift bone exception avant contre le Seigneur qui requercit fa 
Court dou delïendeeur, en difant que li deffendierres avoir ja refpondu à fa deman- 
de & plet entamé en niant ou en connoiflant , ou en propofer fct contraire pour 
deftruire fa demande. Car l'en doit favoir que pour teix refponces font plés entamés, 
pourquoi li Sire ne reent pas fa Court. 

Deux manières font de niances fere en Court laie dont chacune fouffit , l'une fi 
eil de mer droitement & tout lîiTipIement che qui eft propofé contre li , & lautre fi 
eft de propofer fet contraire contre d\<i que laverce partie dit, & dofFnr loi à prou- 
ver: Car fe vaut bien niance fe un houmc me demande que je luy rende un cheval 
fcrant que il me prefta , & je refpong , Sires, che cheval que il me demande, 
il le me vendi tel nombre d'argent &: li offre à prouver les paroles de chete 
deffences emportent bien la niance dou preft, ne il ne convient pas que je refpondc 
droitement au preft, puis que je mets tele exception avant, par che cas puet Icn en- 
tendre moût dautres, ne len ne puet pas dire que che que l'en me demanda doie 
valoir pour conneu, pour che que je nen fift pas niance, fe je refpondi îct contraire 
à la demande que len me fift &: oft"ri à prouver , car autant vaut comme niance. 

Chil ne doit pas eftre tournés en defaute qui ne puet avoir fes tefmoins , ou fon 
confeil ou fes Avocats par le pourchaz de faverce partie, &: toutes les fois que te- 
le plainte vient à Court, la partie qui toit à lautre partie che dequoi elle fe doit ai- 
dier malicieufemcnt, fi comme par forche, ou par manaches,ou par louier, ou par prie- 
res,fi doit eftre contreint de rendre laide que il atolu à laverce partie &r fe che font 
tefmoins qui ne ofcnt venir pour che que il furent manachie il valent autant a chelui 
qui les vouloit atraire comme fe il cuffent pour lui tcfmoigné. Car tex damage en 
doit bien porter chil qui les deftorna. 

Li deffendierres mift bone exception avant , qui ne vont répondre aus Letres qui 
eftoient aportées contre lui en Jugement devant que les auroit veucs & tans davoir 
les levées pour favoir fe il voudra connoiftre à bones , ou fe il vodra dire que elles 
foient faulfes ; mes voirs eft que li demandierres qui fe veut aidier des Letres ne 
les baura pas fe il ne li plet au deffcndeur , mes à chaus à qui tiennent la Court les 
'doit il bailher , &: chil quand il les ont vcues , les pueent baillier & doivent au def- 
fcndeur , & commander que il les rende tantoft fans nule manière d'cmpirement. 

Qui a pluriex raifbns foit par devers le deftendeur ou par devers le demandeur, 

il doit dire toutes fes raifbns que il aime le meins avant, & les mcilcures au der- 

. rain, &: chafcune as plus brieves paroles que l'en puet, ne mes que les raifons foient 

toutes dites, car peu de paroles font mi ex retenue que trop grant plante , meefme- 

mcnt en Court ou kn ne juge par cfcnts , &: les meilleurs raifons doit len dire au 

derrenicc 



chapitre ^ J II. ^p 

derrenicr pour che que l'en retient plus Icgicrcment les dcrraincs paroles que les 
prernicies, nepourquant trop fcroient loi chil qui font tenus à fcrc les Jugemens fc il 
ne retcnoient toutes les raifons fur lefquelcs il doivent jugicr , car autrement ne 
pourroient il pas bien jugier en bonne confcience , &: fc il ne les retiennent pas 
bien pour une fois dire , tant les face de fois recorder que il les aient bien rete- 
nues , à donc fi pourront bien légèrement juger & plus loiaument jugier. 

Nous avons vcu jugier que nus neft tenus à aporter en Jugement Lettcs ni Char- 
tes ne crremens qui foient contre li fe len ne Icut couvent , liquiex convenant doit 
çftre prouvés fe chil le nie qui les Letres ou les errcmens ne veut aporter, ou fc 
che ne font Letres ou errcmens quemuns qui font fêtes pour partis ou pour orde- 
nances de pluriex gens , car tiex manières de Letres fi doivent eftre apportées en 
Jugement de chelui qui les a, quant aucun de chaus ien a à fere pour qui eles fu- 
rent fêtes. 

Chil fi ne feut pas folernent confeilliés qui ne vout refpondrï; à chc que len li 
demandoit , pour che que il eftoit retenus en prifon devant que il feut dehvrés de 
prifon. Car nus neft tenus à refpondrc fe nefl: en cas de crieme , mes en cas de crie- 
me, eft il tenus à refpondre dou Cas pour lequel il fu mis en prifon &: nient daùtrc 
devant que il fe foit de chelui epurgiex. Et nepourquant avec les cas de cricme nous 
en effieutons les cas qui touchent le Roy , & cliaus qui tiennent en Baronnie qui ont 
à fere contre leur fougez, & les cas que nous difmes au Chapitre devant chelui, car es 
cas qui les touchent , fi comme pour detes ou pour mesfais, tourne foient il pas fî 
grans comme cas de çrieme^ pueent il moult bien retenir leur cors en prifon duf- 
ques à tant que il foient paie, ou que les amendes des mesfaits leurs foient fêtes & 
paiées felonc les mcsfaits , fe il ni ont renoncié. par privilège ; car tuit li Seigneur doi- 
vent démener leurs fugez felonc che que il font previllegiés daus ou de leur prede- 
cefi!eurs , fi ainfi nefl: que l'en ait tant ufé au contraire des privilleges que il en foient 
anéantis. Car moût de privilleges H font corrompus par che que len a lefle ufer en- 
contre le tans par lequel len puet acqerre propriété, fi comme felonc hoftre Couft^u- 
me trente ans contre Eglifes & dix ans entre laies perfonnes, &: quarante ans d'Egli- 
fe contre Eglife , quant li pies efl: en Court laie, &: chil qui ne font privilégié demeu- 
rent à eflre jufticié felonc les Coufliumes des Chaft:cleries là où il mainnent. 

Chi define le Chapitre des Exceptions & des Replications. 

Çhi commenche li VIII. Chapitre de cejl Lii)re , liquel parole de cens qui vien^ 
fient trop tard à letfr demande fere felonc noHre Couflume de BeaHuoifns. 

CHAPITRE. VÎH. 

CH I L qui vuelent fere demande en Court contre partie , doivent fkvoir que 
l'en puet bien venir trop tard a ferè fa demande , car li tans eft déterminés 
par lequel l'en puet bien perdre fa demande par lefpace dou tans qui eft courus, &: 
dirons coument fe uns hons demande à un autre Muebles ou Chariex foit par Letres 
ou en autre manière , & il feft fouftrez de fere fa demande par lefpace de vingt ans 
puis le terme de la dete > chil à qui la demande eft fête n'en eft pas tenUs à ref- 
pondre fe li demandierres na refonnable caufe par laquelle li tans eft couru fans 
demande fere, &: de ches caufes puet il avoir pluriex fi comme vous oirés. 

Le première caufe fi eft che chil à qui la demande apartient a efté hors dou pais 
ou pèlerinage de la Croix , ou en mains de Sarrazins ou envoies pour le quemun pour- 
nt dou Commendement dou fouverain , & dedans lan & le jour que il fut revenu il 
(apparut en Court , pour fere fa demande. La féconde caufe fi eft (es pcre ou fi de- 
vancier fifrent la dete & puis moururent , & il demeura foubz aage ne nout pas tu- 
teur qui de la demande fe voufift entremettre pour li j &: dedans lan &c le jour qui 
fut en aage il fapparut en Court pour fere fa demande. 

Le tierce caufe fi eft fe chil contre qui la demande eft fctc a efté hors dou pais 
. ou ea prifon, fi que on ne le poet traire en Court pour la demande fere. 

G 



fo De ceus qui memenî trop tard a leur Demande fere. 

Le quarte cauTc fi eft fe clii contre qui la demande eft fcce à elle en fi grand pou- 
rctc que il ne poc paier , rtïes bien fuft pourcachié que il en ot commcndcmcnt avant 
qitc les vingt ans paffaflent. 

Le quinte caufc fi eft fe cliil à qui la dete eft demandée a cfté fiDubz aagies & 
len II demande dou fet de fefd. devanciers fi que li vingt ans pafTerent avant que 
il hift en aagc parquoi len li peuft demander. 

Chil qui fe voura aidier des raifons defiTus dites à che que l'en refpoTide à li outre 
vingt ans , il convient que il deftruize toutes les vingt années , car le il en deftruioit 
les dix , &c l'en demcuroit dix efquiez la demande pcuft eftre fcce che ne li vauroit 
nulle riens. 

Li délai de l'Hirctage ne font pas fi lonc par noftre Couftumc , car fe^ uns lions 
demande Hiretage à aucun -, & chilmet avant teneure de dix ans pcfible à la veuee 
•& à la feue dou demandeur refidant ou pais & tout aagié & bien en pooir de la clio- 
fc demander fe il li plout , & il ne li demande pas dedans les dix ans , li tenant nen eft 
pas c-enus à repondre fe il ne puet corrompre la teneure par aucune vive raifon , fi 
comme il eft deflus dit. 

Q^iant Parties font fêtes cnrre Frères ou entre Sereurs , ou entre Frères & SercurS 
par amis , ou par Juftiche, & il fe fueffre en chele partie un an & un jour pefiblcment, 
les Parties doivent tenir entre aux fans eftre rapellées. 

Pierre fi demanda à Jehan cent livres pour Hiretage que il difoit que il avoit ven- 
du à fon Pcre^ & nen avois oncque efté 'paies , fi comme il difoit , &: comme chil 
Jehan fuft hoirs & tcnift la chofe , il requiert à Juftiche que il contrainfift ledit Jehan 
à paicr les devant dites cent hvres. 

A che refpondit jfehan que il ne vouloit pas eftre tenus à li paicr fa demande , car 
il difoit que fon Père puis que il en fu en fezinc de cheli achat vefquit prcz dun an à 
la veuee & à la feue de P. & cftoient manans en une Vile, & fort chofe eftoit à croi- 
re que P. fe defefis de fon Hiretage fans fon argent ou fans bonne feurté , quand ert 
celé année riens net4Fn demanda. Plus difoit Jean que quand fon Père fefenti mala- 
des , il fift fon Teftament crier en plaine Parïoiflc,que chil à qui il dcvoit riens vinf- 
fent avant, &: il paieroit à le veue &: à le feue doudit Pierre , & oncqucs ledit Pierre 
pour chele dete demander ne fapparut. Plus dit Jehan que puis la mort de fon Père 
il a chel Hiretage dont de bas eft tenu prez dun an ne oncques , mes nen fui trais en 
Court , par lefquelles raifons il ne veut eftre tenus i rcfpondre audit Pierre ches rai- 
fons conneues ils fe miftrent en droit. 

Il fu jugié que Jehan neftoit pas tenus à refpondre i Pierire de chelle dete , par 
les raifons defllus dites , & par che puet on entendre que l'en puet bienvenir trop tard 
à fere fa demande» 

Chi define le Chapitre de ceus qui vienent trop tard \ leur demande fere. 

hhicommenthe leneujlejme Chapitre de ce il Livre, qui parole en quel cas jours de 
'vene doivent ejhre donnes ^ ^ quels non. 

CHAPITRE IX. 

VOiRsefi que toutes iès fois que fezine d'Hiretage eft demandée ou la pro- 
priétés, chil qui eft fefîs de l'Hiretagc doit avoir jour de veue fe il le requiert ; 
fe il entame le Plet fans requerre vieue il ni puet puis recouvrer -, car jour de cdnfeil& 
de veue doivent eftre demandé avant que Pies foit entamés , ne che ncft pas ciitamc- 
mcnt de plet que de requerre jour de confeil, ou jour de veue , ou jour davifement 
es cas efquiex il doivent eftre donnés. 

Pierre propofa en contre Jehan que lidits Jehan li avoit fet arrcftcr fcs Mueblcs &: 
fes Chatiex hors de la Chafteleric de Clermont, & hors de la Terre le Conte , par 
le Cent le Roy, & comme il fut couchant & levant defTous le Conte, & la connoif- 
fancc de fcsMuebles & de fes Chatiex apparteinft au Conte , il requeroit que ledit 
Jehan fut contrcins à che que il h fift defarrefter comme il fut apparciUiés de refpon- 
dre en la Court le Conte de che que il li faroit que demander. 



Chafitre IX, yt 



A clie demanda Jehan jour de vcue dou lieu ou liMucblcs avoicnc cftc arrcftcs, 
& Picncle debati pour chc que il difoic que en plainte de Mucblcs ne deChaticx 
navoit point de jour de vcuc, & fur chc fc miftrcnt en droit fc il li avoir jour de vcuc 
ou non. 

Il fu jugié que il ni avoit point de jour de vcuc , &:par cel Jugement puce Icn 
voir que en plainte qui eft faite de Mucblcs &: de Chatiex tant feulement na point 
de jour de vcuc, & par cel Jugement on voit que fc Icn mettoit fi demande de Muc- 
blcs &: de Chatiex avec demandes d'Hirctagc , fi comme fe Pierre difoit, je demande 
à Jehan tel Hirctagc-quc il tient à tord, &: les Mucblcs &; les Chatiex qui dcffus fonx, 
ou qui de rHiretâge font oiflu, Jehan aroit jour de vcue fe il le rcqucroit , car il ne 
fcroit pas tenus à refpondrc des Mucblcs ni des Chatiex devant que il feroit attaint de 
l'Hiretage. 

Toutes les fois que aucuns veut dernander Mucblcs ou Chatiex, il convient que il 
nomme la caufc pourquoi il doivent cftre fiens, &: fe il nomme povir caufe d'Hirctagc 
douqucl Hirctage autre de lui eft tenant, ne il ne li eft pas conneus que il foit fiens, 
fa demande ne vaut riens ; car il convient que il plaide avant de l'Hiretage dont li 
Mucblcs font oiffu que on foit tenus à refpondrc a lui des Mueblcs,&; quant il aura 
gaagnié l'Hiretage, adonc puet il demander les Mucblcs & les arrieragcs,& fe il cfloit 
autrcmaut chafcuns vouroit maintenir fon plct feur Mucblcs tant feulement pour che 
que Couftume donne plus de délai en plct de Hircragcs que de Mucblcs, &: ainfint fc- 
loit h plct che devant derrière , IcqucUe chofe neft pas à fouffrir, fe partie le vculc 
débatte, mes fe partie ne le débat, ainchois antame Icn le plct fur la demande fctcde 
Mucblcs & de Chatiex contre h, le Juge a bien les paroles à rechevoir par devant li , 
& fcre droit felonc chc qui eft di6t d'une patt ô^ d'autre ; Car il loit bien à chelui 
qui plaide à dclciTicr chc deqUoi il fe pôuroit aidier ni puis que il a repondu ne plct 
entamé feur. la demande fcte contre li , il ne puet puis mètre refon avant parquoi il 
ne foit tenus a repondre , car à tard i vient puis que pies eft entamés. 

Bien fe garde chil qui fe deffent en Court laie , quant toutes fes barres dilatoires 
font pafTées , & il vient à rcfpondre droitement en la querele , fe il a pluriex raifons 
peremptoires que il les mete toutes avant , & que il demant Jugement fur chacune 
<ie degré en degré , car fe il atant Jugement fur lune , &: il a Jugement contre li , il 
ne puet puis recouvrer as^utres , ainchois perr la querele , neis le il avoit fet retenue 
de dire ïcs autres raifons fe Jugement eftoit fet contre h, car la retenue ne vaut riens 
puis que l'en feft conciliés en Jugement , &: fe il eftoit autremant li plez feroient trop 
longe , & malc chofe feroit fe l'en demandoit à Pierre une dete , & Pierre alliguoit 
paiemant, & li paiemant lui eftoit niés , & il loffroit à prouver , & il faloit à ^cs pruc- 
ves, fe il pouoit après dire je nai dui oncques chelle dete, ou fe il pouoit dire il me 
donna chelle dete ou il me la quita , car ainfit feroient toujours H plez à recommen- 
cier. 

Quant aucun fe dcffend &: il met en fes dcffences raifons qui font contraires lun'fe 
à lautre , elcs ne font pas à rechevoir dou Juge , neis fe partie eftoit fi nice que elle 
ne le debatiffift ; fi comme fe Jehan demandoit à Pierre que il li paiaft vingt livres 
ique il li devoit pour un Cheval lequel il lui avoit baillié , & Pierre refpondifl je ne 
vous en doi nul , car Cheval ne cuge oncques de vous , & ces vingt livres que vous 
me demandés je fui prcs que je montre que je les vous ai moult bien paies, ches deux 
raifons que Pierre mctroit en fa defFence feroient contraires lune à lautre, car dequoi 
prouvcroit il paiement quant il auroit nié la dete, fi comme de feroit propofée con- 
tre li, en tel cas convcnroit il que lijuge contrainfit Pierre à delefler lune de ches 
deux raifons , &: que il dift,Sire, je noi oncques le Cheval ne autre pour moi, par- 
quoi je ne doi pas chelle dete; ou que il dift, Sire j'ai eu le Cheval & dui les vingt 
livres mes jen ai îzt plain paiemant, & par chete contrariété que nous avons dite qui 
neft à rechevoir au Juge povez vous voir fe vous avés fens naturel en tous autres 
cas , là ou contrariétés feront propofécs. 

Se jour de vcue êft affignés à aucun , chil qui doit fcre la veue , doit eftre garnis 
au jour d'aucune perfonne qui foit envoies de par la Court à voir ferc la veue , fi que 
fe dcbas eft de la veue, de fera recordée de chelui qui i fera envoies, & en chel re- 

Gi, 



f^ En que! cas jours as 'veue doi'ùsnl eftre donnés. 

corc ibuffift une feule perfonne creable & envoie de par la Court ou un Serjani fcre- 
rtîcntés , pour clie que jour de vcue ne fct ni perdre ne gaaignier querele , ainchors 
ertun délai que Couftumc donnepour efclârfir-che dont debas eft , fe chil qui doit 
ferc la veue le défaut il convient que il recommcnche de nouvel le Plct & veue don- 
née àc rcchief, fe Partie le requiert, & ïè chil qui doit la veue fere eft preft la veue 
fere roulfifamment, & chil qui la doit rechevoir fe défaut la veue -vaut fête, car il eft 
•en la volenté de <ihclui qui puet avoir jour de veue de demander la ou delefTer la , &' 
aler avant ou Plet fans veue , &: il eft bien raifons quant il le demanda , &:'il ni vout 
eftre que la partie qui fut preftc de fere la veue ne foit pas alongiés de fon flcc 
pour la oefaute de chclui qui la veue deUt rechevoir. 

Nous veifme débat que P. fi requeroit à Jean que il li affift dix livres de terre;, 
lefqueles il li devoir affeoir de fon Hiretage , & que il h rendift pour che quil avoi:t 
cinq ans que il li dcut fere chele Afîîfé. 

A che refpondi Jean, j<; vous connoift bien que il a cinq ans que je vous commen- 
çai à afteoir dix livres de Terre fur mon hiretage, t-L lors je le vous oftn à fere , nç 
puis ne fut anée que je neri fu preft fe vous men rcquififliez auflînt comme vous fê- 
tes orendroit & THiretagé fuis je pr eft que je le voUs affiée, mes les quarente livres 
que vous me demandés pour les arrierages je ni fuis pas tenus , car vous ne me les 
bailliaflcs pas afferme ne à louage ne par nuie convenanche , parquoi je fois tenus a 
vous rendre deniers, &: dufques à tant que la Terre vous fera aflife, & que vous fe- 
rez en la fezine,puis jefere les fruis miens comme de mon propre Hiretage nene vous 
doi fors Hiretage, & Hiretage vousvueil paier , &: pour tant en vueil eftre quite par 
che que li délais na pas efté par ma defaute dou paiemant fere, ainchois a efté à voftrc 
defaute dou rechevoir , & fur ce fe miftrent en droit. 

Il fu jugié que Jehan ne auroit pas les deniers que il demandoit , ainchois li feroic 
la Terre aflife tant feulement, & par cel Jugement puet len voir que l'en puet bieû 
perdre par delaier à reque'rre fôn droit, car ie là Terre euft efté veue bailhée & livrée 
audit Jehan dez la prçmiete année , & Pierre i feuft puis entrés il fuft tenus ^ arrie- 
rages , auflînt feuft il fe li euft efté en fa defaute de la Terre aflbîr. 

Quant jour de veue eft donnés à chelui qui le requiert, & la veue ne pHet eftre 
fête en chelle journée pour aucun regfiiable encombrement , fi comme fe chil qui doit 
•fere la veue, effoine le jour par aucun leial EflToine que il a,&: fi comme fe la Terre eft 
couverte deaue ou de noif, où fi comme fe li tans eft tiex queperilleufe chofe eft da- 
1er as champs, ou fi coume fe li Sires défaut ou contremande qui doit aler ou en- 
voicr jpour voir fere la veue , en tous tiex cas convient il que autre jour de vefie foie 
donnes par tant de fois coume tele Efloines avanront , mes en che ae pert lune par- 
tie ni lautre fors entant que h Plez en délaie. 

Aucuns veues doivent eftre fetcs fi toft comme la cohnoiffanche vient ati Seigneur 
fans foufïrir plct ordene entre les parties , fi comme quant aucuns fc plaint dempef- 
chemcns de leur qu'emun fi comme de chemins que l'en a eftoupés ou eftrechiez ou. 
de Fontaines ou de Puis qui font en quemuns hex, ou de cours de Rivières, fi com- 
me aucuns requiert voie deaues,cn tous tiex cas ne doit pas le Sire fouverain qui tient 
en Baronnie fouffrir plct ordene entre parties^ ainchois fi toft comme aucun fen dieur, 
le Sire à qui li amendement appartient doit donner jour de veue, & fere favoir à che- 
lui qui dcut fere lempefchement que il \ foit, & après foit ou ne foit fe H Sires voit 
icmpefchement fet de nouvel , il le doit fere ofter & remettre le lieu en fon droit eftat 
felonc che que il cftoit devant lempefchement , & fe eft chil qui Icmpelchement fift 
à foixante fols damande ; Car tel mesfet fi touche à nouvele defezine,&: la raifon pour- 
quoi li Sires en doit ouvrer en la manière dcfllis dite fi eft pour che que à lui appar- 
î'icnt la garde des chofes qucmunes poUr-garcntir le commun pourfit. 

Aucunes fois avient il que chil qui a jour de veue monftre plus que il ne doit ou 
mains qv,\c il ne doit , S>C quant il montre che que il! doit monftrer &c plus avec , la 
vcue ncft pas pour che dcnule valeur , car il loir à chelui qui la veue reçoit de ferc 
ofter che que il trop monftre, quant il vient au )our dou plet, & che avons nous veu 
approuver par Jugement, & quant len monftre mains que l'en ne doit chil qui rechoit 
^avcuc ne puer perdre fors che qui eft monftre ; & quant aucun monftre une partie 



itre X. S 3 

de chc que il demande cnpiet & autre Hiretage par mcfprefurc avec cheli la veue 
neft pour chc de nule valeur de clie qui faifoic à monftrer, & qui fu monftré & la 
veuc dou furplus qui rieftôic pas de la quercle , doit eftre tenue pour nulc, ' 

Jour de veue puct bien eftre donnes en autres cas que fur propriété de Hiretacre 
fi comme quant len plaide fur fczineou fur pofîetion d'Hiretage tant feulement ou fur 
devife qui eft requife à Juftiche, en tiex manière de pics doit bien avoir jour de vcuc. 

Si li Tefmoins qui font amenés à prouver aucun Article du plct dont jour de veue 
fut donnés requièrent à veoir le lieu , il doivent avoir jour de veue , car il ne puccnt 
lî bien tefmoignier ne fi chcrtaincment fans avoir veue, comme après veue. 

Toutes les fois que Tefmoins font examinés & len leur a faitte aucune demande 
de laquelle il ne font pas bien avifes , fe il demandent jour davifemcnt ils le doivent 
avoir , mes que il dient par leurs ferements que il nen font pas avifés , & chil jour 
davifement doit eftre dou jour à lendemain, fe il ne le convient alongier par aucune 
r'efgnable caufe que li tefmoin met avant, laqucle caufe eft à refgarder à chelui qui 
ot -les Tefmoins, fi comme nous dirons el Chapitre des Auditeurs, &: chil délai que li 
Tèfnioins pueent avoir, entendons nous énEnqueftes & en Plet qui font tenus felonc 
leftabliftement le Roy, car felonc lanciehne Coùftume il n'a nul délai en prouver che 
qui chiet en prueve , ainchois convient prouver à la première journée , & ainfint en 
fontexccptés tuitli Plez , en quoi gaiges de bataille font recheus, &: de cette matière 
foufFerrons nous à parler ici endroit dufqùes à tant que nous en ferons propre Cha- 
pitre , hquiex parlera des Apia:ux, & comment l'en doit aler avant en Plet ordené. 

Chi define h Chapitre de jour de vcUe &: d'avifement. 



Ici commence h dixiefme Chapitre de cefl Lhre ^ (^ui parole des cas def^ 

quiex It Quens de Ùermont neji pas tenus à rendre le Court ajes hommes ^ 

aînchois li en demeure la connoijjanche par le raifon de Souveraineté ^ 

& fi parole coumem Pies efî entames, 

CHAPITRE X. 

BO N N E chofc eft que chil qui tiennent fi franchement comme en Baronnîe ] éc 
fpeciaument Mefire qui eft fius du Roy de France, & Quens de Clermont, {ca- 
chent en quoi il doivent obéir à la requefte de leurs Songes, & en quoi il font tenus 
à retenir ia connoiftanche par devers aus , fi que ils gardent leur droit , & que il ne 
facent pas tort à leurs hommes ; & pour che traiterons nous en cheftc partie des cas 
defquiex la connoiftanche appartient à Conte feur fes Sougés , & feur les hommes de 
fes fougés, fans rendre Court ne connoiflance à fes hommes, fi que ils fâchent clere- 
mant efquiex cas il leur .doit rendre, & efquiex non,&: que fi hommes fâchent efquiex 
cas il doivent requerre leur Court , & efquiex non. 

Tuit chil qui tiennent de Fief en le Contée de Clermont ont en leur Fiés , toute 
Juftiche liante & bafle, & la connoiftTanche de leurs Sougés, fans les reflbrs dou Con- 
te, liquiex reflbrs font tiex que fe fi Sougés fe plaint de fon Seigneur de deïàute de 
droit pardevant fon Souverain , il nen rara pas fa Court ainchois en refporidra il eh la 
Court le Conte, & fe il en eft ateins il perdra. la querele fil en eft partie^ & fi làmcn- 
dera au Conte de foixante hvres ,& fe h Songes qui Te plaint eft Gentiexhons, &nen 
puift fon Seigneur ateindre , il lamendera au Conte de foixante livres , & fera renvo- 
ies à la Court fon Seigneur , & lui amendera en fa Court ce qu'il le traift en h Cour 
dou Souverain , & lamande fera de foixante hvres , & puis veiira à droit de la quere- 
le au jugement de fes Pers en la Court de fon Seigneur où il fera renvoies ; & fil eft 
hons de poofte qui ne puift ateindre fon Seigneur de defaute de droit par devant fon 
Souverain lamendc feraà la yojenté dou Seigneur en quele Court il fera renvoies, 
fauf le corps, mefmcment cheft à entendre que il a perdu fe li Sire vieut , quoique 
il tient de lui , & lamande au Souverain fera de foixante fols , de chelui qui feft plemc 
de fon Seigneur. ,. 

Li fecons cas dequoi li houme ne ront pas leur Court, che eft de chaus qui font 



^/f. Des cas defqmex îi Quens de Clermont ne(t pas temts, &c. 

apclés en la Court le Conte de faulx Jugement fct en leur Court , comment que chil 
qui eft apellés ou qui apelle foit Ton Juflicablcs ou non. 

Le tiers cas douquel li houme ne ront pas leur Court, ains appartient au Conte 
par raifon de Souveraineté , e(l quant aucun Gentiexhonz eft ajournés à répondre à 
fa Lctre en la Cour du Conte, tout foit che que il foit couchans &; levans dcflbus au- 
tre Gentilhomme ,1a connoiflance des Lctres apartient au "Souverain Seigneur , & li 
fct li Souverains aemplir la teneur delà Letre, en tele manière que fe la Letre efl 
fcellée dou Scel à cheli qui eft ajourné , il convient que il ait quinze jours dajourne- 
rnent au nifins , &: doit li Ajournierres dire ainlîînt P. nous vous ajournons contre J, 
dui en quinze jours à Clermont à repondre à vos Lctres , & adonc li ajournez nepou- 
ra contremander, mes il poura eflbnier fil a efloine une fois ; &: fil eftoit ajourné iîm- 
plement & queli ajournez ne deift je vous ajourne à refpondre à vos Letres ains deift 
je vous ajourne à refpondre quenque Jean vous faraque demander il pouroit contre- 
mander trois quinzaines , &c la quarte par effoine fe il avoit efloine , liquele efToine il 
lui convenroit jurer au premier jour que il venroit en Court , fil en eftoit requis de 
partie, & pour che eft il bon que li ajournierres ne foit pas neghgens de nommer la 
caufe pourquoi il lajourne pour quel caufe que che foit, car fi lajoUrné a fe Letre il 
ni a point de contrementfi comme il eft deffus dit. Se il lajourne à refpondre as con- 
vcnanches deMuebles ou de Chatel fans Letres,encore nepuet il contremander, mes 
ïi Sire dcfîoubz qui il eft couchant &: levant en rara fa Court , lîl le requiert avant 
que plez foit entamés par devant le Souverain. Se il lajourne fcur forche ou feur nou- 
Veîe defezine ou feur nouvel trouble, ou feur refcouffe d'Hhetage , ou feur douaire, 
ou fur crieme, ou fcur afllirement, en nus de ches cas il ne puet contremandet, mes 
efTonier puet une fois fil a efloine. 

Li quart cas dequoi li houme ncrohtpas leur Court fi eft quant aucun fe font oblf- 
giés par Letres dou Souverain comme par le Letres le Roy, ou par le Letres le Conte, 
ou par Letres le Baillie. 

Le quint cas dequoi li houme neront pas leur Court fi eft quant aucuns veut avoir 
trieves ou affeurement, car li Qu^çns puet miex juftichier chaus qui brifent trieves: 
ou afleurement que ni feroient fi fougiet. Mes che eft à entendre quant aucun re- 
quiert trieves ou aftcurement par le Conte, car fe h Oftes couchans & levans foubz 
aucun Seigneur , veulent penre afTeurement là où il chiet par leur Seigneur , il en 
pueent bien avoir la connoiflanche , effieutes les Gentiexhoumes , car daus na nul 
la connoiffanche en tel cas fors que le Quens. 

Li fizime cas dont li houme neront pas leur Court fi eft quant aucuns fe plaint de 
trieves brifées , lefqueles trieves furent données par le Conte, ou d'afi!eurement bri- 
fie liquiex afTeurement fu donné par le Conte. Car il eft bien raifon que li meffets foie 
vangiés par li puis que il fift la trieve donner ou l'affeurement , mes feuns des hou- 
mes le Conte fift donner le trieve ou lafleurement en fa Court il enra fa Court , & 
doit eftre li meffecS vengiés par luy. 

hi feptime cas dequoi li houmes neront pas leur Court, fi eft fe li Quens deman- 
de à aucun che qui li eft deu , ou che qui eft deu à {c% Foreftiers ou à fes Prcvofts 
pour le raifon de fa Terre, ou plegerie pour lui, ou famande , ou fa prifon brifiée, ou 
aucun meffet fet à U ou à fa gent, ou aucune enfrainture fête en fa Terre, ou aucun 
autre cas dont li Quens puet avoir caufe contre li , car de nul cas qui le touche il 
iieft tenus à aler en la Court de fon fougiet , & doncques fêle caufe neftoit jufticiée 
par li , puifque il niroit pas plaidier en la Court de fes fougcs, il perdroit che qui li 
feroit deu. 

Li aucuns des houmes fi vuelent dire que fe un de leurs oftcez fet mêlée ou pro- 
pre dcmaine le Conte , & il fen part fans eftre pris en prefent fet que li Quens ne le 
puet pcnrc en la Terre de (es fougcs , ne en la ficnne, ne avoir connoiffance don 
mettet,mcs je ne my acort pas, car donc aroit li Quens mains en fa Terre que fi fou- 
giet en la leur, & dirai comment. 

Se liOftc le Conte meffet en la Terre à un Gentiexhoume, & ilncft ne pris ne arre- 
fte ^ ^li Sire fe plaint au Conte de lenfrainture de fa Terre , li Quens li fet amander 
fc mciiet cormcu ou prouvé , & doncques eft il bien raifons comme li Quens ne plai- 



chapitre X. jy 

de pas en la'Cour de Ton fôngict, fi comme je ai dit, que de Icnfiainturc rccc en Ci 
Terre que il puifl: juftichicr pour famande, bc pour fere donner le crieve ou laflcure- 
mcnt,Te Partie le requiert , mes fe le Partie fe plaint fans requierrc tneves ou aflcu- 
remcnt, li Sire dcdbubz qui chil de qui on fe plaint eft couchant & levant à fe Court, 
fe il le requiert , &: nepourquant le Quçns le puct juftichier pour tant coumc il ap- 
partient à famande, fi coume jai dit defiiis. 

Se li Quens fieut -aucun de fcs Gentilshoumcs de aucun cas de crieme , &; le cas 
Ji cft niés , il convient que li Quens le metc en voir par deux loiaux Tcfmoins au 
meins , & fe il ne veut ne connoiftrc ne nier, li Quens en puct enquerre de fon Offi- 
ce , & puet bien trouver le fct fi notoire que il ne li fet nul tort fe il le juftiche dou 
meifet, mes il convient que li fez foit moult appert & moult notoirement feuz, & fe 
il ne puet eftre feuz notoirement \ mes on y trueve moût de prefomptions longue pri- 
fon li doit eftre appareilliée. , • . . ,• 

En menus Efploits fe li Quens les demande à Ç^c% fougez comme demande de cinq 
fols à houmede pooftc, &: de dix fols à Gentilhoume , ne convient il pas que li 
Quens le prueve fors par un de fes Sarjans , auquel Sarjant eft donné pooir de ajour- 
ner, 

Li vuitizme cas dcquoi li houmes ne ront pas leur Court fi eft fe aucune, famé fec 
ajourner Partie à repondre à fon Douaire , tout foit che que l'Hiretage ouquel ele 
demande fon Douaire foit tenus daucuns des houmes le Conte , car la famé qui de- 
mande Douaire a tel avantage que fe il li pleft ele puet plaidicr devant le Seimeur de 
qui li Hiretage muet, & fe il lui pleft miex à plaidier en Court de Chrefticnre , on ne 
li puct défendre, car il li loit eflire lequele voie que il li picft de ches trois , mes puif- 
que le Plez eft entames devant le Juge que ele aufa eflit ele ne le puet puis Icffier 
four alcr à un des autres Juges , ainchois convient que la Caufe de fon Douaire foie 
lllec déterminée, & fe ele va à un des autres Juges , & partie fe veut aidici: que Plez 
foit entamés en autrui Court on li doit renvoier. ; 

Li nueviefme cas dequoi li houmes ne ront pas leur Court , fi eft de nouvelc dc- 
fezine ou de nouvelle forche , ou de nouvel trouble , je met ches trois chofes en une, 
pour che que ele ^dépendent lune de lautrc , & nepourquant il i a différence , & or- 
res quelc au Chapitre qui en parlera. 

Li dixime cas dequoi li houmes ne ront pas leur Court fi eft fc plez eft entamés 
entre les Parties avant que la Court foit requife de quelconque querelc que che foit^ 
& pour che eft il cftabli que li Sarjans le Conte ne doivent mie ajourner les Oftes as 
houmeS de Clermont en leurs perfonnes , ainchois doivent aler au Seigneur , ou à ce- 
lui qui eft eftàblis de par le Seigneur, & li doit dire, nous vous commandons de par 
le Conre, que vous aies tel homme qui eft voftre ofte par devant l'Agent le Conte à 
tel jour & à tcle eure , & en tel lieu , & à donques li Sire doit obéir au commehde- 
ment , &: che commendc'ment fu fet as Sarjans pour che que il advenoit moût fou- 
vent que li Seigneurs ne faVoient mot que leur fougés fuflent ajournés en la Cour le 
Conte j fi que ils ni venoient pas à tans pour requerre leur Court, car li fougiet aucu- 
ine fois amoient miex entamer le Plet que demourer en prifon tant que leurs Seigneurs 
le fceuftcnt, & ainfllnt en perdoiént li Seigneurs leur Court. 

iPlez neft pas entamés pour demander jour de Confeil en cas ou il affiert, ne pour 
demander jour de veue^ en cas ou veue apartient, mes quant len connoift ou quant 
ienh'e, ou quant on refpont aprez jour de veue, Plet eft entamé. 

Or veons en quel cas il apartient jour de Confeil fe il eft requis, fe len me deman- 
de Trefortd d'Hiretage , jour de Conieilg i aflîeirt. 

Se len me demanole dautrui fet , fi comme la dete que mon Père & ma Mère acru- 
rent ou aucuns autre Parent à qui je fui hoirs , jour de Confeilg i affiert , mes el cas 
d'îiiretage deftus dit a contremands &: après jour de veue j & crj ccl cas cy na forS 
jour de Confeilg tant feiilement , &: de che eft il parlé ou Chapitre des Contremans 
fouffifemment. 

Chi define li Chapitre des cas defquiex H Quens de Clermont neft pas tenus à ren- 
dre la Court à fes houmes , aincois len demeure la connoiftanche. 



y ^ Des Cas defqaiex la conriolfance affartienî a fainte EgUfè» 



Chi commenche le urQ^efme (Chapitre de cefi Lhre, liquel parole des cas defquiex la 
connoijj'anche apanient a fainte Sglïfe ^ ^ liqnel à la Court laie, 
^ que on en doit fere, 

CHAPITRE XI. 

BONNE chofe &; pouifîcable feroic &: fdonc Dieu & fdonc le fieclc, que diil 
qui gardent la Juftichc cfpiricuel fe mellafTent de chc qui appartient à Efpiritua- 
lité tant feulement > & lelTaflcnt juftichier & cfploitier à la laye Juftichc les cas quia- 
partiennent à la Temporalité , fi que par la Juftichc cfpirituel &: par la Juftichc tem- 
porel drois fu fez à chafcun , & pour che nous traiterons en cefte partie des cas qui 
appartiennent à fainte Eglifc , defquicx cas la Juftice laie ne fe doit meller, & ft trai- 
terons des cas qui apartiennent à la laie Juridiction delquiex fainte Eglifc ne fe doit 
meller , & fi parlerons d'aucuns cas où il convient bien & eft raifon que lune Jufti- 
chc aide à lautre , chcft à entendre la Juftice de fainte Eghfe à la laie Juridicion , &: ■ 
la laie Juridition à fainte Eglifc, 

Vérités eft que toutes accufations de foy , à fcavoirmon j qui croit bien en la fo^^ 
& qui non, la connoiftanche appartient à fainte Eglifc, car pour che que fainte Egli- 
fe eft fontaine de foy &: de créance , chil qui proprement font eftabli à garder le 
droit de fainte Eglifc doivent avoir la connoiftanche de favoir la foy de chafcun , fi 
que fe il y a aucun lay qui mcfcroie en la foy il foit radrcffiés à la vraie foy par leur 
enfcignement ) & fil ne le veult croire ainchois fe vient tenir en fa mauvefe erreur^ 
il foit jufticics comme Bougres & Ars. Mes en cel cas doit aidier la laie Juftiche à 
faint Eglifc, Car quant aufcuns eft condenné comme Bougre par lexaminarion de 
fainte Eglifc , fainte Egîife le doit abandonner à la laie Juftichc & la Juftiche laie le 
doit ardoir , pour che que la Juftiche efpirituel ne doit nuUui mètre à mort, 

Li fécond cas ouquel la Juridition appartient à fainte Eglifc fi eft de Mariage, fi 
comme ii avient que un hons fîanche à une famé que il la penra dedans quarante 
jours fe fainte Eglife fi accorde fe il demeure par lun des deux , h autre le puet fere 
contraindre à. chc que li Mariages fe face fe il ni a refgnable caufe par laquelle li 
Mariages ne fe doient pas fere,&; de toutes les caufes qui en pueent naiftre &: devant 
le Mariage & après le Mariage , & liquel Mariage font à foufïrir , & hquel non ^ ap- 
partient à rEvefque,ne ne fc doit melleier la Juftiche, 

Lrtiers cas qui apanicnt à la Juftiche fainte EgUfefi eft de tous les biens &r de tou- 
tes les aumofnes qui font données & aufmofnécs & amorties pour fainte EgUfe fer- 
vir effieutes les cas de Juftiche & la Garde temporel, laquele apardcnt par gênerai 
Couftume au Roy, &: par Couftume efpecial as Barons^ en quiex Baronnies lesEgli- 
fes font fondées , ne il ncft pas mefticrs à chaux qui ont les biens de fainte Eglife que 
la laie Juftiche ne leur aide à garder & à fauver leur Temporel , que li Maufefteur 
ne leur facent grief ne forche. Et nepourquant ils pueent chaus qui leur meffont fe- 
mondrc &: efcommunicr, fe chil qui font femons ne fe deffent par bonnes raifons : 
Mes pour chc que chil de fainte Eglife cuident aucune fois que aucune chofe foient 
de leur droit, krquelcs ne le font pas ; fe il demandent aucuns Hirctages defquicx il 
font tcnans , la connoiftanche en appartient à chelui de qui h tenant dit que il tient 
l'Hiretage ; mes che qui eft conneu à leur, foitMueblc, foit Hitecage, il puent fc il leur 
pleft , efcommunicr chelui qui leur empeefche. 

Quant aucuns fet tort ou forche à chaux qui ont les Biens de fainte Eglifc, ils ont 
deux voies de leur droit pourchafficr ; Le première fi eft , fc il leur pleft ils puccnc 
plaidicr par devant la Juftice de funtc Efglife en plet ordene felonc che que il eft 
uic &: maintenu à plaidicr en la Court de fainte Eglife ; & fe il leur pleft mi ex , il 
pucvcnt plaidicr en la Court laie par devant chelui qui les a à garder de tort, & illcc 
doit atcndrc le droit &: doit bonc fcurté ferc, fc partie le requiert, que il ne le tra- 
vaillera en autre Court de fîiinte JÈglifc , aincois prendra tel droit comme la Juftice 
laïc le requiert, ou il doura. Car maie chofe que il peufTent traire à la Juftice laie des 

gries 



chapitre X L j^ 

grics que Icn leur fcroit , & aprez chc li drois ne eftoic à leur talent que ils pcuflent 
recouvrer au Droict de fainte Eglifc. 

Se il avient que aucuns Clers ou aucunes Religions plaident à aucune perfbnncs 
par devant la Julliche de fainte Eglilc , &: de cel mcifme cas le plet pendant de fainte 
Eglife, ils vuclent plaidicr par devant la Jullice laie, la partie contre qui ils plaident 
nen eft mie tenue à refpondre devant que il auroit le Plet de fainte Eglifc dclaiflîc du 
tout en tout, &: fil lavoient fet efcommunier cl Plet par la Jullice de fainte Eglifc (t 
convienroit il que il le fiflcnt afîbudre avant que la partie fu contrainte à refpondre 
en la Court laie. 

Li quart cas douqucl la Jurifdition apartient à fiinte Eglife , fi effc de Clcrs ," chcfl 
à favoir de tous les contcns qui pucent mouvoir entre Clcrs de Mucblcs &:de Œa- 
tiex & adions perfonnel , & des biens que il ont de fxintc Eglife, exceptes les Hire- 
tages qui tiennent en Fief lai ou à Cens ou Rentes dou Seigneur. Car quiconqucs 
tiegnerlt tiex Hiretagcs, la Jurifdition appartient au Seigneur de qui li .Hiretagc efh 
tenus, fi comme il eft dit en ce Chapitre mcifme, &: auflînt quelque plet li lai vuclent 
mouvoir contre Clerc la connoifiance en appartient à fainte Eglife, exceptes les Pies 
d'Hiretages delTus dits, 

Li quint cas dequoi le connoifiauche appartient à fainte Eglife , fi eft de Croifies -, 
quiconque eft croifié de la Croix d'Outre mer , il n'efl tenus à refpondre en nule 
Court laie fe il ne vient de nules convenances, ne de Muebles, ne de Chatiex ; Et ne- 
pourquant fe li Croifié eft pourfuis de cas de crieme, ou de cas d'Hiretagc , la con- 
noiflanche en appartient en Court laie , 6£ de toutes autres chofcs mcnuez fe puct il 
bien obliger en Court laie fe il li pleft, 

Li fifime cas douqucl la connoiffanche appartient à fainte Eglife , {\ eft de fa- 
més veuves &: tout en la manière que il eft dit deffus des Croifies , la famé veuve ou 
tans de fa veuvcté fe juftiche par fainte Eglife ; nepourquant quant li Croifies &: les 
famés veuves entrent en plet en Court laie , fainte Eglife ne fcn doit meller , ainchois 
doit eftre li plez déterminez par laie Juftiche. 

Li feptime cas douqucl la connoiflanche appartient à fainte Efglife,fi eft àiZS Tc- 
ftamens. Car fe il pleft aus Exécuteurs à pourchafllcr les biens dp l'exécution par la 
Juftice de fainte Eglife , ferc le pueent ; &: fe il ont meftier de la Juftiche laie atraire 
leurs biens eus , laide ne leur doit pas eftre vee ; car toutes Juftices qui requifes en 
font, doivent aider aus Executteurs en cas de Teftament , fi que par dcfaute de la 
Juftiche de la volenté dou mort ne demeure pas à eftre fête. 

Se il avient que aucun vucille plaidicr à Executteurs &: demander aucune chofe 
par la raifon du Teftament , li Exécuteur ne font pas tenu à refpondf e en Court laie, 
fe il leur pleft , ains en appartient la connoifi/anche à fainte Eglife , & par fainte Egli- 
fe doivent li Executteur eftre contraints à paier le Teftament , & quant il avient que 
li Executteurs ne vuelent obéir au Commendement de fainte EgUfcjain chois fe lef- 
feçt efcommunier , en chel cas doit bien la Juftiche laie aidier à la Juftiche de fainte 
Eglife : Car li Executteur doivent eftre contraint par la prinfe de leurs biens tempo- 
rex à ce que li Teftament foit remplis fi comme il doit : nepourquant la Juftiche laie 
ne fet pas chefte contrainte au Commendement de la Juftiche de fainte Eglife , mes 
à fa fupphcation. Car de nulle riens qui touche cas de Juftiche temporel la Juftiche » 
laie neft tenue à obéir au Commendement de la Juftiche cfpirituel felonc noftre Cou- 
tume , fe neft par grâce , mes la grâce ne doit pas eftre refufée de lune Juftiche à iau- 
tre quant elle eft rcquife benignemeut. ; 

Vous eft que li Prélat de fainte Eglife & li Chappitre des Eglifes , & pluriex au- 
tres Religions ont bien Hiretages efquiexils ont toute Juftice &: toute Scignouiie, &; 
chil qui en telle manière les ont puent bien avoir Baillis , Prevoft & Sarjans pour fe- 
rc che qui appartient à la laie Junfdition,& fe il avient cas qui appartiegnent à la Spi- 
rituauté en ichaus îiex la connoifi!anche. apartient à l'Evêque, mes il convient que la 
Juftiche laie que il ont en chiaus Iiex foit tenue dou Conte de Clermont des Iiex qui 
fiecnt en la Conté de Clermont ou de l'Evefque : fe li lieux fiecnt en l'Evefquié de 
Biauvais ne pas par la raifon de l'Evefque, mais pour le Conte de Biauvais qui eft 
fieue ; &: à che- puet len entendre que toute chofc qui eft tenue comme Juftiche laïc 



• 



j8 Des cas defqmex la convoljfance af fardent à fainîe Eglije, 

doit avoir rcflbrc de Seigneur lai, &: tel manière de reflbrt ont chil qui tiennent m B^- 
'lonnic, en tant comme leur Baronnic fcftend , &; fe il nen font che que il doivent &: 
que il appartient au rcfibrt, quant il eci font fommés fouffifcniment l'en en puet alcr 
au Roy, «S<: en a li Rois la connoiflanche. Car toute la laie Jurifdition dou Royaume 
cft tenu dou Roy en Fief ou en Arriere-fief , &: pour che puet on venir en fa Cour 
par voie de dcfaute de Droit, ou de faulx Jugement , quant chil qui 'de lui tiennent 
ncn font che que il doivent , mes avant que l'en vienne jufques à lui l'en doit pour- 
fuir les Seigneurs fougez de degré en degré; chcft à entendre fe jai toute Juftice en 
ma terre & je tient celle ]uflicc du Comte de Clcrmont,& liQucnsde Clermont la 
tient dou Roy , & je ne fais pas che que je doi de ma Juftichc, h que l'en me vient 
pourfuir de dcfaute , de droit ou de faux Jugement , Icn me doit pourfuir par devant 
îdConte ; car fe ien me pourfuivoit par devant le Roy , fi en aroit li Quens (ci Court 
fe ele cftoit requife. 

Autres cas i a cnquore defquiex la connoiflance appartient a (ainte Eghfc, fi com- 
'me la Garde des faints liex , laquelle Garde doit eftrefi franchement gardée que qui- 
conque i meffet il eft: de fait cfcommenics , &: doit chil qui mefîct eftre amonefté pac 
iaintc Eglife, &c fil ne obeift à la monition , il doit cftre efcommcniés publiement. 

Il 1 a différence entre lieu faint &: lieu religieux , & pour che que il font aucuns 
cas qui avicnnent ex liex Religieux , liquel appartiennent à la laie Juftiche , & fil 
avenoicnt es liex faints il appartenroent à faintc Eghfc, nous dirons hqucl font faints 
& liquel rehgieux felonc noftre entention. 

Li lieu faints fi font chil qui font dédié & eftabh pour fcrc le Serviche nôftre Sei- 
gneur, ïî tomme Eghfcs, Mouftiers, Chappelles, Cimitiers & Maifons de Abbaies 
privilégiés. Tout teix manières de lieux doivent cftre gardés fi dignement que tuit 
chil qui i qûeurent à garant combien que il aient meffet ne de quelque meffet il 
foient repris , foieht Clerc , foient lai , il doivent avoir garant tant comme ils fi tric- 
vcnt, exceptes trois cas, efquicx nul lieu tant foit faints ne doit garentir chaus qui 
en font coupables , ainchois les puet penre la Juftichc laie en quelque lieu que elle 
les truift & ne fen doit fainte Eglife mcller , & diront les cas quiex il font. 

Li premier cas douquel fainte Eglife ne garantift pas qui en eft repris , fi cft de 
theli qui fet Sacrilège. Chil fet Sacriliçge qui emblc chofe facrée en lieu faint ou hors 
<deiieu faint, ou qui emble chofe qui neft pas fàcrée en lieu faint. 

' Chofes facrées fi font chelles qui font benoiftes & appropriées à fcre le Serviche l 
ïioftre Seigneur , doncques qûiconques fet tex manières de larrecins, la Juftichc laie 
le puet èc doit penre en l'Eghfe & hors Eglife. 

Encore puet«on fere Sacrilège en autre manière , fi comme quant oucun fiert au- ' 
trui par mautalent en lieu faint , bat ou fet fane ou tue , tex manières de meffets 
font Sacrilèges & he garantift pas fainte Eghfe. Mes voirs eft quant li Sacrilège eft: 
tiex que il ni a larrecins ne mort d'houme , la Juftichc en appartient au Seigneur Pré- 
lat en qude Jurifdition le lieu faint fiet , & quant il i a larrecin ou mort d'houme, la 
Juftiche en appartient au Seigneur lai en quele Juftichc le lieu faint fiet. 

Li fécond cas douquel fainte Eglife ne garantift pas chelui qui en cft coupable qui 
eft notoire robierre en chemins en Aguet cmpenfé : Car quant il eft fuiz de tel fet &c 
il fuift à garant à lieu faint, li heus ne le garantift pas que la Juftichc ne le pui pcn- 
* re & jufticiel- comme larron &: traiteur. 

Le tiers cas douquel le lieu faint ne garantift pas celui qui en cft coupable fi eft 
des Effilleurs de biens , û. comme de chaux qui ardent les Maezons à clfient , ou de- 
chaux qui eftrcppent les Vignes , ou qui gaftcnt les Bledz , qûiconques cft coupa- 
bles de ticx meffets il doit eflre pris en quel lieu que il foit & jufticiés felonc le mef- 
fet : Et à ce que li faint lieu ne garantiffent pas chaux qui font coupables des trois 
Cas dcflus dits a moût de boncs raifans , &: entre les raifons qui i font nous en dirons 
trois, pour chacun cas une raifon. 

La raifon pourquoi le heu fxint ne garantift pas chelui qui fet Sacrilège , fi eft 
ttlle que fainte Eglife fi eft Merc de chacun Chrefticn , &: doit fainte Eghfc garantir 
tous Chrcfticns qui i viennent à garant , ainfllnt comme la Mère fon Enfmt garan- 
X,\XO\X par bonc dolente fe clc en avoit le podir. Et tout aulfint comme fe li Enfcz ,- 



chapitre XL yp 

roboit ou batoit fa Merc , vengeance en devioit eftre prifc fclonc le mcfFet , ne ne 
l'en devoir pas la Mère garantir ; Tout aulfint &: cent mile tans plus qui mcffct à 
fainte Eglifc ^ en tel cas ne doit pas cftrc par lainte Eglife garantis. 

La raifon pourquoi faintc Eglifc ne doit pas garantir li Robcur des Chemins, fi eft 
telc que tuit Chreftien de Droit qucmiin doivent fauf alcr &: lauf venir par les che- 
mins .-En tel Droit doit le Droit Èfpirituex &: li Droit Temporicx tous Chrcftiens fi 
franchement foutenir que quiconque fe fct contre cel Droit roberie , il meftct à lu- 
ne Jurifdition &c à lautre , & pour che ne doit nus lieuz l'auvcr ticx maufaittcurs. 

La raifon pourquoi laint lieu ne garantit pas les EfîlUeurs de biens dellus dit , (î 
cft telle que fainte Eglifc ne pouroit cftre fervic ne li pucple fouftenus, fc biens eftoict 
cffiUes , &: maie chofe feroit que un mauvais arfift une Cité &: puis fu(l garantis par 
foi mètre en un faint lieu , mefmement che qui cil gaftc en tcle manière ne fait bien 
à nuUi fi que lieu faint ne doit garantir tex manières de Maufaiteurs. 

Nous avons parlé des fainds licx , or vcons des liex Religieux , l'en appelle licx 
Religieux les Manoirs enclos de Murs qui font à gens de Religion , mes tels liex ne 
font pas tous dune conuicion ; car il i en a de tiex qui par Privilège cfpecial donné 
de Prince qui faire le puet eft fi franc que aufli bien garanrift il chcli qui y va à ga- 
rent , puis que il eft dcdcns la porte comme le il efloit cl Mouftier , mes toutes les 
Cours & toutes les Religions nont pas tiex Privilèges , donqucs toutes les Cours &: 
toutes les Maifons as gens de Rehgion qui he font privilégiés en la manière defî'us di- 
te , la Julliche de tous les cas de crieme & de tous autres meffcts cft au Baron eu 
quele Baronie li liex eft fondés , exceptes les Eglifes qui ont toutes Juftichc en leurs 
Terres -, car icelles Eglifes ont la connoiffance des inctfaits qui font faits en leur Ju- 
ftiche. 

Autres cas i a encore qui appartiennent à fainte Eglife , fi comme quant contens 
vient de Baftardie, pour débouter que li Baftars nemportent riens comme hoir , tiex 
connoiffances appartiennent à fainte Eglife, ne chil de qui fainte Eglife tefmoigne que 
jl cft ioiax & de loial Mariage , ne puet pas ne ne doit cftre débouté corfime Baftars 
en Cour laie, ainchois convient que la Juftiche laie croie che que la]uftiche de fain- 
te Eghfe tefmoigne en tel cas. 

Li autre cas dequoi la connoiffance appartient à fainte Eglife , fi eft de Sorcerie j 
car li Sorciers &: les Sorcières fi errent contre la foy , &; quiconque erre contre la foy 
il doit eftre amoneftés par fainte Eglifc,que il delaifl'e leur erreurs &: viegnent àaman- 
«lemcnt de fainte Eghfe , & fe il nobcift à leur Amonicion, fainte Eglife les doit con- 
dem^ner,fi que par droite Juftiche & par droit Jugement de fainte Eglife il foie 
condempnés & tenus par mefcreans , &: adoncques à la fuppUcation de fainte Eglife, 
la Juftiche laie doit penre tex manières de gens , & tele puet eftre lerreur que chil 
qui eft pris à mort defervie, fi que fe l'en voit appertement que la Sorcerie dequoi il 
ufoient puet mètre houme à mort ou femme , & fe l'en voit que il ni ait point de pé- 
ril de mort, griez Prifon leur doit eftre appareillié pour lerreur, dufques à tant que 
il venront à amandement , &: que il delairont leur erreurs du tout en tout. 

Or veons que eft forcené, forcené fi eft, fi comme un lions ou une femme fec 
entendant à un varlet que ele li fera avoir une mefchine à mariage, laquele il ne pou- 
ra avoir ne par amis ne par avoir, & lui fera entendant que ele li fera avoir par forche 
de paroles, ou par herbes, ou par autres fets qui font mauves & villains à ramctevoif. 

Moût font decheu chil qui de teles forcenés fere fe entremettent ehil qui i croient, 
car paroles nont pas pooir ne tex manières de fez , comme il font fe che ncft par 
forche danemi , mefmement en perfonnes , en qui paroles nont nules vertus en mal 
fere , car nous veons fe un lions ou un Clerc hquiex ne feroit pas ordcné à Prcftres , 
difoit une MefiTe & toutes les paroles dou Sacrement , pour riens que il dift ne ne fift 
il ne pouroit fere Sacrement , tout dift il icelles meifme que hPreftres dift , doncques 
puet on bien voir que les paroles qui font dites pour mal fere en la bouche dune 
vieille,ont petite vertu; mes il avient que li anemis qui met tout fon pooir en décevoir 
houme & famé pour traire les âmes en pardurables peines , fct aucunes fois , quant 
Dieu Ufueffre, avenir les chofes pour lefqueles les Sorceries font fêtes pour che qu^ 
il doiut occafion de ouvrer en cheite manière contre la foy, &: à la fois Diex le fuef- 



6o "Des Cas depimex la connoi^ancs afifarîtem à fa'wte Églife. 

frc par la foible créance qui efl en chaux qui en cuvrci-it, mes fe nus ne devoir efchi- 
vcr chcfl: erreur fors pour che que nus ne vifl: onques nului qui en ufafl: qui en vc • 
nifl: oncquC5 à bon chief, fi le devroic chafcuns en fon cuer defpire &: aviller, 

Voirs cft que toutes les fois que len fet tort ou infure à fainte Eglife , &: faintc 
Ealifc ne le puet ne ne veult amender de foi , fe ele foupplie à la Juftiche laie que ele 
li^rcftc faide , ele li doit prefter & aider fi comme li Fiex doit fere à fa Mère , car 
tous Clircftiens &r tovites Chreflienhes font à Fieus & Filles de fainte Eglife , & fonc 
tenu à fainte Eglife garder & garantir toutes les fois que ele en a meflier , &l que cic 
fe complaint à aus comme à fes Enfans. 

Ventés eft que tuit li cas efpirituel comme des "Ordennances des J;:glifes &: des 
cliofes facrées &; des contens qui muevent de avions perfonnelés entre Clers & Gens 
deRelitrion, & les Pénitences qui doivent eflre enjointes felonc les Péchés que len 
confefle à fainte Eglife ; tous tiex cas & les cas qui de chaus pueent naiftre , doivent 
çftre corrigiés par fainte Eglife. 

Nous avons parlé des cas defquiex la Jurifdition appartient à fainte EgHfe, &r en- 
core en parlerons nous daucuns qui nous venront en mémoire ; mes ichi en droit di- 
rons nous des cas qui appartiennent à la laie Jurifdition, & defquiex funte Eglife ne 
fe doit melier. 

Voirs cfl que tuit h cas ou il puet avoir gages de Bataille, oU péril de perdrevie 
ou membre, doivent eflre jufticiés par la Juftiche laie , ne ne fen doit fainte Eglife 
mellcr,çffuites les perfonnes privilégiés fi comme Clers, liquel demeurent en tous cas 
en la Jurifdition de fainte Eghfe. 

Tous cas de crieme entre les. laies perfonnes doivent eftre en Court laie , ne ne 
fen doit fainte Eglifc melier , & pour che que fe feroit ennuy de dire &: de efpe- 
cifîer les cas de crieme , il font dicls cl Chapitre des M-effets. 

Li tiers cas qui doit eftre jufticié par la laie Jurifdition font des convenances , &: 
des oblicrations qui font fêtes entre laies perfonnes par Letres prouvées ou par Tef- 
moins v, mts voirs eft que en tiex cas de convenanches & d'obligations fe les parties 
raflemblent à plaidier en la Cour de fainte Eglife de leur bonne volenté , &: il fe mè- 
teiit où plet tant que il foit entamés , la Cour de fainte Eglife en a la connoiffance 
douplcdoié, & le puet mener dufques à Sentence diffinitive ^ & quant lune des 
parties eft condemnée elle puet contreindre le condemné à fere paier le Jugié par 
forche d'efcommuniement , & en autre manière non ; car la laie Juftiche felonc 
noftre Couftume neft pas tenue à fere paier che qui eft jugié en la Cour de fainte 
Eglife en tel cas. 

Li autres cas qui doivent eftre jufticié en la laie Jurifdition che font tuit liplet qui 
puent mouvoir dommages de Fiés , darriere Fiés & dautres Fliretages tenus en Vilc- 
nage , &: de fervitutes, quant icez chofes font tenues des gens lais ; car fainte Egli- 
fe a bien tiex manières de plez es chofcs defus dites qui de lui font tenues. 

Toutes mellées &: toutes vilànies dites ou fêtes contre laies perfonnes &: en Ju- 
ftiche laie, doivent eftre jufticiés pai.- la Juftiche laie ; mes voirs eft quant les mellées 
font fêtes en (aindshex li amendemens'ddit eftre à fainte Eglife, fi comme il eft die 
defllis. 

Quant Clercs tient Hiretage de fon patrernoinne ou de faquefte de Seigneur lai &: 
aucuns len demande tout ou partie , la Jurifdition en appartient au Seigneur lai de 
qui l'Hiretagc eft tenu. 

Se Clerc'cft Marcheans il ne puet pas franchir fa Marchançlife par le Privilège de 
Clcrgie ; ainchois convient que fa Marchandife faquitede tonlicux de travers &: dau- 
tres Couftumes qui font deues felonc les Couftumcs des liex , mes li Clercs qui fe 
vit de Bénéfice de fiinte Eglife ou de fon Patremoine fîus riule Marchandife mener, 
ncft tenus* à nules teles Couftumes paier. 

Qnant.il a fez ou menaces entre Clercs dune part , & Gens laiz dautre part , fe li 
Lai demande aflcurcni»cnt des Clercs , il le doivent pourchaiîîer en la Court de fain- 
te Eglife ; &: fe li Clercs le vuelent pourchaflier des Lais , il les en doivent fuir en 
. la Court laie , & dirons en quele manière la Juftiche laie doit fere fere l'Aflcurement; 
car quant Aflcurcmcnt fc fct , il fc doit aufli bien fcrc de lune partie coumc de lau- 



Chapitre XI. ^^ 

• tre, &: li Clerc ne le puet obligicr en fcrc Aflcnrcnicnt en Court laie, doncques con- 
-vient il quant li Clerc requiert AfTeurement de perfonnes laies que il lait avant af- 
■ feurc Ik. Te foit obligés en rAlIeurement par Ton orchnairc, & quant li ordinaire au- 
ra chcrtifîé par Letres pendant que ticx Clercs feft obligits en droit Adcurcrnent en- 
vers tcle perfonne de lui & des fîens, adoncques la laie' Juftiche doit contraindre le 
Lai à fcrc droit Aflcuremcnt de li S>c des Tiens, au Clerc & aux liens , &: aucremant 
ne fe peut fere Alîcurcnicnt chertain entre tex perfonnes, 

. De DroicT: quemun toutes les Dixmes doivent eltrc à faintcEglifc , &; pour che 
que quant plcz cft faits de Dixmes la Jurifdition en appartient à fainte Eglizc, excep- 
tés aucunes Dixmes qui efpeceaument font tenues en fief lai , car chellcs doivent 
eftre jufticiécs par les Seigneurs de qui elcs fon tenues, , , ., , 

Nus par raifbn de Dixme que il ait en ma Terre convient que ii la ticgne de faintc 
Eglife ou defief lay , na fur le Jicupar raifon de Çjl Dixme nfc juftiche, ne Seigneu- 
rie , ne nî puet penre en jufticant ,. &; fe il me pleft jo en puis porter tout che que je 
jay ainchois qge il emporte riens , ne que il i mete le pié , ncpourquant je ne doi 
'•pas lelfier que je ni leiTe fa droite Dixme loiaument , &; fe je ne li fais je pèche , &: 
fui tenus à rendre che que jai difmé mauvaifement , comm.e de tort fet , car les Dif- 
mes furent eftablics &: données anciennement pour fainte Eglife fonftcnir toutes , 
mais aucunes ont cftc puis miles en main laie , les uucs par cfchange . les autres par 
le don de Egli fes, •,.... 

Il afîiert bien as Julîichcs laies que quant aucun Clercs eft foupeconncus de cas 
decrieme que il leprejîgnent & ticngnent en prifin, mes que il ne le tace mourir en pn- 
fon nulle,& fe fon Ordinaire !e requicrt,rcndre li doi vent,& dcnoncjcr le cas pour lequel 
ilfu pris, & adonqucs (en Ordinaire en doit ouvrer fclonc la Juftiche de faince Eglife. 

Nous avons veu que quant nous avons pris aucun Clerc pour cas de cri>:me en U 
Contée de Clermont que l'Evefque vouloir que miffons à Biauvais,mes nous ne vou- 
fîfmcs oncques fere, ainchois les envoi qucrre es priions ou il font & à fon coufts par 
chertain Procureeur. 

Se Clercs eft.pris par le laie Juftiche pour cas de crieme, &: fon ordinaire le re- 
quiert, avant que li Clerc foit bailliés il doit paier fcs delpans &: che que il doit par 
raifon de la prifon , ou fe il na dcquoi paier, fes ordinaire le paie fe il le vieut ravoir, 
mes fe li Clercs eft pris pour autre cas que poiur cas de crieme , il doit eftre rendus 
à fon ordinaire quite, &: délivré fans riens paier. i 

Il naffiert pas à Clerc que il vefte Robe roiée , ne que il foit fans tonrare apurent 
ide Clerc , puifque il a eu Couronne d'Evefque , ncpourquant fe il eft ainlfint ne re- 
nonce il pas au Privilège de Clerc , doncques fe un hons eft pris en tel Habit par la 
Juftiche laie, & fon Ordinaire le requiert , fe la Juftiche laie fait quil foit Clerc il le 
doit rendre , & fe ele ne le fet , il le convient prouver a. l'Ordinaire en la Court laie, 
<&C quant il a la prouvé il H doit eftre rendu , &: fe chil qui eft pris en tel Habit ne puet 
jî.rouver tjùe il foit Cicrc ne (es Ordinaire , il demeurera à jufticier coume lais. 

Je ne loe pas as Juftices laies que puis que il auront, pris en Habit lai houme qui 
fe face Cierc , que il fe haftent de jufticer devant que ii lâche la vérité fe il cft Clercs 
ou nort; &: fc i^ fe poura prouver à Clerc ou non , ou puis que il eft requis de faincc 
Eglife com;iié Clerc, car fe il eftoit jufticés puis lamonition fête, ou puis que il au- 
roit dit je fui Clercs , & il eftoit aprez prouvé à Cicrc par frinte Eglife , chil quilau- 
roient jufticie. feroient .excommeniés griement fans eftre afloubz fors par l'i^portole „- 
Mes fe il eftoit pris en Habit lai , & ii ne difoit pas je fui Çlers , ne admonition ne 
fuft fête de fainte Eglife, & il eftoit jufticiés par Jugement de fon meftct, fainte Egli- 
fe ne pouroit puis riens demander à la Juftiche laie: tout feuft il ainfint que fainte 
Eghfevoufift puis prouver que li Jufticiez euft efté Clers , car fe fainte Eghfc pouoit tc- 
ijir les laies Juftiches ; en tel Juftice ne feroit jamais fête feurement cntiex cas , & Ii 
en demeureroient moult de Juftices à fere , laquele chofe nus ne devroit vouloir 
pour che que Juftiche eft le quemun pourfît à tous. 

Aucunes fois advient il . que len prent laies perfonnes en Habit de Clerc ^ 
fi comme Larrons ou Murdrier ou autres mauvefes Gens qui fe font fere Couronnes 
li uns à lautre ou à un Barbier, auquel ils. font entendant que U font Cletcs', quant 



6" s Des Cas defqmex la connoijfance apartknt a fainte Eglije. 

t'cx manières de gens font pris, il doivent cflte rendus à faintc Eglifc &; aparticnt \ 
fa voir à fainrc Eglifé la Vérité ; &: fc il truevent que ils foient Clercs, il les doivent 
ili/licier fclouc la fourme de fainte Eglifc, chcll à favoir en Prifon perpétuel (c il font 
ataint de cas de cricme ; &: fc il font trouvés lais par leur reconnoiflance, ou par aucune 
autre manière chcrteinc, fc il furent pris pout cas decriemc, famtc Eglife ne les doit 
pas rendre à la laie Juftice fil font tenus pour cas de crieme ; car chil qui les ren- 
droicnt feroienc irregulicr fil eftoient jufticié pour celfet, donc les pueent il &: doi- 
vent nictre en Prifon perpétuel auûTmt comme fe il eftoient Clerc ; mes fe il font 
pris pour autre cas que pour cas de cricme , bien les pueent &: doivent rendre à la 
laie Juftiche, ne puis que il aront efté une fois rendus de fainte Eglife comme lais, 
il ne pouront puis eftre requis comme Clers. 

Quand il advient que Juftiche laie fe met en peine de penre Maufcteurs pour cas 
de cncmc , &: il fc rcfqueuent à pcnrc, fi que len ne les puet pente fans tuer, fe li 
Preneur les tuent on ne leur en doit riens demander , coument que chil qui fe dé- 
fendent au penre foient Clers ou Lais , ne fe li Clercs difoient , nous fommes Clerc, 
& bien i a raifon ; car en prenant les Clers pour cas de criemes chil qui les pre- 
nant font Sarjans de fainte Eglifc, &: bien i pert pour che que il font tenus à bail- 
lierlcs à leur Ordinaire , &: fe il fe tcnoient de penre les ou mors ou vis , quant ils 
tourneitt à defence jamais Clerc ne fe leroicnt penre à la Juftiche laie que il ne fe de- 
fendi/îent , &c encore plus à leur ordinaire fe il les vouloif^nt penre pour, che que il 
faroient bien que feilles tuoient il feroient irreguher,doncques ne pouroient il eftre pns, 
parquoi moult de maux pouroient avenir. Encore fc li Lai nofoient prendre les ou mors 
ou vis quant ils tornent à deffences fe il ni avoit nul Clerc, ainchois feuflent tuitLaifî 
fe douteroient li Preneurs que il ni euft nul Clerc, fi que moût de Maufeteurs pou- 
roient efchaper par chefte doute , & pour che eft quemun pourfiz à tous que la Ju- 
ftiche laie puift penre pour cas de crieme &: Clers & Lais , & avant tuer fe il fe dé- 
fendent, que il cfthappent. 

Une Couftume queurt en la Court de Chrefticnté, laquele ne queurt pas en Court 
laie j Car fi Pierre demande à Jehan dix Hvres qui li fiencha à rendre , Jehan puec 
demander à Pierre que il li rende un Cheval que il li prefta, tout foit il ainffint que le- 
dit Pierre feift femonre Jean , èL Jean ne fcift pas femondre ledit Pierre , & chefte 
Couftume appellent il en la Court de Chreftienté Reconvention ; &: fi hdis Pierre , 
qui fift femonre Jean , ne vieut refpondr» au Cheval prefté pour che que il ne fut 
pas femons à rcfpondre contie Jehan , ainflint comme Jehan fut contre li , Jean ne 
feroit pas tenus à refpondre as dix livres , mes autremant feroit en Cour laie 5 car 
chil qui feroit femons repondroit ni li defendierres ne porroit fere demande fans fere 
femonre dautre chofe que de la querelc pour laquele il feroit femons , mes de chele 
que il mctroit en fa defence, fi comme fe il ^legoit paiement, ou il difoit avoir bail- 
lié oucune chofe en acquit de la dete de che feroit li dcmendierres tenus à refpon- 
dre , doncques puet len voir que Reconvention ne queurt pas en Court laie Çi coume 
de fet en Court de Chreftienté, 

Uns Clerc demanda en Court laie à uns houme lai vingt livres que il li devoit' 
pour la vente d'un Cheval , &C lilLais fi cogneut bien la dete ; mes il difoit que en 
entention de foi aquitier de celle' dete , il h avoit baillié deniers & autres denrées, 
fi requeroit que li Clercs en comtaft à h, ^le remanant par delîcus le Comte fet il 
eftoitpreftde paierjLi Clercs refponditqueillcc ne vouloitilpas refponire dou Comte 
que il h dcmandoit, mais quant il avoit conneu que vingt livres li devoit, requeroit que 
il fuft contraint à paier , Se fe il li vouloit riens demander file feift femondre devant 
fon Ordinaire. 

Nous pardevant qui fiz Plcz eftoit démenés au Clerc difmes que ce il ne repondoic 
a che que li laiz diloit que il li avoit baïUié puis le tans que la dete des vingt livres 
fu fête , nous ne contraindrons pas le lai à paier les vingt livres , car che ncftoit pas 
reconvention , quant il difoit que il avoit bailliés les cliofcs en intention de foi aqui- 
tcr, mes fe il dcraandaft au Clerc aucune chofe deue dou tans devant que la dctefufi: 
fcte , ou il li dcmandaft Chevaux ou autres Beftcs , ou Bleds , ou Vins , ou Conve- 
finnchcs j qui ne toushaftent de ncns à la querelle des vingt livres , nous le enflions 



hre XII. ^^ 

contraint à paier les vingt livres , &: li enflions did que il alas plaidier au Clerc de 
Ches chofes pardevant l'on Ordinaire ; car adonc fcifl U lais rcconvcncion , laquclc ne 
queurt pas en Coure laie, fi comme il cfl: did dcfîus. 

Quant unirons qui cfl: de la Juftiche dun Seigneur, fet demander à aucun dau- 
trui Jurifdition, &r cliil li vieut redemander aucune choie, chil qui fcift: fcmonre ncft 
pas tenus à repondre tout foit li uns &; li autres lais fe ainffint nefl: que chc foit des 
delFences delà querclc que Icn li demande, car chc fcroit reconvention, laquclc ne 
queurt pas en Court laie , h comme nous avons did defllis, 

Chi defîne li Chapitre qui cnfaigne liquez cas apartienncnt à fainte Eglife , & li_ 
quel a le Court laie, fi^delquiex l'une des. Cours doit aidier à lautre quant clc en 
cfl: rcquife. 

Chi commenche li Xlî, Chapitre de cefi Livre ^ ^«i parole des Tefiamens ^ cir 
lianel valent ^ ^ liquel non. 

CHAPITRE XIL 

APrez che que nous avons parlé ou Chapitre devant chefl:ui des cas qui ap 
partient à fainte Eglife & à la Court laie , nous parlerons en chefl: Chapitre icy 
enfuiant des Tefl:amens, pour che que il cfl: grant befoin que chacune junfditionmetc 
f^ude en faire tenir les Tefl:amcns qui font à droit fais pour la fauveté des âmes à 
chaus qui les font , & pour chc que chafcuns fâche comment len puet & doit ferc 
Tefl:amcnt , nous dirons à qui la fczine dou Tefl:ament apartient, &c liquel valent, &: 
liquel non, èc comment.lcn les puet & doit ferc , &: comment ils doivent cllre mis 
à exécution. ■ , 

Jean requeroit à Jufl:iche que il le mifl: en fezine des Muçbles & des Conquefls, 
& dou Quint de l'Hiretage qui fu Thumas,par la raifon de che que lidis Thumasavoit 
fet cheli en fa derraine volenté fon Exécuteur, & eftoit contenus en fon Teftament , 
«jue fes devis fufl: paie di ces chofes. ; 

A che repondit P. que la fezine de ches biens apartenoit à li comme à cheli qui 
cfloit fins & droit hoirs diceli Thumas , &: quand il feroit en fezine fe Jean li favoïc 
■que demander par raifon dexecution ne dautrc chofc il en feroit à droit , il fe mifl:rent 
en droit lequel emporteroit la fezine où il comme Hoir , ou Jehan comme Exécuteur. 
Il fu jugié que Jehan comme Exécuteur en feroit en fezine , le Teftament coiv 
neu ou prouvé, car moût feroit perilleufe chofe fe li Tcftamens eftoient cmpcfchés 
ou detrié par les hoirs de chaux qui les Teftarnens font. 

Chafcuns Gentils-houmes ou lions de poofte qui ncft par fers puet par noftre 
Couftume lefller en fon Teftament fes Muebks , fes Conquefts , &: le Qujnt de fon 
Hiretage la ou il li pleft , exceptés fes Enfans , aufquels il ne puet lefTer à lun plus qub 
à lautre, mais li fers ne puet lelFier en fon Teftament que cinq fols. 

Il eft Couftume bien aprouvéc que li lions toutes ches chofes defllis dites puet Icf- 
fier à fa Famé , ou la Famé à fon Seigneur , mes fe la famefaifoit tiex lais en fa plaine 
fanté à fon Seigneur par forclie , ou par manaclies , & il eftoit bien prouvé des hoirs à 
la famé chil lais feroit de nullp valeur. • 

Se lais eft fet à l'Eghfe d'FIiretagc qui foit d' Acqucft ou dou Qtnnt de l'Hiretage,' 
^omme len puet lefller , li Sires de qui l'Hiretage muet ne le puet défendre , mes il 
puet commander à l'EgUfe à qui li lais eft fait que ele le ofte de fa mairi &: le mctc en 
main laie dedens an &: jour, &: fe l'Eghfe ne le fet , li Sires puet penre l'Hiretage en 
fa main, & joir des iflues dufquc à tant que l'Eglife aura entérines le Commcnde- 
ment. 

"Se aucuns lelfe fes Muebles , fes Conquefts &: le Qmnt de fon Hiretage à une per- 
fonne ou à pluriex ; &: chil qui les lais fet doit detcs ou torts fez que il ait commendé 
à rendre &: nait pas devifé ou fc fera pris , chil; qui emporteront les lais nen jorront 
pas fe il ni a remanant par defllis detes &c torts fez paies. Car maie chofe feroit fe li 
droit Hoir de chclui qui les lais fet qui nemportc que les quatre parts de l'Hireta- 
ge eftoient encombré de paier detcs &: torts faidts, èc chil emportaflTent leur lais tout 



/^ Des 'Tejtamèns, 

quitcs , & pourchc doit Icn avant pcnrc les Mucbles pour paicr dctcs &: tortz fez ; 
&: fc Mueblcs ne puecnt Ibuffiie , Icn doit pcnre les Acquefts ; & le li Aquefls i.c 
puccnt {"ouffite , chil à qui le Quint de l'Hirctage eft lelles , paiera le remanant, ou il 
lera Ton Quint à fe Hoirs , &: il feront tenu à paier tout, &: fe chil qui les lais fer, devi- 
foit à penrc dctes & tortz fez feur les quatre pars qui demeurent as hoirs fi ne le 
pouroit il fere ; car il fembleroit que il peuft plus leflcr dou Qumt de fon Hireta- 
ge fe li tortz fet &: les detes ne font fî grantz que tour i queure ; car fe li Mucbles & 
Il Aquefts ne pucent paier debtes &: tortz fez , il convient que li Hiretages i queure, 
)açoit che que il nen demeure point as Hoirs, fe les detes & li tortz fez font iî grant. - 

Si aucun 'lefle le Quint de leur Hiretages & li Hu'etagcs foit en pluriex pièces , il 
le pueent leffer en une pièce fil vuclent,-mes que il ne vaille plus que le Quint de 
tout, &: fe chil qui les lais fet ne le devifoit, hc il eft requis à Juftiche de chclui à 
qui 11 lais cft fez, ou des hoirs fe chil vouloir pcnre fon Quint en chafcunc pièce, la 
Juftiche ne le doit pas fere j car cheft le pourfis des deux parties , & il a efté jugié 
en chefte manière. 

Nus lais ne vaut fe il neft fet de perfonnesqui foit en bon fens, &: en bone mémoi- 
re, & fe il ne le dift de fa bouche. 

A Teftament fere doivent cftre tex gens qui le puiflcnt tefmoigner , fe aucun 
dcbas en mouvoir ou il doit eftre fcellé de Scel autentique , ou de pluriex Sceaux de 
nobles perfonnes , comme de Gentiex gens, ou de Religion, qui portent Sceaux. 

Aucune fois avient il que li Seigneurs perdent à la fiée par les Teftamens qui font 
fez de leurs fougez , &: que che foit voire , vous le (aurez par che que nous dirons 
im cas que nous en veifmes. 

Uns Chevaliers efpoufa une Dame laquelle avoir Enfans d'autre Baron , le Maria- 
'ge durant li Chevaliers acheta un Fief, &; en fift homage au Conte , aprez la Dame 
en fa derraine volenté donna à fon Baron tous fes Muebles & fes Conquefts, à tenif 
lefdits Conquefts toute fa vie , & aprez cle mourut en tel point que fes Aifnéez Fiex 
■navoit pas aagc dentrer en loumage de che que fa Mère avoir aquefté , &: pour che 
nous gerafmes la main à lamotié doudit Conqueft que H Enfez devoit avoir de par ' 
fa Mère pour defaute ddiïme , &: li Chevalier trait à nous, &: nous requift que nous 
■ oftiftions noftre main ; car il cftoit des che que il lachepta en la'foy &: en loumage de 
tout,& comme fa femme li cuft donné en fon Teftament fa partie à tenir enfe vie, &. 
len pouoit tel don fere parla Couftume de Bieauvoilins, à tord i mettions la maini(( 
pour defaute doume. 

Sur che nous nous confeillafmes à chaus dou Confeilg le Roy & ailleurs, & fut 
tiex li Confaus que puis que la Couftume eftoit tele que li bons puet donner à fa 
famé Mucbles & Conquefts, &leQuint derHir'etagc à tord li empefchions,&: pour che 
nous en oftames noftre main &: len leflamcs jouir, & par che puet len veoir cleremenc 
■que H Sire perdir par Teftament qui fut fet ; Car fclle ne leuft donné en fon Tefta- 
ment à fon Baron, cheft tout cler que li Sires tenift la moitié dou Conqueft dufques 
à tant que li Enfez vchift en aage , ou dufques à tant que aucun dou Lignaige à 
l'Enfant Ce trailift avant pour requerre le Bailg. 

Or veons fe li Dons dou Teftament eut efté fais à toulîours au Baron fe il i euft 
eu deus hommages , nous difons que nenil que un rant feulement , &: il apert par 
che que par le Confeil que nous cufmcs li Chevalier letnit tout à un houmage , 
puis que fa famé mourur dufques à tant que fes Fillaftre vint en aagie ; & quant il 
fu aagies il fift houmage dou Trcsfons de l'Hirctage pour che que il cftoit droit 
Hoir de la propriété & ne dcmoura pas pour che que fes Paraftre ne loilîlft de fou 
Teftament. 

Or veons fe li droit Hoir qui eft en loumage de la propriété &: ne reçoit pas les 
fruis , chict en aucunes defautcs ou en aucunes amandes vers fon Seigneur , fc li Si- 
res fcn poura peiire au Fief que il de h tient, douquclFicf un autre a les fruis parla 
raifondou Teftament. Nous difons cpe fe les dcfiutes ou les cntrcprcfures font pour 
chofc qui apparticngne au Fief, 11 comme fe il dcfobeift ou le il les femont de fer- 
vichc , &: il ne le fcrt pas fi comme il doit, ou aucun pledc à lui de la pioprieté de 
1 Hiretagc, 6j il ne vient venir avant , ainchois fe met en toutes defautcs , pour 



tous 
tiex 



chapitre XII. ^j 

tiex cas le Seigneur puct mètre la main au Fief que il tient de li & pcnrc des fruits 
dufques au Jugement des houmcs pour les cnrrcpreflurcs dcfllis dites, S^ chil à qui li 
fruit dévoient eftrc par raifon dou Teftament puct mctre en Court Lue l'Hoir &c lui 
fere contraindre que il li face délivrer fcs biens qui font encombres par fon fct &r fc 
li Hoir na riens parquoi il puift eftre jufliciés, ou il fen va hors dou pais,clul qui doit 
joir fa vie des fruis par railbn du Tcflament quant li Hoir fera en toutes dcfautcs puce 
rcquerre au Seigneur que il le reçoive à houme le tans que il a tenir le Ficf nar rai- 
fon dou Teftament , & le Sire efî: tenu au fere , & quant il fa reçu à houme des 
fruis il li doit rendre chc que il a enlevé puis que il fu requis de rechevoir loumaTc, 
mes pour che ne demeure pas quant il muert qui na les fruis que Lx vie , &; li droit 
Hoir veult venir à defpoillier l'Hiretagc que li Sires ni puill remettre la main de nou- 
vel pour les defobeiflances qui furent fêtes cl tans que un autre tint les fruis par rai- 
fon dou Teftament; Car convient que un autre cmport les fruis du Fief duquel je fui 
Hoirs, je fui tenu à obéir & à defervir le Fief pour la raifon de loumage que jai fec 
& de l'Hiretageque je arcnt, & puis perd're ou gaagnier en plet ou par meiiet la pro^ 
prieté, mes je ne puis perdre che que un autre i doit avoir par raifon de Teftament 
ou de Douaire , & dou Douaire encore plus fort eft que de Teftament, car pour def- 
obciftance ni pour mcftcs que mes lions me face, ;e ne puis ne ne doi mettre la main 
aux fruis qui font tenus par raifon de Douaire ne il ne convient pas pour chofe que li 
Hoir face que li Douaire me face hommage ni redevance , amchois en doit emporter 
les fruis franchement &: quirtement. 

Pour chc fe chil qui eft mes hons me doit une dete ou il ma une convenauche la'* 
quele il ne me tient pas ne doi )c pas mettre la main aus fruis de cheli qui tient pat 
raifon de Teftament ne pour nule riens fe che neft pour che qui appartient au Fief, 
fi comme il eft dit deftus en cet Chapitre meefme. 

Je me doi bien garder que chc qui eft tenus de moi ne foie tenu par main eftran-* 
ge par raifon de Teftament ou de Douaire, fors tant feulement comme Couftume 
fueffre neis fe li Hoirs de la chofe Çcn vouloient tere, car je me puis bien fere partiel 
de che ou je voi moii damage appâtant , &: che eft bien mon damage fe che qui eft: 
tenus de moi vient en main que je ne le puiflc pas fi bien jufticier coumcfî mes HonS 
le tenoic \ doncques fe aucuns otroie à fa famé à tenir en Douaire plus que la moitié 
ide l'Hiretage que il tient de moi je ne lai pas à fouftnr fe il ne me pleft , & auffint fe! 
aucuns donne en Teftament les fruis de plus douQvunt de fon Hiretage , liquex Hi-» 
retage neft pas d'Àcqueft, je ne lai pas à foufÎTir fe il ne me pleft , tout foit ainfllnc 
que autre de moi ne le débatte , mes che que Couftume fueftre à donner en Tefta- 
ment & à Douaire , il le me convient fouftnr. 

, , Tout foit il ainftint que nous avons dit que la Couftume de Biauvoifis eft tele 
que qui veult plaidier à aultrui de Muebles & de Chatiex, il le doit pourfuir par de- 
V,ant le Seigneur deftbubz qui il eft couchant & levant , nepourquant en aurun cas 
puet l'en plaidiçr de Muebles &: de Châtie?: par devant le Seigneur deflous qui il font, 
ft comme en requérant parties de defcendemcnt ou de cfchcoite &: en chofe qui eft 
lefliés en Teftament , car fe propre chofe m'eft leflié en Teftament je le puis fere ar-' 
refter comme la moics choie par le Seigneur deftoubz qui je le truiz , &: fe nus le 
yieut débatte, la connoiflance en appartient au Seigneur dclTousqui clic eft, exceptés 
les Exécuteurs du Teftament, car chil de riens qui à Teftament appartiengnent ne font 
tenu à plaidier fe il ne leur pleft par devant nul Juge, fors que par devant le Biron 
de la Terre , ou par devant î'Evefque , & afdits Exécuteurs doit eftre baillics la fc- 
zine de che qui eft contenu ou Teftament avant tous plais, car par leur mains doit 
eftre mis h Teftament à exécution. 

., Qujint aucune perfonne à qui il affîert à débatte Teftament fapeit pour chc que 
il vieut dire que il n'eft pas à droit fez, les chofes dou Teftament doivent eftre fau- 
vement gardées en la main dou Baron deffous qui eles font fans rendre en Court à 
Jîultti , &; quant li Plez eft fîniez , rendre les doit à chelui qui droit les donne. 

Il naffiert pas à tous à debatre Teftament, & chil qui le pueent debatre fe font chil 
qui pueent dire par bonne raifon que il font damagiés à tort pour le Teftament qui 
fufez contre droit ou contre Couftume ; car autres Gens le debatroientaucuncs fois 

5 



^^ ^es Tefiamens. 

pour la haine dou mort des Hoirs ou des Exccuceurs , & pour che ne doit nus eftro 
ois en dcbaa-c Tcftarncnt Te il ne fc lent damagicz par le fct dou Tcftamcnt. 

Nous avons dit en cel Chapitre meifmcs que chafcunpuet leficr en (on Teftament 
le Quint de ion Hiretage &: fcs Muebles &; fes Conqucfts , nepourquant fi le re- 
manant de Ton Hiretage neft pas fi grants que il fouffife à la {buftenance de fes En- 
fuis , & les Muebles &"les Chatiex font grans & il nen Icfle nul à fes Enfans , ain- 
chois les leflc tous à cftrangcs perfonnes , nous ne nous acordons pas que tiex Te- 
ftament foit tenus, ainchois doit eftre retrait dou Teftament tant que h Hoirs puif- 
fent refonnablcment avoir leur fouftcnance felonc leur cftas , exceptes deux cas , li 
premier fe il eft dit ou Teftament que il face chc lais comme chofe rendue pour 
torts fet, car en tel cas ne feroit riens rendus as Hoirs , neis fe tout fon Hiretage i 
couroit, car trop eft cruelle dete que davoir lautrui à tord, ne nus Hoirs ne doit enri- 
chir dou tort fet fon Père , ne nus ne doit eftre micx creus de fon tortfet que chil 
■qui le reconnoift en fon Teftament. 

Li fecons cas chis eft en quoi nus reftors ne doit eftre fez as hoirs , fe il fet men- 
tion ou Teftament que li hoir li aient mcsfet, parquoi :1 ne leur vont riens leflier oU 
Teftament ; car fe je voi ma Fille , ou ma Mcre , ou celé qui doit eftre mes hoirs me- 
ner fi deshonnefte vie, que chc foit efclandre à h &: à fon lignage, je ai bone raifon 
de lui ofter de mon Teftament , & li efclandre fi font depiquie de cors efchandalizie 
ou de M lîiage defavenant fet par clés contre ma volcnté , ou de fi folle largefte que 
Icn voie que che qui vient en leur main eft perdu , &: maie chofe fcroit que il me con- 
vcnift Iciïier en mon Teftament , à ma Fille , ou à ma Mère, ou à autre qui feroit ma- 
riée à mon ancmi , &: fe je le vueil ofter de mon Teftament , je doi dire en mon Te- 
ftament, je ne vueil pas que tiex ou tele qui eft mes hoirs preigne riens en mes Mue- 
bles , en mes Conquefts , ne ou Qmnt de mon Hiretage , car il ma mcftèt en tele 
manière que je croi miex fere le pourfit de mame à autre que à lui , mes voirs eft que 
de quatre parts de mon Hiretage ne puis-je pas ofter à mes hoirs che que Couftume 
& Droits donne pour nus des cas deflus dits. 

Encore i a autre raifon parquoi je puis ofter mes hoirs de mon Teftament des Mue- 
bles , des Conquefts , &: dou Quint de l'Hiretage , cheft fc les quatre parts de l'Hire- 
tage,font de tele valeur que eles puiflent fouffire à la fouftenance de mes hoirs, ou fc 
mes hoirs ont tant dou leur ou dautre cofté que de moi que il fouffife à leur foufte-^ 
nance , ou fe je fui aucune fois poures, & il eftoient riche & les requis que il me 
aidaflent, &: ils me faillirent , ou fc il miftrent main à moi par mautalent , de tous tex 
cas les puis je ofter de mon Teftament, doncques puet Icn voir que nous avons dit 
que quant len lefîe le tout à eftranges pcrfonncs,que len doit fecourre as hoirs douTefta- 
ment,cheft à entendre quant il font poure, & ne lont pas mcftetpour droitecaufe de pitié. 
Se aucun leflc tous fcs Muebles & fes Conquefts à une perfonne ou à deux, &: len 
fet reftor as Hoirs dou Teftament pour caufe de pitié, il nous fanible que che foie 
bien que chil à qui li Lais fu faift foicnt conté au nombre des Hoirs fi que il aienc 
part au Teftament autant comme li un des Hoirs , chafcuns en fa perfonne , car i! 
ne femble pas que li mors neuft aucune caufe de aus bien ferc quand il len fouvinc 
en fon Teftament. 

Li Tcftamens la ou il eft veu que aucuns eft dcfirités ou fez fans nulc caufe de 
pitié fi comme fe je leflc tout le mien à eftranges perfonnes riches , &: niant à mes 
poures Hoirs ne à mes poures Parens prochains , chc neft pas maus dalcr contre tex 
Teftament (k. de pourchaflier que il foicnt de nule valeur , car il appert que chil qui 
fift le Teftament fu meuz contre raifon fe il ne dift en fon Teftament la caufe pour- 
quoi il le fift , laquelle caufe foit veue rcfonable. 

Deux chofcs font que on ne puet quiticr en Teftament, lune fi eft Mafure tailla- 
blè au Seigneur , pour chc que Lais ne doit pas eftre fet d'Hirctagc qui doie fcrvi- 
tudc au Seigneur; lautre deScrjantcrie à Hiretage : Car neis entre Hoirs ne fc puce 
clcdcpaitiijainchois convient que li un des Hoirs Icmporte cntierc,pour che qucli fer- 
vichcs qui en eft dcus au Seigneur ne fc départe , nepourquant de Mafurcs lavons 
nous vcu fouffrir par volcnté, mes qui la mcnroit en Jugement nous créons que il ne 
feroit pas fouffcrt , mes en tous autre Hirctagcs , foit cn_ Vilcnagc , foit en Fief. 



chapitre XII, ^^ 

pucent eftrc li Qu^nt lefle en Tcftamcnt , fauves les Droitures as Scigneurs,&: fauf clic 
quechc il cft Icfîicas Gens de faintc Eglifc, li Siccs leur puct commander que il le 
mettent hors de leur main dedans an &: jour en la manière que il cfl: die ailleurs en 
cheft Chapitre meifme, 

Len doit moult bien fccourrc à chaus qui font defiretés en Teftamcnt par lenortc- 
mcnt de leurs Paraftres ou de leurs Marailres, car il avient à le fois que la Famc 
pour fere la volcnté de fon fccontMari li leflc à li ou à fes Enfans de lautreFamc fes 
Muebles, fes Conquefts & le Quint de fon Hirctage &: en dcfiritc fes Hoirs, & cher- 
tés tout foit ainflînt que noftre Couftume le fueffre & la Court de Biauvais , nous ne 
créons pas que chc foit raifons , 6c créons que bien & aumofnc feroit de contreflcr à 
tex Teftament &: de fere les de nulc valeur, mcefmement quand ele en ode fes Hoirs 
fans caufe,& créons que qui eniroit à Sentence diffinitive cnapellant de l'Evefquc duf- 
ques à l'Apoftoile, ou des Barons dulques au Roy , que tex Teftamens ne feroienc 
pas tenus. 

Il ne me loit mie à moi aidicr en partie par la vertu dou Teftamcnt & à debatrc 
loi dautre partie, en difant que li Teftament ne fut pas à droit fez fi comme fe je aiem- 
pris aucune chofe qui me fu leffice ou Teftament , & je vueil debatrc daucun que il 
naic mie che qui li fu leflic ou Teftament;, je ne le puis pas fere. Car fi toft coume 
.je pris che qui me fut leflîié ou Teftament il appert que je agrée le Teftament, &: pour 
che ne le puis je débattre , cheft à entendre que quant aucun reçoit le Lais dou Te- 
ftament , il ne lui loit plus de dire que il foit Hiretier pour cuider revenir à deba- 
trc ledid Teftament, Car il faut que il fe tienne j che que il en a eu. 

Se il font pluriex Hoirs & li uns tant feulement plaide contre le Teftament , & li 
autres fe taifent un an & un jour puis la mort de cheli qui fift le Teftament , &: chil 
qui plaide contre le Teftament fet tant que il eft jugié que li Teftamens ne tu pas à 
droit fes, \[ autre Hoir ne emporteront point de gain dou Plet ; ainchois le empor- 
tera chil qui le Plet maintient à fon Couft , car entant comme ils fe turent un an & 
un jour , & virent chil qui plaidoit contre le Teftament & ne fe treiftrent pas avant, 
apertil que il eurent le Teftament agréable, ne chil qui plaida dou Teftament qui e- 
ftoit Hoirs auffint coume il eftoient , neftoit pas tenus à phidier pour aus , & pour 
che en doit il porter tout le gaaing. 

', ■ Si coume nous avons dit defTus que chil qui prent aucune chofe de che qui h eft 
leffié en Teftament , ne le puet puis approuver pour mauves cheft vérités , nepour- 
• quant fe je fuis Hoirs à cheH qui fift le Teftament , tout aie je pris aucune chofe dou 
Teftament , fe aucun autre demande par la raifon dou Teftament jai autres raifons 
«bontre li que dire que \i Teftament ne fu pas à droit fez , bien les puis mètre avant; 
h comme fe il quita che qui lifulefllés en Teftament , ou fe il ne le veut penre ou 
tans que li biens dou Teftament durèrent, car en tel cas ou en femblablc ne le vueil 
je j)as fere contre le Teftament. 

<; Exécuteur puis que il ont receu lexecution fur aus ne pueent pas dire que li Te- 
ftamens ne fut pas à droit fez, &: pour che fe doivent bien garder li Hoir qui fe vo- 
ient defiretés par le Teftament, qui ne fut pas à droit fez que il nentrepreingnenc 
lexecution fur aus , car il aroient renoncié à che que il peuftent dire contre le Tefta- 
ment, & que h Exécuteur ne puiflent fauflerle Teftament dont il eft Exécuteur, il i 
a bone raifon ^ car ils reprefentent la perfonne du mort & de che qui lempriftrenc 
quant il devindrent Exécuteur. ■ . i ■■■ ■* 

Se aucuns fet fon Teftament &: il nomme Exécuteurs qui ni font pas prefent,&: meurt 
avant que il aient pris lexecution feur aus , il eft en leur volcnté dentrependre loi la 
carche de lexecution ou du leffier , nepourquant fe il le leftent le Teftament ne doit 
mie pour che eftre de nule valeur, ainchois le doit fere tenir l'Evefque ou le Sire de 
la Terre as coufts des biens de lexecution , car chafcune Juftiche doit mcrre pemc que 
les Teftamens qui font à droit fets foient tenus &: aempli. 

Quant aucuns fet fon Teftament & il fet deux 'Exécuteurs ou trois , & il neft pas 
«îevifé ou Teftament que \i uns ait pooir fans lautre , & li uns des Exécuteurs meure 
avant que li Teftamerit foit mis à exécution , pour che neft pas li Teftamens de nule 
valeur , ainchois à la requefte de l'Exequiteur qui vit , li Quens ou l'Evefque li doi= 



vent baillicr Compaignon , & fe il ne le requiert fi peult il al cr tout feus es befonirn es 
de IcxecLition acomplir fi que la volcnrc clou mort fbit aconiplie, 

Li Exécuteur toutes les fois que il aflcmblent ou que il vont il pueent penre leur 
flefpans rcfiiable feur les. biens de Icxcc^ution fclotic leur eftat , &: auïîlnt les Cous 
que il ont à plaidicr pour les biens de lexecution fauvcr , & fe il en font outrage il 
-pèchent durement , car chil qui Exécuteurs les fift les creoit à loiax , &: de tant com- 
me il fc fioit en aus &: il priftrent "feur aus Ton Teftament ^v: nen firent leur avenant, il 
font larrons quant à Dieu. 

Il loit bien as Hoirs de chelui qui fit Teftament que il demandent conte as Exé- 
cuteurs des biens que il eurent pour le Teftament aemplir pour deux raifons ; La pre- 
mière raifon pour chc que il fâchent que la volenté dcj leur Predece/lcur foit acom- 
plie : Et la féconde raifon , pour chc que fe il i a remanant àcs biens pardcflcur lexe- 
cution paiéc, chc doit cftre rendu as Hoirs, & fe li Hoir nen demandoieht pas con- 
te fi le doivent demander liQuens ou li Evefquc , &: contraindre les Exécuteurs a 
che que il en facent leur avenant. 

'(^ant Teftamens eft fez en tele manière que len lefle chertain nombre de biens à 
paier dctes &c à rendre tortfcz, & les pcrfonne? ne font pas nommées à qui les de- 
ces &: ti tortfet doivent eftre rendu, li Exécuteur doivent fcre crier par toutes lesE- 
glifes des Villes ou li mort repaira, que chil qui vouront demander detes on tortfez 
Viengnent ai tel lieu & à tel jour , & quant il font venus au lieu , leurs demandes 
doivent cftre mifes en efcrit , &c cheles dont H Exécuteurs fe doutent que eles ne 
foicnt pas veraiez , il les convient prouver as Demandeurs ; & quant li cris a efté 
fez par trois fois quémunement par les Eglifes & il ont les prueves receue^ des orbes 
demandes, il doivent regarder combien il font tenus à paier, & combien ils ont des 
biens de l'exécution , & fe ils ont aftez biens pour tout paier , fcre le doivent, &: fe il 
en ont trop peu il doivent retraire la defaute de chafcun felonc che que il doit penre 
en Ic^cutiôn , car rhale cliofe feroit que il paiafTent tout à lun & rient à lautre ; &: 
fe aucuns atcnt tant à demander che qui \\ eft deu par la raifon dou Teftament que li 
bien dou Teft:ament foîeht aloue, li Exécuteur nen font tenus de riens à rcfpondre , 
car leur pooir ne dure fors tant coume li biens de lexecution durent. 

Se li Exécuteur foni: eh plediis devant les Juges de fainte Eglife, ou par devant 
chaux de la Cour laie, par aucune chofe qui appartienghe au Teftament il fe pueenc 
bien tenir fezi des bieiîs de lexecutioh à la Valeur de là demande que len leur fet Se 
des Cous qui pueent mètre ou Plet fi que il puiflent paier che qui fera jugié contre 
aus , & eh tele manière pouroient fere li Exécuteur fraude en che cas , que il en pou- 
roient eftre damagie fi coume fe il alouent les biens de leîcecution le Plet pendant, 
pour che que il fe puiflent efcufei: par dire nous navons nuls des biens de lexecution, 
mes fe il avoieht aloué les biens de lexecution avant que li Plez fuft comenciez di'rer 
le pouroient & dfev'roient feftre délivrés dou Plet, &: encore fe h Plez eftoit pour Lais 
& il allouoient les biens de lexecution en paier detes ou tortfez feuft devant le Pler 
^htamé & après , U Execliteuirs nen devroient eftre de riens repris , car fe li Lais eftoic 
tout Clers & tout conneu à chelui qui en plaide, nen avoit il riens devant que dctes 
& tortzfez feroicnt paie, & pour che ne doivent pas li Exécuteurs leflier à paier detes 
& tortsfcz pour le Plet de Lais , fhais fe li Pics eft pour dctes & pour tortfez il fe 
doivent tenir fcfi , fi comme il eft dit deflTus. 

Quant H Exécuteur ont paie chc qui eft cohténu ou Teftament , & il ont rema- 
na*it des biens de lexecution, &;il ont fet crier par trois fois, Çi comme dit eft, que 
qui leur voura riens demander que il viengne avant, & il ont accompli les Deman- 
deurs par paier ou par bones defences, fi que il demeurent cm pes un an &: un jour 
puis le cti, bien pueent rendre as Hoirs le remanant &: en doivent cftrc conttaincts, 
car le il ni avoit tans il pouroient dire riialicieufementjnous voulons retenir ces biens 
pour che que aucun ne mucue plet contre nous , fi que nous aions pooir de nous dé- 
fendre fc len nous aflaut , &: encore devant kn & jour quant h cris font fcs &: H 
cler paicmens & li Exécuteur demeurent fans Plet, fe li Hoir à qui le remanant dou 
Teftament apartient vient fere feurté as Exécuteurs que il les délivrera de cous &: de 
damages, nousacordons nous que par cetc feurté il emporte le rcmanant dcs.bicns de 
ilçxecution, 



chapitre 'X 1 L 'ép 

. Nus^ qui cfcrivc le Tcftàmcnc ',ou qui en cfl Avocas pour les Exécuteurs quant il 
«n ont à plaider, ou qui cft à leur Confcilg pour trouver les rai fous parquoi le Tc- 
ftamens eft bon , ou qui ait tenu le Tcftamcnt à bon en Jugement , ou pardevant 
boncs Gens , ou qui ait créance à tenir tous en aagics puis le more de chelui qui fîll 
le Teftamcnt ne puet le Tcftamcnt debatre , ne dire que il neft pas à droit fes , car en 
tous ches cas il ont aprouvé le Teftamcnt à bon par laide que il li font. 

Secliil qui fet Ton Teftament fet fiancer à fes Hoirs qui font foubz aacrc ou qui 
font en aagc mes ils font en fa mainburnic que il tiendront TOrdenance de fon Te- 
flament, ùc après fc chil qui fifl: le Tcftament muert, fe li Hoir voient que il fift le 
Teftamcnt contre Droit, li Creantemcns ne leur doit pas nuire , car li foubs aao-iés 
' fe puecnt aidicr de che que il neftoit pas en aage de ferc Crcantement ne Convcnan- 
che, & chil qui eftoicnt en aage, mes il eftoient en fa mainburnic fe puet efcufer par 
che que il eut paour que fc il ne faifoit fi volenté ou otroioit que il me mourufl en cou- 
roux ou en haine ou que il nr h vendift fon Hiretage fc il efchapoit , mes ncpour- 
quant quant à Dieu nous créons que chil qui cftoit en aage fe meiîct fe il va contre 
che que il jura & fiança. 

Chil qui cfl encore cl ventre fi Mère au tans que chil dont il cfl Hoirs fift fon Te- 
ftament le puet rapcler fe il fu fes contre Droit, car auffi bien li doit on garder fon 
Droit comme as autres. 

Il avi'ent aucune fois que chil qui fet jfon Teftament ila nul Enfant mes fa Famé 
cû grofle, &: la encore fi poi porté que Icn ne le fait pas , &c fet chil fon Tefc^menc 
en autre manière que il ne fift fc il entendift à avoir Enfans , & muert avant que il fâ- 
che que fa Famé foit groffe , fi que il ne rappelé pas fonTeftament, & quand tel cas 
avient len doit moût penre garde fe li Hoir eft moût blejGTié dou Tcftament , fi com- 
me fechil Icfia tous fes Muebics & fesConquefts & il navoit pas autre Hiretage con- 
venable à fon Enfant, len li doit fere reftor dou Teftament, fi que il puifiTe avoir fouf- 
lîfammcnt felonc fon eftat , car len doit croire que il neuft pas ifet tel Tcftamcnt fe 
il euft Hoir de fon Cors. 

Se Exécuteur vendoit Hiretage par la vertu dou Teftamcnt , fi comme le Qifint 
que il puet Icffierpar Coufi:ume , h Parens dou mort le pueent auffi bien recouvrer 
par la bourcc coitHne fe chil leufl vendu qui fift fon Teflament, car li Hiretiers ne 
font pas arrière dou Droit de la Refcoufife pour le Teflament, 

Il i a difFerance entre les Dons qui font fez en Teflament & chaus qui font fes 
hors de Teflament , car il efl clerc chofe que tout che qui efl promis en Teflament 
foient Dons , ou Aumofnes , ou Reflitutions , pueent eflrt rapelés par chelui qui fet 
le Teflament , ou appeticiés ou crcuécs à fa volenté tant comme il vit, mes che ne 
puet on pas fere <ics Dons que on donne ou promet hors de Teflament , car lUec con- 
vient aemplir, &: la raifon fi efl que len ne puet à nului demander tant comme il vit 
par raifon de fon Teflament pour che que il loit à chch qui le fet à amander ou à ra" 
peler loifl comme û efl dit defiÂis, 

, Teflament qui efl fet fans efcrit puet bien valoir quant il efl tefmoigniés par le 
ferement de deux loiaux Tefmoins fans nul foupeçon , &: que il foient tel que ii 
naient nul pourfit au Teflament. Car fe il i entendoient à avoir pourfit leur.tefmoi- 
gnage ne vauroit pas , &: ça en arrière ne vaufifl: pas le Teflament qui ne feufl efcric 
fe il ne fuft tefmoigné par cinq Tefmoins fi comme nous avons entendu des Seigneurs 
cle Lois , mes noflre Couflume a corrompue chete Loy &: fueffre que Teflament fe 
'prueve par deux loiaux Tefmoins , &: auflint font toutes les autres quereles felonc 
noflre Couflume. 

. Ai^unc fois avient il que aucuns hons fen va hors dou pais , & lefi'e fon Tefla- 
ment fet & ordcné avant que il mueve en la main de fes exécuteurs , & avant que 
il revicngne il a volenté de fere autre Teflament tuit nouvel la ou il efl , en faifant 
le derrain Teflament , il ne rapele pas le premier que il fit au partir dou pais , & a- 
prezil mucvoit & vienentli duit Teflamens en place ,or cfl à favoir fc le premier Te- 
llaméns tenra en cel cas ou fil fera rapelé par le derrain Teflament , &: nous felonc 
noflre Coullumc,^ felonc noflre avis en déterminons nous en cctc manière que la ou. 
Il derrain Teflameiu ne fera m.entionde rapeler le premier ne contrariété ne fera trou-; 



y^ Des Teftamensi 

véc au derrain Tcftament , parquoi il apcrc que la volenté dou mort fuft tele que li 
premier ne fcuft pas tenus , li premiers &: li derrains doivent ellrc tenu pour Tefta- 
mcnt & apert, puifque contrariétés ne rappiaus ne fout trouves ou derrain , que clie 
ncft fors que adjoufhemcnt de Teftamcnf, fi comme il advient aucune fois que len fec 
Ton Teihment felonc Ton eftat au départir de fonpais,&: quant len eft hors len le 
fer des chofes que l'en a portées'de fon pais , ou que len a aquifes de nouvel, ou des 
chofcs meifmes qui demeurèrent', lefquelcs puecnt eftrelefliés en Tcftamenc , &: ne 
furent pas leffiés ou premier Tcftamenr,entous tiex cas vauroic le premier Teftamenc 
àc le derrains. 

Pour che que nous avons dit ichi deflus que li premiers Teftament ne vauroic 
riens fe corrtrarietés eftoit trouvée ou derrain, il eft bon que nous efclerons quele 
contrariété tout le premier quant il neft pas rapelés efpeciaument , la contrariété fi 
eft tele quant il lefTe au derrenier le contraire de che que il leiTa au premier, fî com- 
me fe il dit je vueil que mes exécuteurs prcgnent dix livres que Jehan me doit , & 
quils les doinfent as poures, ou premier Teftament il eft contenu que il avoit quitié 
audit Jehan fes dix livres , &: en tel cas apert il que li derrains Teftamens eft contrai- 
res au premier , &: pour che convient il que Jehan pait les dix livres , ou fe il Icfla au 
premier à une chertaine perfonne dix Hvres , &c il lelle ou derrain à chelle mefme 
perfonnc cent fols, la perfonne ne puet demander que les cent fols dou derrain Te- 
ftament ; car il ne fe puet aidier dou premier Teftament , puis que il fift mention de 
li ou derrain, Car il apert que il reftraint les dix Hvres as cent fols , &:fî entendez que 
nous nentendons pas fe contrariétés eft trouvée au derrenier Teftament en pluriex 
cas de che qui eft contenu ou premier , nous ne entendons pas que li premier Tefta- 
mens foie fauz, fors ez cas ou la contrariété fera trouvée , fl comme fe il eft ordoné 
ou premier Teftament que aucuns me iaiiTa le Quint de fon Hiretage ou autre cher- 
taine chofe par raifon de reftitution ou d'aumofne , & il n'en fct ou derrain Tefta- 
ment point de mention de moi, ne il ne leffe pas à aultrui che que il me lefTa, je le 
puis demander par la raifon dou premier Teftament , tout foie contrariété trouvée 
contre pluriex, qui furent nommées ou premier Teftament par le derrain Teftamenr, 
car la contrariété qui eft trouvée contre autrui &: non pas contre moi , ne me doic 
pas grever , mes fe il avoit leflé à autre perfonne que a moi par le derrenier Tefta- 
ment, che que il me Icfla par le premier, je ne le pouroie demander, car il aparoifl 
par le derrenier Teftament que il ne vout pas que je leuffe. 

Se aucuns fet deux Teftamens en divers tans , & chafcuns vaut ou tous , ou en 
partie par les raifons deffus dites , Sz chafcuns Teftamens doit eftre démenés par di- 
vers exécuteurs-, fi comme fe il eflcut autres exécuteurs au derrain Teftament que il 
ne fîft au premier, che n'eft pas contrariété qui toiUe la vertu dou premier Teftament, 
car il avient bien que H mors poiir hafter fon exécution veult que ele foie mainburnie 
par deux paires de gens , mes en tele manière jpuet eftre la concluflon dou derrenier 
Teftament, que ele rapelle le pooir des premiers Exécuteurs, fi comme fe il dift ge- 
neraumcnt je vueil que mi Exécuteur aient tous mes biens pour accomplir ma der- 
raine volenté , par chelui mot feroit oftée la vertu dou premier Teftament , &: li pooir 
des premiers Exécuteur, & pour che quant tiex cas viennent avant doit len moue 
bien pcnre garde à la fîgnifîcation des paroles qui font contenues ou Teftamenr. 

Toutes les fois que paroles font dites foit en Teftament ou hors de Teftament l 
lefqueles paroles ont pluriex entendemens , Ion doit penre le meilleur entendement 
pour chelui qui la parole dift , car len ne doit pas croire que aucun die chofe qui lui 
nuife à efficnt devant que il le dift (i clerement & par fî clercs paroles , que autrement 
entendement ne puet eftre trouvé. Doncqucs fc aucun fct Teftament , &: il a ou Te- 
ftament aucune parole ofcure, ou auciinc ou il i ait deux entendemens , l'en le doic 
jugier fc!onc lentendement que len doit avoir pour fauver famé , & fc la parole eft di- 
te en autre querelc len le doit jugicr que cil li dift à cette fin qucle li vauîift à fa que- 
rclc gaignicr , & les paroles qui font ofcures doit en faire cfclarcir fe eles puecnt eftre 
cfclarcics avant que len les mette en Jugement , mes pour che que eles ne pueent c- 
ftrc cfclarcies en Teftament, pour che que chi! qui les dift eft mors , doit on jugier 
fdonc la meilleure partie à fon ocs , & de fes paroles la ou il a pluriex entendemens , 



chapitre XI L 7/ 

& qui font ofcurs ncft il nus meftier que len les cfcrivc ^ pour chc que aucuns ni puiHe 
penrc aucune malice, mes Icgcrcmcnc le puet on favoir &:connoiftre fclonc chc que 
li cas avienncnt, fi nous en ibutîciTons à tans. , ; 

Il ne loit pas à tous à Fere Tcftament, car chil qui cft fous aage en autrui bail ou 
en autrui garde, ne puet ferc Tcftamcnt, car il na riens, ne liforcencz, ne li fol na- 
turel, car il nont pas pourquoi chofe que il facent doie eftre tenu, mes fc li forcenés, 
ou chil qui cft cheu en frenclic firent Tcftamcnt avant que che leur venift ; il vault j 
neis fe il le rapelloient ou tans de la forcenerie, ou de la frenefic, car chofe que ii Çx- 
ce en tel point ne leur doit grever contre la boue volenté que il eurent devant , ne 
chil qui point ne parle par che que il font muets des nature , ou fi aprcife de maladie 
que il ont perdus la parole , ne chil qui font condcmne pour leur mcffaid par Juge- 
ment , car il nont riens , ne chil qui font banni feur la hartdou Roiaume pour vilain 
cas de crieme de chofe que il aient ou Roiaume , car il meifont tout le leur comme 
ataint dou fet , puifque il nofent droit atendre , ne bons de Religion que quant que 
if a cfté à s'Eglife, exceptés, les Prélats, & les autres Religions ou aucuns puet avoir 
propre , fi comme Chanoines èc Preftres Séculiers , car tex Gens pucent tenir leur 
Hiretages, & fere che que à leur Religion appartient, &c pour che pucent il ferc Te- 
ilament , mes bien fi gartent en leurs confciçnces comment il en ordeneront des 
bkns qui leur font venus de leurs Eghfes j car micx vaut que il les laifîent à leurs E- 
gufes que ailleurs fe ainflî ncft que il voient leur Eglifcs en bon cftat, & que il foienc 
meuz par caufe de pitié à Icfficr en autre lieu che que il ont efpargnié. 

Aucune fois avient il que chil qui font leurs Teftamens font deceu en che que 
il c.uident que che que il leficnt foit leur &: il cft à autrui , Ci comme fe aucuns lelfe 
une Pièce de Terre qui cuidoit que elle feuft fienne & elle cft à autre, en tel cas doit 
on regarder pour quele caufe il fu meus à leifier là, ou pour fere reftitution du tort- 
ïet , ou pour aumofne, ou pour amour charnele, ou pour aucune detc paicr que il de- 
voir, & fe len voit quele fu leffiépour dete,oupour reftitution detortfet ,reftorsli doit 
eftrc fez de la valeur de la chofe, neis fe il neftoit ou prendre fors fcur che que il auroit 
leflîé par raifon daumofne , mes fe li Lais li avoir cfté fez pour aumofne , ou pour 
amour charnelle , li Lais feroit denule valeur , car len, ne puet ferc Don ne Aumofl 
ne dautrui chofe, ne l' Aumofne que chelui devifa, quant il fit fon Tcftamcnt ne doit 
pas nuire à cheli à qui len devoir dete ou tortfet. 

Chil qui lefte aucun heu faint ou aucune chofe fainte , & cuide que ele foit fieue 
& ele ne left pas, tex Lais font de nule valeur , &: fe aucun a aucune chofe fainte ou 
facrée qui fieue foit, il la puetlefller en Tcftamcnt en lieu convenable, ou à pcrfon^ 
ne qui foit convenable de tele chofe recevoir. Car fe aucun leftoit demain les Aour- 
nemens dun Autel à perfonne laie qui nauroit point de Chapele pour en fere ent fon 
pourfit, len ne le devroit pas fouftxir , car les chofes qui font eftablies pour Dieu 
îervir ne doivent en nule manière eftre mifes hors des mains à chaus qui font eftabli 
à fere le ferviche Noftre Seigneur. 

Se aucuns me îefte en fon Teftament che meifmes qui cft mien , H Lais eft de nu- 
le valeur , car pour noient me lelfe che qui cft ja mien , & che cas avons nous mis 
en noftre Livre pour aucune doute que nous avons veue de chaus qui en leur Tc- 
ftamcnt Icftbient à leurs Famés , ou les Famés à leur Seigneurs aucunes chertaines 
chofes de leur Muebles ou de leurs Conquefts, fi comme en difant : Je lefte à ma Fa- 
mé chele pièce de Terre qui fiet en tel lieu -, ou je laifife mon Pallefroi ou aucune 
propre chofe , &: quant il eftoit mors , la Famé difoit que elle avoit la moitié àcfon 
Droit en che qui lui eftoit leflié, fi req'Ueroit que pour che que il li avoit le tout Icftié au 
Teftament qui reftorli fuft fez le moitié qui fieue neftoit pas, ainchois eftoit à la Famé 
de fon Droit ; &c li Exécuteur difoient encontre que ele fe devoir tenir pour paiee , 
puis que ele avoit tout che qui fut lefijié comment quele leuft eu ou par fon Droit , 
ou par la vertu dou Teftament , & fur che fe miftrent en Droit. 

Il fu jugié que nul reftor ne feroit fet à la Famé , & que li Tcftamcnt ne fe cften- 
doit fors entant comme chil i avoit qui le Teftament fift, & par ccl Jugement puce 
len voir que chil qui me lefife chc qui cft mien ne me lailïe riens. 

Se aucuns fet Teftament, & il ordcne puis le Teftament fet contraire de che que 



il ordcna ou Ic/îa en Ton Tcftamcnt , li Tcftament en cel cas efl: de nule valeur , fi 
comme le il. me lefla en fon Tcftamcnt vingt livres que ie li dévoie, &: après le Tc- 
ftamcnt fct il me contraint à paier les vingt livres , il apert que il rapele fon Tefta- 
incnt de tant comme à moi monte, ou fe il me lefTc une Pièce d'Hirctage, &: après le 
Tcftamcnt i<:x il la vend à moi ou à autrui , je fie le puis pas après demander par rc- 
fon de Tcftamcnt, car il apert que chc ne fu pas fa dcrraine volenté que je cuflc che- 
Ic Terre par raifon de Tcftamcnt. 

Se une chofc cft leftlée entière à pluriex perfonnes par mcfprefure , fi comme fc 
il dift ou Tcftamcnt je vueil que Pierre ait mes Chevaus , & aprcs il dit en cel Tc- 



ftamcnt meifmc, je vucil que Jehan ait mes Chevaus, li Cheval doivent eftre dépar- 
ti moitié à moitié entre Pierre & Jehan, car il apert que h mors veut le pourfit de km 
& de l'autre &: chacune partie ne les puet pas tous avoir , fi doit len fuir la volente 
dou mort au plus prcz que len puet. 

Quant aucun lefle aucune chofc à autrui, &: il nomme le non de chelui à qui il 
lefife &: oublie furnom, ou il nomme le nom & le furnom , &: pluriex fe traient avant 
qui ont che meifme nom & furnom , fi comme l'en diroit P. de Clermont, & il i aroic 
pluriex qui auroient non P. de Clermont ,lcn doit regarder en tel cas auquel P. li mors 
entendi , &C che pourra len favoir par prefomptions , fi comme fe li mors eut à fere ou 
à marchander ou print le ferviche de lun & nient des autres , len doit entendre que 
che fu à cheli, &: fc len i truevetex prefomptions len doit regardera autres, fi com- 
me fc li uns cft pourcs & li autres cft riche j l'en doit miex 'croire que il laiflaft au 
poure que au riche , fi doit len baillier les lais à cheli de qui len croit que h mors len- 
tcndift. 

Quant len lefTe aucune chofc chertaine, &: la chofe périt de foi meifme avant que 
chelui foit mors qui fift le Teftament , ou aprez fa mort avant qucle foit bailliée a 
chelui à qui elle fut leflee, fans la coupe des Exécuteurs , fi comme fe li Chevaus cft 
leffiés , & il meurt, & ou une Maifon & ele art, ou Vin &: il cpant, li damages eft à 
cheli à qui il fu Icffié ne nul reftor heh doit cftrc fet , & fe il en fuioit les Exécuteurs 
pour avoir reftor, & leur mift fus que la chofe feroit perie par leurs Coupes , fe la 
coulpe cftoit telc que li Exécuteurs enflent la chofe perie , convertie en leur pourfit, 
il feroicnt bien tenu à reftorcr le damage , mes fe il gardoient la chofe en bonne foi 
dufques à tant que il euft'ent paie dctes & tortsfez & ele perifibit en cel délai il ne 
feroicnt pas tenus à reftorer cel damage , pour chc que detes &: tortsfez doivent eftre 
paie avant que lais , fi comme nous avons dit ailleurs en cheft Chapitre meifmes. 

Se aucuns de cheux qui font leur Teftament leflent toutes leurs beftcs fans efpe- 

eefier autrement , fc il a fonc de Brebis, len doit en entendre que che font eles que 

ilalefllés, &nepourqùant par le mot qui eft figcncraus nous créons que il emporte- 

roit tout che qui cft tenu pour Beftcs, Chevaux j Vaches, Pourciaux, &: autres Beftes 

fe il les avoir , mes fe il difoit je leftc mon fonc de Beftes len ni devroit entendre que 

les Brebis, car on ne dit pas foiicdeVaches,ne fonc de Chevaux, mes len dit bien fonc 

de Pourciaux &: fonc de Brebis , & pour chc fe il difoit, je leflc mon fonc de Beftes 

il feroit entendu de Brebis , & fe il difoit mes foncs de Beftes ^ &: il avoit pluriex 

foncs de Brebis ou de Pourciaux, il feroicnt tuit entendu , &: fe il en oftoit aucuns 

puis le Teftament fct ^ ou il acroiftbit d'autres, tous jours auroit li Tcftamcnt vertu en 

croiflant ou en appetiçant, & fe chil qui fift le Teftament oftoit tant de Beftes 

que li Remanant ne deuft pas eftre tenus pour fonc , li Lais du fonc feroit de 

nule valeur & len doit entendre fonc là où il a tant de Pourciaux ou de Brebis que 

il i convient une garde. Car chc neft pas fonc de Beftcs qui font lans garde eftablie 

proprement pour clcs , & pour che a il es Viles Bergicrs & Porchicrs qui gardent 

les Beftcs de chafcun de ceux quiBeftès qui y ont fi peu que il ne vuclcnt pas mètre 

propre garde pour (i poi de Beftcs , & pour che fc len lappcUe fonc quant clcs font 

toutes cnfcmble ne puet pas chafcuns dire de chaux qui Beftcs i ont que il i ait un 

fonc, de Beftes. 

Toutes chofes qui font laiflccs par leurs propres noms es Tcftamcnt fe clcs em- 
pirent ou amendent puis le Tcftamcnt tait h amendement ou li cmpircmcnt eft à 
thclui à qui eks furent leflccs , car il cft bien raifons que chil qui puet avoir le da- 
mage 



Chafitre XII, ^^ 

mage ait le pourfic , fixommc fc aucun leflc une piccc de Tcire que il achcnta ou le 
Qumt de foiiHu-ctagc, &: il puis IcTcrtamenc fccMaifon ou Vi^nc en ladite Tcnx 
fans rapeller le Tcftamcnt, chil a qui clie fut Icffic en doit porter la Terre tclc corn 
me elle cft après la mort diccli &r encontre chc fe il avoir Maifon ou Vi<Tnc en la Ter" 
rc Icfllé quant le Tcftament fu fez , & chil qui fiftleTeftament oftoit la Maifon ou cfl 
fartoit la Vigne, chil à qui le Lais fu fet ne pouroit demander la chofc fors que tclè 
coume il la trouvcroit, & par che que nous avons dit puet on entendre de toutes 
chofes qui puecnt amander ou empirer puis que li Tcftamcns font fet , fi coumc len 
nous a devifc devant. 

Len puet bien fclonc noftreCouftumefcre Laie par condition fi comme fcaufcuns 
dit , je leflc à ma Famé mes^ Mucbles èc mes Conque/ls, en telc manière que elco-ar- 
de mes Enfans &r que elle fc maintiengnc loiaument en gardant fa bonc rcnomiSc; 
& fe elc ne le kt ainfîint, je vucil que cle foit tenue à mes Hoirs de che que je lui 
Icflc. Se Lais eft fet en ccte manière &: la Famé nacomplift pas la condition , i\ com- 
me fe elle fc demainne folement, on met les Enfans hors de foi, ele eft tenue à ren- 
dre chc qui lui fu Icifé, &: pour che toutes les fois qui Lais efi: fet en cete manière 
par condition chil qui les Lais veut avoir doit fere fcurté as Exécuteurs dou mort 
que il aemplira la condition en la manière que il eft contenu au Tefiiament, exceptées 
Jes conditions qui font contre Dieu , comme fe aucun difoitpar errement en fonTe- 
flament, je lefle à Pierre cent livres entcle manière que il me venge de Jehan qui me 
baty , tels Lais & tels conditions font de nulc valeur; car fe il avoit Jehan batu , ne 
pouroit il emporter che qui Hii fut convcnancié pour la raifon de la laide cuvre , ne 
Teftamcnsne doit mie cftre fez felonc cruauté mes fclonc mifcricorde ; &: ainfiînc 
ont les aucuns lelfié aucune fois à leurs Famés, ou les Famés à leurs Maris , par tele 
condition que chil qui feurvivoit ne fe remariaft pas , mes cheftc condition eft con- 
tre Dieu , & pour chc nous eft il advis en che cas que chil qui feurvift neft pas te- 
•nus aemplir la condition fe il ne le crcanta à cheli qui fift le Tcftament , ou fe il 
ne voiia chaftée , & fi ne doit pas pour che perdre le Lais , car raifon damour & de 
aufmofne donne que h un puet Icfller à lautre , & bien en doivent eftre oftées les 
mauvefes conditions , & par chclcs conditions que nous avons dites puet len enten- 
dre les autres qui doivent eftre tenues ou non tenues en Teftament. 

Voirs eft que fe li Hoir dou mort vieut fere bonne fauve feurté aux Exécuteurs 
de paier tout che qui eft contenu en Teftament par leur main & par leur confeil len 
ne M doit pas oftcr que il nait la pofleffion des biens au mort , car fe li Exécuteur 
cmportoient les biens pour le Teftament paier , & il i avoit remenant par deftcur le 
Teftament paie , fe le doivent il rendre à loir. 

Il loit bien à loir que il face contraindre les Exécuteurs que il rendent conte de 
ehe que il ont fet dou Teftament que il priftrent fur aus par deux raifons ; La premiè- 
re eft pour che que chafcun doit vouloir que la volenté de fon PredecefiTeur Ibit a- 
comphe ; La féconde fi eft pour chc que fe il i a remanant par defleur le Teftament 
paie le pourfit en eft fiens ; &: quant il puet avoir aucun pourfit en la chofc, bien eft 
raifon que il fâche quoi, & che ne pouroit il favoir fe contes neftoit fet dou Tefta- 
ment. 

Bon eft pour che que les fimples gens ne fevent pas la fourme comment len doit 
fere Teftament, &: il ont meftier à la fois en tel heu où il ne pucentpas avoir Icgierc- 
ment confeil que nous metons en noftre Livre la générale fourme de fere Teftament, 
fi que chil qui vouront fere Teftament y puiflcnt trouver eflample de fere Teftament. 
El non dou Père & dou Fil & dou fiint Efperit. Amen. Je Pierre de tel heu fais 
à favoir à tous prefans &: avenir que je pour le pourfit de marne en mon bwi fcns & 
mon bon mémoire, fais &c ordené mon Teftament en la manière qui en fient. Premiè- 
rement )C vueil & ordene que toutes mes detes foient paiécs , &: tuit mes tortzfes, 
amandes conncus ou prouvés devant mes Exécuteurs ,' & bien doit nommer & fpe- 
cifïcr en fon Teftament toutes les detes & tous les tortzfes dont il puet eftre fouve- 
nant , car che eft grant pes &: grand dehvrance aux Exécuteurs & à chaus meifmc 
qui font dit ou ledit Teftament ,"as Exécuteurs pour che que il fontchertain de la vé- 
rité fans peine par le tefmoignagc de chcluiqui fift le Teftament, & à chaus qui font 



9-^ D^s douaires, 

nommés ou Teftanicnt pour chc que il font délivres de paicr. Et che qui neft dit ou 
Teftament , mes detes & mes tortzfez conneus ou prouves par devant mes Exécu- 
teurs, il les prouvent par deux loiaux Tefmoins , auflint comme pardevant autre Ju- 
ac en autres quereles , car de la querelc dou Teftament font li Ezecuteurs Juges en 
che cas &: en autres felonc le poou- qui leur eft donne au Teftament, & fc chil qui fet 
le Teftament nomme en Ton Teftament aucunes de Tes detes & de Tes tortzfez pour 
che ne doivent pas perdre li autres qui loiaument le veulent prouver. Apres doit on 
dire ou Teftament quant les detes & li tortzfez font paie & efpecifié ou dit en gêne- 
rai conneus ou prouvés pardevant mes Exécuteurs , che que len vieutleflîer &: dépar- 
tir pour lame de li pour raifon daumofne , & puis quant len a dit à qui &: combien , 
on doit dire &c devifer fcurquoi il fera pris, ft comme fur Muebles ou feur Conques, 
ou feur le Quiiit de fon Huetage , ou feur toutes (c^ trois chofes , fe lune ou les deux 
ne pueenc fouffirc. Et après (^.oit on nommer fes Exécuteurs & donner pooir de mè- 
tre le Teftament à execucion, en difmt, & pour toutes ches chofes deflufdides main- 
tenir je ai efleu Exécuteurs Ph P. & J. &: doit nommer leurs furnoms , &: leur doit 
donner plain pooir de rechevoir , de paier & pleniere fezine des biens dequoi le Te- 
ftament doit cftre paie ; Et pour le péril que li un des Exécuteurs ou li duit naient ef- 
foine que il ne puiflcnt entendre à la befoigne dou Teftament , il eft bon que il doint 
pooir à tous cnfemble &: à chafcun en par foi fe li autres ni pueent eftre , &: après 
doit mètre le tans que che fu fet & fceller loi de fon Seel & dou Seel à fes Exécu- 
teurs fe che font perfonnes qui ayent Sceaux , & fe chii qui fet le Teftament na 
point de Seel, il le doit fcre fceller de Seel autentiquelî comme de Seel de Baillie ou 
de Court de Chreftienté , car li Seauz d'un fimple Preftre ne vaut que pour un Tef- 
moin ; mes fe deux Preftres i mettent leurs Sceaux , il foufifent quant il tefmoignent 
en la Letre que il furent prcfens au fere le Teftament, ou il ouirent recorder par che- 
li qui fift le Teftament , & leur requift que il y miflent leurs Sceaux ; Et fe chil qui 
fîft le Teftament eft aprefte de Maladie parquoy il ne puet pas tant atendre que Gens 
i viennent qui le puiflcnt tcfmoigner par Seel fe il eft tefmoigné par vive voix, il nous 
fouffift en la manière que nous avons dit ailleurs en cheft Chapitre meifme. 

Se il avient que aucun face fon Teftament & li Exécuteurs ont tel Eflbine que il 
demeure par leur Eflibine à eftre mis à exécution, pour che ne doit pas UTeftamens 
cftre anicnti, ainchois eft raifons que ft toft comme la connoiflance en vient à fain- 
te Eglife ou au Seigneur de la Terre , il doivent fere mètre le Teftament à exécution 
par loial Cent pour le pourfit des Ames. 

Tout foit il ainflînt que li Quens qui tient en Baronie a la connoiflfance des Tefta- 
mens quant len vient à lui , nepourquant il ne puet défendre fe débats eft dou Tefta- 
ment que li Plez ne foit en la Court de Chreftienté , mes que che feit avant que Plez 
foit entamés par devant li , &: fe Plet de Teftament eft mis afin en la Court laie, ne 
convient il que il foit mainburnis ne par quelconque Cent que che foit , il loit à la 
Cour de Chreftienté que il fâche comment il en a efploitéft que fil y a que amander . 
par h doit eftre amande. Car à aus apartient che qui eft fet pour le fauvement des 
âmes plus que à autruy. 

Chi dcfine h Chapitre des Teftamens , &: hqucl valent, & liquel non. 

Chi commencbe li trae:(iejme Chapitre de chefl Livre ^ liquiex parole des Douaires 
que les Famés doivent avoir après la mort de leur Maris par la raijbn de leur 
Mariage, & comment eles les pueent tenir , & comment il revient aux Hoirs par 

^ caup d'Hiretage. 

CHAPITRE. XIII. 

BOn eft que après che que nous avons parlé ou Chapitre devant cheftui des Te- 
ftamens , que nous en cheft Chapitre qui enficut parlons des Douaires, pour che 
que après chc que chil qui font en Mariage ont ordencs leur Teftament & leur dcr- 
lainc volcnté , &: ils font trcfpaflc de cheft ficclc, il eft mcfticrs que leur Famcs qui 



ChAfitre XI IL yj 

demeurent cfbahies &: dcfconfortccs/oient gardées que forchc ne leur foie fctc en chc 
que elcs onc acquis par la raifon dou Mariage après le dcccs de leurs Maris , &: pour 
che nous dirons quiex Douaires clcs doivent avoir &: comment clcs les doivent tenir 
fclonc noftre Couflumc. 

Par la gênerai Couftume la Famé emporte en Douaire là moitié de tout l'Hircta- 
ge que Çc% Barons avoir de Ion droit au jour que il lefpouGr fc il ncft ainflint que fcs 
Barons ait eu autre Famé de laqucle il ait Enfans , car adonqucs ne emporte ck pour 
Ton Douaire que le quart de l'Hiretagc Ion Baron ; car li Enfans de la première Famé 
emportent la moitié dont leur Mère fut douée,&; fe li Hons a eu deux Famés & Enfans 
de chafcune Famé , la tierche Famé n'emporte que luitiefme , & ainifuit poués en- 
tendre de la quarte Famé le fezime , mes combien que li Barons ait eu de Famés fc 
il nen a Enfans li Douaire de chelle qui après vient nen efl: point apeticies , car li 
Hiretages dou Baron demeure en autel eftat comme il cftoit quant il efpoufachele de 
qui il na nus Enfant. 

Emplet de Douaire na point de Contrcmant ne de jour de Confeil , mes il i a jour 
de veue, & pour chèque la Famé ne foit damagié pour le délai , li Juges fî toft com- 
me cle le requiert doit penre en fa main tout che que ele demande par raifon de 
Douaire , & puis connoiftrc en prefence de partie fe ele i a Douaire ou non. 

Se un hons par noftre Couftume a une Famé de laquele il ait Enfans &: la Mère 
muert , li Hons ne lera pas pour fcs Enfans fe il li plet , à vendre fonHirctage, tout 
fbit che que la Mère as Enfans fuft douée delà moitié , car Douaires par noftre Cou- 
ftume naherite mie Enfans en manière que li Pères ncnpuift fere fa volenté de fon 
Hiretage puis la mort de fa Famc. 

Se il avient que un Hons vende fon 'Hiretage au tans de fa Famé , &: fa Famé ne 
vieut renoncier à fon Douaire , li Hons puet garentir leMarchié au vivant de lui mau- 
gré fa Famé. J^t fe la Famé muert avant de l'oume il garantift à tousjours , &: fî Ions 
muert avant la Famé , la Famé emporte fon Douaire -, mes fi toft comme ele va mor- 
te h Hiretage rêva à cheli qui lâchera , tout foit che que ele ait Enfans de cheli 
qui le vendit, & par che appert il bien que li Enfans ne font pas Hérites par la rat- 
ion dou Douaire leurs Mères felonc noftre Couftume. 

Encore vi je un Jugement par lequel il apert bien que li Enfans ne font pas Hc- 
jrkes par la raifon des Douaires ; car un Gentixhons h eut trois Fames,de la première 
& de la féconde i\ eut Filles , & de la tierche il eut Fis &: Filles; après li Gentixhons 
mourut , les Filles de la première Famé demandèrent la moitié de l'Hiretage par la rai- 
fon que leur Mère en fut douée ; les Filles de la féconde Famé demandèrent le quart 
de l'Hiretage pour la raifon dou Douaire leur Mère ; &: li Fiex malle de la tierche 
Famé demanda Lainneefcc de tout l'Hiretage fon Père, cheft à favoir les deux parts 
des Fiefs, & le Meftre Manoir & l'Oumage de lautre tierce partie de fes Sereurs, 
tout fut che que eles fuflent ainnées des premiers Mariages, & feur che fe couchie- 
rent en Droit. 

Il fu jugié que li Hoirs malle de la Famé dcrrainne emporteroit Lainnefce , cheft 
à favoir, les deux parts des Fies & le Chief Manoir & l'Oumage de fes Sereurs de la 
tierche partie. 

Famé qui tient Mefon en Douaire le doit tenir de Couverture & de Clofture fouf- 
fifant. 

Se Famé tient Boz en Douaire , ele ne le puet couper devant qui il ait fept an<: 
acomplis. 

Se Famé tientVignes en Douairc,il convient que ele les maintiegne en tele maniè- 
re que eles ne foient eifiUiés. 

. La Famé par noftre Couftume emporte en fon Douaire le Chief Manoir , touc 
foit che que che foit Forterefle , & tout l'Enclos , tout foit che que il foit tenus de 
pluriex Seigneurs. Et ce cas de la Forterefle ai je veu debatre & puis aprouver par 
Jugement. 

Il eft ou choix de la Famé quant {es Barons eft mors de leflier tous les Muebles 
& toutes les debtes as Hoirs , & demporter fon Douaire quite &C délivre, & fil li plet 
clic puet partir as Muebles ; & fe cle i part , cle eft tenue à fa part des detes. Et puis 

K \) 



76 



Des Douaires. 



que elc a pris lun des choix, elc ne fc puce pas recouvrer à lautre ; ainchois convienc 
que elc en fuefFie fon preu ou fon damage. Or eft à Hivoir fe ele eu vicuc porter i"a 
part des Muebles fc elc fera fcurté as Hoirs de paier fa part des deics. 

Il fut jiigié à Creil qui eft des Membres de la Contée de Clermont, que eleneftoit 
pas tenue à fere fcurté ; car li Hoirfc puet défendre envers les Debteurs que il neft 
tenus envers aus que de fa partie:mcs il eft bonc chofe fe il cil; denoncié au Juge que ele 
ait petit Hiretage pour fi part des detes paier, &; que ele ufc folcmcnt des Mucblcs, 
ou que ele fen vient aler hors dou Pais , que li ficns foit arreftés dulques à tant que 
ele ait fet bone fcurté au Seigneur : Mes fc elc vient elc ne fe jufliciera fors par la 
Cour de Chreftienté ou tans de fi veveté. 

Quant famé fe remarie , elc revient du tout en la Jurildition de la laie Court. 
Ou point que la famé muert qui tient en Douaire , li Douaire vient as hoirs ou 
point que il eft ou tans dou Trefpaflement à la famé , tout foit che que il i ait Bos 
aagié à couper , ou Vignes prcftes à vendangicr, ou bleds, ou mars prefts à foier, ou 
Prez à fauchicr, mes fe il i a rentes ou deniers deuz, dont li terme font pafics, ains 
quoi que elc muere, teles detes font as hoirs de la firme ou à fon Teftament acm- 
plir , fe ele le devifc. 

Li gênerai Couftume des Douaires de che que la famé emporte la moitié de che 
que hons i a au jour que il Icpoufa, fi comme je ai dit dcflys , fi commenchc par l'E- 
flablincment le bon Roy Phclipes Roy de Franche , lequel regnoïc en l'an de grâce 
IZI4. & chcft Eftabhfîcment commanda il à tenir par tout le Roiaume de Franche, ex- 
ceptée la Couronne , & pluriex Baronies tenues dou Roiaume , lefquelcs ne fe par- 
tent pas à moitié pour le Douaire, ne ncnportent les Dames en Douaire fors qui leur 
eft convenancié en fezant le Mariage ; & d<ivant chcft EftablilTement dou Roy Phe- 
lippe nule famé n'avoit Douaire fors tel coume il cftoit convenancié au marier ; & bien 
apert que la Couftume cftoit tele cnciennement par une parole que li Preftres fet dire 
à rOumc quand il efpoufe lapamc; car il Ii dit dou Douaire qui eft devifés entre mes 
amis & les tiens te deu. 

Se Terre efchiet de cofté à chcli qui eft mariés comme de Oncle ou d'Autain, de 
Frère ou de Sereur, ou de plus lointieng degré de Lingnage , &: li Hons muert, la 
Famé na nul Douaire en tel manière d'efcheoite ; mais fc aucune telc efcheoite efl: 
efchcue à î'Oume avant que il lait efpoufée, il eft aperte' chofe que ele en eft douée 
aulfint bien comme dou propre Hiretage à I'Oume. 

Se aucune defcendue d'Hiretage vient à I'Oume ou tans que il a Famé , comme de 
fon Père ou de fa Merc, ou de fon Aiol ou de s'Aiole, ou de plus loing en defcen- 
dant , & li Hons muert puis chele defcendue ains que la Famc , la Famé emporte la 
moitié par la raifon de Douaire ; mes fc la defcendue ne vient devant que li Hons 
eft mors , tout foit che que ele en ait Enfans , ele ni puet demander Douaire ; car li 
Barons nen fut oncques tenans , ainchois vient as Hoirs ; &: fe li Hoirs ne font aagies 
la Garde des Hoirs & des Hirctagcs appartient à la Merc, &: auflînt tcnroit ele la Gar- 
de de toutes les autres efcheoites quivenroient à fcs Enfans foubz aagies. 

En un cas auroit bien Famé Douaire en l'Hirctage dont fcs Barons nauroit onc- 
ques efté tenant ne prenant, chcft à favoir fe un Hons fc niaric &: il a Merc, & la- 
quelc Merc tient Hiretage en Douaire de par le Pcre au Marié , fc chil Mariés muert, 
& fa Merc auflint après qui tenoit en Douaire , la Famé du Marié emporte la moi- 
tié de che que la Mcre tenoit en Douaire , car il cftoit ja defccndus dou Père au Ma- 
rié le Mariage durant, fi que la Mère ni avoir que la vie, &: pour che revient il au fé- 
cond Douaire, aulfnit comme fe la Dame feuft morte le vivant de fon Fil. 

Trois cas font efquicx li Hoir ncmportent pas le Douaire auflmt vellu comme il le 
truevent : Li premier cas fi eft quand Famé baille à moitié à gaaingnier les Terres, 
que clcs tient en Douaire ; car en ccl cas fe elc muert ainchois que h biens foient dcC- 
pouillics , li Gaaingnicrrcs emporte fa moitié fc il neft ainlTint que li Hoir vucllcnt 
rendre au Gaaingnicrrcs les Coufts refnables que il i amis -, car la Famé ne puet ga- 
rantir marchié que elc £icc de l'on Douair^^ puis le tans de fa mort, ne il neft pas rai- 
fon que le Gaaingniercs perde che que il i a mis par caufe de bonne foy, & nepour- 
quant en aucuns casipouroit bien li Gaaingnicrrcs folemcnc mctrc,li comme le il pic- 



chapitre X 1 11, ^^7 



noit \ pluncx anécs a fumer ou à marier , ou à Vigne planter ; car en c<îl cas H Hoir 
ne font tenu à tenir le marchié puis la mort de la Famé, ne à ticx Coufls rendre. 

Le fécond cas ficft fe Famé a baillic fon Douaire à Ferme de Grains ou de Deniers 
& elle niucrt avant que les dcfpouillcs foicnt levées, en chcli cas ne doivent penrc li 
Hoirs que che que li Fermiers doivent , & fc il ne voit que la chofc fut b.ulLc à mal 
refnablc prix; car adonques puct penrc li Hoirs toutes les dcfpouillcs par le Gaaino-na- 
ge paiant. ^ 

Li tiers cas parquoi li Hoir nemportcnt pas che qui c/l fcur le Douaire fi cil le 
Bos quant il cfl coupés , ou les Blés ou les Mars quant il font foies avant la mort de 
la Famé; car fc font Mucblcs qui font delfcures de l'Hirctagc, mes aucune fraude en 
puct en fere là oiiil auroit à amaudcr , fi comme fe len haltoit le Bos à couper ains 
que il cull aage de Icpt ans , ou les Vignes vendangicr en verjus , ou les defpouillcs 
foier trop vers , &: puis mouruft la Famé , ains le terme que clies chofes deuifcnt 
cftrc defpouilliéeSjCn che cas penroit liHoir les dcfpouillcs, (î des eftoicnt fcur l'Hi- 
rctagc , &: fcroient II Hoir de la Famé morte tenus à rendre les damages de che que 
chil bien auroient efté trop toitl dcfpoilles , ncis fc li biens cftoient mis hors dou 
Douaire avant que la Famé mouruft ; car fe feroit tortfet apers , & pour c\\z aroit 
li Hoir aftion de demander tcx manières de tortzfez as Hoirs de la Famé , ou as 
Exécuteurs fe cle avoir Exécuteur qui tant euflcnt biens à la Famé que il pcuifcnc 
tcx damages rellorer. 

Encore vis je ferc Jugement par lequel il apert que li Hoir ne font p:,s ahcrités 
par la raifon des Douaires leurs Mères , & fu li Jugemens tex que un Chevalier fi 
eut deux Famés ; de la première il eut un Fil ; de ia féconde il ot un Fil & une FiUc; 
li Ckevahers mourut & fa Fameaufîl ; li Enfins partirent fclonc la Couftumc dou pais, 
puis avint que li fins malle de la derraine Famé mourut , la fuer veut avoir fcfchcoite 
par la raifon de que ele eftoit fa Suer de Père &: de Mcre, & par la raifon de che que 
leur Mcre avoir efté douée de che que clc & fcs Frères auroicnt emporté en partie , 
auquel Douaire avoir il navoit plus de Hoirs que li. 

A che refpondi li Hoir malle de la première Famé, & difoit que à lui appartenoic 
chefte Efcheoite par deux raifons ; la première», pour che que fuers ne partiffent pas 
à nule Efcheoite de cofté ; la féconde raifon , pour che que Douaire naheritoit pas 
par la Couftumc de la Conté , &: comme l'Hirctagc vient de par fon Père, qui Fius il 
eftoit &:Hoir malle, il rcqueroit à avoir l'Efcheoitc de l'Hirctagc, &: feur che miftrenc 
en Droit. 

Il fut jugié que li Hoir malle emportcroit ladite Efcheoite & que la Suer ni auroit 
riens , & par ce apcrt il que Douaire nahcrite pas fclonc la Couftumc de la Contée. 
Che que nous avons dit par pluriex raifons que Douaire nahcrite pas par la Couftumc 
de Biauvoifins,nous le entendons des Hirctagcs qui font tenus enFief,carlesHiretafTcs 
qui font tenus en Vilenage fc partiffent felonc les Douaires,fi comme fe il avient que^un 
Hons aittroix Famés & Enfans de chafcune Famé, &: après li Père muert,& Ii Enfans de 
la première Famé emportcntla moitié de tous les Vilcnagcs,par la raifon de che que leur 
Mère en fut doûée,&: li Enfans de la féconde Famé emportent de lautre moitié la moitié, 
cheft à entendre le quart de tout rHiretagc,pour che que de tant fu leur Mcre douée, &: 
li Enfans de la ticrche Famé emportent de lautre la moitié, cheft à entendre le uuiri- 
me de tout, pour che que de tant fut leur Mcre doiiée, &: quant fcs parties font fê- 
tes, il demeure en ces parties une uuitime, ou fc il ni a que les Enfans de deux Fa- 
més , Il premiers en ont portée la moitié , &; li fccontz le quart, il demeure en 1 Hire- 
tage un quart à partir , fi doit len favoir que li quars fe il ni a deux paires d'Enfans, 
ou li uuitifme fil i a Enfans de trois Famés fe doi départir igaument entre tous 
. les Enfans foient premiers ou fccontz ou tiers autant à lun comme lautre, car la par- 
tie dou Pcre qui demeura fans eftrechargiéc de Douaire nus des Enfans ni a avanta- 
ge ne ainneefccen chaus qui font tenus en Vilenage : Car des Fiez parlerons nous ou 
Chapitre de Dcfcendemant&: d'Efchcoite comment il fc divifcnt. 

Tout foit il ainfi que les Dames par la Couftumc de Biauvoifins emportent lesFor- 
tereffes en Douaire , nous Icntendons de cheles Fortercflcs qui ne font pas Chafteaux, 
Jiquel font appelé Chaftel par la raifon de che que il font chicf de la Conté , fi coni- 



«y Des Douaires, 

me Clcrmont ou Creil , car nus de ceux nen fcroit portés en Douaire, nepourquantfi 
toft coum.c 11 Sires dou Chaftel efb mors , la Dame doit demeurer en la fezine dou 
Manoir dou Chaftel dufqucs à tant que li Hoir li ait fet Manoir fouffiGint felonc le 
Douaire de la Terre &: au lieu la ou li Douaire fict , tout foit chc que la Dame ait 
autres Manoirs de fon Hiretage, & che vifmes nous jugier pour la Dame de NuUy en 
rOftcl le Roy. Car quant chez Sires fu mors fi Hoir de la première Famé quil ot eue 
le debatirent que elc ne devoir pas avoir le Chaftel de Nulli en Douaire pour deux 
raifons : La première raifon fi eft pour che que leur Mère en avoir cfté douée : & la 
féconde raifon fi eft pour chc que che eftoit Chaftelerie , ne oncques pour ches raifons 
ne demoura que cle ne Icmportaft par Jugement, & par che apert il encore bien que 
li Hoir ne font pas ahcrités en Biauvoifis felonc les Douaires es Héritages qui font 
tenues en Fief, car fe il en feufTent aherités ainifint coume il Tont en Franche ele ni 
euft pas eu Douaire puifque li Sire de Nulli euft eu autre Famé & Enfans de chele 
première Famé , ainchois len enflent porté li premier Enfan pour le Douaire leur Mè- 
re. 

Tout foie il ainfllnt que la féconde Famc ou la tierche emporte tout le Manoir 
en Douaire par la Couftume de Biauvoifis , pour che neft il pas à fes Enfans que ele a 
de chelui pour qui cle emporte le Manoir en Douaire , ainchois quant cle eft morte 
revient li Manoir à l'Hoir malle dou mort ainfné , hors part des autres. 

Nous avons veu pluriex Plais entre les Dames veuves dune partie & les Exécu- 
teurs ou les Hoirs dou mort de lautre , fur che quant la Dame renonçoit as Muebles 
ou as detcs fi en vbuloit elc porter fa plus belle Robe aparer & fon plus biau Litfourni, 
& de chafcune manière de ]oiaux le plus bel , fi comme le plus biau Henap , le plus 
bel Anel, & le plus belChapel , fi que nous avons veu en aucuns licx , là où il a cfté 
fouffcrt par debonaireté que ele emportoit bien autant ou plus de Muebles comme il 
dcmcuroit as Hoirs ou as Exécuteurs , &: aucune fois avons nous veu que quant ele 
vouloit partir as Muebles & as dete fi envouloit elc porter hors part,che qui eft dit ded 
fus ; mes Dieu mercy ciz debas eft venu par devant nous en Jugement à Clcrmont, & 
a cfté jugié que quant U Sires eft mort , foit que la Dame vueiUe partir as Muebles 
& as detes, ou foit quele i renonce pouç che que les detes font grans & h Muebles pe- 
tit, ele emporte tant feulement hors fa part, fa Robe de chafcun jour ,1a derraine que 
cle avoir acouftumé à veftir à chafcun jour ou tans que Barons acoucha malade, &; 
fon Lit tel coume ele lavoit accouftumé plus communément pour fon gefir, & tous 
autres Muebles tiex que ils foient doivent venir à partir , fi ele partift as Muebles & 
as detes, & fi elc i renonce tout doit eftre délivré as Exécuteurs que li mors eftablis 
ou as Hoirs , chc qui deure après le Teftament paie , &: ccl Jugement entendons nous 
auffint bien entre Gens de Poofte qui font de franche condition, coume entre les Gen- 
tilhoumes. 

Nus ne doit douter quant Muebles viennent en partie entre les Dames Veuves 
& les Hoirs , & les Exccuteurs de leurs Seigneurs, &: U i a Blcdz femés , ou Tremois, 
ou Vignes fetcs dufqucs à tant que la nciflance de la Grape, i pertque tiex dcfpouil- 
les ne viennent 'k partie aulfint comme li autres Muebles, car che font Muebles par la 
Couftume de Biauvoifis , & des Coufts qui i font encore à mètre avant que len puift 
tex Muebles lever, chafcune partie doit mette felonc la partie que il en doit porter 
des Muebles , car chc ne fcroit pas raifon que li Exécuteurs fciflcnt foier les Bledz 
ou vcndcngcr les Vignes asCouft de Icxecution defquex la Dame cmporteroit fà part, 
iSc pour che i doit chafcun mètre fon Avenant. 

Se il avicnt que li mors muere avant que Bledz foient femés ,mes les Terres ont 
leur roiez ou aucunes de leurs roicz , ou les Vignes font fouies ou teilles ou prouvi- 
gnccsffîîes les grapcs ni aperçut pas encore, en tex cas ne viennent pas les dcfpouilles 
qui puis i font mifes en partie: mes li Labourage tant leulement , de tans pafi'c , Ci 
comme fe les Gafchicres font fetcs au vivant dou Seigneur, & le Douaire à la Dame 
Il eft afTis en Terres vuides , (i les Gafchicres furent fctes dou fien &: de fon Seigneur, 
il eft bien raifon que che qui i fut mis de fa partie li fut rendu de chaus qui em- 
portent les Gafchicres toutes fetcs. 

Voirs eft quant il convient que U Douaire foit exceptes de la partie as Hoirs la 



chapitre XIV, ^p 

Couftume eft tele que la Dame qui vieut avoir le Douaire fcc la partie ,& quant clc 
ala partie fetc, Il Hoirs dou mort prend laquclc partie qucil h pk:, &: pour chc cfl: il 
bon à la Dame (c clc met les Terres vuides d'une part, &: les plamcs d'autre, que elle 
face retenue que feli Hoir ou les Exécuteurs preneur les Terres plaines que fa partie des 
Muebles li foit fauvce, car fe ele laillbit courre la partie fimplcment fans fcre retenue, 
de naroit nul reftor des Terres plaines , pour che que il fcmblcroit que clc auroic 
tout avalluc lun contre lautre. 

Douaire eft acquis à la Famé Ci toft comme loiaux Mariages & Compaingnicchar- 
nele eft fetc entre lui & fon Mari , &: autrement non, 

Ghi define li Chapitre des Douaires. 

Chi commenche li quatorTiefme Chapitre de chef} Li'vre , liquel parole des Defcen" 

démens & de Efcheoite de coflé ^ & de partie d'Hiretage ^ de R^aport^ 

ç^ des'Vons qui ne Jont pas à foujfrir 0^ défère kloumage. 

CHAPITRE XIV. 

MOut de diverfes Couftumes font en partie d'Hiretages qui viennent en def- 
cendant ou par Efcheoite de cofté par le Reaume , & pour che nous en par- 
lerons en cheft Chapitre, & dirons comment parties fe doivent fere eu Fief & en Vi- 
lenage, &: fi dirons la différence qui eft entre Defcendement &: Efcheoite de cofté, & 
fi parlerons des Raports que chil doivent fcre qui vuelent partir, & comment liDon 
outrageux ne doivent pas eftre fouffert, & comment li Hoir doivent traire à leur Sei- 
gneur , pour fere leur houmages. 

Defcendement fi eft quant Hiretage defcend de Père as Enfans , ou d'Aiol as En- 
fans de fes Enfans , fi coume fe il avient que un Houme a Enfans & chaus ont En- 
fans , &: h premier Enfans fi muèrent ains queli Aieuz , fi que li Hiretage defcent de 
FAieul as derrenicrs Enfans , ou quant Hiretage defcend de par la Mère , ou de par 
l'Aiole , tout Hiretages qui ainlTint viennent len doit dire que cheft Defcendement. 

Efcheoite fi eft quant Hiretage defcent de cofté par la defaute de che que chil qui 
muert na nus Enfans , ne nul qui de fes Enfans foit iffus , fi que fes Hiretage efchec 
à fon plus prochein parent , fi comme à fes Frères , ou à fes Sereurs , & fe il ni a nus 
frères , à k% Oncles , fe il na ne Frères , ne Sereurs , ou à fes antains , ou fe il n'a ne 
Frères, ne Sereurs, ne Oncles, ou à fes Confins Germains, ou à fes Confines Germai^ 
nés, ou à fon plus prochain parent dedans le quart degré de lignage. 

Quant Hiretage vient en defcendant, fe il defcend à Sereurs lainnée emporte des 
Fiefs le chief Manoir & li remenant fi eft partis igaument à chafcune , & viennent 
les maifnées en loumage de lainfnée Sereur , de tex parties comme eles emportent, & 
lainnée Sereur vat à loumage dou Seigneur de fa partie d'Hiretage que ele emporte , 
& des houmages des Sereurs. 

Se Hiretage defcent as Enfans ou il ait hoir mafle , li hoir mafle emporte le chief 
manoir hors part , &: aprez les deux partz de chacun Fief,&h tiers qui demeure doit 
cftre départis entre les mainfnées igaument , autant à lun comme à lautre , foient Frè- 
res , foient Sereurs , & de leurs Parties , ils viennent en loumage de leur Frère aifne. 

Se Vilenage vient à Enfans en defcendant ou en efcheoite , il ni a point de ain- 
neefce , ains emporte autant li mainfnez , coume li ainfnez. 

Nous appelions Vilenage Hiretage qui eft tenus de Seigneur à Cens, on à Rentes, 
ou àChampart.car de chel qui eft tenu en Fief, Ion ne doit rendre nule teleredevance. 

Il a grant difterence entre Fief qui vient en defcendant, &: Fief qui efchiet de 
cofté , fi comme il apert par pluriex cas que vous orrez, 

Li premier cas eft que li Fief qui viennent as hoirs en defcendant , il i a ainneefce, 
car h hoir mafle ainnez emporte les deux parts , & loumage de ics mainfnez, fi corri- 
me je ai dit deflus. En efcheoite de côté na point d'ainneefce , ains emporte autant 
. li un comme lautre , & va chafcuns à loumage le Seigneur. 

Li fecons cas fi eft que Sereurs partiffentau tiers dou Fief qui vient en defcendant. 



^Q De Befcenàernent & de Efcheoite, 

&: clcs ne emportent tiens dou Fief qui vient pnr raifon de efcheoitc , puifqu'il i ait 
hoir madc auffint prochain du Hngnagc au mort comme ele cft , mes fc il ni avait hou 
maflc auffint prochain, ele en puet porter rcfchcoice. 

Li tiers cas fi eft que fe nus Fief qui vient en defcendantnc doit rachapt au Sei- 
gneur en la Contée de Clermonr , exceptez les Fiefs &c les Arriere-fiefs de Bules & de 
Conty , car chil doivent rachapt au Seigneur , & de Fils au Père, & de tous li Fiefs 
oui viennent de coftc doivent rachapt as Seigneurs. 

^ Marie Gencien famé propoGi contre Jeanne fa Sereur mainfnéc , que ele devoir 
avoir loumatre de li de la moitié dou Fief qui leur eftoit defcendu de leur Père & de 
Mère, & demandoit à avoir le chicf manoir hors partie. 

A che refpont Jeanne que entre Screurs n'avoit point dainneefce , parquoi clc 
vouloir partir en la maifon & en l'Hiretage moitié à moitié , &: venir de la partie à lou- 
mat^e de fon Seigneur , &: fur che fe militent en droit. 

^l fut iugié que Marie lainnée Suer emporteroit le Manoir hors part , &: de la 
moitié de laucre Demene ele auroit loumage de fa Suer mainfnéc , parquoi il apert 
que Suer n'a ainneefce fors ou Manoir. 

Chcrtaine ch^fc eft que tant coume len puet favoir que il foit nus droit hoir, qui 
foit venus en defcendant, foit malle, foit femelle, nus combien que il foit prochains 
qui foit de cofté , nen puet porter l'Hiretage , ne les Muebles, fe neft par la raifon de 
l'exécution au mort,cheft à entendre fe il avient que aie Frères, &: je ai Enfans,&: mes En- 
fans ont Enfans, &: tuit li premier mucrtnt avant que moi fors que les derrainsqui me 
font ja ou quart degré de Lignage en defcendant , il emporteroient mon Hiretage & 
mon Mueble , lequel Mueble je navoie pas Icllïépour m'ame,que ne feroient mes frè- 
res ou autres , combien que il me feuft prez, liquex m'apartient de cofté. Car nus qui 
m'apartiengne de cofté nen doit porter le mien comme hoir , tant coume len puift 
trouver hoir , qui foit venus de moi en defcendant , combien que il men foit cflon- 
cricz par la mort des Pères & des Mères. Car h hoir qui viennent en defcendant re- 
prefente tousjours la perfonne dou Père & de la Mère du droift quipooit venir au Pè- 
re &: à la Mère en defcendant. 

Il eft dit delTus que Suers ne partiflent pas en Fief qui vient de cofté , puifqué il 
i ait hoir malle auffi prochain dou cofté dont l'Hiretage vient, mes il eft voirs quefe 
che font Vilenages clés i partiflcnt foit qu'il ait Hoir malle ou non, &: emporte autant 
la Suer coume li Hoir malle , car coument que Vilenage viengnent ils fc départent 
parteftes , autant à lun coume à lautre, foient malles foient femelles. 

En defcendant de Fief ne puet avoir que une ainneefce entre les hoirs vivans , & 
que che foit voir il eft aprouvé par un Jugement qui enficut. 

Un Chevalier à fon vivant maria fon ainfné Fil, & lï donna de fon Hiretage aprez 
che li Chevaliers mourut , il eut autres Enfans, & l'ainfné qui marié eftoit, refgarda 
que il ne feroit pas fon pourfit de venir à l'ainneefce dou defcendemcnt fon Perc , 
pour che que il convenoit fe il en vouloit porter que il raportaft che que fes Pères li 
avoit donné à Mariage , &C quant fes Frères lainnez aprez vit que fes Frères ainfnez, 
ne fe traioit pas à l'ainneefce doudefcendemant IcurPcre, il requift à avoir lainneefcc 
dou defcendemant contre fes mainfnez. 

A che rcfpondirent h mainfnez qu'il n'avoit ou defcendemant point d'ainneefce, 
pour che que leur Frère ainfné qui venift à l'ainneefce fil voulift en avoit tant porté 
de l'Hiretage fon Père que il fe tenoit à paiez de l'ainneefce , & pour che il rcque- 
roicnt que le Remenant feuft partis igaument entre aux autant à l'un coume à l'autre, 
& feur che ils fc miftrent en droit. 

Il fut jugié que pour li ainfnez avoit emporté dou Pcre tant que il fe tenoit à paie 
de fc ainneefce li ainfnez aprez ne pooit point demander, ainchois partiroit igaument 
le dcfcendement dou Père, & venroit chafcuns de llr partie à loumage dou Seigneur, 
&: en che cas gaaigna li Sires les houmages des mainfnés , car fe li ainfné , qui f u mg^ 
ries ou tans le Perc che fuft traiz à l'ainfneeflc dou dcfcendement, il en cuft porté 
les houmages des mainfnez , &C pour che cpe il ne ft trairt, &: nus des autres ne pou- 
oit demander rainneefle, furent li houmages des mainfnés acquis au Seigneur, & par 
çel Jugement poucz vous entendre que ciul qui Perc &: Mcre marient ont le choix dos 

taire 



Chapitre XIV. st 

taire fc il leur pleft^ ou de rapporter chc que il ont emporte, & revenir à la partie doa 
Defccndemcnt. 

Ciiil qui vient partir a Defcendcmcnt & avoit emporté aucune chofe dou Pcrc &: 
de la Mcre ,.doit rapporter tout entièrement che que il emporta, fc il ncft ainflint que 
lait mis hors de fa main , lî que il ne le puet raportcr , & adonques il convient que il 
raporte la valeur que la chofe valoir el point que elc li fu baïUié , foit Mueblcs foit 
Hiretages , & quant il aura raporte il doit partir au Defccndemcnt ainflint coumc fe 
il nen euft riens emporté. 

Se aucuns emporte Hiretage & il ne le vient raporter pour che que il a éedefié 
fus , ou il amande le lieu , ainchois vient raporter la valeur de tant coumc il valoir 
quant il lemporta, chc ne fouffit pas , ains convient qu'il raporte l'Hirctage à tout fon 
Amendement ; car rAmendement qui eft fez en l'Hiretage qui puet revenir en par- 
tie , doit cftre ou pourfit de chafcun de chaux que partie i pueent avoir. 

Quant aucuns emporte Hiretage le Père &c le Mère vivant , & il a li Hiretao-c cm- 
pirié fi que il ncft pas de la valeur pour partir au renianant, il doit raporter la valeur 
que il valoir au tans que il li fu baillic , car U Empirement que il a fet en l'Hiretac^e 
ne doit pas eftre en damage dautrui. 

Il eft dit dcflus que il afîîert à chelui qui Père & Mère marient , que il fc taife 
fe il \[ plet de venir à partie , & fe tiengne à che que H eft donné : ne pourquant li 
Dons poroit bien eftre donnés fi outragcux que h Pcre & la Mcre donnèrent que il 
ne feroient pas à tenir, car il ne loit pas au Père ne à la Mcre à donner tant à Inn de 
leurs Enfans que h autres en demeurent Orfehns &: déshérités , doncques eft che à 
entendre que li Dons foit refnable felonc che que il ont, fi que h autres Hoirs ne de- 
meurent pas déshérité , car il avient bien que li Père & la Mcre aiment tant un de 
leurs Enfans plus des autres, que il vouroient que il peuft eftre acritez de tout le 
leur , & ainflint demeurcroient h autres fans Terre j nepourquant Couftume fueffre 
bien que chil qui Père & Mère marient aient plus que il nemporteroit en fa partie, 
mes que che ne foit trop outrageufement,&: chil outrages doit eftre reftrains par le Juge 
à la requcfte des autres Hoirs après la mort dou Pere'&: de la Mère, car tant coume^il 
vivent pueent il garantir &: doivent à leur Enfans che que il leur ont donné à Mariage. 

Quant il avient que aucuns Fiez vient par rai fon de Succefllon ou d'Efcheoite il 
He doivent pas atendre que li Seigneur de qui il doivent tenir le Fief les femoigne à 
venir en leur houmage , car li Sires neft pas tenus fere leur favoir qu'il i viennent, 
ainchois i doivent il venir dedans les quarante jours que h Fief eft efcheus ou defcen- 
dusne ne doivent riens lever dou Fief qui apartiengue à Hiretage devant que li hou- 
mage font prefentés à fere au Seigneur , & fe il ne le font en chete manière li Sires 
de qui li Fief doit eftre tenus puet fefir le Fief, & fere pour fien quanque il en pou- 
ra lever des oifluez dufques à tant que li Hoir de la chofe trairont à fon houmage, 
- Se il avient que aucuns tiengne fon Fief fans fere houmage , & li Sires ne geite pas la 
Inain au Fief,pour che que il nen fait mot,ou pour chc que il le regarde que il neft pas te- 
nus à fere favoir à cheli à quili Fiez eftvenus bu efcheus qu'il viengne à fonhoumage, &: 
chil tient la chofe & lieue granr tans,& après che que il la tenus grant tems fansSeigneur, 
le Suc i vient geter la main, il la puet fe il h pleft tenir autant de tans fans houme comme 
chil qui en dent eftre fes Hons le tint fans Seigneur,exceptés chaus qui tiennent en Bail, 
car fe aucuns foutFroit à cheU qui tient en Bail à lever les defpueiUes dou Fief donc 
il doit cftre fes Hons , & U vouloir tenir le Fief en fa main autant fans houme comr 
■.. me il laroittcnu fans Seigneur & li Hoir de l'Hiretage venoit en aage ; dedans cel 
. tans h Sires ne le pourroit pas refufer pour le meffet de cheli qui le tint en Bail. 

En un cas eft li Sires tenus fere favoir à chaus qui doivent eftre fi houme que il 
vicngncnr à fon houmage à chertain jour & en chercain lieu, hquiex jour ait quin-- 
ie jours defpace au mains. 

. Quant Seignourage fe change de main en autre , fi comme il avient que un Hons 
mucrt qui a houmage, & la fucceffion &: li drois des houmes vient à fon Hoir, en cel 
cas li Hoir doit fere favoir à chaus qui furent houme fon Père que il viegncnc fere 
leur houmagcs en la manière deflus dite : Et aufllnt quant Seignourage fe change eu 
«utre manière par Don ou par Achapt, ou par Efcheoice , &: par che puet len cnten- 



s 2 Ds Defcendement & de Efcheoite. 

àtc briemcnt quant aucun Sire vient à Terre il doit fcre favoir à fcs houmes que ils 
vieno-ncnc à (on houmage , &: quant chil qui ticiment de Seigneur viennent à Terre, 
il: doivent prefenter au Seigneur leur houmage en la manière qui eft dite dcflus en 
cel Chapitre meifoie. • 

Vous efl que chafcun Sire qui vient à Terre doit fere houmage & foi prefenter à 
fou Seio-neur avant que il femoignc les Tiens houmes de venir au fien houmage , car 
devant que il a fet vers fon Seigneur che que il doit , il ne doit joir ni efploiûier don 
Fies , Il comme il eft dit defllis en che Chapitre meifme. 

Un ChevaUer & une Dame en leur Mariage durant achetèrent un Fief en l'Hire- 
tage dou Chevalier , il eurent Enfans , après la Mère mourut , & liEnfans demandè- 
rent la moitié dou Fief par la raifon de l'Acqueft leur Mère, & h Chevalier qui eftoit 
leur Père dedans lan &: le jour que la Mère fu morte , fi le retret de fes Enfans par 
la Bourfe, &: li Sire de qui li Fiez eftoit tenus requift à avoir deux hommages de ce 
Fief, lun par la raifon de le moitié que il i avoit de fon droit par fon Achat, èL lau- 
tre moitié que il avoit retraite de fes Enfans par le Bourfe. 

A che rcfpondit li Chevahers que il ni devoir avoir que un houmage , car fi En- 
fan m avoit nul droit d'Hiretage , puifque il le voifift ravoir par le Bourfe , &: quant 
il en eftoit Hons de tout le Fief entièrement & nus nenportoit riens fors V\ , il ne- 
ftoit pas tenus à fere deux houmages , & feur che fe miftrent en Droit. 

Il fut jugié que il ni devoit avoir que un houmage , mes voirs eft que fi li Enfans 
en cuftcnt porté le moitié par raifon dou Conqueft leur Mère que liPere ne leuftpas 
retrait par le Bourfe , il i euft eu deux houmages. 

Pour che que nous avons veu fere pluriex Demandes as Seigneurs contre leurs 
Songez de avoir deux houmages des Fiefs qui eftoicnt achaté en Mariage , Jquant il 
avenoit que li un mouruft èc il en demouroit Enfans , tout fut che que li Pères ou la 
Mère facordaflcnt vers les Enfans que li Fiez dcmouraft entiers fans départir à moi- 
tié , nous flfmes che defclairier en T Aflize de Clermont en la manière qui enfieut. 

Se un Gentilzhons & une Gentieufame aflamblez par Mariage , achatent un Fief 
&: il ont Enfans , & après li Père ou la Mère mucrt, & chil qui demeure & fiEnfans 
facordent enfemble de leur parties fcre en tele manière que li Fiez qui fu achaté de- 
meure tous entierz à lune des parties , li Sire de qui li Fief muet ne le puet débatte, 
car il affiert auPerc ou à la Mère àparfir contre leur Enfans ou as Enfans h un vers 
lautre fe il nont ne Père ne Mère fi pourfitablement coume il leur pleft fans^ leur Ficf 
depecier ne départir , che eflieute que fe li mainné ne emportent par le gré de lainf- 
né nus des Fiefs entiers, ou plus dou tirs daucun des Fiefs h ainfnédes Enfans enperc 
les houmages de fesMainfnés & en vient li houmage au Seigneur. Et fe il avient que 
chafcuns traie à tele partie comme Couftume li donne fans autre acord fere , foie 
dou Père ou de la Mère contre les Enfans, ou des Enfans h un contre lautre, ou des 
autres Efcheoites de cofté, tant parties font fêtes tant de houmages i a, &: font li hou- 
mages tuit au Seigneur , che eiîîeutté que li mainfné emportent par raifon de Def^ 
cendement contre leur Frère ainfné , car fi comme nous avons dit delfus en che Cha- 
pitre meifme, il en doivent porter le tiers des Fiez &: venir à loumage de leur ainH- 
né , &: fe il ont le tiers en pluriex Fiez &C il facordent que il aient pour leur Fiez un 
Fiez entier , tout foit il ainiîint que li Fiez entier ne vaille pas plus que le tiers que il 
auroient par tout , nepourquant li ainfné nen puet retenir loumage , ainchois vient li 
houmage au Seigneur, &: tous chcs cas dcflus dits avons nous fet paflcr par Jugement. 
Pierre fi devoit avoir à houme Jehan d'un Ficf qui eftoit venus audit Jehan de 
Efcheoite de cofté , & feur che Fief avoit deux Douaires tous vivans , dont H pre- 
mier Douaires emportoit la moitié,&:li fecons Douaires la moitié de la moitié, fi que 
il ne demouroit à Jehan qui eftoit droit Hoir , que le quart dou Fiel tenant & pre- 
nant, & pour che que il vit que il convenroit tout IcFief rachater audl bien che qui 
eftoit tenu en Douaire , comme che dequoi il puet demeurer tenant &c prenant , il 
ne fe vout traire à loumage ne au rachat, &C P. pour ce que il nen avoit point d'hou- 
mc , prift & leva le; quart dou Fief, que il trouva à délivre , car les Douaires ne pou- 
voir il ne ne devoit empcfchier , & quant fe vint cinq ans ou fix après li Douaires 
moururent , &: quant jchan vit le Ficf à dcUvrc des Douaires il trait à Pierre qui Si- 



chapitre XIV, S s 

tes eftoit dou lieu & li requifi: que il le reccufl: à houmc & que il prift fon rachat. 
A chc refpondi P. que il vouloir autant tcnii- chc qui clloit des Douaires, comme 
il avoit fet le remariant, car li Douaires li avoicnt cmpefchic fi que il ne pooit lever, 
& feur che fe miftrent en droit, à fcavoir fc Jehan cmporteroit le tout, ou fe li Sires 
tenroit che que li Douaires tindrcnt autant coume il avoit tenu le quart par defaute 
d'houmc. 

Il fu jugic que Jehan venroit à loumagc de tout par la raifon de che que V. qui 
Sires eftoit dou Fief en avoit porte par defaute d'houme che qu'il avoit trouvé déli- 
vré, mes fe Pierre fe feuft: foufers de lever &c Jehan feuft venus au quart fans fcrc 
ion houmage , & P. eufl: tant fouffert que li Douaires feuflcnt efcheufl: il peuft le tout 
fefir & tant tenir le tout fans homme comme Jehan euft tenu le quart fans Seigneur^ 
& par che puet len vcoir que h Sires perdi par trop tofl fefir &c lever. 

Aucuns ont doute que puis que Hiretages eft départi dou Père ou de la Merc & 
venus à leur Enfans par leur octroi ou par aucune manière que il ne puifl revenir au 
Père ne à la Mère , mes fi fet quant li Enfant muert fans Hoir de fon cors, fes Hireta- 
ges & fes Acqueftz &r fes Muebles reviennent à fon Père ou à fa Mère , coume au plus 
prochain , tout foit il ain/Tint que il euft frères & Sereurs , Se maie chofe feroit que 
h Pcre ou la Mère perdiffent leur Enfans &; le leur , car toute voies eft len pluftoft 
reconforté d'une perte que de deux, &: plus legiercment en doivent eftre li Père &:la 
Mère confeillié de donner à leur Enfans , & che que len dit que Hirctage ne remon- 
te pas , che eft à entendre fe je ai Père & ai Enfans & je muir, m<cs Hiretages defcen- 
dent à mes Enfans & non au Père , voire fe mi Enfans eftoient morts & il avoient au- 
cun Enfant fi leur venroit, ainchois mon Hiretages que a mon Pcre , & combien que 
il feuffent enlointieng degré en defcendant de moi, il leur venroit avant que à mon 
Père; mes fe il ni a nul HoiroilTu de moi nus qai me appartiengne de cofté nemporte 
le mien avant de mon Père ou de ma Mère , fi comme il eft dit deftus. 

Se je ai Hiretage de par mon Père ,& mon Père meurt, &: après je muir fans Hoir 
de mon cors,mes Hiretages de par mon Père ne revient pas à ma Mere,ainchois efchiec 
au plus prochain qui mappartient de par le Père , & neis fe il eftoit ou quart degré 
de Lignage , car ma Mère eft eftrange de l'Hiretage qui me vient de par le Père , ÔC 
aulTint eft mes Père eftrange de l'Hiretage qui me vient de par la Mère , mes de mes 
Muebles & de mes Conquefts de quelque part que il me viennent nus de cofté ne 
les emporte par prochaineté avant dou Père ou de la Mère. 

Autrement iroit fe je navoie ne Père, ne Mère, ne Hoir , qui fuft ciffu de mon 
Cors, & je avoie Aiol ou Aiole , &: aprez defaloit de moi , car mes Hiretages qui fe- 
roit venus de par mon Pere ou de par ma Mère , remonteroit à mon Aiol ou mon 
Aiole de qui cofté il feroit defcendus , avant que à mes Frères ou à mes Sereurs , fe 
li Frères ou les Sereurs neftoient d'autre cofté que de le droite hgnie en defcendant, 
pour che que ils feroient trouvés un point plus prez tout foit che de cofté , & nepour- 
quant nous créons que Couftume leur donne plus que Drois , car nous entendons que 
felonc droit riens ne doit oiflir de droite hgnie en defcendant tant coume fcn en 
traift nul vivant, foit en montant, foit en defcendant, & chefte Couftume qui touft 
à l'Aiol & à l'Aiole les Mueubles ou les Conquefts pour donner les as Frères ou as 
Sereurs, ne les tourroit pas as Enfans des Enfans , qui font en cel meifme degié de 
Lignage en avalant , que li l' Aiol &C Aiole font en montant. 

Se je nai ne mon Pere ne ma Mère ne nul Hoir oiflli de mon cors , ne Frcre ne 
. Sereurs , mes jai Aiol ou Aiole, &: fi ai Neveus & Nièces & après je muir, mes Mue- 
bles & Conquefts doivent avant venir à mon Aiol ou à m' Aiole que à Neveus ne a 
mes Nièces, tout foient il en un mefme degré de Lignage, &c par che puet len veoir 
que Droit fe prent plus près de garder que riens niffe de droite ligne de Defcende- 
ment , foit en montant , foit en avalant. 

Selonc la Couftume deBiauvoifxs je puis bien fere dou tiers de mon Fief , Arrie- 

re-fief , & retenir en loumage, fi comme fe je marie aucuns de mes Enfans , mes h je 

en ofte plus dou tiers , U houmage dou tiers & dou feurplus vient au Seigneur , & 

. en telb manière le pourois je fere que je pourois plus perdre fi coume fe je retenoie les 

houmages dou plus dou tiers, car je cherrois en lamande de Monfeigneur de foixan- 

L ij 



/^ De Defcendement & de Efcheoite. 

te livres poui: le meffet, & {î convcnvoic que je garantifTife à mes Enflins che que je 
leur aurois donné ou le vaillant , fe li Sire le vouloir tenir autant (ans lioume comme 
mi Enfant lauroieut tenu fans cftrc en fonhoumage, laquele chofe il pouroit fcre fe 
il lui plefoit. 

Se il avient que aucun doint le tiers de fon Fief à fon vivant à fes Enfans &: en 
retient l'Houmage, &: après mucrt,&: chil qui furent marié & qui emportèrent che 
tiers Vuelent foi taire &: tenir à paies fans raporter avec leurs Frères &; leurs Sereurs 
qui demourent en cclcs,les deux parts dou Fief qui demeurèrent au Père quant il don- 
na le tiers à fcs Enfans fi ne doit pas eftre tiercé une autre fois , ainchois doivent li 
Hoirs garder combien li Pères en donna; & combien il en demoura, &r penre le tiers 
fur le tout pour les mainfnés,& fe il emportent plus dou tiers foicnt li pemier marié 
ou chil qui dcmourercnt en celé li, houmage de tout che que li mainné emportent , 
doivent venir au Seigneur. 

Or veons fe un Hons a foixante hvres de Terre dun Fief, & U i a quatre Enfans, 
defquiex il marie lun des ainfnés & lui donne vingt livres de Terre de che Fief , &: 
après che que il en areceu loumage il muert, &: chil qui a ches vingt livres de Ter- 
re de che Fief ne vieut pas' raporter ains fe vient rcnir à paies pour che que Père &r 
Mère le marièrent fe li Dons tenra. Nous dilons que nenil puifque il ni a autre Fief 
ne autre Hiretage que chcli, car li autre mainfné ncmporteroient riens fe li Dons 
cftoit foutïers , &: fe il; emportoirnt , il convenroient que il feuft pris fur la partie de 
lamfné des quarante livres de Terre, &c fî convenroit que il en perdift les houmages 
&: que il veinlîcnt au Seigneur , &r pour che que li autres en feroient trop damagié 
ne doivent pas tel dcfivenable Don eftre fouffert, mes fe il i avoit autre Hiretages, 
feuft de Fief ou de Vilenage parquoi li mainfné qui demeurèrent en celé peuflent avoir 
parties auffint graucou près dauflint grant, fi coumc à quarante foudées de Terre près 
ou à foixante de che que leur Frerc ou leur Seur emporta, li Dons ne feroit pas rapel- 
lés , car fe li damage neft trop grans èc trop apers , H don que Perc &: Mère font en 
Mariage doivent tenir. 

Aucuqs pais fontfi comme à Beauvais en Beauvoifis &en la Banlieue d'icelui quand 
à che qui eft en ladite Banlieue &C en ladite Ville ou le Niez partift à l'Oncle. 

* C'cft à fçavoir en ligne direéle, mes non en coUateralle ; Ligne collatérale cheit 
quant trois Frères font &: lun diceux muert qui ait Enfans , che qu'il a appartient à Ces 
Enfans ; Et puis après le fécond muert,che que le fécond a vaillant appartient au tiers 
vivant , &: nen ont rien les Enfans dudit premier mort , mes fil advenoit que le Pcrc 
diceux Frères mourut , qui eft ligne directe, les Enfans de l'un diceux Frères pouroicnt 
prcfenter leur Perc qui mors feroit, &L tous iccux Enf^ms pour une tefte & non au- 
tremant,&: cheft pourtant que ceft ligne directe, &: qui foit voirs il fut jugé en Parle- 
ment au Ncël cinq cens neuf , nonobftant que l'Evcfque fut adjoint avecques J. 
Fourcroy qui foutenoit le contraire , & ledit Evefque condemné aux defpans &: lau- 
tre aufli : M.ns de tous les Hiretages & mefme de tous les Muebles qui font fîtuées 
hors la Banlieue & les Muebles tranfportés hors de ladite Ville S>c Banlieue du vi- 
vant dudit trefpaflé ne partiftc point à l'Oncle le Nepveu. * 

Mes ce ncft pas en la Comté de Clermont par noftre Couftumc , car par noftre 
Couftume tour che qui vient en partie, foit de Defcendemeut , loit d'Efcheoite, le 
plus prochain Icmporte dou collé dont l'Efcheoite vient, &: chafcuns doit lavoir que 
il Oncles eft plus prochain que li Niez , car li Niez eft un point plus aval pour che 
que il eft Fiex dou Frerc ou de la Sercur , &: li Oncle demeure el point que li Perc 
as Neveuz eftoit. 

Nous vifmes un débat que un Hiretage efchct a pluriex Confins Germains qui 
cftoient venus de Frères &: de Sereurs, &: li Confins Germains qui cftoicnt defcendus 
desFrcrcs malles ne vouloicnt pas que leurs Couiîns Germains qui cftoient defcendus 
des Sercuis , cmportaficnt riens de celé Efcheoite , car il diloient que fe leur Pcre 
vefquift , & la Mcre de leurs Confins Germains , qui cftoient Frère &c Sercur, & 
rEfcheoitc fuft venue à leur tans, li Frerc qui leur Perc avoir cfté , en euft le tout 

Ce ijni eft renferme entre deux Etoiles n' eft pas duns l'Exem^Ulre de itf. Louettîere ^nj 
dans celuy de M. Codirt ^ wais dans celtiy de U. Choppé. 



chapitre XI F, /jf. 

porté pour chc que l'Hiiccage cftoit de Fief, &:-Sercui'; ne partiflent-pas enEfclicoi- 
te de Ficf , quand il vient de coftc , & quant leur Mère ncn portafl: nens fe leur Pc- 
tc &lcur Mcre vefquillent&il ncpueent demander part en l'Huxtairc' fors par la 
raifon de la Merè , il difoient que à tort i demandoient part à avoir. Et^ encontre che 
difoicnt li Confins Germains nez de la Sereur que celé raifon que leurs Coufms Ger- 
mains du Frère metoient avant cftoit de nulc valeur, car il difoient que Icn doit ju- 
giérles chofcs qui avienncnt felonc le tans que Icn trouve prcfent , & tout prcfcn- 
téi«cnt ils cftoicnt trouve Confins Germains & en un meefinc degré de Ligna"-c & 
hoir maflcs , & tout fcufl: il ainlfint que leur Mère nen euft riens porté , fe ele vef- 
-^uift avec fon'Prere, nepourquant fc li Frère feuft mors & l'Hirctage fcuft cfchcois le 
vivant de leur Mère il li fcuft venus, & quant ele en pouoit cftre drois Hoirs en aucu- 
•-liGiHânicrc, Se il cftoicnt fi Enfans hors malles auftintcommcli autres qui avoientcfté 
nez du Frère leur Mère , il difoient que par nul droit il nen dévoient eftre débouté 
que il -ne partirent comme Confins Germains , & fur chc ils fe miftrent en droit. 

■ Il fut jugié que il partiroient à chele Efcheoite de cofté tous qucmuncment com- 
-me Goufins Germains, Se par chcft Jugement puet Icn veoir que chil qui font en 
un meefmc degré de Lignage partiflcnt as Efcheoitcs de cofté tout quemunemenc 
puifquc il foit Hoirs mades & que il foient don cofté dont li Hiretage efchiet & les 
.Famés non, fe des ne font plus prochaines fors en Vilcnage ou en Muebles car en 
che partiflcnt clcs avec les malles, &: auflint partiflxMit des en Dcfcendemeat qui vient 
de Pcrc ou de Mère , de Aiol ou d'Aiole en la manière qui eft dit cy defllis en ceft 
Chapitre mcifmc. 

• Se h Pères & la Merc aVoient marié leur Enfans de l'Hiretage que il auroient ac- 
quis cnfemble , Seli Enfczmouroit après fans Hoirs de fon cors, après che que Ces 
:Perc ou fa Mcre feroit mors , li Pcre ou la Mère qui furvivroit emporteroit la moitié 
de l'Hirctage que il h aroient donné de leur Acqueft, Se li plus prochain parent au 
'Përc eu à la Mère mort emporteroit lautre moitié , pour che que autant de droit i 
-avbit h Pcre comme la Mcre en l' Aqueft que il aroient donné à leur Enfant fi nen 
puerchacuns à par foi ravoir que la moitié , fe li Enfez muert Tans Hoirs, qjes fi le 
Perc Se la Mcre vivent enfanle ou tans que leur Enfans muert ifans Hoirs, tout che 
que il donnèrent à leur Enfant leur revient fe Enfez ne le aloue à fon vivant, efTieuté 
chèque il a leflîé en Teftamcnt de che que il puet Se doit lefTier , cheft à favoir Ces 
Muebles Se Ces Conquefts Se le Qmnt de fon Hiretage , fi coume il eft dit ou Cha- 
pitre des Teftamcnt , Se cflîeuté la partie que la Famé au Fil en doit porter, fe li Fais 
:qùi muert fans Hoir eftoit mariés , chcft à favoir fon Douaire Se la moitié des Mue- 
bles Se la moitié des Conquefts , Se fe che eft Fille qui fuft mariée dou Perc ou de 
la Merc ou des deus cnfamble. Se elle muert fans Hoir de fon cors , fon Baron em- 
porte la moitié de leur Muebles &:la moitié des Conquefts, Se feuft encore ainftînt 
que il ni euft nul Muebles fors que chaus que la Fille aporta à Mariage dou Pcre ou 
de la Mcre par la raifon de l'acompaignement dou Mariage. 

Aufll eft il que fe aucuns a Enfant en Bail Se il acqueroient aucune chofe ou 
tans que il font en Bail , tout foit chc que il acquièrent eft à chelui qui les tient eu 
Bail, eflieuté che qui leur feroit donné ou Icftié dautruy en Teftamcnt, car che leur 
■doit cftre gardé dufqucs à tant que ils foint en aage , Se effieuté chaus qui font en 
■garde Se non en Bail , car fe il acquierrent aucune chofe che doit eftre leur , Se auf. 
fint leur doit on rendre conte de leurs Muebles Se de leurs Hiretages vilains qui len,-^ 
tient pour ans cl tans que il font foubz aao-ie. 

Chafcuns fi doit favoir qne quiconques acquiert Hiretage, fi toft coume l'Acqueft 
vient à fcs Hoirs , che devient leur propre Hiretage puifque TAcqueft dcfcend un 
feul degré , doncques tout le peut chil qui laqucfta tout leflîer en Teftamcnt Ces 
Hoirs auquel l'Aquefte vient nen puet leflîer que le Quint, Se aufl!înt ne le puet nus 
de fon Lignage ravoir par la Bourfe fc chil qui laquefta le vendift , mes len lera bien 
quant h Hoir le vent. Se par che apert il que chcft drois Hiretage pmfque il defcenc 
ou efchiet un feul degré de Lignage. 

Chi define li Chapitre de Dcfcendement Se d'Efcheoite. 



$g, Des 'JBaux & (jarder. 



là commence li ejuirî^efme Chapitre de cefi Li'vre , liqulex parole des Baux CjT* 

des Gardes as Enfans , O* ^ f^^^ tans il 'viennent en aage en Biawvoijins. 

CHAPITRE XV. 

NOus traiterons en chcftui endroit de chaus qui prennent Bail par le raifon d'En- 
fans foubz aages & de la différence qui eft entre Bail & Garde , &: à quans 
aux Enfans fontaagiez pour Terre tenir, & pour faire chofe qui puift cftre contre 
aus : Et de toutes ces chofes traiterons nous en ceft Chapitre pour che que lun dé- 
pend de lautre. 

Bail fî eft quant aucun muert &; il a Enfans qui font foubz aage fi que ilnepueent 
ne ne doivent venir à loumage dou Seigneur de che qui leur eft defcendu par raifon 
de Fief de leur Père ou de leur Mère , de leur Aiol ou de leur Aiole , ou de plus haut 
degré en defcendant^quantil avientainftînt_^Ii plus prochein dou Lignage as Enfans ,&: 
qui apartient dou cofté dont li Fief vient puetpenre le Bail fe il lui pleft, & ferc lou- 
mage au Seigneur comme de Bail , & eftre en fon houmage , & doit defervir le Bail 
dufques à tant que h un des Enfans foit aagiés , & quant li un des Enfans eft aa- 
giés , il doit fere houmage au Seigneur de fa partie , &: tenir le Bail de i^cs Frères &: 
de fes Sereurs foubz aagies. 

Nus neft contrains à penre Bail fe il ne vieut, & bien fe gart qui le prent, car fî cofl 
coume il la pris & il en a fet houmage & foi au Seigneur, il convient que il racha- 
te le Fief au Seigneur de la valeur d'un an à fonCouft, & que il gart & maintiengnc 
les Enfans foubz age& a fon Couftfelonc leur eftat, & fi convient que quant H pre- 
miers des Enfans fer^ aagiés que il lui rende che que il aroit tenu en Bail quite &L 
délivré fans dete nul:e. 

Voirs eft que mis neft contraint à penre Bail ne eftre Garde d'Enfans , ne eftrc 
Hoir de nului fe il ne li pleft , mes puifque len fî fera aflfentuz fî que len ara cfploi- 
tié aucune chofe de che qui fera tenu par raifon de Bail ou de Garde , ou aucuns ara 
efploitîé comme Hoirs de che qui h fera defcendu ou efcheu de cofté il ne li loirra 
pas à foi repentir , ainchois convenra fe il tient en Bail que il la quite au Seigneur, 
& que il fouftiengne les Enfans & que il rende l'Hiretage quite & délivré au premier 
aagié , &: fe il tient Enfans en Garde il a l'aminiftration des biens as Enfans , & fe il 
tient coume Hoir il convient que il refponde des detes que chil devoir de qui il fefl: 
fet Hoir, en tele manière que il nen aura ja fî poi porté coume Hoir que il ne foie 
tenus à tout paier quanques chil devoir douquel il feft fet Hoir. 

Enquelc manière que Fief viengne à Enfans foubz aagies , foit en defcendant, 
foit de Efcheoite de cofté, li Bail apartient au plus prochain dou Lignage as Enfans, 
mes que li Lignage foit du cofté dont l'Hiretage muet, cheft à dire , fe Père & Mère 
muèrent & li Fief defcendent as Enfans foubz aagies, &: ilia des Fiefs de parle Pè- 
re & de parla Mère, U plus prochain appartenant as Enfans de par le Pere,foit Hons, 
foit FamCjCmportera le Bail des Fiefs de par le Pere,&: ainfllnt h plus prochain de par 
la Mère emportera le Bail des Enfans qui venra de par la Merc , & feront chidui qui 
emporteront le Bail tenus à rendre le Bail quite &: délivré à l'agie des Enfant, fî cou- 
me il eft dit deflus, non pas igaument, mcschafcuns felonc che que il tenra de Hirc- 
tage par la raifon dou Bail. 

Pierre tenoit un Enfant en Bailg &: eftoit le Fiez fî petit que il ncftoit pas conve- 
nable au vivre ne à la vcfture des Enfans , li Enfans avoient Hiretages vilains , def- 
quicx P. avoit laminiftration comme Garde pour les Enfans , fî vouloir Pierre penre 
de ces Vilcnagcs pour les Enfans mainburnir de che que il leur failloit par defîTus che 
que li Fief valoir, & h Amis as Enfans ne le voudrent fouftrir , ainchois rcquifrent au 
Conte que P. fift bonc fcurtc de rendre as Enfans quant il fcroicnt aagies toutes les 
oifîucs de leurs Terres Vilcnagcs, & que ledit Pierre feuft contrains à peftrc &: à ve- 
ftir les Enfans comme chil qui avoit pris le Bail &: que il encore ne peuft renoncicr 
au Bail puiiquc il i eftoit entrés &: fcur che fe miftrcnt en droit. 

11 fu jugié que puifque P. eftoit entrés ou Bail combien que il vauflit poi, il de- 



chapitre XK s^ 

Voie les Enfans mainburnir , & rendre quitcs quant il feroicnt aagics , & fcrc fauvcz 
toutes les dcrpeuillcs de leurs Vilenages par bonne fcurré , laqucfc fcurté il doit bail- 
licr as Amis prochains des Ent"ans , ou au Seigneur Te il ni a amis qui le vacille pcnrc, 
& par chelui Jugement poes vous lavoir que il i a grant péril en pcnrc Bail , & pour 
che ne font nus contrains à penre Ici fc il ne leur plcll:, Il que il loità chafcun à regar- 
der & à Toi confcilicr le li Baux ell de tclc valeur Iclonc la Carche que il a que che 
fôit h pourfiz ou li damage de penre loi. 

En Vilenage na point de Bail , mes quant Vilenagc vient as Enfans foubz aagics , 
& il ni a point de Fief, parquoi nul fc traie au Bail, li plus procheins dou Lignage as 
Enfans puer fe il vicut avoir la Garde des Enfans &; cfploitier les Vilenages pour les 
Enfans par fcurté tcrc as Amis ou la Juftiche fc li ami ne le requièrent, de rendre bon 
conte as Enfans quant il feront aagie, les defpans &: les Coufts refnables des Enfans 
rabatus, ne il ne puet clialoir à penre chc^ Garde de quelque collé li plus prochain 
qui prcnt la Garde apartient as Enfans ou dou cofté dont l'Hirctage vient ou dautrc. 

Quant li Sires prent qui que ce foit à houme par raifon de Bail, il doit avant pen- 
re bonne fcurLC de fon rachat que il le reçoive à houme , ou chertaine convcnanchc 
que il fera priés à jour fe il le vient croire fans autre fcurté; &: fe il le prent à houme 
tout fimplcmcnt fins penre fcurté, &: fans autre convenanche, il renonce au droit que 
il avoir en Ton rachat, car puis que il l'a reccu fimplement, il li doit garantir fon 
Fief quitcement & franchement, ne ne li doit puis demander fors che qui apartienr, 
au ferviche &: à l'obeiflance dou Fief, fe il neiî ainffint que chil qui prcnt le Bail fe 
mete en tel houmage par fraude ou par barat , li coume fe il tet cntandant au Seig- 
neur que li Fief li eft defcendus , & que en defcendue na point de rachat , ou par au- 
cune autre voie de barat , pour fere au Seigneur f^uix entendant , de che le pouroit li 
Sire fievir & felîr fon Fief tant que il raroit fon rachat. 

Voirs eft que pour chofe que chil face qui tient en bailg li hoir , quant il vient en 
aage ne doit pas perdre que il ne truift fon Ficfquite & délivre, doncques poons 
nous veoir que chil qui tient en bail ne puet li Fief meffere ne obhgier lors que le 
tans que fes Bail dure , mes tant de tans comme il dure , le puet il meffere ou obligier 
vers fon Seigneur , ou vers autrui. 

Il a pluriex différences entre Bail &: Garde, la première fi eft que Bail rend qvitc 
&: délivre l'Hiretage à l'enfant, & Garde doit rendre conte quant ele eft de Vilenagc, 
car il ne doit eftre de Fief nulle garde , fors que en un cas que vous orrez ci aprcz. 
r Quant Père & Mère ont Enfans , & \i Père meurt ou la Mère tant feulement , & 
il y a Fief de par le mort , chil qui demeure foit li Père foit la Mère , a la garde de ^z% 
Enfans & du Fief, qui de par cheli qui eft mors vient fans paier rachat, excepté les 
Fiefs de Bules &: de Conti ou len rachate de toutes mains , iî comme je ai dit deflus 
au Chapitre de defcendement & d'efcheoite. 

La féconde différence qui eft entre Bail & garde, fi eft tele que fe mi Enfant fous 
aagie font avecques moi, & il ont aucune cholè de par leur Mère qui eft morte , il 
perdent ou gaaignent avec moi dufques à tant que partie leur eft fête fouftifemment,&: 
que il font ofte de mainburnie , & chil qui font tenu en Bail ne puent demander fors 
que leurs Fiefs quitcs & délivres quant il font aagié , ains emporte chil qui le Bail 
tient tous les Efploits des Fiefs,&: tous les Muebles de cheli dont le Bail vint par del- 
feur fon Teftament, ou le tout fe il na fet point de Teftament, &: fi ai je veu que de 
chaus qui motiroicnt fans Teftament , que l'Evcfque en vouloit avoir les Muebles , 
mes il ne les eniporta pas par noftre Couftume , ainchois en ai délivrés la fezine as 
hoirs dou mort ou tans de noftre BaiUie par pluriex fois , à la feue de la Cour de 
l'Evefque. 

• Qui tient Bail fe il a Edcfices ou Bail , il les doit maintenir ou point ou il les prcnt, 
fî que li Hoir ne truient pas fes Edefîces empiriées, quant il vient en fon aage. 

Chil qui tient en Bail ne doit pas efTillier les Hiretages , chcft à dire que fe il i a 
Vingnes il ne les doit ne couper ne efrachier ne leffier gaftez fans faitures -, car aflei 
eft la Vingne effilliée , laquele Icn leffe àmannouvrer felonc la Couftume dou pais, 
& fe il i a Bos ou Bail il ne doit eftre coupés devant que il ait fept ans acomphs , iC 
fe il i a Bos de foixante ans ou plus , il doit eftre gardés à loir fans empirier , &: fe il 



g g Î)€S Baux & Gardes, 

1 a Arbres fruit portant , il ne doivent cftrc coupé ne eflîlié, &! qui fet contre ches 
choies , le Sire i doit mette la maui èc deftraindrc cheiui qui le Bail tient , à che quil 
ne le face pas, & fe il le fet que le Sire nen feut mor quant le fet vient à le mémoi- 
re dou Seigneur , il le doit jufticier à che que il baille bonne feurté de rendre le da- 
mao-e à loir , car de Droit quemun le Seigneur cfl; tenue à garder le droit tous chaus 
qui font foubz aagie , & par che. que chil qui tiennent en Bail nen pueent porter les 
chofes dellus dites puet on entendre que chil qui tiennent en Garde^'le pueent en- 
core mains ferc , car pour che eft ele apelée Garde que ele doit garder en toutes cho- 
fes le droit des foubz aagies. 

Se il avient que aucun Baux efchie &c nus ne fe trait avant pour le Bail recevoir, 
pour ce que il i a trop de detes, ou pour ce que li Enfans font près de leur aage , lî 
que la paine de celi à qui li Baus apartient ue feroit pas emploiée, ou pour che que il 
ne pleiî: à penre loi à nul , li Sires en tel cas puet tenir le Fief par defaute d'Houme 
dufques à tant que li Enfant vient en fon houmage tous aagiés, ne ja h Sires ne fera 
tenus à paier riens qui feuft deu par la raifon du Fief qu'il tient par defaute d'Hoix- 
me, ains convient que h Detteur atendent dufques à tant que li Enfez foit aagiés &c 
que il fe face Hoir, & adonques le pueent fuir & demander ce qui leur efl: deu , èc 
ainfllnt pueent retargier les detes as Creanticrs par ce que nus ne fe trait avant pour 
recevoir le Bail. 

Chertaine chofe efl: que li Hoir malle efl: agiés par noftre Coufl:ume quand il a quin- 
ze ans acoraphs , & la Famé quant ele a douze ans acomplis , mais pour ce ne demeu- 
re pas que il ne fe puilfent bien tenir ou Bail ou en la Garde ou il font tant coume 
il leur pleft, mais que ce foit fans fraude & fans barat, car fe il faifoient aucune cho- 
fe ou aucune convenance à ceux qui les tiennent en Bailg ou en Garde, par laquele 
convenance il feroit aperte chofe que il le auroient fet pour apeticier le droit du Sei- 
gneur , li Sire ne lauroit pas à foufFrir , mais tant comme il fe vuelent taire fans con- 
venance fere de leur bonne volenté,U Sire ne les puet contraindre, &: pourrés voir pat- 
un cas qui en fiut. 

Pierre tenoit en Bail un fien Neveu & une flenne Nièce qui efl:oient Frère &c Se- 
reur , la Suer vint à fon aage de douze ans accomphs , que fes Frère ne fifl: à l'aage de 
dix ans , li que fe il pleufl; à la Sercur ele eufl: ofté le Bail de la main fon Oncle , &r 
l'eufl: tenu tant que fes Frère euli eu quinze ans acomplis, & quand li Sires vit qui vo-=. 
lontiers prifl: fon rachat , que ele ne venoit pas au Bail il fezi le Fief, à donques fe trait 
P. avant, & li difl:, Sire, Grief me fêtes qui fefifié ce que je tieng de vous en Bail , 
& dont je fais envers vous ce que je dois. 

A ce refpondi h Sires que en fon Bail ne devoir il plus eftre , puifque la Sueur 
qui plus prochaine efl:oit, eftoit en aage, &: P. difl: que ce efl: voirs que ele efl:oit aa- 
gié , mais puifque ele ne treoit au Bail , il ne l'en pouoit contraindre , ne le Fief ne de- 
voir il pas feizir , car il en avoit houme , &: feur ce facordercnt au Confeil , que il en 
auroient des fages. 

Il fut regardé par le confeil des fages houmes de la Contée que li Sire ne pouoit 
pas contraindre la Sueur à penre le Bail de fon Frère , ains convenoit que il i foulfrifl: 
P. fon Oncle dufques à tant que il plairoit à la Sereur que ele i venifl: , ou dufques, à. 
tant que il fc trairoient avant comme hoirs aagie , & par ce puet on favoir que chaC 
cuns fe puet tenir tant en autrui Bail ou en autrui Garde , coume il pleft à celui qui 
fi tient; & à celui qui a le Bail ou la Garde, exceptées les fraudes qui pueent efl:re fê- 
tes pour le Seigneur décevoir , fi comme il efl: dit deflfus. 

Se il avient que aucuns tiengne en Bail, & il i a houmes de Fief, par le raifon dou 
Bail li houmes ne font pas tenu à paier roucis de fcrvice pour la raifon du Bail , a. 
chcii qui le Bail tient, doncques tex manières de ferviche li doivent eftre gardés dud 
ques à l'aage de l'Hoir, & la raifon fi eft que qui fert, il en doit eftre quitc toute fà 
vie , &: chd qui tient le Bailg ni a rien fors de chertain tans , & fe il pouoit les fervi- 
ches lever, li Hoirs urouveroit fon Ficf empirié de tant coume il apartiendroit as fer-f 
viches qui avoient efté paiées à cheiui qui avoit tenu le Bailg , &: che ne puet ferc 
chil qui tient en Bailg fors en un cas qui cnfieut , &c fi nen eft pas li Hoix damagiés, fi 
comme vous erres ichi aprez. 

Pierra 



chapitré XV, g^ 

Pierre tenoit un Bailg, & par le raifon de che Bailg il avoit houmcs , li un de fcs 
houmcs qui avoit à non Jehan tcnoic en Bail , & devoir li Baus de Jehan meins durer 
que 11 Baus de P. pour che que li Hoir donc il rcnoic le Bail eftoir plus prez de fon 
aage, & pour che que li Baus ne pooit venir à l'Hoir , donc P. renoic le Bailg , ilcon- 
Vincque il paiafl: fcrviche à Pierre, couc fcuft che que ledicP. ccnoïc en Bailg , & en 
cel cas poués vous vcoir que len puec cftre fervis , couc foie que Icn ciengnc par rai- 
îbn de Bailg ; & fi nen neft de riens h Hoir damagicz. 

Quanc aufcun cicnc en Bail &ili a deccs, liDebceur doivenc fievir chilqui le Bail 
tienc , & fechil qui le Bail cienc eft bien fouffifanc & bons à eftre jufticiés, &:h Créan- 
ciers par fa négligence ou par fa volencé lefTe à pourfievir &: à requerre fa dece àche- 
lui qui cienc le Bail dufques à canc que li Hoirs aie aage , &; puis le demande à l'oir^ 
li Hoirabonhe defence parquoi il nefi: pas cenus à la dece paier j car il puec dire 
aux Creanchiers, vous faviés quej'eftois cenus en Bail&eftoic li Baus fouffifanc pour 
moi acquicer , &; avés lefTé le Bailg pafler fans demander voftre dece par Juftiche , 
parquoi je ne vueil eftre cenus à refpondre , & en cel cas il ne refpondra pas , ain- 
chois convenra que li Creanchiers quicrenc fa dece à cheli qui cinc le Bail , mes en 
pluriex cas pouroic eftre li Hoir cenus à refpondre au Creanchiers , couc foie che que 
il cuft cfté cenus en Bailg &c orrés en quels cas. 

Se aucuns eft ccnu en Bail , & chil qui Bail cienc chiec en pourecé , ainchois que 
les deces foicnc paies , li Hoir nen eft pas délivré que il ne len conviengne refpondre 
as Deceurs , mes il puec bien fievir chelui qui le cienc en Bail quel foie acquiriés &C 
que il laquic, & le il a canc vaillanc, il doie eftre concrainc à acquicer l'Oir. 

Le fécond cas fi eft quanc li Creanchier eft hors dou Pais couc le cans que li Baus 
dure , & quanc il revienc l'Oir cinc la chofe , en che cas H Creanchiers puec fievir 
lequel que il vieuc, ou l'Oir ou chelui qui cinc le Bail ; & fe il pourfuic l'Oir, h Hoir 
puec pourfuir chelui qui le cinc en Bail quel il foie acquiciés. 

Le ciers cas fi eft fe li Baus mefFec fi que chil qui cienc en Bail perc , &: ch.e que il 
tienc en Bail , & quanque il a daucres chofes , fi que li Creanchiers ne le pueenc fuir, 
en cel cas eft li Hoirs cenus à refpondre à aus , car il neft pas raifons que li Crean- 
chiers perdenc leur dece pour le mefFec de chelui qui cinc en Bail. 

OrveonsqueliHoiren fera en cel cas, car il ne puec pourfievir cheli qui meffift 
quanques il avoir,je di en cel manière que fe li Sires prenc le Fief en fa main par la rai- 
fbn de la forfecure de cheh qui cenoic en Bail, h Sire doic l'Oir acquicier de canc comme 
les levées dou Bail moncenc encre le jour que le Sires le pris en fa main, & le jour que li 
Hoirrraic à fon hommage :onpeuc crairc coume aagiez,car de canc coume liHoiracen- 
droic à encrer en loumage puifque il feroic aagiez,h Sire ne feroic cenus à riens rendre ne 
à riens paier ; car il pouroic dire que il cendroic par defauce d'Houme , mes de chelui cans 
que il lauroic cenu par la raifon de la forfecure de chelui quicinclc Bailg, il feroic cenus 
à acquicier l'Oir felonc les levées , & fil i avoir plus deces que levées , li Sire ne ferbit 
pas cenus à paier le furplus', &: fil i avoir plus levées que deces che feroic acquis au 
Seigneur , par raifon de Forfecure & en chefte manière neft nus damage de la forfe- 
cure fors chis qui forfift fors encanc que fil i a plus de deces que levées li Hoirs eft da- 
magiés de canc comme il affierc au furplus des levées , car il nen a qui pourfievir. 

Quand Baux efchiec & il ne crueve qui le prengne pour che que il eft crop car- 
chiez de deces, ou pour che que li Baux doic crop poi durer, pour che que li Hoir 
eft crop prez de fon aage , li Sire puec penre le Fief en fa main par defauce d'Houme 
& fonc ficvez acquifes couces les levées dou Fief dufques à l'aage de Hoir fans deces 
paier, & en cel cas puec eftre li Hoir damagiés par che que il ne crouva qui le te- 
nift en Bail , car il li convienc paier les deces dont chil feuft tenus qui leuft en Bail. 

Voirs eft quanc Bau^ efchiet & il n'eft nus qui le prengne ne qui vueille mainbur- 
nir ks Enfans , & il ni a nus Vilenages defquiex liEnfans puiflent eftre fouftenu, li 
Sire qui rient leur Hirecage par defauce d'Houme , leur doit livrer Vefture & Peutu- 
re felonc che que liFiez^ftr petiz ou granc ; car fe feroit euvre fans mifericorde de 
leiTier mourir les Enfans par defaute , puifque Drois leur foit aquis daucun Hiretage, 
& fi eft Drois quemun & raifon fi acorde que tout Enfans foubz aagie, liquel ne trou- 
veront qui les tiengne ne en Bail ne en Garde , fonc èc doivenc eftre en la Garde dou 

M 



^Q Des Baux & Gardes, 

Scio^neur-, & doncqucs leur doit bien li Sires livrer fouftenaîice qui tient daus par 
quoi il le puet fere. 

Le Garde que li Seigneur ont fciir les foubz a^ies jn'efl: pas à entendre qui fi li 
Seio-ncur ne tiengne riens dou leur ne qui doie eftre leur qui leur doie nuic foufte- 
nancc fe il ne le font par raifon daumofne , mes il les doivent garder quelen ne leur 
face tort ne grief , & fil ont Muebles ne Vilenages li Sire doit regarder que il foient 
mis refnablement en ans nourir refnablcment &: ïbufifamment , &: le remenant garder 
à leur pourfît. 

Se Baux efchiet il ne fc départ pas , ainchois Icmporte li plus procheins tout , &; 
fe il ont Frères &: Sereurs , li ainnés malle lemporte fans paitie des autres , Se fc il 
ni a fors que Sereurs lainnée l'emporte , ne les mainnés ni ont riens. 

Aucuns il dient que li Enfans depoote font touliours en aage, mes ee eft gas, car 
fe che eftoit voirs doncques pourroit on un Enfant qui alleteroit encore la Mère de- 
fezir de fou Hiretage , &c nus Proit ne nule Couftume ne fi acorde , ainchois eft ufé 
quemunement que che que ilfet deflbubz quinze ans ; ou la famé delTous douze ans, 
en foi oftant de fon Hiretage, ne vaus riens, qui nelepuift aprez rappeler , doncques 
eft il aperte chofe que li Hoir mafle n'a aage devant qu'il ait quinze ans accompUs , 
ne la famé devant que ele en a douze accomplis, ii comme je ai dit deifus des Gentiex- 
houmcs. 

Len dit que en homme de poofte na point de Bail , mes che eft à entendre quant 
il nonc point de Terre de Ficf , car fe il ont Fief il puet avoir Bail ,& lemporte li plus 
procheins, fi coume je vous ai dit defliis des Gentiex-houmes , mes fe il ni a fors Vi- 
lenage , il ni a point de Bail , &c auifint nauroit il entre Gentiex-houmes , fe il ni avoit 
fors que Vilenages , ainchois i apartient garde, fi comme je ai dit delTus. 

Se Bauz efchiet à houme qui maint hors dou Pais ou hors de la Chaftelerie ou li 
Bauz fiet , & il na point d'Hiretage en ladite Chaftelerie qui fôit fouflifant as detes 
paier que il doit par la raifon dou Bail, & il en vient porter les levées dou Bail, eles 
doivent eftrc arreftées à la Requefte des Creanchiers , ou des amis à loir , dufques à 
tant que il ait fait bonne feurté dou Bail aquiter, car autremantpouroit loir eftre moue 
deceuz, mes h Sire na pas à fere tel Arjeft fe il ne li eft requis des amis à loir , ou des 
Creanchiers , car fe il fe vuelent taire , li Sire ne doit pas détourner à cheli qui eft fes 
hons que il n'emporte che que il tient de li peziblement. 

Voirs eft quant aucuns tient en Bailg, &:li Creanchiers à qui les detes font deues 
par le raifon dou Bailg , donnent refpit , ou font nouviaux marchiés ou nouvelles 
convenantes de leur detes ; & en che pendant li Hoir vient en aage , fe li Creanchiers 
veullent h hoir pourfuir, il n'en eft en tel cas tenus à refpondre, ainchois convient il 
que il en pourfievent chelui qui tient le Bailg , car il apert que il fentindrent àli fitoft 
comme ils donnèrent refpit , ou fl toft comme il remuèrent le dete de l'eftat où ele 
eftoit devant. 

Se il avient que dete foit deue à fi long terme que li Baus faille avant que li ter- 
me cchiee,li Creanchiers puet demander fa dete à loir, car il ne pooit riens demander 
à chelui qui tenoit le Bailg , pour che que li termes n'eftoit pas venus , Se pour che 
convient il que h Hoir face le gré au Creanchicr, ncpourquant li Hoir poura ficvir 
chelui qui le tint en Bail que il laquite , car pour che fe li terme ne chai pas le Bail 
durant ne demeure pas que la dete ne feuft deue, &: que li Baus ne doie loir aquiter. 
Il eft voirs quant h Hoir vient en aage, &: il a efté tenus en Bailg, il prend Ion 
Hiretage ainifint comme il le trueve , che eft à dire fc il vient à fon houmage el tans 
que les defpueclles font oftées , il nen puet riens demander, mes que elcs naientefté 
oftées trop toft par voie de barat , ÔC Ce il i a defpeuiUcs de Bledz, ou de Mars, ou de 
Bos, ou dautres chofes, li Hoir les en doit emporter quitte & délivrés, ne nen puet 
chil qui a tenu en Bail riens demander : Car il perd à eftre Sive de la chofe fi toft 
coume li Enfez vient en fon aage , mes fe font Terres gaaingnables qui aient el tans 
de Bail efté données à loial Minage fans fraude &; fans barat , li Hoir fen doit pafler 
par le Minage , car en che cas h gaaingnierres ne perdroit pas. 

Il advint que un Bail efchiet à Pierre à fere fon houmage il obligea en lieu de fur- 
té vers fon Seigneur le Fief que il tenoit en Bail pour fon rachat, après U mourut 



Chapitre XV, ^j 



avant que Tes Sires fcufl: paie, &: li Baus fi vint à Jehan qui eftoit li plus prochcins 
après Icdicl Pierre, adoncques fe trait Jehan au Seigneur &; h ofFri le cors &: les mains, 
& Il ofFri à faire Icurté de Ion rachat, li Sires dill que il le vouloir bien mes il vou- 
loir avec che que l'obligation que Pierre lui avoit fetc cl tans que il tcnoic le Bail li 
full aemplie avant que Jehan joifift dou Bail. 

A che rcfpondi Jehan que ledit Pierre ne pooit obligicr le Fief que il tc- 
jQoit en Bail fois tant coume li Bail li duroit , parquoi il requeroit que le Bail li fiez 
ii feuft baillic quitc &: délivrés de ladite obligation , coume il feuft appareilUes de fe- 
re bonc feurtc de fon rachat , & fur che fe miftrent en Droit. 

Il fu jugic que l'obligation que Pierre avoir fetc ne tendroit pas , & que h Sires 
dehvcrroit le Fief audit Jean par raifon dou Bail quitc <S«: délivre de l'obligation dtfTus 
dite , S>c par che Jugement puct on veoir clercmcnt que nul ne puet obliger che que 
il tient en Bail en damage de loir ne de cheli à qui li Baus puet venir , mes tant cou- 
me il puet iSc doit durer len en puet fcre fon pourfit fans autrui damagîer. 

Pierre fi tcnoit une lieue Nièce en Bail & grant Terre en tenoit par le raifon dou 
Bail, li acors à.Q.% amis fi fu tiex quil marièrent laDamoifelle en laage de dix ans, quant 
cle tu mariée fcs Barons fi mifl: l'Oncle fa Famé en Court, & propofa contre U que 
A lelfaft tout l'Hiretage qui devoit eftre fa Famé liquel il avoir tenu en fon Bailg , & 
difoit que puifque la Damoifellc eftoit mariée combien que ele euft d'aage , ele eftoic 
veuve en aagc de Terre tenir par le raifon dou Mariage, parquoi il requeroit au Sei- 
gneur de qui le Fief eftoit tenus que fe Pierre ne li voloic délivrer que il li dclivraft, 
& que il le receuft a houmc de l'Hiretage de fa Femme. 

A che rcfpondi Pierre que par le Couftume de Beau.voifins la Famé neftoit aagiée 
devant douze ans acomplis , &: pour che que la Couftume eft cl ère en fift il homma- 
ge comme de Bail &: le racheta au Seigneur, & eftoit tenus à rendre laDamoifele qui- 
te & dehvre quant ele venroit en aagc, ne pour che fe la Damoifellc fe marioit fous 
aage ne devoir il pas perdre che que Couftume li donnoit dufques à chertain tans , 
& feur che fe miftrent en Droit. 

Il fu jugié que Pierre tendroit le Bail dufques à tant que fa Nièce aroit douze ans 
acomplis , & par chelui Jugement pouons nous veoir que Mariage fi nacourchc pas 
le tans que chil doivent avoir qui tiennent par raifon de Bailg,mes autrcmant iroit fe 
che eftoit garde , car fe je avois une Fille & la Mcre eftoit morte & je tenois Fief 
dicelle Fille par la raifon de la Mcre, & la Fille eftoit mariée foubz aagë, fi toft cou- 
me cle feroit mariée de emporteroit l'Hiretage de par fa Mère, & en chelui cas puec 
len veoir une des différences qui eft entre Bail &: Garde. 

En un cas puet revenir Famé en Bail , comme fbubz aagiée , tout fbit che que ele 
ait efté en aage &: en houmage de fon Fief, fi comme fe une Famé a douze ans acom- 
plis , & ele reçoit fa Terre & fer fon houmage, &: après fe marie à un houme qui foie 
foubz aage , & deflbus l'aage de quinze ans acomplis , à Ja Couftume de Beauvoifins, 
ou deflous laage de vingt ans à la Couftume de France , en tel cas h Fiez à la Famé 
rechiet en Bailg; car li Hons foubz aage qui la prinfe neft pas receu à loumage devant 
que il foit en aage, & ele puifque ele eft mariée na nul pooir de defervir fon Fief, 
doncques convient il que chil qui devant tenoit le Bail de par la Famé le tait &tiengnc 
tant que li Mari" de la Famé foit aagiez , ou li Sire dou Fief le pouroit tenir par de- 
faute d'houme , & ainflînt créons nous que il feroit qui en voudroit plaidier , & ne- 
pourquant nous avons veu que on le leflbit tenir à la Famé , mes nous créons que 
che fuft par debonnaireté &: non par droid. 

Il eft voirs que li Père & la Mère qui metent leur Enfans hors de leur Bail ne per- 
dent pas pour che la Garde, ainçois les pueent hofter hors de leur Bail par Juftichepour 
deux raifons ; La première , pour che que len ne fe plaingne pas à aus de leurs meffets 
fe il meffont : La féconde raifon eft fe h Enfans ont aucune chofe de par Père ou de 
par Mcre, ou par Don, ou par Teftament dautrui , qui ne face pas compegnie avec le 
Père ou avec la Mère ; & che font les deux raifons parquoi len ofte volontiers fcs 
Enfans hors de Bail , & fi ne demeure pas pour che que ien ne les puift tenir puis a 
fa Garde, car de droite Couftume, Garde d'Enfans foubz aages qui font mis hors le 

Bail apartient au plus prochcin. 

M ij 



p 2 I^cs Enfàns qui font fous aage. 

Pour clic que maint Mariage fî pourroicnt eftre fet qui ne ferolent pas con- 
venables de chaus ou de chellcs qui font en autrui Bail ou en autrui Garde , il eft 
ràifon que cliil qui a le Bail ou la Garde face bonne fcurté as Amis procheins de lun 
colle &c de lautre , que il ne les mariera pas fans leur confcil , & fc il ne vient fcre la 
fcurtc la Garde des Ënfàns lui doit eftre ollée & les doit on mètre en la Garde daucun 
Prcudoumeou daucune Preude Famé dou Lignage qui chete fcurté vueiUe fere,&: fe 
len ne trueve qui en chefte manière les vueiUe penre li Sires de la Terre les doit ferc 
garder fauvcmcnt fe il en cil requis , & quant il eft ainfi fet, li Mariages mauconve- 
nablcs nen font pas fi toftfet. 

A briefment parler ncdoit leffier la Garde d'Enfans foubz aagics ne des Orfclins 
ànuluiqui foit mal renommés de vilains cas, ne à nul fol naturel, ne à nul Aveugle, 
ne len ne doit pas lelîier l'Aminiftration de leurs biens à foux defpendicrresneàpoure 
perfonne , fe il ne fet feurté de rendre bon conte , ne à chelui qui eft fi fours que li 
noit goûte, ne à muet, car tex gens nepuecntpas aminiftrer tres-bien autrui chofe. 

Garde ou Baus d'Enfans fous aagies font de tele nature que tant coume il font 
en Bail dautrui ou en autrui Garde, il ne pucent fere dauz chofe qui tiengne fans 
laufthorité de cheli qui en a le Bail ou la Garde , &; fe il le faifoit de leur audhorité 
ou il cftoicnt conciliés ou deceuz fe le pourroit il rapeler quant il eft en aage, fi cou- 
me il eft dit ou Chapitre des foubz aagies , donques puet len veoir que fe aucun qui 
eft en autrui poote rechoit che qui h eft deu, chil qui le paia n'en eft pas quite, ainchois 
le puet chil qui en a le Bailgou la Garde demander arrière à cheh qui le paiement en 
fift, & convenroit que cil en refponde,ncpourquant chil qui fet tele demande doit jurer 
fcur Saints , que le foubz aagié qui le reclieut ne le bailla ne à lui ne à fon Commande- 
ment , ne que il ne le puet ravoir de l'Enfant , par che que il la perdu ou aloué , ou 
que il ne fait queli Enfez en a fet , ne ne puet favoir , car fe il pouoit avoir la chofe 
fenne &: entière qui fut bailhéeau foubz aagié,mal feroit que len feift au deteur paier 
deux fois , mes fe la chofe eft perie ou empinéeou perdue en la main de l'Enfant, il 
convient que le dete le pait arrière , &: chelui damage reçoit il pour che que il paia 
folement neiz fe le detcz eftoit tenus par Lettres &: h Enfez fi rendift les Lettres, fî 
devroit il eftre contrains de rendre les Lettres en arriéres , car li foubz agie fî nont 
nule Aminiftration de leurs chofes de baillier , de recevoir , ne dotroier. 

Chi define h Chapitre des Baus &des Gardes, & des Aages asEnfans. '■■) 

Chi commenche lijae^tejme Chapitre de che Li'vre j liauïex parole des Enfans qui 

font Jbnl?:(^ aage : Coument & en c^uel cas il pueent perdre ç^r gaai^nier 

par ceux qui adminifirent leur befoignes. 

CHAPITRE XVL 

EN aucuns cas puet on plaidier contre les foubz aages par noftre Couftume , fî 
comme fe li Père du foubz aagiez avoir aucune chofe tolue ou eftorcié dedans 
l'année que il mourut, &: navoit pas efté en fezine de la chofe an & jour, len en puet 
bien fieuir loir qui eft fous aagies , mes que che foit avant que la chofe ait efté tenue 
an & jour le tans dou Pcre ou dou Fils durant : Mes fe h ans & li jours eft paftez, & 
que li Père fen mift en fezine li Hoir nen repondra ,mes devant que il venra en fon 
aage , ainchois demoura en fezine de la chofe dufques à tant que il fera aagies & que 
len poura plaidier à lui fur la propriété. 

Encore fe li Pères a achapté un Hiretage &il muert avant que li ans & h jours 
foit pafle &fi Hoirs font fous aagie, chil qui pardroit dou Lignage pucent & doivent ve- 
nir à refcouflc d'Hiretage, pucent bien l'Hiretage demander par la Bourfe au foubz 
aagic , &: en tous les cas efquiex li foubz aagié eft tenus à refpondre il doit avoir Tu- 
teur qui le defFende , &: fe nus de fon Lignage prochains ne fe vieut traire avant pour 
eftre fon Tuteur , U Sire dou foubz aagié li doit bailher eftrange perfonne à Tuteur , 
&: fc il ne puet trouver qui fen entremette pour che que nule franche perfonne ne 
prend Tutric de nului fe il ne lui pleft , li Sire meefme doit eftre fon Tuteur pou» 



Chafure XV L ^^ 



che que de Droit commun tuic li foubz aagie , font en la Garde dou Seigneur en qui 
Juftichc il font, fi convient que il les face garder que on ne leur face tort , ou que il 
meifme les gart. 

Tout auffint coume nous avons dit que li foubz aagiés neft pas tenus à refpondrc 
à che dont fes Perc , & il aront été tenant an &: jour pefiblement , tout ainflint neft 
nus tenus à refpondre à chelui qui eft: foubz aagie de che dont il aura efté tenant an 
& jour pefiblement , car chil qui fe metroit en plet de chofe qui touche propriété 
contre les foubz aagies , fc metroit en avanture de perdre , & fi ne pouroit gaaignier: 
car fe Jugement donnoit la chofe au foubz aagié par le Plaidoié , îi aagié qui feroit 
mis ou plet , ne le puet redemander , mes che pouroit fere li foubz aagies , & deman- 
der reûablillcment de la chofe , quant il vcnroit en aage. 

Bien fe gart chil qui a efté fouz aagies , & il fc aperçoit que len li ait fait tort où 
decevanche cl tans que il fu foubz aagié , que il dedans l'an &: le jour que il eft eri 
aage en foit plaintiex fe il vient avoir reftabliflement , car fe il lefle lan & le jour paf- 
fer de fon tans aagié, & puis fe plaint, chil fe pourra aidier de la tenue de lonc tans 
qui fera courus el tans que il fu foubz aage , fi que fe chil qui fe deffcnt tint la chofe 
neuf ans ou tans que chil fuft foubz aage pefiblement, &: aprcz un au &: tin jour puis 
le tans que il fu aagiés la propriété de la chofe li fera acquife pour che que tenue de 
dix ans li fera contée, &: par tant de tans puet len acquerre la propriété felonc noftre 
Couftume. 

Li foubz aagié puet refcourre l'Hiretage qui li duit de lingnage par le bourfc, car 
autremant feroit deccus pour che que l'Hiretage qui eft achaptez &: tenus an &; jour 
demeure à chelui qui la par titre d'achat, & pour che i fut mis li an & li jour que chil 
qui font hors dou pais peuflent revenir pour avoir loi dedans cel terme , & pour foi 
pourvoir delargent, & pour che que h foubz aagiés feuflent pourveus dedans le ter- 
me qui pour aus le retraifift. 

(^lant aucuns vient prouver que il eft en aage pour oiffir de Bail , ou pouir eftré 
tenant de fon Fié, que {ç^^ Sires tient par defaute d'oume, il ne li loit pas a amener 
tefmoins, tout foit che que ilvueille prouver tex coume il li pleft,ainchoisdoit eftre 
fête enquefte de fon aage , par les Parens , &: par les Parains & Maraines , & par les 
Nourices, &: par le Preftre, & par chaus qui furent au baptifier, & par les mefniez, 
qui eftoient entour la Mère el tans que il fu nez, car chil qui vient prouver fon aage 
par autres Tefmoins que par l'Enquefte de chaus deflus nommés , fe rend durement 
foupeçonneux , & nepourquant nous avons veu que l'en li fouffroit à prouver par au- 
tres tefmoins , mes che eft reftraint pour che que l'en a fceu de chértain que li aucun 
cmpQrtoient le droit des Hiretages comme aagié , &; ne l'eftoient pas , par che que 
len leur laiftbit eflire tefmoins à leur volenté , & len ne meffet de riens as foubz aagieS 
fe Ion vient favoir la vérité de leurs aages par les perfonnes defliis dites. 

Se il font pluriex Enfans , & li aucun font aagié , & li autres foubz aagié chil qui 
font aagie pouft riens que il facent ne que il dient ne pueent perdre la partie de chaux 
qui font foubz aage , mes gaaignier pueent il en plet pour aus & non perdre , & horS 
de plet pueent il gaaignier pour aus par raifon de compagnie fe il ont Muebles com- 
muns ou Hiretages vilains; mes fe tout eft de Fief, & il font fere partie dé Muebles 
par Juftiche , li ainnez puet tenir le Bail des foubz aagies , & baillier à chafcun fa par- 
tie à la mefure il viennent en aage, & comment les Parties fe doivent fere il eft die 
ou Chapitre de Defcendement & de Efcheoite. 

Se chil qui eft foubz aage vend aucune chofe & jure à la vente garantir, & baille 
pièges , &; aprez quant il eft en âge il vieut debatre la vente ou le marchié que il fift, 
pour che que il eftoit foubz aage, nous ne nous acordons pas que li Marchiez foit nus 
fe il eftoit de douze ans ou de plus quant il fîft le ferement , car de cel aage puet on 
bien jurer , & fe il ne fîft point de ferement , mes il bailla pièges dou marchie tenir , 
& len fe prent as pleiges pour che que il ne vieut tenir le marchié que il fis foubz aage, 
len doit moût regarder la manière dou marchié , coument il fu fez , & fe Ion voit que 
il feuft fez fans fraude & fans malice pour le pourfit dou foubz aagé , ou pour fagranc 
necelfité len doit fere le marchié tenir & acquitier les pleiges , &c fe len voit que le 
marchié fu fec maliçieufemcnc en dcceva^it ou en damaiant le foubz aagié , fe chil 



gj^ Des Enfans qui font fousaage 

le débat, quant il vient en aage^, il puet plaidier de la deccvance qui fu fête , &: à 
doncques li marchiés ne fera pas tenables , ne li pleiges ne feront pas contrains à 
ferc plcgerie puis que chil qui les mil1: en pièges fera le marchié nul, par che que il fu 
dcccus ou tans que il cftoit foubz aagies. 

Or veons fe aucuns achatc Hirctage qui foit à foubz aagié , & prent pleiges que 
Icn li garantira , &: aprcz il defic fur l'Hiretagc & li foubz aagié pourchalle aprcz que 
le naarclîiez eft de nulc valeur , pour che que il fu deceus ou tans que il cftoit foubz 
aage , fc il raura fcs mifcs, nous difons que oil, pour che que il cftoit en fczinc de 
l'Hiretage , & que il tenoit par caufc de bonne foi , car autrcmant ne les reuft il pas, 
doncques fe li Hoir en tel cas qui redemande la chofe pour que il fu deceus , il rendra 
\cs couz des Edcficcs. 

Quant Enfez qui eft foubz aage fet aucun cas de crieme , l'en doit regarder la 
manière dou fet &: de la difcretion que il a felonc fon aage , car il avient bien que un 
Enfant de dix ans ou de douze , eft fi pervers ou fi plain de maUce que il ne fe vient 
atourner à nul bien fere, &: fe un tex Enfez fet un murtre par fa volenté ou par enor- 
tement dautrui , il doit cftre jufticiez, mes fe il fcfoit larrecins il ne fcroitpas jufticiez, 
car fon aage l'efcuferoit , ne de nul cas de crieme nous ne vcons pas que li Enfez qui 
eft foubz aage perdift ne vie, ne menbre,fors que pour mort d'oume ou de famé 
tant feulement. 

Se aucun marchiés a efté fez pour chelui qui eft foubz aagies , & len voit & fait 
chertainement que cheft fcs pourfîz, & il vient rapeler che Aarchié quant il a fon 
aage , pour che que il ne le vient pas , tout foit che (es pourfis , il ne nous eft pas a- 
vis que il le doie ravoir, car len ne doit pas fi pcnre garde à fere la volenté des Enfans 
comme leur pourfit, ne l'en ne doit pas rapeler les marchiés qui fontfets pour les En- 
fans foubz aagies en leur pourfit , mes len doit rapeler chaus qui font fcts pour leur 
damage. 

Se aucuns pourchaflc que il foit receus à houme , tout foit il ainflînt que il na pas 
fon aage acompli , il puet perdre ou gaaingnier en Jugement , puifqu'il eft en faifine 
d'Hiretage par Seigneur, doncques pueent les aagies eftre aprochié parla volenté des 
Seigneurs à la Requefte des fous aagies ou de leurs amis , nepourquant fe cette 
chofe eftoit faite malicieufement , fe comme fe li Parensli pourchaftbienc pour faire, 
oûroier aucune convenanche qui feut en fon damage , il pouroit plaidier de la dece- 
vanche quand il feroit aagies, &c la decevanche prouvée , fa chofe luy feroit ramenée 
€n l'eftât que ele eftoit quant il fut dcfceus. 

Se il avient que aucun foit près de fon aage fi comme à un an ou à deux&: il fait 
entendant que il a tout fon aage par fon ferement ou par preuves, & fait en cel point 
aucun marchié & après le vient rapeler , il ncn doit pas eftre oiz, puifque il fift en- 
tandant par ferement ou par prueves que il eftoit en aa^e , ainchois doit fa conve- 
nanche eftre tenue fe il ne fuft deceus de la moitié ou de plus , & des che que il ju- 
ra fon aage ou que il le prouva par tefmoins , il puet perdre ou gaaingnier comme 
aagies. 

Aucuns Gens cuident que li Frères qui tiennent avec auz leurs Frères & leurs Se- 
reurs foubz aage, aient tant feulement la Garde & l'Aminiftration dauz,& que che ne 
fbit pas Drois Baus , mes fi eft, & il apert que fe h Père & la Mère muèrent & il ont 
pluriex Enfans dont li aucuns foient aagies & li autres foubz aagie , li aagié emporte 
tous les Muebles , ne ja ncn feront partie à leur Frères ne à leurs Sereurs quant il 
viennent en aages ne des levées de la Terre de la partie as aagies , puifque che foie 
de Fief, &: auffmt fc li ainfnez entre en loumage pour li & pour fes Frères qui font 
foubz aages & i a plus detes que Muebles , il eft tenus à paier toutes îi que chafcuns 
des foubz aagies viengnent à fa partie tout quite des 4etcs, par laraifon de che que 
il ont efté ou Bail leur Frère exceptes en toutes manières les Vilcnages dont conte doit 
'cftre fet as mainnés felonc leur partie quant il viennent en aage. 

Quant Pcrc & Mère muèrent &: li ainfnez des Enfjins vient en loumage dou Sei- 
gneur fans nommer dequoi il fet houmage , len doit entendre que che eft de tout 
che que fcs Pcre tenoit pour li &: pour fes Frères , pourquoi fe débat muet puis entre 
il & les mainfnez pour che que li ainfnez vieut quç ils paient leur part des detcs , Se 



chapitre XVI, ^j 

\{ maiancz dient que il ni font pas tenu , ainçois les en doit il acquiricr pour chc que 
il ont cfté en fon Bail , fi comme il aperc que il a levé aucune chofc de leurs parties, 
& <i en fi/l houmage au Seigneur toutfimplemenc fans autre exception; en celeasonc 
li mainfnés droit & en doivent porter leurs parties quitcs & délivres de dctes. 

Se li ainfncz voit que clie ne foit pas Tes pourfîz de penre leBailg de fcs Frères &; 
de fes Sereurs foubz aagies pour che que il i a trop de detes , ou pour che que li En- 
fans doivent prochainement venir en aage, ou pour che que il ne li pleft pas à rece- 
voir le Bail , il en doit fcre mention quant il fet fon houmage,& dire au Seigneur que 
il ne fet houmage que de fa droite partie, cheft à favoir des deux parts dou Fief &: 
^c loumage de fes mainnez que il devra avoir dans quant il venront en aage, adonc* 
ques demouront il en fa garde en celle manière tournera che que il lèvera de leur par- 
tie ou pourlît des foubz aagies , &: leur en devra cftre conte fez quant il venront en 
loumage de leur ainné,nç li ainnez puifque il renonça au Bailg ne puet pas dire que 
il en doie porter les ifllics de leur parties du tans que il furent foubz aagies par de- 
faute doume, pour che que il fu en fon choix davoir par raifon de Bail fe il voufift, & 
fi feroit malc chofe &: contre raifon que li ainnez peuflent tenir par defaute doume 
les parties des foubz aagies , car nus ne fe puet traire à fere loumage pour aus , ne 
nus ncft tenus à fere loumage de leurs parties fors aus meefme à la mefure que il 
viennent en aage , mes adonques fe il ne vouloient venir en loumage de leur ainné 
pouroit il tenir par defaute doume &: fere lien che que il leveroit dufques à tant que 
il li aroient fet houmage. 

Li Juges ne H Seigneurs des Orphelins ne des foubz aages ne doivent fouffrir en 
nule manière que nule perlbnne foupeçonneufe foient Aminiftreur ne Procureur de 
leurs befoingnes ne garde de leur perfonnes , tout foit aiuffint que li Parent as Or- 
phehns & as foubz aages le voufiffent fouffrir, pour che que generaument li Seicrneurs 
ont la Garde des Orphelins & des foubz aagies, &: par deffeur tous fi doivent garder 
que il ne foient damagies en nule manière fi toft comme la dénonciation dou dama- 
ge vient à aus. 

Li aucuns cuident que chertaines parties ne fe puiffent fere contre les foubz aa- 
gies qui font en Bailg & en la Garde dautrui, mes fi fet ; car maie chofe feroit fe un 
hons qui feroit en aage avoit à partir Hiretages contre foubz aagies fe il convenoit 
que il attendift que il feuffent en aages avant que fa partie li feuft délivrée & mife 
dune part, car puet eftre que li foubz aagies feroit encore en biers & l'aagie vouroit 
edefier en fa partie ou fere Vignes ou autres manières damendement, ou donner , ou 
vendre , ou efchangier, ou fere fon pourfït en aucune manière, fi i pouroit avoir granc 
damage en atendre laage dou foubx aagie : Doncques quant tele partie eft requife 
ele doit eflre requifi au Seigneur dou foubz aagie, & li Sire doit fcre Tutieres au foubz 
aagie &: lui donner pooir de fere la partie foufïifamment par le ferement de bones 
gens , & chil le Tutierres doit eflre fez dou plus prochain parent à l'Enfant , ou de 
lautre après fe chil ni vient ou ne puet entendre, & fe le Sire ne trueve nus dou Li- 
gnage à l'Enfant fouffifant qui vueil eftre Tutierres,pour che ne demeure pas que par- 
tie ne fe puiffe fere, car h Sire meifme i doit eftre ou envoier fouffifaument pour \cs 
foubz aagies, & fere fere les parties ; &: fi loons bien à chaus qui tiex parties reçoivent 
contre les foubz aagies que il prennent Letres dou Seigneur par qui che fu fet du tef- 
moignage de la partie , pour che que fe li foubz aagie vieut rapeller les parties , quant 
il vient en aage que chil qui receut la partie fe puift aidier de che qui fu fet par les 
Letres dou Seigneur ou par vifs tefmoins , & qui en chefte manière le fet les parties 
tiennent à toufiours fans rapel , &: en autre manière non. 

Toutes les fois que il convient fere parties de Hiretages , foit entre Frères & Se- 
reurs , foit entre autres gens, il convient que ele fefacentpar l'une des qujitre voyes, 
fi comme par Seigneur , ou par mife , ou par lots geter , ou par lai:ord de ceux qui 
ont les parties à fere. Par Seigneur, fi coume quant il ne fe pueent acorder, & h Sires 
va pour feee fere les parties. Par mifes , fi comme quant il s'acordent que les Parties 
foient fêtes par ledit & par lOrdenance d'aucunes chertaines perfones qui font nom- 
mées. Par Lotsgetez, fi coume quant il ne font bien à accortquele partie chafcun 
doit avoir , mes fe li uns vient penre de celc parc que li autres ne li vieut pas fouf» 



^ ^es Tuteurs, 

frir adoncques doivent eftre H Lotz gettez , fi que chacun piengne de celé part ou 
fcWclSplr km- accord, fi coume quant A s'acordent enfemb e queles parue 
d.a^a 1 doit avoir, & de qucle part il penra & nous avons parle des quatre voie 
de narcir pour che que fc tel contcns ou muet de partie qui ait efte fête fc 1 une des 
paTcs fe^v "ut aide^r quele ait cfté fête par l'une de ches quatre voies, de eft a temr 
fans rappeller. 

Chi define li Chapitre des foubs aagies. 



Qn commmche li dixfeptiefme Chapitre de che Li'vre, liquel parole des Tuteurs qui 
font hatlie7:^as [ouhTi aagtes, pour garder & pour amimftrer leurs hefomgnes. 

CHAPITRE XVII. 

NO us avons traitié ichi devant des Baux & des Gardes as Enfans, &des foubz 
aaaics , or veons des Tuteurs qui font bailUes as Enfans foubz aagies par Jufti- 
che , pour aus défendre & garantir , & pour leur droit maintenir & garder ^ 

Quant aucuns Enfez ou pluriex demeurent orphelins & foubz aagies , & il n eit 
procfeins parents , à qui li Baus ou la Garde apartiengne de aus , ou il ont bien tex 
parens à qui ele apartient , mes il ne le vuelcnt pas penre , toutes manières d Entans 
foient francs ou gens de poote chient par droit commun felonc la Couftume delà 
Contée, en la garde dou Seigneur , & à tex manières de gens fe il nont riens li bire 
les doit fere pourchaffier tant que il pmfleBt cftre nourris , & avant doit il mettre la 
Taille fcur les fouges que li Enfans ne muircnt par defaute de nourriture, &: le li En- 
fans ont aucune chofe de leur droit , le Sire leur doit baillier une manière de garde 
que on apelle Tuteurs , & chil Tuteurs doivent les Enfans &c le leur garder & main- 
tenir au pourfit des Enfans, èc rendre conte au Seigneur bien & loiaument chafcun 
an une fois au mains. . 

Se chil qui eft Tuteur pour Enfans foubz aagies a grant chofe entre mains pour 
les Enfans, li Sire doit penre bonne feurté que li bien foient garde fauvement , & fe 
il ne fct la feurté & li Sire doute que li hoir ne feulTent damagie par mauvaife garde, 
il doit penre en la main lavoir des Enfans, &: fere leur fauf fi que il laient quant il 

venront en aagc. , i , j r u c • 

Avenir pouroit que Enfans foubz aagies demeurent orphelins defoubz un Seigneur 
qui feroit poure &c au defoubz , & li Enfans aroent grant chofe de leur droit, efqueles 
chofcs li Sire pcnroit volontiers pour fa necelfite , mes fe il avenoit ainlTint h Parens 
as Enfans doivent rcquerrc le Conte que il contraingne le Seigneur a fere feurté des 
biens as Enfans, & fe li Quens nen eftoit pas requis des Parens & il favoit que U 
uns de fes fougiés euft les biens de tiex foubz aagies fi deveroit il contraindre le Sei- 
gneur à fere feurté, car il loit au Souverain à garder que len ne face tort as Orphelins. 
Si Tutierres as Enfans foubz aagies doit procurer les befo-nes as Entans ne len 
ne puet alliguier contre h que il ne foit ois en demandant & defendans des Muebles, 
car fil neftoft en demandant pour les Enfans moût pouroient eftre h Enfans damagie 
ains que ils veniffcnt en aage pour demande fcre,car il convenroit que les detcs que li Prc- 
decelcur as Enfans aroient fêtes, demouraffent en la main as deteurs dufques a laa- 
ge des Enfans, ou que li Plet que li Predeceffeur aroent mcu d Hiretagc ou de Muc- 
bles demouralfent en autel cftat coume li Predecefl-eur le croient, & en chelle ma- 
nière feroient li Hoirs damagies , & U vaut micx que les droitures as Hoirs foubz aa- 
gies foient conqucillics Se gardiés fauvemant par la main des Seigneurs ou des Tuteurs 
dufques à laage des Enfans,que che que des demouralTent en la main des deteurs. 

Che qui eft plaidié pour les Enfans par le Tuteur eftabh de par le Seigneur doit 
cftre tenu foit pour les Enfans ou contre les Enfans , car fc il ne pooient perdre en 
Plct &c il poment gaaignier , chil qui fe defenderoient contre les Tuteurs ne au- 
roient pas jeu parti , mcs'che qui eft dit que li Tuteurs puent perdre emPlet , che eft 
à entendre quant h Tuteurs font Dcmandccurs ÔC le Dcffcndcurs gaaignent le Plct 

en aus défendant. „ . 

Voirj 



chapitre XV ] L ç,^ 

Voirs cfl fe lenfet demande d'Hiietage as Tuteurs contre les Enfans, li Tuteurs 
nen font pas tenus à rcfpondrc, ainchois ont U foubz aagics tel avantac^c que il em- 
porte la fezinc de tout l'Hirctagc que leur Prcdeceflcurs tcnoicnt ou' tans de leur 
mort comme de leur propre Hiretage, &: fcuft encore ainffint que Plcz en fcuft enta- 
mez ou tans des prcdeceflcurs , & mouruflcnt le Plet pendant, fi demouroit le Plet 
en autel eftat duques à Taagc des Enfans. Mes en cas de Mueblcs & de Chatiex \ï 
Tuteurs font tenus à rcfpondrc pour les Enfans, car maie chofc feroit fe U Crcan- 
cliicrs qui auroient creu le leur as predcceffeurs atendiffenc à avoir leur detc dufqucs 
à l'aagc des Enfans, &: pour che convient il que il foient paies par la main des Tu- 
teurs, fe li Enfans ont tant de Mueubles , & fe il nont tant de Meubles, les defpeuil- 
les de leur Hiretages pardefîeur leur eftroite Ibuftenanche i courront , mes il ne fe- 
roit pas contraint à vendre leurs Hiretages devant que il feront en aage, mes lors fe 
il i a detes à paicr ,. il doivent élire contrains à vendre tant que il aient paie che qui 
cfl: dcu par la raifon de leur Prcdeceffeur dont il font hoir , & leur doit on donner 
quarcnte jours d'cfpacc de vendre. 

Chil qui cfl; Tuteur pour Enfins foubz aagies nefl pas tenu à fcrelcs bcfoi^^ncs des 
Enfans à fon couft, ainchois en doit avoir falairc fouffifant des biens as Enfans fclonc 
che que il ont, &: que il a de peine pour les Enfans , & l'eftimation de fon falaire doit 
eftre regardée par le Conte fî len vient premièrement à li ou par devant le Seit^neur 
deflbus qui il font couchans & levans , mes fe h fouget le Conte leur faifoient avoir 
trop grant falaire, quant Ii Enfant feroit aagié, il aroient adion de demander le trop 
à leur Tuteur, &: lors feroit jugiés le falaire felonc les peines que li Tuticrrcs a- 
voient eues. 

Chi define h Chapitre des Tuteurs qui font baïUiés as foubz kagiez ^ pour auz 
garder, 

Xlhi commenche li dixhuitiefme Chapitre de che Livre, liquiex enfaingne liauet hoir 

; font loial pour tenir Hiretage , ^ liquel enfant debout é par hajtardie ^^ cornent 

haflardie çuet efire prowvèe , & lef quels Mariages font bons^ ^ kfquels non. 

CHAPITRE XVIII. 

PL u R I E X debas font entre les Enfans dun Père qui a euees pluriex famés, en 
difant que li aucun ne font pas loial hoir, ainchois font nez en mauvez Mariage, 
parquoi il doivent cftrc tenus pour baftart, & cftre oflé de tele partie coume il em- 
portaient fîl fcuffcnt loial Hoir , & pour che cil; il bon que nous dions en chcftc 
partie briement liquel Hoir font loial, & liquel pucent eflre débouté pour Baftardie, 
car tout foit que l'Eglife ait la connoiflance des loiax Mariages, pour che ne demeu- 
re pas que Plet nen foient aucune fois en Court laie pour les Hiretages qui font te- 
nus de Fief lai defquiex li droit Hoir vuelent débouter les Baftards , & pour che que 
tex débat defpent de THiretage , convient il à la fois que Juge Séculiers fe entre- 
mette de connoiftre de la Baftardie qui eft propofée par devant li. 

Lcn doit favoir que tuit chil fontloialHoir qui font nez & conceuz en loiauxMariagc 
ou qui font conceu de loial Mariage, tout foit che que il ni foientpas nez, pour che que 
li Perc muert ou tans que fa Famé eft grofle,mes aucun puet bien naiftre elrans de loial 
Mariage qui neftpas loial Hoir, ainçois eft baftarz , fî coume fe aucune Famé groffe fe 
maria à autre perfonne que àcheli qiii lengroiffa hors MariagCjCar toiit foit il nez ou tans 
deMariage,toutcvoiefurilconceus enBaftardie,&tex Baftardie font aucune fois couver- 
tes que len nen puet pas bien favoir la vérité , & aucune fois que la vcritc eft feue 
far laparance dciu tans de la Nation : Car fe la Famé le porte fept mois puis le Ma- 
riage, ele puet bien celer le fet qui n'cft pas apcrt au monde , car en tant de tans 
puet en Enfcz naiftre & vivre, & fî puet eftre que il fu cngenrcz deux mois ou plus 
devant le Mariage ; mais fe ele porte mains de fept mois le Mariage durant, li Enfez 
vit , apert il que il fu conceus devant îc Mariage , & pour che puet il eftre tenus pour 
Baftarz , ne en cel cas riens ne le pouroit délivrer de la Baftardie que une feule 

• N 



ç s Liquel Hoir font loial four tenir Hiretages 

chofe chc cft quant il efl conccu de chcli meifme , qui cfpoufa puis fa Mère \ car 
c^wznt un Hons a Compaignie à une Famc hors le Mariage &: il lerpoufc après ou tans 
que clc cfl grofle, li Enfez que ele a ou Ventre devient loiaux par la vertu dou Ma- 
riage , voire fe il en i avoit pluricx Enfans nez avant que il lefpoufaftj & la Mère & 
\i Enfans à lefpoufer eftoient mis defous le paile en fainte Eglife , lî devenroient il 
loiaux Hoirs & fcroient ahcrité comme loial Hoir en toutes manières de Dcfcende- 
ment ou de Eichcoitc de cofté. 

La Mcre li ncft pas crevée en aucuns cas contre fes Enfans pour che fe ele dift 
que il font baftart , car haine que ele a au paraître , ou l'amour , ou le grant defierrier 
que ele a que fl autres Enfans emportaffent le fien le pouroicnt à che mener que cld 
diroit que U aucun de fcs Enfans feroit baftars pour les autres aheriter , & aucune 
fois a len veu que clcs ne leflbient pas pour leur vilanie que eles ne le déifient , don- 
ques quant tel cas advient len doit demander à la Mère toutes les demandes parquoi 
ien puift fivoir la vérité , &: fe len voit que ele en die vraie enfeignelcn le doitplu- 
floft croire que autre , car nus nen puet miex favoir la vérité que la Mère, &• fi ^oic 
on moût regarder pour quelc caufe ele cft meue à che dire, car fe len voit quele foit 
bien mcuc pour caufe de loiauté , fi coume il puet avenir 'que une famé aime miex à 
rccognoiftre fa vilenie que foufïrir que chil feuffent aheritc qui ne le doivent pas e- 
Ure , ou efpoir illi fuft commandé quant ele fe confeffa dou péché que ele le diflpour 
che que la vérité ne puet eflrc feue que par li, en tel cas fe doit on penre piez du 
croire. 

Tout foit il ainlfinr que quemune renommée queure entre une famé qui eft en ma- 
riage, que elle eft bien de pluriex houmes charnieument, &: foit encore que len le 
fâche par che que len les a veuz converfer enfamble, ou par prefomptions par Icf- 
qu elles len puet croirre l'affemblée de la famé &: d'autres perfonnes que de fon mari, 
& la famé ait Enfans ou tans quele maine tele vie , mes toutevoie fes Barons ancune 
fois repaire entour, li Enfans en che cas ne font pas tenu pour baftart, car pueteftte 
que il font du Mari, &: pueteftre que non font, & en toutes chofes là où il i a dou- 
te, foit en che cas ou en autres len fe doit tenir à la meilleur partie dufques à tant 
que li contraires eft prouvés , & en che cas puet il eftre mauvefement prouvé que il 
foient baftart dont il eft aflez de chauz qui tiennent les Hiretages de chaux que il 
cuident à leur Pères ou à leur Parens , & fî ne leur font riens pour che que il font ba- 
ftart &: avoutre, & par tex pechiés pouroit il avenir que un hons efpouferoit fa Suerj 
& fi cuideroit il & ele , & tuit li voifin que il ne fentrefeuffent riens , fî coume fe un'' 
hons mariés avoit Enfans de fa femme, & Enfans d'une autre femme mariée, & aprez 
mouroicnt & Mariage couroit des Enfans les uns as autres , en tel cas auroient li frè- 
res leurs Scrcurs , &: fi nen fauroient riens, & pour tix péris, & pour moût d'autres, 
qui en pucent avenir font tel pèches lait & vilain & defFendu,& fpeciaument par fainte 
Eglize pour le péril des âmes. 

L'en doit favoir que tuit chil qui nelfent aprez che que Mariage cft defeures ou 
tans que trente &: neuf fepmaines & un jour font paffés puis la mort dou Mari font 
baftart, car famé ne puet porter Enfant plus de trente neuf fepmaines & un jour, 
parquoi il apcrt que il fu conceus puis que li Baron fu mors , & pour che eft il prou- 
vés baftart par laparance dou long tans. 

Il puet bien avenir que un Mariage eft defeures par fainte Eglife quant au Ht , h: 
ncpourquant li Enfans que il eurent tant coume il furent cnfcmble ne font pas prou- 
vé pour baftart, fi coume quant aucuns pourchafleledefleurcmcnt de fa femme, pour 
chc que il la trouvée en péché de fornication , ou la femme de fon Mari pour chc 
que ele li a trouvé, en cel cas les puet bien Sainte EgHfe deflcurcr, &: fi ne font pas 
les Enfans baftart que il orrent devant la deffeurée, mes fe la famé a eu Enflins puis 
le dcflcurcment, il font baftart, &: ncpourquant chefte manière de dcflcuranche n'eft 
pas fi fors que fe il plaift à loume &: à la famé que il ne fe puiflcnt mettre enfamble , 
&: fe il fe remettent &: il ont puis Enflins, il font de loial Mariage , Se pucent eftre 
loial hoir. 

Autre chofc cft des Dcffeuremens qui font fez par fainte Eglife par caufe de Ligna- 
ge, fi coume il avient que un houmc prent fii Confine en tiers ou en quart , ou plus 
pfcz , car puifquc \i quart degré cft paffé Mariage fe puet ferc,&:puis aprez que il oiit 



Chapitre XV 111, ^^ 

efté cnfemble tant que il ont eu Enfans , faintc Eglife le fait &: départ le Mariage, en 
tel cas ne font pas li hoir loiax'; car tant coume il furent cnfemble, U furent cn^avou- 
tire , &: ncpourquant fc li Houmc ne la Femme ne favent riens dou Manaae ne par 
les Bans qui furent faits en fainte Eglife, ne en autre manière ; bien puctli Apoftoi- 
Ics confcrmcr le Mariage fe il li plcft , & pour la pitié des Enfans ; &: fe il ne \\ plcft 
il convient que li Mariages foit deficurez, &C li Enfans tenu pour non loyal quant à 
chc que il ne font pas ahcrité , comme droit hoir , dont che eft pitiés , pour chc que 
raflemblemcnt du Mariage ne fu pas fct malicieufement, mes il efl ainlfmt pour chc 
que aucuns porroicnt fcre à efcient tcx Mariage, &aprez quant li lignage feroit apcr- 
ceus & fainte Eglife les vouroit dcircurer,il deffendroient que il ne fccurent pas mot 
dou lignage, pour ferc lefdits Enfans loiaux, &: pour chc péril efchiver, & pour le pc- 
ché fe doit chafcuns foigneufemcnt garder qifcil ne fe marie fors là ou il puet&: doit. 
Bon ell: que len fâche liquel Mariage font à efchiver, car il eft moût de fimplcs 
gens qui ne le favent pas , fi doit chafcun favoir que nus ne doit efpoufer chelle qui 
\i apartient de lignage devant quele a pafle le quart degré , ne fa Commère de quel 
Enfant que che foit , ou de loume , ou de la famé , ne celé avec qui il a levé Enfant , 
jîe fa Marraftrc, ne famé qui ait efté à aucun de fon hgnage en quart ou en plus 
prochcin degré, ne la Confine à chcUc que il a acompaignié carnclement, ne faFil- 
îole , ne les Enfans de fon Compère ny de fa Commère puis le Comparao-e nez , ne 
chelle qui a plevi autrui par parole de prefent , ne chele qui eft: en Religion ou Pro- 
fefle , ne chele que len fait qui ait Mari, qui foit encore vis, tout foit il hors dou pais, 
ne Juive fe ele n'eft avant Chreftienne, ne chele que il fait qui ait eu compaignie à 
fon lignage charnelement , ou par Mariage, ou fans Mariage, & quiconcques prent 
aucunes de chelles defliis dites, il font en avoutire,ne li Ènfcz qui dauz ncflcnt ne 
doivent pas eftre loial, ainchois font tenu pour baftart quant as biens, &;detousches 
cas quant debas en naift apartient la conoiflance à fainte Eglife en tant comme au 
Mariage apartient defleurer, ou comme pour tenir loi pour bon. 

Tuit fâchent que li Mariages qui cft tenus pour bons par le tefmoignage de fainte 
Eglife ne puet eftre debatus ne corrompus en Court laie , ne li Enfans qui en naifi^ent 
tenus pour baftart , tout foit che que (ainte Eglife ait fct grâce à lomme & à la famé 
à foulfrir Mariage fi coume fe h Mariage peuft départir par aucune raifon , &: fainte 
Eglife le confirme & foufFre pour la pitié des Enfans qui en font ja nez , ou pour au- 
cune autre caufe depitié,& doivent eftre li hoir loial & en pueent porter de l'Hireta- 
ge tant comme loial hoir en puent & doivent porter, & de tous autres biens, qui pueent 
& doivent venir as drois hoir, & tout auftlnt coume nous devons croire fainte Eglife 
quant ele nous tefmoigne les Miriages loiaux , le devons nous croire quant ele nous 
tcfmoigne les defloiaux Mariages doncques fe plet eft devant nous d'aucuns hoirs qui 
déboutent autres del'Hiretage comme baftarts, & il nous aportent le tefmoignage de 
fainte Eghfe que ele tefmoigne que elle à cogneu de la Caufe , & que par Sentence 
diffinitive le Mariage ou ils furent ne fu tenus pour mauvais, ou que il prouve con-' 
tr'aux que il furent nez ou conceuz hors de Mariage , Nous devons croire le tef^ 
moignage de fainte Eghfe, & fere droit felonc che qui eft tefmoignié. 

Se fainte Eglife tefmoigne à Juftiche laie que aucuns Hoirs , foie baftart fî pour le 
tefmoignage li biens que il euft fe il feuft droit Hoir font délivrés à autres perfonnes 
qui eft drois Hoir,puifque chil l'a perdu par Baftardie, & après che chil qui fu tefmoi- 
gne pour Baftart , pourchafle tant vers fainte Eglife que ele tefmoigne que il eft loiax, 
che eft à tart puifque aucuns autres en aporte parlamain laie & par Jugement che qui 
deuft eftre fien, fe faBaftardic ne feuft efté tefmoignée contre lui j car il cft apert en 
che cas que chil qui ont la connoiflance pour fainte Eglife furent deceuz en tefmoi- 
gner la Baftardie , & fe il cftoit Baftars ils furent deceu en témoigner que il eftoic 
loiax Hoirs , ne li fecons tefmoignage que il tefmoignent le contraire de che que il 
avoient tefmoigne premièrement neft pas à recevoir , mes autre chofe feroit fî li Plez 
neftoit fers fur la fczine tant feulement ; car chil qui aroit perdus la fezine par Juge- 
ment pour che quil feroit tefmoigne contre li que il feroit Baftars, àc après ou Plet de 
la propriété pouroit monftrer que il feroit loiax Hoir, & monftreroit coument chil qui 
tefmoigncrent la Baftardie de li furent deceuz ; il pourroit recouvrer fon damage par 



100 Lîqud Hoir font loial four tenir Hitetages^ 

o-aigncr la propriété. Et aufiint comme nous avons dit que li tefinoignages de fainte 
Eff-Ufe doit élire creus de chèque ele tcfmoigne les bons Mariages ou les mauves, 
auffinc entendons nous que Tes tefmoignage doit eflre creus en toutes caufes defque- 
les la connoifîanche apartient à fainte Eglife , mes il convient bien quant li Plez font 
gros ou périlleux queilfoit tefmoigné autrement que dun Officiai tant feulement, car 11 
Officiaus neil que un fcul tcfmom quant il tefmoigné en Court laie, fe che neft en 
aucun léger cas dont len fc puet bien pafler &c que len puet legierement croire , ii 
coumc dune abfolution , ou que Plet eft pardevant li à tel jour ou dune Semonce ou 
daucune Ordcnance qui a eftc fête pardevant li, de ces chofes eft creuz che qui li 
Officiaus tcfmoigne parle Secl de la Court fans avoir meftier dautre tefmoignage, 
&: auffint eft il creuz quant il tcfmoigne aucun Efcomunié. 

Se li Officiaus tefmoigné que aucun foit Baftarts&liEvefque tcfmoigne que il foit 
loiauXjlenne doit pas croire le tefmoignage de l'Official mes le tefmoignage del'Evef- 
que ; &: fe li Evcfque S>c fes Officiaus tefmoignent une meefme chofe , & li Arche- 
vefque qui a le reflbrt dudit Evefque tefmoigné le contraire , len doit croire le tef- 
moignage de l'Archevefque ; &r fe li Archevefque tefmoigné autel coume li Evefque 
iîftjouil confcrme fa Sentence &c li Apoftollesou chil qui (ont envoies de par li tefmoi- 
gnent le contraire,len doit miex croire le tefmoignage de l'Apoftolequele pardeffoubz; 
&: auffint difons nous de che meefme que les Cours lais tefmoignent que len doit miex 
croire che que le pardeffias tefmoigné que le pardcfTous , & faire droit felonc le meil- 
leur tefmoignage. 

Li Baftarts qui font nez en Mariage font à la fois prouvés en la manière que nous 
difons deflus en tel Chapitre meifme,&: à la fois en autre maniere,li comme fe li Mari eft 
outremer , ou en autres Terres étranges, ou emprifonné par fi long tans qne dix mois; 
ou plus foient pafles , &: après les trente neuf fepmaines & un jour, que il fen partit 
fa femme à enfans,en tel cas il pueent cftre prouvés à Baftart par l'aparance dou fet, 
mes felimari eftait en fa délivre poote hors dou Pais ou fa famé pour fon pourfit, 
ou pour che que il eft baniz , ou pour guerre ou pour povreté , & fa Famé avoit En- 
fans & ne fauroit on de qui ne renommée ne par veue de converfer autrui avec lui, 
en tel cas ne feroient pas li Enfant prouvé à Baftart par l'aparance dou fet , car peut 
cftre que li Barons i converfa en repoft ou tans que ele conceuft , mes fe li Barons 
revient & truevc que fa Femme a eu Enfans ou tans que il a eftéhors &c il en efchi- 
ve la Compagnie de fa Famé, & dit que h Enfans fojit Baftart en affermant que il ne^ 
fu ou Pais ne par nuid ne par jour en tant de tans comme Femme puet porter Enfans, ' 
en tel cas en doit cftre creu , car maie chofe feroit que chil feroient baftart & avoutrc 
à fa veue & fa feue feuflent fi Hoir & emportaftent fon Hiretage maugré fien ,- 
car nus ne doit croire que nus fift volentiers fes droiûs Enfans Baftars pour fon Hire- 
tage faire tourner à autres Hoirs , Se toutevoie pour che que aucuns ne foit meus à 
che par mauvefe caufe, fi comme haine monte aucune fois entre Homme & Femme 
à poi dachoizoïijou par jaloufic ou en autre manière , len doit moût regarder que li 
Hons ne foit meus fors par caufe refnable , & che puet on favoir afl'cs apertement par 
la manière de l'acufement & par les circonftances dou fet. 

Encore fe puet baftardie prouver par autre voie par laparence dou fet fi comme fe 
mari eft tiex que il ne puift engendrer Enfans par che que il na pas che que nature \i 
doit donner pour engendrer Enfans,fi coume il avient que un tex Hons prent Famé Se ne 
revclc pas fon cftbinc privé &: la Famé fe tient en faComjpagnie ne ne pourchalfcpas le 
dcfleuremcnt dou Mariage , mes ele compagne charnellement avec autres que avec 
fon Baron , pourquoi ele a Enfans , en tel cas fe li Hons fet fon Eftbine aperte, font 
Il Enfans prouvé pour Baftart par l'aparance dou fet , mes (c li eflbine eft repos tant 
que le mari foit enfouis, &; tele chofe eft prouvée pour aus tere Baftars, che ne doit 
pas cftre reccu en pruevc , car puifque il tint les Enfans pour fiens tout fon vivant, 
& ne fift nulc mention que il euft mehaing , il doivent cftre tenu pour loial hoir fe 
la Merc ne les accufe, fi coumc nous avons dit deflus en autre cas. 

Toutes les fois que Court fe fcnt deceue, & par la decevance ele fet ou Juge-au- 
cune chofe , &: aprez la Sentence ele fc appcrçoit que ele tu deccuë , de puet bien 
rapellcr fon jugié , mes che difons nous cz Cours de Sainte Eglife , car en la Cour laie 



chapitre XVI IL ior 

convient il tenir che qui eft jugié, puifque la Sentence eftpaflee fans Appel, feainflînt 
ncfl: que fi grant fraude ou fi grant barat i foit trouvez que li Sires de fon Office face 
rapcller les Parties par devant!], & rapiauc che qui fut fet f^ barat, car che appar- 
tient bien à Office de loial Court foie de Chrcfticnté ou de Court laie. 

II n eft pas meftiers que la Court de Chrefticntc fc pafTe legicremcnt des Plais qui 
naifirnt de Mariage dcfpecier, tout foit che que h Maris tefmoigne che que la fane 
propofe contre lui, car puct eftre que il tcfmoigncnt enfemble la caufe de départir 
Mariage pour che que il vuelent bien la départie pour che que il fe vuelent remarier 
ailleurs , ou pour haine qui eft meue entraus, doncques en tel cas ne doit pas faintc 
Eglife du tout croire en les paroles , mes favoir la vérité dou fet qui eft propofé , 
monftree en apert , ou par enqucfte d'autres tefmoins quant h tcz ne fe puct autre- 
mant monftrer, fi coume fe la famé dift que li hons eft ticx que il ne puet engendrer 
&: il le congnoift pour che il vient bien la defeurance , len ne doit pas croire à fa con- 
noiflànce que len ne fâche fe che eft vous par vcue , fi comme fe len voit qu'il a che 
que il difoit que il n'avoit mie , èc aufîint diions nous des autres cas, qui par veue fe 
pucent monftrer ou par aparance dou fet. Se les autres cas qui ne pueent eftre mon- 
ftrés fi apertemcnc , fi coume fi li un fuit lautre daucun avoutre , enquefte en doit 
eftre fête tout foit che que li un &c li autre le cognoilfe, fi comme il did eft delfus, 
car maie chofe feroit cV perilleufe as âmes &c as hoirs que len defleuraft les Mariages 
à chacun mautalent qui font entre aus. 

Pour che que nous avons parle que la Court rapiaut la Sentence de che dequoi 
de fe vit deceue puis le Jugement, nous en dirons un cas que nous vifmes, car un 
Chevalier prift une Dame, & quant ils eurent cfté grant pièce cnfemble tant que il 
curent Enfans li Mariage fu aprez acufcs , & fut defpcciés &: tenus à mauves par le 
Jugement de fainte Eglife , & eut chacun Congé de foi marier ailleurs , li Chevaliers 
prit une famé, & en eut Enfans , & la Dame prift autre Baron &: en ot Enfans, &: 
aprez il avint que la famé derrainement efpoufée dou Chevalier mourut , & li Barons 
derrainemcnt efpoufé de la Dame mourut , & aprez confcience requift le Chevalier 
& la Dame que leur Mariage avoir efté defpecié par mauvefe caufe , il fe trairent à la 
Court de Chreftienté , & li monftrcrent coumcnt ele avoit été deceue en dcfpe- 
cier le Mariage, & la Court la decevance cogneue rapela la Sentence que ele avoic 
donnée contre le Mari âge, & afferma par Sentence que li Mariage premiers eftoit bon 
& loiaux , & que il pueent bien enfemble eftre comme en bon Mariage , & fe raft*em- 
blerent , & ainlfint eut li Chevahers Enfans de deux famés efpoufées & vivans tous 
en un même tans , &: la Dame Enfans de deux Maris, & les deux Maris vivans. 

Or avint que li Chevahers & la Dame moururent, fi commença Plet entre les En- 
fans du premier Mariage & les Enfans dou fecont Mariage, car h Enfans dou fecont 
Mariage difoientque li Enfans dou premier Mariage eftoient nez en mauvais Mariage, 
parquoi il apparoift que il eftoient baftart, & bien eftoit prouvé fi comme ils difoienc 
par che que Sentence :voit efté donnée contre le Mariage & pouvoir dans remarier, 
&: cel Mariage defpicé il eftoient nez en loial Mariage , &: aprouvé par fainte Eglife , 
& dura li Mariage dufques à tant que il fu defifeuré par mort, parquoi il requeroient 
que il feuflent receus à l'Hiretage coume loial hoir, Se li autres déboutes coume chil 
qui droit ni avoient par les rezons deftlis dites. 

Et h Enfans nez dou premier Mariage en aus défendant difoient encontre que à 
aus apartcnoit li Hirctage coume à loiax Hoirs & ainnés en bon Mariage, Se bien apa- 
roit que la Sentence que fainte Eglife avoit donnée contre le Mariage , ele le rapela 
& recogncut que ele avoit efté deceue en donner la Sentence & tint le Mariage à bon 
& à loial, donc il aparoit que il eftoient loial Hoir, & fur che fe miftrent en droit. 

Il fu jugic que li Enfans né dou premier Mariage eftoient loial Hoir&: que il veh- 
roient à la fucceflïon dou Père & de la Mère, &li Enfans né dou fecont Mariage com- 
iiie loial Hoir partiroient comme mainne au defcendernentdeleur Père ôi de leur Mè- 
re, & par cel Jugement puet len entendre que chafcun des Mariages fu loiax el tans 
que il dura , car che que fainte Eglife fu deceue en fere contre le premier Mariage 
ne dcutgrener à nului puifquele rapella fi Senrence & le confié que ele donna du 
remarier , fift les leçons Mariage loiaux Se li rapiaus que ele fift de la première Sentcn- 



2 02 Liquel Hoir font loid four tenir Hiret^ge. 

Ce contre le premier Mariage le raferma &: tint pour loial. 

Bien fâchent tuit chjl qui font Bâftars &: qui bien lefcvent par la connoifTancc de 
leur Mcre ou en autre î^niere que il nont droit en nul defcendcment,&: fc il fi metcnt 
pour chc que nus ne leur débat, par che que Icn ne fait pas la verité,pour che ne de- 
meure pas que il ne tiennent .\ tort & contre, Dieu & ou péril de leurs Ames , &: fc 
il veulent ferc che que ils doivent felonc Dieu il font tenus au rendre à chaus que il 
favent qui font droit Hoir &: loial. 

Voirs cft que en Tcftament puet bien li Hons ou la Famé leiflier à fes Enfans Baflars 
pour caufe de pitié ainflint coume il feroient à eftranges perfonncs , che cft à favoii 
de leurs Mucbles ou de leurs Conquefts ou le Quint de leur Hiretage , ncpourquant 
feli Hons ou la Famé qui a Enfans Baftars , &: Enfans loiax na forsMuebles èc Con- 
quefts nous ne nous acordons pas que il puiftent eftre lefllés aux Baftars & nieant 
as loiaux Hoirs, fe liHoir loial ne lont meffet vers le Père ou vers la Mère, fi coume 
nousdifmes ou Chapitre qui de che parole,doncques difons nous en tel cas que la plus 
grant partie en doit eftre leffié as Hoirs , loiaux fe li Hoir loial ne lont meffet , & au- 
cune chofe en puet len leffier as Baftars pour leur fouftenance , mes fe un Hons ou 
une Famé na nus Enfans loial , mes il a Enfans Baftars, bien leur puet lefïîer fes Mue- 
bles & fes Conquefts &: le Quint de fon Hiretage, ou tout ou partie; mes fc il muert 
fans aus lefTer aucune chofe il ne emporte rien ne que fcroit un Eftranges, 

Aucune fois avient il que deux gens qui font en Mariage fe départent par leur 
volenté & par le gré de fainte Eglife fans vilaine caufe, fî coume quant ils ont volen- 
té dcntrer en Religion ou de vouer chafteté , mes chcfte départie ne fe puet fere 
fans l'acord des deus parties , car li Hons ne le puet fere fans lacord de fa Famé, ne 
la Famé fans lacord de fon Mary ; &: fe il ont Enfans , il ne lefTent pas pour che \ 
eftre loiax ne à venir pour che à la Suceffion de leur Père & de leur Merc, 

Chaus de qui il eft chertaine chofe que il font Baftart ou avoutre ne pueent en 
nule manière eftre fet loial quant à che que il viengnent au Defcendement des Hi- 
retages de Pères ou de Mère, mes chil qui ne font fors Baftars tant feulement, pueent 
bien eftre fet loial Hoir par eftre mis defous le Paile à l'efpoufer, fî comme nous a- 
vons dit deffus ; & h Avoutres font chil qui font engendrés en Famés mariées dautrui 
que de leurs Seigneurs de Houmes mariez. Donques fe il avient que un Hons aie 
Enfans en foulingnage dune Femme qui a Mari & li Maris muert, & l'Omme qui 3 
fon vivant la tenoit l'Efpoufe ,les Enfans qui naiflent puis le Mariage ou qui furenèf 
engenrés ou nez ou tans que ele fut vcufve pueent eftre fet loial, mes chil qui furent 
engcnrés ou nez ou tans que ele eut autre Mari en avoutire ne pueent eftre fet loial 
quant à la fuccefîîon de Père ne de Mère , mes nous en avons bien veus aufcuns qui 
par la grâce de l'Apoftoile eftoient Clerc & tenoient des biens de fainte Eglife , mes 
de che ne fe ont à meller les Cours laies,caf à l'Apoftoile &; as Prelas apartient lamini- 
ftration de fainte Eghfe, 

Len ne doit pas douter que quant un Hons eft hors du lien de Mariage a compai- 
gnie à une Famé & en a Enfans, & l'efpoufc puis que li Enfan font né ou cl tans que 
ele cft grofTe, fe li Enfans font mis deffous le drap, liquel drap eft acouftumé de mc- 
tre fur chaux qui fe marient follempnement en fainte Eglife , ne foient loial , 
puifque il i font mis avec le Pcre &: avec la Mère le Mariage faifant, & puis lors ne 
font pas li Enfans Baftart , ains font Hoir & pueent eftre ahcrités fî coume loiaus En- 
fans nez en Mariage, &: par chefte grâce que fainte Eglife & Couftume confentent à 
tex manières d'Enfans avient il fouvent que liPcres efpoufent les Mcrcs pour la pitié 
des Enfans , fi que mains de maulx en font fet. 

Nous veons un cas ouquel mes Fils mainnez en puet porter lainnecfce de mon 
Hiretage contre mon Fils & fon Frère ainfné , & dirons comment fe un Hons a du- 
ne Famé un Fil en foignantage , &; puis efpouze une autre de laquele il a un Fils, &: 
après cclc que il a efpoufée muert &: il efpoufe la première de laquele il eut un Fils 
en foignantage, & eft li Fil mis deffous le drap avec le Perc &: avec la Mère pour li 
fere loial en tel cas fes mainnc Fins cft ainnez quant àl'Hiretage, car il cft né doii 
premier Mariage, & tout foit il ainflint que li autres font ainfnez daage le tans que il 
ut Baftart ne U doit pas eftre conté fi que ou tans que il ift de la Baftardie il eft nou- 



Chapitre XÎX, /j?^ 

viax nez coumcà eflre Hoir, mes fe li Hoir qui cfl: nez ciou premier Mariac^c eftoic 
femelle & chil qui fut aucune fois Baftart qui devint loi ax parle Maria^^e dou Pcrc 
& de la Mcre cftoit Hoir maie, il cmportcroit lainnecfce contre ^à. Scrcur car com- 
bien que il i ait de Mariage &: Filles de chafcun Mariage &: du dcrrainMaria<»c fcufl 
un Hoir malle i cmporteroit lainncfce contre fa Scrcur & contre toutes fcs Screurs 
nées des premiers Mariages par noftre Couftume , pour chc que Douaire ne ahcritc 
pas Ç\ comme nous avons dit au Chapitre des Douaires. 

Che que nous avons dit que li Enfans ne font pas hérites par noftrcCouftume par 
raifon des Douaires leurs Mcres , fî coume i!s font en Franche &: en autre Pais nous 
le entendons enHiretages qui font tenus de Fief, car en Hiretages qui sôt tenus enVilc- 
nagc, facord noftrc Couftume à l'Ufagc deFranchc,cheftà favoir que H Enfans nez dou 
premier Mariage emportent la moitié, & chil dou fécond le quart, & chil dou tiers 
Mariage li utiefme,commentque li Enfans de chafcun Mariage foi cnt malles ou femel- 
les, & quant U Pcre muert&: li Enfans de chafcun Mariage ont parti fclonc chc qui 
cft dit dcflus , la partie dou Père qui demeure de Vilenage doit cftre partie à trellous 
fes Enfans, autant alun comme à lautre,car en Villenagenà point dainnecfcc. 

Chi dcfînc li Chapitre qui cnfaigne liquel Hoir font loial, & liqucl font baftarr. 

Qhï commenche h dixneufiepne Chapitre de che Li'vre , qui Parole des Devrc-^ de 
Lignage ^ar quoi chajcun ^uiilja'voir combien fi Parens li font prochein ou hintain. 

CHAPITRE XIX. 

PO u R che que chafcun fâche en quel degré de Lignage l'en H aparticnt pour 
pluriex rczons 11 comme pour che que Mariage ne fefacc en tropprochein degré 
de Lignage, ou pour che que len puift requerre fon ami de foi aidicr de fa Guerre , 
ou pour chc que len puift demander le fien quant il i efchictparprochaineté, oupour 
chc que len fâche combien len eft procheins quant len vieut refcoure aucun Hireta- 
ge par la bourfe , nous traiterons ichi endroit en un petit Chapitre de la divifion des 
Lignages , 6c coument &: en quel manière Lignages s'alongne. 

Nous devons favoir que Lignage fe puet divifer en quatre parties , la première eft 
en montant , (î comme mon Père ou ma Mcre ; la féconde partie en defcendant , û 
comme mon Fiex ou ma Fille, & ces deux parties font de Lignage droit de defcen- 
dement; la tierche partie fi eft de Lignage de collé en montant; la quarte partie fj eft 
de Lignage de cofté en avalant. 

Or vcons des Dcgrez de Lignage , mon Fils eft au premier point en avalant , &: 
mon Père au premier point en montant, &: mes Frère meft au premier point de cofté, 
& mes Oncle meft au premier point de cofté en montant , mes Aicx fi meft ou fe- 
comt degré de Lignage en montant , & li Fix de mon Frcre meft ou fecont degré de 
Lignage de cofté en avalant, & le apelle len Nevtu, & li Fix mon Oncle meft au fé- 
cond degré de Lignage en montant, &: le apele len Coufiu Germain ; mes Bczaicx 
meft ou tiers degré de Lignage en montant,& li Fil dou Fil mon Fil meft ou tiers de- 
gré de Lignage en avalant, &: li Fil de mon Coufrn Germain meft au tiers degré dé 
Lignage de cofté , & commenche de l'Oncle en avalant , & eft dit Fiex de Coufin 
Germain , & par che que je vieng en defcendant de l'Oncle, vous pouez entendre 
le montant, car trop i aroit grant multitude de parole en à conter, puilque Lignage fe 
alonge toutes les branches qui en iflent en montant & en avalant; & pour che nous 
ne parlerons que de quatre , furquoi nous avons commencié tant feulement , car par 
la divifion de ces quatre , pourra len entendre les autres. 

Or dirons donques que le Fil de mon Neveu fi meft ou tiers degré de Lignage 
en defcendant de cofté : li Père à mon Bezaiel m'eft ou quart degré de Lignage en 
montant; & li Fil dou Fil au Fil mon Fil meft ou quart degré de Lignage en avalant, 
& le Fil dou Fil à mon Coufin Germain meft ou quart degré de Lignage en avalant 
de par mon Oncle de cofté , & le Fil dou Fil mon Neveu meft ou quart degré de Li- 
gnage en avalaiu: de cofté ; li Aieul à mon Befaieul meft ou quint degré de Lignage 



104- 2)^ ceux qui tiennent HireMges de hone foi, 

en montant , & li quint Enfant iflu de moi meft ou quint degré de Lignage en «.va- 
lant, &: li Ficx dou Fil au Fil mon Coufm Germain meft au quint degré de Lignage 
de cofté en avalant de par mon Oncle, &: le Fil au Fil dou Fil mon Neveu meft ou 
quint degré fn avalant de cofté , & en tels degrés de Lignage fe puet fere Mariage , 
puifquc il efchape le quart , &: que le Lignage vient de cofté y car fe il pouoit cftre 
que li Aiex à mon Bczaicul vcfquis il meft ja ou quint degré de Lignage en montant, 
& li quint Enfant iflu de moi vefquiflent & i euft une file ele li feroit en l'unzime de- 
gré de Lignage en defcendant , & fi ne le pouroit avoir par Mariage, doncques puec 
len veoir la difïcrance qui eft entre Defcendemant & Lignage de cofté , & des diffé- 
rences qui i font, il en parole ou Chapitre des Defcendemans & de Efcheoite. 

Nous avons dit dufqucs au quint degré de Lignage en montant , & jufques au 
quint degré en avalant , en laquelle droide lignie Mariage ne fe puet fere , & fi avons 
dit dou Lignage de cofté dufques au quint degré ;,.elquci degré len fet bien Mariage, 
fi puce icn entendre par che qui eft dit defTus, que eft plus lointieng Lignage , car à 
chafcun remuement d'Enfans Lignage s'alonge un point , fi puet chafcun favoir par 
che que nous avons dit deflus en quel point de Lignage chafcuns li appartient, fi 
nous en fouftlrrons à tant. 

Chi dcfîne le Chapitre des Degrés de Lignage. 



Chi commenche li vingtiejme Chapitre de che Livre ^ liauiex parole de chaux qui 

tiennent Hiretages par caujfe de bonne foy ^ ^ enjaigne coument il 

doivent eflre garde de damages. 

^ CHAPITRE XX. 

OR vcons aprez che que nous avons parlé des Degrés de Lignage, de chaus qui 
tiennent Fliretagcs par caufe de bonne foi, fi que chil qui tiennent l'autrui cho- 
fe à tort 8c a. cfficnt, fâchent coument il feront tenu au rendre, & coument chil qui 
tiennent par caufe de bonne foi doivent eftre garde & garanti de damage. 

Len doit favoir que chil qui font en fezine de Hirctages par caufe de bonne foi ,' 
ne font pas tenus à rendre les levées, tout foit il ainfTxnt que il perdent puisl'Hiretage 
par Jugement , fî coume fe jay acheté un Hiretage, & fui en fezine de Seigneur, & 
aprez aucuns vient avant qui monftre par bone raifon que chil n'avoit droit en l'Hire- 
tage qui le vendi, fi que la vente eft de nule valeur, en tel cas je ne fuis pas tenus 
à rendre les Arriérâmes que ai leues devant che que li Hiretage me iffe de la main , 
& auffint fe je ticng l'Hirctage par caufe de Don , ou de Teftamcnt , ou d'Engaigc- 
ment , ou de Douaire , ou de chelui de qui Hoir je eftois , en tous tex cas ne fuis je 
pas tenu à rendre les levées des Hirctages, mes feje tieng Huctage par mauvcfe caufe 
fl comme par forchc ou par nouvele deffczine, ou par tolte , comme chil qui ni a nu- 
le caufe de bonne foi quant l'Hiretage me fera mis hors de la main je doi eftre jufti- 
Clés 3. rendre les arricragcs. 

Qui edcfie feur Hiretage que il tient par caufe de bone foi , &r pour che que il 
croioit avoir droict en l'Hiretage, &: aprez autre l'emporte de fon droict , les coufts 
des Edcfîccs li doivent cftre rendus, mes que c4ie ne foit an Hirctages liquicx foie 
encore dedans an & jour que on le puift ravoir par la boui-^e , car en cel cas ne raroic 
len pas les Coufts des Edifices, fors chaus qui feroient fet pour fouftenir les Edcfices 
qui feroient el marchié , car tex Coufts i puet il bien mètre pour che que che neft li 
damage à nului Se qui édifie en Hiretage que il tient par caufe de malc foi chil qui 
par caufe de bonne foi gaigne l'Hiretage gaigne les Edeficcs fans riens rendre, & pour 
che eft che grand pcricx de edefier fcur autrui Hirctages , Sc lefqueles caufes font 
bonnes & maies il en touche ou Pcragraphe devant cheftui. 

Aucune fois avientilque chcrtaine partie ne fe puet fere entre Hoirs ou tans que 
leur Pcrc ou chil de il font Hoir muèrent, fi comme quant la Famc demeure greffe, 
car fe la partie vient du Dcfccndcmcnt dou Père &: la Femme eftgroffe. Ion ne fait 
guant Enfans clc aura, car puci; cftre que clc en aura ou deux ou trois, & fe U Enfant 

ainné 



chapitre XX, ^^^ 






ainné cmportoieiit la moitié des Mucblcs & des Conquefts le Pcre contre leur Merc 
li Enfans à naiftrc en pouroienc cftre damagiés fc il aloient leur partie folement & 
pour chc nous acordons nous que Icn mete en fauve main pour la partie des Enfans 
a naiflre , pour trois Enfans fi que fe il i en a trois il puiflcnt avoir leur parr de par 
leur Père, & (c il en y a mains , la partie de chaus qui defaudront rcviengnc à partir 
entre les Hoirs communs , &: fe li Hoirs qui font né veulent fcre bonne feurté de 
rendre la droite partie à chaux qui naiftront & chafcuns foi obligierpour le coût Icn 
puct bien foufïrir que les parties du tout foient fêtes cntr'aus. 

Il advient aucune fois quant li Hons muert que la Famé demeure groffc , &r ne 
la pas tant porté que il foit fcù apertemcnt fors que par ledit de la Famé, &: aucune 
fois avicm il que ele meifmc ne le lait pas, fi coume quant elela poi porté. Or vcons 
doncqucs en cel cas quant le mors à Enfans qui font né fi vuelent partir avant que 
quatre mois & demy foient acompli puis la mort dou Père , les parties doivent cftrc 
fetes fi coumeil eft dit dcffus : mes fe quatre mois &t demi font paflés,& il napert pas que 
la Femme foitgroflcjne elle ne vieult jurer que ele croit eftre groffc, adoncques pueent 
il partir cntr'aus communément delà defcendue de leur Pcre ; & fe il ni a nul Hoir ne 
aparcnt & Icn ne fait pas que la Femme foit grofl'e, fe ele vient jurer fur Saints que ele 
croit micx que ele foit groffc que autremant , nus ne partira à lui, ainchois emporte- 
ra fezine de tous les biens par bonne feurté,que fe il avient que ele ne foit groffe que 
len rendra la partie au mort à chaus qui par droit y devront venir ;&: fe clenenvieut 
ou ne puct faire feurté , la Juftiche dcflbuz qui li biens feront , doit tenir la partie au 
mort en fauve main jufques à tant que l'on fachc fe elle cfl grofîe ou non. 

Quant il avient que li Hons meurt fans Enfans , &: fa Famé demeure en tel 
point que ele mefme ne fait pas que ele foit grofle, ne ele ne veut pas jurer que ele le 
croit eftre, à fa requefte la Juftiche doit tenir les biens du mort en fa main duf- 
qucs à tant que quatre mois & demy foient pafî'és , & à donc fe ele ne le vicuc 
jurer ou len ne voit apertement que ele foit grofle , la partie au mort doit eftre dé- 
livrée aux Hoirs. 

Se la Famé demeure grofle quant Ces Barons meurt & ele tient l'Hiretage de fon 
Baron par la raifon de fa groiflefle, pour che que la garde des Enfans foubz aagiées 
apartient à li , & ele tienne les dcfpcuilles ou tans de fa groiflîefle , & li Enfcz eft 
morfnez voirs eft que li Hiretages dou mort efchiet à fes plus prochains parens , 
mais ils ne puent demander à la Famé che que ele leva ou tans de fa groifl'efle 
des levées de l'Hiretage , car elle avoit caufe de bonne foi au lever , par la raifon de 
l'Enfant qui eftoit en fon ventre , qui eftoit Hoir dou mort &: devoir eftre. 

Se Femme demeure grofle quant fon Baron muert &: ny a autres Enfans apparens, 
à li apartient la fezine des biens au Pcre,fi comme nous avons dit deflus, & après che 
clc porte tant l'Enfant que il foit nez fi que il puift bien eftre tcfmoignié que len li ait 
oi crier, & après muert, tout foit che que il ne vive pas tant que il foit porté au 
Monftier pour baptifier , nous créons que puifque il y a eu Hoir ne que les Muebles, 
& li Chatiexde la partie au Père cfcheent à la Mère , comme à plus procheine, 
& aucuns pouroient cuider que non feiflent, puifque li Enfez né fut baptifiez & nous 
créons que fi doitfere,car fi toft coume Hoir eft né, nous créons que li drois dou Pè- 
re & de la Mcre li foit defcendus temporeument , & par le Baptefme li Hiretage de 
Paradis efpirituelemcnt. 

En tous cas qui aviennent quels quils foient dont PIcz eft, & en toutes parties de 
Hoirs , &: en tous rapors que len fet pour partir aprcs le decez des Pères & des Mè- 
res par devant quelconque Juge que li Plet foient , les. Parties doivent jurer, fc par- 
tie le requiert , que il ont bonne quercle & loial , &: que fe il leur convient amener 
Tefmoins , bons & loiaux les amerront , & que de che que Icn leur demandera en la 
querele vérité diront,ne pour Perc ne pour Mere,ne pour gaaing, ne ncn mantiront,&: 
fe U cas eft pour parties de gens qui ont à parrir enfemble , ou de raporter avccque 
çhe qui eft deflus dit , il doivent jurer que tout che qui doit eftre en la partie apor- 
teront avant, ou enfeigneront, fe les chofes ne font en leur Baillie, excepté les cas de 
cricme , car en cas de cricme dont on puet perdre vie ou membre, li Accufés neft pas 
fcmis à jurer fe li cas neft degaige. Car en Plet de Gaiges doivent eftre li Sermcus 



^jQ • Comment (^onsfaignie fi fit. 

fet acs parties , (i coume il eft dit au Chapitre des Prefentations qui font fèces pour 

^ B?cn fe crart chil qui jure que il raportera tout che qui fe doit partir entre Hoirs, 
ou qui jure^che que U a vaillant pour che que il ell taïUable à fon Seigneur , ouà au- 
cune commune que il die venté; car fe il eft trouvés parjure, il doit perdre le fur- 
pins de che que il jura, & doit eftre au Seigneur ou a la Commune qui taillable il 
eft" & fe li Sercment eft pour raporter che qui fe doit partir entre Hoirs , & il en 
concele aucune chofe, che qui eft concelé doit eftre as autres Hoirs, &: en doit perdre 
fa partie chil qui le concela , qui raporter le devoir, & il cft bien rezons que chil ait 
damage qui autrui vient décevoir & qui fe parjure. - , , r • 

Chi define li Chapitre de ceux qui pourfievent pour caufe de bonne toi. 



Chi commenche li ^ingt - mgniefme Chapitre de che Livre , liquiex parole de 

Compaignie, comment elle fe fet par Coupme, & puet fire , & comment 

elle dure,& comment elle faut. 



P 



CHAPITRE XXI. 

L u R I E X gaains & pluriex pertes aviennent fouvent par Compaignie felonc no- 
ftrc Couftume , &c pour che chafcuns fe doit garder avec qui il fe met en Com- 
paicrnie,ou qui il reçoit à Compaignon,&: chcs Compaigmcs dequoi nous voulons par- 
ler "che eft des Compaignics qui font teks, que par la Compaignie h avoir viennent 
à partie quant la Compaigme faut. Et tele Compaignie fe fet en pluriex manières , & 
pour che nous traiterons en ccte partie comment tele Con^paignie fe fet felonc no- 
ftre Couftume & de la perte & dou gaaing qui empuet naiftte, & fi parlerons en que- 
le manière len puet & doit ofter Enfans de fon Baailg à che que il ne puifte riens de- 
mander par rezon de Compaignie. , , . n 
Chafcuns fi fait que Compaignie fe fet par Mariage; car fi toft coume Mariage eft 
fez li biens de km &: de lautre fi font quemun par le vertu dou Mariage : Mes voirs 
cft que tant coume il vivent enfamble li Honseneft mainburnifrierres,&convientquc 
la Famé fueffre & obcifte de tant comme il apartient à leurs Muebles & as Defpueil- 
les de leur Hiretages, tout foit che que le Famé i voie perte tout apertement fi con-»| 
vient il que ele en fueffre la volenté de fon Seigneur: mes voirs eft que le Treffons^ 
de l'Hiretacre qui eft de par la Famé ne puet U Maris vendre fe che neft de lotroi &i 
de le volenté de fe pâme, ne le fien meefme,fe ele ne renonche à fon Douaire,que ele 
riens ne demandera pour fon Douaire , fe ele le furvit , & des parties qui doivent 
eftre fêtes par la Compaignie de Mariage , quant Mariage faut: Nous en parlafmes ou 
Chapitre qui parole des Douaires , fi nous en tairons en chi endroit. 

Le féconde manière coument Compaignie fe fet eft de Marcheandife,fi coume il 
avient que deux Marcheandzou trois fi achatent une Marcheandilede Draps ou autre 
chofes, & avient fouvent que chafcuns paie de la Marcheandife autant h un coume 
li autre', & à h fois li un paie plus & li autre mains, bien eft voirs quant tele Mar- 
cheandi'fe cft fête il loit à chafcun quant iHipleft à demander fa part de la Marchean- 
dife felonc che que il en paia , &C ainffint fe diflbivre de ia Compaignie , mes tanc 
coume la Marchcandife cft enfamble fans départir, fe il ia vendent ou font vendre en 
main qucmune , chafcuns fi doit partir à le gaaing ou à le perte , felonc che que 
chafcuns mift en lâchât de le Marcheandife,cheft à entendre fe h un i mift autant lun 
coume li autre , il partiront tuit igaum^nt , & fe li un i mift le moitié &c li dui autres 
lautre moitié, chil qui i mift le moitié emportera le moitié, foit de perte foit de gaaing, 
& h dui autres lautre moitié,&: par che poés entendre dou plus plus, &: du mains mains. 
Le ticrche manière coument Compaignie fe puet fere fi eft par convenances , &r 
chcce Compaignie fe fet en moût de manières ; car à le fois len facompaigne à autrui 
dufqucs à chertain nombre dargent,ou à la fois dufqucs à chertain tans,ouàla fois cant 
coume il vivent ; & en toutes teles manières de Compaignics il convient garder & (c~ 
rc garder les convcnanches , eflieutes aucunes caufes par lefqueles celés convenant. 



chapitre XXL m 

ces pueenc bien eftre defpccées, fi coume quand lune partie chiet en langueur, ù que 
il ne fe puec mais mcller de le Marcheandife pourquoi il facompaignierent, ou quant 
il fe marient , ou quant il vieut donner de la Marcheandife à Tes Enfans en Mariage, 
ou quant il vieut aler Outremer , ou en aucun loingtain Pèlerinage, ou quant il eft fi 
enbefoigniés des befoigncs fon Seigneur , ou des befoignes au Souverain ,h que il ne 
puet entendre à laMarcheandifejOU quant il monftreque la Marcheandife c[\ contre 
l'Ame , &: que il apecliiéau démener, ou quant il vieut encrer en Religion , par tou- 
tes tex caufes pueent eflre acompaignement defpeciées , &: quant les convenances fe 
depiecent par tex caufes la Marcheandife fi fedoit départir felonc leftat ou les cliofcs 
font el point que la Compaignie fe depiece, & encore fe puet ele defpieccr quant 
aucuns puet prouver contre fon Compaignon que il a fcc en le Compaignie autre ■ 
chofe que il ne deufl, car maie chofe feroit que il convenift demourer & mètre le 
fien en mauvefe Compaignie puifque len puift mètre en voir. 

Le quarte manière parquoi Compagnie fe fet 11 eft la plus perilleufe' & dont[e ai 
veu plus de gens deceuz ; car Compagnie fe fet felonc noftre Couftumc pour {Clé- 
ment manoir enfamble à un pain & à un pot un an &: un jour , puifque li Muebics 
de lun & de lautre font melles enfemble , dont nous avons veu pluriex riches Hou- 
mesqui prenoient leur Ncveus ou leur Nieces,ou aucuns de leurs poures parcns pour 
caufe de pitié, &: quand il avenoit que il avoient aucuns Muebies il les traioent à ans 
pour garder , & pour garantir a. cheli que il prenoient à Compaignie par caufe de 
bonne foi , &: ncpourquanc il ne mellaflent ja fi poi de biens à chaus que il prévoient 
avec le leur , puifque il i feulTent un an &: un jour que la Compaignie fe fiîl , fi que 
nous avons veu aprouvé par Jugement que chil qui naporta pas en la Compagnie 
la value de quarente fols & m fu pas plus de deux ans Se ne fe melloit de riens , ain- 
chois fut apellés avec un fien Oncle pour caufe de pitié , pour li nourrir, fi demanda 
partie pour la raifon de lacompaignement , & leut par Jugement , & en emporta qui 
valut plus de deux cent livres , & par chel Jugement puet len voir le péril qui 'eft 
en recevoir tele Compagnie , & pour foi garder que len ne foit en telc manière de- 
ceuz, & que len ne leffe pas bien à fere ne à apeler en tour foi Ces poures parens pour 
chefte doute qui eïl périlleux ; nous dirons coument len les puet avoir en tour foi fans 
perilg. 

Chil qui vieut rhctre en tour foi fon poure parent pour caufe de pitié en tele ma- 
nière que Cornpaignie ne fe face pas , fi doit penre fon cors tant feulement fans mel- 
ler nulles chofes que il ait avec les fiennes, & fe il eft foubz aagié,il doit monftrer au 
Seigneur de fous qui il-cft couchans & levans , & en la prefence de deux ou de trois 
des plus prochains Parens à l'Enfant, & dire : Sue , j'apelle tel Enfant entour moi pour 
Dieu, & vueil que vous fachiés que je ne vueil que pour h tenir il me puift riens de- 
mander pour raifon de Compaignie ; car je ne vueil pas tant peu coume il à meller' 
avecques le mien , fe che neft en tele manière que les fiennes chofes fi me foient 
bailliées par vous & par Ces amis par chertain pris dargent , lequel pris dargent je li 
foie tenus à rendre tant feulement ou à mètre en fon pourfit,. qui en chete manière 
le fet, il eft hors dou péril de Compaignie. 

Encore puec on bien apeller en tour foi en autre manière fans péril, fi coume quant 
len ne melle nus des biens enfamble, ou quant len tient par chertain louier, fi cou- 
me il avient que un Hons va manoir avec un autre & en convenanche à paier cher- 
tain pris dargent pour fes defpans , & fait bien au fien alfener, fi que il ne paie à che- 
li avecq qui il eft fors que che qui li eft convenancié , en toutes tex manières ne puec 
on demander par raifon de Compaignie. 

Le quinte manière de Compaignie comment ele fe fait , fi eft entre gens de pooftc 
quant un Hons ou une Famé fe marie deux fois, ou trois, ou plus, &: il a Enfans de 
chafcun Mariage , & li Enfans dou premier Mariage fi demeurent avecques leurPa- 
raftre ou avec leur Marraftre fans partir , & fans chertaine convenanche de aus tenir, 
en tel cas il pueent perdre ou gaaigner par rezon de Compaignie avecques leur Père 
& avecques leur Maraftre , ou avec leur Mère & avecques leur Paraftre , & quant li 
Enfan veulent partir il emportent tout l'Hiretage qui leur defcendi de leur Père ou de 
leur Mère mort , &: le tiers des Conqueftz & des Mucbles fets ou tans delà Compai- 

O ij 



jjj. Comment Comfaigmi fe fet, 

nie 5 & fc il a Enfans de deux Mariages eu la Compagnie dou tiers Mariage, li En- 
fans dou premier Mariage en doivent porter li comme nous avons dit l'Hiretage de 
leur Père ou de leur Mère mort, & le tiers des Muebles & des Conquefts dou tans 
dou Iccond Mariage, & dou tans que li tiers Mariage fe fift, &: que li Enfans dou fé- 
cond Mariage viennent en Compagnie avecques aus & avecques leur Mère , il em- 
portent le quart des Muebles &c des Conquefts qui font acquis el tans dou fecondMa- 
riage, & li Enfans dou fecont Mariage lautre quart, & li Parraftre ou la Marraftre lautre 
quart, & li Père ou la Mère qui eft ou tiers Mariage lautre part, doncques puet len veoir 
quefeloncchequepluriexperfonnes font enfamble lefqueks doivent fere Compaigme 
quant plus font, &: plus font petites les parties, fauf che que tuit U Enfans dun Mariage 
.quant il viennent en Compaigme avecques le fecont Mariage ou avec le tiers fi ne font 
comtés que pour une feule perfonnej car autant emporteroit un feuz coume feroientles 
dix quant ils viennent à partie. 

Chefte compaignie dont nous avons parlé ichi devant qui fe fait par couitume en- 
tre les «rens de pooile , fi ne fe fet pas en chete manière entre les Gentiex hounies , 
car quant li Enfan dou premier Mariage ou du fécond demeurent avec leur Père ou 
avec leur Mère , & avec leur Paraftre ou leur Maraftre,ren ne l'apele pas Compai- 
gnie mes Garde, & chete Garde efl: otroiée au Père ou à la Mère par Couftume ^uf- 
qucs à tant que il i a Enfans aagié liquiex en vueil porter le defcendance de fon Pè- 
re ou de fe Mère mort , à doncques il lemporte par raifon de Succeflion, & le Bail de 
fes mainfnés enfement, &: fe il i avoit Muebles el tans que leur Père ou leur Merc 
mourut , il en doivent porter le moitié, & fe il i avoit plus Detes que Mueubles , &C 
li Père ou la Mère les ont paiées ou tans de le garde, li Enfan nen font tenus à fere 
nul reftor, car il affiert bien au Père ou à la Mère à aquitier fes Enfans el tans que 
il les a en garde, mes il ne li affiert pas à chargier de dete la fucceffion que il empor- 
te de fon "Pere ou de fa Mère mort. 

Quant li Gentiex hons ou la Gentieu famé tient fon Enfant en fa garde, aprez la 
mort de fon Père ou de fa Mère , & il i a Hiretages tenue en Vilenages qui doivent 
eftre à l'enfant par la fucceffion de fon Père ou de fa Mère mort , tout le pourfit U. 
toutes les oiflues dou Vilenage doivent eftre gardées à l'Enfantjfî que il les ait en fon 
pourfit quant il fera en aage, car nus ne par raifon de Garde,ne de Bail,fi ne puet fe- 
re fiens les fruits des Vilenages qui font as Enfans que il tient , & che entendon nous 
entre les Gentils houmes, car entre les Gens de poote quant compaignie fe fait entre 
aus pueent bien les oiffues de Vilenages venir en compaignie tant coume la compai- y j 
gnie dure. 

Nous avons dit que le garde des Enfans entre franches perfonnes fi apartient au 
Perc ou à le Mère , felonc noftre Coufi:umc,& che eft- voirs , & nepourquant je voi 
pluriex cas par lefquels , ou par aucuns defquiex le Juftiche à le Requefte des Pa- 
rens as Enfans les doit ofter de le garde &c de le compaignie au Père ou à le Merc 
quant li Enfan nont fors le Pere ou le Mère , &: dirons aucuns des cas. 

Se il avient que un hons ou une famé ait fes Enfans en fa garde, ou aucuns au- 
tres Enfans en fon Bail , &: il tient par la raifon de fon Bail ou de la garde grant Hi- 
retagc liquiex doit eftre as Enfans , & li amis as Enfans de l'autre cofté , ou du cofté 
mcifme dont chil les apartient qui les a en bail ou en garde , fe doutent que il ne 
les face marier fans leur confeil, il pueent requerre à le Juftiche que li Enfans foienc 
ofte de le main à chelui qui les a en bail ou en garde , ou que il face bonne feurté 
que il ne mariera nus des Enfans fans leur confeil, & fe il veut la feurté fere 'len ne 
U puet les Entans ofter par chete voie: Et fe il ne vient faire la feurté len li doit ofter 
les Enfans , &: bailler à un des autres Parens qui le feurté voura faire , &: fi convcnra 
que chil qui les penra en garde ait de cheli qui les devoit tenir , & qui ne voult fcrc 
le feurté fouffifaumcnt pour les Enfans mainburnir & fouftenir , & pour che que che- 
te choie n'a pas efté requife en moult de lieux, l'en a bien veu fere de riex Mariages 
à chaus qui les avoient en bail ou en garde, qui n eftoient pas fouffifant , ou parnon 
fcns ou par mauvefc convoitifc de don ou de promefi^e , & pour che fet il bon cour- 
re au devant de tiex periex. 

Li fecont cas par lequel on puet ofter Enfans de la compaignie dou baibeu de U 



Chafitre XXI, n^ 

garde à cheli qui les tient , fi cft quant il ne livre pas foufRfaument fouftenance as En- 
fans felonc leur eftat &: felonc che que il en tient. 

Li tiers cas par lequel li Enfans pueent eftre oftc de la Compaignie du bail ou de 
la garde à celi qui les tient, fi eft quant cil qui les tient eft héritier d'avoir le droit as 
Enfans fe ils mouroient & mauvcfe renommée laboure contre li , & quant Icn fait que 
il a cfté accufés de cas de cricme douquel il ne fe délivra pas à fon honneur , car maie 
chofe feroit que len laiffaft Enfans en la main de chelui qui eft mal renommés pour 
ion vilain fet. 

Li quart cas coument on puet ofter Enfans de la compaignie de bail ou de la o-ar- 
de à chciui qui les tient , fi eft quant li Enfan n'ont fors Père ou Mère , ^ h Père ou 
la Mère fe marie , fi que li Enfant ont Paraftre ou Maraftre . & il eft clere chofe &: 
aperte que li Paraftre ou le Maraftre mainncnt mauvaife vie as Enfans, ou que il leur 
montre femblant de haine , en ccl cas li Enfant fi doivent eftre ofté de leur main, 
& eftre mis en autre main hors dou pouvoir au Paraftre ou à la Maraftre. 

Le quint cas ft eft quant chil qui les tient eft de {î fol maintencment , que il na en 
lui ne confeil ne arreance , car à tex gens ne doit on Icflier nule garde d'Enfans , & de 
tous ches cas que nous avons dit, il ne convient pas à chaus qui pourchaftent que li 
Enfans foient hors àz^ mains à chaus qui les tiennent , que il en facent Plet ordenc 
contre aus, ainchois fouffift fe il le dénoncent au Juge , &: H Juge de fon O'Sicc doit 
apenre dou cas qui li eft denoncié , & fe il le trueve le cas par laprife , il les doit o- 
fter fi coume il eft dit defllis, car len doit entendre que chil qui che dénoncent , le 
font par caufe de bone foi,&: appert par che que il nen metent riens' de leur pourfit, 
& de tous tiex cas doit avoir li Quens la Seigneurie & la connoifîance , fe fi houmcs 
nen euvrent entre leurs fougez fans délai , car tuit li cas qui font pour la fauveté des 
Enfans foubz aagies,fi ne doivent point querre de délai, ainchois doit tantoft courre 
li Souverains à aus aidier & garantir , fitoft que il voit que fes fougez fi nen a pas 
fet che que il doit. 

Il eft dit defTus que nus par raifon de bailg ne de garde ne puet ne ne doit ferc 
fiéns les fruits des Vilenagcs as Enfans , & encore difons nous tant avec que chil qui 
les vieut lever doit fere bonne feurté fe il en eft requis de rendre les pourfis as En- 
fans , ou de mètre les en leur pourfit , & fe il ne vieut le furté fere le Juftiche doit 
mette en fe main lefdites defpueilles , & fere les garder dufques à Faage des Enfans. 
Nous avons parlé coument compaignie fe fet par couftumc , & coument len puec 
ofter Ehfans hors de bailg , des mains à chaus qui les ont, or parlerons en cheftui en- 
droit dou péril qui puet eftre à tenir Enfans en fon bail ou en fa garde , & coument 
len les puet ofter qui vieut. 

Quant Père & Mère ont leur Enfans avec aus en leur garde , ou en leur mainbur- 
nie & li Enfans fi font aucun mcffet , oucfuel meffet il apparriengne amande d'avoir 
len fe prent dou meffet au Père, fe len ne puet tenir celi qui fift le meffet, & fe len 
tient l'en les juftice , & ne puet on riens demander au Père, & fe l'en le tient , & il 
lamcnde fi convient il que li Père paie lamande , car li Enfant qui font en la main- 
burnie le Père & le Mère nont riens , tout foit que che que il aient aage ou non 
aage, &: fe jl avient que \\ Enfans facent aucun cas de crieme douquel len doie per- 
dre vie , fe len les tient len les juftice , & nen puet On riens demander au Père ne à 
le Mère , fe li Fez ne fu fet par aus ou par leurs pourchas , ou fe il ne recetercnt puis 
le fet , car fe il les receterent puis il fembleroit que il euffent été agréables dou fet , 
& nepourquant il nen perdroient pas le cors , mes il cherroient en le merci dou Sei- 
gneur de leur avoir, doncques li Père & le Mère qui vuelent efchiver che péril pueent 
mètre leur Enfans à la mefure que il viennent en aage hors de leur main & hors de 
leur pain & de leur pot , & de leur mainburnie , ou par aus ou par Mariage , ou par 
etivoier les fervir hors dentour aus , ou par donner leur partie de terre , de laquele 
il fe cheviffent fans fraude ; car il avient aucune fois que fraude eft toute aperte en 
tex dons , fi comme quant li Père vieut avoir aucune vengeance daucun meffet , & il 
ne le vieut pas fere de foi, pour che que il a trop à perdre, fi ofte fes Enfans daurour 
foi & leur donne fi poi dou fien que len le puet bien voir pour quele caufe il le fet , 
car le caufe fi eft telc que il penfe , que len ne fe penra fors à che que il donne à i^s 



jj^ Comment Comf.ngme p fet. 

Enfans pour le meffet de fes Enfans , & ainflint auroient trop bon marchié li Pères 
qui par leur Enfans vouroient fere fere les mcffcts , doncqucs qui vicut ofter fes En- 
fans de (x garde, il leur doit donner convenablement , ou ofter les el tans que len 
voit que il ni a point de malice , fi comme quant li P?re eft fans guerre & fans haine, 
&:cn tans de pes, & nepourquant il avient aucune fois que li Père voit fon Enfantfol 
ou melliSjOU de mauvcfe manière, fî que il panfe que tant plus li donra, &: plus perdra, 
& fe tele chofe meut le Pere à pedt donner & à mètre fon Fils hors de fa mainbur- 
nie, che neft pas merveille, car il vaut miex que li Fiuz qui eft fouz & de mauvais 
maintencment perde par fe folie que li Pere qui ni a coupe , & quant Enfans fonto- 
ftes de bail ou de garde en le manière deflus dite , &c li Enfant font aucun meifet de 
crieme , la Juftiche doit moût regarder à lentention que li Pere eut à ofter l'Enfant 
hors de fa garde, fe le chofe fu fête maUcieufemenc ou non , & felonc che que il 
trueve , il en doit ouvrer. 

Il eft ditdeffus de ofter Enfant de la mainburnie au Pere & à la Mère ; Or veons 
quant li Enfans ont ou Pere ou Mcre niort & il demeurent avec cheli qui demeure 
coument il puccnt eftre oftés de Mainburnie , nous difons que fi le Pere ou le Mère 
les met hors dentour foi &: leur baille tout che qui leur eft venu de par le mort en 
Mueblcs & en Hirctages fans riens retenir , il font hors de fa mainburnie & de fa 
Compaignie, & qui le fet enchette manière, il le doit fere par Juftiche ou parles amis 
des Enfans. 

Il eft bien rezons que chil qui naportent riens en Compaignie ne puift riens de- 
mander par rezon de Compaignie, doncques fe je ai mes Enfans qui nont point Mè- 
re &Manans avecques moi, & je ne prcns riens de le partie de par leMere,ne ne mel- 
le avec le mien Compaignie ne fe fet point , &c ainflint dautres perfonnes qui font 
avec moi , fe il ni aportcnt Muebles ou iflues de Hirctages lefquiex je nielle avec le 
mien, ne pucent riens demander par rezon de Compaignie combien que il foientavec 
moi manant, car qui riens ne met en Compaignie, riens ni doit prenre. 

Quant une pcrfonne veuve fe marie qui a Enfans, à autre perfonne veuve qui aauC- 
/înt Enfans, & tuit h Enfant demeurent avec aus en Compaignie, & il apcrtent en la 
Compaignie aucune chofe dou Pere ou de la Mère mort, la Compaignie fe fet en qua- 
tre parSj fi que chacune manière d'Enfans emporte un quart , & le Pere & le Mère 
chafcun un quart,cflieutes les (Gentixhoumes qui tiennent Fief par le rezon de la Gar- 
de à fes Enfans , car entre aus ne fe fet pas Compaignie, fî comme il eft dit de/Tus en » 
ce Chapitre meefme. VI 

Se un Hons de poote a pluriex Enfans qui font Compaignie avec II par le rezon 
des biens à le Mère morte qui furent mellé avec les fîens, & il en marie lun ou les 
deux , & leur donne des biens qui font quemuns par la rezon de la Compaignie, & li 
autres demeurent avecques en Compaignie puifque chil font ou furent mariés un an 
ou deux ou plus, pour che ne demeure pas quant il vuelent partir au Pere que che 
qui fu donné au Mariage des Frères ou des Sereurs ne doie eftre rabatu de le partie à 
chaus qui vuelent partir,car chil qui furent marié & chil qui demourerent en la Com- 
paignie ne fefoient tuit que une feule partie , & trop feroit le Pere damagiés fe chil 
qui avecques li demourerent puis les Mariés , emportoient partie entière , car doncques 
courroit li don à chaus qui furent mariés, feur la partie dou Pere , lequcle chofe ne 
feroit pas rezons , &: fe li dons aux Mariés cftoit fî grant que h autres Enfant en feuf- 
fent deccus, il pucent apeler les Mariés à partie de chèque il emportèrent de la Com- 
paignie &c de la fucccfl^ion de la Mcre morte ; cat li Pere fi ne leur pooit pas donner le 
droit que li autres Enfans avoient en le Compaignie & en le Succeflîon de le Merc; 
doncques fe gart bien li Pere ou la Merc qui marie une partie de (es Enfans , hquels 
font Compagnie avecques li que il nemportent fors tele partie coume il doivent avoir 
par le rezon de le fuccelfion de leur Pere ou de leur Mère mort , & de le Compaignie 
fetc puis le mort dou Pere ou de le Mcre ; car fe il li donne plus , il convient que che 
foit dou fien , non pas de la partie as autres Enfans. 

Nus ne puct demander par raifon de Compaignie coument que li biens (oient 
mcllés cnfamhle fe il nont cfté au mains enfamble an & jour, fe che neft fi coumc 
djn facomf aio;ne par convenanchc ou par Marchcandifc ; car en ces deux cas fc fet le 



chapitre XXL nj 

Compaignie fi toft comme le convenanche eft fête, ou fi coft comme le Marchcandife 
cft achetée. 

Encore eft il une autre manière de Compaignie lequcle ne peut partir 'ne defleu- 
rer, aincliois convient que tiegne, vuelcnt ou ne vueleut les parties qui en la Compai- 
crniefont, fors en une manière que nous dirons, cheft le Compagnie des Commu- 
nautés, &: chefte Compaignie fe devifc en deux manières ; car lune des Communautés 
fi cil: par raifon de Commune otroiéc de Seigneur, &; par Charte,tele manière de Com- 
pagnie fi doit ufer felonc les points de leur Charte, &: pueent perdre & gaagnier en- 
fcmble es cas qui apartienncnt à leur Commune , & qui veult iflir de tele manière 
de Compaignie il convient que il foit regardé combien il a vaillant & combien ii au- 
tres de la Commune ont vaillant , & puis regarder combien la Commune doit , foit à 
vie , foit ou à Hirctage ou à deniers, &: puis on doit regarder combien il convicndroic 
paicr à chafcun au marc ou à la livre , qui toute le voudroit acquitier fans délai , & 
puis doit on pcnre feur chcli qui fen vient iffir toute fe partie entièrement, &: puis con- 
vient que il voift manoir hors dou lieu de la Commune, &: en ccte manière il fepuet 
mettre hors de la Compaignie &: des frais de la Commune, fauf chèque feil ia Hire- 
tages qui demeurent elpooir &: en le Juftiche delà Commune, il ne demeure pas pour 
che que li Hiretages ne puifl'ent eftre tailliés en la manière que il feroicnt taillié fe il 
eftoient à un houme eftrange qui oncqucs nauroit efté de leur Commune. 

Lautre manière de Compaignie qui fe fet par rezon de Communauté fi cft des Ha- 
bitans es Villes où ilna pas Commune, que len apele Ville baelercfchcs,&: chctc Compai- 
gnie fi fe fet es frais &: es coulis que il leur convient mètre es chofcs qui leur font que- 
munes, & defqueles il ne fc pueent conficurcr, vaut autant que Icn ne peut paflcr que 
il ne foit fet fans damage , fi coume de leurs Mouftiers réfère «&£ de leurs voies amen- 
der &: de leur puis &: de leur guez maintenir, &: des autres autres chofesqui fontfe- 
tes par lacord douQoeraun, fi comme des Plczlà où Icn met Cous pour leur drois 
maintenir & pour leurs Couftumes garder , en tous Vex cas &: en autres fcmblables 
font tex manières de gens Compaignie enfamblé, & convient que chafcuns fi pair fon 
avenant des frez felonc droit, ne nus de tex manières de Abitansne fe pueent ofter de 
cete Compaignie fe il ne fe vont manoir hors dou lieu &: renonce as aifemens , & fe 
il fen part en chete manière, fi convient il que il face Compaignie avec chaus dou 
lieu la où il va manoir. 

Il ne convient pas quant len veut fere aucune chofe pour le pourfit dune Vile que 
len le lait à fere pour che fe il ne fi vuelent tuit acorder , ainchois fouffift fe lagrei- 
gneur partie, à laquele partie il ait des miex fouffifant , fi acordent , car fe il conve- 
noit que il fi acordafifent tuit, doncques pouroient chil qui poi fcvent &: poi valent 
detourber les chofq^ qui font fêtes pour le quemun pourfit, &: che fi ne feroit pas bon 
à fouffrir. 

DeuxCompaignons avnient enfemble Compaignie en la Marchcandife de bois,quant 
Ii bois fu vendus & délivrez li un <âes Compaignons fi fe trait à chaus qui dévoient \ts 
detcs fans le feu de fon Compaignon , & les fift creantcr a autres peribnnes à qui il 
devoir de fe propre àctz^ quant £^% Compagnes fot que les detes efqvieles il avoir le 
moitié de fon droit eftoient creantées à perfones à qui il ne devoir riens fans fon acord 
il fe trait avant à nous avant que li termes venifiTent des detes pàier, & nous montra 
le decevance que it% compaignes H avoir fête, &: nous la vérité feue, fi commandâmes 
a chaus qui le creantement avoient pris , que il ne s'atendiflent qu'à le moitié de cel 
creantemens , car plus ni avoir chil qui le creantement fift fere , & quiflentl'autre moi- 
tié fur cheli qui fift fere le creantement, & fi commandafme à ceux qui le creante- 
ment avoient tet à la rcquefte de l'un des Compaignons que il ne paiaflentquele moi- 
tié de che que il avoient créante à ceux à qui il avoient fet le creantement , & l'au- 
tre moitié à chelui qui cftoic compains de laMarchcandife,&: ainftint fifmes nous rap- 
peler cefte decevance, mes fe h termes des detes feuft palfé ic h paiemans fets {\ 
comme il eftoit créantes avant que li compains nous euft monftré comment il cftoit 
deceu,li paiement fi tcnift,ne neuft chil qui eftoit compains de le Marchcandife, nul 
reftor as deteurs , qui eurent les denrées dou bois , ainchois convenift que il en fuift 
fon compaignon , à qui rcquefte li paiemens fu fecs , car qui prend danrées par le main 



lié Comment Com^aignie fe fcU 

d'une pcrfonnc, & il les paie à li ou à Ton commandement, il en doit cftrc quite fe 
defence ne en cft fête de juftice ou de chelui qui i demande partie par raifon de 
compaignie, avant que li paiement foit fez, mes quant defence li en eft fête, il doit 
paier à chafcun fc partie, ou autrement il ne feroit pas quites de chafcun des Corn- 
p.iignons ne le puct fieuir de fe partie , &: pour les perieux qui en pueent naiftre fe 
fec il bon garder à qui Icn marcheande &: à qui len paye, & à qui len facompagne. 

Compaignie fi fe puet fcre en moût de manières fz comme nous avons ja dit , &: 
encore en dirons nous ; car Compaignie fi fe fec aucune fois en une feule chofc ou en 
deux ou en trois, fclonc che qui efl convenancié , fi comme deux Compaignons pren- 
nent une Ferme à trois ans,ou fi coume fe il prennent la Ferme, & une Vente de bois, 
ou autres Marcheandifes chertaines, pour che fe tele Compagnie fe fet ne font il pas 
Compaignons de tous leurs biens, mes des chofestant feulement dequoi ils facompa- 
gnicrcnt, &: quant le chofe faut & fi ont conté enfemble de le perte ou dou gaaing 
que i\ eurent en che dont il furent Compaignons , le Compaignie eft faiUie , ne il ne 
pueent riens demander li un à lautrepar raifon de Compaignie, fors que de che donc 
ils furent Compaignons. 

Len doit croire que chafcuns de chaus qui font Compaignons dune chofe ou de 
pluricx fer le miex que il puet & au plus grant pourfit pour li & pour fon Compai- 
gnon dufque cà tant que h contraires eft prouvés, & pour che doit eftre tenus che 
que chafcun des Compaignons fct , foit au vendre , foit au paier les chofcs ne- 
ceftaires pour le Compagnie , ou en recevoir les paiemens , qui par le raifon 
de la Marchcandife fi^nt fct, & fe chil qui paie ou reçoit en cuvre autrcmant que il 
ne doit fes Compains h puet demander pourtant coume il monte à fa partie, & bien 
h puet défendre que il ne fcn melle plus , fors que de tant que fa partie en affiert, &: 
adoncques quant tex contens muet entre Compaignons len doit bailler à chafcun fe 
part de che dont il font compaignon, fe che cft chofe qui fe puift partir , & fe la cho- 
fe eft que elle ne fe puift partir i\ comme viviers ou travers , ou tcle chofe femblable, 
li Sire pardevant qui tex Plez vient ou qui à le Juftice ez chofes dont li contens eft , 
les doit fere cueillir pourfitablement as coufts des compaignons fe il ne fe pueent ea 
autre manière acorder. 

Se plufieurs Compaignons font & li un pert aucune chofe de che qui à le Com- 
pagnie apartient, fi coume fe il donne le chofe pour mains que ele ne vaut, ou fe il a 
receu deniers, &: en lui toit , ou emble, & de tts chofes avec, ou fe il fet aucune ne-* 
gligence fans malice fi Compaignons nen pueent fere demande contre li , puifque il- 
meifme a damage en fe chofe , car len doit croirre que nus ne fer volentiers fon da-a 
mage à cifient , & pour che fe doit on penre garde à l'acompagnicr à qui len facom- 
pagne , car chil qui pert par le négligence de fon compaignon ne fen doit penre que 
a fc folie , mes puifiz^ue il laura veu trop négligent , défendre li puet que il ne le faco 
plus , & ouvrer en la manière qui eft dit deflus. 

Compaignie fc fait aucune fois en tele manière que li un fi paie tout l'argent que 
le Marchcandife coufte &: l'autre nen paie point , & nepourquant il emporte la moitié 
dou gaaing, & aucune fois elc fe fet en tele manière que li un en paie les deux parts, 
& li autre le tiers , & cft la convenance tele que il partiflentau gaaing moitié à moitié, 
&: aucune fois ele fc fet en tele manière que li un emporte part au gaain fc il i eft , 
&: fe perte tourne , il n'en porte point de la perte , & toutes tex manières de compai- 
gnies fe pueent bien fere par convcnanchc, car il affiert bien à chafcun à lui acom- 
pagnier là où il li plaira , & à fere miex conte dou fien à chelui qui cft acompagniés 
à h , & aucune fois fct on tex accompagnemens pour che que h uns a plus de peine 
en aminiftrcr les befoignes de la compagnie , que li autre, fi que il eft bien rczons que 
le partie foit meilleur che que il a plus peine. 

Se une Compagnie eft fcte d'aucune chertaine chofc fans nuîe convenanche que 
li un des Compagnons i ait plus que li autre , & li un des Compaignons cft plus em- 
pelcliics en tcle manière que il ne fc puet entremettre de fere che qui à le Compai- 
gnie apartient , & li autre par la dcfaute de fon Compaignon eft chargics de toute 
1 aminiftration des befoigne, che ne doit pas cftrc du tout à fon couft, mes au couft 
des chofes qucmunes ; & encore pourroit le chofc eftre fi grant , fi coume de ^cme 

de bois 



chapitre XX 11. i,j 

de bois. ou dautrc Marchcandifc dclaquclc il eft mcfl:icr,quc lapourveanccdouCom- 
paignon i foie toufiours , que il pouroit demander falairc fur le partie de fon Compai- 
gnon pourtant coumc il aroitcftc Tes Serjans,& tix falaires doivent cftrc paicz parlcftima- 
tion dou Juge fclonc Icilat de Icperfonnc qui le demande,&: felonc le pcuic que il acue en 
amini/îrer le partie de fon Compaignon par fe dcfaute, & fcufl; encore ainfîint que fcs 
Compains ne Ii cuft dit ne commandé qu'il fcn entremift, car fc aucuns cft mes Com- 
pains dune chofc , &: il ne puct ou ne vicut fereche qui à la Compaignie aparticnt , 
il men convient entremette, pour erduvcr mon damage,&: je ne men puis entremette 
fors que de tout , puifque le chofe ncfl de partie , &: ain-fTint convient il eftre aucu- 
ne fois maugrc fien Serjant de fon Compaignon, iî cft rezon que Icn i mete tel Con- 
feil que il ne foit pas perdant. 

Quant Acompagnemcns eft fez de quelque chofe que che foie, &: perte tourne en 
le Compaignie , chafcuns des Compaignons doit paier de le perte felonc che que il 
cmportaft dou gaain fe il i fuft, fe convenance nelc toit, lî comme il eft dit defliis. 

Chi defîne li Chapitre de Compaignie qui fe fet par Couftume ou par convenance, 
&: de ofter Enfant de fon Bail. 



C\n commenche li vingt-deuxie/me Chapitre de che Livre, liquiex parole dautre manier 
re de Compaignie que len apelle Compaigniede Hiretage, comment len en doitowvnr. 

CHAPITRE XXII. 

NOus avons parlé de pluriex manières de Compaignics el Chapitre devant chc- 
ftui , fi parlerons en che Chapitre d'une autre manière de Compaignie , que 
l'en apellc Compaignie en Hiretagcs , fi coume pluriex perfonncs puccnt avoir part 
en le Juftice d'une Vile , ou en un Moulin , ou en un Four, ou en un Picflbucr , ou 
en une Pefcherie , ou en aucun autre Huetage qui eft coufteuz à retenir , fi avient 
aucune fois que li un des parconmers , vieut bien mètre fouffîfaumcnt des mifes fe- 
lonc che que il prent dès recoites , & les auttes parconniersi metent aenuis,& fi pen- 
roient volentiersfi que il avient à le fois que li Hiretages en empirent & dechient , 
& pour che dirons nous coument len doit ouvrer de tix Compaignies. 

Quant h un des Compaignons veoit que fi Com.paignon ne vuelent pas mètre fouf- 
fifaumcnt pour THitetagc atenir,il doit les Compaignons fcre amoneftcr par .luftiche , 
que il i metent leur avenant dedens chertain jour, liqucx jours doit eftre affis par le 
Seigneur , felonc che que il eft mefticrs de hafter l'ouvrage , & fe li jour pafi"e & li 
Parconnier nobeififcnt au Commandement, pour che ne decherra pas l'Hiretage fe li 
Parconnier vieult qui requift que il i miflcnt leur avenant : car il puet monftrer leur 
defaute au Seigneur de qui l'Hiretage muet,&: li Sires li doit donner congié que il i me- 
te les cous qui i doivent eftre mis par neceflîté pour l'Hiretage atenir, en tele maniè- 
re que il tendra tout l'Hiretage fans Parconncrie de chaus qui ni voudrent mette duf- 
ques à tant que il aient rendu leur partie de tant coume il i deufl^ent avoir mis,& tous 
les Efploits que il lèvera de l'Hiretage dufques à tant que li couft li fera rendu feront 
fien, fans riens rendre ne rabatte as Parconniers^ui ne vourent riens mette, &c ainffint 
poura il tenir en mortuagc les parties de fes Compaignons dufques à tant que il lau- 
ront paie , car fe il rabatoit les levées les couftemens doncques auroit il prcftes les 
Coufts maugré fien , laquele chofe nus ne fet fe il ne vieut , & miex vaut que l'Hi- 
retac^e foit retenus & que il emporte tous les pourfits dufques à tant que li Parcon- 
niers i voront revenir , que che que l'Hiretage dechaift fi que il ne vauflîftritns a nul 
des Parconniers. 

Toutes les fois que Plet muet pour coufts qui doivent eftre mis en Hiretage qui 
font» pluriex Parconniers, le Sire qui a les Parconniers à jufticier nen doit fouffi-ir point 
de Plet orden.e, ainchois doit regarder tout de plain combien chafcun prent dou pour- 
fit de l'Hiretage, & felonc che le doit contraindre à mètre fon avenant ou à leflier le 
droit que il a'cn l'Hiretage : car fe il avoit en tix Plez autex délais coumc il a en moût 
de querelesjli Hiretages feroient decheu avant que li Plet fuft fine, & ncpourquant fe H 



jiS 2)^ Com^aignie de Hiretages, 

m des Parconnicrs dit que il a bones rczons par Icfquclcs il ni doit riens mètre, ain- 
"hois doivent tourner li couz de l'Hiretage fuer les autres Parconnicrs, fi coume il 
.vient que li aucuns ont rentes fuer Hiretages qui leur furent données ou vendues , ou 
.lufmornccs à pcnre chafcun an franchement, ou fi comme il avicnt queaufcuns don- 
afonHiretage à fcrc à moitié à Hirctage, ou fi coumc il avient que convenances font 
êtes que li un des Parconnicrs doit pajcrtous les frais, &li autres doit penre fa partie 
ranchement, ou fi comme il avient que li un des Parconnicrs fe vieut aidier que il a 
toufiours pris fa partie franchement à la veue & au feue de Ces Parconniers fans riens 
paier des courts , ainchois les ont paies fi Parconniers pluricx fois là où il emportoit fa 
partie quite & délivre, & de tel tans que droit de propriété li efl: aquis de pcnre fa 
partie quite &; dclivre , en tous tex cas &: en femblables doivent eftrc li Parconnier 
oi hquel ne vuelent riens mètre es courts ne es mifes de THirctage. 

Voirs crt que toute les fois que plunex perfonnes ont parties en aucunes Hiretages, 
&liun requiert que fa partie li foit eifieutéc & mife dune part len h doit ferc; cflicu- 
tes aucuns Hiretages liquiex ne fc pucent partir par ferc chertainc bonnes ne chcrtai- 
nes devifes , fi comme travers, tonlieux , &: minaages , & Juftices, Fours , Moulins, 
Prefilbirs , Pcfcheries & autres Rentes davantures , doncques quant pluricx Parcon- 
niers ont Compaignie en tix Hiretages , il doivent cftre donné à Ferme ou àlouier., & 
adonqucs du louier ou de la Ferme puet chafcun des Parconnicrs fi coume il avient 
prendre de che qui à fa part en appartient, mes che entendons nous es Hiretages Par- 
connicrs dont li un ne doit pas plus avoir la fczine que li autres : Car il crt afi'cs 
d'Hiretagcs defquicx li un a la fezine & la propriété, & par fa main li autres Parcon- 
nier doivent crtrc paie , fi convient que li payemcns foient fet felonc che que il a efté 
acouftumé de lonc tans &c felonc che que chafcuns i doit avoir. 

Se aufcuns tient en Parconnerie aveques autres par rezon de Bail ou de Douaire, 
ou dengaigement, ou daucun autre rezon par laquele il puet lever les defpeuilcs de fa 
partie &: ncft pas fienne la propriété, & li ne veut riens mètre es courts de l'Hiretage 
pour chèque les Courts li courteroientplus que les recottcs ne li vauroient le tans que 
il la à tenir, ou pour faNiceté ou pour fa volenté, il ne li doit pas ertre fouftert, ain- 
chois doit cftre contrains parfon Seigneur feil en ert requis, voice tout fxns requerte fe il 
le fait à che que il mete fon avenant es Courts de rHiretagc,puifque il aura aucune cho- 
fe levé, ou que il fera entré en la fefine de THiretagc, car autrcmant pouroit perdre cliil 
à qui li drois de la propriété aparticnt par le fet de chclui qui na droit fors en la fezine, 
&C ainflint pouroient perdre fouvent h Orfelins &: chil qui font foubz aagies. 

Nous avons parlé des Hiretages qui ne pueent partir fe il ne font baillés à Ferme 
ou à louier , mes fe il i a tant de tix Hiretages qui ne fe pueent partir en nule ma- 
nière que chafcun puirt pcnre dune part , bien fe pucent ferelcs parties , fi coume 
fe deux Moulins font à deux Parconniers &; il font dune valeur, &: chafcun des Par- 
conniers doit avoir le moitié es deux Moulins , bien fe puet la partie faire en tele ina- 
liere que chafcun ait lun des MouHns , & files Moulins valent miex li un de lautrc 
chil qui requiert la partie doit avoir le poieur Moulin , en tele manière que li autre 
qui aura le bon Moulin de tant comme il vaura miex de lautre pardeflus les Courts li 
rendre le furplus d'an en an , & fi li uns ne doit avoir que le tiers es deux Mouhns &• h 
autre liles deux pars, chil qui ni a que le tiers doit avoir le pire Moulin &: en tele ma- 
nière que fil vaut miex dou tiers que 11 le rende le furplus chafcun an à chclui qui 
'es deux pars doit avoir , & fe il font trois Parconnicrs dont li un doit penre le moitié 
&: h autres deux lautre moitié , h dui autres pucent avoir lun des Moulins pour leur 
partie , & li autre lautre Moulin à par foi , en tele manière que la partie qui aura le 
meilleur Moulin rende à lautre partie tant coume il vaudra miex, fi comme il cft: dit 
deflus. Et auffint comme nous avons dit de la partie des deux MouHns puet len cn- 
'cndrc de pluricx Fours , ou de pluricx Preflbuers , ou de pluricx Travers, ou de plu- 
icx Toulicux, ou de pluricx Juftices, ou de pluricx Pcfcheries qui font à pluriex Par- 
-onnicrs quant li aucuns des Parconniers requièrent à avoir partie. 

Se il avient que aucune Parconnerie de Hirctage qui fc puirt partir ait efté cnfem" 
le fins cftre partie de fi long temps coume il puet fouvenir à houme , & li un des 
•"^arconnicrs requiert à avoir partie de nouvel , &: U autres Parconmcrs le debarent , 



Chaphre XXII. j^^ 

pour chc que ils vuelent que il foie, ainfTint coume il a toufîours efté, chcUè lon<Tue 
teneure que il alligucnt ne leur vaut riens, car il loit bien à tous chaux qui ont Com- 
pagnie cnfemble , ibit en Hiretage ou en Marcheandife , ou en autre chofe que il 
fe fuctfrent départir , tant coume il leur plet, &; il facordent enfemblc, & il ne de- 
meure pas pour le long tans quant li un veut avoir fa partie dune part que il ne lait 
fe il ni a convcnanche parquoi la Compagnie ne fc pucfl: défère. 

Se il font pluriexParconnierenunHiretage,&: li Parconnier font damagic parle fcc 
delun de leurs Parconniers/i coume fe il ont leurs parties en un M&ulin,&: lun des Par- 
connicrs ne fet pas envers fon Seigneur che queildoit , parquoi fe Sires oftcles fers dou 
Moulin fi que il ne puet mourre,parquoi tous li Parconnier font damagic-s,cn tiex cas &:cn 
femblablcs doivent li Parconniers ravoir leur damages de cheli pour qui li fers fu oftcs,ou 
fe il cllpoure ou hors dou Pais, ou en tel lieu que il ne puet cftre jufticié, li Parconnier 
de l'Hirctage pueent bien aler autre voie, car ilspueent requerre au Seigneur qui 
les fers ofta que il foient remis , fi que li Moulins puifl mourre , & quant fe venraau 
lever le gaaing dou Moulin bien lieve la partie de cheli qui ne fift envers lui che que 
il deuft de fa partie , &: li Sires à qui chcfte Requefte ell fête doit fere la Requeftc 
par deux rezons : La première rezon , pour che que li Parconnier ne doivent pas per- 
dre pour le meffet de leur Compagnon : La féconde rezon , pour che que che eft pour 
le queinun pourfit au Seigneur &: au Pais & as Parconniers que li Hiretagcs fo'ient fet 
à leur droit felonc leur nature , &; fi li Sires ne veut fere chefte Requefte, & li Par- 
conniers fen plaignent au Souverain, li Souverains \cs doit fere fere, chcft; à favoir pre- 
mièrement, li Sires du Seigneur qui ne le vont fere, & puis de Seigneur en Seigneur 
dufques auRoy,fcli autres Seigneurs ne le voudrcnt fere. 

Moût de foibles Juftiiches deCompaignies ontefté fetcs par che que pîun'èx Sci- 
I gncurs patiiîoient à la Juftiche , fi coume il eft en moût de Viles que la Juftiche eft 
a deux Seigneurs , ou à trois , ou à quatre, ou à plus , fi avient que Çi lun ou li dui ont 
grant volenté de bien jufticier , ne lont pas li autres, ou à la fois li un aime micxche- 
lui qui doit eftre jufticiés que li autre, ou à la fois h un li veutaidier par prière ou par 
louier ou par autre caufe qui neft pas refnable, & pour che eft il grant meftiers queli 
Roys ou chil qui tiennent en Baronnie, defquiex la Juftice des Parconniers eft tenue, 
fâchent coument il euvrent de leur Juftices, Çi que fe il en font trop poi la Juftiche 
à chelui qui a trop poi en fift , \\. foit oftée pour fon meffet, &: la Juftiche fête par le 
Souverain. 

Nous avons aucune fois tenu Malfaitftcurs defquiex la Court nous eftoit requife 
daucun Parconniers de la Juftiche là où il devoir eftre jufticiés , mes nous nen vofif- 
mes oncques rendre cour,fe tuit li Seigneurs qui eftoient Compaignons de la Juftice 
ne furent au requerre, ou fe il ni envoierent Procureur fouffifant ; car fe nous en ren- 
dilTions la Court à lun des Seigneurs, & il ne feift pas droite Juftiche , li autres Par- 
conniers fen puiftTent efcufer, ne ne men peuffent prendre fors à chelui à qui la Court 
fu rendue , &; pour che eft il bon que la Court foit rendue à tous les Seicrneurs , &: 
que il leur foit commandé que il en face tant que len ni mete plus la main par leur 
defaute , &: adoncques fe il nen font afi!es en tcle manière en pueent il fere poi 
que il pueent perdre la Juftiche , & en quele manière que il en doivent ouvrer, il fe- 
ra dit ou Chapitre des Meffecs ; car là fera dit quele vengeance doit eftre prife de cha- 
cun Meffet. 

Toutes Juftiches qui font à pluriex Parconniers doivent cftrc fêtes en lieu qui foie 
qucmun as Seigneurs, &: fi doivent tenir leurs Plez& fere fere leurs Jugemens en lieu 
quemun là où la Juftiche eft qucmune ; car fe li ;un des Parconniers ?enoit les Plez 
qui aparticnnent à la Qucmuneté,ou faifoit aucune venjeance de Juftiche fur le fien 
propre ou fur lautrui, hors de'la Juftiche quemune,il fe mefferoit vers îts Compaignons, 
doncqucs fe aucun le ict ainftlnt il eft tenus à refefir le lieu qucmun de che que il 
juftica ou efploita hors de la Juftiche quemune, & fi chiet en lamandc dou Seigneur 
Souverain par devant qui li Plaiz vient. 

Quant aucuns a à plaidier par devant pluriex Seigneurs qui font Parconniers dune 
Juftiche, & fe li Plez eft contre le Seigneur,il neft pas tenus à refpondre,fe li Seigneur» 
tu font tuit ou fe il ni a fouffifant Procureur pour la Coure tenir , 5i encore fi li Sd- 



i^Q ' QueUs chofes font MmhUs, 

o-ncur font Demandeurs ne pucent il ferc leur demande par Procureur , dont fc il 
eftoient quatre Seigneurs Parconniers dune Juftichc & H trois feuflcnt prefcns Si feif- 
fent leur demande, &:li quart defailloitneferoit ilpas tenus àrefpondre as trois deriens 
qui appartenift à la Quemunauté, & pour che cïî il bon chaux qui font Parconniers 
dune Juftiche que il eftabliflcnt aucune perfone laquelc aie pooir de tenir la Juftiche 
quemune pour aus tous , &;que che foit fet fî fauvcmcnc que che qui fera fet par 
devant aus ne foit pas à refaire, & coumcnt len le peut ferc il eft dit au Chapitre 
des Procureurs, 

Che que nous avons dit que li Parconniers dune Juftiche doivent cftre enfamble 
pour jufticier ou pour leur Court rcquerre ou pour leur Court tenir , nepourquant il 
neft pas mcftiers que il foicnc cuit attendu en tous les cas qui pueent avenir &; cf. 
peciaument es prifes des Maufeteurs : car il eft loit à chacun des Parconniers que il 
prcngnent ou facent prendre par toute la Juftiche quemune pour toutes manières de 
meffais foicnt grant ou petit, mes la prife fête chil qui le prift ou fîft penre ncn puec 
ne ne doit fcrc deUvrance fins fes Compaignons : mes recreance en puet bien fcre fe 
la prife fu pour fet auquel il apartienne recreance , en tele manière que il mete jour 
à chelui qui eft recrcus que par devant lui &: par devant fes Compaignons ; car fc il 
efploitoit lamande fins fes Compagnons apcler , il fc meft'eroit, 

Autremant feroit ez liex la ou li Quens partift à aucun de fes fougez en Juftiche , 
car fe il efploitoit aucune prife par fa main en la quemune Juftiche dou lieu & de fes 
fougez par rezon des cas defquiex il a le refort coume fouverain par defleur fes fou- 
cTcz, fi coume par Obligations de letres , ou pour Douaires, ou pour Teftamens, ou 
pour fa detc, ou pour nouvelle dcfaifine , pour tous tiex cas n'eft il pas tenus à plai- 
dier en le Juftice quemune, ne à riens rendre des levées de fes parconniers, car fe il 
parconnierne pueent plus avoir de Seignourie en le Juftiche la ou il partiflcnt au Con- 
te que fc leur partie feuft cfTieutée d'une part , car fe il avoient leur Juftiche d'une 
part,fî iauroit li Quens la connoilTance des cas deflus dits, par le rezon dou reflbrt 
que il a fur fes fougez. 

Chi defînc li Chapitre des Compaignies de Hiretagcs. 

£hi commenche li 'vingt troifefme Chapitre de che Liire , liquiex enfaigm quele 
chojesfont Maenble , ^ queUsÇont t/iretage felonc la CoHJlume de Biawvoifms, i . 

C H A P I T R E X X I II. V\ 

T^ /T O u T de Plez fî font meuz par pluriex fois de chofes qui cfcheoient en partie 
XVX q^e l'une des parties en vouloit porter les chofes comme Mtîebles , & l'autre 
partie difoient que che eftoit Hiretages , S>c pour ofter les doutes qui de che pueent 
cftre , nous traiderons en che Chapitre quiex chofes font Mucbles , &: quieles cho- 
fes font Hiretage felonc noftre Couftume , &: felonc che que nous en avons veu u- 
fer. 

Muebles à parler generaument fi font toutes chofes mouvablcs , che eft à entendre 
toutes chofes qui pueent eftre meucez de lieu en autre , &: aucunes chofes font il fe- 
lonc noftre Couftume qui ne pueent eftre meues devant le tans que eles font meures, 
& fî font jugées pour Muebles , fi comme vous orrez ça avant. 

Hiretages fi font chofti qui ne pueent eftre meues , & qui valent par ainnées as 
Seigneurs à qui il font, h coume Terres gaaignables, Bois, Prcz , Vignes , Jardins , 
Cens, Rentes, Fours, Moulins, Prcftouers, Mcfons, qui font droites tant comme 
des tiennent à chevilles, yaues, ufaiges, mes que il foient tenus de Seigneurs , Cour- 
vécs, Houmages , Travers , Toulieux , toutes teles chofes font Hiretages. 

Mucbles fî font toutes les chofes qui des Hiretages iftcnt, fî toft comme cïcs font 
cueillies , Çi comme Bois quant il eft coupés, Bled fi toft comme il eft fcmcs , & dou 
Bled neft il pas ainffînt en moût de pais, ainchois eft Hiretage dufques à tant que il 
eft foit , mes a Clcrmont nous avons trois fois veu aprouver par Jugement que cftoic 
Mucble, &; che avant nous dirons les cas pourquoi chcfu jugic ,&: des Vignes aulîlnt 



Chafître XXI II, 121 

nous avons veu jugier que puifque \x Vigne eft fctes tant que les Raifins Ibnt fourmes^ 
la dcfpcuillc eft contée pour Mucble , & devant le pris dou gaaignagc, &: auffint des 
Bleds avant que il foicnt fcmcs, li gaaignages des Terres cil comptés pour Mueuble, 
Bleds, Avcincs , Vins , Chevaux , Deniers , tous Métaux , &: toutes teles Marchearl- 
difes qui pueent eftre portées font contées pour Mueuble. 

Il advint que un Efcuier qui avoit une Damoifelle cfpoufée , vendi fcs Bleds en 
terre, &: avant que li point venift de foicr il mourut, &: la Damoifelle vout rcnoncier 
as Muebles & as detes , &: emporter fon Douaire quite & délivre , & de fes Blcdz 
qui eftoient en terre , ele en vout porter le moitié par le rczon de Douaire, & li Mar- 
chant qui achcpté les avoit dift encontre, que ele ni devoir riens avoir, car fcs Barons 
qui eftoit Sire de la chofe , li avoit che Bled vendu , liquiex Bled eftoit Mueuble par 
la Couftume de la Terre, &: fe il Icuft vendu ou tans que il fift le vente , tous fcs au- 
tres Muebles ne peull ele chelle vente rapeler, &: coume Bleds en terre foient Mue- 
bles par la Couftume de la Terre , & il li vendift li Mariage durant, il requeroit que 
{ç.s marchiés li feuH: tenus, &: fur che fe miftrent en droict, à favoir mon 11 ele rem- 
portcroit par la rezon de fon Douaire , ou fe il l'emporteroit par refon de fon achat. 

Il fu jugié que li Marchant l'emporteroit par le rezon de fon achat, &: par ccl Ju- 
gement puet Icn voir apertcaicnt que Bledz en Terre font Muebles felonc noftre 
Couftume , car fe che fe feuft Hirctage nus ne doit douter que ele nen euft porté fon 
Douaire tout veftu. 

Encore avons nous veu pluriex fois que chil qui fiifoient Tcflament à penre fur 
les Muebles que li Exécuteur pour le Tcilament aemplir emporcoicnt les defpeuilles 
qui eftoient femées el point que chil qui fifi: le Teftament mourut, &: par ce apert il 
que fe font Muebles , car fe che fout Hiretages li Hoir l'emportaflenc , & non pas 
li Exécuteur. 

Nous avons dit que Bleds en terre &: Aveines font Maebles , & les cas que nous 
en avons veuz , parquoi il apert que che font Muebles nous avons dit , nepourquant 
nous avons veu Jugement qui fcmbleroit à aucune gens contraire à che que nous a- 
vons dit, car nous vifme jugier que Bled en terre neft pas Mueble quant au Douaire 
que la famé en deuft avoir porté pour fon Douaire, les Bledz que fon Baron vendit, 
puis que fes Douaire lui vint avant que li Bled peufîent eftre levés, mes le raifon que 
lijugeur regardèrent, fi fut pour che que li marchiés qui fu fez le Mariage durant 
che que il en eurent ala ou deut aler en leur quemun pourfit , & ii regardèrent que 
maie chofe feroit fî li Hons ne pooit vendre & garentir fes Bleds en terre , mes voirs 
eft quant Douaire efchiet fimplement j & la Femme qui en vcult porter fon Douaire 
<juite &: délivre a renoncié as Muebles &: as detes , elle emporte fon Douaire ft 
coume ele le trueve, & auflînt fet chil qui vient à terre quant il a été tenus en Bailg, 
fe il neft ainflînt que l'Hiretage ait efté fez par loial minage, ou à moitoierie, car en 
tel cas nemporte U Douaire ne li Baus que le Minage ou la moitié en ches deux cas 
dé Bail & de Douaire ne fievent pas les Bledz en terrre la condition dcftre Mueble, 
tout foit che que il le font en autres cas. 

Len ne doit tenir à Hiretage nule chofe qui maire , car che qui mucrt faut, &: Hi- 
retages ne puet faillir , &: pour che que aucuns pouroit dire que fi fet, & dire ma 
Vigne qui eft tenue pour bone , a failli deux ans ou trois ou quatre , il ne fouffift mie 
pour che à dire que che ne foit Hiretage, car pour les avantures des Hiretages qui 
faillent à la fois emportent il mendre pris, fi coume len voit que un arpent de Vi- 
gne neft priftés que quarente fols par an , & lî voit len bien avenir que ele aporte dix 
livrées de Vm en un an, ou quinze, ou vingt, fi qui feuft chertain de Hiretages 
quil ne peuflent faillir, h pris feuft trop plus grant, mais nule chofe terrienne neft c- 
ftable , hc pour che puet on tele chofe jugier fors par avis. 

Nous avons dit que Muebles font chofes mouvable & deffcurées de Hiretages , 
& des Hiretages naiffent li Mueubles , car fi toft coume les defpeuilles àss Hiretages 
font levées , ou le piez coupez de chaus qui tiennent à racines , che qui pouroit de- 
vant eftre dit Hiretage doit aprez eftre apelée Muebles, doncques puet on. veoir que 
fc deniers de rente font deues à chertain jour, ou Bled , ou Avoine , àc che qui eft 
dcub de terme pafsé, lî comme de Rente^ & raout d'auçre chofes^^ jour de paiemant 



^22 ^^/^ chofe eft Couflame , e^r. 

éft venus par la raifon de tiex Rentes doit eftre contés pour Mueble &: dufques au jour 
que la Rente cil: dcue cheft Hiretagc, 

Un Prcudons en Ion Teftament laifTa fes Muebles à départir pour lame de li en 
pluriex licx, &: advint que il trefpalîa le jour de la Saint Remi, ains heure de Prime, 
& pinricx Rentes de deniers, & d'autres chofes li eftoient deues chacun an au pur 
de la Saint Remi , & quant il fu mors li Exécuteur voudrent avoir les Rentes de chc- 
le journée, pour chc que chil qui fift le Teftament avoit vefcu dufques à tant que jour 
de paiement eftoit venus & li hoir au mort les vouloient avoir , pour che que U di- 
foient que li jours dou paiement neftoit pas pafsé , & devant que il feuft pafsé ne 
devoit on pas dire que che fcuft Mueuble , & difoient encore que li terme de paie- 
mant eftoit de toute la journée, caries Rentier pouoicnt paiera quele heure que il 
leur plefoit, puifqu'ils ne leur dévoient à chertaine heure, mes à chertain jour , & 
feur che li Exécuteur & li Hoir au mort fc miftrent en confeil de bonne gens , à fa- 
voir mon fi les Rentes de chcle journée faroicnt Mueble ou Hiretage. 

Li Confaus fu tex que li Exécuteur emportèrent les Rentes de chele journée, com- 
me Muebles , car ils difoient, puifque les Rentes neftoicnt deues à chertaine heure 
fi toft coume li jours dou paiemant adjourna, jour de paiemant eftoit venus, aufti bien 
au matin coume au vefpre : Mes fe heure de jour fcuft déterminée , dedans laqucle 
les Rentes deuflcnt eftre paiées , fi comme Prime , Tierce , Miedy , Nonne & Ved 
près , & chil qui fift le Teftament fut mort devant l'eurc h Hoir en cuftent porté les 
Rentes coume Hiretages, 

Chi define le Chapitre qui cnfaigne queles chofes font Muebles, & queles chofes 
font Hiretages. 



Chi commencheU 'vingt ejuarriejme Chapitre de che Livre , qui enftigne quele 
chofe efi CotiSîume , ^ quele chofe eft Vfage ; ^ liquel Vfage VAlent, 
eir liqtiel non. 

CHAPITRE XXIV. 

PO uR chc que tuit li Plet font démenés felonc les Couftumcs , &: que che Livre 
parole generaument felonc les Couftumes de la Contée de Clermont , nous di- 
rons en che Chapitre briement quele chofe eft Couftume , & quelcn doit tenir pour > 
Couftume , tout foit che que nous en aions parlé cfpeciaument en aucuns Chapitres, 
felonc che que il efconvenoit ez cas dequoi nous parlions, & fi parlerons des Ufages , 
& quel Ufages valent , &: quels non , &: de la dift'crence qui eft entre Ufage &c Cou- 
ftume. ^ 
Couftume fi eft approuvée par l'une des deux voies, dont l'une des voies fi efi: ^ 
quant ele eft gênerai par toute le Contée & maintenue de fi lonc tans coume il puec 
fouvenir à houme fans nul débat , fi coume quant aucun hons de poote connoift une 
dete, & on h fet commandement que il ait paie dcdens fcpt jours & fept nuitz, SC 
au Gentilhoume dcdens quinze jours , chefte Couftume eft fi clere que je ne la vi on- 
ques débatte. 

Et li autre voie que len doit connoiftre & tenir pour Couftume, fi eft^ quant debas 
en a efté ; & lune des parties fe vont aidier de Couftume , &: fu aprouvée par Juge- 
ment, fi coume il eft avenu moût de fois en parties de Hoirs Se en autres quercles, 
&: par ches deux voies puet on prouver Couftume , & chefte Couftume eft li Quens 
tenus à garder , & fcre il garder à fes fougez que nus ne le corompe , &: fc h Quens 
mcifme les vouloir coromprc ou fouffrir que eles fcuflent corrompues , ne le devroic 
pas h Rois fouffrir, car il eft tenus à garder ou à fere garder les Couftumes de fon 
Roiaume. 

La diffcrancc qui eft entre Couftume &i Ufage , fi eft que toutes Couftumes fi font 
à tenir , mes ili a de tex Ufage que qui vouroit plaidier encontre , & mener dufques 
au Jugement l'Ufage fi feroit'dc nule valeur. Or veons liqucI Ufages valent, Ôc liquel 
Aon. 



Chapitre XXIV, 123 

Ufagc de an &: jour pcfiblcmcut fouffift à acquerre fczinc , fi coume quant au- 
cuns a une Terre labourée , ou une V-gne , ou autre Hiretagc , & dcfpouillié pezible- 
ment un an &c un jour, & aucuns vient que li empeefche , li Sires li doit oftcr l'em- 
pcefchemcnt, Te il en cfl: requis, &: tenir cheli en la Ibzine dufques à tant que il pert 
par Pletordene le propriété de l'Hirctage. 

Le féconde manière de Dfagc fi cil de tenir l'Hiretage par dix ans pcfiblcment à 
la vcue &: à la fi:uc de chaus qui l'empcfirhcmcnt i vuclent mètre, tel manière de Ufa- 
cre fi vaut à acquerre propriété &: fczine de l'Hiretage, mais que len mete avec l'Ufa- 
tre caufe fouffifant dont l'Hiretage vint coume de Achat, ou de Don , ou de Lais , ou 
de Efcheoite, ou de Succefiion, &c avec cIic que len le tienne de Seigneur par aucu- 
ne redevance que len en doit. 

Le Tierchc manière d'Dfage fi cfl: de trente ans , car chil qui puct dire que il a 
le chofi: tenue trente ans pcfiblcment ne efl: tenus à alliguier le caufe dont cheli vint, 
ainchois li vaut (^à longue tcneurc fans nule autre raifon mètre avant, eflicuté che qui 
efl: tenu en Douaire , ou à Vie , ou à Ferme, ou par engaigement , car che chil qui 
demande l'Hiretage qui a cfté tenu trente ans vouloit prouver contre le tenant , que il 
la tenu par le railbn de le famé que il avoir, Icquelc famé le tenoit en Douaire, & 
dedens lan &:; le jour que le famé fu morte, il fe traifl: avant pour demander l'Hireta- 
ge coume Hoirs , nule longue teneure cl temps dou Douaire, ne li puct nuire puis- 
que il puifl: prouver le Douaire , &: auflînt fc il puet prouver que li Hiretagc ait efl:é 
tenus par engaigement , {\ coume il avientque un bons engaige fa Téfre à dix ans 
ou à douze , & quant ches années font pafle , il engaige à. cheli meefme tclcs te- 
neures fi ne valent riens contre cheli qui veut prouver les engaigemens , & aufllnt fe 
aucun a vendu les defpeuilles de fes Terres à le vie d'un homme,& chil qui les fruits 
achcp^à fe vie, les tient par trente ans ou par plus, & puis muert , li Hoirs dou 
mort fi ne doit pas pour che gaaignicr_ l'Hiretage pour le teneure dou Père , & ne- 
pourquant il emporte la fczine dufques à tant que li engaigemens à vie fera prouvé 
par bone feurré que il doit fere de rendre les levées quant chil qui li Hiretagc deman- 
de aura prouvée fcntention , & aufllnt ne doit nus gaaignier propriété de Hiretac^e 
par teneure que il ait fête à ferme puis que len puift prouver la Ferme contre celi 
qui le tient. 

Or veons quiexUfages ne valent pas quant li Sires voit aucun de fes Songiez tenir 
Hiretages defquiex il ne rend à nului Cens, Rentes ne Redevances nulles, li Sires i 
puet jrter les mains & tenir coume ficues propres ; Car nus felonc noftre Couftume 
ne puet pas tenir des Alues , &: on» appelé Alues ce que on tient fans fere nule rede- 
vance ànuHui; & fe li Qucns faperçoit avant que nus de fes Sougiez que tel Alues foit 
tenu en fa Contée, il les puet pcnre comme fiens, ne nen efl: tenus à rendre ne à re- 
pondre anus de Ces Sougezpour che que il cfl: Sires de fon droit & de tout che que 
il trueve en Alues, & fe un de fes Sougcz i avoit jette les mains, fi ne h doit pas de- 
meurer fe il ne prueve que che fu de fon Fief, ou de che qui devoir cftre tenu de 
li que il a trouvé concelé ou clbranchié , & fe il ne le puet prouver li Alues doit 
démonter au Conte ne chil qui en Alues le tenoit ne fe puct aidier de lonc Ufao-e, 
& pour che loe je bien à chaux qui en tele manière tiennent que avant que li Quens 
i mère les mains , il en viengnent fere houmage au Conte ou rendre aucune redevan- 
ce au gré dudit Conte , & en tel cas fe il le font ainfllnt il ne devront pas perdre ain- 
chois len doit on bon gré favoir quant il efclarciflxnt les chofes que leurs Anteceflbur 
tinrent orbement. 

Mefllre Pierre de Rigni propofa contre le Vile de Haicz que ledite Vile à tort & 
& fans rczon envoient leur Bcftes pafturer en tes Près efquiez il avoit toute Juftichc 
& toute Scignourie, coume chil qui de ceh Ufage neli rendoient Cens, Rentes, ne Re- 

it jdevanccs,parquoi il requeroit que il de cel Ufaige feufl: débouté & que il leur feufl: dit 

in par droit que il ni avoicnt droit de uzer. 
I A che refpondit ledite Vile que il chel Ufaige avoicnt ufé & maintenu de fi lonc 

Ht itans coume il pouoit fouvenir à mémoire dehoume &: leur eftoit bien Ufage conneus 

es jdudit Mefllre Pierre, parquoi il requeroient que len les leflîafl: ufer paifiblement fi eou- 

,{1 ijme il avoient ufé de lonc tans, àc fur che miftrent en droit. 



124- Q^ele chofe efl CouB^me ^ &c. 

Li Houmes de Crccil après chc que il eurent pris tous les refpis & que il fcn furent 
confeillics en moût de liex prononcierent par Jugement que ledite Vile des Haies na- 
voit droit de uzer es Près Mcfïire Pierre defTufdit , & que li lonc ufagequeilavoient 
propolé ne leur valoir riens pour che que il ne rcndoient doudit Ufage , Cens , Ren- 
tes, ne Redevances , &: par cel Jugement puet on veoir que nus Ulage qui damage 
autrui ne vaut contre le Seigneur dou lieu là où li Ufage eft maintenu fe len ne rend 
au Seigneur ou au Conte, Cens , Rentes, ou Redevances. 

Encore font Ufage en aucun lieu liquel ne vauroient riens fc il eftoient debatu & 
mis en Jugement, fî coume fe aucune Vile ou aucune fingulere perfone a ufé de en- 
voler (es Belles eu mes Bos fî toll: coume li Bos eft coupés ; car tele manières d'U fi- 
ges fi eft efchil & nul efchil fi ne doit eftre fouifert fe il neft ainflint que chil qui ont 
tex manières dufiges monftrentpar Charte que le chofe leur fuftotroiédou Seigneur 
dou lieu, & contcrmé dou Souverain, car nus fe neft par lauthorité dou Souverain, ne 
puet otroier nul Ufage qui tourt à eilîl. 

Nus Ufigcs qui foit ufé contre le gênerai Couftume dou Pais ne vaut riens fe el- 
le neft otroice &: confcrmée dou Souverain, ou fe Icn ne rend au Seigneur aucune de 
Ces droitures , cheft à favoir Cens , Rentes ou Redevances, 

Li Ufages dou Souget contre fon Seigneur & en lui déshéritant, fi eft de nule va- 
leur , fi coume il avicnt que nus Hons paie mains de rente que il ne doit ou que il 
conccle à fon^eigneur aucune de fes droitures, fi toft coume li mcsfez vient aie con- 
noiflance dou^eigneur , li Sire ne pert pas pour tel l'Ufage que il ne rait fon droit , 
mes voirs eft en tex cas que li Souget demeurent fefi fclonc che que il ont ufé duf- 
ques à tant que li drois dou Seigneur eft prouvé contre aus , mes bien fe garte li 
Souget que il ne mefprenne en tex cas envers leur Seigneur ; car quant li Seigneur 
ront par Jugement che qui leur eftoit celé ou fourrer de lonc tans li Souget foht te- 
nus à rendre tous les Arrirages &: lamande de chafcun terme, que il deuflcnt avoir 
paie , cheft à favoir fe li conrens fut de droit Cens le fimple amande du lieu qui querc 
par le Couftume , mes fe h Contens fu pour aurres Rentes, comme de Bled,d'Avoi- 
voine ou de Vin ou de Chapons , lefqueles chofes ne doivent pas amandes, fe on ne . 
les paie au jour par le Couftume General, pour tex Rentes li Sougez itne rendra fors 
les Arrierages. 

Quiconques veut leffier che que il tient à Cens ou à Rentes deSeigneur,ille doit 
aquitier dufqucs au jour que il le lefle, & dire au Seigneur de qui il le tient. Sire jai 
tenu Hiretage de vous à tel Cens & à tele Rente , &: vezci la Rente de chette annéc,à| 
& fe il i a Arrierages , il les doit paier auffint, & deforefmais je ne vucil plus tenir," 
ainchois vous lelfe le vuafon, &: tant coume il fe teft de dire que il lefle, il li doit touf- 
jours les Rentes , & fe il avenoit que il Icflaft les Rentes à pa,ier, li Sires puet fommer 
que il li pait dedens an &: jour les Rentes & les Arrierages, fé cheft droit Cens il puet 
demander que il li pait les amandes avec le Cens , &: fe li tenant ne li paie dedens lan 
& le jour , li Sire puet penre THirctage comme fien propre, &: fi ne demeure pas pour 
che que il ne puis fieuir cheli qui de li le tient pour fes Arrierages, de tant coume 
il fu en fefine de l'Hiretage ; car autremant pouroicnt gaagner liBarcteur en leur Ba- 
rat fe il poient tenir leur Hiretages èc leur Rentes conceler une grande pièce, &: puis 
dire, je vous lefle l'Hiretage fans riens paier ; car bien pouroit eftre que il debvoit plus 
d' Arrierages que li Hiretages ne vauroient , &: auflTint perdroient li Seigneurs par la . 
tricherie de leurs tenans , laquele chofe ne feroit pas avenant. 

Voirs eft que par Couftume gênerai len puet leflier quant len veut l'Hiretage que 
len tient dun Seigneur, mes che eft à entendre en tele manière que len lait acquitics 
dufqucs au jour que len le lefle, mes nepourquant convenances &: obligations pucenr 
bien corompre chtftc Couftume , fi coume quant aucuns prent Bos à ellarter ou Vi- 
gnes à planter à chcrtaine redevance , S>c fe oblige par Plegc ou par Foi, ou par con- 
tre à Cens d'Hiretage à paier les Rentes dou liçu que il a pris par tele condition que 
il ne le puet leflier, en cel cas ne puet on leifier l'Hiretage, ainchois convient que len 
tienne fc convenanchc. 

Selone la Couftume nus cors de houme neft pris pour detc fe il na par Lctre fon 
cors obligé à tenir &: mètre en Pdfon fe che neft pour ledete le Roy ou le Conte, mes, 

pouf 



chapitre XXIV, j^y 

pour chcs deux puct on penrc les cors &: les avoirs , & fe ne leur convient fcrc nus 
commandement de paier ne à huit jours ne à quinze, ainchois à li privées de fon droit 
que il les puct jufticicr fi toft coumc li termes eft pafles par le prinfc de leurs cors 
&: de leurs biens. 

Pluricx detes pueent eftre deues cfquelcs il ne convient point fcre de comman- 
dement felonc le Couftume gênerai , le première fi eft quant len fc eft oblieié par 
Letre; le féconde manière li eft quant len doit à manouvriers par le raifon de" leurs 
i journées ; car maie chofe feroit fe il convenoit à chaus qui fe doivent vivre de leur la- 
: beur à atcndre le délai dou commandement, doncques lî toft coume li labourerrez 
vient au Juge, il li doit fere paier fans délai par la prinfe dou fîen prendre & vendre. 
: Le tierche manière fî eft quant aucune deteeft demandée, & chil à qui len le deman- 
j de le nie, & li demandierres le preuve contre li, fitoft coume ele eft prouvée len le 
: doit fere paier fans délai , & fans nul commandement fere. La quarte manière fi eft 
\ quant gens ont à partir Mueble cnfemble par le raifon de Suceiîion ou d'Efcheoitc , 
& li un fe met en la fczine de tous les Muebles , ou d'une partie contre le volenté des 
autres qui font aulfint procheins coume chil qui feft mis en le fezine , fitoft coumc 
il eft montré à le Juftichc, ele doit tout penre en fe main , & doit fere fere les parties 
fans délai, &: fe il avient que chil qui s'eft mis en le fezine veut alliguier aucune refons 
par Icfqucles li autres ne doivent pas partir, toute voies doit le Juftiche tout tenir en 
fe main le Plet pendant, pour che que chil ne puift alouer pour le délai che que li au- 
tres requièrent , fe il ont refon. 

Pluriex Ufages font liquel font fi quemun à tous que il ne pueent ne ne doivent 
eftre deue tout foit che que len nen rende Cens, Rente, ne Redevance , ft coume 
de aler &: de venir par les voies quemunes, car de cheftui Ufage ne rent nus rede- 
vance , il eft à chafcun de fon droit, &: auffint de penre yaue en Rivière quemune , 
ou en Puis quemun , tex Ufage ne puet ne ne doit eftre deveez à nului , & auflint li 
j mouftiers eft quemun à tous pour fere fes Oroifons en tans & en lieu convenable , 
eflîeutes les Efcomcniés , liquel ni doivent pas aler devant que il iront par le gré de 
fainte Eglife , & auflînt U gué pour les beftes à bejuvrer , &: auflînt maint aifemant 
quemun , &c qui fieent en liex quemuns fets &: eftablis delonc tans fine doivent eftre 
deuée à nului , & pour che que tout tex manières de Ufage font quemuns à tous, il 
eft bien refon quant il i convient mètre Coufts pour atenir , que tuit chil i metent 
felonc fon avenant chafcun qui ont pourfit en laifement des chofes , Se felonc notre 
opinion nus nen doit eftre épargnés tout foit che que H aucuns de nous Gentiushou- 
mes ne fi vuelent acorder , car nous ne voions pas par quelc refon leur Sogiet foienc 
tenu à fouftenir pour les Gentixhoumes tiex manières de lieux quemuns, car plus en 
ufent li Gentishoumes felonc leur avenant que ne font li hommes poofte. 

Il advient bien que aucuns fueffre fes Voifins à aler par lonc ans à fon Puis qui 
eft en fe Coure ou dedens fon Clos , & nepourquant tex ufage fi ne vault pas à ac~ 
qucrre propriété que chil qui H Treftons eft ne puift défendre tel Ufage, &: enclorre 
ou eftouper quant il li pleft , & nepourquant nous en avons bien veu emporter le fe- 
fine à chaus qui i avoient ufé daler , mes il en perdoient puis le propriété , car ma- 
ie chofe feroit fe je vouloiemon Puis enclorre ou eftouper fe je ne le pouroiefere pour 
le aifement que je en aurois fet as Voifins. 

Bien fe gardent chil qui ont de chertains Ufages en chertains liex par Chartes 
ou par Dons des Seigneurs , que il en ufent ainffint comme il doivent , car fe il en 
mefufent, c'eft-à-dire, fe il en ufent autrement que il ne doivent,il doivent perdre par 
leur meftet leur Ufage , fi coume il avient que un Gentixhons ou une Mefon de Re- 
legion a es Bois dun Seigneur une Chartée de Bûches le jour , & il envoie querre 
deux ou trois , fe il eft ainflînt pris mefufant, & h Sires en quel Bois il avoir l'Ufage 
puet prouver que le Mefufers fu par le commandement &: par le confentement de 
I chelui qui i avoit l'Ufage il perdoit l'Ufage tout à net , mes che feroit fort à prou- 
j ver contre Relegion , car il convenroit prouver que che fu par le confentement àc 
I l'Abbé &: dou Couvent fe ce eft Relegion Conventual, & fe che eft contre l'Evef- 
|l que il ne pouroit perdre le propriété de l'Ufage, doncques tel Ufage qui font amor- 
tis , fe paiTeroienc par amande dou meffec, & fi feroienc U lai chU contre qui il ne 



J2S Quels chofe ejl Couflume ^ &c. 

pouroic cftrc prouve que li Mefufci-s euft efté de leur commandement , & l'Amande 
de tcx manières de prifcs fi eft de Ibixantc ibis & dovi damage rendre , & fi doivent 
cftrc cil qui ont fet le meftct , fi coume les Charetons & chil qui font au conduire, 
qui bien lavoient coumcnt on en doit ufi:r , bani dou lieu là ou li Uf-iges eft un an &: 
un jour, fi que par le Bannillcmcnt il Te chaftie de Ton meftet, & le il i fijnt après 
repris longue Prifon fi leur doit cftre appareillée, & puis banià toufiours doudit Ufaige. 

Chil qui fervent d ne doivent mie meflervir pour commandement qui leur fi^it fez 
de leur Seigneur , chil meffert qui pour commandement de fon Scigncurfet damage 
à autrui, ou Larrecin, ou autre cas decrieme , &: quant li Serjans dautrui eft pris en 
meft"et de cas de cricme il ncft pas efcuzés dou fet , pour dire mes Sires fi le me 
fift fcre , & feuft encore ainllînt que (es Sires le queireuft ou que li Serjant le prou- 
vaft contre fcn Seigneur fe il le nioit , fi feroit li Serjans jufticiés fclonc le meftet , car 
nus qui meftct en cas de crieme fi neft efcufés par dire que autre li fet fcre pour chc 
que nul ne doit Icre mal par commandement dautrui. 

Qucftion fi puct cftre fête fe un fimple Chevalier a un Manoir de lez une Forcft &: 
en chclc Forcft Ufiige li eftroicz dou Seigneur pour fon ardoir & pour fon maifonncr, 
& pour Pafturcs à les Beftcs à li &: à fes Hoirs , &: il ou fi Hoir vuelent vendre cel Ma- 
noir à tout l'ufige à plus noble perfonne &: pius riche , fi comme à tel pcrfone que 
tel deux tans comme li Vendierres ufoit ne fouffiroit pas à l'Oftel ne au Mefnage de 
l'Acheteur , à favoir mon fe li Sire dou Ueu furquoi tex Ufage eft pris , doit fouffrir 
tele Vente :Nous difons que nennil , que li Vendierres ne puet plus pas vendre que 
il avoir en le chofe , &; il ni avoit Ufage que felonc fon eftat , doncqucs fe il venc 
tel Ufaige à Greigneur perfonne , eftimation doit cftre fête àl'Achepteur felonc che 
que li Vendierres en i pooit ufer, &: en chete manière doit !a Vente de tex Ufaigcs 
cftre foufFcrte. 

Nous avons oi aucune fois par devant nous que quant aucuns des Seigneurs de- 
mandoient leur Cens & leur Rentes à leurs Sougez & il nen eftoient pas paies à jour, 
il prenoicnt pour leur Cens ou pour leurs Rentes & pour lamande dou jour trefpan*e, 
&: li oftcs en traioicnt à nous , & difoient que à nul tans dou monde il nen avoient 
paie amande, ne point nen vouloient paier, &: fi ne metoient pas avant Charte ne. don 
de Seigneur , & comme nous veifibns en ccl cas droit commun contraus &: la pJus 
grant partie de le Contée de Clermont ufent en autre manière nous ne les voufifmes en 
cheoir, de tant coume au droit Cens deu en deniers à chertain jour pour Hiretages oiu . 
pour Mazures,& leur fu prononcié par Jugement que chil qui ne pairoit à jour fon droitW 
Cens fi rendrok le Cens &: l'Amande fimple , fi coume cinq fols par le Couftume de ' ' 
Clermont, &c fcpt fols &:demi par le Couftume de plufieurs Viles qui font en la Con- 
tée , mes voirs eft que pour Rentes de Bled , d'Avoines , de Chappons &: de Gelines 
navons nous pas veu ufer que len en pait amande, ainchois quant on ne les paie à jour, 
fi eles font deus pour Mafures len puet ofter les Huis & les peneftres , ou penre des 
Muebles à chaux qui les doivent , & fe len ne trueve riens len puet fefir les Hireta- 
ges pour lefqucx les Rentes fout dcues atenir tant que len foit paie des Rentes &c des 
Arrierages. 

Une autre manière de Cens i a que len doit apeler Seurcens , ou Cens Cofticr, & 
de tex Cens a il moût as bones Viles fi coume il ont vendu à penre fcur leur Mefons 
deniers de Rente ou fcur leur Hiretage, &: fi ne demeure pas pour che que li droit 
Cens ne foit paie à autrui, ou fe coume aucuns baille à Seurcens à autrui che qu'il tc- 
noit à droit Cens dautrui Seigneur: en tcx manières de Seurcens na point damande , 
qui ne le paie à droit jour, ainchois convient que chil qui a le Seurcens le plaigne au 
Seigneur dou Trcsfons , quant len ne li paie à jour, & adoncques fe li Seurcens eft 
deu fur Oftife , li Sire doit fere ofter les Huis , tant que li Seurcens foit paies, & fe \i 
Seurcens eft fur autre Hiretage, li Hiretage doit cftre (c{\s , de les dcfpeuilles levées 
tant que li Seurcens foit paies ; mes voirs eft que pour tcx Seurcens li Sire dou Trcs- 
fons qui le droit Cens ia ne leflc pas pour che que il ne fe face avant paier de fon droit 
Cens, & des Amandes fe eles i font, &c a le Couftume qui maintenant queurt len ne 
puct vendre ne donner de nouvel Seurcens leur Hiretage qui ne le doic de lonctans 
^us le Seigneur dou Ueu , car il a cftc défendu pour che U aucuns carchaient fi leurs 



Chafitre XX IF. 12^ 



Mefons ou leurs Hirctagcs de tex Cens quant il avoicnt mefticrdc deniers que Icn Icf- 
I foie après les Mefons pour che que elcs eftoienc trop chargicz,ou quant clés chaoïent 
I len ne les vouloir réfère, &: li autres Hirctage en demouroicnt aucune fois enfriez , 
parce que il ne trouvoicnt qui Hoir fen fîll pour le charge dou Scurccns, & par chc 
font maintes Mefons dcchevcz &: maint Hiretages agafti, & pour che cil la defcncc 
moult bone. 

Len doit favoir quant pluriex gens ont Seurcens feur aucune Mefou ou four au- 
cune Hirctage , &: la chofe dechiet en tele manière que il ne puecnt pas eftrc tous 
paie, li plus anchiens Cens doiteftre premièrement paies, &: puis li autres en ordre fc- 
lonc chc quechafcuns eft plus anchiens , &: fe perte i a elle tourne feur les derniers fe 
ainlîint ncft que il vuellent penre l'Hiretage &: paier les droits Cens au Seigneur , &: 
le Seurcens à chaus qui li ont. 

Aucuns UGgcsfont esbones Viles c-|cmaifonncr&: de pluriex autres chofcs qui font 
pas es Viles Champeftres , car es Viles Champellres nus ne puct niaifonner fi près de 
moi que h dcgouft de maMefon ne me dcmeurt tout frans , & fe je fais cheaoir mon 
degoult en le Terre monVoilin je dois eftre contrains de ofter loi , mes es bones Viles 
qucurt autres Ufages de maifonner, pour chequelcsplaccs font plus eflroites, carmes 
Voilins puet apuicr fon Merrien contre monMur , qui joint àlui vucillc ou ne vucille, 
mes que \\ Murt fois fors que ma Mefon ne demcurt en pcnl , & fe li Murs cft trop 
foible &1I eft tout en ma Terre, il convient que mes Voifin face fouftcnir fa Mefon 
fur fa Terre, & fe il vient fere plus haute Mefon que le moie, je ne li puis dcvcer tout 
foit che que ele nuife à la clarté de maMefon, &: fe li Murs eft entre deux Terres 
chafcuns a laifement dou Murt, & puct maifonner deflus en chele manière que chaf- 
cuns mete Gouttière par devers foi , fi que li dcgouft ne chiet pas feur fon Voifin , & 
fêles Mefons font dune hauteur bien fe pueent paffer à une Gouttière qui fcrvc as 
deux Mefons, mes pour che ne demeura pas quant li uns voudra haulficr fa Mefon que 
il ne la hauffe , & que chafcuns nait fr Gouttière par devers foi. 

Il ne me loir pas à fere mon yavier ne lelîîau de ma Cuifine en lieu parquoi lor- 
dure voift en le Maifon ne en la Clofture de mon voifin, mes en tel lieu le face qu'il 
ne nuife à autrui ou fur ruele, puis je bien fere fe mes licus eft fi eftrois que je ne le 
puifte ailleurs fere convenablement; car bonne chofe eft que len tienne les rues net- 
tes ez heux ou chafcuns puet fere par devers foi fon aifemeut. 

Quant aucuns fet fon Jardin ou fon Prael en lieu prive, &: là ou il n'a nule veuc 
de voifins , & aucuns èiC^ voifins veut maifonner joignant len ne li puet pas veer le 
maifonner , mes len li puet deveer que il ne face huis ne feneftre , parquoi les prive- 
tés dou Prael ne dou Jardin foit empirées , car aucuns le feroient malicieufcment , 
pour ofter la priveté de leurs voifins , doncques qui voura avoir clarté de chelle 
partie, il i doit fere veirriere , à donc fi aura clarté, & fi n'en fera pas li heu dou voi- 
fin empiriés. 

Nous avons dit deflus que aucun ne leflc pas fe Mefon à lever haut, pour chc que 
ele tout de la clarté à fon voifin , & che eft voirs , nepourquant il grant meftier que 
len preingne garde cz bones Viles coument chafcuns puift eftre aifié à '^ow pourfit,&: 
au mendre damage d' autrui, &: pour che pouroit aucuns fi outragcufement ofter le 
veue de fon voifin que len ne h devroit pas fouffi-ir, tout fuft il ainflint que il ne ou- 
vraft fors fur le fien mcifme, fi coume fe li voifins ne pouoit recouvrer veue de nulc 
part, car aucremant pouroit il perdre fe Mcfon pour chc que il n'auroit point de clarté. 

Nient plus que li un puet maifonner ne edefier en le Terre d'autrui au rez de terre, 
nient plus ne le pueent fere dedens terre , ne en le hauteur de lair , doncques con- 
vient il que chil qui vient bouner bonne en fe Terre, tant feulement fans paffer en la 
Terre de fon voifin, &: fe le liex ou Ion vient bouner joint à chemin, & il a Maifons 
d'une part & d'autre , & il bonne deftbus le chemin en droit foi , il ne doit pas pafler 
lemillieu dou chemin , car autel aifcmcnt comme il a en chc lieu doit avoir chil qui 
menit encontre lui fe il veut bouner , & bien fe gart qui euvre foubz terre , que il fa- 
ce Ouvrage que les Mefons des voifins ne fondent par fon fet ne les voies quemunes, 
car il feroit tenus à reftorer le damage, car en fe terre meifme pourroit on fere te e 
chofe parquoi le Mcfon de fon voifin fouderok, bc il eft bien rcfon que chil qui fcc 
tel damage le rende. Qj 



Aucune fois avicnt il que len prenc aucune chofc qui cil à autrui fans le congé &c 
fans le volonté de cheli qui ele cft, èc quand on la par devers foi , Icn le met- en tel 
ouvre que elc change fe nature &: devient autre, lî comme fe aucun prent Merrien 
en autrui Bois , & le met en ouvraigc de Mefon, ou de nef, ou de mour autres cho- 
fcs que Ion puet fere de merrein , ou fi coumc aucun fet fondre deniers d'argent qui 
furent à autrui, &; en fet fere Pots , Efcuelles , ou Hanas, en tous tex cas &: en 
fcmblables , je ne puis pas demander la chofe qui eft fête, puifque il a en, la façon au- 
tre chofe que che qui dou mien vient , car je ne puis pas demander le Mefon pour 
che fe je vueil prouver que il i eut mis de mon merrien , ne je nç puis pas deman- 
der les Potz , ne les Efcuelles , pour che fe je vueil prouver que il i eut de mon ar- 
gent, & comment raurai je doncques ma chofc, je doi pourfuir chclui qui le mofta 
par ailion de larrecin , fe je puis fivoir quil le mofta par courage d'emblcr, mais fe je 
fens que elc ne fuft pas oftée par courage d'embler,fi coumeil avient que aucuns prent ^ 
autrui chofe, &: cuide que elc foit fienne &: ele eft à autrui ,ou len l'acheta de celi 
qui n'avoit pooir de loi vendre, & li achetierres cuidoit quele feuft au Vendeeur, ou 
ele fu achetée en marchié quemun, ou donnée d'aucun qui n'avoir pooir de donner 
par toutes tix voies fe puet cil qui la chofe à defandrc dou larcin , mes il ncft pascf- 
cufés que il ne rende le pris que la chofe valoir à chelui qui ele fu &: il quierre fou 
garant , car meftier li eft pour recouvrer fon dam.age, &r pour foi elbufcr dou larrecin. 
Se une Mefon ouAine autre chofe eft fête des chofes àp!uriex,&: chafcuns rede- 
mande fa chofe pour che que il n'eft pas paies dou pris que il li vendi , &; pour che 
que len ne le veut ou puet paier , le Mefon ne doit pas eftre depeciés pour rendre à 
l'un fon merrein , & à l'autre fe pierre , & à l'autre fa tieulle , ainchois fc doivent 
chil qui le chofe vendirent ou baillèrent fouftrir de leurs damages quant il le baillè- 
rent fans penre pièges , & à telle perfonne qui ne puet paier, mes voirs cft fc chafcuns 
trueve fe chofe entière avant que ele foit mife en cuvre , & aprcz le terme que il cri 
deuft eftre paie dou pris , &: ele cft encore à cheli qui l'achcpta len la puet redeman- 
der arrière fe li acheptierres ne fer plain paiemant, car maie chofe fcroit fe je trou- 
voie mon m.errien que je aurois vendu fans eftre mis en euvre & en le main de l'ache- 
teur , & je ne pouois avoir le pris ne le merrien qui fu miens , & par che que nous 
difons dou merrien , poons nous entendre des autres chofes vendues. 

L'en doit favoir que de toutes chofes euvrées ciqueles il a pluriex matières iî 
doivent demourer entiers , car feroit damage dou defpecier,& deux perfonnes ou trois 
ou plus le demandent & le prennent à leur, fe che eft chofe que len apiaut Mueubla 
&; qu'il foit de tele nature que ele ne fe puet dcfpecier ne départir, fi coumc Chevalll 
ou un Jouel d'or ou d'argent, chil qui le plus a en le chofe le doit avoir en tele ma- . 
niere que il face reftor as autres felonc che que chafcuns i a. 

Se deux gens metent cnfimble leurs Bleds ou leurs Vins, ou leurs Deniers, ou 
leurs Marcheandifes qui foit d'une nature fans defconnoilfancc , fans devifer , &c fans 
motier quele partie chafcun i a Ion doit entendre que chafcuns i ait le moitié, &: tant 
en puet chacuns demander quant che vieijt au partir , mais autre chofc feroit des cho- 
fes mcflées par mefprefure ou par avanture, fl comme fe mon Bled eftoit dans mon 
guernier , &: li guerniers fondoit ou perçoit en tele manière que mes Bleds cheift en un 
autre Guernier fur le Bled d'aucun, ou en moût d'autres cas qui avicnnent chafcun 
jour des chofes qui fe mcflent enfemblc , en tex cas doit on fivoir au plus prez que 
len puet combien chafcuns avoit de la chofe, &: par le ferement des Parties & en tou- 
tes les manières que il pourra eftre feu , & puis rendre au plus prez à chafcun che que 
il i avoit. 

Nus Ufagc ne puet ne ne doit eftre donnés feurla propriété dautrui fins levolcn- 
tc de celui qui la propriété eft, & fins lacord dou Seigneur, de qui la propriété muet, 
fc che neft Ufage qui ait efté ufé ou acouftumés de lonc tans,&: en tclc manière puet 
il eftre demandé que il convient que h Tretfoncierres &: h Seigneur fi acordent , ti 
coumc en cas de ncceflité , cas de neccftité fi eft dont len ne fe puet fouffrir lans trop 
grant perte ou trop grand damage, fi coumc une Rivière a corrompu le chemin qui • 
cftoit fur les Rives , &: ma Mefon ou ma Vigne joint au lieu corrompu , il convient 
que len prenne tant de ma chofc &; convcrtillc eu Ufage de chemin que li chemins 



Chapitre XXK j^p 

qui coirompu cftoit en foie rcfloixs, ou (c je ai Mcfons ou Vignes fctcs de nouvel en 
aucun lieu où il nen eut oncques mes point len ne me puct dcvecr que je naic voie 
nouvclc par le damage rendant pour alcr à ma Melon ou en ma Vi<nic. 

Par che qui cft dit en chcftuiCh.ipitre puet on lavoir que len ne puct alcr contre 
ce qui eftaprouvé pour Coullume, mes len va bien contre aucuns Ulagcs quant il 
font ufcs à tort ou en cHil fans rendre Redevanchc à Seigneur. 

Chi define 11 Chapitre de Couftmnc &: d'Ulagc, àrliquclUfigcs valent , &: liqucl 



Chi commenche l't 'vingt- cinqmejme Chapitre de che Livre Jiquel parole des Chemins y 
& de quelle largefce li Chemins doivent ejire ^ ^ comment il doivent ejlre maime- 
nu fans empirier, & du conduit as Pèlerins ^as JMarcheans^ ^ destrueves en 
Chemin. 

CHAPITRE XXV. 

ANcHiENNEMENT fi couttie nous avons entendu des Seigneurs de Lois fut 
fez un EftablifTcmcnt comment len maintenroitle largcfcedes voies &:des Che- 
muts, fi que li Pucple peuft aler de Ville à autre, & de Cité à autre, &que Marchean- 
difc peuft courre fauvemant par le Pais en le Garde des Seigneurs , & pour les Mar- 
cheands garder &: garantir furent eftabli li travers &: de Droit quemun fi toft coume 
li Marciieant entrent en aucun travers , il & leur avoir fi font en le Garde dou Sei- 
gneur à qui le travers eft , &C moût doivent mètre grant peine li Seigneurs que il puif- 
fcnt aler fauvement,car moût auroit li Peuples defouflxcté fe Marcheandife naloitpar 
Terre, &c qui fet as Marcheans aucun tort ou aucun m effet dont il foientplanitif , les 
Jufticcs fi nen doivent pas ouvrer fclonc les délais que Couftume donne à chaus qui 
font refidens ou Pais , car avant que les Marcheans eufixnt le droit de leurs meffet 
par Plais de Prevoftés ou deAffifes pouroient il perdre par le delay , tant que il en 
Jeroicnt leur droit à pourchafîier, & fe ne feroit pas li pourfit des Seigneurs , ne dou 
quemun Pueple , doncques les doit on toft délivrer & eftre débonnaire vers aus , es 
entrcprefures qui leur avienncnr,&: que il font plus par ignorance que par malice. 

Il apert que quant on tailla les Chemins que len les devifa de cinq manières & en 
chafcune manière fe largefle ; la première, de quatre piedz de lei que len apelle Sen- 
tier, & tcx Sentiers fi furent fet pour foi adrcfier de grant Chemin à autre , ou de*^ 
Vile à autre i ne en tex Sentiers ne doit alep^, nule Charete en nul tans que ele puift 
fere damage as biens de Terre ne es chofcs qui font cdefiées près. 

Le féconde manière de Voie qui fut fcte fi fu de huiâ piedz de large , & lapele 
len Charierc , & en tele voie puet aler Charete lune après lautre,mes Beftesni pueenc 
alcr fors en Cordelle ne deuz Charetes lune de les lautre, fe che neft ainflint coume il 
fentrencontrent. 

Le ticrche manière de voie qui fu fetc, fi fu de fcze piedz de large ^ ô^ en celle 
puecnt aler deux Charetes lune de cofté lautre &: fentier de chacune part, & fi i puet 
on Bcftes mener à chace fans arrcfter de Vile à autre ou de Marché à autre, en tele 
manière que il ni foient arreftans pour paiftre , en tans ne en Saifon que eles face da- 
mages as biens dentour, & chete manière de Voie fu taillée pour aler de Chaftel en 
autre & de Vile Çhampeftre à autre. 

Le quarte manière de Voie qui fu fête fi fu de trente deux piedz de large , &:en 
cete puecnt aler Charete,&:Beftes i pueent paiftre & arrcfter & repofer fansmeftet, & 
toute Marcheandife courre , car eles vont par les Cités & par les Chafteaux là ou li 
travers font deu , mes che ne pueent il pas fere par les Voies qui font dcvifées deffus 
en efchivant les droitures des travers, &: fouvent avient que il en reçoivent grans da- 
r^?ges quant il le font, &: ncpourquant il pueent aler par toutes Voies quemunes là où 
Charetes pueent aler, mes que il nenportent le Droit dautrui. 

Le cinquième manière de Chemins qui fu fête che furent h Chemins que Jules 
Celar fift fere , &: chil Chemins furent fet à droite ligne es lieux là où ligne fe pooit 



- ^ Be quele large fce U Chemins âohent ejtre. 

r .mncefchemcnt de très m-ant Montagnes , dcRivieres ou deMarés &: de 
porter fans '^'^''^'^Y.TZ.c &C le ciufc pourquoi il furent fet h large doit eftre cn- 
'°'T"or toti^e cho es Sin'^-s T viv'ans Lut Hons .. Fai.e doivent vivre . 
tendue qu^ toutes cnoie^ ,K,^nns ilcr & venir, & foi pourvoir pour tous fcs 

„c re„ faut guerre uut corrompu PJ^ '^X'trdc n lc2r largcffc , & pour cire 
lignorancc des Souverains qu. les d™"'™ "= =» ç^ ^i," j„,t ^llre Sentiers 

quelioù contens muet de largeflc ^cC cm ns que en i ^^^^^ ^ 

ou Charnerc ou Vo,e ou Chemurs. "^ '' P "^f^^^X j "l dm cftreramenis àla lar- 
fcloneehequip.u:eccftre trouvequ fu:u,ch enn nr^u ^, _^^ ^^^^ ^^^^^ 

Kr'^a,r4ttfc";4fct::fc=;^^^^^^^^^^^ 

piedz.ou dcfo,xante& quatre piedz f°"',«;- Wf " ™™s _rrmi leur Demaine,ou 

rc , & fe je nai Terre que d une ^"^ ^'"^^^ ^, chelui qui marchift dautre 
chemin par devers moi apartient a ^^^ ;^^,^^^^^^,i^Xpardevers\oi jen doi porter 
part, fi que fe mellee eft fête ^^ ^^^^^ /° ^^mx nfoitié ehil qui marchift d'au- 
toute lamande dou meftet , & le ^^^ ^^"^'^^ ^,, je Juftiche avient il 

tre part l'emporte , &: fc la meftee eft ^^^/^ ^^"^^^^^^^ ^^ertain de quele part il fut 
el miheu dou chemin que len ne puet pas bien )^'?,'^'^^ "" , Seigneurs qui mar- 
plus prez , H meftet ft doit eftre jugié quemuncment par les deux bci.neurs qui mai 

chiffent au chemin. ç^ . ^ ■ ^^^ Biauvoi/Is 

Aucuns font qui contre chete Couftume vont, che ^'^ / ^^ ■ , ■ 

aucuns font quî ont Juftiche ez chemins , qui vont pan ni leu T--/^^^^-^^"™^ 
& che font chil qui ont voierie lequele il tienent d Seigneur en Hct , & ^^ ^°^"^^^| 
ge, & ches voieries fx durent dufques en d.ertains l^ex. ô. ou h as ^^ 3^ ^^ ^e qu| 
tiennent dedens les termes de la voiene do™^^^^^^ 

"^^ iZ^^ no~s dit que h aucuns de Biauvoifîs ont Voerie parmi 
leur Ten-e rparmi l'autrui , tout auftint li Qoens en pluriexhex a Voerie parmi au- 
trm Te e & par^m fon Demaine, & fi eft tout cler que nus na la Juftiche en ches 
nui icrre ùc par^u lun , . r -r^^^^ que fi houme n ont ez leur, 

liex fors que il , car autrement aroit il mains en le 1 "^^ ^" , -, ^ 

& là où il a le Voeries fcur les Terres de fcs fougez, il convient bien que il en ait 
u"^ pe^wi^l^ cltre fes houmes , ou arurem^^^^ 

en dLt leurs Terres par le g--l Couftume doj^F^ Gou n. kÏ 

Z^'^I^IZ ^Z ^riÎ^^^^::^^^^^^ ' Coiie, . ont h houme. 
quant fitoft comme il iflent de leurs ^u- Icu k voie lo ^^^^ ^^ ^^^^^,^^^ ^^^^^^ ^^. 
& tous les cas qui i avienent doivent f ^n^^'^^J^PJ^;,,,, i^s Uex . mes nepourquant 
Viles durent les Vocrics, mes fort choie fcioit a dcvuci tôt . f ^ 

il font bien feu. r-Knmin. mr le Droit qucmun de Biauvoifis foient .1 

Tout foit .1 ainfllnt ^^^^1^,^ ^J^. ;!\, n ," lc%ueent eftrecier ne empirier ., 

chclui qui au chemin marchift , nepoui quant u ne 1^ i ùrcrcCcc 

car tout eft tenu dou Concc , il leur doit h Quens fcrc tenir en leur droite largefce 



Chafitre XXV. j^j 

pour le qucmun poiufit, ne li Qnçns ne doit pas fouffrir que H grant Chemin de fezc 
picdzou de plus (oient tranfporccs de lieu en autre en empirant, doncques qui chc 
vourafere il doit penre congié au Conte, & fe li Quçns voit que che foit li pouriît 
dou pais & li amandcment dou Chemin bien le puct fouffrir à tranfportcr &; fc li 
Quens vouloir fouffrir Icmpircment des Chemins , fi ne le fouffcrroit pas li Rois ain- 
chois à la Requcfte dou pais ou d'aucuns de chaux qui fen deudroiçnt , & fms' fere 
Plet ordcnc puet commander au Conte que il face tenir les Chemins de fi Terre en 
leur droite largeur. 

Se len vieut bouncr un Chemin Icn ne le doit pas fere en un lieu large & en Luirrc 
eftroit, ainchois fe doit comporter d'une Jmefme largefce , &: nepourquant fe il a 
larges places en aucuns licx que l'en apellc fres , h coume fd fxmblc que len Icffaft 
pour rcpofer ou pour pafturer,ou pour che que pour le nature dou Terrour il i a plus niau- 
vefe Voies, telcs Places il ne doivent pas eltre oftés, car che cft grant aifemcnt à tout 
leQuemUn , ainchois doivent elh-c maintenus en leur ancienne largefce fans apcti- 
cier. 

Quant len voit que un Chemin cfl: corrompus en pluricx liex & len le vieut re- 
mettre en fon droit point ou doit len penre la largelfe chcrtaine , len ne la doit pas 
penre en la largeffe dou frcz ne en loifluc des Viles,car il eft moût de liex que es oilfucs 
Acs Viles li Chemins font plus larges que ils ne doivent cftre à plain Champ pour 
laifement des Viles, fi coume pour loiffuc des Belles & pour lamendement fere & pour 
àler jouer , ainchois le doit on pcnrc loing de la Vile à plain Champ pour laifement 
de la Vile es lieus là où il apert micx par bounes anciennes qui font trouvccs,ou par dou- 
ves de Fofîes anciens qui font trouvées, & la doit on penrcle largeffe , &: fe aucuns a la- 
bouré trop avant en le largeffe duditChemin,fes Ufages ne lui doivent riens valoir pour 
che que che efbcontre le quemun pourfît, mes amande ne len doit nus demander puif^ 
qu'il ni avoir bounes qui devifaffcnt le chemin ne donnés àcs Foffes anchiens. 

Toutes Amandes qui font pour cmpirement de Chemins , fî coume pour efbouler 
Chemins ou pour fere Murs, ou Fofîes, ou Edefîces, ou Terre ofter en empirant le 
Chemin, fî font de foixante fols , & de remettre le Chemin en autel point comme il 
eftoit devant, mes de fere aucune chofe parquoi le Chemin foit amandes nus nen doit 
eftre mis en amande, ainchois en doit on b^n gré favoir à tous ceux qui Amandemenc 
i metent. 

Quant aucuns a Terre gaaignable dune part & dautre le Chemin, & li Chemins efl 
de mains de feze picdz il puet bien fere paffer fa Chameau travers dou Chemin pour 
labourer fe Terre tout aune roie, mes fî li Chemins eft de feze piedz ou de plus , &: 
il eft bounes ou il i a douves de Fofes anciens, il ne le puet pas fere que il ne chiet en 
Amande de foixante fols. 

Puifquil eft dit que nus empirement ne doit eftre fet en Chemins il eft chertaine 
chofc que chil lempire qui deftet leChauflies qui fu fcte pour le Chemin amander, 
QU qui ofte les Pierres ou les Planches qui furent mifes pour les mauvais pas , ou qui 
coupe les Arbres qui furent plantés pour les repofées & pour avoir ombre , tout foitil 
ainflint que chil qui ofte aucune de ches chofes ait la Juftiche dou Chemin , ne li 
doit pas li Souverain fouffrir , ainchois en doit lever lamande , & fere le Chemin ré- 
fère, & fe il coupa Arbres, nous nous acordons que la valeur de l'Arbre foit au Con- 
te fî que il ne les coupe pas par convoitife, & nepourquant fc h Arbre eft {zc, ou fe 
il i a Bos eftjouli, li Sires qui a le Juftiche dou Chemin les puet couper ou efrachier 
fans meftct. 

Quant un Chemins eft fi durement empirié en aucuns hex que len ne le puet pas 
tefere fans trop grant coufts, il loit au Souverain que il le face aler au plus prez dou 
lieu là ou il eftoit, & de chcle mefme largefce dont il doit eftre ,en tele manière que 
le damage foit rendus à chaux qui terre len prent pour le Chemin re:fere,&: H couft<: 
doivent eftre pris fur le quemun des Marchiffant qui le plus grant aifemer'- ^"'^ ^ou 
Chemin. 

Bien puet chil qui tient en Baronnie donner unefaufle Couftu'^" ^"fre (z^ fougez 
mi an ou deux , ou trois, félon c che que Meftier eft, n--^ amander & pour fere bons 
es Chemins qui font convenable à le quemun^^ tîou pais, &: as Marcheands eftran-^ 



JJ2 jDe ^^^^^ large fce H Chemins doi'vent efire, 

cTcrs mes à tousjours ne puet il eftablir tele Couftume nouvelle , fe che n'eft par lo- 
troi le Roy. 

Se li Seigneur des Viles qui ont le Juftichc cz Chemins voient que il foit granc 
meflicr damander les, &: li fouget ne fi vuelent acordcr pour les coufts ,il ne les doit 
pas pour che lelfier à fere amander , mais que che ne foit à couftz trop grands , ne 
trop outrageux , pour grever (es fougcz, & fi puet & doit contraindre fes fougez foient 
Genrilhoume ou houme de poote,à che que chafcuns pait des frais felonc fon avenant, 
èc l'cftimation h doit eltre fête par le fercment de bones gens efleus de par le Seigneur. 
Il avient à le fois que chil qui font afTiete pour coufts de Chemins ou d'Eghfe , 
ou d'aucun quemun pourfit , &C font aux meifme de l'afliete fe metent à mains leurs 
perfonnes que les autres, &i. che doit h Sires amefurer quant il le fait, & leur doit 
fere paier leur avenant , èc fi leur doit défendre que il ne facent trop outrageux def- 
pans ou il alficnt trop peu feur aus felonc leur cftat, & felonc che que la befougneeft 
o-rand ou petite , &: fe il font trop outrageux defpans , ou ils aflient trop peu fur aus , 
& li quemun fen plaint ou une partie dou quemun li Sire i doit mètre confcil , car 
autremant pourroient il chargicr autres pour aus alegier. 

Il eft dit deftus que l'afliete des coufts qui font fets pour le quemun pourfic , doit 
cftre alfife par le ferement de bones gens ; & che eft voires , & nepourquant fur 
Clers ne fur Gentieuz homes par noftre Couftume ne pueent il mettre aflîete, or veons 
donc coument len les contraindra à mètre leur advenant ez coufts, car nus nen doit 
eftre quite qui ait Héritage & Refîdance fur le heu. 

Il convient que li Clerc foient contraint par leur ordinaire, & li Gentil houmes 
par le Conte , en tele manière que fe il i mettent de leur volenté fouffifaument , les 
doit lefller em pes , &: fe il ne vuelent , li Quens doit mètre eftimation fur les Gen- 
ticux houme fis , & li Ofîîciaus fur les Clerz, ne che n'eft pas bon à fouffrir que li po- 
vres paient li aifement que li riches ont ez chofes quemuncs ; car plus font riches àc 
plus grant meftier leur eft que h Chemins & les chofes quemunes foient amandées. 
Se Char ou Charctes ou Sommiers, ou Gens chargiés fentrencontrent en deftroits 
de Chemins chil qui eft h mains chargés & des chofes mains perilleufes fi fe doit de- 
ftourner, fi coume fe une Charete menoit Pierre, & ele encontre une autre Cha- 
rete qui mint unTonniau de Vin, miez fe doit deftourner chele qui maine la Pierre 
que celé qui maine le Tonniau de Vin , car fe ne feroit pas fi grant damage ne fi granc 
periuz de la Pierre comme che feroit dun Tonniau de Vin , & par che qui eft dit de , 
la Pierre &: dou Vin poue vous entendre de toutes autres chofes que les mains péril- \\ 
iieufes fe doivent deftourner, &: fe chil qui les mains periUieufes conduient font fi ou- 
trageux que il ne vuelent ne ne daignent lefler leurs voies, & il uiefavient as denrées 
perilleufes par leur outrage ou par leur niceté , ou pour che que il ne fe voudrent 
pas deftourner, &: fi le peuffent bien fere fe ils voufifl'ent ils font tenus au damage 
rendre , &: feuft encore ainifint que il enflent receu aucun damage de che meifme 
que il menoient, car fe je me fais damage par ma fotie &: à autrui auflînt je ne fuis 
pas efcufcs de lautrui damage pour le mien. 

Grand pericux eftdufer mauvefement des chofes qui font trouvées es Chemins &C 
maint mal en font venu , chil en ufent mauvefement qui trueuvent aucunes cho- 
fes, & favent bien que eles ne font pas leur , ainchois les mucent ou il l'approprient 
àaux,&: che eft une manière de larrecin, tout foit-il ainfllnt que il foit une manière de 
Gens fi neghgens qui ne le cuidcntpas, ainchois cuident que che doie eftrc leur 
ineefmement quant nus ne leur demande, mes nen eft, ainchois en doivent ouvrer en 
la manière qui enfuit. 

Quant aucun trueuve en chemin aucune chofe cheue lever la puet & porter en 
apert &: fe aucun la fieut &: fet pour fieue che il en dit vraie cnfaigne rendre li 
doit, &r fe nus ne fuit la chofe trouvée cil qui la trouva doitaler à la Juftiche qui a la | 
^j^':''-^Tuftice ou lieu ou la trueve fu fête ; & li doit baihcr , & à doncques la Juftiche 
doit rerc ûi.- avi Profne , & en plain marchié que celé chofe a efté trouvée , & fe ; 
nus vient avant ^u^, jj \^ prenne à fienne , ravoir la doit, &: fe nus ne la prouve à I 
fienne , de demeure a^* c^.çj-jçu^ comme chofe efpave , & ainflint poez vous enten- ! 
iire que U trouvierrcs ni aricn^ fw ,mi qui la chofe eft ou li Sires ne len fcc aucune ; 

courcoific 



Chapitre XXV, j^^ 

courtoifie de fe volenté , & fe li trouvicircs en ufc autremant , avoir en puct honte 
& damage , & fe nus ne l'en demande rien, fi ne la puce il retenir , que il ne l'ait 
mauvaifement &: contre l'ame de lui. 

Nus ne doitpenre l'autrui chofc, ne lever que il truifl: hors de chemin quemun 
car il puce cftrc que ele i hi mifc à ciîicnt par une entencion de revenir la qucrre & 
nepourquanc len puce bien trouver aucune chofc en (i report lieu, fi coumc chofc per- 
due de lonc tans que Ion la puce lever & aporter au Seigneur fi coumc il cil: dit dclfus 
& te-i^ trucvcs qui les retient à foi , le Sire le puet fievir coumc defpave concclce* 
& veons en tel cas que l'amande doit eflre d'autant de valeur, coume la chcrfe qui fur 
trouvée , laqucle li trouvcfrcz voue retenir à foi. 

Qmconques perde le chofc & le ti'ueve en autrui main que en la ficnne par vente 
ou par garde, ou en autre manière, chil qui a fi chofe perdue, le puet demander fc 
il li pleft à chclui qui le trouva, & convient que li crouvicrrcs len relpondc,ou que 
il li rende le chofe ou le valeur, fe il ne puct la chofc ravoir, &c fe ilplcll: miex à chc- 
lui qui demande à pouifuir chclui qui a la chofc de celui qui la trouva ou d'autrui ,fî 
comme chofe reviennent de main en main fcre le puet, & cft chil qui a la chofc te- 
nus à refpondre , mes fe il le requiert, il doit avoir jour de garant de chelui qui la 
chofe lui bailla , & fe il ne le puce avoir ou li garane ne lui puee garaneir par poureté , 
ou pour autre caufe,pour che ne demeura pas que chil qui demande fe chofe ne le 
fait de chclui qui la , excepté aucuns cas , fi coume fe chil qui a la chofe l'acheta cl 
Marchié quemun, comme chil qui crcoitqueli Vendierrcs euft pouoirdu vendre,6£ 
ne congnoifi: le Vendeur , ou il eft en tel lieu que il ne le puet avoir à garant , en cel 
cas chil qui pourfuit Cx chofc que il perdit , ou qui li fu emblée, ou tolue, ne la raura 
pas fe il ne rend llirgcnt que li achetcrres en paia , car puifquc il l'achapta fans frau- 
de & en marchié , il ne doit pas recevoir le perte de fon argent pour autrui mcfFet , 
mes fe il l'avoit acheptée hors de marchié par mendre pris que la chofe ne vauroir, le 
tiers ou le moitié, & il ne pouoit trouver fon garant, h demandicrres rauroit fa chofe 
fans l'argent de la vente paier, pour che que l'en doit avoir grand prefomtion coiyctc 
chaus qui ainflint achatent. 

Encore fe aucuns a prcfté deniers fur la chofc qui fut eolue ou emblée ou perdue , 
& chil qui la chofe fut la demande à celui qui la en gage,&: chil qui prefta fur le ga- 
ge ne puee avoir fon garant de chelui qui lui bailla en gage, il ne raura pas fa chofe 
fe il ne paie l'argent qui fut prefté fus , &: che qu'il prefta fus à ufure , li demandicr- 
res ne paiera que li Chatel, éc fe il puet eftre feu , ou la Juftiche voit grande prefom- 
tion que chil qui prefta feuft ou creoit que la chofe vcnift de mauves lieu, en tel cas 
nous nous acordons que li demandicrres raie fe chofc fans paier , che qui fu prefté , 
car autremant pourroie on efchiver lachater , & feroit on le preft en enteneion que la 
chofc fi ne fcroie p^is racheptée , &: grane prefomption ferok à. chelui qui prcftcroit 
fur un Cheval à la rcquefte dun poure houme qui le merroie, &: diroie que il feroic 
fiens , & ne moncreroit nulle chereaineté, ainchois apparerreroic à fon eftaeou à le con- 
noifl'ance dou preteeur que il ne auroie pas ufés eele Marchandife, & que il ne feroit 
pas ficn , & par chece prefomption puet on encendre les autres qui pueenc avenir en 
tc\ cas. 

Couftume fi eft en moue de lieux que on fct Croix de pierre ou de fuft, ez carre- 
fours des Chemins, ou en autres liex hors des faints hex, qui font dédiée, &: la Cou- 
ftume fi eft boue pour la remembrance de noftre Seigneur jefus Chrift , qui pour no- 
ftrc Rédemption i voult foufFrir mort & Paflîon, & nepourquanc telcs Croix qui font 
aflifcs hors des licx faints ne garantiflcne pas les maufeceurs , eoue foie il ainilinc que 
il i voifent en entention d'avoir garant de leur mcfFet , car fe tels Croix pouoicnt ga- 
rantir les maufacleur li meurdriers , & li robeurs de chemins ,&:li merlif auroient trop 
grant marchié de leurs meftcts, &c en pouroicnt moue de maux eftre fets apcnfemenr, 
& feecls Croix porcoient garant, auflinc bien pourroicnc porecr garant une Croix que 
aucun pouroic porecr fur foi , & auffint pouroicnt H maufeteurs toujours eftre feu de 
leur garant par la Croix que il porteroienc fur eux. 

Entre les autres chofes que nous avens dites des Aifemens qucmuns c^c chafcuns 
doit avoir es chemins, pour aler & pour venir peflblement, eoue li Seigneurs doivent 

R 



1^4- ^^^ Mefures & des Poids, 

moût penrc garde que li Pèlerins ne foient pris ne deftourbés pour petite achoizon ' 
car chc ell mal de deftourber chaux qui font en voie de bien fere , &c fe aucun les 
reftc ou deftourbe à tort ,ou pour petite achoizon U Souverains les doit fere délivre 
&; rendre leur damage , ôc aulfint de tous autres cftrangers qui vont par les Chemins]j 

Chi define li Chapitre des Chemins &c des Trueves qui font fêtes , &: dou coi 
duit as Marcheans &: as Pèlerins, 

Chi commenche li vin^t fixiepne Chapitre de che Livre ^ liquiex parole des Mefurei 
(2r des Pois à quoi len Poife. 

CHAPITRE XXVI. 

DIt avons ou Chapitre devant chcftui dequelelargefceU Chemins doivent eflrc 
maintenu lî que li Marcheant &c\i Pèlerin &aucres gens qui en ont mcfticrs i 
puiilcnt alcr fauvement , & pour che que moût de Marcheandifcs queutent par Pois 
& par Mcfurcs ,&; efpeciaument ez chofcs qui par mefures doivent eftre livrées, nous 
parlerons en che Chapitre ci endroit des Mcfurcs &c des chofcs qui fans mefures ne 
îe pucent niarcheander , & don péril qui cft en vendre & en acheter, pour che que 
les Mefures fe diverfcfîent felonc le Coullume de chafcune Vile , Se quele Mefure cft 
gênerai felonc noftre Couftume. 

Jehans fi propofa contre Pierrc,&: difl que à P. qu'il li devoit un quartier de Bled 
quant il moloit dix mines àfonMolin,& de cinq mines demi quartier, &: coume, 
ciz demi quartier ne feuft pas fez, ainchois prcnroit P. au quartier par efme & cher- 
taine mefure ne pooit eftre fête, en telc manière requeroit il que il euft demi quartier 
chertain cl Moulin pour foi acquiter de cinq Mines. . 

A che rcfpondit P. que il avoit ufé de tousjours à penre le demi quartier av^quar- 
ticr par avis ne autremant ne le vouloit ferc,ainchois requeroit que on le teint en fon 
ufagc. 

Il fut jugic que puifque Pierre connoiflbit que Jehan li dçvoit chertaincs mefures 
de dix mines S>c de cinq mines que fcs ufagcs ne lui vauroit pas que il ne lui fift quar- 
tier & demi quartier, &c par cheft Jugement puct chafcuns entendre que toute cho(e 
qui fe doit paier par mefure doit avoir droite mefure felonc le Couftume dou lieu où 
la chofe cft deue. 



^1 



Il cft chertaine chofe que les Mefures fi ne font pas en la Contée de Clermont 
ygaus , ains fe diverfc£ent en pluriex Viles , or eft à favoir fe Jehan vent à Pierre en 
le Vile deCreeil dixMuiz de Bled rendu à Clermont à chertain jour, à quele mefure 
Pierre le recevra , ou à chelle de Creeil où le marchiés eft fez , ou à chclle de Cler- 
mont là où il le doit recevoir , mon opinion eft que il le recevra à la mefure de Cler- 
mont; nies fe Jehan euft dit au vendre , je vous vend dix Mines de Bled conduis à 
Clermont , je diftc que il les deuft livrer à Clermont à la mefure de Creeil ou le Mar- 
ché fu fez ; car par le mot de conduire il fcmble que il foit tenu au mener. 

Qiuconques mefure à flxuflc Mefure & en eft attains , le Mefure fî doit eftre arfc 
& h damages rendus à tous chaus qui pourront monftrcr que il laient eu par le Me- 
fure , & fi eft à foixante fols damande envers le Seigneur , fil eft Hons de Pootc , &: 
fil eft Gentixhons lamande cft de foixante hvres: Chafcuns par noftre Couftume puet 
avoir Mefure , mes que elle foit juftc felonc le Couftume dou heu où il en voura \ 
ufer.. 

Il eft dit que chafcuns puet avoir jufte Mefure felonc le lieu où il en voura ufer , 
mes che eft à entendre que len ne doit pas ufer en damajant les Marchiés ufes & ac- 
couftumez de long tans , chcft à dire que nus ne puet ne ne doit fere nouvel Mar- 
chié, mes pour fon ufer &: pour mefurer che qui eft creu en Ion Hiretage , & pour 
vendre puet chafcuns mefurer en fx Mefon fins fere eftable de nouviau lieu , Se qui 
veut avoir chertaine Mefure Se ofter foi de péril , fi flice fa Mefure faignier au Scino- 
le Conte , & adonqucs poura mefurer fans péril. 

Mclurc de tous grains fi cft par toute le Contée que il aenMui douze Mines , mes 



Chapitre XXV h 13} 

les Mines font en un lieu plus grans que en un auti?c,&: pour che qui vent &: acha- 
te il doit bien regarder en quel lieu &: à quelc Mcfure il fait foa Marchié que il ne 
roitdeceus parles Mefures. 

Mcfures de Vins ne font pas omnies , nepourquant on conte un Mui pour vingt- 
quatre Septiers , mes li Sctier ne font pas tuit aulîi grant li un coume lautrc, ainchoia 
a moût de Viles eu le Contée qui prennent & mefurent leurs Vin à Gaugc,&: àlc Me- 
fure de Chaftenoi', &: de teles Viles i a qui le prennent à le Mcfure de Clcrmont , 
& fe i a de teles Viles qui ne le prennent ne à Clcrmont ne ailleurs, ainchois ont chcr- 
taines Mefures acouftumés de long tans , & il eft bien rczons que Icn tienne chaf. 
cune Ville en l'Ufagc de tcle Mcfure comme elle a accouftun-ie,mccfmcmcnt quant 
li Ufaicres napetice d^e riens le Droit le Scigneur,car en moût de cas ne vaut ncns Ufa- 
ge contre Seigneur, fi comme vous orrcs cl Chapitre qui cnfeigne Icfquicx Ulagcs va- 
lent & quiex non. 

Les Mefures de Terre fi ne font pas omnies ne que chelc du Grain,&: nepourquant 
communément là où la Mcfure dou Grain cil pente , le Mcfure de Terre eft pente, 
& là où la Mcfure de Grain eft grant la Mcfure de Terre eft grant -, fi que il Icmblc 
merveille bien que len fit anciennement la Mcfure de Terre felonc le Mcfure dou 
Grain. Car auffint comme len conte douze Mines de Bled pour un Mui de Bled en 
chacune Vile de le Contée, tout auffint en chacune Vile len conte douze Mmes de 
Terre pour un Mui de Terre, & fi voit on clerement que en chafcune Vile peu len 
faut leu feme une Mine de Terre de une Mme de Bled; car à Clermont la Mme de 
Terre eft de foixante Verges, de vingt cinq piedz le Verge, & fi la feme len dune Mi- 
ne de Bled à la Mcfure de Clermont, &: aRcmin le Mcfure de Terre a quatre vingt 
Verges de vingt deux piedz en plaine Paume le Verge, & fc la feme len dune Mme 
de Bled à le Mcfure de Remm , & U Muis de Bled de Rcmin fet a Clcrmont quator- 
ze Mmes & demie , fi que che eft auquez felonc lavenant à che que la Mclure de 
Remin eft plus grande que chcle de Clcrmont,&: tout ainffint comme 3e vous ay dit 
de ces deux Viles que le Mcfure de le Terre fuit celé dou Bled , tout amflmt es au- 
tres Viles leMefure de che Terre fuit celé dou Bled. r r r 

Bois , Vignes, Aulnois , Jardins , Prez quemunement fi ne fe melurent pas fe- 
lonc le mefure des Terres par mineez, ainchois fe mefurent par Arpens , liquel Ar- 
pent fe mefure felonc le Couftume en deux manières , le première manière fi eft que 
len tient pour un Arpent cent Verges en autel Verge , coume il queurt ou heu a me- 
furer les Terres gaaignables , û que il eft en aucun liez que le Verge na que vingt piez 
& en tex liex i a plSs , & en tcx liex i a meins , fi que cent Verges a la verge dou heu 
font contée pour un Arpent , & l'autre manière d'Arpent fi eft 1 Arpent hquiex con- 
tient cent Verges, de vingt cinq piedz le Verge, & che eft h drois Arpent le Roy . 
& à tel Arpent deuft on mefurer tous les Hiretages defllis dits qm par Arpent fe me- 
furent, mes les acouftumances de lonc tans le corompent en pluricx hex , fi que il 
convient garder en tex mefures le Couftume de chacun heu. 

Quant aucun fi doit livrer à autrui Hiretage par mefure dufques a chcrtain nombre 
de mefures , par vente ou par don, ou par aUtre titre , il le doit livrer a la mefure 
dou heu là oul'Hiretagefiet,qui doit cftre mefures, tout foit che que h marchies 
ou le convenanche fcuîl fête en tel heu ou la Mefure courroit glus grant ou plus 
petite, & nepourquant ele eft raportée à la Mefure du lieu la ou l Hiretage fiet e 
Convenance ne l? toit ; car fe len convenanche à fcrc greigrieur mefure que le Cou- 
ftume dou lieu ne donne, le Couftume ne toit pas que len ne doiç aemphr la conve- 
nance foc. /- • r-m^m 

Se il avenoit que il convenift mefurer aucun Hiretage douquel nus ne (croit rcmem- 
brans que il 1 euft oncquc efté mefures, len doit penre garde à la Couftume des plus 
procheins Hiretage qui ont efté mefures, & fi l'Hiretage fiet en marchic fi que len a 
uzé en lun des coftes à mefurer à l'Arpent de cent Verges de vingt^ cinq picdz a 
Verge-, &: à l'autre cofté à plus petit Arpent lert doit penre le mcfure a la pius grant 
Verae car de eft fête & eftablie par le Souverain , ne les autres melures ne lont ve- 
nues fors que par acouftumanche , & par fouffranche de Seigneurs , qm ont bailhe 
leur Hiretage à Cens ou àRentcs anciennement, &: les livrèrent p.r convcnancesa 



J3^ ^^s Mefures & des Poids. 

leurs tenans à plus petite mefurc que li Souverain n'avoit eftablic, & li tenant ont 
ufe depuis à livrer a tele mefure comme clés leur cftoicnt livrées des Seigneurs &: 
par che cil le droite mefurc du Souverain corompue en pluricx lieux , ci coume il cft 
dit de/lus. 

Il loit à chacun Seigneur qui a Juflichc & Scignourie en fa Terreà faire aardcr iu 
llcmcnt teles mefures coume len a ufé de long tans , foit en grein foit en liqtieur foit 
en H,retage&: quiconque lapctice fe il cft hons de poote lamande cft de foixante 
lolz ne croiltrc ne le puet il, mes fe il fet grcigneur mefure que droit, & il cft clcre 
choie que ri vende plus à celle mefure que il ne acheté Ion li doit ardoir fa mefurc 
mes il ne doit pas eflre trais en amande, car len puet veoir apertcment que il ne le 
tailoit pas par malice, ainchois i pcrdoit , mes fc il avoit deux mefures , l'une trop 
grant & l'autre trop pente, & il achetoit quemunementàle grant, &: vendoit qucmu 
nement a le petite, en tel cas l'amande fi fcroit en la volcnté dou Scianeur. 

En aucunes Viles cil il que nus ne puet avoir Mefures à grain fe^'ele ncft feiariéc 
au Seigneur, & le il font Mefures qui ne foient feigniées, & .1 vendent ou achètent 
ez Viles ou chctte Couftume queurt, il chient en l'amande dou Seigneur & cft Y i 
mande de foixante folz, &c chctte Couftume cft generaument en toutes les Viles ou 
Marchie queurt. 

Len fift entendant à P. qui Sires cftoit d'une Vile que il i avoit aucuns Tavcrnicis 
qm mefuroicnt leur Vm a trop petite mefure, P. ala par les Tavernes , & pnft les 
Pos afquiez il mefuroieftc & entre les autres il i eut un Tavernier que li toft coume 
il vit que P aloit par les Tavernes , & que il prenoit les mefures il prift les fiennes mc- 
lures & les delpeca, fi que quant P. i veni, il ni trouva que les deiîous des Mefures 
qui eftoient depecies, P. demanda au Tavernier pourquoi il avoit che fet & H Ta 
vermer refpondi pour che que il h plaifoit, ne autre rezon nen vout rendre car il n'a- 
voir point de bone rezon de defpecier les cl point que fcs Sires les qucroit P prift le 
Tavernier & le mift en pnfon , & fift jufter toutes les Mefures que il avoit' prinfcs cz 
autres Tavernes , & cheles que il trouva bones & juftcs , il les rcndi fans damaae & 
cheles que jl trouva petites, il contraint les Tavcrmcrs qui i vcndoicnt à che "que il 
lui feuft amandes, & de chelui qui brifa fes Mefures , il voult qu'il h amendaft pour 
che que il les avoit bnfiees & que par le brifeure il feuft ataint du meftet de mefurcr 
a petitemefurc , car il aparoit & fembloit par clerc préemption que il avoit bnûés 
les Mefures quant il fceut la Venue de fon Seigneur pour che que il les fcntoit à mau- 
vêles. 

A che refpondoit li Tavernier que il ne vouloir pas cftre tenus à ferc amande car 
ilh afteroit bien a defpecier Ces Pots à fa volenté meefmemcnt quant nulc defcnce 
neleneftoit fetc, neilneftoit pas clerc chofe ne prouvée que les Mefures feufl'enc 
mauvefes ne trop petites , parquoi il ne vouloir pas cftre attainc dou mefFet & fur 
che fe miftrcnt en droit. ' 

Il fut jugié que h Taverniers feroit en amande envers Pierre auffint arant amande 
coume fe fes Mefures cuftbnt efté trop petites , chcft à dire de foixante fols car pre- 
fontion eftoit fi clerc de fon meffet que il ne doit pas gaaignier en fon mahce , mes 
le il cuit defpecies Ces mefures avant que il feuft nule Mention que h Sircs les qmft il 
nen deuft eftrc trais en nul damage , & par cel Jugement puet on entendre que len 
condempne bien en Jugement par clerc prefontion en amande , de lequele on ne puet 
perdre que lavoir,, car en cas où il i a péril de cors neft pas li cors condempnés par 
preiontion , ainchois convient que le chofe parquoi il eft condempués II foit trouvée 
clere &: aperte , nepourquant len puet bien trouver tant de prcfontions en cas de cric- 
me que h cors a dcfervi à tenir en Prifonà toufiours fans iflir, fi coume il eft dit ou 
Chapitre qui parole des Tefmoins & de Pruevcs. 

Par che que nous avons dit des Mefures des Terres & des chofes qui à Mefurc doi- 
vent cftre livrées puet on entendre des chofes qui font livrées à Pois , mes il na pas ; 
tant de difterance es Pois coume il a es Mefures , car des ne fc changent pas en tant ' 
de licx , & nepourqu?nt des fe changent, car li pois cft plus grant en une bone Vile 
que en une autre fi doit len pefer en chacune Vile au pois qui cft acouftumé de lonc 
tans, car qui fcroïc pris pcfanc à mcmre pois que à chelui qui fcroit cftabU ou lieu ou 



Chafitre XXVll, j^ 

îl fcrolt punis coumc cliil qui feroit pris mefurant à faufTc mefurc & aufilnt fcro.r 
ch.l quifcroicpns aunanca trop pence aune; car auiTuK coume les niuics droites on 
ineftieràmeau-erksBIcds&Ies Avo.nes & les autres Grains , auflln; "k nXr 
Setier & les Quartees a mcfurer les Liqueurs, fi coume Vins & Huiles & M.cl V nnf 
iînt les Aunes aauner les Draps &r les Toiles, & les Verges à mefurer les HucMcrrV 
& lesToifesa mefurer les Ouvrages, & les Pois i pefer les Laines & cous les avoir.' 
cicpois,&: tout foit chc que couces ches Mefures dellus dices ne fc entrcfemblenc oas 
&:nepourquanc qui meftcc en aucunes de fes Mefures, il eft auflînc punis pour lune 
coume pour aucre car aucanc mefFec chil qui livre fon Drap à crop pence aune cou- 
me chil qui livre fon Bled a trop pente mine, &: aulTint puct Icn entendre des' Pois 
& des autres Mefures. 

Clii defîne li Chapitre des Mefures & des Pois, 



o 



Qhï commenche li vingt feptiefme Chapitre de che Livre , liquel parole des Values 

qui peuvent venir as Seigneurs de ce que l'en tient dans , & fi parole 

de pris de Hiretages. 

CHAPITRE XXVn. 

R cft bon aprez clie que nous avons parlé que li Seigneur doivent fere tarder 
les Mefures felonc les Couftumes des lieus que nous parlons en che Chapitre 
ici après des efploits qui puecnt venir as Seigneurs par rezon d'Hireta^e qui hm te 
, nus daus en Ficf & en Vilenage , & fi parlerons dou pns de Hirctagcs quiex il doit 
, eltre quant il convient que il vicngne en pris felonc le Couftumc de' Biauvoilins Ci 
\ que h Seigneurs fachenc queles Redevances il doivent demander à leurs tenans ' & 
iquch tenans fâchent queles Redevances il doivent à leurs Seicrneurs & quel' pris 
id'Hiretage doit eftre quant il en cft meftiers, ^ > ^ V 

Quant Fief efchiet à Hoirs qui font de coftc il i a rachat , & li rachat fi cft de tant 
coume il vaut un an & li Sues qui loiaument le vient penre doit regarder combien le 
Fief puet valoir en trois ans , & puis penre pour fon rachat le tierche partie car il 
avient fouvent que unFief gift en Terres gaaingnables lefqueles font toutes à une roie 
ou le grcigncur partie,fi que le greigneur valeur fi neft que une fois en trois ans cheft 
a favoir lannee que le greigneur roie porte Bled, & fe h Fief cfcheoit en chclle 'année 
que h Fief cft de graigneur valeur , il ne leroit pas refon que li Sire emportaftchel- 
le annee,& auffint fc le Fief efchiet el tans que les Terres font vuides,il ne feroit pas 
irelon que li Sire fen teinft à paie , & pour che doic on regarder che que les Terres 
doivent valoir par loial pris en trois ans , & penre le tierche partie , fi coume i'ai dit 
cellus. ^ 

Qjant Fief efchiet liquel Fief fiet es Bois, fe li Bois eft foubz laagc de fept ans 
il neû pas refons que li Sire attende tant que li Bois foit aagics, ne il neft pas refons 
que il coupe le Bois defl"ous laage de fept ans, doncques convient il que il foit reaar- 
de que chacun Arpent vault par loial pris par an , & de tant coume le pris duneV 
nec le monte h Hoir à qui h Fiez eft efcheu doit finer au Seigneur pour le rachat, & 
le II Bois eltoit de fept ans ou de plus , ja pour che h pns nen doit eftre graindiez, car 
le h Sire emportoit pour fon rachat le pns des defpcuilles dou Bois aasié h Hoir 
ni prenroient nens devant fept ans entiers fe il ne le coupoient foubz aaa? &c ainf- 
lint leroicnt li Hoir durement damagicz. a y 

En Fief qm vient à hoir en defcendant de Perc & de Mère , de Aiol ou de Aiole 
ou de plus haut degré, mes que il viengne en defcendant, na point de rachat,fors ez 
f '.f'>^ ™^^'c Ficfs mouvans de Bules & de Conti, mes en quelque manière que 
icii jrieh de Bules &: de Conn viennent de main en autre, foit en defcendant ou de 
cichcoite, ou par efchange, ou par don, ou par lais il i a rachat. 

-Li aucuns dient que quant efchange eft fet de Fief à autre fans nule foute d'ar- 
gent que il m a point de rachat, &: il dient voir, quant li Sire veut fouffrir Icfchange 
lans débat, mes il n'eft pas tenu à changer fon houme pour autre fe il nehpleft fans 



j3 S Des 'Valeurs qm peuvent venir as Seigneurs , &c. 

rachat, doncques convient il que li Efchange fe fafce par le gré dou Seigneur; & 
en puet penre li Sires felonc la valeur d'un an pour fouffnr l'Efchange , ou h Efchan- 
ge ne fc fera pas , nepourquant quant li Sircs voit que il puet avou" houme douquel 
S fe puill auffint bien aidicr, comme de cheh que il avoit, il doit fouffrir l'Efchange , 
&C nepourquant il ne le fouftcrra pas fe il ne h plet. j -, ■ 

Quant Hiretage cil donnés fe il eft de Fief, il i aura rachat &: fe il eft de vilenai- 
«re, il ni a fors que fezine, lefqucles fefines font divexfes , car il i a tex Viles la ou 
Fen ne doit que deux deniers de fcfme , & teles ou Icn doit trois deniers , & teles ou 
len doit quatre deniers de gans, &: douze deniers de Vin, àc teles Viles i a en l'une 
plus & en l'autre mems , &: pour che en cas de fezine il convient garder la Couftume 
de chafcune Vile , &: je croi que tez Gouftumes qui font diverfcs &: qui ne fuient le 
Couftume du Chaftel de Clcrmont ne vindrent fors par la Couftume que H houmes 
firent anciennement feur leurs fougez , &c nepourquant len les doit tenir en ccte Cou- 
ftume quant ele eft maintenue de filonc tans , a^ meefmement quant li tenant lonn 
fouftcrtc fans débat. 

Quant Hiretages eft vendus fe il eft de Fief, li Sires a le quint denier dou pris de 
le vente , cheft à favoir de cent fols , vingt fols ; de dix livres , quarante fols , &: dou 
plus plus , dou meins meins , & quant le vente eft fête de Hiretage qui eft tenu en 
Vilenage h Sires a le douficfme denier de le vente , cheft à entendre de douze livres 
vingt fols , &: de vingt quatre livres quarante fols , &c du plus plus & du meins meins. 
Quant Hiretage eft vendus fc il eft de Fief ou de Vilenage h Vendierres &: li 
Achetierres fe pueent bien fe il leur pleft de leur commun arfentement repentir , a- 
vant que fezine de Seigneur foitfete, car aprez fezine fctene puet h Vendierres revenir 
à l'Hiretage , fe che neft par nouvelle vente. 

Se il avient que Hiretage foit vendus , & le vente creantée à tenir , &: li Vendier- 
res fe repent fi que il vient que marchiés foit nus , il ne puet fere le marchié nul , fe 
che neft par la lacort de lachepteur , ainchois le puet li Achetierres fere contraindre 
que il fe defefifle coume de vente par le Seigneur de qui l'Hiretage muet , tout foit 
che que h Vendierres foit couchant &c levant foubz autre Seigneur. 

Pierre fi propofa contre Jean par devant le Seigneur de qui chil Jean tenoit Hire- 
tat^e que il h avoit cel Hiretage vendu par chertain pris d'argent , &: coume il fcuft 
prez de l'argent paier , il requeroit que ledit Jean feuft contraint à che que il fe àcC- 
faifift de l'Hiretage. 

A che refpondi Jean que il ncftoit pas tenus à refpondre par devant le Seigneufi 
de qui il tenoit cel Hiretage pour che que il eftoit couchant &: levant defoubz autre 
Seio-ncur , &; par le Couftume gênerai h Sires dcftbus qui len eft couchans & levans 
doit avoir la connoiflance des convenances, èc des Muebles & des Chatiex, fon cou- 
chans & fon levant, & coume P. ne le fuit que de convcnanche,il neftoitpas tenus 
à refpondre ileques , & P. difoit que fi eftoit pour che que la convenance dépandoit 
de l'Hiretage , & feur che fe miftrent en droit. 

Il fu jugié que Jean refpondroit en la Court du Seigneur de qui l'Hiretage mou- 
voir, pour che que la convenanchc dcpendoit de l'Hiretage, car fe la convenanchc 
feuft conneue ou prouvée par devant le Seigneur deftbus qui le Vendierres eftoic 
couchans & levans ne puet il mètre la chofe à exécution , puifque la chofe ne feuft 
tenue de li , &C teles manières de convenances len les apele reelcs , &: en convient ref- 
pondre devant le Seigneur de qui les chofes muevent dont li Pies eft. 

Auffint comme li.Achetierres n'cft pas tenus à clamer quite fc il ne li plcft le 
marchié qui h eft convenanciés , auflînt li Vendierres ne clamera pas quite l'Ache- 
teur fe il ne veut, mes fe il le veut fievir de convenanchc il le doit ficvir devant le 
Seigneur deflbubz qui il eft couchans &c levans. 

Droit pris de Hiretage felonc le Couftume qucmune en la Contée de Clermont 
fi eft le Muiz de Terre foixante fols par an , quant la Terre eft telc que len trucvc 
qui le labeure à moitié , &: fe ele eft meilleur que moitoicric li pris de foixante fols 
doit croiftix felonc le plus , & fe ele eft poieur que moitoicric len doit abatte dou pris 
de foixante fols felonc che que ele vaut mains , &• li Muis moitoiers que nous cn- 
tcadons qui vaut de foixante fols , cUe eft à 1a mcfurc en laquelc il a douze Mine? 



chapitre XXV II, j^p 

cl Mufz &rquati-e vingts Verges de vingt piedz le Verge , mes les mefures des Ter- 
res ic divcrfcfîent poi fen faut en chafcunc Vile , & pour chc doit on recrardcr Icf- 
qucles font graindics & Icfqucles font meindrc, & le valeur dou Tcrrouer &: le char- 
ge que les Terres doivent , & felonc che que eles valent mains de moitoierie ou plus 
de moitoierie doit prilîer , il coume il cil: dit delîus , & de la diverlité des Mefures 
poues vous veoir plainement fe vous vcles regarder ou Chapitre des Mefures. 

Li Arpent de Bois felonc droit pris cft prifié dix fols l'Arpent, mes len doit reo-ar- 
der le ficge du Bois & la valeur que il vaut quant il vient à coupe & de qucle reve- 
nue il cft & coument il cft tenus, & felonc che que len void meilleur de pris quemun 
par deffus le charge que il alen^^oit le prix dé dix fols hauffier, & fe len voit que il 
vaille meins par mauves Terrouer ou par mauvefe vente ou par mauvefc revenue, l'ca 
puet &: doit rabcifllcr dou pris. 

Voirs eft que un Bos tant coume 11 tient à racine eft Hiretage , & fi toftcoumc il 
cft coupe chc cft Mucblc, & che ai je veu aprouver par Jugement en la manière qui 
en ficut. 

Un Chevaliers fu &: fîft en fa derraine volenté le partie de fes Enfans ,li un de fcs 
Enfans li ot Çc partie en Hiretage de Bois, liquex eftoit aagies découper & eftoit ven- 
dus au vivant dou Chevalier &: bone fcurté prife de largent , &: el point que li Cheva- 
liers mourut,! 1 Marchant avoit ja une partie duBoscoupé & lautre partie eftoit à cou- 
per, & li Chevaliers en fon Teftament ordcna & devifa que len prift les Devis de fon 
Teftament fur fes Muebles parle main de fes Exécuteurs, & quant il fu mors hHoirs 
qui avoit le Bois en fe partie dcfendi le Bois à couper dufques à tant que bone fcur- 
té li feuft fetc dou Bois qui eftoit à couper felonc le Vente que fes Perc avoit fetc. 

Contre che difoient li Exécuteurs dou Père que li Marchnt ni eftoit pas tenu ne 
que il ne devoit riens avoir en che que fes Père avoit vendu par deux rezons fi cou- 
me il difoient ; la première rezon fi eft, pour che que defpeuille de Bois puifque ele 
cft en aage de couper eftoit Mueble , &: li Muebles npartenoicnt à aux & le dcvoicnt 
avoir par le rezon de lexccution dou Perc ; & le féconde rezon pour che que fe li 
Père à fon vivant avoit le chofe vendue & bone fcurté fetc & prinfe , parquoi il apa- 
roit clerement que che qui eftoit tourné en dete apartcnoit à aus par rezon de Mue- 
ble , & feur che fc miftrent en droit , à favoir fe la dete du Bos à couper demouroit 
as Exécuteurs par les rezons deflus dites , ou fc h Hoirs emporteroit de le Vente le 
Père felonc che qui li avoit à couper de Bos cl tans de fa m.ort , coume fon Hi- 
retage. 

Il fu jugié que li Exécuteurs n'auroient rien en le Vente dou Bos qui eftoit à cou- 
per el tans de le mort dou Père , ainchois lemporreroit li Hoirs coume fon Hiretage ^ 
& par ccl Jugement il fu regardé combien il i avoit de Bois coupé & combien à cou- 
per el tans que liPere mourut, &: fueftimation fête fur lun & fur lautre felonc le ven- 
te dou Père & emportèrent li Exécuteurs del deté felonc che que il i avoit du Bois 
coupé & h Hoir emporta le remanant , &: par cel Jugement apert il clerement que Bos 
tant comme il tient à racine eft Hiretage. 

Le pris des Vignes felonc noftre Couftumc fi eft l'Arpent quarante fols , mes chc 
font cheles qui font moitoi ères ou que len feroit volentiers à moitié à Hiretage, &: 
fe eles font de menre valeur len doit rabatte dou prix felonc che que eles valent mains. 

Prifie de Près felonc noftre Couftume fc eft l'Arpent vingt fols , mes che eft à en- 
tendre quant il font bons &: bien tenant & en bon lieu , &; fe il valent mains felonc 
les licx là où ils fieent on doit rabaiflîer dou pris , & generaument li hex fc diverfe- 
fient fi de valeur , que à peine puet on fere nul prifie fors en regarder combien len 
pourroit avoir de chafcune pièce de Hiretage à tousjours , &: les frais de l'Hiretage 

tbatus li Hiretage doit eftre prifiés tant coume il vault de remanant par defleur che 
le il eft chargié. 
Droiél pris de Rentes à le mefure de Clermont fi cheft bled moitoiens,li muiz eft 
prifié vingt fols à pris de terre, & pour Fourment vingt cinq fols , &: Segle pur quin- 
ze fols , & Aveine quinze fois; &fe la mefure eft plus grant que à Clermont, fi cou- 
me ele eft en aucunes Viles, len doit croiftre le pris : Chapons de Rente , chafcun 
Chapon eft prifié fix deniers , &: la Geline quatre deniers. 



i^o 'T>es Values qui fewvem 'venir as Seigneurs, &c. 

Le pris de deniers de Rente fî eft tex que fe deniers font deuz de rente en gros, fi 
coume fcurccns qui ne puet valoir fors le nombre dargcnt que len paie ehafcun an, 
itel pris d'argent ne croifl; ne n'apetice , ainchois eft prifiés tant comme il vaut par 
an tant feulement, mes il i a une autre manière de Rente de deniers que len appelé 
menus Cens , fî coume il avient que len tient de fon Seigneur un Arpent de Vigne 
qui vaut quarcnte fois de rente , a un denier de Cens , ou a fîx deniers , ou a douze 
deniers de Cens , ou a plus ou a meins , ou autres Hiretages que len tient à Cens dar- 
gcnt, tele manière de Cens quant fe vient à prifie doit doupler pour le Juftiche , & 
pour les Ventes qui puccnc avenir as Seigneurs par le refon de tcx Cenfive , chcft à 
entendre que fe aucuns a dix livres en autel Rente^ & il vient en prifie de terre les 
dix livres feront prifées vingt livres , & combien que il i ait de tel Cens foit poi ou 
anques len doit toujours pcnre le double à prifie de terre. 

Qui vient prifîer Edelîce fi coume Mcfons ou Prefîbuers , ou Moulins , il doit re- 
garder le lieu ou li Edefîce eft, & en quel point il eft , & combien len en pouroit a- 
voir à toujours par deffeur les Coufts que li Edefîce coufte à retenir el point que il eft 
quant le prifie efl fct, car en toutes chofes qui font contées pour Hiretage li coufts 
doivent eftre aabatus quant il viennent à priftes, car pris d'Hiretage fi eft à entendre 
che que li Hiietage vaut par an &: à durer à tousjours par defTcur les coufts &: les 
mifcs rabatues que il convient mètre pour les Hiretages maintenir bc retenir. 

Pris de Courtiex & Daulnois , & de Jardins , fi doit eftre felonc les liex là ou ils 
fient tant coume ils puecnt valoir par an à tousjours , & par deffeur les Rentes que tex 
Jicx doivent ne en tcx manières de Hiretages n'a point de pris qucmun, car les va- 
luez ne font pas onnies , &: à peine en trueve len nus femblable que li uns ne vaille 
micx de l'autre , &: pour che convient il tcx Hiretages prifier felonc le valeur. 

Vivier & Sauvoer, & Foffes ou PoifTons fe pueent nourir & frutefîer quant il 
vienent à prifie len doit regarder quant on les pefches de trois ans en trois ans , com- 
bien il valent par defleur les coufts &c les mifes, &: le Garde & les Cloftures,& puis 
doit on mètre en prifie le tierche partie dou Remenant. 

Fours quant il viennent en prifie doit eftre prifie en le manière que nous difmes 
defTus des Edeficcs , car che eft edefiées & bien doit len pendre garde quant len 
prife Fours ou Moulins, ou Preflouers, &: fe il a nuls benniers , ou fe len i vient de 
Volenté, ou fi li voifiiis pueent fere tex Edifices prcz parquoi chil vaillent meins , cat 
il n'cft pas rcfon que len prife tant un Hiretage tel quant len i vient fors de volenté, k • 
ou quant il pueent eftre grevé par fet aparant, coume quant len voit que il ne pueent V 
eftre grevez. 

Corveez de Rentes doivent eftre prifiées chacune journée à deux Chevaux deux ' 
fols par an , & à un Cheval douze deniers, & fe le corvée eft de doumefans Cheval 
quatre deniers , fî coume il eft en pluriex la courvée de loume efl prifiée chacune 
quatre deniers par an. 

Pluriex Hiretages font dont pourfiz pueent venir as Seigneurs, &: nepourquant il 
ne chient pas en prifie de terre , fî coume Juftices Ventes de Fief, houmages qui font 
tenus en Arrière Fief, car Juftice fi coufte moût fouvcnt à garder & à maintenir plus 
que ele ne vaut, & ventes de Fief fi ne aviennent pas fouvent, fî que nus ni fait mè- 
tre pris & houmages qui font tenus en Arrière Fief ne font nule redevance , fors à 
leur Seigneur de quil tiennent nus à nu , &: doncques ne doivent il cheoir à nul pri- 
fie d'Hiretage au Seigneur de qui leur Sire tient, tout foit che qu'il puift aprochier 
& revenir à eftre tenus nu à nu du Seigneur de qui il eftoit tenus en Arrière Fief par 
moût de refons qui font dites el Chapitre qui enfaigne coument li Fiefs pueent alan- 
gier &r aprochier de leurs Seigneur par Couftume. 

Rentes de Vilcnages , coume de ceux à Champart pueent bien cheoir en pris ^ 
Terre, car len puet bien veoir quant aucun a pluriex teneures à Champart, combien 
il i en vient en dix ans ou en douze , & puis doit on mètre cftimation feur chafcune 
■année, felonc ce que len voit que il valent en dix ans ou en douze, & fe il eft en 
aucuns Hiretage dequoi nous naions pas fet mention par che qui eft dit felonc la va- 
leur de l'Hiretage len doit fcrc le prix , &; tousjours les Coufts 6c les mifcs qui font 
auis ez Héritages rabatus. 



j Chafitre XXVI 11. j^r 

Droit pris de Vins de Rentes felonc le Couftumcdoit eftrc prifiés en trois maniè- 
res de Vins, cheftà favoir Vin Fourmcntcl , Vin de MoreiUons &: Vni de Gros Noirs. 
Le Vin de Fourmentel à le Mefure deCIermont doit eftre priilé chafcun Mui douze 
fols de Rente , & le Vin de MoreiUons chafcun Mui neuf fols de Rente chafcun an 
|& li Vin de Gros Noirs ou de Goix, chafcun Mui fix fols de Rente. 
I Travers, Tonlieux &: autres Hirctagcs qui chafcun an montent &: abbaiffcnc, ne 
pueent eftre prifiés fors par eftimation , &: à l'eftimation faire Icn doit regarder com- 
bien Icn auroit à Ferme dufques à dix ans par defleur les Courts , & puis penre le di- 
xiefme partie pour le pris dune année , ne autrcmant len ne puet ferc chertain 
pris. 

Il avient que un Gentixhons devoit &: neftoit pas acfié de paier fors que par le Ven- 
te de fon Hiretagc,il faccorda entre lui & fcs Detteur que li Detteur auroicnt del'Hi- 
retage audit Efcuier par le pris que li Houmes de Clermont i mettroient par Jugement, 
&: le chofc aportée par devant les Houmes ils regardèrent par Jugement que len pri- 
feroit l'Hiretage felonc le droit pris que Couftume donne , ainiîint coume U eft chî 
deiîus en ceft Chapitre meifme, &: le pris fet len bauroit as Detteurs vingt fondées: 
de Terre pour dix livres, en tele manière que li Vcndicrres paieroit les Ventes , &: 
mettroit les Achatcurs ez Houmagcs des Seigneurs, &: par celui Jugement puet lea 
veoir que quant Hiretage vient à priGe pour Vente ou pour autre chofcs les vingc 
fondées font prifiés dix livres en deniers , auffint bien coume les vingt fondées de 
Fief font prifiés dix livres , Hiretage qui font tenus en Vilenages quant il viennent 
en prifie pour Vente , les vingt fondées doivent eftre prifiés douze livres , car li Fief 
doit eftre mains prifié pour les Services & les autres Redevances que len en doit as 
Seigneurs liquel Services font gries fi coume vous orrésel Chapitre après cheftui. 

Chi defîne li Chapitre des Values , & qui pueent venir as Serjans, &: quicx pris 
doivent eftre mis en Hiretages. 

Chi commenche li 'vingt huiûiejme Chapitre de che Linjre ^ qui enjaigne coument 
lendoit feri}ir fon Seigneur de E^OHcins dejerviche par reijon de J^ief. 

CHAPITRE XXVIII. 

CH I L qui eft femons de Roucin de Serviche felonc le Couftume de BiauvoifinS' 
à droit jour de quinzaine ou de plus, ne doit pas contremander , mes effoniec 
puet une fois fe il a Eftbine. Or veons coument il doit fervir que fes Sires ne le puift 
tourner en nule defaute , car che eft la querele qui queure en le Contée , dont li pou- 
res Gentil houme font plus grevé par leurs Seigneurs pour che que chertaine eftima- 
tion n'eft pas fête par Jugement quiex Roucins il doivent, & de quel pris, & pour che 
vueil je monftrer une voie par laquele chil qui font femons en tel cas fe puiflenc dé- 
fendre & oftirir aflcz à leur Seigneur. 

Il eft chertaine chofe que tuit chil qui tiennent de Fief en le Contée de Glermont,doi- 
ventàleur Seigneurs pour chafcun Fief un Roucin de ferviche fe li Seigneurs les vue- 
leritpenre,mesfe je tieng d'aucun Seigneur &: il me fueffre que je ne fervepas tant que 
che que je tieng de lui va d'une main en autre main le Sires ne me le puet puis demander, 
car je ni fui mes fcs hons , parquoi je ne lui doi point de ferviche, ne il ne le puet de- 
mander à cheli qui eft fes hons de la chofe que je tenoie pour caufe de moi mes 
pour foi par le rezon de fon houmage, le puet il bien avoir fe il vient. 

Se je fui femons pour paier Roucin de ferviche, je doi au jour de la femonce me- 
ner Roucin fain de tous membres , & offrir loi à Monfeigneur , & dire en telc maniè- 
re: Sire, femons m'avez de Roucin de ferviche, vez chi un Roucin que je vous offre 
fain de tous membres , fi vous requiert que vous le preigniez , 8c fe à ne vous plefta; 
pcnre donnez moi jour foufïifant , & je vous amerray autre , doncques fe il ne :li plec 
à penre , il me doit donner jour de amener autre à quinze jours , &: ainffint me puec 
fere par trois fois fe il li pleft, & quant je U merrai Roucin le tierche fois je doi offrir 
& le Roucin Se Deniers , &: dire en tele manière : Sire , femons m'avez de Roucin 

S 



1^2 Des Rouans de Service. 

de fcrviche, amené vous en ai un, deux ^ & vcz chi le tiers quiefl: fain de tous mem- 
bres, fi vous requiert que vous le preignics, &: fc le Roucin ne vous pleft , je vous 
offre foixantc fols pour le Roucin , & vcz chi les deniers, &c fc vous ne voulez peu- 
re le Roucin ne les deniers, je vous requiert que vous dou fervice me Icffiez em pes , 
& fe vous voulez dire que je ne vous aie fet oftre fouffifant, jevous requiert que vous 
me taciez dire par droid & par mes pers quel Roucin je vous doi &: de quel pris , &: 
je offre à fervir vous dufque^ à lefgart de leur Jugement , &: fe je vois en chete ma- 
nière avant me Sire ne me puet chel Jugement veer, ne moi tourner en nule defautc 
que il ne me face tort , & fe il prent ne ne fefift le mien , fe il ne le fet par Juo-ement 
de mes pers , il eft tousjours tenus à moi refefir avant que je refponde à riens que je 
déniant enplet. 

Se mes Sires a pris de moi un Roucin de ferviche,&: il ait tenu le Roucin quarentc 
jours continues fans renvoier le moi je fui quite de mon fcrviche, &: fe il me le ren- 
voie dedcns les quarente jours fain de tous membres, je ne puis refufcr que je ne le 
preignc, & ferai derechef fes redevans dou Roucin de fcrviche , mes fe je lai fcrvi de 
Roucin fain, &: il lafole tant coume il le tient, & il le me renvoie, je ne fuis pas te- 
nus à repenre loi , ainchois doit eftre quite de fervir. 

Quant je ai fervi Monfeigneur de Roucin douquel il feft tenus à paiez , ou lequel 
il a tenus quarente jours fans renvoyer , je fui quites de mon fcrviche à tous les jour 
de me vie , ne ne fui tenus à aler puis lueques en avant avec Monfeigneur en Guerre 
ne en fe Mefon deffendrc , fe je ne vucil , mes je ne doi pas pour che leffer à aler à i^a 
Semonces & à Ces Jugem.ens. 

II font aucuns Fies que len apelle Fiefs abrcgics , quant len cfb femons pour 
fcrviche de tiex Fies , l'en doit offrir à fon Seigneur che qui cft deu par le refoa 
de l'abrègement, ne autre chofe li Sires ne pùet demander fe li abregcmens eft prou- 
vc;5 ou conneus, & il eft fet foufizaumcnt par l'otroi dou Conte, car je ne puis fouf- 
frir à abregier le plain fcrviche que len tient de moi fins l'otroi dou Conte combien 
que il i ait de Seigneurs deffouz le Conte lun aprez lautre foir ainffint que il fe foicnt 
tuit acordéà l'abriegement, &.fe il {î fonttuit acordé,&h Qucns le fait, il gaaigne 
l'oumage de chelui qui tient la chofe , & revient Tournage en le nature dou plain fcr- 
viche, & file doit amander chil qui l'abrega a fon houme de foixante livres au Conte. 

Se aucun abrège le Fief à fon houme, & s'oblige à li garantir coume Fiefabrecrié, 
& li Sires par deffus i met le main pour che que il ne vient pas fouffrir l'abregemcnr 
li Sires qui l'abrègement fîft pert l'oumage fi coume nous avons dit deiîus , &: pour 
che n'efl il pas quittes que il ne doie fere reftor à chelui qui Fief il abregia de tant cou- 
ine il eft damagiés en che que il revient en devoir plain fcrviche , & pour che eft che 
grans péril de fere abregcmens de Fief, fe che n'cft par l'affentement des Seigneurs 
deffus de degré en degré dufques au Conte. 

Li Roys ne chil qui tiennent Baronnie ne doivent lever nus Roucins de fcrviche 
pour che que il pueent penre les cors tous armés , &: montes toutes fois que il vue- 
lent, &: que il en ont meftier. 

Chi define li Chapitre de Roucins de fervice. 

£hi commcnche li 'vingt neufiefme Chapitre de che Livre _, li quel parole des Servi- 

ces fais pour louier, ou Par mandement ^ oupariolentéj&des Contes 

as Sergens. 

CHAPITRE XXIX. 

IL cft parlé cl Chapitre devant cheftui dune manière de fervices que lihoum es doivent 
à leurs Seigneurs par le raifondes Ficf que il tiennent d'aus,ii parlerons en cheftCha- 
pitrcqui enfuit aprez, d'autres manières de fervices, chcftà fivoirdcs fervices qui font 
fez par louier, &: des fervices qui font fez par mandement, &: des fervices qui font fez 
par commandement ,& des fervices qui font fez parvolcnté, fans mandcnicns & fans 
commendcmcnt , & fans louier, & fi parlerons de chaus qui s'entremettent de plus 
garant fervice que à ans n'appartient, S>c dou pcnl qui y gift, 6c des Contes que \i 



chapitre XXIX. j^^ 

Serjans doivent fere à leurs Seigneurs, fi que chil qui fervent , ûchent coumcnc ils 
doivent fervir , & li Seigneur fâchent coumcnt il fc doivent maintenir envers chaus 
j qui leur font ferviche. 

Le Serjant fe doit entremettre de l'Office qui li eft baillic tant feulement , & fe il 
fentremet dautre fans le commandement , ou fans le mandement de fon Scit^neur 
& aucun damage en avenoit li Sires len pouroit iicvir ou dcfpecier le marchic que il 
auroit fet, mes que ce feufl: fi toft coumc le connoiffancc dou fet fon Sarjant ven- 
roit à lijche entendons nous quant li Sarjant fentremet des chofes qui ne li font pas 
baiiliée à fergcntcr , car des chofes qui lui font baillices puetil ouvrer fclonc le pooir 
qui lui efl donnes tant feulement. 

Se aucuns Sire baille à fon Serjant le pooir de jufl:icier,&: li Serjant en jufticant fet 
aucune chofe qui foit contre le droit dou Seigneur de qui fes Sires tient , &: li Sires 
contre qui li Serjant a mcffet ou defobci fcn vieut pcnrc au Seigneur dou Scrjanc qui 
che fift; fere le puet, ne li Sires ne puet pas defavouer le fet de ion Serjant, doucqucs 
pourroient il fere par leurs Serjans les defobeïffinces à leurs Seigneur &c après dire 
que che ne feroit pas par aus, &: feli Serjant lamandoit liquicx ne fcroit pasGentix- 
kons lamende ne feroit que de foixante fols qui puet eftre quant li Sire dou Sero-cnt 
lamande de foixante livres fc li mcftct le requiert , & liqucl mcffct doivent telc aVnan- 
de il eft dit ou Chapitre des Meffets, &c pour che eft il bon as Seigneurs que il gar- 
dent par qui il font leurs Juftices garder puiique il ne pucentdcfadvoucr che que leurs 
Serjans font en juftichant;&:che avons nous veu jugier en^l'Oircl le Roy,&: nepour- 
quant li cas de crieme en font efllcutes , car fc mes Serjant par fe folie ou par fillive- 
témefFet en cas de crieme len ne fen puet pcnre à me perfonne, mes à lui qui fift le 
mcfFet fe il neft prouvé contre moi que je le fift fere ou pourchafl'ai , car en tel cas 
pourrois je perdre. 

Moût de Seigneurs fi ont eu damage par mauvais Serjans &: aucune fois avec le da- 
mage vilenie, carli Serjans font moût de chofes que il ne font pas par le Commcnde- 
ment leur Seigneur, là où il i a à reprendre, &: pour che fe li Serjant fet aucun mef- 
fet douquel ics Sires efl: damagies pour che que il ne le puet defadvouer, il a adion 
contre le Serjant de demander li le damage que il a par fon meffet , mes fe enten- 
dons nous es mefFets que li Serjans font à eflîent &C malicieufement , car il avient au- 
cunement que il meffont, & fe il ne cuident pas mefïere, li coume quand il prennent 
aucun cnjuflichant en autrui Terre, & il cuide prendre en la Terre leur Seigneur, 
ou quant il tiennent Prifonniers en Prifon qui font accouftumés felonc les meffets Sc 
li Prifonniers efchapent en aucune manière fins laide &; fans le confentcment des Ser- 
jans, en tex cas &: en femblable doivent il efl:re efcufé,mes fe il le faifoient à eflient&: 
fans Commendement,adonc leur pouroit on demander le damage, & che avons nous 
moût defoisveu que feun Vacher ou un Porcher ou un Berchicr meine les Beftes,fon 
Seigneur en lieu là où eles foient prifes en forfait,il convient que li Sires des Befl:es en 
face lamande, & que illapaitfeil aimctant les Befl:es que il les vucille ravoir,& que il 
rende le damage que fes Belles firent, mes tout che damage puer il demander à cheli 
qui devoir fes Belles garder, car pour che met on Serviteur à fes Beftes garder que ele 
ne voifenten damage ne enforfet,&: fe chil qui les gardent nen pouroient cftre damagies 
tex manières de Serjans facoufl:umeroient plus legieremcnt à aler en autrui fortfez. 

Trois manières de Serviches font,li premier par convenanche,fi coume aucun me 
fianche à fervir bien & loiaumant ou à efl:re mes Procurerres dufques à chertain tans 
& de chertain Serviche , fi coume quant il leur efl: devifé en le convenanche que il 
feront, fe il garderont Jufl:iche, ou Bois, ou Vignes , ou fil fentrcmettront de toutes 
ches chofes garder, fi coume aucun Sire baille bien à fon Serjant laminillracion deplu- 
riex chofes , & en chete manière de Serviche doit li Sires baillier à fon Serjant che 
que meftier h efl: pour fon Serviche fere fe il nefl: convenancie que il che doie fere 
par fon louvier ou par fes gages , car fe il convient le Serjant armer pour le lerviche 
fon Seigneur & convenanche ne le tout, li Sire doit prefter armes &: fil la retenu en 
tour foi pour aucun autre Serviche , fi comme pour charpenter ou maffonner, tez ma- 
nières demefl:iers ont de Couftume, que il aportcnt leur ouciex là où il fe font loues, 
car felonc che fen loenc il miex , & nepourquant fe il font loues dufques à chertain 

S ij 



jj_j Des Servichâs fais par louier , &c, 

tans &: leurs outicx brilTent ou empirent il doivent cllre refet auCouftdou Seigneur, 
mes che neft pas tet quant ils ouvrent à leur tache ou à leur Journée , car adoncques 
eft 11 pcrieux de leur outicx leur, &: par chette voie que nous avons dite de livrer as 
Serviteurs che que mefticr leur cft pour leurs Scrviches , & auxMcncftriexnon en au- 
cuns cas, puet on entendre de autres manières de Serjans dont nous avons fct mention. 

Le féconde manière des Sarjans 11 font chil qui ne font ne fiancé ne ferementé, ne 
retenu dufqucs à terme , ncpourquant il fentremettent de ferviche d'autrui par 
prière ou par mandement, &c chete voie de ferviche puet eftre en moût de manière ; 
car ele eft à le fois par prière de bouche , ou par mandement , fi comme V. prie à J. 
je vous prie que vous me achetez la Terre G. pour moi , & je men tenray à che que 
vous en ferez, en tel cas fe ]. l'acheté, P. eft tenus au paier , ncpourquant lidis P. 
n'eft obli^iés vers G. car il n'a à lui nule convenanche ne marchic, mes G. puet fie- 
vir J. que^il li ticngnc fon marchié , &; Jehan puetfievir P. queil le dchvre de che que 
il li fift fere de fon commendement ou de fa prière, èc à che puet len veoir que J. eft 
obligé par le marchié que il fift , & P. eft obligés envers J. pour che que Jehan fift le 
marchié pour h &: pour fe prière. 

Aucune fois avient il que prière neft pas fête de bouche , mes len le mande par 
Letrcs, Çi comme aucuns mande à fon ami par fes Letres que il li face aucune befoig- 
nes & tex mandemens pueent eftre périlleux à chelui à qui li mandemens eft fets fe 
les Letres dou m.andcment ne font pendans , car fe chil qui le mandement fift ou le 
prière par Letres le renie, &: chil à qui il fu mandé ne le puet prouver , il demeure 
tout feuz obligié , tout foit che queul fift marchiés en entention que autre le prift,car 
len ne puet ficvir de marchié ne de convenanche fors chelui qui le marchié fift, tout 
feuft il fez pour autrui fe che n eft de che que Procureur font dcquoi il Icflcnt bonne 
procuration par devers la Court, car li Sires eft obligiés en tout che que^ fes^ procu- 
rerres fet felonc le vertu de le procuration, &: de chette matière eft il parlé aflez fouf- 
fifaument el Chapitre des Procureurs. 

Nous avons dit que mandement oblige cheU qui le mandement fet envers chelui 
à qui il fet le mandement, &: fi avons dit que chil qui le mandement dou mandement 
dautrui fet eft obhgiés envers chelui à qui il fet le marchié ou le convenanche , tout j 
fbit che que il le face pour autrui , mes che entendons nous ez mandemens & ez priè- 
res qui font fêtes felonc bonnes meurs, fi coume fe je mande ou prie à aucun que il 
tue un houme ou que il arde une Mefon, ou que il face un autre mal, je ne fuis pas 
obhffiés envers chelui à qui je fis le mandement ou le prière, car fe il fet le mefFet ,i 
il doit eftre condanné pour le mefFet , & chil qui cft condennés felonc droit ne puec^l 
autrui condanncr , ncpourquant len la aucune fois fouffert quand len voit grant pre- 
fomtion contre cheli qui devoir avoir fct le prière ou le mandement, mes fe chil qui 
font tex malices pour mandement d'autrui en font en coupe, cheft à bon droit , car 
nus ne doit obéir à fere autrui prière ou autrui mandement en' vilains cas , &: bien fe 
aart qui fet autrui mandement que il ne le face fors en le manière queil eft comman- 
dé ou prié , car fe il en fefoit plus chil qui le mandement ou le prière li fift ne feroic 
pas obligiés ou plus, fi coume fe je mande ou prie à aucun que il machate le Vigne 
que P. veut vendre, &: que il en donnift cent livres tant feulement, & il aprez chcl 
mandement fet chel maichié par fix vingts livres fans avoir noviau mandement de 
moi, je ne fuis pas obligiés ez vingt livres, doncques convient il que li marchiés li 
demeurt pour les fix vingts livres, ou que il le me lefle pour les cent livres, Ârainflint 
pouroit il perdre vingt livres pour che que il n'auroit pas ufé felonc mon mandement. 

Se je prie ou mande à aucun que il face pour moi aucun marchié, &c il dift que fi 
fera il volentiers , & aprcz quant il a fet le marchié , il le vieut retenir pour foi ou il 
donne plus dou marchié que je ne li dift que il en donnaft pour moi malicieufemenc 
pour moi donner à entendre que il ne le puet avoir tant coume je li avois mandé , il 
doit eftre à mon choix de avoir le marchié pour tant coume il coufte , car dez lors 
que il mot couvent qnc il l'acheteroit pour moi, il ne le puet puis acharer pour lui 
fans mon otroi. 

Se je fais aucune prière ou aucun mandement ,&: je le rapele avant que le chofc foie 
fête ne convcaancié, li mandement cft faillis,&: fe chil à qui je fis le mandemenc ou le 



Chapitre XXIX, j^y 

pricie, le faifoit aprcz mon rapcl , je ne ferois d'c liens obligé vers lui par rcfon de 
mandement, puifque je le raurois rapelé, car je puis rapeler chc que j'ai majidé ou 
commandé à fere tant coumc le chofe efl: entière, 

Chafcuns doit favoir que fe prière ou mandement eft fez à aucune, &: chil qui la 
prière ou le mandement lift mucrt en tant coume le chofe eft encore entière , U man-> 
démens eft faillis ne ne le doit pas chil fere à qui li mandemens fu fez , &: acpour- 
quant fe il le fet pour caufc de bonne foi , h coumc fe il cuide que chil qui fîftlc man- 
j dément vit encore , ou il voit que cheft li pourris à hoirs de faire loi , Ii hoir eft obli- 
oiés vers lui par le refon dou mandement ou de la prière fon predcccflcur , car malc 
Ichofe feroit que chil qui fentremettent de fere autrui ferviche par prière ou par man- 
dement rcccufîcnt damage ou ferviche que il font pour caufc de bonne foi. 

Tout foit il ainflint que chil qui font autrui fcrvice par prière ou par mandement, 
ne foient pas ferjant feremcnté, ne convenancié àchausqui firent le prière ou le man- 
dement pour chc ne demeure pas que fe ilmetent coufts ne dcfpans refnables &: con- 
venables pour faire les chofes qui furent priées ou mandées que che ne doie eftre as 
cous de chclui qui fîft le prière ou le mandement, car fi coume nous avons dit ail- 
jleurs nus neft tenus à fervir autrui à fon couft fc il na porquoi il le doie fere , fi cou- 
me li Gentil houmcs qui cnlicnnent les Fies &: en doivent les fervices , ou fi comme 
M fers à qui il convient icrvir leur Seigneur au leur,quant il pleft à leui Seigneur pour 
iche que tout che que il ont eft à leur Seigneur. 

Nous avons parlé de deux manières de fervices che font de chaus qui font conve- 
nancies ou loues , &: de chaus qui fervent par prière ou par mandement, or y a en- 
core autre manière de ferviche, fi comme de chaus qui fc entremettent de fervir au- 
Itrui fans mandemens &: fans prières, &: fans eftre loués ne convenanciés , & chetc 
ivoie de ferviche fi eft moût perilleufe à chaus qui fen entremettent fe il neft ainflint 
que leur convienne fere à forche, car aucune fois me convient il fervir autrui maugré 
mien , fans prière & fans mandement, ou je pourois bien avoir damage & vilenie, &: 
de che touchafmes nous el Chapitre de Compaignie de chaus qui fervent leur com- 
paignons , par che que leur Compaignons ne s'en puevent ou ne vuelent mefler ou en- 
tremettre; &: encore eft il d'autre ferviche que len fait tout fans mandement & fans 
prière d' autrui, &: fi font li ferviches à guerdonner pour caufe de bonne foi, fi coume 
fe je voi mon Coufin ou mon Ami , ou mon Voifin fur le point d'avoir grant dama- 
ge, & je le détourne d'avoir le damage fi comme fe fa Mefon art, &: je deftaing le 
feu, ou fe je le garanti en ma Mefon pour doute de fes anemis , &: je meft coufts à 
li garder ou au feu de fa Mefon efteindre,il eft bien tenus à moi rendre tex damage, & 
auffint fe je labeure fon Hiretage en entencion que je cuidois que il feuftmien, &:il 
emporte les defpouilles par fon droit, il me doit rendre bien mon laborage, & auflînc 
fe je fuis en aucune Court de Court laie ou de Chreftienté , &: len le vieut mètre en 
defaute , &: je l'efcuze pour che que je fai fon eflbine , tout ne me l'euft il pas man- 
jdé,& je i met aucuns Couftz refnables pour li deftendre il les me doit bien rendre, &: 
incpourquant en che cas il ne le fera pas fe il ne vieut par noftre Couftume , & che 
jquc nous avons dit queServiche fans louage & fans Mandement eft périlleux nous le 
I entendons en deux manières; le première pour che que fe je me entremet dautrui fer- 
vir fans cftrc loiiés ou priés ou fans mandement, cîiil à qui Serviche je faits neft tenu 
à moi riens rendre ne defpans ne louier fors es cas deflus dits & es femblables. 

le féconde manière fi eft pour che que en tcle manière fe puet len entremette d'autrui 
ferviche tout m pcnfaft ou fors à bien que len en pouroit avoir honte & damage , 
fi coume fe len fentremctoit de recevoir les chofes daucun fans mandement , &: fans 
eftre Icué à che fere, car qui fe pouroit en tel cas cfcufer par caufe de ferviche , li 
larrons qui prennent autrui chofe par caufc de larcin fen efcuferoient , &: pour che 
neft che pas tenu pour ferviche mes pour larcin , nepour quant len prent aucune fois 
autrui chofes que che neft pas larrecin ne ferviche, fi comme quant Ion cuide que le 
chofe foit fienne, & Plez naift pour favoir à qui ele eft, & chil qui la prift la pert par 
Jugement, en tel cas prent len aucune fois l'autrui chofe , & fi n'eft pas larrecin, car 
larrecin neft pas fans avoir courage d'embler. 

Li Conte qui font fet du Serjanc au Seigneur fi font aucune fois fec moût privée- 



^^^. Ties SermcUs fais four louiêr , c^f. 

ment fans appeler termorns au Conte fcie , car li Seigneurs ne vuelent pas aucune- 
fois que 11 cftranaes fâchent coument leurs befongnes vont. Or veons doncques fe 
defcors meut pour le Conte entre le Seigneur & le Serjant , fi comme fe li Sires du 
auc 11 Serj int a plus rcccu que il ne li conte , ou que il li vieut conter depences qui 
n'ont pas eft6 fctcs ou plus que des ne furent fêtes , ou fe 11 Serjant requiert a foa 
Seigneur, que il li rabatc de fes recoites aucuns paiemans ou aucunes delpances que 
l'en nen doit fcrc. , - ^ . , 

Se li Scnant renie aucune recoitc,il le puet aucune fois prouver par deux de fe mefniee 
foicnt hommes ou famés avec prcfomption/i coume fe h Serjant efteftabhs achereche- 
voir car chil qui eft cftablis l autrui detcs rechevoir; ou il doit dire que il les a rcceues,ou 
ildo'itdire que chikiuilcs dévoient les doivent encore,&: s'il dit que les detes font enco- 
redcucs li Sire les puet demander as detteurs,&:fe il aUiguent que il en firent paiement as 
Serians ' & li Scrjans le nient , il convient que li dettcurs le prcuvcnt, ou que il paient 
le dcte lu Scicrncur, & fc ilpreuvent le paiement contre le Serjant qui a che recevoir 
fu cftablis if doivent eftre quités , &: li Serjant les doit rendre au Seigneur , & doit 
reudrc les damages rcfnables que li detcurs eurent par fa niance & l'amande de le 
niance & fi demeure mal renommés , car mance fcre de che que len a receu pour au- 
trui damasier n'efl pas fans tricherie ne fans volcnté de recevoir autrui chofe a tort. 
Se 11 Sermnt a lamimftration de vendre Blcdz, Avcines ou autres denrées il con- 
vient que il conte dou pris que des furent vendues , ou que il montre les denrées 
que e!es ne foient pas encore vendues, &fcliSer)ans conte mams que des ne tu- 
rent vendues, & li Sircs puet prouver par les Achatcurs ou par autres que les denrées 
furent plus vendues , que il ne U conta , il cft tenu d furplus à fon Seigneur , & ne- 
pourquant en cd cas doit eftre efcuie li Scrjans aucuncfois quant il montre quechil 
furplus ala es Cous des chofes vendues, fi coume pour le Charier ou pour autres hais 
refnabks qui pueent eftre en denrées mener avant que des foient vendues, fi que il 
ne conta fors che que il ot des chofes par defleur les frais, mes tout foit il efcufes par 
chete voie che ne fut pas fagemcnt conté , car chil qui content des chofes vendues 
à leur Seigneur, doivent conter en leurs Recoitcs tout le pris des chofes venduces que 
il vendirent & toutes autres Récoltes que il ont fet entièrement, & par chafcune par- 
tie en par foi &: par efcriz doubles dont li Sire en ait km & li Serjant lautre tout mot 
à mot, &r quant toutes les parties des Recoites font dites & fommej fêtes aprcz doit 
eftre fcte le fomme des defpences & de toutes manières de frais & de paicmens que h 
Scri ms a fez pour les Recoites defllis dites traire à foi ou dou Commendement fou 
Seigneur , & qui ainû conte il conte fagement &C loiaument , car fe difcors meut en- 
tre k Seigneur & le Serjant, fi coumc fe il dit vous ne me contaftes pas de td Vin ou 
de td Ble'd que vous vendiftes lors , ou fe li Serjant dit à fon Seigneur vous ne me ra- 
baftkcs pas tes defpences que je fis en td point tousjours puet len retrouver le vente 
par les efcriz fe ce qui cft demandé fut conté ou non. 

Aucune fois fc prucve li conte à mauves que li Serjant fet à fon Seigneur par la- 
parancc de foi mcifmc, fi coume fe li Scrjans conte fi gran^ parties de defpences que 
h Sirc lui doit de retour grant fomme d'argent, & il eftaperte chofe que il navoit pas 
tant vaiHant comme il dift que fes Sires li doit, &r fine trueve pas là où il' les doic 
pour fon Seigneur en tex conte a graiu prefomtions contre le Serjant feil ne monftrc 
apcrtcment dont che li eft venu que il a prcfté &c pour quderefon il fu meus au pre- 
fter, fi comme fcfes Sires eftokhors dou Pais , ou fi comme fe li Serjant vit fi granc 
damage de fon Seigneur apparoir comme de fa Mcfon qui voloit cheoir ou de (es 
Hiretagcsfcre qui dcmeuroient cnfricz ou dàutres chofes pourfitables au Scigncur,eii 
tel cas ne doit pas perdre li Serjant che que il prefta dou fien , ainchois len doit fc 
Sires favoir bon gré coume de bon Serviches. 

Qmind il avicnt que li Sire vicut cftrc paie de fon Serjant des Rccoiptes que il .s 
fêtes &' il ne h vicut rabatrc fes defpences refnables que il fit en fon Serviche, li Ser- 
jant ne doit pas cftrc contrains de tant coumc dit que il i a de depcnfe devant que 
contes foient fez entrelui &: fon Sdgncur, mes tant coume h Serjant connoift (es def- 
pences rahatucs tant doit il paier , fi coume fe je connois que je ai receu des biens 
de mon Seigneur dufquesà vingt livrcs,&: je di aprez que dixlivres men doivent eftre 
rabatues pour defpences refnables defi^ueles je fuis prcft de conter, je ne doi eftre 



Chafitre X X 1 X. j^y 

-contraint que de paier des vingtlivres les dix livres devant que li conte foit fez car 
.penllcufe chofe feroit à tous les Serjaus fe il convenoit que il rcndifîent toutes lesRe- 
coites que il ont fêtes pour leurs Seigneurs &: aprez il leur convcnoit plaidier des dcf^ 
pences. 

II ne feroit pas ainflint de moût de Recoites que autres pcrfonncs que Scrjans 
pueent fcre pour autrui , car fe aucuns me prie que je reçoive vingt livres pour lui dau- 
cun qui li doit, ou il me haut vingt livres à garder &: je les prent en garde, ou aucuns 
nie prie que je li port che que on li doit,& aprez je ne vucil baillicr ne rendre {c% cho- 
{ts ou aucunes de fes choies pour che que je di que il me doit allez, & fuis prefl: de 
rnonftrer par bon conte che ne me vaut riens que il ne convienne avant toutes cho- 
fes que je li rende che qui li fu envoie par moi ou que recui pour li, ou qui me fu baillié 
à garder, & aprez fc il eft tenus à moi fi le pourchalTe par Juftiche , car fe je les re- 
tenoie en chete manière pour moidoncques ferois je juftiche pour moi fere paier le 
quele chofe ne doit pas eftre fouffcrte. 

Chalcuns li doit favoir que h Serjans fi doivent eftre contraint de rendre conte de 
che qui aparticnt à che pourquoi il furent Serjans & fe li Sires ne'me vieut conter pour 
che que il penfe que il doie de reftor à fon Serjant li comme il advient fouvent que 
ks defpcnccs font plus grant.que les récentes , li Serjant a bone refon de fere con- 
traindre fon Seigneur par chelui qui il cft jufticable que conte foit fez & fe h Sire 
quant il cil contraint à conter nie les dcfpences que li Serjant met avant , il convient 
queU Serjant les prueve;&: en tel cas li Serjant a deux voies à prouverrLa première fi eft 
par prueves fe il lésa : Le féconde fi eft fe il n'aprueve par l'.aparancedou fct, ficou- 
me fe il fift mener denrées à le bone Vile pour vendre à voituricrs eftrange lefquels il 
a<B puet avoir pour tefmoignier Icn puet bien favoir que les denrées ne volèrent pas 
du lieu en autre, doncques apcrt il par l'aparance des chofcs que le Voiture doie eftre 
contée felonc le grandeur des chofes & felonc le tans, ou li coume fc li Serjant vieut 
conter manouvrages de Terre ou de Vignes ou dautres Hiretagcs , & li Sire les nie , 
li Serjant en doit eftre creus par laparance des Hiretagcs qui font fez dont les def- 
peuilles font venues ou pourfit dou Seigneur fe h Sires ne montre apertement contre 
le Serjant que lidit labourage aient efté paie dou lien par autrui que par le Serjant qui 
en vieut conter , ou feli Serjant vieut conter daucun Ouvrage retenu pour che que il 
perdoit, ou daucun Ouvrage nues fet pour le pourfit de fon Seigneur &: li Sires li 
nife que le chofe na pas efte fête , & il eft trouvé que le chofe a efté Îzzq , fi coume 
Mefon ou Preflouers ou Viviers ou Mouhns , li Serjant doit eftre creus par l'aparance 
de la chofe fête , &: fe li Sire ne vieut conter aucune des chofes dites ou femblables, 
pour che que il dit que eles ne furent pas fêtes par li ne par fon çommendement che 
neli doit riens valoir quelen ne le face conter au Serjant, car grief chofe feroit à chaus 
qui fervent fe il leur convcnoit prouver que tout che que ils font en leurs Serviches 
feuft dou Çommendement de leur Seigneur , ainchois fouffîft fc len voit que h Ser- 
jantilait fet en bone manière pour fon Seigneur, ne chil ne feroit pas bons Serjant qui 
ne feroit nule chofe fe izs Sire ne li commandoit efpeciaument,ne li Serjant ne doi- 
vent pas atendre tant que leur Seigneur leur commande chafcune chofe , ainchois 
doivent fcre che que à leurServiche aparticnt tant coume ils font elferviche, cardez 
lors quefcrviche ell baiUiés à aucun li eft donné h pooirs de fere che qui au Servi- 
che aparticnt tant coume il demeure ou ferviche. 

Chèque Nous avons dit des Serviches des Serjans en chel Chapitre , &: des Ser- 
viches qui doivent eftre fets par le refon des Fiez, nous entendons en tous cas de Ser- 
viches , auflint pour les Famés coume pour les Houmes , car fe eles tiennent Fief eles 
doivent chel meifme Serviche que un Hons deveroit fe il le tenoit , fc des fe me- 
tènt en autrui ferviche eles doivent fere che que à leur ferviche aparticnt , fauf che 
que eles fe pueent efcufer en moût de cas , que li Houmes ne pouroicnt pas fere ft 
coume fe fes Sire la femont de oft ou de chcvauchiée ou pour fe Mefon garder , il 
fouffit fe elei envoie unHoume fouffifant pour \\ fe ele eft Dame que ele i envoie 
Chevalier, & fe ele eftDamoifelle que ele i envoie Ecuier, car de tous cas d'Armes 
lont Famés efcufées en leurs perfonnes , &: auflint fe Famés font en autrui Serviche 
^es fc pueent départir ains termes de leurs Meftres pour leurs eflbincs ne il ne leur 



convient pas dire leur eflbine fe il ne leur pleft, & auflînt ne doit nus baillier à Famé Scr- 
vichc qui ne ibit honeil:e,car nulc Serjantenc ne nule garde efqueles len doie porter au- 
cune Anucure ne leur doit eftre bailliée ne avocation ne garde de Chevaux, car tous tcx 
Services aparticnnent as Houmcs & non pas as Fames,&: fe aucuns Sires baille aucunSer- 
vichcdeshoncfte à Famé &: damage len vient pourche que la Famcnefen fait ou ne fen 
nucccntremetre il nen doit à la Famé riens demander ainchois fen prenne à fa folie. 

En aucuns cas puct len redemander che que len a paie tout feuft il ainffint que 
len en feuft tenus à fere le paiemant quant on le fîft, fi coume fe je fais Procureur & 
li baille deniers pour faire mes befoignes ou pour louierdufques à chertain terme avenir, 
& aprez pour aucune caufe il lefl: à eftre mes Serjant, &: à moi fervir , en cel cas je 
\i puis redemander chèque je lui paie , non pas tout fe il ifli de mon fervichepar rc- 
nable caufe mes felonc le tans que il mavoit à fervir, &: fe il fen partoit fans refnable 
caufe , ains fon terme jeli pourrois le tout redemander-, ô^auffint coume nous avons 
dit des Procureurs , entendons nous de tous autres Servichcs qui font convenancies 
à chcrtain terme , quant h termes dou ferviche ne font acompli, & auffmt fe aucuns 
na convenancié à fervir dufques à chertain terme &ç je lai ofté de mon Serviche fans 
refnable caufe je fuis tenu à li paier tout fon louier pour che que il ne demeure pas 
en lui que il ne fet le Serviche tel coume il Icut convent, & pour che ont à la fois 
h Avocats & li Fuificien grant falaire à poi de paine. 

Chi define li Chapitre fez des Services fes par louier ÙC par mandement , ou par 
volenté, &: des Contes as Serjans que li doivent fere. 



Chi commenche li trentiefme Chapitre de che Lièvre y lic^uel parole de pluriex wfjjÇ;^;^ 

^ quelle 'venjeance doit efire prife de chajcun meffèt,Jvit en cas de crieme 

OH en autre cas c^ui nejlpas de crieme ejî plus petite. 

CHAPITRE XXX. 

LA chofe dont il eft plus gransmefticrsà tous chaus qui mainticnent Juftiche che 
eft que il fâchent connoiftre les Meftez quels il font ou graut ou petit, & que il 
fâchent quele vengeance doit eftre prife de chafcun Meffet , car auifint coume li Mef- 
fez ne font pas omnis ne font les vengeances omnies, ainchois font aucuns MefFez li- 
quel doivent eftre vengié de diverfes mors , fi coume li cas de crieme qui font fez 
par les Maufcteurs en diverfes manières ; & le féconde manière àcs Meftez doivent 
eftre vcngié par longue Prifon &: par perte davoir & non pas omniement, mes felonc 
que le fet le requitrt. 

Le tierche manière de MefFez doit eftre vengiée par perte davoir fans mort & fans 
Mehaing & fans Prifon , & fi neft pas lamande omnie ne que des autres que nous a- 
vons dites defllis , ainchois eft l'une grant & l'autre petite felonc le mefFct & felonc 
la perfonne qui meftet,&: felonc la perfonne à qui Ion meffet ; & pour che que li me- 
nus pucple fâchent coument il devront eftre puni fe il mefFont, &: chafcun en fa per- 
fonne fe il mefFait, & que li Seigneurs fâchent quele vengeance il doivent pente de 
chafcun mefFet, nous traiterons en che Chapitre de chafcun mefFct que len puet mef- 
fairc , & de la vengeance de chafcun mefFet que ele doit eftre. 

Quiconques eft pris en cas de crieme , &: atains du cas fi coume de murtre , ou de 
traifon, ou de omicide , ou de famé efForcie , il doit eftre trainés & pendu, & fi mef- 
fet tout le fien quanque il a vaillant, & vient le forfaiture au Seigneur delFous qui 
li fiens eft trouvés & en a chafcun Sires che qui en eft trouvés en fa Seigneurie. 

Murdre fi eft quant aucun tue ou fet tuer autrui en aguetapenfc puis le foleil 
couchant dufques à Soleil levant , ou quant il tue ou fet tuer en afcurement ou en 
tfives. 

Traifon fi eft quant len ncmonftre femblant de haine,& len het mortiemcnt,fi que 
par le haine Ion tue , ou fet tuer , ou bat , ou fet batte dufques à afoleure cheli qui i). 
het par traifon. 

Nus murtre n'eft fans traifon ,mcs traifon eft bien eftre fans murtre en mont de 

cas 



chapitre X X X. y^p 

cas ^ car meurtre ncft pas fans mort d'oumc, mais traifon cfl pour batre ou pour a- 
folcr en trivcs ou en afîcurcmcnt, ou e^ aguct à pcnfc, ou pour porter faus tclinoig 
pour cheli mctre à mort, ou pour dcshcritcr , ou pour li fcrc batrc,ou pour lifcrc hnir 
de Ton Seigneur lige, ou pour moût d'autres cas femblabics. 

Homicide il eft quans aucun tue aucun en chaude méfiée, Çi coumc il avient que 
tencon naift , & de la tcncon vient laide parole, &c de la paroUe la mcllce pour laquelc 
aucun reçoit mort fouvcnte fois. 

Famc efforcier li eft quant aucun prcnt à force charnel compaignie à fanic contre 
le volonté de le famc, &• feur che que clc fct pouvoir de défendre foi chil quatre cas 
deffus dits qui font de cricme doivent eftrc puni & vcngié par unmcefme Jucrcmcnr 
mes ili a autres cas de criemc liqucl doivent eftrc vcngies par autre manière de Ju- 
gement, &: orres les cas & la vengeance de chacun. 

Qi-ii art Mefon à cifient il doit cftre pendus , & forfet tout le fîen en la manière 
defïùs dite. 

Qm emble autrui chofe il doit cfbc pendus , &: mcffet tout le ficn en la manière 
que nous avons dit defllis. 

Qui erre contre la foi coume en mefcreance de laquelc il ncn vieut venir à voie 
de vetité , ou qui fet fodomiterie, il doit eftrc ars &: fortfet tout le fîen en la maniéré 
de/Tus dite. 

Li faus Monnoier doivent eftre bouilli &: puis pendus , &: forfet tout le leur fî 
coume il eft dit devant. 

Pluriex manières font de faux Monnoicrs, li uns fi font chil qui font monnoie à 
clfient de mauves métal, &: la vuclent aloucr pour bonne, & fc il cftoient pris fai- 
fant avant que ils en enflent point aloué il feroient il jufticics pour larajfon de lefaul- 
fe defpoizc. 

Le féconde manière de faus Monnoiers che font chil qui la font de bonne defpoizc" 
mes la Monnoie na pas fon droict pois. 

Le tierche manière de faux Monoier fi eft chil qui fet Monnoie en repoft,tout foie 
que cle foit bonne & jufte, &c de droict poiz,mes il le fet fans le conc^ié de Seianeur 
qui puift fere &: doie tele Monnoie , car il emble le droit au Seigneur qui (et Mon- 
noyé en fa Terre fans fon congié. 

Le quarte manière de faus Monnoier fi eft quand aucun rooignentles Monnoie? 
car la Monnoie en pert fon droit poiz , &c fi emble chil qui la rooigne che qui n'cfl 
pas fîen. 

Le quinte manière de faus Monnoier fi font chil qui achaptent à eftlent fauffe 
Monnoie &: lalouent pour bonne , toutes tex manières de faux Monnoiers doivent e- 
ftre pendus , & ont fortfet le leur en la manière deffus dite , &: avant que on les pen- 
de, il doivent eftre bouh. 

Encore i a il autres cas de cricme fi coume fc autrui es pris &: mis en prifbn pour 
la foupechon d'aucun cas de cricme , &: il brife le piïfon, &: il rcpriç depuis il eft at- 
tains dou fet pour lequel il eftoit tenu èc doit eftre jufticiés felonc le mcffet pour le- 
quel il eftoit tenus, & auflïnt fe il eft apelés pour cas de crieme, &; il ne vient pas 
iiinchois attent que il eft banis , s'il eft puis repris il doit eftre jufticié felonc le meifec 
pourquoi il eft banis. 

Encore font il deux cas de crieme ; li premier cas fi eft dautrui empoifonncr; & li 
fécond cas fi eft deftre homicide de lui meifme fi comme de chelui qui fe tue à clfient. 

Nous avons parlé des cas de crieme &c des venjeanccs qui i appartiennent, or par- 
lerons des meures Meffez. Qui fiert ne bat autrui par le Couftume de Clcrmont hors 
de trivcs & d'Aifcurcment , & hors de jours dcMarchié , & il na point de fmg en la 
Baftm-c, chil qui bat fe il eft Hons de poote eft à cinq fols damende, & fil eft Gen- 
tixhons il eft à dix fols fi la bafture eft fête en Marchié , ou en alant ou venant dou 
Marchié lamande dou Paifant eft de foixantc folz, &; dou Gentilhoume de foixante 
livres, car tous chaus qui font au Marchié ou en allant ou en venant dou Marchié,fonc 
cl conduit le Conte, & doivent avoir fauf aler &; fauf venir. Encore fe chil qui eft 
batus faine par le nez par la bafture pour tel fang lamande ne croift de riens, mes fe 
il i a fang donc cuir foit perchiez, ou il i a coups orbes de poing garni coume de ba- 

T 



j jo De flufieurs M effets, j 

ftonou dautres chofcs,!! bafl:ierrcs,doit clkc prias & tenu fans rccreanche fcre dufques 
à tant que len voie par ladite bature il ni a p£)int de péril de mort, adonc fe len voit 
que le pcril Toit hors, lamandc de Tourne de poote eft de foixante folz, & dou Gen- 
tilhoumc de foixante livres, & fe li batus muert de la bature li bafticrrcs ou li batteur 
fc il Ibnt pluriex doivent eilrc jufticiés en le manière qu'il cft dit dcllus, où il parole de ■ 
Occilîons. 

Qui navre autrui ou afole il li doit tendre fes damages, chcft à entendre le Coufl: 
des Mires & des defpans duBleflié, & reftorer fes Journées felonc le meftier dont il 
eft j &: fe il i a meshaing len doit regarder le manière dou mcshaing &; leftat de la per- 
fonne qui eft mehaignié &: lavoir de chelui qui le meshaigna, &: felonc che que il 
a vaillant , len doit donner largement dou fien au meshaignié, & fcloncl'ancien droit 
qui mehaignoit autrui len li faifoit autel mehaing coume il avoit à autrui kc , cheft à 
dire , pour poing poing , pic pour pié, mes len en ufe mes par noftrc Couftumc en 
chcfte manière , ainchois fen pafle len par amande, fi coume je ai dit deffus &: par lon- 
gue Prison & par fere rendre au mehaignié felonc fon damage &: felonc chc quil eit , 
& felonc lavoir que cil à qui le mehaigna. 

Chcft annuize chofe quant noftre Couftume fueffre que un petis Hons de pootc , 
puct ferir houme vaillant, & fi nen paiera que cinq fols damande, & pour chejcmac- 
cort que longue Prifon li fok bailliée, fi que par le doute des Pnfons li Mufart fen 
chafticnt de fere tcx folies. 

Se bature eft fête devant Juge en Court vcftue lamande eft à la volcnté dou Sei- 
gneur , dont il avint que un Bourjois dcClermont feri un houme là ou li Prevos te- 
noit fes Pies , je en levai trante hvres damande, il fen ala plaindre au Roy bc empê- 
tra une Letre que je li feiffe lamande jugier par les houmes de Clcrmont, je ne vous, 
ains alai en Parlement, & le Bourjois prefent je propofaile fct, il fut regardé qu'il ne 
convcnoit pas mètre chel cas ou Jugement des houmes le Conte pour chc que le fec 
touchoitle dcfpit au Seigneur, &: fu dit au Bourjois qu'il en avoit bon marchie quant 
il en cftoit quices ppur trente livres, &: pour che povés vous favoir que en pluriex cas 
qui touchent defpits as Seigneurs les amandes font à le volenré des Seigneurs. 

Autres manières de Meffez font , fi coume de lais dits. Or veon doncques fe un 
Hons dit Vilenie à autrui & fil fen plaint à qui le vilenie eft dite, lamande cft de cinq 
fols fil eft houme de poofte , &: fe il cft Geniixhons lamande cft de dix livres , &: en- 
core maccorde je fe un Hons dit Vilenie à un vaillant houme que il ait paine de Prw 
fon fi que par la peine de la Prifon li Mufart en foient chaftié. 

De vilenie qui eft dite devant le Juge , fi coume là où li Prevos tient fes Pies ou le 
Baillis entre Gens de poote lamande eft de foixante fols, &: entre Gentixhoumes laman- 
de eft de foixante livres. 

Se Xi un tient lautre en Court vcftue devant Juge pour mauves ou pour traiftreou 
li met fus aucun vilain cas de criemc,il convient fcli Juge veut qu'il le face pour tel 
coume il a die, ou il lamcndcra, à le volcnté dou Seigneur. 

De Vilenie qui eft dite as Prevos ou as Serjans d'houme de poote, l'amande eft de 
foixante fols , & de Gentilhoume de foixante livres. 

Quant aucun eft tenus en prifon pour lait dit ou pour che que il ne vieut refpon- 
dre en Court ou pour dette, ou pour aucun cas liqucl neft pas de crieme qui brifc le 
prifon l'amande eft à le volcnté dou Seigneur, car moût fet grant dcfpit au Seigneur ; 
qui brife fa prifon, &: nepourquant je nen vis oncqucs lever que foixante fols. 

Li Prevos tenoit un homme en prifon pour detc il li donna quinze jours de red 
pit , en tel manière que dcdens les quinze jours il paiaft ou rcvcnift arriéres en prifon 
fur peine de prifon brifiéc , li hons ne paia pas ne il ne revint pas tn la prifon, Ii Prc- 
voft le fift penre & le vout ficvir de prifon bnfiéc , mes il fu jugié & regardé que chc 
neftoit pas prifon brifiée, &: qu'il s'en paflcroit par cinq fols d'amande , coume dou 
commendemcnt trcfpafllé , car moût de fimplcs pouroient cftrc dcccu par che que 
il s'en iroient de prifon par refpit, & ne faroient pas le péril qui cft en prifon brifce. 
Il i a encore un cas de crieme dont je ne parlai pas devant qui touche larrecin , 
chc cft de bonnes efrachier, & puisraifcoir en autrui déshéritant pour foiaheriter qui 
en icroit attains il en fcroit pum coume de larrecin, je cnten de bonnes qui ont fer 



chapitre XXX. ij, 

Sevifes de lonc tans , car fe la bonne efl: mifc joignant mon Hirctage fans moi apcicr 
de nouvel, che neft pas de crieme fe je lefrachc ians raflcoir , & ncpourquanc fe clcs 
fuflcnt A/lires par Juftice, tout fuft che en derrière de moi je paicroïc amande de foi- 
Xante fols , fe je fui lions de pootC, & fc je fuis Gcntixhons de foixantc livres car je 
doi requerre à la Juftice que che qui a cfté fct en derrière de moi fok rapelé & oftc 
& il le doit fcre , & puis fere borner les Parties prcfcntes. 

Se chil qui à moi joignent bonnent fans juftiche S>c fans moi appcler,fc je mcn aperçois 

ainchois que il ait cfté de che bonnage en fezine an &: jour,fe je les cfrache je ne mcliaill 

neant,ou fe je vueil je mcn puis clamer de nouvelle defcfinc , &: ii je larrache puis 

I que elle i a cfté an & jour,chelui aura aétion de fe plaindre de nouvclc dcflelîne de moi 

j &convenra que elles foientraffifes avant toute euvre,(Sj puisferaleplctfcurle propriété, 

feje ne vueil que les bonnes fient toujours ou lieu la ou la reflaizine fera fête. 

Toutes gens qui requièrent Bonnage le doivent avoir , &: bien puent les parties 
j fe eles facordent bonncr fans Juftichc , mes que che ne foit pas en divers Scignoura- 
I ges ou ili ait pluriex Seigneurs, car en devifede pluriex Seigneurs les tcnans ne puccnc 
I bonncr fans les Seigneurs apeler , &: nepourquant il i a pluriex Viles en le Contée 
i tout foit che que il ticDgncnt d'un Seigneurage ou il ne pourroient bonner fans leurs 
Seigneurs , & fc il bonnoicnt l'amande feroit de foixantc fols , &: pour che convient: 
il garder en chafcune Vile felonc le Couftumc. 

Chil qui a le champart en autrui trcsfons toute le Juftichc & la Scignourie apar- 
tient à li par noftre Couftumc , &c qui ne fet de fon champart che qu'il doit , il chicc 
j en foixanre fols d'amande, &: Çi doit rendre le champart chil ne fct pas de fon cham- 
j part ce qu'il doit qui emporte fcs gerbes ains que eles champartécs. 

Qui brife fezine de Seigneur fe il eft hons de poote , il doit foixantc folz damandc 
& fi eft tenu à lui reflaifir , &: fe il eft Gcntixhons &: la fezine eft feur Fief, il cft à. 
; foixantc livres d'amande , & eft tenu à reflaifir le lieu , mes fe li Sires feûll &c chil 
i nen fait mot fur qui la fezine eft faite , fi coume fe il n'eft pas trouvé en la fezine fc- 
! rc , ou que len le face \ fa mefniée , ou que len faififtc en derrière de lui fans lui fere 
] favoir, fe il brife la fezine ou len vient mètre amande , il fen pafle par fon feremenc 
que il ne feut riens de la fezine , mes toutes voies il eft tenus à lui reflefir. 

Qin trefpafle le commandement fon Seigneur, fi comme fe li Sire commande que 
une dette foit paiée dedcns le terme, cheft à favoir à l'houme de poote fept jours àc, 
fept nuis , & au Gcntilhoume quinze jours , l'amande de l'houme de poote eft à cinq 
fols , & du Gcntilhoume de dix livres , & tout ainflint eft il fe il défaillent à venir as 
jours afquiex il font ajournés de par leur Seigneurs, 

Li Serjant le Conte ferementé font creu de leurs Ajournement fans alliguier en- 
contre, mes fe li Serjant tefmoigne que il ne le trouva pas à l'ajournement fere, mes 
il le commanda fere à fa famme ou à fe mefniée que il li fiflent favoir , fe chil veut 
; jurer feur Sains que il ne feut riens de l'Ajournement, il fe pafle de la defaute , afl^cz 
cft ajourné qui fe part de Court par continuation de jour , &:puur che que il ne revient 
à fon iour , ou qui ne contremande ou eflbnie , fc contremant ou eflx)inement i aiBerr, 
ïï chict en pure defaute auflînt bien que coume fe il eftoit aiournés de nouvel. 

Qui va contre le defence au Seigneur fi coume feli Sires delFent en fa Terre Gicu 
dedez, &; aucun i joue, ou li Sires deffent à porter coutcl à pointe ou aucune autre 
Arme moulue ou Arc &: feetcs,&: aucuns les porte , ouli Sires fet aucune autre dcf- 
fence femblable , quiconque fet contre tex manières de deftences li Hons de pootc cft 
à cinq fols damandc, &: li Gcntixhons à dix hvrcs,mes autre feroit fe un Gcntixhons 
Va armés nulle part en la Conté hors de fon Fief, car fe il cft pris , il eft à foixantc 
livres damandc. 

En fon Fief fe puet bien li Gcntixhons qui fe doute tenir armés & fes amis avec li , 
xnes que il ne mefiùce à autrui , ains le fet proprement pour fon corps garder &: def- 
fendre coume pour guerre aouverte , ou pour menaces , qui li ont cfté fêtes. 

Qui, recoite lebani de fon Seigneur feur la Hart, il defcrt que on li abate fc Mc- 
fon, & eft lamande à le volenté dou Seigneur, foit Gcntixhons ou Hons de poote chil 
qui le recoite feiI fait que il foit baftis,ne il ne fen puet efcufcr que il ne le feut fe il 
fu ou lieu ou le Banififement fu fez^ ou fe quemunc renommée queurt cl pais de fon 
Baniirer-'^ntjou fe il cft de fon lignage. T ij 



jy2 î^es Mefefs, de. 

Qui eft pris en alant en faus fentier ou coupant en bois ou foianc en Prés, en Eles 
ou en Mars , fe il eft Hons de pootc il eft tenus au damage rendre &: en amande de 
cinq i'ols , &:Ie Gentishons de dix livres. 

Qui entre en Hirecage par Titre de don ou de lais ou dachat ou de change fans 
fciîne de Seigneur, il eft àToixante fols damande fe il eft hons de poote , &: fe il eft 
Gcntixhons &; U entre cnHiretage de Fief par un des Titres delTus ditslamende eft de 
foixante livres. 

Li hons de poote qui doit droit Cens à fon Seigneur a chertain jour ou à autrui de- 
quoi il tient Hiretage fe il ne paie à jour il eft a. cinq fols damande , &; aufîînt feroit li 
Gcntilshons qui tenroit Hiretage à Cens, mes fe il doivent Avoines ou Chappons ou 
autres Rentes de grain len nen apasufé à lever amande,mes ofter puetonlcs vuis de 
leurs Mefons , fe les Rentes font deues par le refon des Mafures &: fe les Rentes font 
deues par le refon dautres Hiretages, li Sires puet fe il neft paies les Hiretaiges fefir, 
&: auffint fet il les Mafures &c fere fîen toutes les oifliies &: tous les efplois des licx du- 
ques à tant que il fera paie de tous arrierages, & fe h Sire vient fommcr fes tenans à che 
que il perdent les lieus fe il neft paie de tous arrierages , il leur doit enjoindre par de* 
vaut bonnes gens queilacquitent leur Hiretages,dedens an &c )our, &fe il ne le font, 
li Sires puet penre les Hiretages coume fîens propres, & fere cnt fe volenté ie il neft 
ainflint que h tenans feuflent enfans foubz aage ou l'Hiretagefeuft tenus enDoaire, 
mesenches deux cas puet h Sires tenir lespourfis del'Hiretage pour la defaute de fes 
Rentes dufques à laage des Enfans , le douaire le vivant de la Femme, fe li Oir à qui le 
douaire doit venir ne fe trait avant pour acquiter. 

Quant l'Hiretage eft tenus en doiiaire &c il doit Cens ou Rentes , Se h Sires le 
prent en fe main pour che que il n'eft pas paié,li Oirs^puet fere fere commandement à che- 
le qui le tient en douaire par le Seigneur de qui l'Hiretage eft tenus que ele l'aquicc 
dedans an &jour, &: fe ele ne le fet elle fe fait morte coume à chele douaire, &:i puce 
li Hoirs venir parpaier che que ce heu doit de vies & de nouvel , & des Arriera- 
ges il a bone adion de demander les à chele qui en douaire les tcnoit : car qui tient en 
douaire , il le doitacquitier ce que ele en tient , ou renoncier à foji douaire, avant que 
il 1 ait nuls Arrierages , &: tantoft coume ele i aura renoncié li Hoirs i puet entrer cou- 
nie en fon Hiretage. 

Qui, ne paie les Ventes de l'Hiretage que il achate dedens fcpt jours & fept nuis 
entre gens de pootc, fe h achas eft deVilenage,il iacinq fols d'amande avec les Vcn|u 
tes paier , & fe che eft de Fief entre Gentils-hommes , l'Amande eft de dix livres , maiH 
fe Ion laifle pafler an &C jour fans Vente paier, h Sires puet- penre l'Hiretage en fa maiaii 
pourVenresconcelées, èc fe chil quilachata vient ravoir l'Hiretage fecheftVilenage il 
en puet lever foixante fols d'amande & fe cheft de Fief foixante livres. 

Se Gentilxhons tient Vilenage & il meftet de ce qui apartient à Vilenage les 
Amandes font dautelc condition comme fe il cftoic Hons de poote, che eft à dire que 
il fc pafle des mcffcts de Vilenage de petites Amandes par cinq fols , des grandes A- 
mandes par foixante fols , &:fe che cftoitFicf il paieront des petites dix livres &: des 

grandes foixante livres. 

Vous devez fçavoir que par noftre Couftume fe Gentilxhons maint en Vilenage 

il puet cftre ajournés dui a demain & li li puet on fere commandement de paier fe il 

doit dedens fcpt jours &: fept nuis, &: de tous autres cas il eft démenés ainflint coume 

un Hons de poote feroit, excepté le fet de fon cors , car fe il fcfoit .aucun mefFet de ' 

fon corps il feroit fclonc le Loi des Gentixhoumes. 

Se li hons de poote maint en Francfief il eft démenés coume Gcntixhons, coume 

de A journemens &: de Cominendemens , & puet ufcr des Franchifes douFief. 

Qui porte faus tefmoins &: en eft atains il doiteftre tenus longuement en Prifon , &: 

puis mis cnlefchiele devant le pueple&fi eft lamandeà le volenté dou Scigneur,&: tout 

auffi eft il de chelui qui amené le faus tefmoing à cflient. 

Chil eft faus Tefmoins qui dit à eflient menconge en fon tcfmoignage après che que 

il a juré pour amour ou pour haine pour louier ou pour promeftc ou pour paour. Nus 

ne doit dire autre chofe en fon Serement fors que de vérité ne pour fon Frcrc fauvei 

de mort, &c qui autremant le fcc il neft pas loiaux. 



chapitre XXX, jj-j 

Qui nîe che qui II efl: demandé en Coure fe il cfl: prouvé contre li, chil qui nia cft 
à cinq fols damandc &: fi cft acains de che qui efl: prouvé contre li, & fe ileft Gen- 
tixhoiis lamande cfl: de dix livres , & fe il ne puce prouver , ilpert fa demande ^ &: G. 
cfl: Limande de cinq fols, & de dix livres fe il cft Gcntixhons. 

Qm a'obcift au commandement qui cft fait de paier che qui cft dcu dedans le ter- 
me qui cft donné, chcft à fçavoir quinze jours au Gentilhomme , & fcpc jours &c fepc 
nuis à l'Home de poote fe chil fe réclame pour qui li commandement cft fait, 
chil qui na tenu le commandement fe il cft Gentilxhons il cft à dix livres d'amande 
& rÔume de poote à cinq fols , & fî doit on penre de cheluy qui eut le comman- 
dement pour le dette paier, &: avant doit on fcre paier le dete que l'amande lever , 
car par le refon de le dete vient l'amande : mais fe len treuve tant à penre que le 
dcte &c l'amande foit paiée , le Jufticc puet penre à un coup pour le dete paier &c 
pour l'amande. 

Se chil à qui la dete cft deuë fe replaint à tort, Ci coumc fe bons gages li a efté of- 
fert dcdcns le commandement, & il ne le vient penre , ou fe il ne vient puis fe de- 
te demander pour chclui mètre en damage,ou il donna àchelui refpitpuis le comman- 
dement, il chet en l'amande , la ou chil feroit fe il fe plaignoit à droit. 

Li gigcs qui font pris pour dete de Gcntilhome doivent eftre gardé quarante jours 
fans vendre fe il n'eft ainfint que li Gentilxhons ait mi- Plcge Home de poote , 6c 
que li Pièges aient pour tenir Plcgerie baillé fes nans,car en ches cas, il ne les gardera 
fe il ne li plcft que fept jours &: Icpt nuis. 

Qurnt un Gentilxhons baille Pièges pour fa dete Gens de poote & chil à qui la 
deteell deuë veut avoir Nans de ches Pièges, &]i Gentilxhons veut bailler de ces Nans 
au reanchier pour Ces Pièges aquiticr, li Créancier ne les pcnra pas fe il ne vicut, car 
il convenroit garder les Nans de fon Deteur quarante jours, &: il n'eft tenus à garder 
les Nans de Ces Pièges que fept jours & fept nuits ; mes fe ces Pièges font Gentilx- 
houmcs aufll bien cft il tenus à garder les Nans quarante jours coiiime dou Deteur. 
Doncques povés vous favoir fe un Gentilxhons baille Pièges de Gentilxhomes &c il 
vient bailler Nans pour fes Pièges , liCreanchier les doit penre, car li Nans font d'u- 
ne mefme condition, &:aufllnt fe un Hons de poote baille Pièges d'Houme de poote 
il puet baillier fes Nans pour fes Pièges acquitier, car li Nans font aulfuit d'une con- 
dition & fe li Detes cft Hons de poote & fî Pièges fontGentixhomes , fe li detes vieuc 
bailler Nans pour fes Pièges encore les doit miex penre li Creanchiers ;car en cel cas 
il n'eft tenus à garder les Nans dou Detes que fept jours & fept nuits, ôc il garderoic 
les Nans de fes Pièges quarante jours. 

Quant li Nans font baillés auCreanchier & il les a tant gardé coumeCouftume porte fi 
çoume il cft dit deflLis,il doit montrer par devant bonnesGens à chelui de qui il tient les 
Nans que il vienne à fes Nans vendre ou que il les racheté, & fe chil ne les vieut ra- 
; cheter ne aler au vendre, li Creanchier les puet vendre & eft creus de la vante par 
j fon ferment, & fe li Creanchiers les vend fans li monftrer,ou avant que li tans de la 
i garde foit faillis j chil qui les Nans bailla à toufiours en quel tans voudra aélion 
; de redemander ks Nans pour l'argent , & doit eftre li Créanciers contrains as Nans 
I faire revenir ou à rendre li damage à chil qui les Nans bailla tez coume il poura prouver. 
Or vcons des refcoufles qui font fêtes as Seigneur qui prent ou fet penre en jufti- 
I ciant fe li Sires prent ou fet penre defllus fon houme de poote ou fon cors ou dou ficn 
fe li Hons fe refqucut ou il refqueut che que len prent dou lien, il chiet en amande de 
foixante fols, & en telc manière puet il fere le refcoulfe que lamande eft à le volcntc 
dou Seigneur, fi coume fe li Hons met main par felounie à chelui qui a pooir dou pen- 
re en jufticiant , car moût fet li Hons grant defpit à fon Seigneur qui fon Serjant li 
bat. 

Se la Famé dun houme fet le refcoufle ou fa mefnie h Hons refpont dou Mef- 
fetjCarildoit avoir telc Famé & tele mefnie quil ne facent pas telc vilenie au Seigneur, 
che éft à entendre dùfques à lamande de foixante fols, car fe liHons neftoit pas ou heu 
ou le refcoufle feroit fête & fe mefnie batoient ou vilcnoicnt le Preneur , il ne feroit 
pas refon que li Prudhons feuft rains pour le Meftct, ainchois fcn penroit li Sires as 
perfonnes qui che aroient fet, & fe li Hons les tenoit puis en fon ferviche que il fa- 



toit que il aroicnc fcc tclMcffct li Sires len poroic tenir à coupable; 

Toutes refcouires qui font fêtes de Gentilhoume vers fon Seigneur lamande de cha 
cune rcfqueuflc eft de foixante livres, &: fc li Preneur eft batus lamande cft à levolei 
té dou Seigneur, &:qui met main à fon Seigneur pat mautalant il pertquanquesil tieni 
de li, &: la li Sires acquis par le meffet de fon Souget. 

Belles qui font prifes à garde fête en damage li coume en Taillis ou en Vignes ou 
tans que eles font défendues, ou en Près puis mi Mars dufques à tant que il font fau- 
chies, ou en Bled, ou en Mars, doivent foixante fols damande &: le damage rendre & 
reftorer,& les autres pnfes qui ne font pas à garde fête lamande cik de cinq lois, &; fe 
il i a Beftc liée , &c la Belle ront fon lien & va en damage,fc chil qui le Belle ell veut 
jurer fcur Sains que le Belle ront fon lien, & fi toll coume il le fcut il lara la quérir ^ 
il fc pafle fans amande , mes il ell tenus au damage rendre que fc Belle afct , car le 
négligence daucun ou la inauvefe garde ne fefcufe pas contre autrui damage. 

Se un Chevalier fet aucun ict ou amande apartieng & il mené avec liEfcuierspour 
li aider au fet fere fe li Chevalier trait le fet à li,il garantill les Efcuiers que il nen paient 
point damande , exceptes les cas de crieme,car fe il fefoient meurtre ou homecide,ou 
aucun autre cas, dont on perde le cors &c le fien , il ne les en garantiroit pas , ains en fe- 
roient tout coupable chil qui fcroient aies à laide dou fet. 

Se Chevalier maine Chevaliers il ne les garantill pas ne Efcuicr Efcuiers, ains con- 
vient que chafcun amande le meffet en fa perfonne. 

Toutes les Amandes qui font dites en che Livre de cinq fols par le Coullume de Cler- 
mont ne font à Villeneufve en hes ni en Sachi legrant que de douze deniers par le lonc 
ufage que il en ont eu , tout foit che que clcs foient des membres de le Contée, & à 
Remy &: à Gournai eles font de fept fols fix deniers , &: en plùriex autres Viles qui 
font as lioumes le Conte, mes les amandes des Gentis-houmcs ne cheles des houmes 
de poote de plus de dix fols ne fc changent de la quemune Coullume de nule part en 
la Contée. 

Bonne chofe cfl: que len queure au devant des Maufeteurs & que ils foient fi 
rudement punis & jufticiés félon les meffes que pour le doute de le Jufliche, li autres 
en prennent cffample fi que il fc gardent de meffere , ôi entre les autres mefFets donc 
nous avons parlé chi deffus li un des plus grans & dont li Seigneur fe doivent penrc 
plus près de prendre vengeance fi efl des aliances fctes contre Seigneur ou contre le 
quemun pourfît. 

Aliance qui efl fête contre le quemun pourfît fi eft quant aucune manière de Gentj 
fiancent ou creantent ou couvenancent , que il nouvreront,raais à fi bas tuer coume 
devant, ains croifTentle fuer de leur autorité & facordent queilnouvreront pour meins 
&: metcnt entre as peine ou menaces feur les Compaignons qui leur aliance ne tenront, 
& ainflint qui leur fouffriroit , feroit che contre le droit quemun , ne jamais bon mar- 
chiés des ouvrages ne ferait fet , car chil de chafcun mefticr feftorceroient à penrc 
plus grans louiers que rcfoii àc li quemus ne fe puet fouffrir que li ouvrage ne foient fait, 
&r pour che fitoft que comme tex Aliances viennent à le connoifl'ance dou Souverain 
ou d'autres Seigneurs il doivent geter les mains à toutes perfonnes qui fe font afl'cn- 
iics àtcx Aliances &; tenir en longue prifon & dellroite,&: quant il ont eu longues pai- 
nes de prifon len puet lever de chafcune perfonne foixante fols d'amande. 

Unes autres manières d' Aliances ont elle faites moût de fois par Icfquclcs moue 
Viles ont cfté deftruites &: maint Seigneurs honny & déshérité, fi coume quant, li que- 
mun dune Vile ou de pluriex Viles font afiance contre leurs Seigneurs en as tenant à 
force contre li ou en prenant fes chofes à force ou en metant main vilenement à leur 
Scigncut ou à fi Gcnt j doncques Ci toft coume li Sues faperçoit que tele aliance cil 
fccc,il les doit penre à force,&: fe il les prent fi toft que il ni ait encore nen dou fet 
fors que lalianccfetc,il doit punir tous les confentans par longue Prifon &:rajembre à fc 
volcn:é fclonc leur avoirs, & fe il puet f^ivoir les Chevetains qui laliauce pourchacic- 
rcnt fc il les fet pcnre il ne leur fet nul tort , car il ne demeura pas en aus que leur Si- 
res ne fcuft honni par leur pourchas , &: pour che puet dire li Sires , que il font il trai- 
ftrc, & quant li Sires les prent puis le fet que il aront meftct contre li par laliance fcte, 
tous les confentans qui fonc au fcc ont mort dcfcrvic fc li Sires veut, &: ont perdu quan- 



Chapitre XXX. jy^ 

qucs il onc, car il cfl: clerc chofc que i! font tous Traiftrcà leur Sciçracur & ncpour- 
quanr fc il.nia hounic mort li Sires feillui plct fcn puct paflcr par pcnrc le leur à fc 
volcnté & par aus tenir en longue prifon , & bon cft que il en face tant que li 'au- 
tres qui le verront fen chaflicnt. 

Pour donner erfamplc as Seigneurs que il fe prcgnent près de punir & de ven-rier 
tes Alianccs , lî toft coume il voit que il naiffent ou doivent naiftre par aucun mou- 
vement je vous conterai que il en avmt en Lombardic. 

Il fu que toutes les bonnes Viles àc li Chaftel de Lombardie furent à l'Empereur 
de Rome en fon dcmaine & tenues de lui,&: avoitfcs Baillis fes Prcvofl & fes Scrjans 
par toutes les Viles, qui jufticoient & gardoienc les droids l'Empereur, & avoienc 
cfté pardevant tuit li Lombars moût obeifîans à l'Empereur comme à leur Seigneur 
or avint que en l'une des bonnes Viles avoit trois riches Lombars à qui li Baillis n'a- 
voir pas fait leur volentcs ains avoir fait pendre un leur parent pour fa de(rcrte&: pour 
droit de Jufticc, li Lombar en furent meuz par mauvcfTc caufc &:pourchacicrcnt mali- 
cicufemcnt un Houme foutil,malicieux&bien parlant,chil par Icnnorrcment de chaux 
fe mill en Tapinagc & ala par toutes les' bonnes Viles de Lombardic, & quant il ve- 
noit en une Vile , il enqucroit dix ou douze des plus fors de Lignage «Se d'avoir puis 
parloir à chafcun par foi & leur difoit que les autres bonnes Viles s'eftoicnt acordccs 
privcment que des ne vouloient plus eftrc en l'obeiflance de Seigneur &: que la Vile 
qui ne (i acorderoit feroit deftruite par les autres bones Viles & feroit chafcune bone 
Vile Dame de foi , fans tenir d'autrui , tant fift &: tant pourchacia chil meflages que il 
mill en cinq ans aupourchacicr,que au chief de cinq années en unfeul jour & en une 
feule heure toutes les Viles de Lombardie tournèrent fus à chaus qui cftoient à l'Em- 
pereur &: les prindrent coimme fex qui ne fen donnoicnt garde, &: quant il les curent 
pris il leur couppcrent les telles à tous ,&:puis eftablircnt en leurs Viles tex Loix & 
tex Couftumcs coume il leur pleut, ne oncquespuis ne trouvèrent Empereur qui fcfec 
venjeaft ni adrecafl:,&: par che poues vous entendre que chc eft grant perix à tous Sei- 
gneurs de foutfrir tex Aliances entre fes Songez, ains doivent toujours courre au de- 
vant fi toft coume il fen pueent apercevoir & fere venjeance fclonc le Meiïet , fî 
comme je ai dit delfus, 

Grant Meffcteftdautrui mètre à mort, & doit eftre le Jufliche afpre &■ cruelle cou- 
me de traincr & de pendre chelui qui le tet, nepourquant len puet bien mètre à mort 
autrui que len nen pcrt ne vie ne membre ne le fien en deux manières. Le première 
fi cliquant Guerre eft ouverte entre Gentiexhoumes & aucun occift fon anemy hors 
de trêves ou de aifeurcmcnt : Le féconde manière iî cft de tuer autrui feur foi défen- 
dant. 

Mètre autrui à mort feur foi défendant eft quant aucuns ne fc donne garde que 
len le doic afTaiUir & len laffaut par haine ou pour li rober, ou à le requcfte dautrui 
par louier, fe chil qui en tele manière eft alfaillis voit que il getent à lui fans mercy 
cous qui portent péril de mort , & eft fî opprefte que il ne fe puce mctrcà garant, il li 
loit à foi défendre, & fe il en foi défendant en met aucun à mort on ne li en doic 
riens demander , car il le fet pour le mort efchiver, & fe il eft appelles en Jugement 
fur chele occifion il puet bien venir avant & atendre droit, mes que il puift bien c/lre 
prouvé que il le fift feur foi défendant , fi comme il cft dit deftus. 

Quant un Hons eft affaillis en chaude niellée de poinz & de piez tant feulement fans 
armeure dont len puift mètre à mort, & chil que len bat pour foi défendre tr.ut au- 
cune Armeure, 6c en met aucun à mort de chaux qui laffaillirent,il na pas bonne refon 
de dire que il loccift leur foi défendant, car il neli loifoit à foi défendre fors de poinz 
&de piez, puifque il neftoit alfailli darmcure dont il nepouoit eftre trais à mort, donc- 
ques qui autrui met ainifint à mort il doit eftre jufticié. 

Qiu amefure fon fouget pour avoir avancés de pluriex cas , li fougct fe paffent par 
leur ferement que il en ont bien faict che que il doit, &: orres les cas efquiex il pueenc 
paffer pour ferement. 

Le premier cas iî cft quant aucuns qui à travers mec fus à aucun que il a fon tra- 
vers porté , fe chil à qui il le met fus vient dire que il en a bien fet che que il deut 
par fcn ferement , il fen pafle quites &; délivres , mes bien fe gare que il nen entre en 



jj^ De flufieurs M effet s , &c. 

connolilancc ne en viance,ains fonfercmcntjCaril auront au fercmcnt rcnoncié ficoumc 
fe il difoic ie ai paie mon travers, ou je ne cuidoie pas devoir travers f'e il diibit une de 
ces chofcs il ne venroic pas après au leremcnt, car fc il difoit je ai paie mon travers &: 
on 11 nioit, il convenroic que il le prouvafl: par prucves, & fe il difoit je ne doi point de 
travers , il convcnroit que il difc refon pourquoi & que il mift la rcfon en voir fc elc 
li cftoit niée, mes il pouroir dire tele refon que il en feroit creu par fa foi , ii coume 
fc il difoit je fuis Clerc ou fes denrées font à Clerc ou à Gentilhoume, ou à pcrfone 
previlcwiée &: font pour leur ufer, de tex refons feroit li acufés crcus par fa foi, &: feil 
difoit je ne cuidoie point devoir de travers,il renonce au fercmcnt,& ii doit paier le tra- 
vers &: l'amande , car fes Cuidiers ne f excufe pas dou meffct, car chafcuns qui maine 
Marcheandife doit enquerre li Couftumes des lieus par là ou il palfc fi que il puift 
paier , che que il doit fans emporte le droit des Seigneur. « 

Voirs eil que Clers ne Gentiexhons ne doivent point de travers de chofes que il 
achètent pour leur ufer , ne de chofes que il vendent qui foit crevé en leur Hireta- 
o-es, mes fe il achatentpour revendre fi comme autres Marcheans,il convenroit que les 
denrées s'aquitalTcnt dou travers &c des Chaufliés &: des Tonlieus en la manière que 
les denrées as Marchans faquitenr,&: che que je ai dit des travers je entend de toutes 
manières de Paages &: de Tonlieus,car tout foit que les Rccoitcs ne foient pas omnies, 
ncpourquant toutes tex manières de Redevances doivent eftre démenées fclonc les 
Couftumes dcflus dites , fors entant qui emporte travers & en eft atains, lamande eft 
foixante fols &: dou travers rendre, & qui emporte fon TonUeu ou fa Chauffiéc l'a- 
mande eft fimple de cinq fols. 

Le fecont cas dont li accufés fe pafle par fon ferement fi eft quant aucun Sire a- 
cufe fon tenant que il ne li a pas paie fon Cens à jour , en che cas fî li acufés veut di- 
re que il en a bien fet che que il dut, il fe pafl'e par fon ferement , mes bien fe gart 
que il ne entre en connoifl'ance ne en niance, car il renonceroit au ferement fl coume 
je ai dit dcflus à chaus qui font acufés de travers emporte. 

Le tiers cas dont li acufés fc pafl'e par fon ferement fi eft quant aucuns Sires accufe 
fon tenant que il ne li a pas paie fon champart iî coume il doit, fe li Acufés vieut 
dire que il en a bien fet che que il doit par fon ferement, il fen pafl'e fe il le fet en la 
manière que je ai dit des autres cas deflTus fans entrer en connoiflance, ne en niance, 
&: fans alliguier autre refon que le ferement, &: auflînt de toutes Rentes deues qvii 
renouvelent chacun an fe paflTe li Accufés par fon ferement que il en a bien fet che 
que il dut , mes quant il s'en eft paflfés une fois par fon ferement de celi cas dont il 
s'eft pafl'és , il ne s'en puet pafl^'er une autre fois, car fe il s'en pafl'oient tousjours , li 
Seigneurs en pouroient eftre moult domagiés par les tricheurs qui metroient poi à ans 
parjurer pour eftre quites de leurs redevances &c de leurs meftes. 

Pierre fi champarta à uiî fien tenant une pièce de terre, &: commanda à fon tenant 
que il li amenaft trente Gerbes que il i avoir de Champart, que de droit chacun eft 
tenus à amener le Champart de fon Seigneur, dont avant que li remenant & le tenant 
charchales Gerbes dcfl'us dires & les mena en la Granche de fon Seigneur , &: quant 
il les conpta il ni en trouva que vingt-neuf, & quant li tenant vit che,il dit à P. fon 
Seigneur , Sire , il me faut une Gerbe de voftre droit je ne fai fe elc meft cheue ou 
fe ele meft mefcontéc, mes je la vois querre &: lerai chi mes Chevaux &: ma Charcttc 
dufques à tant que je laurai rapportée, 

A che refpondi P. que il ne le vouloir pas, ainchois vouloit que il li amandaft che 
que il neli avoit pas paie fon Champart ii coume il devoir &: coume il h avoit com- 
mandé , &c feur che fc miftrent en droit à favoir fe il avoit amande en cel cas. 

Il fujLigié que il ni avoit point damande par le rcfon que li tenant mcifmc fc acu- 
fa avant que il fe departifift de le Granche,&: vouloit .aler querre le Gerbc,ains que il 
amenaft fes Chevaux ne fc Charcttc , mes fc h tenant en euft menés fes Chevaux & 
fe Charcttc fans (bi accufcr hors de la Granche , &; fins le Congé de fon Seigneur la- 
mande i feuft , & par che puet on entendre que les Amandes font eftablies pour che 
que on fc garte de meflxre pour paour d'avoir damage, mes chil na pas très -bonne 
confcicnce qvii lieve Amande de chofe qui ncft pas fctcmalicieufcmant, tout foit che 
c^uc l'en en puce bien lever en pluriex cas. 

Piecr« 



Chapitre XXX. jj^ 

Piene Ci arrefta les denrées de Jehan pour chc que il li mctoic fus que il cmpor. 
toit Ton travers, à che refpondic Jehan que il lavoir paie à un lien Scrjant & le nom- 
ma, &r aprez quant P. li eut nie il Tcn vont paflcr par Ton (crcmcni & lui- che fe mif- 
tient en droit à favoir fe Jehan avoit rcnoncié au Sercnicnt pour chc que û avoir dit 
que il avoit paie. 

Il fa jugié que Jehan ne fen paflcroit pas par Ton Scremcnt , ainchoisconvcndroic 
que il prouvait li paicmant par preuves , &: par che Jugement puet on entendre que 
qui fe veut paflcr par Scremcnt des Amcfllires dont on fe puet paflcr par Couftunic 
on doit dire tout (implemcnt jeu ai bien fct chc que jai dui ÔC adoncques il l'en paflc 
une fois fi coumc jai dit dcflus. 

Pierre & Jehan fi avoient en un grant tcrrouer le Cbamparr là ou il i avoit moue 
de tenans & de fi lonc tans coumc il pouroit fouvcnir, li tcnans avoient menclc Cham- 
part de ches lieus en une Granchc &c la parriflbicnt P. &: J. fi coume il facordoicnt 
moitié à moitié, puis avint que P. ne veut pas que les tenans di ces lieus menaflcnt 
plus fx moitié de Champart el lieu ou il avoient tousjours mené, aiiichois vouloit que il 
le menaflcnt en une Mefon que il avoit hors dou Tcrrouer &: hors dou Fief dont les 
Champars mouvoicnt. 

A che refpondoientli tenans que il ne vouloientpas cftre rcnu à che ferc ne amener 
ne le vouloient fors ainfit coumc il avoient accouftumé de mencr,& fe lidis P. ne vou- 
loir pas que on le mcnafl: en ccl lieu il le metroient quele part que P. voudroit au Ter- 
rouer douquel les Champars font tenu. 

Il fu jugié que lihoumes le mcrroicnt pas hors douTerroucr,&:que iloffioicntaflcs. 

Le quart cas douquel li acufes fe pafiTe par fon Scremcnt fi cfl: quant li Sires dcman- 
<Je aucune defaute dajournenicnt,&: li ajournemens ne fu pas fet à fe perfonnc, ain- 
chois fu commandé à fe famé ou à fe Maifnie ou as Voifins de l'Ajourneeur que il li 
deifllentque il feufl: à tel jour par devant fon Seigneur feli ajournés vient jurer que il 
ne lifu pas dit il fe pafl^e de le defaute tant de fois coume il cfl: ainfit ajournés , mes 
commander li puet li Sire que il metent tex gens en leur Oftiens qui leur facent afa- 
voir les Ajournemens, & fe il ne le font le Sire puet lever dans Amandes de commen- 
dement trefpafle , &: fe li Sergent qui ont pooir d'ajourner dient par leur Scremcnt 
que il firent l'Ajournement à fa perfonnc, li Ajournés eft en la defaute ne ne fen puet 
efcufer par fon Scremcnt. * Mes fe il efl; fez en fon Oftel en la manière defllis dite il 
fe pafl!e par fon Scremcnt. * Et tout ainfit efl: il des Gentishoumes qui font ajournes 
par pers par refon de Fief, fi li Ajournement cfl fct à fa perfonnc il ne fen pueent cl- 
cufer , mes fe il eft: fet en fon Oftel en la manière dcfllis dite , il fe paflTe de le de- 
faute par fon Scremcnt. 

Li quint cas fi eft quant li Sires met fus à aucun que il li a fe fefine brifîée,À: le fe- 
iine fi fu fête en derrières de chelui qui le brifa,fi li Acufés vieut jurer que il ne feut mot 
<dele fezine ilfepaflredelamandedelefezinebrifée,mes toutes voies doit il lelieurefefir. 

Pierre propofa contre Jehan que il li avoit brifié fe fefine , parquoi il vouloit que 
il refaififift le lieu , & que il amandaft che que il avoit fe fezine brifiée. A che rcf- 
pondi Jehan que il ne favoit riens de fe fezine , car ele ne fu pas fête à lui ne en fa 
prefence, & fe vouloit iljurer,& feurche fe miftrent en droit fe il fenpaflferoit par fon 
ferement. 

Ilfu jugié que Jean fen paflieroit dclamande de fefine brifiécpar (ori ferement puis 
que le fefine ne fu pas fête a. lui ne en fa prefence, mes il feroit tenus au Heu refefir & 
larcfaizine fece fe il la brifôit puis il chefroit en lafflânde de fefine brifiée, car adonc- 
ques ne fen pouroit il efcufer. 

Bien fe gart qui fet à autrui damage en Blés femés ou en Mars ou en Bos ou en 
Prez que chil qui cfl: pris en damage fefant efl: tenus à rendre tout le damage qui eft 
trouvés ou prouvés par laparance dou lieu , tout foit che que chil qui i eft pris nait 
pas fet tout le damage , ainchois le firent autres gens qui ni furent pas trouvés , car 
îc chil qui eft pris ne rendoit que le damage que il a fet prefentcmcnt doncques au- 
roit il grant avantage daler en Meffet que toutes les fois que il ni feroit trouvé il feroit 
quittes dou damage, &ainflrit pouroient eftre moût de biens eflîlles, &: pour che eft bo- 
uc leCouftumeque chil qui y eft trouvé rende tout le damage &: lamande,mcs laman- 

Tout ce qui eft marqué avec une Etoile manque danî le Livre de M. de la Louetticre & de Aî- Colberc. 



de cfl (impie clrcfl: à favoir de cinq fols & en tcx lieux i a fcpt fols fiz deniers, &: eii 
tex lieux i a de douze deniers fclonc le Couftumc dou heu, & en telc manière pon- 
roit cftrc fec le damage que lamande feroit de foixante fols , fi coumcqui emportcroic 
dcl'pcuiUes ouvrées coume Bled en Javelles ou en Gerbe, ou^ Pré fauchic, ou Bois cou- 
pé, &: en tele manière len pouroit on porter que len le trcuveroit à larreciUjfi coume qui 
lemporteroit par nuit àChcval ou à Charcttc ou autremat dufques à le value de deux fols. 
Les Couftumcs des damages qui font fet ez Vignes fe diveriificntcn tant de licus 
que len ni puct mette droit quemun ez amandes , ainchois en convient ufcr fclonc la 
Couftume de chafcun lieu , car chil qui efl pris cz Vignes & ueprent des Raiiîns que 
pour fon mcnt^icr fe pafTe en moût de lieus pour un denier, &: en tcz lieus i a pour hx 
deniers &: pour che convient il garder le Coultume de cliafcunc Vile en cel cas; mes 
qui en emporteroit en vendenjant pour fere Vin ou pour fere Verjus par nuit dufques 
à la valeur de deux fols ce feroit larrecins , & doit eftre chil qui eft pris en tel cas ju- 
fticiés comme Lierres , &: feil emporte fî peu que len ne loze pas jugier à Larron , Il 
eft lamande de foixante fols quant il lemporte par nuit. 

Chafcuns puet penre en fon Hiretagc oufcrepenre chi queil!trucvc meffefantconi- 
ment que il tiengne l'Hiretagc de Seigneur; ou en Fief ou en Vilcnage, mes fe la prj- 
fe eft fetc en ce que il tient de Seigneur en Viknage , il h doit fere tantoft mener en 
lePrifon dou Seigneur de qui il tient l'Hirctage , & doit requcrre au Seigneur que il 
lui face rendre fon damage, &; adoncques h Sires doit demander à chi qui eft pris le 
chc eft voirs dont ciaus qui le prift lacufe, &: fe il le connoift il doit fere rendre Is 
damage à fon tenant par eftimation de bonnes Gens, & fe il le nie il convient que chil 
qui le prift en fon Vilenage le prueve par li & par un autre , & fe il le prucve fon da- 
ma<Te h doit eftre rendus, &c h pris eft en deux Amandes au Seigneur : La première 
Amande fi eft du Meftct , &c la féconde fî eft de la Niancedonc ilattains,&' fe chil qui 
en chefte manière prcnt en che que il tient en Vilenage ou fet penre fe il mettoit le 
Pris en fa Prifon, ne il ne expletoit dou Meft"ct coume Juftiche, & fcs Sires le favoic 
à qui la connoiflance appartient, tout che que il auroit fet ou rapclé & fi l'amanderoic 
à fon Seigneur che que il aroitufé de la Juftiche &: feroit lamande de foixante fols fuft 
de Gcntixhons ou de poofte. 

Se chil qui eft trouvés en damage ferefqueut à cheluiqui le prent,touc foit chèque 
chil à qui h Hiretages eft le prengne , il l'amande de foixante fols, mes l'Amande eft 
au Seigneur de qui li Hiretages eft tenus, &c fêla refcoufle eft niée il la convient prou- 
ver à chelui qui la prifc fift en fon Vilenage par deux Tefmoins , & fe li Refcouerres 
fen va en refcouant maugré le Preneeur, le Preneur le doit monftrer à fon Seigneur, &: 
li Sires le puet fievir pou r s' amande & pour fa refcouftc, &: pour fere rendre le dama- 
ge à fon tenant -, mes fe li Sires vient pourfievir la connoiftance en appartient au Sei- 
gneur deffous qui chil qui fu pris eft couchans & levans, & fc h Sires en qui Juftiche la 
prife fu fête ne la vieut pourfievir pour che ne lera pas chil qui le prift en fon Vile- 
nage à lui pourfievir de fon damage. 

Li Serjant de chafcun Seigneur qui font eftabli par foi ou par ferement à garder 
Juftiche font creude leur prifes &: de leur refcoufles qui leur font fêtes, mes que chc 
foit contre perfonnes defquiex le refcoufle ne puet monter de foixante fols damande , 
car fe un Gentixhons cftoit acufés dun Serjans que il li euft fet refqueuftc, & le Gcn- 
tixhons le nioit, il convendroit que il feufl^ent deux Serjans à prouver ou unloial Tef- 
moing avecques un Serjant- pour chc que la refcoufle dou Gentilhoume porte foixan- 
te livres damande, &;il neft pas rezon que une feule perfonne foit crcuëde hgrantcho- 
ze en tefmoignage. 

Ilavient fouvent que un Serjant prent en le Juftiche & en le Seigneurie de fou 
Seigneur &: quant il a pris & il le même en le Prifon de fon Seigneur , il convient que 
ilpaflc par autrui Seignourie, &c quant chil qui eft pris fe voit en autre Seignoune que 
en ccle ou il fu pris , il fe refqucut & fen va à force , que fera doncques h Serjans a 
qui tele rcfcouflîeeft fête , il le puet pourfuir <S<: fere areftcr ou que il le truift hors 
de lieu faint, & chil en qui Seignourie il eft arreftés le doie rendre au Seigneur en qui 
Seignourie il fu premièrement pris , &l la doit eftre prins dou damage pourquoi il tu 
pris & de lamande, &: fc h Serjant ne le pourfieutpas, ou il ne le puer pourfuir , pour 
(rhc que chil qm le requcuft fcmct en B(js ou en Buifl^ns ou en lieu faint, pour che 



chapitre XXX. jj^ 

ine Icra pas le Sires en qui Scignouric il fii pris à li ficvir par devant le Seigneur dcf- 
foubz qui U eft couchans &c Icvans, &: li doit cftrc renvoies pour rendre fon^amacre & 
pour lamande, & lamande de le rercouflc il doit eftre au Seigneur en qm Terre eîe fu 
fête fe il len vieut pourfievir. • 

Nus ne ra fa Court d'Ouinc qui eft pris en prefent MefFct foit en mcUce , foit cri 
damage faifant à autrui , ainchois en apartient le connoiffànche au Seigneur en qui 
Terre le prifc eft fetc , mes fe liMaufaiteur fen part fans eftre arreftés le connoifTan- 
che en apartient au Seigneur deflbus qui il eft couchans Se levans, cflîeuté le Conte 
qui connoift des Meffets qui li font fets. 

En tous les cas là ou len fe puet paftcr par Loi felonc noftre Couftumc quant li 
ïeremens eft fes len ne puet puis traire à Amande chelui qui le fet , & fe len dcman- 
doit à aucun, aucun meftct douqucl il ne fe devroit pas pafter par Loi, & il advenoit 
que chil qui l'accufe en prenoit Loi il auroit renontié à tel droit comme il auroit en 
lamande, &: à che puet on veoir que qui prentLoi chil doit eftre creus qui la Loi fet, 
mes cheft cascntendon nous en acufation de travers emportes, ou Tonlieuz ou Cham- 
parts, Cens ou Rentes, ou de Mafures , defqueles len fe puet palfer par fon ferement, 
car nous veions bien aucuns cas efquiex il convient bien fere ferement, & (ipouroit on 
bien autre chofe fere perdre que eftre parjures, & dirons comment. 

Quant biens viennent quiex biens que che foient Mueubles ou Hiretages , il con- 
vient bien que chafcune patrie qui a aucuns des chofes qui à partie doic venir , jure 
fans riens retenir ne celer, &: fe il avient que chil qui jure en celé riens ou detiengne 
contre fon ferement, & l'en le puet prouver contre h, il pert tout che qui fu concelé, 
ou che que il détint contre fon ferement, &c l'emporte le partie que ilcuidc couLhicr, 
& demeure mal renommés , & fi en puet encore (es Sires defous qui il eft couchans 
& levans lever grant amande pour le mauvais ferement dequoi il eft attains , cheft à 
fâvoir foixante hvres fe il eft Gentixhons , & fe il eft hons de pootc foixante fols , &: 
tousjours puis len le puet débouter de tefmoignage , car che n'eft pas drois que chil 
foit puis creus en ferement qui eft prouvés à parjurés , &: che que nous avons dit des 
Parties nous entendons auffint des Raports qui doivent eftre fez par Couftume entre 
Énfans qui reviennent à partie aprez le decez des Pères &: des Mcres, 

Nous avons parlé d'aucuns cas en che Chapitre meifme par lefques il appert que 
li hons de poote puet bien mcff*aire tel mcffet que l'amande parte foixante fols tout foit 
che que il nait pas mort deflervie pour le meffet, & encore en dirons nous d'autres; 
cas que nous avons veu jugier & exploitier de notre tans. 

Deus Frères fi plaidoient en l'AlTife de Clermont par devant Nous pour leur Par- 
' ities, & propofa li un entre le manière contre l'autre Sires à un jour qui paftanousfeif- 
mes convenances de nos parties , & furent les convenances efcriptes & fcellées dou 
Seel de le Baillie à le requefte de nous , & furent ches Lettres bailhées à garder à mort 
Frère pour moi & pour li, dont jerequier que ches Lettres foient aportées avant, &: 
que len nous face nos parties tenir felonc le teneur des Lettres. 

A che refpondi li autre Frère , chertés ches Lettres ne apporterai je pas, car eles fu- 
rent fauflement impetrées & feelées, & nous qui tenions le Court quant nous oifmes 
que il difoit paroles qui touchoient à le Court &: à le Partie nous li deifme , gardez 
que vous dites , & il dift encore de rechief que eles cftoient fauflement impetrées &: 
fcellées , & à doncques nous propofames contre li , &: dcifmes tex paroles avez dires, 
fi vous commandons que vous aillés avant ainflînt comme vous devez aler en tex cas, 
fe vous connoiffiez que vous ayez ainflînt dit &: fe vous le niez, nous le mettrons 
en voir, & maintenant il ne le vout connoiftre ne nier, &: fu retenus en prifon , & 
puis la fin fu tele que il l'amenda connoiflaument , &: requift que len li fift l'amande 
jugier , l'amande jugiée par le confeil le Roy de France , &: le Confeil le Conte de 
Clermont fon Frère, ele fu jugiée que li Quens en pouoit lever felonc fe volente , &: 
fu fe volenté a trois cens livres qui en furent levés , &c par cel Jugement puet len 
veoir apertement que en pluriex cas hons de poote puet bien meflcre plus de foixante 
fols. 

Encore chil qui garda le Foreft de hez pour le Comte, &r un hons de poote li 
Gontentierent enfamle, & tant montèrent les paroles que li hons de poote donna au 

y '} 



jSo 2)^ plufieurs çj^ffets , &c. 

Forefticr une Buffc, &;puis le nous amenda connoiilaument, & l'amande fcte il n'cn^ 
ofaatcndre Jugement, aincois fen mifl: en nolhc volenté , & nous en levalmcs vingt 
livres , &c fî créons par le confeil que nous en cufmes que li ele fufl venue dufques à 
JuCTcmcet, ele euft été jugicc à le volenté dou Comte, car niout fet grant dcfpit 'i 
Ion Seigneur qui Ton Serjant li bat. 

Nous avons parlé en clieft Chapitre meifmcs comment chil doivent eftre apclés 
qui font accufés de cas de crieme, & ne viennent à Court fi comme il doivent. Or 
veons de ceaus qui font pris & emprifonne pour cas de crieme contre lefquiexnus ne 
fe fet partie , ne li fez n'eft trouvés notoires parquoi len les doie jufticier , combien 
felonc noftre Couftume len les doit tenir cmprifonnés , nous difons que tant de tans 
coumc il ont quand len les apclc par Couftume avant que il doient cftre banis tant 
de tans len les doit tenir en prifon avant que il foient délivre dou fet par Jugement , 
&: che entendons nous cz Appiaux que li Gentilhommes ont , car il eft dit que li 
lions de poote neft appelés que par trois quinzaine en Prevofté , & puis en une Aflîfe 
de quarente jours au meins , &: fe il ne vient à chele Aflîfe il doit eftre banis , & li 
Gcntixhons avecques les trois quinzaines de Prevofté il doit eftre apelés à trois Afllfcs 
donc chafcunc contiengne quarente jours au meins. Or pouez doncques veoir quant 
len tient houme emprifonne , fi comme il eft dit deflus ^ foit Gentixhons ou de poote , 
len doit crier par trois quinzaines en Prevofté , & aprez par trois Aflîfes , dont chafcu- 
ne contiengne quarente jours au meins , nous tenons tel houme en prifon , &: pour le 
foupecon de tel cas, &: doit on dire le cas, fe il eft nus qui li fâche que demander 
nous fommes appareiUics de fere droit ; &: quant tout cil cri fopt fet, &: nus ne vieiic 
avant qui droitement fe vueille fere partie, ne li Juge de fon Office ne puet trouver 
le fet notoire , li Emprifonnés doit eftre délivrés par Jugement , ne ne len puet nus 
puis la délivrance acufer. 

Nous tenifmes un houme pour foupecon emprifonne pour le caufe d'une occifion, 
tant comme il eft dit deflus , & fîfmcs crier en le manière que il eft dit,&: aprez che 
que tout li cri furent fct,& le quarentaines paflees partie traift avant , &: l'acufa droi- 
tement de cel fet , & li emprifonnés mift en fa defi^ence que il avoir efté tant tenus 
en prifon , &: tant de fois l'avoir on crié coume Couftume l'arportoit , ne en cel tans 
nus ne s'eftoit fet partie contre li parquoi il requeroit fe dehvranche par Jugement , 
comme len venift trop tard à H acufer. 

A che refpondi li acufierres que il i venoit aflez à tans, puifque fe delivranche ne- 
ftoit pas encore fcte par Jugement, &: fur che fe miftrent en droit. 

Il fu jugié que li Accufierres venoit aflez à tans puifque il trouvoit chil que il acu- 
foit en main de Juftiche avant que delivranche li fuft fête par Jugement -, mes fe li 
Jugcmens de le delivranche fuft fez li acufterres venift à tard , mes pour che que il 
vint à tans li gage furent receu,&: par cel Jugement puet len veoir le pctil qui puec 
eftre à cftre tenus en prifon plus que Couftume ne porte, ôc pechié fet h Juges qui 
ne haftc le Jugement de le delivranche quant il ont efté tant tenu en prifon comme il 
a efté dit deflus, èc il ne trueve le fet notoire, ne nul qui fe face partie dedens le 
tans dcfllifdit. 

Li Prevos de Clermont.propofa contre dix hommes que il voloit avoir de chafcun 
un amande de cinq fols pour che que il leur avoir fet commandement que il fiflent 
comme bons pièges dedens les nuis de une dete de lequele il avoicnt conneu plcge- 
rie. A che rcfpondirent li houme que entre aus tous ne dévoient que une feule aman- 
de de cinq fols , pour che que li commandemens qui fu fet à tous fu d'une feule que- 
rcle, ou d'une mefme dete, S>c fur che fe miftrent en droit , aflavoir monfc chafcuns 
paicroit toute l'amende de cinq fols. 

Il fu jugié que chafcun paieroit cinq fols d'amande , & par cel Jugement puet len 
veoir que nule amande de commandement trcfpafsé ne fe fet par partie, & auflintne 
fe fet clc en nul autre cas , mes bien eft voirs quant len fet pes d'aucune querele, & 
aucune amande eft efcheue par l'errcmcnt dou Plait , &: les Parties s'accordent à fe- 
re l'amande d'une main, en tel cas l'une partie doit autant de l'amande comme l'autre. 
Il ne convient pas que Semonces foien t fêtes en tous cas , puilquc l'en truift che- 
lui de qui l'en fç vieut plaiadrc en Cour t de Seigneur qui a haute Juftiche eu lîi Terrej 



Çi comme qui pouiTicut aucune chofe qui li a cfic raautoluc', ou quant on le vieut 
acufci- d'aucun vilain cas de crieme, &: nepourquanc entre chcs deux cliofes a diffé- 
rence ,• car fe il efl: pourfuis pour chofe que il ait en Ton commcndcment & Icn M 
met fus que il ait colue ou emblée, chil en qui court , il en efl: attains ou arreflicz en 
a le connoilîanche & puct vangicr le mcfct quand il en ell attains, mes fc il cflraccufé 
de cas de crieme fans pourfuite de chofe qui foit en tour,li ou en fon commandement H 
acufcs puct dire aie Juftiche,Sire,jemefcrai bons & loyaus, & fui prcllquc je riicfpurfrc 
deche que il me met fus en la Court dcMonfcigncur là où je doi cftrc jufticics , chcft 
à favoirdou Seigneur lous qui je lui couchans &: levans, ou dou Souverain de qui mes 
Sires tient, &: fc il dit ainllint il doit eftre renvoies en le Court de fon Seigneur, S>c fc 
il va tout limplcmcnt en fe defence faîis requerre que il (oit renvoies à fon Seigneur li 
Sires ne fet nul tord fc il maintient le Plet de l'acufarion qui ell fcte par devant li. 

Lcn doit moût fecourre les negligcns qui ne fevcnt pas les Couftumes puur chc 
que il n'ont pas reperié es Pies ne es Jugemens quand il font acufc foudainement de 
che dont il ne fe donoient garde quant il palTent le Couftume en aucune chofe /atis 
malice, fi comme il avint que P. trouva J. en Court (ans chc que il li euft fet ajour- 
ner &: l'accufa de traifon , & dift le cas &: coumcnr , &: l'otfroit a prouver par ga- 
ges fe il le nioît , &: J. qui de che ne fc donnoit garde rcfpondi que il manderoit de 
fes amis & de fon confcilg, &: ne fu pas (i fige que il demandai]: congic à fon Sei- 
gneur de remuer foi de devant li , ainchois ala à une part dou pourpris parlera fis amis 
que il eut mandés, &: revint pour refpondre au crain qui clloit fcs contre Ii avant 
que 11 Plet fcufîent tailli , &: pourtant coume il s'eftoit partis de devant le Juge, P. le 
veut avoir ataint de le traifon que il li avoir mife fus, &: fu mis en Jugement. 

Il fu jugié que Jehan ncrfcroit pas condamnés de fî vilain ca^ pour fi petite nco-Ii- 
gcnce, mes fe il fc fuft mis en pure defaute fans revenir en le journée , tout fut il 
ainffint que il ne fuft pas ajournés à refpondre contre P. feur ccl cas il venift puis à 
tard à fe deffence , & par cel Jugement puetlen veoirlc péril qui efl: en défaillir quant 
l'en efl: acufés de vilain cas , &: auffint coument l'en ne doit pas condenner de fî 
grant chofe pour un poi de négligence. 

Il advient moût fouvent que li aufcuns fortraiènt les Famés d' autrui , ou leur Fil- 
les, ou leur Nièces , ou celés qui foht en leur gardes , ou en leur mainburnics , & fen 
vont à tout hors de la Contrée, & de teles i a qui emportent ou font porter par chaus 
^ui les cmmaincnt che que eles puent avoir ne prendre ez hoftiex dont elès fe par- 
tent, & quant cas aviennent, &; chil en font pourfui qui les emmcnerertt lèn doit 
moût regarder à le manière dou fet , & qui mut cheli qui la famé emmena à che feré 
ou l'amour de le perfonne ou volenté de fere larrecin, & pour che que nous en avons 
veu moult de Plaidz, nous en toucherons d'aucun. 

Se Pierre emmeine la famé de J. ou fa Fille ou fa Niccc, ou celé qui efl en fa 
garde, & il n'emporte riens avec la famé fors che que ele a accouftumé à veftir, & 
Jehan vieut acufcr P. & mettre en gages par dire que P. U a mautoluc &r traitremeht , 
cil gages gifcnt en la reconnoiflanche de la Famé &: en fa renommée , car fe ele rc- 
cognoifl que ele s'en ala avecques li de fon bon gré fans force fere , il n'i a nus cr^acs 
mes fe ele difoit que force len fuft fête, &: difoit la force fête , & coument & que 
pour paour de mort ele obéi à fe volenté, & fi toft coume ele peut ele fc mift hors de 
fon pouoir pour eftre à fauveté, à donques i feroient li gage par le refon dou rat, l'en 
apele rat famé cfForcier. 

Se Pierre cmmaine le famé qui foit en le garde de J. & il fet fardel de l'avoir J. 
& l'emporte aveques le famé, & il eft pourfuis de Jehan ou d'autrui de parj. P- doit 
eftre arreftés en quelque Juftiche que il foit trouvés , & fe len le poûrfieut de larre- 
cin le famé ne le puct pas efcufcr , puifque ele ne puet dire que les chofcs fuflent 
fîeves , mes de fon corps le puet ele efcufcr fe il en eft pourfievis fî comme il eft dît 
defTus : doncqucs puet eftre jufticies P. comme lierres pour les biens de J. que il li 
embla, non pas pour le famé puifque ele fen ala aveques li de fon bon gré. 

Or regardons le P. cmmaine le famé de J, &: emporte aveques le Famé des Mue- 
tles J. autres chofcs que les Robes & les Joyaux de la femme, fe J. puet pourfievir 
P. de larrecin , ou fe la famé en poura P. efcufcr par dire , je pris des Muebles com- 



j^È 2)^ flufteurs Mejfets , têc^ 

me des miens , nous difons que en che cas ic famé ne puet P. efcufcr de larrccin ^ 
puifque il les ait dcfpendus ou aloucs ou vendus comme les iicns , car le famé n'a 
riens en le propriété des chofes fon Mari tant comme il vive pour mauvcfcment ufcr ; 
car feele perdoit par fere mauves marchié fi le pouroit les Baron rapclcr, & nepour- 
quant ele en fa pcrfonnc tout foit che que ele en ufe mauvefemcnt ne doit pas eftre 
jufticié comme larronnefTc pour le raifon de le Compaignie & dou droit que li Ma- 
riage li donna , donques puet len veoir en tel cas que ele en fera délivré , &: P. qui 
ouvra mauvefement des chofes fera jufticiés comme herres. 

En tele manière fe pouroit plaindre Famé que force li auroit efté fête que ele nen 
feroit pas à croire fi comme il pouroit avenir que P. en aroit menée le Famé de Jehan 
ou chelle qui feroit en fa garde , &: aprez Jehan feroit tant que il la rauroit par devers 
li & \\ feroit par amours ou par prières ou par menace que ele accuferoit P. de forccj 
ou puet eftre que ele le feroit de fe propre volcnté pour cuider couvrir fc honte, &; 
pour donner à entendre que che ne fu pas fon gré que ele en fut menée, doncques fe . 
tele acufation eft fête moût de demandes appartiennent à fere à la Juftice première- 
ment fe ele cria, au prendre, &: fe ele dift oïl , & ele eftoit près de plante de Gent, 
ele ne doit pas eftre creue fe il neft fceu par aucun que len loi crier , &: fe ele ditnen- 
nil, onli doit demander pourquoi ele ne cria, fe ele dift pour péril de' mort pour che 
que il difoit que me occiroit fe je crioieclerefpont aflcs quant à chele demande. 

Apres on li doit demander ou il la mena & combien il la tint, & quele vie il li mc- 
noit, & fe len la treuve à mcnfonge par che que h contraire foit prouvé len ne la 
doit pas croire , après len li doit demander fe ele fe confenti puis à li de fe bonne vo- 
lenté fans force par pluvine de Mariage , fe ele ditoil, li gage font hors, mes fe ele die 
il fift tant par force & pour paour de mort que je li plevi ou il ameha un Preftrc en 
fecret lieu qui mefpoufa &je ne lofai veer que il ne mochcfift, ele refpondafl'es quant 
à chefte demande , &: fe il femble à le Juftice que ele refpondc afles as demandes qui 
li font fêtes &; que che puift bien eftre voirs li gages font à recevoir : Et fe elè eft con- 
traire à foi meifmes en refpondant as demandes parquoi il apere que ele vueillé entrer 
en faus gages len ne le doit pas recevoir ; car au refufer les gages che eft li pourfit de 
deux parties , & grant pechié fet le Juftiche qui reçoit gages en cas ou il ne doivent 
pas eftre , car il mettent les parties en péril de perdre cors & avoir. 

La Forfaiture de l'Oume & de le Famé qui font enfamble par Mariage neft pas du- 
ne mecs nature de tant coume as biens apartient , car fe le Famé mcftet tant que 
fon corps perde la vie, li Sires pour fon meffet emporte fe part des Muebles &: les Hi^ 
retages qui font de par li foit dacquefte, foit de fonHiretage, emporte li Seigneur, & 
tous autres Muebles demeurent au Baron, mes fe li Baron meft'et fon corps il perttous 
les Muebles aveques les Hiretages que nus de li Muebles ne demeure à la Famé , & 
par che appert il que tuit li Mueble font \ l'Oume le Mariage durant , car après le 
mort de lun ou delautre partiftent liHoir au lîi bien devers la Famé comme par de- 
vers l'Oume. 

Se Famé mcftet & puis fe deftourne fi que len ne la puet avoir pour jufticicr pour 
le fet quant ele eft baniepar Jugement pour fes defautes li Seigneurs pueent penreles 
Acqucfts &: les Hiretages qui à fa part apartiennent, fi coume il eft dit deflus , &: as 
Muebles &: as Hiretages dou Baron il ne doivent toucher, mes il eft tout autremant 
quant li Barons eft banis pour fon meffet & la Famé demeure lans coupe, car tout ni 
cuft ele coupes ele pert tous les Muebles que ele nemporte riens & encore toutes les 
levées des Hiretages qui font de par li & les levées de tous fes Conqucfts font en la 
main des Seigneurs , tant coume fon Baron vit fors que leurMcfon tant feulement, ert 
laquele ele doit avoir le couvert pour fon cors garantir, &: ainftîntcomperent clcs ma- 
lementles forfes de leur Barons, tout foit che quceles ni aient coupe, Se fe li Barons 
mucrt bani ou attaint dou Meftct , adonques joiftcnt les de leur Hiretages quimuecnt 
de par clés & deleur Aquefts & de leurs douaires, & le rcfcn pourquoi clcs nenjouif- 
fentpas tant coume leur Barons vivent, en tel point che eft pour che que aus Baron ap** 
partiennent tous les Muebles & toutes les levées de leurs Hiretages tant coume il vi-j 
vent, & encore pour che que fe les Famés jouiflent des levées li Malfetcurs enferoicnC' 
fouftcuus ;&: ncpourquant pour caufe de pitié fe le Famé qui eft fans coupe & dcmeur 



chapitre XXX, jSj 

rc en tel point & elena pas amis qui ne li puiflcnx ou ne li vaillent aminiftrcr Ton vi- 
vre, rropgrant cruauté fcroit que len la laiifaft mourir de fainoudcfcfpcrcr par pourcté 
que cle nauroit pas aprife, &: pour chcli Seigneur qui tiennent chc que Tiens fuft fc fcs 
Barons feuft morts lui doivent donner fouftenancc de vivre & de veftir , & fc il ne 
vuclcnt fere il en doivent eflre contraint par le Souverain, car tout (oit leCouftAmc 
II creu contre eles , comme il eft dit deflus, nepourquant li Rois ou chil qui en, tien- 
nent en Baronnie i puent metrc remède pour caufc de pitié. 

Entre les autres Meffes decoi nous avons parlé li plus grant après li cas de cricme 
û eft de mètre fus à aucun par mautalent que on âge u à Ç\ Famé charnclcmcnt,car 
che eft le vilenie que nus puifl: dire decoi chil à qui ele efl; dite fc courrouce plus, & 
parle grant courons que il en a puent avenir moût de maus à chelui qui le dit. Et fi 
icomme nous avons entendu des'anchiens il avint au tans le bon Roy Phclippc que un 
iHons dift à un autre par mautalent vous cfte couz &: de moi mcfmcs, &: chil à qui 
jtele Vilenie fu dite chai tantofl en fi grand ire que il fâcha Ton Couftcl & ochift chc- 
ilui qui le Vilenie Uot dite, &C quant il ot chelui ochis il fe mift en la Prifon le Roy 
Phehpe & reconneut le fet &c difl: que il lavoit ochis èomme fon ancmi^ car il difoit 
que il fe reconnoiflbit à fon anemi en tantcoumc il li rcprouvoit que il li avoit fet fi 
grant honte, &bien en requeroit à avoir droit, S>c fur che il fu délivré par Jugement 
par le bon Roy Phelipe & par fon Confcil. Etcoumc cel cas ne foit pas puis avenus 
que nous fâchons, Nout créons que fc il avenoit que chil qui l'ochiroit en cel cas nen 
perdroit ne corps ne avoir. 

Coument que nous foions en doute dou cas dclîus dit , pour che que il n'ell pas 
avenus en noftre tans nous fommcs chcrtains dautres cas qui font avenus en noftre 
tans, pour tex Meffes, car il eft clere chofe que fe un hons deftcnt à un autre par 
devant Juftiche ou par davant bonnes gens que il ne voift plus en tour fe famé ne en 
ifon Hoftel pour li pourchaffier telc honte, & il après le defFence le trueve en fctpre- 
licnt gefant avec fa Famé, fe il ochift l'Oume & la Famé ou lun par foi il nen pert ne 
Icors ne avoir , &: en tel cas nous les avons veus dchvrer par Jugement trois fois en 
l'Hoftel le Roy ains que nous feiflîons che Livre. 

Pour che que che eft moût forte chofe de trouver gefant charnclment deux per- 
fonnes enfamble après le defFence deffus dite'pour che puer eftre que il fcnferment en tel 
lieu que len ne puet venir à ans fans fere noife pour les huis que il convient brifier 
ou pour autre refon parquoi il fapperçoivent que il font guetié dont il fe traient li^un 
en fus de lautre,che ne les efcufe pas quant il font trouve feul à feul en lieu privé , fi 
coume fe il font trouvé veftant ou chaucant dou Lit ou il eftoient couchié , mes ne- 
pourquant puifque il ne font trouvé en fet prefentil convient que les prcfomptions 
foient moût apertes ou chil feroit trainés & pendus qui les metroit à mort, & auffmt 
coume nous avons dit que chil ne perdent ne cors ne avoir qui trueventle fet d'avou- 
itire prefentde leurs Famés après le defFence deffus dite, auffi l'entendon nousdcchaus 
qui vont en autrui Mefon feur la dcfence dou Seigneur pour fa Fille ou pour fa Suer 
ou pour fa Nièce, fors en tant que fe il ocioit fa Fille ou fa Suer ou fa Nièce aveques 
l'Oumc tout la trouvaft il en fet prefent il nen feroit pas efcufés, auffint coume de fa 
Famme , ainchois feroit pendus & trainés ; car la Fille qui fet fornication contre la 
'; defFence fon Père ou fa Seur ou fa Nièce na pas mort défervie , mes che a bien Fa- 
' me mariée quant fes Maris en vient penrc venjance en le manière defFus dite. Mes bien 
1^ fe gart li Mans qui tele venjance veut penre de fe Famé que il ne leiFe pafFer le iet pre- 
" fentjCar fe il l'ocioit après chèque il fen feroient parti l'Oume ou la Famé & ofFrift à 
^ prouver que il auroient efté trouvé enfamble puis fa defFence che ne li auroit rient 
^jique il ne feuft trainé & pendus puis que il auroit leffié pafFcr le fet prcfcnt. 
1! Aucunes gens cuidentque chil qui font pris en prefentMeftct emblant Counins ou au- 
'j' très grofFes Beftes fauvages en autrui Garenne ancienne ne foient pas pendau!c,mcs fifont 
'^ quantil font pris par nuit,car il apert que il i vont par courage d'em.bler,mcs fc il i vont par 
r jour fi coume fociveté maineles aucuns à folie fere il fen pafFentpar Amâdc dargent,^chcft 
■ a favoir li Gentixhons par foixante livres & li Fions de poote par foixante fols,& autel cou- 
'^ me nous avons dit des Garennes difon nous desPoiflons qui fontes Enclos &: es V;-' 
'Vicrs , &: par che puet en veoir que font môùt de cas qui font tenu pour larrccin 



jS^ De flufieurs Mefets ^ &c. 

quant il font fct de nuit qui ne le feroicnt pas fe li fct eftoient fet de jours, & poijf 
che que li uns des larrc'cins font couvert &; li autres fontapert nous déclarons au Cha- 
pitre aprez cheftui plus plaiuement des Larrecins que nous navons fet , &: en ferons 
propre Chapitre. 

Nous avons parlé en che Chapitre de moût de Meflfes &; le venjance que i appar- 
tient , &: nepourquant nous navons pas parlé de tous, ainchois font liMcffetdecoi nous 
navons pas ichi parlé, efcripts es autres Chapitre de chcllui Livre fclonc che que il pa- 
role des cas que poi fen faut toutes chofes qui viennent en plet font pour le Meffec 
de lune des parties fi que tout noftre Livre cft fondé feur le venjance des MefteSi 
car fe nus ne meffefoit lun à lautre nus Plet ne feroit. 

Chi defîne h Chapitre de plufieurs MelFez &: de la venjance qui i apartient. 

Chi commenche U trente ungnitfme Chabitre de che Livre , liques parole des Lar- 
recins qui font clers & apers, ^ de chaus qui font en doute j ^ de chaus 
quife pruevent par Prefomptionsi 

CHAPITRE XXX L 

P Lu RI EX manières de Larrecins font , car les uns font apers &: fe pruevent daus 
mcifmes, &c li autres ne font pas fi appert &: nepourquant il fe pruevent par Pre- 
fomp-ions & par renommée,&li autres font en doute à favoir le che eil Larrccin ou non, 
fi traiterons en chefte partie des trois manières de Larrecins , & dirons premièrement 
que eft Larrecins. 

Larrecins fi eft penre autrui chofe en non feu de chcli qui elc eft par courage de 
tourner loi en fen pourfit , & ou damage de chcli à qui ele fu. 

Li afpers larrecins eft chil qui eft trouvés fezis & veftus de la chofe emblée , tout 
foit che que len ne le vit pas emblcr , car pour che l'apele len larrccin , qui li lerrcs 
cfpie leure &: le point que nus ne le voie, ne plus efpers larrecins ne puet cftre que 
chil qui eft trouvés fefis &r veftus de la chofe emblée, ne il ni a point de différence 
fe len trueve la chofe emblée fur li , ou fe len li veoit jeter hors dentour foi quant 
len le fieut pour pendre ; car autant vaut fe len li voit geter ou cheoir dei>tour foi , 
comme fe il eftoit pris à tout. 

Aucuns larrons font qui par malice la chofe que il ont emblée , baillent à gardée 
à autrui pour che que fe U larrccin eft fievis que il ne foit pas trouvés fefis & veftus, 
& que il fe puiifent deftourner fe l'en prent cheli qui ni a coupe , & nie le fet, quant 
tel cas avient fe chil qui eft pris à tout le larrccin puet trouver fon garent qui li bailla 
il eft délivres , & fe il ne puet fi coume fe il s'en eft fuis , ou fe il cft en lieu ou il ne 
puifife eftre jufticiés , bonne renommée puet bien aidier à cheli qui eft pris à tout la 
chofe emblée, & pluricx demandes li doit on fere , car fe il a coupes en la chofe par 
divcrfes demandes pourra eftre ataint dou fet fe il i a conpes, & fi li puet avoir loial 
cfpurge grant meftier en a, fi comme fe il dit le heu là où il eftoit quant h larrecins fu 
fet &: leprueve^ len voit que chefu en tel lieu que il ne peuft pas fere le larrccin, 
& fe chil fe trait avant que il trait à garant & ïi nie que il ne li bailla pas gages en 
pueent naiftre , & fi lavons veu débatte , èC nepourquant li gages furent jugiccs, mes 
che doit eftre gardé entre perfonnes foupçonneus , car fi un Hons de mauvcfc renom- 
mée acufoit une perfonne de bonne renommée de tel cas , il ne devroit pas eftre 
ois pour chèque nus Lierres pris fefis SC veftus neftquine mift volenticrs fon fet feue 
autrui pour cfchaper de fon Mcftct , &: pour che doit on moût regarder en texcas en- 
tre queles perfonnes tex acufement gift. 

Li Larrecins qui neft pas appers, mes toute vois il Ce prucve par prefomptions fl 
cft de chaus qui font pris par nuit en autrui Mefonpar force ou à cri ou hu par fou- 
clavcs ou par efcheles, ou par fencftres, ou par foffes fere avant que il aient fct le lar- 
recins, & par chaus meifme qui font pris faifis &: veftus qui font de la Compagnie \ 
chaus qui vont de nuit, &: tex manières de larrecins fe pruevent par mauvclc renom- 
mée, ou par menaces , (i coumc fe il mcnacicrcntchehucn qui Melon il furent trouve 
cftrc cure à fere damage. Lj 



Chapitre XXXI. " " ^^^ 

Li larrecins qui font en doute fi font chil donc len neft pas pris fcur le fcc ne aqucs 
iceaus qui furent pris fefift & vcftu , mes li hrrecin efl trouve en le lieu fi comme 
quant aucuns a perdu &c il fct garder par le Juftice par les Mefons des Voifins fe len 
trouvera le chofe emblée, & len le trueve en le Mefon daucun, en tcx larrecins à 
grant doute , car il puet eftre que li Sires de le Mefon ne lembla pas, mes aucuns de 
fe mefnie ou aucun de fcs Voifins , &: mifl: le larrecin par haine ou pour foi cfcufer 
dou MefFet, & pour che quant tiex larrecins font fcs , le Juftiche doit pcnre tous les 
foupeçonneus & fere moût de demandes pour favoir fe il pourra fere cler che qui cfl: 
orbe , & bien les doit on en longue Prifon & eftroite tenir. Se tous chaus que il au- 
ra foupeçonneus par mauvefe renommée , & fe il ne puet en nule manière favoir le 
venté dou fet il les doit dehvrer, fe nus ne vient avant qUi partie fen vcUle fere daus 
acufer droitement dou larrecin. 

Chil qui recoite le chofe emblée à eflient & fait que cle fu emblée, & chil qui le 
pourchafiTe à embler , & chil par quel confeil cle fu emblée & par quel confentement, 
&: chil qui parcifl: à le chofe emblée tout ncfeuft^il pas au larrecin fere, tuit chil font 
coupable dou fet auflînt bien comme fe il i euficnt efté & doivent eftre jufticiés pour 
le fet quant il en font atains. . 

Chil eft bien atains de receter larrecin contre qui il eft prouvé que il priftiouier 
de garder à autrui che que il favoit qui eftoit emblé à autrui perfonneque à cheliqui 
lui bailla ou qui l'acheta à menre pris le moitié que elene valoit, &C bien favoit que le 
\' chofe eftoit à autrui que à cheli qui la vendoit,&:pour che doit il eftre punis dou fct. 
Ileftrefons que chil foit coupable dou larrecin qui en fet fouir les Beftes daucuns 
à eflient en tel lieu que fes Compains les puift embler , ou qui donne lieu au larre- 
cin fere , fi coume aucuns de ma mefnié ouvre l'huis aus Larrons ou fe aucuns eft 
eftablis à garder mes biens quiex quel foient, & il fet lieu a. eflient as Larrons pour 
embler les ■ & de chefte manière de larrecin à len trouve pluriex Scrjans qui eftoient 
I èftabU à garder Bois ou Viviers ou Garennes,& fouffroient à efl!ient que Larrons i fe- 
foient damage par louier ou pour partir à aus ou larrecin, &: tiex manières de Serjans 
doivent eftre plus haut pendu que autres Larrons , pour che que len fe fioit eh aus 
de le garde que il avoient promife à fere. 

Chil fi eft moût fors Lierres qui vend cuivre pour or, ou eftain pour argent,ou pier- 
re de voirre pour pierre precieufe, car fe tele manière de larrecin pouvoir couirrè fans 
eftre jufticiés comme Lierres, moût de gens pourroient eftre deceus par chaus qui eu- 
vrent dor & dargent, & par autres , & pour che chil qui vent tex chofes doit dire le 
vérité de la chofe que il vent & de quel métal & de quel matere ele eft , &: fe il en 
eft trouvés atains à menfonges il doit éftre jufticiés coume Lierres , & pour che dit on 
^ Marcheant ou Lierre. 

Aucuns Larrons font qui nofent fere larrecin ne fere fere par perfonnes foupe- 
conheufes , mes il le font fere par les Fius ou par les Filles des Prudeshoumes à leur 
Pères ou à leur Mères, pour che que fe il font perceus , lipere & le Mère fen tefenr 
pour le honte de leur Ènfans couvrir , & fe il ne fen vuelent taire que, toute voies il 
foient efcufé pour che que il font fous aagies & en la pbote de leur Pere & de leur 
Mcre, mes che ne vaut riens à chaus qui che leur font fere, car tout en foient li En- 
fans délivré , li receteur & chil par qui il le font doivent eftre jufticié pour le Meflet. 
Ne fe fie nus de fere fi vilaine chofe comme de larrecin pour lignage ne pour au- 
tre chofe, car chil qui font en aage de quinze ans ou de plus, fe il emble foit à Pere ou 
à Mère, ou à autre il ont defervi à eftre jufticié comme Larron, tout foit che que li 
aucun en ont efté déporté pour lamour des Pères & des Mères , Se nepourquant en tel 
cas puet avoir lieu de mifericorde , fi comme fe li Pere ou la Mère font riches & par 
ttiauvaifetie ou par angoiflfe fans le Meffet des Enfans il ne leur vuelent donner leur fou- 
ftenanche , & U Enfans pour leur vivre prennent de leur Pere ou de leur Mère; en tel 
cas en doit oh avoir pitié fe il nemporcirent partie foufl[îfant quant il fe partirent de 
leur mainbiirnie, car fe il avoient le leur folement aloué il nont pas à recouvrer à leurs 
Pères né à leurs Mères faiîs leur volenté. 

^ Aucune fois avient il que aucun prent le chofe de fon Parent ou de fon Voifin ou de 
fon Ami fans fon feu Ô^-cn-derriere de li , fi comme il aviendroit que jeirois en leMe- 

V 



jSS ^€s Larreclns, 

fon dun mien amy pour emprunter Ton Cheval, & je trouverois le Cheval en l'Eftabld 
&: non pas le Scigncurj& ]e i par le fiance que je arois en h ammenerois le Cheval , 
bL chil à qui le Cheval feroit fen courrouceroit quant il le fauroit &me vouroit fievir 
de larrecin, ix comme il avient que len cuide tel fon ami qui ne left pas , fe tel cas 
avient len doit moût regarder fe il avoit entre nous,deus femblant damour ou de com- 
pagnie , fi comme fe il me prefenta oncques laide de li ne de fes chofes , &: par quele 
refon je me fioie tant en li, &: fe len veoit familiarité il ne doit pas eftre ois de le pour- 
fuite dou larrecin contre moi, pour chc que len doit croire que je ne pris pas la cho- 
fe par courage de larrecin, &: nepourquant pour foi ofter de tout foufpecon il eft bon 
que chil qui prcnt le preigne à le veue & à le feue de la mefgniée ou des Voifins, & 
coument que clc foit prifc fe chil vient qui le chofe eft, il puet ravoir fe chofe, &: en 
puet chcli traire en damage de lamande dautrui chofe prife fans congie,lcqucle aman- 
de eft de foixantefok,car ele puet eftre tournée à nouvelle defefine,&: pour chc fe doit 
on bien tarder en qui len fe fie tant que len prenne fans fon congié fa chofe. 

Chafcun puet pourfievir le Larron qui eft fcfis & veftus,foit de fachofe,foit delautrui, 
foit en fa juftiche, foit en lautrui, &: arreftcr loi & prendre en quelque lieu que il le truift 
hors de lieu faint,& bailher U à la Juftiche douhcu,car che eft h quemuns pourfis quo 
chafcuns foit Serjant & ait pouoir de prendre & darrefter les Maufeteurs en la Juftiche 
à celien quele Terre la prinfe eft fête nen empire pas ainchois en efclarcift,car àlui eii 
appartient la juftice & lexccution dou meffetjmes autremant elt de chaus qui ne font pas 
fefi & veftu , car fe aucuns le vient acufcr de larrecin il le doit acufer par devant le Sei* 
gneur deftbus qui il eft couchans &: levans,fe il a arreftance,car fe il na point de chertainl 
iieu là ou il demeure , fi coume raout de Gens qui nont point darrcftance chil en qui 
Juftiche il eft arreftés pour li fievir de vilain cas en doit avoir le connoiftanche. 

Nus ne puet autrui fievir de larrecin fe la chofe ne li a efté emblée , ou fe ilna da-* 
mage en che que autres la perdi, ou fe il neft pris fefîs dou larrecin, fi comme il eft diE 
deftus,ila bien damage fe la chofe li eftoit preftée parquoi il le puet fievir , car fe 
il ne queroit que il leuft il convienroit que il reftoraft le damage à cheli qui U 
prefta &: fi a bien damage fe il eft hoirs de cheli qui la chofe perdit , car ele li puec ! 
venir & fi a bien damage fe la chore li eftoit baiUiée à gardeer, & il ne perdit fors cho 
que il avoit en garde, car il eft tenus à rendre la à celi qui en garde \\ bailla, puifque 
il ne perdit riens dou fien , & pour che puet il fievir le larron en tous tez cas, mes fe 
chil qui la chofe Hprefta ou bailla en garde vieut pourfievir le Larron de la chofe que 
il bailla en le main dautrui, fcrc le puet & fi toft comme le pourfieut dou larrecin,chil 
à qui le chofe fu bailliéeen garde ou preftée eft délivre , car il ne puet pas lun pour- 
fievir de chofe preftée ou bailliée en garde , & lautre de larrecin dune meifmc cho-^ 
fe, ainchois fe doit tenir au commencement auquel il h plaira, ou pourfievir cheh 1 
qui le chofe fu preftée ou baillée, ou cheli qui à cheli à qui ele fut baillée lembla. \ ^^ 
Se une chofe eft louée à aucun & elle eft emblée , le pourfieute en appartient à 
cheli qui la loua, car il eft tenus à rendre la chofe qui h fu louée ou tout le louage 
qui fu enconvcnanchié , & nepourquant fe il ne la dequoi rendre chil qui le chofe li 
loua, le puet pourfievir, ou que ele foit alee , foit par larrecin , ou en autre manière, 
car chafcuns a loi de demander che qui doit eftre fien à celi qui le tient, &: chil qui 
le tient fe il la dautrui main que de celi qui le calenge, querre îbn garant, & commenc 
il le doit querre il eft dit ou Chapitre qui parole de porter Garantie. 

Se aucun tient un Larron enPrifon ou il lemmaine pris & len li brife fa Prifonou 
len li refqucult à force, parquoi li Lierres efchappe, chil qui le Prifon briferent , ou 
qui le refquefife firentjdoivent eftre pendu,car il tolirent droite Juftiche àfere,&:auflinc 
entendon nous des Refqueufles bc des Prifons qui font brifiées pour chaus fauver de 
mort qui par droit ont mort deftervie, & auflint de cha,us qui abateac les Fourches , 
& qui dépendent les pendus, 

Chi define li Chapitre des Larrcçius, 



chapitre XXX 1 h i S/ 

Qhi commenche li trente deuxiefme Chapitre de che Li'Vre , liquiex parole de non- 
■vêle defe/îne , e'jr de force , & de nouveau trouble ^ (^ coument len en 
doit ouvrer i & de l'obeijjanche que li OJks doit àfen Seigneur. 
CHAPITRE XXXII. 

APrez che que nous avons parlé de pluricx mcftcs & des cas de criemc , & 
d'autres , &: de la venjance qui apartient à chafcun meffct, il cft bon que nous 
parlions en che Chapitre d'autres manières de meflets fur lelquiex le Roys a c- 
llabli nouvelle voie de jufticicr contre chaus qui les font , & cis mcfFes dcquoi 
nous voulons traidier font devife en trois manières , che eft à favoir force , nouvele 
deflezine &: nouviau trouble, fi declerrons quelc chofe eft force , & quele chofc cft 
nouvele defcfine , èc qucle chofe eft nouviau trouble, & coumcnt len fe doit plaindre 
de ches trois chofcs , ou de chafcune par foi quant len en a meftier , & Ci dirons com- 
ment chil qui tient le lieu dou Comte en doit ouvrer felonc l'cftablilTement le Rov. 
Nouvele dcftezine fi eft fe aucuns emporte le chofe de laqucle je auroi efté en fe- 
zine an & jour pefiblement. 

Pour che fe je tieng le chofe ou vueil efploitier, de laquele je aurai efté an &c jour 
en fczine pefiblement , &: len la mofte de ma main ou de la main à mon comman- 
dement, ou len me vient ofter la chofe à grant plante de gent ou à armes ii que y: ni 
ofe cftre pour paour de mort , en tel cas ai je bone action de moi plaindre de torce 
ou de nouvele defezinc, vous pouez vcoir que nule tele force n'eft fans nouvele dc- 
fczine , mes nouvele delfezine eft bien fans force fi comme il eft dit deftlis. 

Nouviaus troubles fi eft fe je ai efté en fezine an & jour d'une chofe pefiblement 
& len m'empeefchc fi que je n'en puis pas jouir en autel manière comme je fezoie 
devant tout foit che que chil qui le me empeefche ne emporte pas le chofe auffi cou- 
me fe len ofte mes Vendengeeurs ou mes Ouvriers d'une Vigne,ou d'une Terre donc 
j'aurai efté en fezine an &: jour , ou eh afles autiex cas femblables fe font nouviau trou- 
ble, &: me puis plaindre, & ai bonne action de me plaindre fi que îa chofe me foit 
mifc arrière en pcnble eftat. De ces trois cas de nouveles defezines , de force 6C de 
houviau trouble eft il ordené &: eftabli comment on en doit ouvrer par une nouvele 
Conftitucion que le Roy a fête en le manicic qui enfieur. 

Se aucuns fe plaint d'aucune nouvele defezine,fe il eft Gentixhons,iI doit cftre ajour- 
nés à quinzaine , &: fe il eft hons de poote l'en le puet ajourner dui à demain , & lî 
Ajourné doivent venir fans contremander , adoncques doit chil feie Ton elain en 
chefte manière. 

Sires voes chi P. qui ma defefi de nouvel de tele chofe, & le doit nommer , de la-' 
quele je avoie efté en fezine pefiblement an & jour, fe il le connoift je requier à eftrc 
leflefis, fe il le nie je li oftle a. prouver , &: fe la chofe li fu oftée à force, il puer mè- 
tre le force en fcn clain avecque le nouvele defcfine , & fe len ne li fift force ne len 
«emporta pas la chofe, mes len li empefcha fi que il n'en pouoit ufer en le manière 
de devant, il doitfere fon clain feur nouviau trouble, quant li clains eft fes,li Qiicns 
doit contraindre le partie à connoiftre ou à nier, mes tant i a de délai que fe il vient 
il aura jour de veue , & au jour de le vcueHQucns doit cnvoier , & fe il rruevc Iç lieu 
deflcfijil le doit fere refl'efir tout à plain avant que il envoie nules des deifcriCes au 
deffendeur , & le lieu reflcfi les chofcs doivent tenir en la main le Comte,&: puis con- 
noiftre la nouvele defixfine aprez ce jour de veue. 

Se chil qui fe dieut puet mètre en voir par la connoifTance de fon avcrfairc, ou 
par prucves , fe il li eft nié que il avoir efté en Icfine an & jour pefiblement de la 
Chofe dont il eft defiefis il doit eftre rcflcfis tout à p lain , &: chil qui le defiefi le doit 
"àmander au Comte de foixante fols, & fe il ne le puet prouver , ou le defïendicrres 
iTiet boncs refons avanr parquoi il ni a nule nouvele dcflcfine,il chiet en tel amande 
& dechier de fa querelc. 

[ Quant Pies de nouvele defifefine eft faillis, chil qui perd fa fezine puet fere rca- 
journer fcur la propriété cheli qui emporte le fefine , mes que che foit dedens l'an 6c 



jéS De notivele Defejlnf. 

le jour que le fefine li fu baillice, & fe il lefle pafTcr l'an &: le jour , il a renoncic à le 
propriété , & ne l'en puer jamais riens demander. 

Se chafcune partie dit que il eft en le dcrraine fefine d'an& jour pefiblement pruc- 
ves doivent cftre ouies de chafcune partie, &: qui miex prueve il en doit porter le ], 
fefine. -^ 

Les hons ou chil qui de moi tiennent ne fe puct plaindre de moi de nouvele def. 
faifine pour chofe que je preigne ne ne fefiffe en chofe que il tiengne de moi, car en-» 
tre Seigneur &: tenant na point de nouvele deflefine , pour chc que par m.out de re-^ 
fons puet li Sires penre èc fefir en che qui eft de li tenu, donques chil qui fe plaint de^ 
nouvele deflefine de fon Seigneur de qui il tient le chofe il l'amande de foixante foIsJ 
& eft renvoies en le Court de fon Seigneur pour penre droit fe il li vient demanderî 
par autre voie que par nouvele dcfiefine. ^ 

Qin fe vieut plaindre de force de nouvele defTefine, ou de nouviau trouble , il fc 
doit plaindre avant que l'an &: le jour foit pafles , puis la defifefinc , &; fe il laie l'an Se 
le jour pafier , l'adtion que il avoir de nouvele defTefine efl aniantie , &: ne puet mes 
plaidier fors fur le propriété. 

L'amende de nouvelle defi!efine qui en eft ataint eft tout autelle au Gentilhomme 
comme à chelide poote,cheft à favoir de foixante fols fe le chofe dequoilenfe plaint 
de nouvele defifefine de force ou de nouviau trouble dcfirc haftc de Juge , fi comme 
fe len me foie mes Bledz, ou vendange mes Vignes , ou fauche mes Prez, ou coupe 
mes Bois, fi toft comme il eft denoncié au Comte, il doit penre le chofe en fe main, 
&■ efploitier fauvement, &: puis démener le plet de nouv^ele defaifinc en le manière 
que ai dit deffus. 

Se aufcun me deffend .\ qui je ne foie pas tenus à obéir que je nelieve neefploite 
aucune chofe , je n'ai pas adion de nouvele defefine envers li, car je ne doi pas leflier 
à efploitier pour fe deffence de che decoi je fui en le fezine. 

Chil qui tient autrui Terre à Ferme de Grain ou de Deniers à chertains tans fe li 
tans eft pafTés & je me remet en ma Terre il ne fe puet pas plaindre de moi denou" 
Velle deflefine & auftlntfe il la par refon de minage que il lait engagé à années, & les 
années font hors & je rentre en le chofe il na pas aûion de nouvele deflefine vers moi^ 
car maie chofe feroit fe chil qui tient mon Hiretage à minage ou par refon de gage 
après fon tans pafle pooit acquerre fefine encontre moi, mes fe je ofte le chofe le tans 
à\na,nt de fe Ferme ou de <on engagement , il a bien a<£lion de nouvele deflefine 
contre moi,mes fi Serjans qui a levée &:mainburniema chofe en mon nom fe je li ofte 
ma chofe &; le pooir de ma chofe recevoir il na pas action contre moi de novelc Dcfl 
fefine. 

En aucun c:ts me puis je bien plaindre de nouvele Deflefine tout foit che que je 
naie pas efté en fefine de le chofe dont je me plaint an &: jour, fi comme fe je fui ca 
fefine dun Cheval ou dune autre Befte ou de deniers ou deMuebles quel que il foir 
ou de aucune defpueille que je aie gaagniéeou labourée en mon nom fans audoiuc 
dautrui , fe len mofte aucune de ches chofcs & jelerequier je en doi cftre rcflcilis, 
& chil chiet en amande, mes moi reflcifi fe chil qui me lofta prueve le chofe à ficuc 
il la raura 8c par che puet len entendre que len puet bicneftre relfcifis parla Couftu- 
me de tele chofe que len emporteroit après la hart,fi comme fe len avoit la chofe de- 
quoi on eft refleifis mautolue ou mal emblée, & il eft prouvés clerement. 

Une Famé qui tient en douaire fe len la defpueille de fon douaire fe puet bien 
plaindre de nouvele Defleifine tout foit che contre l'Hoir à qui le chofe vcnroit fc L' 
Famé cftoit morte , car il ni a riens tant comme le Famé vive. 

Un Chevaliers prppoG contre un autre Chevalier , que il avoit 'retenu en fc Vile 
de nouvel un fien Hoftelcquiex Hoftes avoit manie deflbus li par le refon de fon Ho - 
ftifc un an & un jour , &: fen eftoit partis fans che que il navoit fc Maftire donnée 
I ne vcnduée ne quittée ne leffié Hofte dedens, ainchois lavoïc lelfiéc toute gaftc ,5c 
' toute vuide ,. pourcoi il requeroit que il fuft contrains .à che que il lenvoiaft ion Ho- 
fte couchant & levant deflbus li , fi comme il avoit efté tant que il euft fct envers h 
de fotife chc que il devoit. 

A chc refpondi li Chevaliers que il ncftoit pas tenus à chc ferc, car il laifoicà cha)^ 



N 



chapitre XXX 11. j^^ 



cunc franche perfonne à alcr mcnoi\ quelque parc que il li plcfl: & IcfTier s'Otife au 
Seigneur pour les Rentes , parquoi il vouloir que il demeurait defîous li comme fou 
Ofte cane counie il pleroic, &: fur chefc miftrenc en droic, à favoir mon fe il li rcn- 
voiall ou non. 

Il fu jugié que il li renvoieroic couchanc & levanc deflbus li &: que il ne le pooîc 
rececer devanc que il auroic fec fon devoir de s'Ocife vers fon Seigneur ou par quit- 
tance , par vente, pai don ou par efchange, mes ches voies ne puce li Sires dcftcndre 
à fon Oftcpuis que il eft fon franc Ofte fins fcrvitude, &: fu encore die à. cel Juitc- 
anenc fcre , li coume il avoienc oi cefmoignicr à leur Pères &: à leur Taions que celle 
concordance fu fece encre le Conte Raoul de Clermonc & (es Homn:cs de la Conta 
de Clermont, pour che que li Cuens Raoul avoir fer crier ou lieu de Vil nuevc en hcz 
franches Mafures &rà petites Rentes , &: les donnôient à chaus qtji ivoi\rroienc habi- 
ter franchement &: ufage en Bos fjc en le Forcft de Hcz, îk: pour le Fraichife Ô£ iaai- 
fement li Ofte de fes Hommes i venoient fins fere envers leur Seigneurs che que il 
dévoient de leur Mafurcs , ainchois les lelfoient galles, li en furent plaintex li Hou- 
me au Conte Raoul leur Seigneur, & adonques il fu acordé entre leur Seigneur &: aus 
I que il ne pouroienc rececer l'Ofle li un de laucre, devanc que il auroienc fet de leur 
Oftifes leur avenanc à leurs Seigneurs il comme il eft dit deflu.. 

Chafcuns doic favoir que puis que je ai ajourné mon Hoile ou que je le cicno- eu 
Plec par devant moi il ne puet leflier mon Ollife lajournement ou le plec pendant , 
ainchois convienc que il fe délivre avanc dou pfec ou de lajournemenc que il a pardc- 
vanc nous foie concre moi foie concre autrui , & puis quant il efl en fa délivre pooce 
fans plec «fc fans jour il puec aler mancir là ou il vieuc, mes que il face de fon Ollife 
I che qui eft die defllis. 

Len ne puec pas par noftre Couftume contraindre fon Ofte à che que il doint ou 
que il plcge fe il ne lui picll, mes len le puec concraindre n paier les Cens 6l les Ren- 
ites que il doic de fe Mafure & en aucuns lieux eft il que len puec penre en chacun 
Oftel une Couce pour les fourvenans, mes che neft pas par coût , &r pour che ou cas 
de la Couce on puce ufer es lieus ou len en a ufc pelîblemene &: es ancres lieus non. 

Chafcuns Sires puec penre fes Oï'ics à fon befoing pour fon corps ou pour fa Melon 
garder dedans le Ficf doutées Oftiles fonc mouvans &: aucre parc non, àc fe il les mai- 
rie hors du Fief par leur volencé pour fon befoing il doic à chacun à pie pour fa jour- 
née huic deniers, &: lil elt'àxlicval deuz fols, nepourquauL il ne font pas cenu a. illîr 
hors du Fief fe il ne vueletie , fe il neft ainlinc que h Quens-femoigne Ces Houmes &: 
que il leur commanc qi^l^aienc leur Oftes en cercain lieu dedans la Concée , car en 
ce cas ne fe pueent efcqPfli Oftes le Conce neli Oftes des Soujcs que il ni Voi- 
fenc. 

En aucuns lieus eft il dedans la Conté que h Ofte daucuns do^M| par an certai- 
ne fomme dargenc par refon de Taille aveques leur Cens & leu^BRices , mes nous 
ne favons nule parc en la Concée ou len les puift caillicr à volencé, li comme len fec 
cîi moue de pais, mes quanc il doivenc par le refon de leurs fres quemuns &: de leurs 
aaifemens & il a coiiccns au paier, li Sires puec afteoir fui-chac un "ïOff avenanc. 

Aucune fois avienc que aucuns eft plainciex de nouvele Dellcline &: prueve que 
il a cfté defleifis de nouvel fi que il convienc que il foie refleifis,& après cil qui dclîc- 
fi avoir &: a rellefi a bien adion de foi plaindre de nouvele delfefine de chelui mcifme 
que il a rcflefi par Jtigemene &: de lechofe meifmedonc le relfcftne eft fece, & veons 
commenc, car aucunes gens cuideroienc quanc plec a eftc de nouvele Defteline &.' chil 
qui fe plaine eft rclTclis que il ni puift jamais avoir plec de nouvele Deffefine, mes H 
fet en aucuns cas &: dirons commenc. 

Pierre cftoic encré en une Terre el mois de Mars , & lift arreer fc femcr âc qui li 
convenoie moule pefiblemenc, & quanc il vinc à l'Aouft, &il cuidacoucprefcncemenc 
la Terre dépouiller de checee année , &:feieftoienc fes ouvriers la dedcns pour queil- 
I lir les biens , adonc i vinc delivremenc Jehans eh ofta cancoft les Ouvriers qui eftoienc 
de par ledit Pierre, &: en;porca que lui que fe mefme toute la depueille de checee an- 
née. Quand Pierre vie &: aperchue chefte befoigne que Jehans \i avoie fece, il le fîft au 
pluitoft que il peut ajourner feur nouvele deffeline, &: quant il vindrcnt en pleine 



2^0 ^^ nowvele Depjiné, 

Court dou Seigneur, P, requift à eftrc reflabli de l'cnncc que Jehan cri avoir portée 
laqucle il avoir arrée,feméc &: labourée pcfiblemenr, & i cftoit entrés pcfiblemcnr. 
A chc refpondi Jehan que il li connoifloit moût bien que P. il avoit toute le Terre 
labourée &: fcmée, &: arrée, &: C\ cftoit entrés en foier , mes à tort & fans raifon l'a- 
voitfet, fï coume il difoit que le Terre eftoitfieue, &: il ni eftoit pas entrés par li ne 
par Ton commandement , parcoi il ne vouloir pas eftrc tenus à li reflcfu- & rcftablir, 
& meefmemcnt pour che que P. ne difoit pas que il euft cfté en féline an &: jour,par- 
coi il ne pooit demander fefme, & comme il fcuft apareillez de prouver que li Hirc- 
taçc fuft ficns , & feur chc fe miftrent en droit pour favoir mon fe P. fcroit rcftablis, 
ou non. 

Il fu jugie que P. feroit reflcfis &:reftablis de l'ennce lequeleil aVoit labourée & fer- 
mée pefiblertent , tout neuft il pas efté en fefme an &: jour , & par cel Jugement puct 
len voir que de quelque chofe je fois en fefme , & que le fefme que foit foit bonne 
oumauvefe,&: de quelque temps que che foit foit grant ou petis qui mofte de chelle 
fefîne fans Jugement ou fans Juftiche, je doi eftre reflefis avant toute cuvre fe je le 
requicr, donc fe il avenoit que un Lierres cuft emblc aucune chofe j &: cil qui la 
chofe fcroit la rouflift au Larron fans Juftiche , & li Lierres requeroit à eftre reflliis 
avant toute cuvrc, il le refefiroit, &c puis H convenroit trouver bon garant de la chofe 
ou il feroit jufticié dou mefFet. 

Or vcons comment chil qui cft tenus à refTefîr par Jugement , fe puct puis plairi- 
<3re de nouvele defefîne de cheli que il a rcflclî, & de che meifme dont il a reflc 
quand Jehan eut reflefi de l'ennée dcU'us dite , & aempli le Jugement, il fft Pier 
ajourner qui rcfelî eftoit fur nouvelle defefîne , & propofa contre li que à tort & fai 
caufe eftoit entrés en le fefinc de fon Hiretage, & fans fcfine de Seigneur & de noi 
vel puis an & un jour, pourquoi il requeroit que chelle fefîne fuft oftéc à P. &: baill© 
à Jean comme à chelui qui avoit efté en la derraine fefîne de un an & un jour, & 
dufques au jour que il entra en le Terre labourer & femer. 

A che refpondi P. que il avoit plaidié audit Jehan de chele mcifmc chofe , & feut 
nouvele deflcfine , & li avoit efté délivrée le lefîne par Jugement parcoi il ne vouloit 
eftre tenu à fere nule refefine ne à refpondre fe che n'eftoit au Plet de le propriété 
quant il feroit feur le propriété ajournés , &c feur ce fe miftrent en droit. 

Il fu jugié que P. refpondroit au «lain que Jehan avoit fet contre li, car pourchè 
fe P. avoit efté reftefis de che dont il avoir rfté trouvés en fefme , & il n'avoit pas 
maintenue le fefîne dun an & un jour entièrement ne demeure pas que Jehan qifi 
j-naintenoit fe fefme de un an &: un jour entièrement ne ^&euft plaindre de nouvelle 
defefîne de P. qui dcrreainemenc eftoit en le fcfmc cntrés^j^ ni avoit pas cfté an & 
jour. 

Tout ainfinggeumc il fe convient plaindre de nouvele deftcfîne dedens l'an &: le 
jour que ele e^iffb, ou l'en ne feroit pas puis ois , tout auffint qui fe vient plaindre :; 
que force li ait été fête jafoit che que il ni ajoute pas nouvele deftcfîne en fon clain i 
doit il fcre fa plainte dedans l'an & le jour que la force li a été faite , ou il n'en doit 
puis eftrc oisIfS'cïïe n'eft feur le propriété de le chofe , & le péril de la force mis 
tout hors. 

Se len me vieut me chofe efforcier je le puis bien refcoure à force fc le force eu 
tel moie, mes que che foit prefentement quant len me vieut le force fere , &" que ché 
ne foit contre le Seigneur qui de le chofe me puer jufticicr , mes fe je attcnt tant que 
len ait ma chofe emportée à force, je ne lai pas à rcpourchacicr par force, mes par Ju* 
ftiche, & requerre que droit me foit fct & le chofe rendue. 

Maie chofe feroit felen me toloit mon Cheval ou vouloit tolir &:jc avoispooir dou 
refcouvrCjfe je ne le pourois refcouvre fins eftrc iufticié,mes fc le force ncft pas moie ii 
que il meft tolus,&: en cft toUierres en fefîne,jc ne li doi pas aler rctolir,mes arreftcr le pms 
fcrcpar Juftiche,& moi plaindre de la toute, & feliChevaus cft conneuàmienilmcdoic I 
eftrc rendus ou je le pruevc,ne len ne doit nus gaiges recevoir en tel cas,car fc li Toleurs U 
li Robccur pooient venir à gaigcs de leurs Melïcs il faimcroicnt micx à cÔbatrc que a. eftrc 
pendus fans baraile pour cfpcrance dcfchaper,&: malc chofe feroit que il meconvenoifl: 
combatte pour mon Cheval qui. mauroiccftc tolu &: que len fauroit qucmuncmcntqufi 



Chapitre XXXII. /// 

Il fcroit miens, &: ncpoin-quant chil à qui je mcctois fus Ici toute pouroit alliçiiicr 
telc caufe &: cftie de ii bonne renommée que feur le prucuvc de le caufe que italli- 
gueroit pouroient cheoir li gages, comme fe il me mcttoit lus que je Ii eufle vendu ou 
donnés pour fon fcrvicc ou prcilé , &: je ne pouoic la toute prouver &: je li nioic 
le don, le preft ou la vente bien pouroit venu- à gages , & tout autre comme nous 
avons dit du Cheval cntendon nous des autres chofes tolucs ou efforcées. 

Il fouloit cflrc quant aucuns Gentiexhons qui avoit Juftiche en Te Terre prcnoit 
feur un autre Gentilhoummc que cil feur qui il prenoitne raloit pas tant feulement qué- 
rir le chofe qui li avoit efté tolue ou efrachiéc, mes quanques il pooit trouver de cho- 
fes au Gentilhoume qui che li avoit fct en fe Terre, ou en le Terre de cheli qui chc 
li avoit fet , &: pour che que che cftoit droidement efmouvement de guerre & de: 
mortex haine,tex contrcgagcmcns font défendus dou pooir & de lauélorité notre Sou- 
verain Terrien noftre Seigneur le Roy de France , &ci\ cft li eftabliffemenc trx que ii- 
je me ducilg de me chofe que len ma toluc ou efforcié & je le vois rcquerre par for- 
ce,ou autre chofedou cheh qui che maurafct,je fuis tenu à lui rcilclîrpar le rcfon de 
la contrcprife,& à li rendre fon damage que je li aurai fet encontrcprenant Se fui chcu 
en l'amande le Roy , pour che que je fui allé contre fon eftabliffemcnr,lcquele aman- 
de fe je fui Gentixhons eft de foixante livres, &: fe jefuihons de poote defoixantcfols, 
&nepourquant l'amande neft pas fi taufîe que feli Roys void que fe aucuns de fcs Ba- 
rons ou de fcs nobles puiflansdefonRoyavmefacetcx contrcgagcmcns que il nen puid- 
bien plus groffe Amande lever , car de tant comme li honseft plus fors & plus puif- 
fans de tant fet il pîusgrant dépit au Roy, quant il va contre leftabliilcment que li Roy^' 
a fet pour le quemun pourfit de fon Royaume. 

Aucune fois avient il que chil qui font ajourner feurnouvele Dcffeûne quant che? 
vient à leur clain fcre metent tout enfimble en leur clain nouvcle Deflefine &: pro- 
jprietéj fi comme fe P. dift que Jehan la defîell de nouvel de l'hiretagè dont il avoir 
efté en fefine an &: jour, &: puis dit dix ans, vingt ans, ou de tel tans que le chofe li- 
eft aquife par longue teneure , &: quant tel cas avient le pics doit cftre deimené felono 
che que len doit démener plet de propriété, cheft à dire que Jehan qui fu ajourné feur 
houvcle Dcffefine & fu toute voie trouvé en pefible fefine de la chofe aura les délais' 
que Couftume donne em plet de propriété, & aura P. renônçip àreftaWiffemcnt que 
li Roys a fet des nouvelles Deffefines pour che que il fonda li plet feur le propriété. 

Sil avient que aucun plaide tant feulement fur fefine & il.gaignc le feiine par Ju- 
gemcnt,&: chil qui pert le fefine le fet rajourner feur le propriété & le gaigne par Ju- 
gement , Ii Hiretage doit eftre rendus auffint bons & auflint fouffifans comme il eftoic 
quant le fefine fu gaaigniée contre li , & fc chil qui gaigna le fefine leva aucune cho-; 
fe de l'Hiretage le plet pendant de le propriété, il doit rendre toutes levées que il fift: 
puis le jour que il fu ajournés feur le propriété toutfeuft chc que il euft gaigniée le 
ïefîne par Jugement , car len gaigne fouvent fefine tout foit que len na point de droic 
ou trcffond de l'Hiretage , & quant il apert que len navoit point de droit à tenir 
loi dont apert il que chc qui fu levé à tort, ne Jugement de fefinp ne fet point de 
damage à cheli qui le !pert fors en tant que il plede dcfifefi dufques à tant que fe.* 
drois eft conneus par Jugement , & quant il ra le fefine par fon droit , adqncqucs puec 
il demander les arrierages qui furent levés à tort , & che que nous avons dit de ren- 
dre tex arrierages vifmes nous pafl'er par Jugement en l'Oftel dou Roy. 

Chi define li Chapitre de nouvele Deflefine & de force de nouveau trouble. 



t" 



i commenche lï trente-troipefme Chapitre de che Ltire j'tiquiex parole que ehé 
qui eji ^et par force OH par tricherie , ou par trop grand peur, 
ne Jit pas a tenir. 

V CHAPITRE XXXIII. 

TOus les damages qui font fez par force ou par tricherie doivent eftre rendu 
quant le force ou le tricherie eft prouvée , foie en Coure laie ou en Gourç de 



j/2 Ce qm efi fa far force , &c, 

Chrcftieticé tcx damages coumc len puec prouver fuffifaument que len cufl: par le \ c- 
fon dou fec , car les defpans ne rcnc len pas par le Couftumc de le Court laie , mes 
cia la Court de Chrcftienté les rent chil qui en chiet de quelque caufe que chc foir. 
Li Plcigcs ouvra ticherreflement qui bailla fcs gaiges pour Ton Deteur, &: après fift 
contraindre cliil qui le mift en Plege que il li rendift cent livres pour fcs gaiges , & 
iiprcs il fift tant à chelui à qui il avoit baillié les gages que il les reut pour foixante 
livres , & quant chil qui en Plege le mift le feuft il vont ravoir quarante livres des 
cent livres que il lui avoit bailliés , car il apparoit que il ncftoit damagics pour li que 
de foixante livres puis que il reut fes gages pour tant pour tous defpans & pour tous 
em^iremens , & li Plege vouloir maintenir que les cent livres lui dévoient demourer 
pour che que il difoit que li gages li eulfent bien tant valu el tans que le Debtcur les ' 
riiit comme as foixante livres monte , & pour che que li gages avoient efté tant gar- 
dé que il eftoient fort gagié Se em pouoitli Deteur fere le volentc, & fe il avoit fec 
fon bon marchié il ne voloit pas que h pourfiz fufl: à autrui , & nepourquant fes re- 
fons ne li valurent riens , ainchois convint que il rendift les foixante livres des cent 
livres que il avoit leues,car nus Plege ne doit enrichir de che dont il cft Plege ou damage 
de chelui qui cm Plege le mift, mes tant feulement eftre dedamagé & remis ou point 
que il eftoit quant il devint Pièges. 

Len ne doit pas oir toutes perfomies em plet de tricherie , car fe le Fins vient plai- 
der à fon Pere ou à fe Mère en aus mettant fus tricherie ou le fervans à fon Seigneur 
tant comme il eft à fon ferviche, ou li Hons de Fief à qui eft Hons tant coume il 
eft en fon houmage , ou li Sire contre li franc homme ou li efcomenies, ou le parju- 
res, ou chil qui font attaint de vilains cas de crieme, tout foit chc que il en feiflcnc 
pes contre perfonnes qui font délivré de tous tiex cas, ou chil qui font difames con- 
tre chil qui font de bonne renommée, toutes tex manières de gens ne font pas à oir 
cm plet de tricherie , les uns pour che que il font en fi Villain point que il fcmble que 
aus mefmes foient^fl^ftat de tricherie , & les autres pour les obeiflances que il doi« 
vent à leur Pères & à leur Mères & à leurs Seigneurs. 

Se aufcuns eft attains de tricherie len doit regarder le cas pourquoi le tricherie fii 
fête, fe ele fu fête pourHiretage ou pour Mueble ou pour autrui déshériter, ou pour 
autrui fere defpit ou vilenie^ ou pour cas de crieme , & felonc che que li cas cft granc 
Icn doit punir chelui qui eft attaint de tricherie , & fere rendre les damages qui par 
le tricherie furent fets, & nous nous acordons fe le tricherie fufete pour autrui defe- 
riter,ou pourterfaus tefmoings, ou pour cas de crieme, que l'amande foit à le volen- 
té dou Seigneur de lavoir, & fe Vilains fezavient par le tricherie , pour liquel cas le 
fefeur doit recevoir mort, chil par qui le tricherie fu fête en doit porter autele painc 
éomme chil qui le firent, car poi de différence a entre Tricheur &:Traitteur , car li 
Trichierres vient couvrir fe tricherie fouvent avient par bêles paroles & fouvent a- 
vient que il le pourchaffe fi traittement & fi maUcieufement que len ne puec avoir 
Tcfmoins contre li. 

Chil qui eft acufés de Tricherie fe puet bien deffendre contre chelui qui lacufè 
par gages de Bataille par noftre Couftume fe il li pleft, ou fe il U plcft puet débouter 
cheU qui lacufe par che que il eft perfonne qui ne puet acufer de tricherie fe fe 
font des perfonnes qui font dites cy defllis , ou fe fe font Clerc qui vuelent acufer 
Houme lai , pour che que il ne puet entrer en gages, ou fe che eft Famé qui ait Ma- 
ri & ele fans l'authorite de fon Mari vueille acufer de tricherie au Procurcrrcs pour 
autrui , car Procurerres ne puet acufer de tricherie fe che neft en défendant fe quc- 
rele, mes en défendant le querele fonMeftre puet il dire que le chofe fu fctc tricher- 
ïefTcment parquoi il ne vient pas que ele tiengnc, &L quant il aura che dit jour li doit 
cftre donnés de amener fon Meftrc pour favoir fe il voura pourfuir droi6>cment en fa 
perfonne le plet de tricherie que fes Procurreres mift avant, &: Te il le vient pourfievir 
le plet tient , & fe il ne veut il reviennent au plet en Icftar que il eftoit quant li Pro- 
curreres propofa le tricherie, &: adoncqucs le Procurerres doitamander le vilanie que 
il dift en Court à la partie que fes Meftres ne vout pas pourfuir , mes l'amande nctf 
fors autellc coume celc de let dit. 

Se je convenanchc aucune chofc ou 4onnc pour che que mi ancmi eftoient venu 



chapitre XXXII J, j^j 

éc entré en ma Terre pour moi venir penrc en ma Mcfon bien' le puis redemander , 

j , car je ai aftion de paour rcfonnablc fe il cft ainllint que mi Ancnii fcuflcnt tant que ic 

ne me peufle pas deffendre daus pour toiblcMcfon, ou pour che que je euflc peu de 

gens en ma Mefon, car fe ma Mefon eftoit bonne pour moi défendre &: je par fliutc 

1 de cuer ne mofoi défendre je ne macort pas que je naic che que je donne puis que 

, I len navoit pas mife la main à moi ne à ma Mcfon , car chil qui cft afTaillis fe puec & 

I doit défendre. 

i Force cft bien fece fans mette main , fi coume fe aucun me vieut efforcer men Bled 
ou mon Vin, ou mes autres chofes , &: il vient à armes &: me trueve defarmé & en 
I non pooir de recourre & me dit, fe je miet la main que il memehaignera ou ocirra 
: fe je pour chette paour i leffe à mettre la main &: il emporte ma choie bien me puis 
plaindre de force , &: fe je en donnai aucune chofe en che point pour la fauveté de 
mon cors ou pour le mien fauver redemander le doi &: ravoir, car il apert que je le fift 
par paour. 

Tout foit il ainflint que li Gentilhoumcs par noftre Couftume puift'cnt gUerroier & 
occirre & mehaingner km laucre hors de trieus,hors de afteurement,pour chenepucenc 
il pas pcnre li uns de l'autre ne ardoir h uns feur lautre, ainchois fe il prennent li un 
feur lautre par Je Guerre il doit eftre conté pour roberic , &: fe il ardent li uns feur 
lautre il mcffont aux Seigneurs de qui les chofes font tenues, parquoi il font tenus à 
reftorer les damages au Souverain en quele Terre il viennent & à li amandcr de la- 
mande de foixante livres, mes arfon fere ou robcrie hors de tans de Guerre emporte 
plus grant peine ^ car h cors en deffert à eftre jufticiez , mes chefte peine ofte la 
guerre ôc condampne tant feulement au damage rendre & lamande deftiis dite, 

Len apele tricherie tout che qui eftfet à effient par menconge que len vieut affet- 
mer par vérité, par autrui grever j tout foit il ainffint que len ne mette pas en fon 
pourfit che qui par le tricherie eft gaaignie , & quant à Dieu entre tricherie & larre- 
cin à poi de différence j mes il avient aie fois que aucun fet aucune chofe & 
femble que il le fet par tricherie , nepourquant il ni entendi nul mal au fere , ainchois 
cuidoit bien fere & pour che que che eft fort chofe à entendre que len ait fet triche- 
rie à effient, fe fueffre len de tenir tricherie pour larrecin. 

Chi define li Chapitre de che qui eft fet par forche & par tricherie, & nepourquant 
I il em parlera encore el Chapitre des Convenanches,&:en autres Chapitres làouU cas 
monftreronr que len en doie parler. 

; Çhi commenche li trente quatrîefme Chapitre de che Linjre^ liqmex parole des £on* 
\ I 'venanches y & lefcjueles font à tenir ^ lefqueles non^ ^ fi parole des t^ar^ 
j\' chïés ^ des Fermes t& des chofes qui font obligées fans Con-venanches , &com* 
^ ment faie fe pruevefans TefmoinSj S' qft^^^^ <^hofe efî forche & deffraudes. 



CHAPITRE XXXIV. 



MOuLt de Pies & de contcns muevent par chaus qui ne Vuelent tenir leur 
Convenanches &: par chofes qui ne vuelent porter garant des chofes qui font 
i' tenus à garder par leur convenanches ou par laCouftume douPais, &: pour che nous 
J[ parlerons en che Chapitre des chofes deffus dit, fi que chil qui meftieren auront puif- 
c- fent favoir lefqueles Convenanches font à tenir &; lefqueles non,& dequoi len doit por- 
'■ ter garant, &: liquel Marchié font à tenir & liquel non, &r coument len en doit ple- 
)J dier , & comment les Juftiches en doivent ouvrer quant h Plet en viennent pardevanc 
u aus. 

'" I Toutes Convenanches font à tenir, & pour che dit on Convenanche vaine loi 
0- exceptées les Convenanches qui font fêtes par mauvefes caufes , fi comme fe un Hons 
lit convenanche à un autre que il tuera un homme pour cent livres, ou afolera, ou bacra, 
d tout foit che que chil qui fera che qui li a aconvenanchié dou batre ou dou tuer,neft: 
pas chil tenus à paier les cent livres qui il convcnança , car teles Convenanches ne 
!r j fP^^ P^s à tenir , doncgues fe li Seigneurs fevent teles Convenanehes ,_il doiven.t pen- 



j^^ Des CQwvtnanchcs O* des Mdrchiés, 

^€ les parties &; aus jufticicr comme atains dou fct pourcoi le convenanche fu. 

Ancres Convenanches i a encore qui ne font pas à tenir , fi comme fe je conveî 
ïianche à paier detes de gieu de dez ou de ufure, ou fe je covcnance à un homme que 
je li ferai let à li ou à autrui, ou aucune chofc qui li fcroit plus greveufe que pourfi- 
tablc, teks manières de convenance ne font pas à tenir , ou fe je convenanche à me 
Famé ou à rncs Enfans que je leur doutai che que je ne puis donner par Couftume de 
pais , le Convenanche nefl: pas à tenir. 

Se je convenanche à donner Terre qui neft pas moie^ou Mucblequi nefl: pas miens, 
je doi fcre tout men pooir davoir le chofe que je ai convenanciée, fi que ma Conve- 
nanche, foit tenue, &c fe je ne puis avoir le chofc je doi dou mien baillier jufques à le 
valure fi que ma Convenanche foit tenue. 

Toutes Convenanches qui font fêtes par conditions, fe les conditions ne font acm- 
plies les Convenanches font de nule valeur, fi coume fe je convenanche à un home 
que je efpoufcrai fa fille en tele manière que il me donra une fomme de argent, ain- 
chois que je lefpoufe fe il ne me baille le fomme de argent je ne fui pas tenus à fe fil- 
le efpoufer , ou fe un homme me convenanche que il me donra un Cheval en rcle 
manière que je li fâche un fcrviche qui fera nommes , fe je ne li fais le fervichc il 
ncft pas tenus à moi donner le Cheval , & par ches deus cas chi deffus pocs vous en- 
tendre de tous les autres cas qui pueent avenir de Convenanches cjui font fetcs par 
condition que il convient le condition aemplir premièrement , & puis tenir le Con^ 
venanche. 

Convenanche puet bien élire fête à autrui pcrfonne que a le moie pour moi&eii 
mon nom, tout foit il ainfint que je ne leulfc pas commandé ou que jencn fcufl'e moc, 
û comme fe un homme me doit vingt hvres &: il dit en derrière de moi à me Famé, 
ou à mon Fil aagié, ou à aucun de me mefnie qui font à mon pain Se à mon pot ou à 
mon louier je doi vingt livres à voftre Seigneur, & je vous promet que je les li paie- 
rai à Noël je le puis ficvir quant Noël fera pafTés de che que il convcnança à un de 
chaus de moi paier, ne il ne poura pas dire je ne vous ai nules Convenanches , car il 
ma bien le Convenanche fe il la à aucun des miens pour moi, & toutes les perfonnes 
que nous avons dites pueent bien recevoir Convenanche povir moi &c creantemens en 
mon pourfit & non pas en mon damage fe je nen ai aucun eftabli Procureers , mes fc 
je lai eftabli Procureeur il puet recevoir le crcantemenr aufïînt bien contre moi quô 
pour moi fe il eft contenu en le Procuration , & auffint pouroit un eftranges Procu- 
rerres fi que les perfonnes defl'us dites nen ont nul avantage de recevoir Convenant 
ches ou creantemens contre moi ne que les Eftranges , mes pour moi ôc à mon pour-5 
fit le pueent fere, fi coume il eft dit defilis. 

Chafcuns de ma mefgniée &:de mes Serjans fi doit ouvrer 8c eftrc creus en l'Offi- 
ce ou je le mis &: ouvrer de fon Office tant feulement fe il na efpecial commande- 
ment de moi de fere autre chofe, che eft à entendre que chil que jai mis pour garder 
mes Bois Se pour vendre, fc il vendoit mes Blez de mes Greniers, ou mes Vins de mes 
Cehcrs en non feue de moi, jen'entenrois pas le Vente fe il ne me plcfoit, tout feuftil 
ainfint que le Scrjant euft rcccu les deniers de le Vente , car fe li Scrjant pouoit che 
fere, un mauves Scrjant pouroit à un coup mètre fon Maiftre a. poureté, mes voirs eft: 
que fe li Serjans me vouloir baillier les deniers, ou il me difoit je ai vendus vos Vins 
ou vos Blcz à paier à tel terme &: je feur che prenoie les Plegcs ou faifoie prendre par 
Procureer , le Vente fcroit tenue , car il apparreroit que je me fcrois affentus au Mar- 
ché que mes Serjans auroit fct. 

Pierres avoir un Bos à vendre & pour le vendre il eftabli unSerjant, li Serjant vcn- 
di le Bos à pluricx perfonnes à paier à le Toufi^aind qui venoitaprcz, & quanrleTouf- 
faincbfu palTce, li Deteur vinrent au Scrjant qui le Bos leur avoit vendu &: délivré SC 
li requiftrent que il leur donnaft refpit de largent que cil li dévoient par le rezon de 
le Vente de Bos, &: il leur donna un an de refpit , & quant P, le fcut qui Sirc eftoic 
de le chofe, il ofta h Serjant de fon fcrviche &: puis traift as Deteurs Se leur rcqueift' 
que il le paiafTcnt , & il refpondircnt que il avoient refpit de chelui qui le Bos leur a- 
voit vendu, & p. (iic que il ne vouloit pas que le reff>it tenift, car pour che fon Ser- 
jant avoir le Bos vendu, &: le premier terme aflis navoit il pas pooir ne authoriré douter- 



I 
chapitre X X X 1 V. ijj 

îne dongier, & Teur che fe miflrent en droit. 

Il fu jugié que li Rcfpis ne tcnroic pas, & par cel Jugcmenc puce Icn vcoir que le 
.Sériant na pas pooir de cuvrcr fors en che qui li cft cftabli & baïUic de l'autorité de 
fonSeigneur , &: maie choie (croit que puis que h Scrjant a fet dcte de lavoir fou 
Meflre à paier à chertain jour que il fuft puis Sires d'alongier les termes. 

Or veons fc chil à qui le Rcfpis fu donnes dou Scrjant puecnt ficvir le Serjant 
qui le Rcfpit donna pour le Convcnanche que il eut à ans, Nous difons ainfllnt que 
fe illcur donna le Rcfpit (implcinent, il ne 1cm puecnt llcvir ^ car il donna che que il 
ne pooit donner & qui cftoit à autrui, mes fe il dift au donner le Rcfpit je vous doing 
leRefpit de le detc Monfcigncur que vous li devcs, & le vous ai convient a fcre te- 
nir, fc li Sires ne vueut que li Refp;t foit tenus, il puecnt ficvir le Serjant de le Con- 
vcnanche & convient que li Serjant fâche tant au Seigneur que le Rcfpit ticngne ou 
que il leur prcftc les deniers dou ficn , dcfquicx il poront paier fon Seigneur dufqucs 
au terme dou Rcfpit, &; ainffintpuct eftre li Serjant damagiés qui plus fet de le cho- 
fc fon Seigneur &: a couvent à garantir que il ne doit. 

0^1 donne autrui chofc & la convcnanche à garandir il ne la puct garandir fechil 
ne vicut à qui le chofc ell:,mcs il convient que il tache reftor dou ficn à chclui à qui 
il hll le don fclonc le valeur de le chofc par loial elHmation, & cet mcifmes rellor 
doit il ferc à chelui de qui il a lautrui choie vendue ou efchangiée, & fe il cfloit au- 
trcmant durement porroient eftre damagié chil qui auroientreccu daucun lautrui cho- 
fc par louage, ou par Ferme, ou par fon fcrviche, ou par cfchange, ou par aucune autre 
caufe foulïîfant. 

Convcnanche d'Efchangc doit eftre tele que chacune partie doit garandir a rcul*> 
jours che que il baille, &: fe il ne le puct garandir, pour che que le choie que il bail- 
la en cfchange ncftoi: pas lîeve , il doit eftre en le voîcnté de chelui à qui il doit ga- 
rantir de reprendre che que il bailla en cfchange, ou de contraindre chelui qui lautrui 
chofc h bai'la j Icqucle chofc il ne li puet garantir , que il h reftorc fon damage d'auf- 
fi fouffifirt chofc &: d'aulTi aifée comme le chofc cftoit que il ne li puet garantir. 

Bien fc gart chelui qui puet avoir garant de le chofe qui li cft bailliée que fe l'en 
le met cm plet que il requière jour à avoir fon garant pour li défendre de quelque cho- 
fe que che foit , car fe il va avant cl plet fans chcli qui li doit le garantie , & fans li 
nionftrcr que il li vicngne porter garant , &r il perd par plcc , ou par mife, ou en au- 
tre manière , li garcntilfierrcs n'eft pas tenus puis le perte fête à li fcre garantife de le 
chofe que il a perdue fans li amonefter que il l'emportaft garant , fe chil qui le garan- 
tife vient avoir ne fet tant que le chofe reçoit en fe main el meifmes eftat que cle e- 
ftoit el commencement dou plet, car de che que je doi garantir chil à qui je doi lega- 
rantize ne puet pleder en mon damage fans moi appeler, &: fe il en plede & il perd, 
le damages en iert liens. 

Se il avient ainlfint que aucuns fâche cfchange de Hiretage , &: l'efchange tenus 
iiii an ou plus P. qui efchangaà J. chiet en poureté fi que il vend che que il eut de 
Jehan en cfchange, &: quant que il a, & aprez aucun plede à Jehan de che que P, 
Il bailla en cfchange, &: le pert pour che que il cft regardé par Jugement que P. n'a- 
voit droit en l'Hiretagfe que il bailla à Jehan en cfchange , que fera l'en de cel cas , 
puifque P. n'ai rien vaillant parquoi il puift porter garandize , revcnra Jehan à l'Hire- 
tage que il bailla à P. liquel P. a puis vendu, ou il demeura à cheU qui de J, l'acheta. 

Nous difons ainlfint que il demoura à racheteur,puifquc Jehan avoir tenu l'efchan- 
ge an &: jour, mes fi P. euft vendu l'Hiretage que il eut de Jehan par cfchange de- 
dens l'an & le jour, Jehan reuft l'Hiretage avant que l'Acheteur , puifque P. ne li 
peuft garantir , car cfchange d'Hiretage n'eft pas chertainement affermes en cas de- 
vant que il ait été tenus an & jour. 

Pierre propofa ainlfint que il acheta un Hiretage, & quant il en fu en le fefine dou 
Seigneur , & il cuida entrer en l'Hiretage , il trouva que Jehan en cftoit en le fefinede 
l'efploitier, Pierre li requift que il iflîft de l'Hiretage que il avoir acheté à Guillaume , 
&^ Jehan dift que nonferoit, car il avoir pris l'Hiretao-e à Ferme dudit Guillaume à 
ci^nées avant que il euft achepté, lefqueles cnnées n'eftoient pas encore aemplics, &: 
pour che que il ne fe ©eurent accorder li P. P. & Jehan vindrent en l'Alfife à Clcr- 



j^S lyes Convenances & des i:::^i(Carchies. 

iTiont & Te miftrcnt en Jugement à favoir mon fe Jean gorroit de fcs ennécs tcles cou- 
me il les avoir priles à Guillaume avant que il vcndift l'Hiretagc, 
■ Il fu jugic que P. qui ivoit acheté l'Hiieragc &: en eftoit en fcfine du Seigneur 
gorroit de l'Hiretagc pcfiblemcnt &: le prendroit el point que il le rrouvcroit fans nul 
empefchement de le Ferme, que Jehan avoit prife , &: bien fuift Jehan Guillaume 
qui la Ferme li avoit baillice par mos de Convenanche que il \\ garantififl; Ton Mar- 
chié , &: par cel Jugement puet len veoir que il i a plus de péril en pcnre autrui Ter- 
re à Ferme ou à louage ou en engagement que moût de gens ne cuident, & quicon- 
ques i voudra entrer feincment &: lans péril fiface tant que il foit de par le Seigneur 
de qui le Terre muet, ou autremant il en pourra cilre ofté Te aucuns i entre par Titre 
d'achat, fl comme dit eft deflus. 

Voirs eft que chil qui baille fe Terre à Ferme, à louage, ou par cngagcmcnr,&: puis 
le veut Tans mètre condition en le Vente que chil goifl'c de les années il eft tenus à 
tant fere vers l'Acheteeur que chil à qui il avoit devant le chofc baillée le ticngne en 
le manière que il li avoit convenancié , &: Te il ne le puet fere en aucune manière, 
par che que li Acheptierres ne fl vient accorder , il eft tenus à rendre tous les da- 
mages à chelui à qui il avoit la chofe bailliée &: avecques che tout le pourfit que il 
peuft avoir en fon Marchié par eftimatioii de bonne gcnt. 

Quant aucuns a bailHé fa Terre à Ferme ou à louage ou par engagement, &: puis la 
baille à un autre avant que l'autre en foit hors, & puis fcn va hors dou Pais fins lef- 
fier Procureur lequel len puift iîevir de garantie, &: plei muet entre les deux qui le 
chofe priftrent, len doit dehvrer le Marchié à chehà qui il avoit le chofe baillié pre- 
mièrement, fe il prueve le première Convenanche, & convient que chelui à qui le 
derraine Convenanche fu fête & qui nen fait qui fîevir attende tant que le première 
Convenanche foit aemphe,& après il doit joir de le chofe felonc che que il prueve le der- 
raine Convenanche, mes che entendon nous fe débat en vient avant que cl-.il alaft hors 
dou Pais, ou que chil qui fen ala feuft en ajournement avant que il fcn alaft, ou que 
li un fuft ja entrés en le chofe , car fe nus ni eftoit encore entrés quant il fen ala, ne 
plet nefu commenciés contre li ne nen fuft encore ajournés, ne li un ne li autre ne 
porroit joir de fe Convenanche devant que il revenroit ou que il trouvcroient aucun 
tenant de li Hiretage comme Hoirs,ou Procureeur eftabli de par cheli qui fcn (cxoit 
aies, mes cieus pouroient il fîevir en le manière deftlifdite. 

Aucunes chofes font obligées de eles meifmes tout fans Convenanche, fi coume fc 
je loue ma mefon foit en Fief ou en Hiretage vilain, &: chil à qui je lai louée a de (es 
biens portés en ladite Mefon, &c ne me paie pas mon louage, je puis prendre dou fîcn 
par couftume fans Juftichc tant que je foi paie de mon louage, &: fe chil à qui je louai 
ma Mefon,mefetrecoufle fe le Mefon que li louai eft deFicf,contraindre le puis àcho 
que il me le ament, &r eft lamande moie de foixante fols fe le Rccouftc fu fête d'ou- 
me de poote , &; fc je louai ma Mefon de Fief à Gentilhoume & il me fîft rccoulfc 
quant je pris pour mon louage l'amande eft moie de foixante livres, &: fe le Mefon 
<jue je louai eft tenue en vilenage & len mi fct refcoufl'e quant je preng pour leloua- 
ge je doi traire au Seigneur qui a le Juftiche fur le lieu, &: li requerrequc il mofte la 
force,& il le doit fere , & fi eft l'Amande lieue de foixante fols pour le refcoulî'e qu: 
me fut fetc, & par che puet len voir que chofes font bien obligiécs fins Convcnau- 
ches. 

Encore en autres cas pueent bien chofes eftre obligiécs fins Convenances, fi cou- 
me Çc ']C baille ma Terre à Ferme ou à louage, &: chil qui à moi la prift iamis fon la- 
beur je ne li laifterai pas lever les ifllies, fe il ne mcplcft devant che que il me aur.i 
fct fureté de rendre moi che que il men doit, tout ne me euft il pas convenant au 
Marchié ferè que il me fîft fureté, car li labeur & li amandement que len met fur le 
lieu fct la furté par Couftume vers cheli qui baille fi Terre, mes par gages ou par 
plegcs fouffifah doivent eftre li biens délivré à cheli qui fîft le Marchié. 

Encore fc je emprunte aucune chofe qucle que cle foit , je fui tenu au rendre 
tout foit che que je ne l'aie pas convent à rendre à l'emprunter , fe i fui je tenus par 
Couftume , &: m'en puet chil ficvir qui le chofc me prcfta, &; fc je ou tans que le cho- 
fe me fu prcftcc l'ai allouée ou perdue en telc manière que je ne la puis ravoir, je fui 



\ 



Chapitre X X X 1 V. 777 

ienus à rendre la valeur que cle valoir ou tans que elc me fu prcftcc , & fe en nule 
manière puis ravoir chc qui me fu prefté , je doi rendre che meefme , & 
che la chorc eft cmpinée puifque elc me fu preftéc par moi, je fui tenus à reftorer 
le damage de l'cnipi rement, &; non pas en toutes chofes , car fe l'en me prefte un 
mui de Fourment liquics vaut quarcnte fols quand l'en me le prefte, &: il ne vaut 
que trente fols quant je le rcnt , je ne fui pas tenus à rendre les dix fols outre , puif- 
que je rent aulli bon Fourment comme fen me prefta , car il fouffift quant l'en rcnt 
aulfi bone chofe &: de chclle mcfme nature que ele fu preftée, & li cmpirement qui 
doit eftre rendus, lî cft aulfmt comme fe l'on me preftoit un Cheval fiin de tous mem- 
bres , &: il affoloit avant que je le rendilfe , li damage de la folure doit eftre rendu a- 
veques le Cheval , &: par che que nous avons dit dou Fourment prefté & dou Cheval, 
puet l'en entendre des autres chofes preftccs. 

Se aucun prent me Terre à ferme ou à louage, & il i met fon labour , & ne nie 
puift fere pièges, ne bailler gages, pour che ne perdra il pas fon marchic, fe il ne me 
ot couvent à fere plcgcs,mes fe il me ot convenant à fere pièges, & il ne le fet, mette 
le puis hors dou marchié, &: fe il ne le met pas convenant, les ifllies doivent eftre mi- 
fes en fauve main, en tele manière que je premièrement preigne che qui m'eft dcu 
de le rcfon dou marchié , & il pregne le remenant, & fe il ni a pas aftez partout pour 
moi paier, je doi penre che qui i eft,&: li ofter dou marchié pour le defaute dou 
paiemant dufques à tant que il me ait rendu le defaute & fet furté dou marchic te- 
nir, & fe il veut goir dou marchié & tenir, bien fe gart que il me rende le defaute 
<lou paiement , & me offre le furté avant que je lieuve l'autre defpucille en ma main 
pour fe defaute, car je ne ferois plus tenus à li tenir le marchié pour fe defaute. 

En chofe preftée rendre na point de terme fe il ni fu mis au preft fere , doncques 
la puer chil demander fi toft coume il li pleft, & auflînt difons nous des chofes qui 
font mifcs en commande , & quant chil qui prefte ou met en commande demande 
que len li rende , &: l'en ne li vient rendre, &: il en fet ajourner par devant fon Juge, 
& la li demande che que il li prefta ou bailla à garder, chil à qui len demande doic 
eftre contrains à refpondre , & fe il connoift que le chofe lui fu preftée ou baillée à 
garder, il doit eftre contrains fans délai au rendre, &: fe il vient jurer feur Sains que il 
ne l'a pas , &: que au pluftoft que il pourra il fera tant que il le raura &: rendra , com- 
mendement li doit éftre fet fe il eft hons de poote que il le rende dedens fept jours 6dt 
iepc nuits, & fe il eft Gentilhoume dedens quinze jours , &r fe il ne obcift au com* 
mendement , il doit eftre jufticiés fans délai , tant que la chofe preftée ou baillée en 
garde foit rendue. 

Se l'en me doit feur Letres , &; je rent les Lettres à chelui qui les me bailla ', chc 
cft bien à entendre que je me tieng pour paie , ou que j'en ai Quittance fête , donc- 
ques ne pourroie je puis le dete demander, fe je ne fui cheli qui ra fa Letrc de Letrc 
tolue , laquele chofe eft aveques les vilains cas de crieme , car fe chil qui fa Letrc 
bailliée touroit ou embloit en entencioa d'eftre quites de fe dete , ne vaudroit pas 
miex que Lierres. 

Chil qui prefte feur gagefe il rent li gaige à chelui qui l'emprinta bien fe tient pour 
paies , fe il n'eft ainfint que il rende le gage par tele condition que len li rende le det- 
te, ou que fen li baillera pièges ou gages auflî fouffîfans ou plus , car il avient que 
l'en rent gages par aucune de ches condicions par amours , ou pour che que li gages 
n'eft pas fouffifans , mes che n'eft pas Couftume que l'en rende Lettres fans eftre paie 
ou fans quittance fere. 

Convenanche qui eft fête contre droit , lî comme fe je donne en mon Tcftament 
plus du Quint de mon Hiretage ou fe je donne à ma Famé première plus de la moi- 
tié de mon Hiretage , oii à ma féconde Famé plus du quart, & ou je donne par con- 
I ycnanche à l'un de mes Enfans tant que h autre en fcroient dcshirctés, & fe il eftoic 
I foufFert ; toutes tex Convenances ne doivent pas eftre tenues, & che que len dit Con- 
i venanche loi vainc, cheft à entendre de fa propre chofe qui n eft pas obligiéeà autrui 
I par Çouftiune,car par Couftume ce eft voirs que mes Hirerages cft obligés à mes hoirs 
^ je ne le vent ou fe je ne le donne à mon vivant pour chertaine caufe refnablc, ne 
}e né puis pas mon Hiretage chargier de douaire que fclonc che que Couftume don-' 



jyg T>e$ Con^enanches & des Marchiss, 

ne,&: pour che né font pas tcz Convenances à tenir. 
■ 'Convcnanche qui eft fête contre bones meurs fi comme fe je convcnanche que ]Z 
ferai aucun larrecm ou aucun let fet, ou je me Icrai efcommunicr , ou que je porte- 
rai faux ténioig , ou que je bâterai aucune perfonne,ou que je li reprocherai fon mal, 
toutes teles convenances ne font pas à tenir , & fe l'en le jura à fere fi vaut il mie^s 
que len preigne fa pénitence de fon fol fcremcnt , que fere mal pour fon fcrcment 
tenir, & fe Ion bailla plcges que l'en f croit aucune des chofes dclfus dites, &:rcn les 
fuit de la plevinc pour che que thil qui les bailla ne veut aemplir fa convcnanche , 
il ne font pas tenu a rcfpondre de tele plevine, car tout che qui cft convenanchié 
pour malice fere &: contre boncs meurs puet li eftre rapelcs. 

Le Juftiche ouvra à droit qui print de P. vingt livres d'amande, & de Jehan dix 
livres d'amande, pour che que P. avoir fet marchic audit Jehan de batre G. en tele 
manière que quant il l'auroic batu il li donroit dix livres , par devant le Juftichc lîfl J. 
venir P. pour che que P. ne le vouloir paier, &: le Jufticheli fifl déclarer pourquoi les 
dix livres cfîoient convenanciés tant que il feiit le caufe, & pour che que Jehan fift 
celé batuie à requeftc d'autrui fans defTcrte & fans meffet que H batus li cuft fet, il 
perdi les dix livres qui li efloient convcnancic,&: fi paia dix livres d'amande pour che 
que il iîfl; vilaine euvrepar convoitife, & les dix livres que P. devoir donner pour le 
fet le Juftiche les leva & aveques dix livres pour le vilain Marchié que il atoit fet,& 
par che puet len entendre que li Bailli & li autres ]uges qui ont toute le Juftiche en 
leur Terre pueent moût fere de leur auclorité fclonc che que il voient les Meftecls 
qui font fets malicieufcment. Voirs eft que fc Bature n'cuft clic fête pour deniers ,< 
mes en chaude mcllce, fi comme contens mucvent pour parole, l'amande iic fuftque 
de cinq fols felonc noftre Couftume,ou de foixante fols fc il euft en le mellée fet fane 
de poing garni, mes pour che que chetc bateure fu fête par mauvefe; caufe iïft li Ju^ 
ges bien qui tant en leva. 

Convcnanche qui eft fête par force ou parpaour neft pas à tenir,mes force & paour 
fe font de pluriex manières, car en dire je le fais par force, il convient dire le force 
qucle, &; prouver fe ele li eft niée de partie, & puis regarder fe le force eft tele que \è 
Convcnanche doie eftre nule , & auflînt de chelui qui dift qu'il fift Convcnanche par 
paour , il doit dire le caufe de le paour que il a, ne pour fon dit il nen doit pas eftre 
creus fe le caufe neft prouvée , &L que cle foit tele que len voie que peur li en doit 
bien venir, & pour che que l'en voie lefqueles forces &lefqueles paoursfonc à reco 
voir en Jugement , nous en dirons d'aucunes. 

Force fe cft fe je tieng aucun en me Pnfon fi comme enferme ou en fers dufques 
à tant que il me ait aucune chofc vendue,convenanciée, ou donnée, &: le il le meftet 
& men baille Pièges ou gages il a droite aélion de pledier à moi que je lui fis force , 
& le Prifon prouvée que il i eut le Convcnanche ou tans de le Prifon je doi eftre 
contraint que fi Plcges foient quites ouli gages rendu & le Convcnanche nule,&:fe il 
m'avoit paie & acmpli toute le Convcnanche pour fes Plcges acquiter ou pour fes ga- 
ges ravoir , ou pour iffirde le Prifon fans bailler gages ne Plcges , fi li fui je tenus ) 
rendre fc il n'eft ainfîint que je fois fes Sires, & que pour bone dcte & loial que il m 
devoir je le teniftc pris par che que il s'eftoit obhgé, car en cel cas H pourroie fcic 
chefte force tant que je fuflc paies fans mort & fans meshain , & fc il n'avoit rien dou 
fien dequoi il pcuft vivre je li feroie tenu à livrer fouftenanche dou mien tant comme 
il fcroit en ma Prifon , &: quand il auroit tout fon vaillant mis en moipaicr fi con- 
vienroit il par noftre Couftume que je lui delivrafle fon Cors & encore ne avant ne 
aprcs fe il ne W cft obligés je ne puis tenir le Cors en Pnfon pour detefc che n'eft pour 
le dcte le Roy ou le Conte fc il n'eft mes Sers. 

Aucuns font fi mallicicus que il contraignent leurs Sougies par forche de Prifon à fere 
aucune obligation ou aucune Convcnanchc,&: quand che vient à fere le furtc de le Con- 
vcnanche ou^'à leConvenache rccordcr, li Suc l'ofte de Prifon avant que la feurtc foit fcte 
ne li reçoit, & li dit ne dis pas que tu me fâche nules Convcnanchcs par forche de Prifon 
car tu n'eft de riens en ma Prifon,ainchois es en ta délivre poote &: vucil que tu le rccon- 
noifte ainchois que tu m'aies à le Convcnanche &: chelui le rcconnoift , & aprcs fet le 
Convcnanche. Orveons comment il porra chcle Convcnanche rapclerfcil cft dcdicus 






Chafitre XXXÎV, lyp 

bu damagié par le Convenance, il porra bien dire que il le fit pour le paour que il me fcull 
arrière rnis en le Pnfon ou il avoir elle, &: fe le Pnfon h fu gnef il doit moult biencltrc 
ois en ichelle refon de paour, car on feroit moût de grics melchies avant que il ch- 
trafl: arrière en le Prifon que on a eflaicc, mes fe il navoit oncqucs cfté en le Prifon 
ne il navoit onqucs elle menachiés à mètre en le Prifon , il ne feroit pas creus pour 
dire je fis le Convcnanche par paour que je ni fuflb mis en Pnfon. 

Toutes les Convenanches iic toutes les Ventes que on fet en foi damagant cnche- 
li temps que l'en efl: en grief Prifon on les puet rapcler dedans lan &: le jout que il 
feroit en fe délivre pooftc. Le convenanche fi tcnroit fe il ne monftroit loial caufc de 
paour > pourcoi il ne lofa dcdens l'an &: le jour , ou fe il convenanche à paier aucune 
chofe au chicf de deux ans ou de trois , il ne le dcbatra pas fc il ne li plct devant que 
on li demandera paiement. Car adonc il poira dire par manière de dcftencc , je ne fui 
pas tenus à vous paier pour che que je fis le convenanche par forche de paour. 

Nule forche n'clt fans main mètre , ne ce n'eft pas paour qui doic valoir fe je dis 
que je fis aucune convenanche pour che que tele pcrfonne me mcnacha fe je ne le 
faifoic il me feroit honte , ou anvi j ou grant damage , &: il efl: apcrte chofe que cheli 
qui les menaches me fit n'eft pas mes Sires , ne d puillans lions que je ne me pcuflc 
bien pourcachier de mon droit querre encontre li , car je ai eu paour fms refon,pour 
che que je eftoie trop prechcus de pourcachier de li alfeurement & de moi garder de 
damage , &: de foie enconvenanche. 

Se jefes pesâmes anemis,&: leur doing dou mien pour le paour que il ne m'ocient 
ou mehaignent, & puis vueil ravoir ce que je leur donnai pour le pes, on doit regar- 
der fe il i avoir fet parcoi droite haine fuft née ou guerre , &: fe on Voit que il i euft 
guerre ou haine chelui qui donna pour le pes avoir ne doit pas ravoir le fien pour che- 
île paour pour che que il i avoir caufc de mautalent , &: cheft grant pourfic à 
chafcuns de pourcachier que il vive fans haine , & que il ne foit hais, & fc on ren- 
doit che qui eft donné pour teles caufes moût de bones pes en demourroient , parcoi 
moult de grans maus porroient avenir. 

Qui, donne le fien à Bannis por le paour dou Bani , fe li Bànis fet tant que il foie 
rapelés & quites du forban on li puet demander che que on li envoia pour le paour 
de li & de (es Menaches , nepourquant je ne loée pas à chaus qui aucune chofe don- 
nèrent ou envolèrent que il em pledent par devant le Seigneur qui l'avoit baillié pour 
banir, fe \i Demandierres eft jufticherres au Seigneur dou Bani , car il querroit en 
grant Amande vers le Seigneur de che que il auroit fet aide ou Bany en che tans 
que il eftoit en fon Banniftement, car qui fet aide au Banni fon Seigneur ne ne rechooi- 
ce, il chiet en l'amande dou Seigneur à fe volenté,ne vers le Seigneur ne fe puet il 
cfcufer que il li feift pour paour, pour che que chafcuns eft tenus de penre le Banni 
, ion Seigneur, &: fe il ne le puet penre de lever le cri après li & dou Pourfieurre tant 
'[■ que il foit pris, 

Qiù donne ou convenance aucune chofe as Baillieus , as Prcvofts , ou as Serjans, 

en chel tans que il font en leur Office, fe li donnierres ou cil qui fit le convenanche 

^ eft juftichaulcs à chelui à qui il donna ou en convenancha, requerre puet au Souvc- 

' rain que il li fâche rendre , car tex maniérés de gens ne pueent ne ne doivent penre 

I ' deflus chaus que il ont à juftichier, fors ce qui eft deu à leurs Seigneurs , & qui apar- 

tient à lever pour leurs Seigneurs à leur Offices , car il apert que tiex don & teles con- 

"" venanches fi ne font fêtes fors que pour acquerre l'aide des Juges , &c nus drois ne 

°' doit eftre vendus , & fe il avient que aucuns leur doint qui he foit pas de leur fougies, 

mes il ont à plaidier par devant aus ou entent que il i pledera , & que li PIcc doit 

I* mouvoir proucheinement redemander puet che que il donna, & à briemcnt parler, 

tels gens qui font en tex Offices ne pueent ne ne doivent penre don ne promefle de 

_^^'' nullui , fe ce n'eft de leurs amis de char, ou de leurs fougies , ou de leurs compaignons 

^?" fi comme Baillif de Baillif, Prevoft de Prevoft , Serjant de Serjant , & en tele manie- 

"'■ re que il n'aient que befoignier les uns devant les autres , & coumcnt il fi doivent 

maintenir en tex Offices, il eft dit ou Chapitre qui parole de l'Office aux Baillis. 

Encore pueent il penre de leurs amis qui font fi leur afains, car il eft certaine chd- 

'C' fe que avant qu'il furent en l'Office premièrement prenoient li amili un de l'autre , 

■1 



jpo I^es Convenanches é?* Marchés. 

&C pour che que amour ne cfmuevc le cuer à juge à tord fere fe il avient que aucur.s 
ait à pcdicr contre aucun de ceus qui font dit defquicxles Juftices pucent penrCjdc- 
batre pucent le Juftice, &C convient que autre Juge leur foit baillics. 

Sechaus qui font Baillis ou PrevoIt,-eu Serjans acatcnt Hiretage à chaus que H 
ont à juftichier nous leur loons que il les acatent à refnable pris felonc le Vente des 
liex , que à aus ne fâchent pas paiemant couvert, mes fâchent clcr paicmant &: aperc 
devant li Seigneur dontli Hiretage muet ou devant bonnes gens, car autremantpor- 
roit li Vendierres dcbatre le Vente par manière de don ou pour paour que ilnefcuft 
grèves & à petites prefomptions le Vente devroit cftre rendue Se rapelée au Vendeur 
pour largent que il en ot , mes voirs cft que en arrierages ne feroit pas li Achetierres 
tenus fe li Vendierres ne prouvoit forche ou menaches encontre T Acateur , mes en 
cel cas rendroit li Acaterres les levées pour che que il naroit pas tenu par caufe de 
bonne foi, & chelui qui veut ravoir ce que il vendi à cheli qui juftichiaules il eftoit 
il gart que il le demant dedans l'an &: le jour que li Achaterres fera hors de fon Of- 
fice, ou autremant le Vente tenroit, te ainflint neftoit que il fuft empcfchiés par aucu- 
ne refonable caufe parquoi il ne peufl fî toft redemander , fi comme fe il avoitque 
il euft effoine de cors, ou il eftoit el Pèlerinage d'outre mer en che tans que h Acha- 
terres oiflî de fon Office, 

On fe puec moult bien aidier de Convenanche qui a efté fête à autre perfonc que 
à la fîeue fi coume fe ie fes aucune Convenanche pour ma Famé ou pour mes En- 
fans, ou pour mesPerc,ou pour mes Mère, ou pour men Frère , ou me Suer, ou men 
Oncle ou man Tain, ou pour men Neveu que Ion tenoità tort em Prifon , car refon 
naturelle fi donne que Ion foit moût courouchiés de i'anui que on fet à tort à perfo-i 
ne &:fi prochcine de lignage, &: pour che fe je cnconvenanche aucune chofe pout 
aus ofter de Prifon , redemander le puis , fe chelui qui em Prifon le tenoit ne mon- 
ftroit refgnable caufe pourcoi il les tenoit en Prifon, ÔC que bien en peut par refon 
tant avoir levé dans fe il en'eufTent le pooir coume j.eleur enconvenanchai pour aus. 

Tout foit il ainfint que aucuns fâche convenanche pour autrui bien , &: nepour- 
quant chelui pour qui il le fet ne l'eft pas tenus à délivrer fe il ne li fift fere , ou fe il 
ne li en donna le pooir , & pour che eft il moult bon que on fe gart coument on fc 
fet debte ou plege , ou fet aucune convenanche pour autrui , car cil qui s'oblige doit 
tenir fe convenanche tout ne Icn foit nus tenus à acquitier, & auflînt puet chelui qui 
s'obligea rechevoir damage. 

Se aucuns jura ou enconvenencha que il tendroit le convenanche que il fift pj« 
forche ou par paour, & que jamais niroit à l'encontre, tele foi ne tel feremcns n'ell: paS 
à tenir , car auffint bien puet on dire que li fianche ou li ferement fu fes par forche oU 
par paour comme le convenanche, & nepourquant en fianche jurée ou enconvenan- 
chiee à tenir on doit moût regarder quele le forche ou le paour fu,car fans grant for- 
che ou fans grant paour prouvée ne feroit pas le Convenanche nule. 

Li aucuns fi cnconvenanche par foi ou par ferement à rendre ou à paier aucune 
chofe à certain jour, & après che il ne le font pas. Or eft afiavoir fe on les puet te- 
nir pour parjures ne ofter hors de ]ugemens ne de porter tefmoignage, pour tiex cas 
nous difons que nenil, èc le refon fi eft pour che que bien puet eftre que el tans quô 
il enconvenancha le chofe par foi ou par ferement, il creoit bien en foi meifmes que 
il eut bien le pooir de acmphr le Convenanche au terme qui fu nommés , &r après 
quant che vint au terme il ot tele effoine qui li furvint & pour che il ne le pot pas 
fere , & chelui fi ne fe parjure pas qui fet tout fon pooir de tenir che que il jura, 
mes bien en conviengne entre Dieu &c li , car fe il n'en fift fon pooir il eft parjures 
quant à Dieu. 

Il avient aucune fois quant aucuns cft pris pour foupechon de cas de cricme,'5i 
pour le paour que il a de longue Prifon , ou que il ne foit jufticiés dou cas qu'on li 
met fus, tout foit ce qu'il ni ait coupes , il donne ou en Convenanche aucune choCé 
pour eftre délivres. Orveons fe il puet redemander che que il donna, & fe le Conve* 
nanche que il fift eft nule, nous difons que redemander le puet & le Convenanche 
fere de nule valeur, en tele manière que fe il eftoit en le Prifon dou Souverain il f<î 
remet % droit dou cas pour lequel il eftoit tenus, &c fc il cftoic tenus en la Prifon des 

Songiw 



Chapitre XXX IF. iSi 



Soucrics li Souverains li doit fere rendre ce que il li donna ou que il liconvenancha 
pour ifTir de fa Prifon &: Ci demeurer le connoiflance dou Mcfïcc par devers le Souve- 
rain pour deux rcfons; le première refon pour chc que Ii Sougict ne puccnc ne ne doi- 
venr pcnre don ne Convcnanchc de cliaus que il tiennent pour cas de crieme ,' ain- 
chois doivent fere droite Juftiche fi coumc il eft dit ou Chapitre des Mclîcs : &: le fé- 
conde refon Ci eft: pour che que li Sougiet en quele Prifon il eftoit ne li fcift tort par 
haine pour che que il redemanda che que il li avoir donne ou convenanchic. 

Pour che que nous parlons en che Livre pluricx de Souverain,&: de che que il puet 
&: doit fere aucunes perfonncs fi pourroient entendre pour che que nous ne nom- 
mons ne Duc ne Comte, que che feuft dou Roy , mes en tous les liex là ouli Rois 
ncfl: pas nommés , nous entendons de chaus qui tiennent en Baronnie , car chafcuns 
des Barons lî eft Souverains en fe Baronnie. 

Voirs clique h Roys eft Souverains par deftlis tous , &: a de fon droit le gênerai 
crarde dou Roiaume , parquoi il puet fere tex Eftabliiremcns comme il li pleft; pour le 
quemun pourfit, & chc que il cfl:ablift: i doit cft;re tenu , & fi ncn i a nul fi grant def- 
fousli qui ne puift eftre traisen fe Cour pour defaute de droit ou de faus Jugemens, 
& pour tous les cas qui touquent au Roy &: pour che que il eft: Souverains par dcf- 
feur tous , nous le nommons quant nous parlons d'aucune Souveraineté qui à li tou- 
che. 

Quant aucuns fe plaint qu'on li a fec forche fi comme de pluriex pcrfonnes il en 
puet fieùr chacun en par foi fe li pleft: ou tous cnfemble, fe il ne pourficut que l'un, 
cil que il pourficut ne puet pas dire que il ne refpondramie fors de le partie pour che 
j^ue il otCompaignons, aincois convenra que fe il en eft: atains que il rende tôt che 
qui fu pris cutolu par forche, mais fe cheU qui fe plaint de le forche ra les damages 
de l'un, il ne puet puis ficurre les autres , & cil qui eft: atains des damages puetfieur- 
re Ces Compaignons qui furent au fet que il li tiengnent compaignie des damages, 
fe ainATint n'eft que il les i menafl: , car fe il les i mena , & le forche fu fête à fe re- 
iquefte , il ne leur peut demander compaignie de che qui fu rendu pour le force fere, 
aincois paiera l'amande pour chafcun de chaus que il i mena fe il n'eft: Chevalier,mes 
fe il eft; Chevaliers il conduira les autres, &c fe paflerapar une autre amande, czceptes 
les cas de crieme defquiex on doit perdre le vie, car en ticx cas ne puet il nul garan- 
tir ne il ne autrui, fe il font atains que il ne foicnt juftichics fclonc le Meffec, & ex- 
ceptés les cas qui atouquent au Souverain , Ci comme fe il li font defpit , ou fe il vont 
armés deftîus fe Terre pardeftTus fc dcfence , ou fe il font Alianchc encontre li ou. au- 
cun grans defobeiftfanches , car en ces cas ne garantiroit pas li Chevaliers chaus qui Ce- 
toient en fe Compaignie, ainchois aroit de chafcun s' Amande, & fe H Sires ne les puet 
penre cl tans que il firent le MefFet, pour che ne demeure il pas fe il font Manans en 
le Juftiche dou Seigneur Souverain que il ne les puifTe fievir par ajournement en fe 
Court tout foit chc que il foient Manans en Ces Arriere-fics, &: fc il font Manans hors 
de fe Baronnie , fievir les convenra devant le Seigneur deflbus que il font couchans 
ou levans. 

Se li Efcuiers fcmont chaus qui font fi Houmc de Fief ou fi Hofte, & les maine 
aveques li fere aucune forche ou aucun niefîct, li tout feul doit rendre le damage , 
& paicr l'amande pour chafcun qui fu au fet aueques li, car fi Houmes ne ii Hofte 
ne li doivent pas efconduire à venir à fe fcmonce, & nepourquant fe il les veutme-r 
net en nul lieu là ou il fâche préjudice au Souverain ou en aucun lieu pour fere auf- 
cun cas de crieme , il ni font pas tenus à obéir , & fe il les vieut contraindre par 
forche à che fere par le prife de leur cors & de leur biens,fi toft comme le chofe vient 
à le connoiflance dou Souverain il les doit fere dehvrer , car fe il obeifl'oient au Que- 
mandement de leur Seigneur en faifant cas de crieme ou préjudice dou Souverain, 
il ne fe pouroient pas s'afcufer pour dire Mefires le nous fift fere par forche & nous le 
fifmes par le paour de li que il ne nous haift ou grevaft. 

Quant aucun fi demande à aucun autre aucune chofe , &: chelui dift: contre qui le de- 
mande eft fête que il en a bon garant,il doit nommer le garanr,& le lieu ou li garant maint, 
& dire le caufe pourquoi il l'en doit porter garant , fi que il apert que il ne die pas avoir ga- 
rant par barat,ne pour delai^& adoncques le Court doit regarder & aflTener jour convcua- 



xB2 Des CmiHniînches & Marches. 

blc que cil puift'avoir fon garanc fclonc Tcftat que li garans cft, & fclonc le lieuouilmainr,' 
& fclorx le giaiideur de le quciclc, ce nepourquant Ion ne li doit pas donner plus grant el- 
pace que de un an & de un jour, & Tan & le jour ne doit on pas donner fe li garans ne 
inainc en cftranges Terres loinciengnes , &: fe li cas cft de criemc fi coumc fe vous 
iivcs pouriîevi un Cheval oU aucune autre chore qui ait ctc emblée à chcli qui le pour- 
iîeut ou l'en ne fe doit pas dcferir de cheli qui cfl pourfievis pour clie fe il difl: que \\ 
en a bon garans , car tuit li Larron li pouroicnt dire pour efchaper,mes le Juftiche qui 
le tient doit cnvoier au Seigneur de/Tous qui le garant maint, fe il maint cl Roiaumc 
& li doit mender que il tient tel houme par tel chofc que on len pourfieut, & cil qui 
en eft pourfievis avoue tel garant qiii couche & licve deflous li parquoi il li requiert 
que il li cnvoit pour le garant porter ou pour dire que il nefl; pas tenus au garant por- 
ter , &: chefte Requeftc doivent fere li Seigneur les uns pour les autres , mes quant 
cil qui eft avoues à garant vient pardevant le Seigneur là ou il cft envoies , fe Vi cas 
eft de cricme, il puct dire de che ne vous porterai je ja garant, car de moi ne par moi 
neuflc vous onques le chofe dequoi on vous pourfieut, fe cil qui l'avoa à garant le 
vieut prouver par bons Tefmoins , il doit moût bien eftre rcchcus en le prueve, mes 
fe il le vieut prouver par bons Tcrmoins il doit moût bien cftre recheus en le pruevc, 
mes fe il ne le veut prouver fors par gages de bataille,nous ne nous accordons pas que 
il en viengne à gages , cal- ainflint pouroicnt tuit h Larron avoer garant pour aus mè- 
tre en avanture dcfchaper ft en pouroicnt avoir maint Prcudhomme à foufrir à l'Or- 
donnance, & nepourquant rénolnmce fi doit moût labourer en tel cas , car legiere- 
mcnt doit Ion foufrir les gages de deus houmes mal renommés, quant li cas eft fi or- 
bes que l'on nen puet favoir le vérité en autre manière. 

Quiconques trueve fon garant & connoiflant &: le puct amener à jour, il eft deli- 
vtés de che dequoi on le fieut , mes que li garans foit fouffifans & bien juftichaules, 
ou que il face bonne feurté d'eftre à droit & de porter garant de le chofc qui eft de- 
mandée , exceptes les cas de cricme, efquiex l'on met fus à chcli que il ameine à ga^ 
rant que il fu au fet , ou que il le fift ferc , car ce cas de cricme dont on puec 
jperdre le vie ou membre & dont on eft acufés droitement on ne fe puet paftfer pour 
avoir garant , car pluriex fi puecnt eftre acufés du meefmc fet. 

Pour porter garant doit chafcun Icfter fon Juge , & aler porter garantife de le chofe 
que il bailla ou délivra pardevant li Juge , ou c\\ qui eft cmpledies qui a meftier de 
fon garant , &: fe il ni vieut aler , il en doit eftre contrains par fon Seigneur que il i 
voift , & fe il a le quemandement d'aler i , &: il n'obeift au quemandemcnt , & li cm- 
pledies pert par fe defaute , il eft tenus eii cous les damages que li cmpledies a par le 
defaute de fe garantife. 

Cheli avoue bon garant qui met avant refgnable caufe , &C comment le chofe h. 
vint qui li cft demandée, fi comme fe il l'acata en plain marchié queniun à veuc &: à 
feue de bones gens , car pour che font li marchié établi que on puift vendre &: aca- 
ter quemunement , &: nepourquant on doit courre au devant des fraudes &: des baras 
qui font fcs ez marcîiiés auflint comme cz autres liex , fi comme de chaus qui aus 
gens qui ne fons pas de connoiOance acatent denrées , qui n'afierent pas à l'acatcur &: 
à mehre pris le tierS ou le moitié que des ne valent; car en tiex marchiés ne puct on 
noter nulc loiauté. Doncques fe tex chofes font pourficvies de aucun qui les puift 
prouver por henes , des li doivent eftre rendues & délivrées , &: chcluy fi quierrc (on 
garant qui malicieufement les acata. 

Li BaiUius ou li Prevos , ou li Serjans qui fervent à chaus qui tiennent en Baron- 
ftie fe leur Sires les acufc de mcffct que il aient fet par le refon de leur fcrvichc , il 
ne puecnt pas avoer garant de leur Seigneur deflous qui leur maniions font tout i 
foient leur famés &; IctJr Enfans couchans &: levans,car fe leurmanfions font deflous 
leur fougiés li Barons ne vont pas pledier de ce qui leur touque en le Cour de leur* 
fougiés , &: fe leur manfions font en autre Baronnie , foit defous le Roy , foit defous 
autrui, il doit eftre renvoies pour conter ou pour foi efpurgier en le Court de Baron 
que il fervi , mes fe 11 Serjant monftroit au Roy en complaignant que on li feift tort., 
bien doit li Roys envoyer à fe Requeftc fivoir le droid que l'on li lera, &: faire lui a- 
yoir fauf conduit fc U fe doute de fort cors , en tele manière que il atendo droit par 



Chapitre XXXIV. 183 

it^ houmcs dou Baron qui l'acufc, & fe l'en li fcc fauls Jugcmcns, ou fc on li dcfliut 
de droit, par Tune de ches dcus voies puce cftrc très les Barons en le Court dou Roy, 
& fc il puet faufler les houmcs de leur Jugement que il firent contre li , ou il puet a- 
taindrcle Baron de defaute de droit, il eft délivrés de clic dequoi li Barons l'acufoit. 

Moult de fraudes font fêtes en convenanchcs de Mariage , mais par tout là ou el- 
les font conçues ou prouvées, l'on ne les doit pas foullrn-, ne les convenanchcs fêtes 
bar derrières les Parties à aucunes des perfonnes qui fc doivent marier ne doivent pas 
tenir, car eles font fctcs en dcchevant autrui, lequcle chofe fi ne doit pas cftrc fouf- 
ferte. 

Pierre avoit un Fil lequel il vont marier à le fille de Jehan , &: avant que les ple- 
vines ne les efpoufailles fuffent fêtes ils firent convenanche entre li &: fon Fil , en te- 
le manière que il nictroit fon Filg ez hommages de toute fe Terre , par tcle condition 
que il jorroit toute fe vie de le moitié des fruis , & de l'autre moitié le Filg li jura cpe 
fitoft que il aroit efpoufé , il li rendroit le moitié des fruits fe vie , fi que il ne tenroit 
que le quart des fruits de l'Hirctage , & li Percs les trois parts , &: quant che vint as 
convenanchcs dou Mariage , li Pere &: li Fiex chelerent che quart que li Filg dévoie 
rendre au Perc, & s'acorderent li ami à le Damoifele au Mariage , pour che que il fu 
plaincmcnt enconvenanchié que le Filg feroit en l'ommage de tout, &: cfpeciaumcnt 
\c nioitié , & quant che vint aprez les Efpoufailes le Filg délivra au Pere les trois 
parts des fruits fi comme il ot enconvenent quant li ami à le Damoifele virent que le Filg 
n'en cftoit rcnans ne prenans que du quart , &: il le devoir eftrc de le moitié des 
fruits , il fievirent le Pere de le convenanche. A che rcfpondit li Percs qucilconnoif- 
foit bien les convenanchcs , mes fe fon Filg li vouloir fere bonté, bien le pooit fcrc, 
&: enconvenanchié li avoit en cete manière avant les convenanchcs dou Mariage, &: 
deffus che il fe mifrent en droit fe les premières convenanchcs que h Percs &; le Filg 
firent enfemble feroient tenues. 

Il fu jugic que il eftoit en le volenté dou Filg de tenir le convenanche, ou delef- 
fier là à tenir, car il ne pueent pas biau veer que il ne fift fa volenté &: courtoifîeà fon 
Pere de che qui fien eftoit, fe il li plefoit, & nepourquant il fu regardé que le pre- 
mière convenanche fu fête par fraude tout clcrement {\ que li Fiex ne tenift point le 
convenanche fe il li pleuft, aincois convenift que il euft le moitié des fruits , fi coume 
il fu convenanchié au Mariage ; mais tout fuft il ainfint que il voufift tenir au Pere 
che que il li convenancha par Ife convenanche qui fuft de nule valeur ^ fe il voufift,&: 
nepourquant fe il mouruft le famé ne perdefift point dou droit de fon Douaire , ain- 
chois emportaft autant coume fe li Filg neuft point fet de telc convenanche au Pere, 
car le fraude fête devant les Efpoufailles de fon Mary ne li nuifift pas à avoir le droiéb 
de fon Douaire, felonc che qui fut en le convenanche dou Mariage , &; par chelui 
Jugement puet on veoir que toutes fraudes là où eles font conncucs ou prouvées doi- 
vent eftre deftruites. 

Plus malicieufement &: en plus de manières pueent eftre fêtes fraudes par devers 
Tourne qui fe marie , que par devers le famé pour che que li hons eft Sires de foi , &: 
en fe franche poote fi fet , & puet fere dou fien à fe volenté , tant comme il vit,m3is 
che ne puet pas le famé , car che qui eft enconvenanchié pour le famé en Mariage 
envers le Mari , il convient qu'il foit tenu quelque convenanche la famé euft devant 
les Efpoufailles ou aprez, & en quelque eftat que ele feuft ou Vueve ou PucheJle , 
car puifque ele s'eft à autrui allée par Mariage, ele n'a nule poote de foi de {es con- 
venanchcs acomplir fans le volenté de fon Mary. 

Quant aucuns s'eft obligiés par Lettres ou par Convenanchcs à plurics Crcan- 
chiers , & il n'a pas afifez vaillant pour paier , &: li Creanchiers font plainticx h Mu- 
eubles & li Hiretages au détenir fi doivent eftre pris & vendu & paie as Crean- 
chiers à le livre, felonc ce que le dete eft grant, mes che entendon nous quant li 
terme des detes font tous paftes , car fe il i a aucun Creanchier dont li termes ne 
•foit pas venus , il ne puec pas demander fe dete devant le terme , ne fere arrefter fe> 
biens que il ne foicnt paie à chaus afquiex il font deu dou tans pafîc. 

Plet fu à Creeilg d'un houme qui avoit vuidié le pais, &: devoit à pluriex perfonncb 
.auanc ..«-^..il s'eu alaft, aucuns de chaus à qui il devoïc s'eftoient plaint' à Juftiche , 

Zi; 



jS4- ^^^ Convenanches & des Marchiés» 

!Z avoienc recheu Qu_9niandcment faire chaus dcpaicr, & après le Qacmandemcrrt 
fet il s'en ala fans acomplirlc Quemandcment, & quant il s'en fu aies pluriez Crcan- 
chicrs fi firent arrcfter fes biens &; requiftrcnt à eftre paies de che que il leur dévoie 
s. le luire felonc ce que leur detes eftoient , &: que li Debteurs avoit vaillant & ï 
Creanchier pour lefquicx le Quemandemcns fu fet avant que il fen alafl fi difoient 
encontre que il voloient avant toute ouvre eftre paies pour che que il avoient cfté 
plaintiex premièrement & que le Quemandement avoit efté fet pour aus paier, &: fe 
il i avoit remanant bien le preiffent & delfus che il fe mirent en droit fe il partiroienc 
à le livre par le refon de ce que chafcuns vouloir prouver che que li Detterres li 
devoit & dou tans pafle, ou fe chaus pour qui Quemandement fu fes feroient paies 
entièrement , &: fe il i avoit remanant li autre Creanchier feroient ois à prouver leur 
detes dou tans pafle après che que chclui s'en feroit aies feroit apelés par trois quin- 
zaines & leur detes prouves il feroient paies à le luire felonc leurs detes &: Iclonc 
Je remanant , & par chelui Jugement puet Ion veoir que li premier plainiiex dont 
Quemandement eft fes feroit tout premièrement paies. 

Se aucuns demande aucune chofe par le rezon de che que onli a enconvenanchié 
& la chofe cnconvenanchice n'cft pas ne ne puet eftre fi comme fe aucuns enconve- 
nanchié à donner à fe Fille qui a eu nom Jehanne à Phehppe à Mariage , èc le Fil- 
le muert avant que li dons foit donnes ne livrés par le Mariage, ou fe aucuns encon-. 
venanche à donner fon palefroi blanc &: on le trueve mort, ou fe aucuns enconve- 
nanche à baillier ou à donner ou à prefter aucune chofe qui feroit à aucun lequele il 
cuide que elle foit en fe baillie lequel ni eft pas ou elle eft perdue , ou fe chelui qui 
l'enconvenancha cuidoit que ele fuft fieue &; ele cftoit à autrui , fi que il n'a pooir de 
tenir le Convenanche , toutes chex Convenanches font de nule valeur ; mais voirs 
eft fe ele fu cnconvenanchiée à baillier &: à hvrer par caufe de Vente , &: chelui qui 
l'a vendue a recheu aucune chofe dou pris de la Vente, il le doint rendre, puis que 
il ne puet le chofe vendue délivrer, & fe on aperchoit que il fift le Vante malicieu- 
iement fi coume cil qui bien favoit que la chofe n'eftoit pas fieuc il doit eftre con- 
trains de tant fere que le Vente tiengne par le gré de chelui qui le chofe eft , & fe 
il ne puet fi reftore le damage foufiifamment à l'Acateur, & foit li Marchiés de nulc 
Valeur. 

Autre chofe feroit fe je avoie vendu ou enconvenanchié aucune chofe & je Tof- 
froie en tans &: en eure à délivrer , &C il eftoit en le defautte de l'Acateur ou de che- 
lui à qui je l'auroie enconvenanchié de pCnrela, & puis l'offre fcte fouffifaumcntfc 
chofe vendue ou convenanchiée periflbit ou empiroit par mort ou en autre manie^ 
par le délai de l'Acateur, ou de chelui à qui ele devroit eftre bailliée par le Convenant 
che & fans mes coupes, en tel cas doit courre li damage deflus chekii qui de moi doit 
le chofe recevoir , car je ne H doi baillier le chofe fors tele coume elle eft, &il mc 
doit paier che qui me fu enconvenanchié pour la chofe, &: fe les denrées que il doit 
avoir par le Convenanche font perdues ou empirées , puis que eles li furent oftertes 
à livrer fans mes coupes , il ne fe doit penrc de fon damage ne mes que à le négli- 
gence. 

Se je cnconvenanchc à baillier ou à livrer aucune chofe qui ne foie pas moic,ain- 
cois eft à autrui, on doit penre garde à le vertu des paroles de le Convenanche, car fe 
je di je vous di ou je vous promet que Jehan vous dourra dix livres, ou que il vous 
dourra chele piechc de Terre de tel Hiretage qui fiet en tel lieu , &: après Jehan ne 
le vieut pas fere , ainflint comme je li ai dit, ou ainfluit comme je li promis, je ne fui 
pas pourtant obligié à fere loi fere, mes fe je di je ferai tant envers Jehan que il vous 
dourra dix livres ou que il vous dourra tel Hiretage ou tel Cheval ou aucune autre 
chofc,ou pour l'amour de vous ou pour voftre ferviche ou pour tant d'argent , ou en 
tcle manière que vous fcrés tele chofe, par teles paroles puis je eftre obligiés à fere 
iifcre fe Jehan ne le vieut fere pour moi délivrer , il convient que je le £ïcc doU 
mien, ou le vaillant par le refon de che que je enconvenanchié, que je li fcroie fere, 
mais fe je fais le Convenance dou Quemandement de Jehan ou comme fes Procuricr- 
jccs à che cftablis,il convient que Jehan me délivre de ce que je cnconvenanchai pour 
li, & fe je k ejvcoûvcnwichaj à fere fere fans fon Quemandement^ fin a"^** urpopit 



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chapitre X X X 1 V. / S y 

idepar !i de chc convenanchier Jehan n'efl pas tenus fc il neli plcfl: de fcre Icn, &: ain- 
iînc pourroie avoir granc damage par me foie cnconvcnanchc , & pour che fc doit 
on moue bien garder coumcnc on cnconvenanche pour autrui. 

Lcn ne puct fuir de Convenanche muyel ne fourc qui not goûte , ne forfené ne 
fol naturel, ne fous aagic, ne Famé cl tans que ele a Seigneur, car le muyel ne puec 
fcrc Convenanche pour chèque il ne puct parler, car Gonvenanche ne fe puet fere 
fans parole , ne li Sours pour che que il ne puet oir les Convcnanches , mais che cn- 
rcndon nous des Sours qui n'oient nulc goûte, car chelui qui ot par haut parler fi puet 
bien fere Convenanche, ne li Forfencs ne li Fol naturel pour che que il ne favent que 
il font; mes voirs eft que de tous chaus qui ne pueent fere Convenanche pour me- 
haing ou pour maladie fe il firent Convcnanches avant que li maus leur venift il en 
pueent eftre ficvis , &: en che tans dou meshaing doivent il avoir Procureeurs & A- 
miniftreeurs de leurs befognes qui puillcnt fere Convenanche pour aus, & qui puif- 
fcnt rcfpondre des Convcnanches que il firent avant que le maladie leur venift , mes 
Il loubz aagiés , ne les Famés mariées en nule manière ne par aus ne par Procureeurs, 
ne pueent fere Convcnanches qui foient en contre aus , pour che que il font en au- 
Liui poote ) & de che & des foubz aagies eft il parlé plus efpeciaument en un Cha- 
ricrc qui de aus parole. 

Toutes les fois que aucuns cnconvenanche de pluriex chofes , Tune fi coume fe 
V . dift à Jehan je vous dourrai dix livres ou un Cheval , il fe puet acquiticr par le- 
quel que il li plcft, ou par le Cheval ou par les dix livres, & par che poués vous en- 
tendre de routes autres Convcnanches qui font doubles, & fe aucun dit je vous con- 
nois que je vous doi chc &; che, &: les chofes font diverfes fi coume Blcs & Avaines, 
ou Vins ou Bos,cil qui la Convenanche fit doit aemplir & l'une chofe &: l'autre & 
par chc puet on vcoir que il i a moult granc différence en dire je vous promes à ren- 
dre dixMuis de Blé & dix Muis d'Avaine,ou à dirc,je vous promet à rendre dix muis 
de Blé ou dix Muis d'Avaine, car par la première Convenanche eft il tenus à rendre 
îc Ble & l'Avaine , &; par la derraine il n'eft tenus que des diz Muis duquel que il 
!i plcft miex, ou dou Blé ou de l'Avaine. 

Se aucun fct Convenanche par condition ou aucun Marcliié, fi coume je vous 
-iourrai Vingt Tonniaus de Vin pour cent livres rendus à tel terme , fe mon Père fi 
ficorde , &; le Marchié queurc deffus chele condition, il eft ou choix du Père de ra- 
îiclcr le Marchié ou dou fere tenir , car fc il s'acorde au Marchic, il eft tenus , & fe 
ton li Marchiés eft de nule valeur. 

Auffmt fe je dije vous prefterai ou louerai ou engaigerai mon Cheval ou tele pie- 
ce d'FIiretage, en tele manière que vous me fachiés feurté que je le rarai à tel jour 
par le Lettre deleBailIie, fe la Lettre ne m'eft délivrée avant, je ne fui pas tenus 
à baillier che que je li ai enconvenanchiai , ne je ne changerai pas fe il ne me pleft 
chele feurté qui me fu promife par autre penre , mes fe nule feurté n'euft efté nom- 
mée efpeciaument à fere le Convenanche il foufift à fere autre feurté fouffifanc bc 
il convenift que je delivraffe le chofe par fouftîfant feurté. 

Tout foit che que on vende aucune chofe ou loue ou engage fans mètre en con- 
vcnc que feurté en foit fête , &: nepourquant cil à qui le chofe doit eftre bailliée , 
ne l'emportera pas fe il ne fet feurté de rendre le pris dou Marchié au terme qui fu 
enconvcnanchié, ou feil ne paie tout ^cc, car duques au lever des dentées vient on 
tout à tant à demander furté ou paiemant. 

Nous cntendon que Marchié eft fés fi toft coume il eft créantes à tenir par l'acord 
des parties entre gens qui pueent fere Marchiés ou Convcnanches de ce dont il font 
Marchié ou fi toft coume le Denier-Dieu en eft donnés , car chafcune de ches trois 
chofes vault conformément de Marchié , mes che entendons nous des Marchiés qui 
font fets purement fans condition , car là ou condition i eft mife , i\ convient que 
l'i condition foit aempUe ou le Marchié eft de nule valeur. 

Se aucuns fet Convenanche ou Marchié à aucun par condition que il meifines doie 
acmpUr , fi coume fe il dit je vous dourrai vingt Tonniaus de Vin de Auchoirre pour 
cent livres rendus en Grève à Paris , on doit favôir que il les doit là baillier, &: que 
Il Acatierres ne les pendra pas ailleurs fe jj ne U plcft ^àcicM liex ne fu pas nommés 



jS^ ^es Con'venanches & des Marchlês, 

au Marchic fcre les chofes vendues doivent cftrc livrées en le Vile ou li MaichiL- 
tes & à le Mcfuix & à le Couftume de leditc Vile, &. fc li Marchiés ou le Conven, 
ce cil d'Hiretage on doit favoir que il doit cflre livres là ou il fict , & à la Mciui, 
du lieu là ou il eft, car clie nefl pas chofe que on puifle porter de lieu en autre. 

Se li aucuns font convenanchesde Mariage ctitre leurs Enfans qui font foubz aa- 
gies , &; font li Enfans entreplevir , quant li Enfans viennent en aage ils puecnt alcr 
arriéres des pleviilaillcs fe il leurpleft, & font les Convenanches de nuîe valeur . 
pour che que chaus fans qui les Convenanches ne fe pôoient fcre cftoient foubz aa. 
gic, &: fe peine fu mile à le Convenanclie fcre , fi comme fe je di à aucun je douray 
ma Fille en Mariage à voftre Fiex , ainfi je vous en convenanche je deifus le peine do 
mil livres fe je ne le fais , pour che que je me repent dou Mariage & dou Marchic , 
ou pour che que ma Fille ne le vient , quant cle vient en aage je fui tenus à paicr le 
peine, mais voirs eft fe li Mariage eft fes que il foient cfpoufé par faindc Eglife on 
ne me puet puis demander le paine pour plet qui foit entre les Mariés. Car je en ai 
fet che que à moi en aparticnt, &: ay délivré ce que je pramis. 

Voirs eft fe deux Enfans font mariés fi juenne que il eft clcre chofc que il ne fa- 
vent rien fi coume de huit ans ou de meins, & fi toft coume li uns s'aperchoit ou con- 
noift il vient rapeler le Mariage pour che que il fu fes en fouz aage & en lui décevant 
nous créons que de partie en puet moût bien eftre fête avant que Compaignie car- 
nele ait efté fête entre aus , car de l'aage que li uns puift avoir Compaignie à l'autre 
ne fe doit nus acorder que li Mariage fort départis pour caufc de foubz aage , & 
pour che fe doit moût penre garde fainte Eglife de favoir l'aage de quiclc conferme 
le Mariage pour les periex &: les vilenies qui en puent avenir. 

On doit favoir que cil qui a meftier de traire fon garant doit demander jour ave- 
nant tel que il le puift avoir par forche de Juftiche , fe il ni vient venir de fc volcn- 
té, &C on li doit donner le jour felonc che que li garant que il nomme eft loins ou 
près , & fe il ne puet avoir fon garant à la première journée , pour che que li garant 
et effoine ou pout che que il fe mift en pure defaute, ou par autre refon fans les cou- 
pes de chelui qui avoir le devoir, il ne doit pas pour che perdre fc querelenc eftre con- 
trains à entamer le Plet , aincois doit li Plet delaier tant que il puift avoir fet con- 
traindre fon garant à che que il li viegne porter garantie , mes che entendons nous 
de chaus qui fans fraude & fans barat font leur pooir de amener chaus qui leur doi- 
vent porter garandie, &: non pas pour le volenté dou Plet alongier. 

Se li aucuns requièrent lonc jour d'amener leur garant pour che que il dicnt q 
leur garant eft en eftranges Terres, on leur doit demander le nom & le furnomdechl 
lui que il dient qui doit eftre leur garant , & pour quele refon il eft tenus à h por 
garandie , fi ccume fe il vendi ou efchangea che que on leur demande, & fe il di bi 
ne refon parquoi li Juges voit que le garantie i apartient, & il vuelcnt jurer feurSai 
que il ne demandent le lonc jour fors pour che que il ne vuelcnt pas entrer en plci 
de che dont leur garant doit penre le plet fcur foi , il doivent tenir le terme de joui 
aflïs d'un an de lonc & d'un jour , mes fe leur garant revient pluftoft on leur puctie 
jour abregier , & fc il ne revient pas dedans l'an &; le jour il ne doit plus eftre attcn 
dus, exceptée le demeure qui eft fetc pour le Pèlerinage d'Outremer, ou pour l'ofil 
îe Roy , car en che cas feroit il attendus tant que on faroit fc mort ou fe revenue. ■ ^ 

Quant l'en plede à aucun de chofc qui requière jour d'avoir fon garant , & li ga? ,^ 
rant vient avant pour porter garandie , il doit penre le plet en autel eftat coume il '.'|" 
le trueve en contre chelui qui garant il eft , mes que chcli qui la trait à garant n'ai( 
cmpirée le querele par mauvefcment plaidier , ou par foi mettre en mife , car â^i ""^ 
donqucs feroit li Garandiflierres délivrés de porter garant , fe ainfllnt n'eftoit que il i| **' 
euft couvent aler avant par le defaute du Garandilleur , car adonc couroit li damage 
fcur le Garandifleur. 



CUi dclinc li Chapitre des Marchiés &: des Convenance;, «Se de porter garant- .^ 



chapitre XXX F. ï8y 

t^hï commmche le trente anquiejme Chapitre de cefl Lhre , liquiex parole de foi 

obliger par Lettres , ei^' quiex Lettres njalent , ^ quiex non , 

^ coument l'en les doit jère tenir, & coument l'en ^uet dire 

en Contre-Lettres & le fourme de Lettres. 

CHAPITRE XXXV. 

BOnne chofecft que aprcs chèque nous ayons parle ou Chapitre devant chc/li 
de pluncx manières de Convenanches &: des Marchiés., & de porter garant, que 
îious en che Chapitre cnfievant après parlons d'autres manières de Convenanches li 
coume de chelles efqueles l'en s'oblige par Lettres, car pour che que cil qui ontcon- 
venanchié à autrui ne puifTent nier che que il ont enconvcnent que le vérité de la Con- 
venanche ne foit fcucc de chaus qui le Convenanche rcfoivent les preigncnt aucune 
fois pardevant gcnt qui les puiffent tefmoignier , &: aucune fois cil qui ont les Con- 
venanches s'obligent à tenir les par Lettres, &: de chele manière d'obligations fêtes 
par Lctres avons nous propofé de parler en che Chapitre nous parlerons d'autres ma- 
nières de prueves , &: pour che que toutes les obhgations par Lettres ne font pas tou- 
tes d'une forche ne d'une mania-e en fefons nous propre Chapitre , car nous cilirons 
& defclairons lefqueles font les plus fors & lefqucles font plus foibles «S<: Il dcvifcrons 
le fourme coument Lettres doivent eftre fêtes pour Mucblcs & pour Hirctagcs,&: cou- 
ment li Seigneur doivent fere Lettres tenir, & coument & en quel cas on puet fauf- 
fer Lettres. 

Quant li Ajournés à fe Lettre vient à Court len doit lire fa Letre en fe prefcnce 
par devant le ]uge , puis li doit li Juges demander fe il bailla ches Lettres feelées de 
fon Seel , fe il dit oil , l'on li doit commandier qu'il ait aemplie la ecneur de la Lettre 
dedens quinze jours , &; fe il ne le fet & cil fe replaint pour qui le Quemandementfu 
fet li Souverains fi doit pente de lui dix fols pour Quemandement trefpafle &: vendre 
& dépendre tant dou lien fins nul delaiement que la dete foit paiée,che eft à enten- 
dre Mucubles &c Châtiez ; &: fe on ne trueve ne Muebles ne Chatiex, que fera on fe 
h Hiretage eft obligics es Lettres l'en le demeurera fclonç l'obligation , & fc il n'eft 
pas obligics li Sires les juftichera par Gardes &: par tenir l'Hiretages fiifi,& quant les 
Gardes auront efté feur le Deteur quarante jours fe il n'a fet le gré dedens les qua- 
renteines , li Souverains lui doit quémander que il vende dedens les quarcnte jours, 
& fe il ne vend li Souverain doit vendre & defpcndre au bailher au Deteur par le pris 
de bones gens, &: fe il avient que cil qui doit le dete n'ait point d'Hiretage fors de 
Fief, &: cil à qui le dete eft deue n'eft pas Gentiezhons qui puifle Fief tenir, &: l'en ne 
trueve pas Gentilhons qui vueillc acater li Souverains doit délivrer au Creanchier tou- 
tes les ifliies dou Fief dufques à tant que la Letre foit aemplie , fauve la droiture au 
Seigneur de qui li Fîiretage font tenus , car h Seigneur fi ne doivent pas perdre leurs 
Rentes ne leurs Homages pour l'obligation de leurs homes , ne les Redevanches de 
leurs Fief fe les Seigneurs ne fi font obligiés en renoncharit à leur Droit. 

Quant aucuns eft ajournés à fe Lettrre , & il nie par devant Juge que il ne bailla 
oncques chelle Lettre , &: que che n'eft pas fes Seaus , il convient que le Demander- 
res le prueve, & fe il i a pluricx voies du prouver, l'une des voies fi eft quant il 
prueve par deux loiaux tefmoins qui furent en prefans ou Lettre fu bailliée & fcclléc 
dou Seel prefent à chelui quia le nianche fête; l'autre voie Çi eft quand il n'a nul tef- 
moing, & il puet prouver par deux Proudoumcs que il ont eues & veues Lettres 
fçelées d'autel Seel, &: baillices par le main de cheli qui aie nianche fête, ou de fon 
chertain quemandement, la tierce voie fi eft fe cil qui a le nianche fcrc avoir recon- 
neu par devant bonnes gens devant le niance que cil avoit fes Lettres , &: que il e- 
ftoit tenus à li en che qui eft contenu en la teneure des Lettres. 

Moult eft vilaine choflc denier fon Seel, &: pour che en eft le paine grant de cheli 
Iqui en eft attains , car il en eft renommé de tricherie, & l'amande en eft au Souve- 
j-ain de foixante livres , &: fe le Couftumc le voufift fouffrir , je m'accordafle à trop 



T)e foi ohligier far Lettres^ &c» 



<Trei<Tncur painc , car il met fon avcrfaire en trop grant péril , comme d'cftre tenus 
pour tauiraire , &: felonc che que j'ay entendu des âges felonc droit, il en devroit por- 
ter tel paine comme cil emporteroit fc il ne len pouoit attaindre , &c puis que cheli 
len paiVc par amande je m'accort que fe cil ne puet prouver les Lettres à bonnes par 
aucunes des voies deiîus dites, il demourra mal renommés , &: le il eft Gentixhons, il 
l'amendera de loixante livres, & ie il eft lions de poote, l'amande fera à la volentc 
dou Seigneur. 

Li aucuns fi dient que par le Couftume hons de poote ne puet eftre à amaiide de 
plus de foixante fols , ou de cors perdre , &: le Gentixhons de foixante livres , ne de 
plus , mais cheft moquerie li coume vous verrez apertement en pluriex cas qui feront 
cha avant. 

Quiconques s'eft obligiés par Lettres de Baillie, foit hons de poote ou France , il 
ni conviens pas ajournement ne quemandement fere de aemphr les , aincois fi toit 
coume li Souverains voit le conteneure de le Lettre, il le doit fere acmplir fans nul 
délai , ni n'en eft cil encontre qui cle parole ois de nulle riens que il die encontre le 
Lettre fc il n'allègue Paiemant , Cuitanche ou Refpir, &: fe cil qui de le Lett 



rc 



vient aidier li nie le paiemant, le Cuitanche ou le Rcfpit, pour che que che eft plus 
che qui eft veu ez Lettres , que che qui eft alleguic en contre les Lettres feront nan- 
ties en le main du Souverain de tant coume eles parolent, & adonqucs li Souverains 
connoiftra dou paiement de le Cuitanche ou douRefpit , & fe chelui ne puet prou- 
ver Paiement, Cuitanche ne Refpit, &: il eft Gentixhons, il l'amandera de dix fols , 
&: fî fera li nantilîemens livrés au deteur, & fe il eft hons de poofte , l'amande ft ne 
fera que de cinq fols , &: fe il prueve paiemant il raura fes Lettres, &: cil qui l'acufoit 
li amandera que il li demandoit che dont il cftoit paies, &: 11 fera mal renommés ; mais 
pour che que il eft perieus que le vérité ne foit beftournée par faus Tefmoins , l'a- 
mande n'eft que de dix fols dou Gentilhomme , &; de cinq fols d'oume de poofte 11 
il n'eft ainfît que il foit de mauvefe renommée , mais fil avoit efté autrefois repris d 
tel cas ou il cftoit de mauvefe renommée, l'amande feroit à le volenté dou Souverai. 
fe il cftoit hons de poofte , & fe il cftoit Gentixhons l'amande li feroit de foixante livres. 

La raifon pourquoi il convient le Lettre nantir en le main de le Juftiche , fe cil le 
requiert qui fe veut aidier de le Lettre, foit le Lettre dou Souverain , ou le Lettre 
de cheli qui li obligea, tout foit ce que cil qui le Lettre bailla allègue Rcfpit , Cui- 
tanche ou Paiemant, fî eft tele le Couftume quant aucun doit quant il a paie repeite j 
pardevers foi fes Lettres par lefqueles il s'étoit obligiés. ^ ^51 

Cil fi ne favoit pas le Couftume qui s'eftoit obligiés par fes Lettres à paier un noni^ 
bre d'argent a chertain terme pour une quémande qui avoit efté bailliée à fon Père , 
& aprez che quant li termes fu pafsés qui eftoit contenus cz Lettres , li Crcanchiers 
demanda à avoir fon argent à Clermont en l'Affife , & cil qui l'Obligation avoit fetc 
fi refpondi que il n'eftoicpas tenus à paier pour che que il n'eftoit pas contenu cz Le- 
très que le dete eftoit deut pour commande bailliée à fon Père , &: fi cftoit près d 
prouver que fes Pères avoit rendue le commande dont il ne (avoit mot quant il baill; 
fes Lettres. A che refpondi li Creanchiers que il ne devoir pas eftre ois en alliguie: 
paiemant devant le date des Letres efqueles il cftoit obligiés , &: feur ce fc mifren 
en droit. 

Il fu jugié que a tart venoit à alleguier chelui paiemant , puifque il avoit faite O 
bligation puis le tans que il difoit que le paiemans avoit efté fes , & par chelui Juge- 
ment puet l'en vcoir que nus n'eft à ouir en alleguier paiemant devant le tans que h 
chofe tu enconvenanchiéc à rendre, & pour che fe doit on bien garder coumcnt Fer 
i\ oblige , &: pour quelc caufc. 

En aucune manière puet on dire encontre Lettres encore avec che que nous avon 
dit dcfllis , fi coume quant l'en voit que le Lettre eft gratée &: rcfcripte en cheli liei 
là où la grature fu , mes que ce foit en mot qui porte forchc (i comme el nom d( 
cheli qui le Lettre donna ou en nombre d'argent, ou en obligation, ou en le date, & 
en tous tex licx ,ou en autres qui feroient pcrillicx felonc che que le Lettre parlcroit 
par toutes telcs Refcritions pourroit eftre la Lettre fauflcc , &: eftre de nule valeur. 

Encore ne vaut la Lettre riens que l'en trueve defcircc toute ou en partie, pui 

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chapitre XXX F. j8p 

^uc la dcfcli-curc paffe point de Lettre', car i! apcrt que le Lettre efi de- nuîe valeur 
qui n'eft trouvée fcinnc S>c entière, &mout eftacouftumé que quant les convenanches 
des Lettres font acmplies, &: cil qui le Lettre donna les oublie à repenrc , cil qui les a 
defcrire un poi, &; non pas toutes par deux rcfonSjla première refon li cil pour chc que 
cifqui les a acquitiées les li demande que elcs li foient rendus , car fc l'en les avoit 
toutes defpeciées ou gettccs puis , &c il les dcroandoit à avoir il ne le crcrroit pas fe 
il ne voloit, Il que il ne convanroit pas que len li baillaft Lettres de Cuitanchc. La 
féconde refon fi eft pour che que fc cil qui bailla les Lettres les oublie à repenrc quant 
il les a acquitccs , &: cil mucrt qui le paiemant recheut cil en quele, main Jcs Lettres 
viennent, foient hoir ou exécuteur, ou autres manières de fucccffcurs', ne s'en puecnc 
aidier quant il le truevent dcfchirce, oC grant loiautés efl: de clielui qui a Lettres en fi 
Baillie de defchirer les en le manière delfus dite, car fe il cftoicnt paies, &c elcs dc- 
mouroicnt entières l'en pouroit bien le dete redemander en tel point que l'en ne pou- 
roit prouver le paiemant, &: ainfint convcnroitil paicr deux fois le dete, 

Li aucuns cuidcnt quant li Scaus eft depieciés en aucune partie, & le Lettre cft ap- 
port ce en .lugcment quele ne foit pour che de nulle valeur, mes qucnt l'en le vieut 
fauflcr par brifcure de Scel , il convient que le moitié du Secl ou plus foit perdus eu 
dcfpeciés , car fe le moitié ou plus eft fevie &: entière , l'en puet par che prouver ce 
qui puet eftre ou remanant, mes fe plus de le moitié dou See! eft defpccié ou perdu, 
ou fi effacié que l'en ni connoiffe Lettres ne En feignes; la Lettre doit cftre de\nule 
valeur. 

Encore puet Lettre cftre faufTce en autre manière fî coumc quant il i a entre lig- 
Heure , car puifque ele eft fête &: fcellée pouroit on efcrire entre deux mots , &: pour^ 
che ne vaut riens tele Lettres. 

Li quemuns Cours de foi obligier par Lettres pour aucunes dctes , ou pour aucu- 
nes Convenanches, fî eft que l'en met volenticrs cz Lettres que cil qui baille la Let- 
.tre, s'oblige à rendre tous couftcmens & tous damages que li Creanchiers i poroit a- 
voir , & auroit par defaute dou paiement ou de la convcnanche non tenue à rendre 
par le fîmple parole , ou par le fercment de chelui qui a le Lettre. 

Or veons quant aucuns s'eft ainlfint dbligiés & li Créanciers veut avoir coufts & 
damage par fe fîmple parole ou par fon fimple fercment, fi comme il eft dit cz Lettres 
•que Icn en doit faire , tout foit ainflînt que il fe foit obligés en telle manière , bonne 
foi i doit eftre gardée : doncqucs cil qui vient dire ou jurer fcs d .nirges fî doit avec- 
que fon fercment dire comment il a eu tiex damages , par quelcs raifoii.s , & fili ju- 
e voit que ilpuift eftre ainffint comme il eft dit , & encore fil fembloit avoir iin poi 
rop dit, fî doit il eftre creus par la vertu de l'Obligation ; mes fî il veoit queil juraft 
u dit fî outragex damages , que len aperceuft que il dit menchonchcs par convoitife, 
il ne feroit pas creus fans preuves , &: fe il ne le pooit prouver pour che que il en cui- 
doit eftre creus , loial pris fî. doit bien eftre fct & regarde pour les damages par le Ju- 
ge félon che que il voit la querele, & ainflînt puet eftre bonne foi gardée pour les par- 
ties , car m.àlê chofe feroit que aucun pour che que on ne h aroit pas paie dix livres a 
droit terme peuft par fon dit ou par fon fimple fercment demander cent livres de da» 
mages. 

Cil qui demande damages par obligation fetc par Lettres doit dire en quoi il a. 
les damages eus, fi comme il eft dit deffus , & en tele manière puet il avoir damages 
recheus que cil qui bailla les Lettres ni eft pas tenus , fi comme fe il emprunte à ufu- 
re pour la defaute dou paiement fans le congié dou deteur, ou fe il faifoit dons à le 
Jufiiche ou à Serjans pour fe dete avoir, ou fe il fe taifoit de demander fc dete dut- 
ques à tant que il aroit eu grant damage pour le deteur grever , ou fc il fe mettoit 
emplet des chofes contenues en le Lettre , (ans requerre au deteur queil licmportaft 
garant, en tous tiex cas ne feroit pas li deteur tenus , mes les damages lefquex il eft 
tenus à rendre che font les defpans refonables au Creanchier que il ou fcs comman- 
demens font pour fe dete pourcachier , & fe Juftice prend dou fien pour le caufe de 
fe dete, ou il met gardes pour li , tiex cous fi font moult bien .à rendre , ou fe il eft 
«: emplaidiés de le Convcnanche , & U Créanciers eft amoneftés que il le vi,:ngne dc- 
I i fendre , &: il ne le fet tous les cous èc les damages dou fct U doiivenc eftre rendus , U 



2^0 Ds foi Qbligier far Lettres, &c, 

aufllnc chc que il mec en Confcil de Guerre , & en Procurceurs pourcachier que ic 
Lettrc foit tenue , &: quant il allègue teles caufes refgnaules pour ravoir les damages 
len le doit croirrc fe Tes dis ne paroift trop outrageux , lî comme il cft dit delTus. 

Quant aucuns eft obligics par Lettres à paier detes, ou à tenir aucunes convenan- 
chcs , & l'en le fuit pour le dcfaute , i! doit cftre premièrement contrains à paier le 
principal , & aprez les damages , &: fc le Plet eft feur les damages aprez chc que li 
principaus eft paies le Juftiche doit retenir la Lettre par devers li fc cil qui paia le prin- 
cipal le requiert, car pcrilleufe chofe fcroit que les Letres demouraftcnt en le main 
douCreanchier,puifque li principaus eft paies pour le plet des damages, nepourquanc 
le Juftiche doit retenir les Lettres fans rendre dufques à tant que li Pies des damages 
foie détermines &: mis à exécution, &: che entendon nous des Lettres qui parolent de 
Muebles & de Chaciex , car les Lettres qui parolent d'Hirctages ou d'aucune Con- 
venanche qui doit durer à tousjours , n'entcndon nous pas que cil qui les a devers li 
les doie mettre en autrui main fe il ne li plcft. 

Quant Lettres font fctes de Hiretages, ou d'aucunes Convenanches , ou d'aucuns 
Marchiés qui touquent à pluriex perfonnes, ele doit eftre mife en fauve main, ci. 
tele manière que cil qui en a rameftier le puiffe avoir à fon befoing pour tant comm^ 
il li touque par bonne feurtc de reporter la Lettre arriéres , ou par la main de cheliqui 
le garde pour les parties , fi que il en foie tousjours fezi. 

Pour che que pluriex Lettres font fêtes , les unes pour garandifcs d'Hirecages , &: 
les autres pour Muebles & pour Chaticx , nous devifcrons cy aprez deux formes de 
Lettres ft que cil qui vouront Lettres pour Hiretages ou pour Mueublcs , ou pour 
Chatex puilfent vcoir la fourme comment len les puet fcre, &c premièrement nous di- 
rons de cheles qui doivent durer a Hiretagc, 

Trois manières de Lettres font: La première, entre Gentiexhoume de leurs Seaux, 
car ils pueent fere obligations contre aus par le tefmoignage de leurs Seaux. Le fé- 
conde manière de Lettres fi cft que tuit Gentilhoumc àc Houme de poote fi pueent 
moult fere reconnoiflaiiche de leur Marchiés ou de leur Convenanches par devant le 
Seigneur deflbus qui il font couchans ou levans, eu par devant le Souverain. Le tier- 
che manière fi eft par devant leur Ordinaire de la Chreftienté , fi comme l'en doit 
fere pour Douaire ou pour Teftament, ou pour autres quercles , meifme quant les 
Parties fi acordeut, & nepourquant le Lettre cft fcte par le Court de Chreftienté Se 
le Plet en vient en le Cour laie, ele ne vaut que un fcul tefmoignage, & auiH ncfct 
chele de le Court laie en le Court de Chreftienté, cflîeutée la Lettre le Roy , car clc 
doit valoir plain tefmoignage &; en Court laie &: en Court de Chreftienté , & e/lieu- 
téc la Lettre de l' Apoftoile, car clc doit valoir plain tefmoignage en toutes Cours de 
Chreftienté & de Court laie, car nus en Terre n'eft Souverain de l' Apoftoile. 

Pour che fe je m'oblige vers aucun à rendre cous &; damages par le limple paro- 
le ou par fon ferement, pour che ne fcnfuit il pas que fe fa Letre vient à autrui pu 
fon droit , fi comme fc il muet &: ele vient de fes Hoirs, ou fe il met la Letre en au- 
trui main , ou fe il meftet parquoi le Lettre vienne en le main de fon Seigneur que i 
fois tenus à celui croire à qui le Lettre fera venue ,& nepourquant puifque jenVo- 
bligiai à rendre cous & damages, il les doit avoir tiex comme il les prouvera par loiaux 
prueves. 

L'en ne me puet ficvir pour cous ne pour damages par noftrc Couftumc pour de- 
faute que je fachc de paicmanc, feje ne me fui obligiés au rendre. Or dirons chi après 
de le fourme des Letres qui doivent eftrc fcte pour Hiretagc de celi qui puet & doit 
avoir Secl. 

Je P. de tel lieu, fais favoir à tous chaus qui chcs prefentcs Lettres verront &: or- 
ront, que je pour mcn pourfît & pour megrant neccflicc ai vendu à Jehan de tel lieu 
&: à fcs Hoirs à toujours pardurablcment tel Hiretagc fcant en tel heu, joignant d'u- 
ne part Cl tel Hiretagc, &; de l'autre part à tel, &: doit nommer toutes les picches , ,5. 
à qui des joio-nent, & de qui clés joignent , &: de qui clcs font tenues , &c la Rede- 
vance que chafcuns Hiretagc doit, &: puis doit dire pour tel pris dargent que je ai eus 
& rechcus en bonne monnoye, bien contée &: bien nombréc, &: dont jc me ticnr 
pour bien apaié,&: l'ai convertie en mon pourfic & mcn ticng pour bien çaics,S«; cl.u 



Chapitre XXXV. ipi 

Marcliic dcfius dit ai je creantié à garantir à toufiours audit J. &: àfcs Hoirs contre 
tous, en tcle manière que fe ledit Jehan ou les Hoirs avoicnt panic, cous ne daniaf^es 
parla dcfautc demc garantic,je leur (croie tenus à rendre tous cous &: tous damages que 
il aroicnt avec le garantie dellus dite par loiaus prucvcs , 6r le il vicut il Te puct bieu 
en plus obligicr , car il puct dire defquicx cous & dcfquicx damages lidit Jehan ou 
{es Hoirs feroient crcu par leur fcrcment fimplc fans autre loi fere, &: à che tenir fer- 
mement je ai obligiésj moi & mes Hoirs & tout le mien, prêtent, & à venir, Mucbles 
& Hiretages à eftre juftichic par quelconque Jufticc il pleroit audit Jehan ou à chcli 
qui ches Lettres porteroit auflint pour les cous & pour les damages, comme pour le 
principal,^: à prendre, vendre, & dépendre fans nul dclaicmcnt,dufques a tant que les 
cous &r les damages (croient paie &: que je auroi fct loial garandie dé le Vente dc(^ 
fus dite, &: ai rcnoncié en ce fet à tout aide de Droit, de Loi, dcCanon^ de Couflu- 
mc duPais,à tous Privilèges de Croix prinfc ou à penre,à toutes Indulgences odlroiccs 
ou à odroier de l'Apoftoile ou de Roy, ou de Prinche , à tous délais qilc Couftumc 
de Pais puct donner que je ne puifle pas dire le nombre de l'argent dcffus dit non 
avoir rechcu , à ce que je ne puifle dire clke dcceus en ce Marchié de le moitié ou 
de plus, à toutes exceptions , refons, barres, deftcnces qui puecnt eftre propofécs en 
Jugement ou hors de Jugement, par lefqueles ou par aucune defqucles li Marchiés 
i, defllis dit pouroit eftre délayés ou empechiés audit Jehan oit as fes Hoirs , & à che 
^1 que je ne puitfe dire que je ne vueil pas re(pondre à ces Lettres fors par devant le 
Seigneur deflTous que je feroie couchans ou levans, & efpeciaument à le Loi qui dit 
que generaus renonciation ne vaut riens , &: pour che que fe foit ferme chofe & fta- 
blc je P. ai baillié audit Jehan ches Lettres feelées de mon propre Seel. Ce fu Ivt cri 
"Ij tel Incarnation & en tel mois. 

l' Se Lettre eft fête pour efchange ele fe doit commancier en tele manière: Je P. de 
''li tclheu,fais à favoir à tous cens qui ces Lettres verront & orront, que pour mon pour- 

■ I iît & pour mon aaifement ai fet efchange pur à pur & trânfmtùation fans foute nulc 
I à Jehan de tel lieu , cheft à favoir de tiex Hiretage que je avoie feans en tex hcux, 

! doit nommer les lieux & les MarchilTans des Hiretages & Ics Redevances que les Hi- 

I fetages doivent, &: de quiez Seigneurs il font tenus , & quant tout ce eft efpécifié il 

' doit dire pour tex Hiretages que hdis J. m'a bailhés feans eri tex hex & tenus de tex 

,■ Seigneurs, &: par teles Redevances paians joignans à tiex Hiretages , &: quant toute 

jl 3a Tranfmutation eft devifée, cil qui la Lettre baille (i fe doit obligier à garandit che 

qu'il li baille par efchange à toufiours à li & à fes Hoirs , & renoncier en le manière 

qu'il eft delTus dit en le Lettre qui parole de vente Hiretage , & puis mettre l'Incar^ 

iiation. . . . 

■ Quant Lettre eft baiUiée pour detc,elle doit dire en cete manière: Je P.^de tel Heiï 
fais à favoir à tous chaus qui ches Lettres verront & orront , que je doi à Jehan de 
tel lieu vingt livres de parifis pour le Vente d'un Cheval que il m'a vendu , baillié &r 

' . délivré , &: dont je me tieng pour paies, &: fc che font autres denrées il le doitnom.- 
mer , & le nombre des denrées il les doit nommer,& efpecifier le nombre de l'argent 
& des denrées & le pris , car le Lettre qui dit que je doi denrées & fi ne fét pas 
mention pourquoi je les doi eft foupechonncufe de malice, & quant tele Lettre vicnc 
en Court , (î doit favoir li Juges la caufe dont tele dete vint avarit que if le flice paier, 
doncques doit l'en dire en la Lettre dequoi le dete eft, & puis nommer le terme quant 
de devra eftre paiée , & puis obligier li &: Û fien & fes Hoirs àpaier & puis^ferc le re- 
nonciation , lequele obligation & renonciation font dites ez Lettres cy-deflus, &: puis 
doit eftre mife l'Incarnation qui face favoir le tans que le Lettre fu fête. 

Le Vente ou li Efchange ou les detes ou les Convcnanchcs qui font fetcs entre, 
perfonnes qui n'ont point de Seel, ou ils ont Sceaux, mais il leur pleft micx à penre 
Lettres de Baillié pour che que ele eft plus feure &: plus ifnelement mife à exccn- 
tion , doivent venir pardevant le Bailli & recorder leur Marchié & Iciir Coinvenan- 
ches, & puis requerre quejLettres leur en foient bailhées felonc le fourme que l'en doit 
fere Lettres de Baillié, & puis la Lettre doit eftre fête en la manière qui enfuit. 

A tous chaus qui ces prefentes Lettres verront &: orront, Phelipes de B'.aumanoir 
Baiilins de Clcrmont , falut ; Sachent tuit que en notre prefencc pour ce cftablis P. d^ 

A a ij 



j^2 i^^ [<i'i ohligicr par Lettres ^ &c» 

tel lien, & J. clc tel lieu , rcconneurcnt en Droit que il de leur bonne volcntc & pont 
leur quemun pourfit avoient fet tel échange , &; puis doit cftre li Efchange devifcs 
& toutes les pièces efpccifiées, &r fc les Convenanches font pour parties ou pour de- 
vifions , ou pour pais de pluriex defcors , ou Ordennanchc de leurs biens , ou peur 
Convenanches de Mariage, tout foit chq que il ont recordé, &: dont il ont requis Let- 
tres, doiteftre mis cz Lettres , & après chc chelui qui le Lettre baille, fe doitobligicr 
a tenir &: à garandir les Convenanches, & puis doit cftre en le Lettre le renonciation^ 
lequcle obligation & renonciation eft: dite- deflus cz Lettres qui parolent de Vente 
d'Hirctage , & puis doit cftre mife le datte pour devoir le tans que chc fu ^ct. 

Autres Lettres fi font requifes fouvent qui ne touquent que aune feule pcrfonne^ , 
& à donqucs doit dire li Baillie en chetre manière : A tous chaus qui ches Lettres 
verront ou orront, tel Bailli de tel lieu , Salut. Savoir fefons gue par devant Nour 
pour ce eftabli P. de tel lieu reconneue que il devoit à J. de tel lieu tele fomme d'ar-i 
cent, &: pour tcle fomme d'argent & pour telechofe, &: puis doit cftre dite toute? 
ie Convenanche, & aprez l'obligation & puis la renonciation fi comme il eft dit ci 
Lettres deftlis dites de Vente d'Hiretagcs ,. & quant tout ce eft cfcrit, le BaiUi doit 
dire, &;~pour che que che foit ferme chofe &; ftable , je ai mis en ces prefcntes Let- 
tres le Seel de la Baillie de Clermont , & aprez fi doit eftre mife TLicarnation pour 
favoir le tans que ce fu fet. 

Nous veons aucun cas pour lequel len puet faufler Letrcs tout foit le Seel auteni 
ticque & bien conçus, & fi n'en doit pas eftre blafmés cil qui feela les Lettres, fi corai- 
îne quant il avient que les lettres tefmoignent que les Parties furent prefcntes à 
Clermont ou en autre lieu certain , &: il eft clere quofe & efperte que l'une des Parties 
ou les deux n'eftoient pas ou pais, en chel cas font les lettres de nule valeur , car elcs 
font prouvées à menconiable , èc la refon pour lequele le feelierres en doit cftre , &: 
defcoupe eft tcle que il puet en tel cas eftre deceus fi comme quant il ne connoift 
pas les perfonnes , en qui non les^ lettres furent fêtes, & autres perfonnes par mac 
lice font fere unes ktres , & fe nomment par les noms & par les feurnoms de chaus 
qui font efcris ez lettres , & dient que fe font il malicieufémcnt ; fi comme P. diroit 
à Jean alons fere fere unes lettres , & dites que vous avez nom G. duplcflie, &: fefons 
mettre que G. me doit cent livres d'e parifis fes prcftés à rendre les à moy au Noël , 
par tcles fraudes pueent eftre les lettres faufiles & menchonches avoir dedens les let- I 
très faufl'es fans le coope dou Seeleurs , mes là où tele fraude puet eftre . trouvée >, il 1 ^ 
bareteur qui font le fraude & tuit cil qui le confcntent doivent eftre puni coume 1% j\f 
rons. ■ \ * 

Par chefte fraude qui eft dite qui pucen"t eftre ez lettres nous fouvient il d'unc?i 
autre fraude qui avint el tans que nous feifmes che Livre , car en Normandie a teWl 
Couftume en aucuns liex , que veuc d'Hiretage ne fc puet fere entre laies pcrfonési 
fe il ni a quatre Chevaliers au fere le veue , & qui la puift!cnt tefmoigni-er en le ma-' 
niere que ele eft fête. Si avint que à une veue fere il ni vint que trois Chevaliers, &c 
il coume favoraules à chelui qui la veue fefoit , virent que ele feroit de nule valeur , 
fi li quars Chevalier nieftoit'', fi fapenfercnt d'un barat pour la veue fere pafixr, Ci (crû 
alerentàun chemin jufques prez d'ilec, par lequel chemin un bons de poofte chcvau« 
choit qui aloit en fe befoignc, li Chevaliers'^li demandèrent comment il avoitnom,& 
& il fe nomma Richars ^ adoncques lui dirent li trois Chevalier que il leur filoir u» 
Chevalier pour eftre à une veue fere, &: que il le feroient Chevaher , fi venroit avec 
aus à tele veue fi li dirent que il deift que il feuft Chevalier , & li donna li uns une 
Coléc 3 & dift Chevalier foies , adonc alerent là ou le veue devoit eftre fête , &; fu le 
veue fête quant fe vint au jour dou plet aprez le veue , ele fu jugée à fouffifant , car' 
i'averfc partie fe ne favoit pas la fraude du quart Chevalier devant que che vient granc 
pièce après che que il avoit ja perdue fe querele par Jugement, & quand il le lot il 
fc trait au Roy &: li comta comment il avoit eftc decheus en l'cirement de fon Plcc 
par le barat des Chcvahers , &li Roys en fift apenrc le vérité, &: quant il le fot que 
che cftoit voirs il qncmenda que li pies refut en autel point comme il cftoit avant que 
le veue feuft fcte fi que cil qui cuidoit avoir definc fon plet fu au fere le veue de nou- 
vel , §c Ij, PaiiGuis qui contrefift le Chevalier^ fi fu roieins de deux ccn^ livres , &: h troi. 



Chapitre XXXV. ip^ 

Chevaliers pai Icfqulcx li barat Fu fct à grant prlcic cfchapcrent pour cinq cens li- 
vres chafcuns tl'amandc,&: fc cil pour qui le vcuc tu fctc cuft cftc trouve fachans ne con- 
fcntans dou barat il cuft perdue toute fc qucrclc , & ii n'cuit pas efté quitte de l'a- 
mande , & chcltui cas avons nous mis en noftrc Livre pour cilamplvE que l'en fâche 
que toutes Convcnanches & tous Marchiés &: routes qucrelcs elqucles cfpcrtcs frau- 
des ou tricheries font trouvées doivent eftre ramenées a loial état, tout eu fuir le Ju- 
gement fct par che que li Jiigeur n'avoient pas feue le fraude , ne le tricherie au ju- 
gement ferc ne les amandes de tiex fraude qui font fêtes pour autrui deshireter , fi. 
ne font tauifées fors à le volenté dou Seigneur, fi coumc il apert par les amandes que 
JiRoys prill des Barreteurs deflus dis. 

Se Convenanche eft fête par Lettres ou en autre manière à paicr ou acmplir la 
Convenanche dedens un mois ou dcdens un an, l'en ne puct contraindre chelui qui 
eue la Convenanche devant que tout li mois ou tout li an foit pailes , & ainlfint fo 
raicun doit aucune chofe fere à certain jour, l'en ne le puet tourner en defautc,nc 
rcqucrrc à Juftichc que l'en li face fere devant que li jours foit pafîes , car ,il n'cft 
pas chcrtainc chofe que il défaille devant que tuit li tans foit pafles exceptes les jours 
que l'en a pour pledier, car là fe convient il prefentcr dedens î'cure de midy ou l'en 
Icroit en le defautCy & excepte che que l'en convenanche dedens certaine eure nom- 
mée, Cl comme fe l'en convenanche, je vous paierai dix livres mercredy dedens Pri- 
me, fe Prime paflc l'en li puct demander les dix livres par Juftiches. 

Chelui ne fu pas mal confeilliés qui connoifioit fon Detcur à mauves paieur,& pour 
che que il vit que fe il attendbit à le fere ajourner dufques à tant que li terme de le 
dcte fu pjffés fi convenroit il que il cuft quinze jours d'ajournement, pour ce que il 
citoit Gentiezhons ou pour che qu'il manoit en Franc-Fief, &L pour che avant que II. 
rrrme de le dcte venift il le fift ajourner quatorze jours devant le terme de le dete fi 
que li jour ichcift à landei\iain dou jor que li paiement devait cftre fes, & ainfTint a- 
procha li Creanchiers fon pht, car puis que le terme eftoit pafles au jour du plec l'a- 
journes ne peuiJl pas veer qu'il ne refpondefift. 

Les Renonciations qui font mifes deckns les LcLcres fi font bonnes ^ car fe cleç 

.n cftoient l'en porroit moût de fors cmpeefqueméns mètre avant en contre les Lettres, 

& quand on renonche à tout che q«e l'en porroit dire encontre les Letres & efpe- 

cijument de chacune renonciation tout par foi, les Lettres en ibnt plus fors , & de 

ches renonciations cft il deux manières, l'une gênerai & l'autre efoecial : Le gênerai 

fi cft ccle qui dift & renonce en che fct à loutes chofes que je pourroie mètre avanr, 

I fparquoi che qui cft dit defi"us pourroit cftre Pétrie ou cmpefchié ; & le fpecial H cft 

& renonce en che fct à toute aide de Droit, de Loi, de Canon & de Couftume de 

Pais, à Privilège de Crois prife &: à penre , à tOgtes Indulgences otroiés ou à otroier 

d' Apoftoile, de Roi ou d'autre Prince, à che que ;^ puiffe non cftre paies che qui cft 

! contenu es Lettres , à tous délais que Couftume pu^c donner, à le Loi que generaus 

I renonciation ne vaut riens,à che que je ne puiîTe dire que je ne m'otroiai à ce fere 

par Prifon bu par paour à toutes exception de tort, de u'-urc, de chevanche , & quant 

chafcune renonciation que l'en veut mètre eft ainflînt C^^ecifiée fi eft après moule 

bone le gênerai renonciation pour che que ele conferme ei^ qui eft dit efpeciau- 

mcnt &: fi porroit valoir en aucune renonciation qui fcroit oubliée, fi comme dire, &: 

r. ::-nche à toutes chofes que je ou autre pour moi porrions metie avant , parquoi les 

Co'/'venanchcs dcfus cfcrites pouroient cftre detries ou empefchiécs , car quant il n'a 

en une Lettres fors que renonciation gênerai ele ne tout pas que fen ne puift aidier 

encontre de privclcge de Croix ou de forche ou d'cftre decheus par barat , mes che 

ne puet l'en pas fere quand l'en i a rcnoncic cfpeciaument, excepté forche , car en 

tous cas chofes fêtes par force ne vaut nule riens, fi coume il cft dit e) Chapitre de 

forche & de paour, hc aufîint liRoys a de fon droit que pour renonciation que nus 

ait mis en Lettres, foit gênerai ou efpeceal , il ne lefi!c pas pour che fe il va en l'oft ou 

centre l'anemis de la foi que il ne puiffe fere les netes à terminer fclonc che que il 

voit le befoing de chaus que il mcine avec lui , ou qui vont en aucune befoigne 

neceffairc d» fen Quemandcmenr, car che qui li pîeft à fere doit eftrc tenu pour loi ^ 

mes che ne puet fere nus fors li au Roiaumc de Franche, 



jro^ i^es chfis baiiliées en garde, &à. 

Si n'entende nus fc aucun s'efl: obligiés par Lettres , foit par les fieucs ou par uni 
tics de ion Seigneur, que li Sircs pour nulc manière d'obligation fcte Icfle à joir ne 1 
crploiclicr de che qui eft tenu de li fc il ni a renoncic" cfpcciaument, car pour chefc 
il a otroié le Convenanche de fon Souget fi comme fe il dit que il le vieut &: ocroic 
ché cil à entendre fauf fon droit &: l'autruy , & fe il s'oblige au garantir comme Si- 
rcs encore n'a il pas renoncié à che qui li porroit venir de fon droit fi comme au ra- 
chat fe avenoit à la forfeture ou à aucun autre cas j)arquoi les chofes des homes puccnr 
venir as Seio-neurs , mes fe il s'oblige à garentir fimplement donques ni puet il riens 
demander pour chofe qui aviengne , car fe il n eftoit pas Sires fi fe porroit il fcre 
pièges ou detes fe il voloit, & ainflint apert il que obhgation fe fâche en tel cas?, &: 
pour che fe doivent moult li Seigneur garder en quele manière il otroient les obliga- 
tions de leurs Sougies. 

Chi definc le trente-cinquième Chapitre de foi obhgier par Lettres. 



Çhi commanche li trente -fxiefme Chafitre dece Linjre^ liquiex parole des chofes qui 

font baiiliées en garde ^ ^ comment l'on les doit garder ^ rendre à chaus 

qui en garde les haillierent felonc ce que droite coujinée 

deTerre le donne. 

CHAPITRE XXXVL 

TOuTES chofes quémandées qui font baiiliées en garde doivent eftre rendues âJ- 
chaus qui les baillierent en ^arde quant il les vuelcnt ravoir, exceptés aucuos- 
cas,ncoumefe un Hons a baillic a un autre un Goutcl en ^ardc ou une Efpcc , &:. 
il par fembîafit de ferir aucun le redemande cil à qui il le îbailla ne le doit pas rendre 
tant comme il le fâche en le volenté de fere niai à aucun, eu fc aucun baillie cri 
quémande aucune chofe Icquelc cft pourlievie que do foit tolue ou emblée, le qué- 
mande Cl ne doit pas eftre rendue devant que le Juft,iche fâche à. qui li drois de la^ 
chofe apartient. 

Se commande eft bailliée à pluriex perfonnc;-;' le commande fi ne doit pas eftre 
rendue fe il ni font tuit ou feil m envoient par loial Procureur avec chelui qui veitt 
ravoir la Commande. 

Se Armeures font bailliés en commandée , & cil qui les bailla muet Guerre côntffe 
le Seigneur de la Terre , les Armeures ne. îi doivent pas eftre rendues pour le mal qui 
cm porroit venir. 

Se aucune chofe m'cft quémandé-^-! a garder , & un autre que cil qui le me bailla a- 
garder le me demande par che que il dit que la chofe eft fieue ôc le vicut prouver, 
je ne li doi pas rendre ne la prurjve rechevoir, car il doit pourfîevir chelui qui la cho- 
fe me bailla , &: fe je li bailloie îans le Commandement de cheli qui la chofe me bail- 
la auroit aquoifon de demancCcr le moi & je feroi tenus à rendre le , mes en cel cj- 
à une remède tel que fe ci.Vqui me bailla la chofe eft hors dou Pais fans cfperanch 
de fon revenir, cil qui^nje demande la chofe pour fieue me puet pourfievir pour li- 
vrer le devant le Jufti.êhe , & la Juftiche fî puet & doit oir fcs rcfons par Icfquclcs il 
dit que la chofe eft f^cue , & fc la Juftiche voit que fes rcfons foient bones &: vivc> 
&: bien prouvées, il, me doit contraindrez bailler li la commande , mes puilque je Ii 
baillierai par ]ug(>, U Juges m'en doit garantir & doit penre bone feurté de chelui \ 
qui il fet baillic.r le commande, que fe cil revient quipremieremcntlelamift en vuai 
<ie que l'en le remetra en le main de chelui qui le garda en autel pc^nt comme ci 
cftoit quant i.Vs'en ala hors dou Pais. 

Pierre pyopoG contre Jehan que il avoir audit Jehan baillié un Cheval à garde- 
par louicr en plain Marchié &: chcrtaincs cnfcigncs li charia, par lefqueles il le rcn- 
dcfi à lieu à autrui fc il le revenoit querrc, &: quant il revint à li querre fon Chc- 
v.il , il ne trouva pas fon Cheval en le garde doudit Jehan, ;parcoi il rcqueroit que 
tidit Jehan feuft contrains à li rendre le Cheval que il li avoir baillié à garder. 

A che rcfpondi Jehan que il rcconnoiflbit bien que li Ghcvaus U cftoit bailliés > 



hre XXXVI. j^j 

gai-dct &: pai'Iouicr, & que Pierre qui li bailla li die cnfaigncs par Icfquclcs jI rcndc- 
iîft le Cheval à cheli qui les cnfaigncs li aporreroit , & un lions vint à lui que il ne 
connoiiroïc &: li dift , bailliés moi chc Cheval à chcs cniaigncs,&: li nomma les pro- 
pres cnfaigncs que hdic P. li avoir dires , parquoi il ne vouloir pas clhc remis à rendre 
le Cheval pour che que il h avoir baillié &; délivré par les cnGigncs qui li avoicntcllé 
baillices, demandé fu à Jehan fc il le pouroir prouver que il rcndclîit le Cheval parles 
cnfaif^ncs qui li avoienc efté bailliées, il dift que ncnml fors que par ion fercmcnc , & 
pourtanr s'en vouloir partir , demandé fu à Pierre par fonlcremcnt le il avoir envoie 
querre li Cheval par tcles cnfaigncs que il avoir baillées audit Jehan, iS^ il rcfpondit 
que nennil, & fcur chc fcmiftrenr en droit li lidir Jehan s'çn p^flcroit par fon fc- 
renient ou fe il feroit tenus à rendre li damage dou Cheval, 

Il fu jugié que Jehan ne fen pallcroir pas par ^low icrcmenr , ainchois feroit reftor 
audit P. dou pris que fon Cheval valoit, & a ce jugier furent meu li houmm par dcus 
refons , la première refon fi eft por che que négligence de nul home fi ne s'cfcufc pas 
encontre autrui damage , & che fu le négligence de Jehan de rechcvoir enfaignes fi 
haulr, ou fi en apcrt que autres perfonnes que aus deux les oift ou fcuft , car par chc 
que les enfaignes furent oies daucun larron , puer eftre li Chevaux perdus. 

Le féconde refon qui muet les hommes ii fut pour che que chofe mifc en vuarde 
ôc mccfmement par loier £\ doit cftre rendue à cheli qui en vrrarde le mift ou à Ion 
chertain quemandement , & par che Jugement puet on vcoir que il i a péril en 
vuarde rechcvoir , car il porroit eftre que cil qui le Cheval bailla à garder l'cnvoia 
querre comme lierres par les enfaignes que il avoir bailliés en cntcncion de redeman- 
der loi à cheh qui le rechut en vuarde, &: pour che moult fet il bon garder comment 
on refoit le chofe eu vuarde, &: commenr on le rent. 

Pierre propofa contre Jehan que il eftoit venus en le Mefon doudir Jehan, comme 
chics fon hoftc ou il avoitrepcrie & efté aurrefois , & fî requift que il le heberiaft,&: 
lui &: fon Cheval, fi comme il avoir fet autrefois, 6^ Jehaiis refpondi que il fie pou(Mr, 
car fes hoftiex eftoit tous plains d'oftes ^ mes il li enfaigneroit bon oftel , &; P. li dift 
que il li fift mener, à donques Jehan envoia fon valet pour mener lediét P. chiez G. 
qui eftoit Ofteliers & mit fon Cheval en rEftable,& prift enl'Oftel de G, del'Avai- 
ne , & donna à fon Cheval, & quant il s'en fu partis pour aler au marchié, fon Che- 
val fu pri en l'eftable , bc fu cmblés , &: quant il revinr il demanda à Guillaume 
che qui fon Cheval eftoit que il li rendcfift fon Cheval que il avoit perdu en fon 
pas baiUié en vuarde , ne que de fon Oftel, &: G. li avoir refpondu que il ne li avoit 
Cheval ne favoit il riens parcoi il requeroir que ledit Jehan pour che que il li avoir 
loé rOftel à bon, &: que il h avoir envoie par fen valet li rendcfift le damage de 
fon Cheval. 

A che refpondi Jehan que il connoiftoit bien que il li avoit loé l'Oftel à bon, &à 
le bon le croit il , & que il l'avoit fet conduire dufques à l'Oftel par fon valet , mes 
il ne vouloit pas pourtant eftre tenus à rendre le damage du Cheval , &: feur chc fc 
mifrenr en droir. 

Il fu jugié que Jehan n'eftoit pas tenus à rendre le damage dou Cheval, car l'en 
doit croire quant il avoit autrefois efté fes Ofte , & avoit efté hebergié en fon Oftel 
fauvcmcnt, que il li enfeignaft l'Oftel Guillaume , pour che que il le creoit à bon, & 
pour caufe de bone foi, & l'en fe doit penre plus prez en Jugement de aflburcque de 
condampner quant cil qui fe deffent met en le deff^encc caufe de bonne fol. 

Or veons fe Pierre euft demandé en Jugement fon Cheval à Guillaume , en quel 
Oftel il fu mis en le manière delTus dite , fi lidit Guillaume fuft tenus à rendre le da- 
mage dou Cheval , nous difon que nennil , car il ne fi fu pas baillié en vuarde , & a 
ce que li Oftes foient tenus à rendre les chofes perdues en leurs Ofticx qui hirenr a 
leurs Oftes , il convient que eles leur foient bailliées en vuarde , &; que l'on die a l'Ofte 
ou àrOftefte gardés vous che, car autremant porroient li Larron qui le hébergent 
cmbler ou fere embler à leurs meifnie ou à autres leur Chevaux ou leurs chofes que 
il porteroient ez Oftiex, & puis demander les à fOfte, &: ainlint porroient cftre li 0~ 
ftcs decheuz , & ce ne feroit pas refon, &: encore à che qui eft baïUié as Oftes elpe- 
îCiaumcnc en vuarde puet il avoir remcd^ pour les oftes que il ne feront pas tenus a 



j^^ Des chofes frejlées t fée 

rendre chc qui fera emblc , fi comme quant il cft apcrtc chofc & bien prouvée que îî 
Larron cmblent des chofes à l'Olle aulli comme des chofes as01leiiers,mes pour chc 
que h Ofte pouroic mucicr fes chofes , &: dire le ai che perdu pour aus ofter du da- 
mage , ou pour embler les chofes à leur Oftes meifmes , il convienc que che foit prou- 
vé par Maifon enfofsées,ou par Huis, ou par Huches brifiéeslà où les chofes eftoient, 
ou par cri qui i eufb efté , ou par hu aprez les maufcdeurs , &: par chele manière de 
voies qui aperenc toutes clcres fans barat fe pueent li Oftes défendre envers chausque 
il ont ofteles quant les chofes mifes en le vuarde de l'Ofte font emblces , &: nepour- 
quant en cel cas li Offices dou Juge fi y doit tenir grant lieu , car il doit favou- de 
quele vie & de quelc renommée li Oftes eft , & fe Icn le truevc de mauvefe renom- 
mée il ne doit eftre creus ne pour Mcfon cnfoffe , ne pour huche brifié, car tout 
che porroit il fcrc mauvaizement , & moult cft bonne chofe &: convenable au Juge \ 
de defpechier mauves Hofticx &: foupechoiineus , fi que li Trcfpafîans puiiîcnt alcr 
en leur Marcheandifes &; en leurs befoignies bien famcment, car moult eft grant pé- 
ril de hebcro-icr por convoitife de vuaignier , qui loiaumcnt ne le fet , &c qui n'a af^ 
fez bonne renommée, car il avient aucune fois que cil qui entrent ;enfemble en un 
Oftel fl murdriiîcnt li un l'autre , ou emblent li uns à l'autre que li Oftes n'en fait 
mot devant que li maufeteur fen font aie , & que il truevent le fet, en tel cas on ne 
fet qui mefcroire fors les Oftes , fi en ont mainte fois li Oftes qui coupe ni ont affcz 
à Ibuftnr, car de tiex fes qui font fi orbes on ne fait qui foupechonner fors les Oïics 
qui hebergies les avoient , &: en che cas riens ne vaut tant aus Oftes comme quand 
on les trueve de bonne renommée par bonne enquefte. 
Chi defîne li Chapitre des chofes bailliés en garde: 



£hi commmçhe li trente feptiefme Chapitre , liquiex parole des chofes prejîées , &\ 
comment cil qd les empruntent en pueent ufer. -^J 

CHAPITRE XXXVil. 

IL i a grant différence entre chofe bailliée en garde &: chofe preftée , car chofc bail- 
liée en garde puet bien eftre en telc manière perdue, que cil qui la prift en garde 
ne l'eft pas tenu à rendre la , fi comme fe ele cft perdue fans le coupes de chelui qui 
en garde la retint , fi comme par feu , ou par iaue , ou tollue par forche , ou par lat^ 
rons, ou par chc que la chofe perift de foi meifmc, fi comme chc eft chofc vive qui 
muire , ou vin qui devient mauves , ou ble qui mefale , ou robe qui empire par vers, 
ou par enviehr , ou par autres chofes qui pueent cmpirier, fans le coupes de chelui 
qui en garde les prift , mes autremant eft de la chofe preftée , car en quel manière que 
elc foit perdue , ou par le coupes de chelui qui l'emprunta, ou fans fes coupes, il eft 
tenus k rendre la chofe qui li fu preftée , ou la valeur , fe la chofe eft en tele manière 
perdue, que cle ne puift eftre telle rendue , que quant ou le prefta , car fe je ai prefté 
fourment à ancien tout fain, &: il me le veut rendre mefale, je ne fui pas tenu à re- 
prendre neis fe chc eftoit li fourment que je preftai , qui fuft empiriés en ics Guer- 
niers ; car chofe preftée fi cft chofe bailliée à autrui , en tele manière que l'en la raie 
au terme qui i cft mis , & dufqucs au terme li cmpruntierres en puet fere fon pourfîr, 
& mètre en fon pourfît, mes che ne puet il pas fere de la chofe bailhée en garde ,^ &: 
puis que l'en puet fere fon preu de le chofe preftée , il eft moult bien rcfon que l'en 
la rende auflint fouffifant comme ele eftoit quant ele fu preftée. 

Se la chofe preftée eft preftée fans mètre terme de ravoir la, li termes cft venus 
quant cil la vient ravoir qui la prefta, ncpourquant il le porroit demander en tel point 
demander , que li cmpruntierres ne feroit pas tenus à rendre li tantoft , h comme ic 
aucun me preftoit armcures pour le doute de mes anemis , &: il les me rcdemandoit cl 
point que je ferois armés, & en tel lieu que je ne pourois pas autres recouvrer, en tcf 
cas je ne lui feroi pas tenu à rendre, devant que je feroi en lieu feur,oii je mcpeufic 
defarmer y & auffint d'un Cheval fe il mettoit prefté pour Guerre , &: l'en me le dc- 
mandoit cl point que je feroi monté dcftus en lieu penlliex, &: par chc que nous avon? 
dit des Armes &: du Cheval , puet l'en vcoir des autres chofes prcftccs qu J fpnt de 



chapitre XXXV II, jpy 

,înandccs du prccfleur ou temps qui n'eftpas honcftcs, mes fans pcril de cors,& fins 
l|)cril d'avoir très grant damage , je fui tenus à rendre chequi me Fii preftc fans nul dc- 
laicment, &: nepourquant le je ne le vucil rendre, & li premières le vient ravoir par 
forclie de Jufliche , il convient que il me fâche ajourner , &: quand je ferai venus en 
^ourtjil convient que il me déniant che que il mcprella, éc le je li eonnois que- 
mandemcns me doit dire tes dou rendre en le manière que len fct des autres dctcs 
quinelfent ^cs marchiés ou de convenanchcs, exceptées aucunes chofes prellccs que 
len doit plus haftcr , car fe je eonnois devant Juftichc, que je aie le Cheval d'aucun 
en m'cftablc, ou fes ouftiex decoi il doit ouvrer, ou autre chofe qui cft: en me Baillie 
prefentement, autre chofe que dcte de deniers, je doi cftre tantofl: contrains au rendre, 
mes fe je nai pas che qui me fu preftc en me Baillie , à donques me doit fere qucman- 
dement que je le rende, fi comme il cil dit dcfllis. 

Qui prcftc il doit prcfter fe chofe &: non pas l'autrui , & cil mcifmc qui emprunte 
doit favoir que la chofe que il emprunte foit à chclui à qui il l'emprunte , car fe je em- 
prunte à aucun che que je fay qui n'eft pas ficn, je ne le puis retenir ,.fe cil qui ic 
chofe eft m'en pourfieut , voirs eft que je doi avoir jour de querre mon garant , pour 
che que je tieng la chofe d'autrui main que de la fiene, «& fe je ne puis avoir mon 
garans, fi comme fe il eft mors ou manans en eftrange pais, cil qui la chofe prueve à 
fieue l'emporte , & quant il convient à P. rendre à J. ce que G. li prcftu, il le doit 
fere par Juftiche , car fe il le rendoit audit J. fans Juftiche, tout feull il que la chofe 
fuft toute fieue , il ne feroit pas quites vers ledit Guillaume qui li aroit preftée , & 
auffint ne feroit il fe il li bailloit par Juftiche de fe propre volenté , fans requcne (bu 
garant , car chafcuns cft obligics envers chclui qui prcfte par rcfon de prcft , &: a- 
Vant la doit rendre à li que autrui , & quant ele lui cft rendue , cil qui l'emprunta 
en eft délivrés, &: fe aucuns autre i fet fen droit, par Juftiche le doit pourchacicr, &: 
fe aucun me pourfieut d'aucune chofe , que aucuns autres me prcfta , & je remef. le 
chofe en le main de chclui qui le me prefta, je doi eftre dchvres, & fi ne fais à nului 
tort. 

Nous avons dit deflus que chacuns eft tenus à rendre le chofe preftée auffint en- 
tière comme ele cftoit quant l'en le me prefta, & che eft voirs, &: nepourquant d'au- 
cunes chofes preftées n'eft pas tenus li empruntierres à rendre les auffint fjuffîfins 
i fcomme il les emprunta , fi comme fc aucuns me prefte fon Cheval pour fere mon la- 
H bour ,ou pour chevauchier , & je li rcnt plus megre &: plus travaillié que il n'cftoic 
■|M[uant je l'empruntai , je n'en fui tenus à fere nul reftor fe il ne me pleft , puifquc je 
^^E rent fans mort & fans aftolure, & en cel cas difons nous tout autel dès Chevaus 
^^^ui font bailliés à louages , mes fe li Chevaus muert ou mehaigne entre les mains de 
\ cheli qui l'emprunta , ou qui le loua , il eft tenus au damage rendre , & auffint fe au- 
\ cun me pirefte fe robe , pour mon veftir , & il la fueftre tant en ma Baillie , que la Ro- 
\ be empire par enviefure , je ne fui tenus à rendre fe Robe fors tele comme ele eft 
; quant len le me demande, car pour che que tclcs chofes empirent par veftir ou par 
cnviefir , l'en doit croirre que cil qui le prefta qui bien favoit que ele empiroit , aimoic 
tant chelui à qui il fift le preft, que il li donnoit l'ufage dou veftement , tant comme 
il li pleroit, & fe il lefi"a tant à demander , fors tele comme ele cft ^ &: auffint fe aucun 
me prefte un mui de Fourment, ou un mui de Seigle, ou d'Avaine, ou de Vin qui 
vaut quarcnte fols le jour que il eft preftés, & quand le Prcftierres le veut ravoir il 
ne vaut que vingt fols ou trente fols , il ne puet pas demander à chelui à qui il prcfta 
que il li rende che que il a perdu ou preft , car fc l'en me prefte Grain ou Vin , je né 
fui tenus à rendre fors autel Grain ou autel Vin, comme l'en me prefta , ne l'en ne 
doit pas penre garde fc il monte ou abeffe au Marchié , mes en le chofe preftée tant 
feulement,nepourquant fe aucun me prefte Grain,ou Vm ou Robe,ou Chcvaus,ou autre 
chofe quele que ele foit, &: je requiert à chelui à qui je le prcftai que il le me rende, 
& il ne le puet ou ne vient rendre, fe le chofe preftée empire puis feur moi , par la 
defaute de ce que ele ne me fu rendue quant je la demandai , je puis demander par 
rcfon , puis lequcs en avant le damage de l'empirement de le chofe preftée , car je rie 
doi pas avoir damage en che que l'en ne me vont rendre che que j'avoie prefte , &: 
aucremaot gaaigneroienc li mauves paieur par leur barat fouvcur , Çi comme fi je pre- 

Bb 



jpS ^Dss chojès prefiées , &Cc 

ftai à aucun mon Blé par le chicr tans , &: par chicr tans le rcdemandoi , &: cil qj'' 
remprunta ne me vouloir rendre , ainchois pourchafl'oit délai, fans mcn rcfpit & fan: 
mcvolcnréjcn &: che délai pendant &c en pourchacant^ce que je li preftai Blés veno:i 
ù meilleur marchié par l'Aouil qui vcnoit en cel délai, ou par autre caufc, en cel cj'; 
li Empruntierres feroic tenus à moi rendre mon Blé de le valeur que il cftoit quani 
je li demandai; mes autre cJiofe fcroit fe je demandoi mon Blé devant 1^ bon tans, 
car adoncques ne li pouro\^e demander que il me fill nul reftor dou damage. 

Bien fc gardent cil qui preftent, qui il repreingncnt le chofe preflée cl point que li 
Empruntierres l'offre à rendre , car fe il le refufc &: le chofe preftce cm.pire puis l'of- 
fre dou rendre , li Empruntierres n'efi: tenus à fere nul rellor de rcmpircment,{i com- 
me fe aucun me prcfte unMui de Blé &: vaille quarante fols au jour qu'il me fu pre- 
ilés,mcs je n'ai pas en enconvientà rendre quarante fols pour le Mui de Blé, & apre^; 
je regarde mon bon point pour moi acquiticr, & offre le Mui de Blé à rendre de aulîi 
bon Grain comme il me fu prcftés , tout ce que il ne vaille que vingt fols le M ni, 
el point que je l'offre à rendre chelui qui le me prcfl:a ne le puct rcfufer, &: fc il Icrc- 
fufe ou délaie à penre pour che que il vaut mains que il ne tefoit quant il le piefta , 
& en cheli delaiement Blés enquierit fi que il revient en aufli grant quierté ou en plus^ 
comme il cftoit quant il fu preftés , je ne fui pas tenus à rendre le Mui de Blé, me;î 
tant comme il valoit au jour & à fheure que je l'offri à rendre , car maie chofe feroic 
que je recheuffe damage, par che que fen ne vont rechevoir mon paiemant,mes pour 
che que en demander ce que l'en me prefta, on en offrit paiemant à faire ,pouroit a- 
voir fraude ou barat,fi comme fe je demande à aucun che que je li auroie preflé en lieu 
defconvcnable à moi paier, pour che que je ne vouroie pas que il mepaiaft, fî com- 
me fe je li demande en pafl'ant, bieaus Sires paies moi , &: je n'aticndc pas fe rcpon- 
fe; ou je li demandoi el point que je verroie que il fcroit fi enbefoigmés , que il ne 
f orroit à moi entendre , ou en aucune autre manière, malicieufement de tiex deman- 
«les fe pourroir li Empruntierres cfcufer, car quant l'en demande fe dete ,ou ce que 
l'en a preflé, l'en doit la demander par devant bonnes Gens , fans cfpier lieu defcorr- 
venable, ou querre Loi par Jultiche, &: il n'a point de différence entre dete de loial 
marchié & chofe preftée ; car chofe preftée eft bien dete à chelui qui l'emprunte. 

Len doit ufer des chofes preftécs felonc la manière que ele fu preftée,& nient au- 
trcmantjcar fe je emprunte un Cheval pour chevauchier je ne le doi pas mètre à 
la Charuë fans le congié de chelui qui le me prefta, ou fe l'on me prefte aucune cho~ 
fe pour mon ufer , je ne le doi pas prefter à autrui, ainchois doi tous jours eftre fî Si- 
re de qui m'eft prcfté , que je le puifî'e rendre quant cil qui le me prefta le voura ra- 
voir ; & cil qui n'ufe pas ainffint comme il doit de la chofe preftée , fe damages en 
avient , li Empruntierres le doit rendre à chelui qui le prefta.. 

Se l'en me prefte aucune chofe en tele manière que je fâche de l'emprunt aucune 
chertaine befongnc qui eft dite à fEmprunter, & en tele manière que, je le doi ren- 
dre à chertain ]or nommé j& il avient que je face autre chofe de le chofe preftée que 
je n'ai enconvenanchié, cil qui le me prcfîan'eft pas tenus à atcndre le terme que \\ 
me donna de la chofe rendre , pour ce que je fais de la chofe preftée autre chofe qin 
il ne fu convenanchié à l'emprunter , fi comme fe l'en me prefîe un Cheval pour tra - 
re à ma Charue dufques à la Touffains , Se quant je ai le Cheval ne le met pas à ii ,, 
Charuc, ainchois le fais chevauchier, en ce cas & en fcmblables li Preftierrcs n'cftpas 
tenus à atendre le jor de la Touffains pour che que je ufedou prcft autremant que je 
ne convenanchai à l'emprunter , car il avient fouvcnt que l'en prefte à fon ami au- 
cuae chofe pour fere aucune chofe chertaine que l'en ne li prcftcroit pas pour fcre 
autre chofe que celc qui eft dite à remprunter , & pour che avons nous dit que l'en 
Joit ufer des chofes preftécs en le manière que il fu dit au Prcfteur a l'Emprunteur , 
& tout ainffint que nous avons dit des chofes preftécs, difon nous des chofes baillées 
par louier, car nule chofe bailliée par louier ne doit cftre mile en autre ufige , que 
cil chekn pourqui ele fut louée , &c qui le convcrtiroit en autre ufage , fe d.miages en 
tient liLouierres s'eft tenus à rendre le damage a celi qui le chofe li loua. 

Toutes chofes ne font pas à prefter , car nus ne doit prefter che qui plus nui- 
ifoit à l'Emprunteur que il ne lui aidcroit, fc ccn.me fc aucun vouloit tcre mcftcc , 



Chafitre X X XVlIL ^99 

'\ '& je li pi-cftoi mes Amies ou m'Efpce pour acomplir fc foie volcntc , je li nuiroi 

"^ j plus que je 11 aideroi , car i! pouroit moule bien fcre folie pour l'aide de mon prcll, 

t 1 & je mcifmes n'en feroie pas délivres fc il cftoic prouve contre moi que je li prc- 

'i I ilaffe à eiTicnc pour mal fere , & avant ne doic je pas prcfter ou donner Vin a. hom- 

* ' nie ivre, ne Macliue à Fol ; & à brcmcnt parler, nus hors ne doit fcre don, ne prcfl:, 

ne louage, ne aide , ne confort contre Dieu, ne contre bonnes meurs ; &c quicon- 

ques le fct à Con eilient , fe il l'eu mefavicnt , che eft à moult bon droic. 

Chi deiîne li Chapitre des chofes prcftées. 



Chi commcmhe li trente -h Hi^iefme Chapitre qui parole des chops hailliéesparLouieY 
OH afferme y ç^ de En^agemens. 

CHAPITRE XX XVII ï. 

NOus avons parlé des chofes baillices en garde , &: après des chofes prcftces -, 
or eft bon que nous parlons un petit & brienicnt des chofes qui font bailliées 
à louier, car il a dilference en pluricx cas entre les chofes qui font bailliécs pour louicr 
& chelcs qui font bailliés en garde , ou pour prcft , par la rcfon de gaaing que cil 
doit avoir qui le chofe loue , car cil qui baille à garder ou qui prefte fans u{\irc , ne 
puet demander arriéres que la chofe que il bailla à garder ou que il prci'ta tant fcu- 
ii ' îemcnt, mes cil qui baille aucune chofe à louage le puet demander quant [li termes 
].;i eft pafles & le louage qui fu convenanchiésavec. 

j.y Louages fî fe font en pluriex manières^ car les unes chofes font louées à chcrtaiii 
ij termes &: les autres à Journées, &: les autres pour fere aucune chertaine befoigne fans 
,.1;, nommer ne jour ne terme de ravoir,&les autres par condicion,fi doit on favoir que l'en 
içii .«îoit ufer des chofes louées felonc che que l'en convenanche au tenir , nepourquant 
j.h en aucun cas puet fen ufer de ce que l'en loue autrement que il nefu dit au louier, 
jji! fi comme fe je loue une Mefon en entention de manoir i dufques à chertain ternie 
il &: aucun empeefquemcns me vient parcoi je ni puis ou ne vucil manoir , pour che 



;j| ne demeure pas que je ne puiftc le Mefon louée mettre en autrui main en mon preit 
, ■ fezant dufques au termes , nepourquaiit il ne me loit pas à mette i h grant Seio-neur 
^ que le chofe louée puiflc cmpiricr par fon feur fer, fe je me fcs feurté au Louceui: 
de rendre le damage , Se aulfint fe je ai un Cheval loué pour traire à la Charue duf- 
ques à la Touftains , il m'c loit bien à prcfter loi ou à louer à mon Voilïns , mes de 
toutes chofes louées fc cil les met hors de fe main qui les prcnt à louier il demeure 
obligiés envers cheluy qui li loua de la chofe rendre , & du damage fe il i eft,& du 
louier qui fu cnconvenanchics. 

Quant aucune chofe eft louée dufques à chertain terme fi toft comme li termes eft 
venus la chofe louée fi doit cftre rendue, & li louages , & fc cil qui le loua tient puis 
le terme contre le volenté de chclui qui le chofe eft , cil qui la chofe loua fe puet 
plaindre de nouvele deflaifine , tout l'ait cil qui la loua tenue un an ou dcus ou plus 
par la rcfon du louage, mes que li Louerres qui fe veut plaindre, fe plcigne dedcns 
l'an que li termes du louage pafla, & que il h ait avant requis que il li rende fe cho- 
fe que il li loua par devant le Juftichc ou pardevant bonne gcnt, Se adonques fe il 
ne li vout rendre fe puet il plaindre en le manière defllis dite , car chelui fi ne fe 
pourra aidier dou tans que il tint à louage, &: fe il pleft au Demandeeur il le puet 
moût bipn fievir par autre voie que par nouvele Deflaifine, en requérant que fe cho- 
fe h foit rendue que chelui tient. 

Se aucuns a loué une Mefon ou une autre chofe dufques à chertain terme, &; il 
avient que li termes pafle en tcle manière que cil qui le chofe eft fe teft , & cil qui 
le tint par louier ufe de le chofe aulTuit comme il fefoit el tans que il le tenoit à, 
louage, & après cil à qui le chofe eft le demande &: le louier de tant de tans coûme 
il l'a tenu puis que h termes pafla , nous créons que il ne feroit pas dcfadvenanc de- 
mande , car par che que chacune partie fc teuft , il apert que le louage duroit par 
le confentemcnt de aus deux , meefmcmcnt quant cil qui le chofe loua ufa comme 

Bb i; 



200 Des chofes fêtes far îoukr. 

de chofc louée puis le terme aufilnt comme devant faifoit, & aucune fois avicnt il 
que chicx qui louent les Melons à autrui ou autres chofes dufqucs à chertiain terme, 
que quant li termes eft venus font hors dou Pais ou en grans befougnics, ou chelnt 
meilmes qui le Mefon loua , fi que il ne pueent pas commenchier nouviau louage, 
& nepourquasit bonc foi fi doit élire gardée, & le bone foi fi eft que fe cil demeure 
en le Mefon louée puis le terme que il pait felonc che que il fera en le Mefon, & fe 
il en vieut eftre quites fe il s'en voife hors de l'Oftel quant li termes fera venu,& fc 
il avient une pieche après le terme, après che que chafcun fe fera confentis , li uns 
à ufer de la chofe louée, &C li autre à fouffnr que cil qui la choie eft le vueil ravoir^ 
i-l convient que cil qui maint en leMefon,ait terme de vuidier le lieu felonc fon eftat, 
de huit jours ou de quinze à l'avenant regart de le Juflichc , car maie chofe fcroit 
que chiex qui mainent en autrui Mefons feullent fi haftc de hors ifhr que il ne 
peufTent leur chofes vuidier avant leur oifluc. 

Li Louages qui font fes pat jornécs ne durent fors tant comme les deus parties fe con- 
fentcnt au Louage , car cil qui la chofe loue la puet redemander fi toft comme il li 
pleft , & le Louage des journées que la chofe a eflé tenue , & aufîint cil qui la chofe 
loua la puet rendre quant il li plefl par les journées paians , & ncpourquant'puis que 
la journée eft entamée ne tant ne quant fe cil qui le chofe loua la vieut rendre il doit 
paicr toute le journée entière , aulTmt bien fe il le rent à, Prime comme fe il le retl- 
doit aus Vefpre^, car puis que le journée eft commencié ele eft toute à celui qui loua 
la chofe , car fe je ai loué un Cheval à journées , je ne le puis pas redemander ï 
l'eure de Prime , ne de Tierche , ne devant que le journée eft acomplie , aincois fc je 
le vueil ravoir jedoi requerre àchelui que il le m'envoit quant le journée eft acomplie^ 
oufi matin que je puifle fere mon Efploit de le journée que il me fera envoies, fi com^ 
me à Soleil levant ou ainchois, àc auflînt comme nous avons dit dou Cheval enten- 
dons nous des autres chofes qui font louées par journées. 

Se chelui quiloueaucune chofe par journée tient la chofe contreîouée levolentédfc 
chelui qui le chofe eft , &: après che que il li a demandé, fa chofe a tout le louier con- 
vcHablement fi comme il convient que il rait fe chofe par Juftiche, chelui qui tint le 
chofe par louier n'eft pas tenus tant feulement à rendre le Louage des journées aute- 
les comme chelles qui furent enconvenanchiées el tans que il tint le chofe par le 
gré de chelui qui ele eftoit, ainchois eft tenus à rendre tout le damage que cil ot qui 
la chofe li loua el tans que elle fu tenue contre fe volenté , car l'en Cet monlt bien 
que les Sefons ne font pas omnies eu Louage, fi comme une Voiture fi doit cftreplus 
chiere louée en Aouft, en Vendenges & en Mars que en autres Selbns , fi n'eft pas 
refon fe aucun tient une Voiture d' autrui par Semaines ou à journées , &: cil qui le 
loua le vieut ravoir pour fere fon pourfit pour le Mars ou pour l'Aouft qui aprouche,( 
fe cil qui devant le tenoit à Louage le tient le Mars ou l'Aouft contte le volenté de' 
chelui qui le chofe eft , il n'eft pas refon que il s'acquite pour auteles journécs,coin- 
me il fefoit devant , car adonques gaaigneroit il par fere tort , &: l'en doit favoir que 
cil fet tort qui tient autrui chofe contre la volenté de chelui qui ele eft, fans avoic 
bone caufe de tenir la, fi comme par louier dufques à terme, ou par engagement, ou 
par Ferme , ou par moût d'autres refons femblables , par lefqucles l'eu puer bien a-^ 
voir ufige feur autrui chofe toutfoitle propriété à autrui. 

Or font aucunes chofes louées en autre manière', fi comme pour fere aucunes 
chertaines befoigncs , fi comme fe je loue un Cheval pour chevauchicr de Clermonc 
dufqucs à Paris, fi doit l'en favoir quant tiex louage eft fes que l'en en doit ufer eit 
tele manière comme il fu enconvenanchié: car chil qui loue le Cheval àchevauchier. 
dufques à Paris , ne le doit pas chevauchicr outre Pans , ne ne le doit pas mener autre 
chemin qui foit plus greveux ni plus lointieng que cil quifu dis de Clcrmont à Paris, 
nepourquant il avient aucune fois que l'en ne puet pas mener ne tenir teles convc- 
nanches por caufe de neceffîté, Ci comijie fe cil qui entcndoit à aler à Paris aprcz che 
que il eft efmeus oit nouvieles par Icfqueles il li convicrtgnc haftivcment paficr P.iii',, 
ou tourner autre chemin , parcoi il demeure plus que il ne cuidoit, & plus long clic- 
min qu'il ne cuidoit ; en tel cas doit il cftrc efculé pour le cas d'avanture, toute voi': 
par le dammage rendant à chelui qui le Chevaus eft felonc le tans de le denicurc â«ï 



Chapitre XXXV 111. 201 



felonc le (Trandcur de le voie, &: par chc que nous avons die Jou Cheval loue pour ferc une 
chcrcaine voie,puet Icn entedre des autres choies louéespour fcie autre choies chertaines. 

Autres manières de Louage font qui font fcs par condition , fi comn.e le je difois 
à aucun je vous lotie ma Melon dix livres duiques à la faint Jean, en tclc manière 
que je aie fc Mefon por les cent lois dufques audit tcrmc,ieil ne le me vieut délivrer 
& bailler por les cent fols , je ne lui pas tenus à iiu baillier me Mefon pour les dix li- 
vres, &: aullînc comme nous difons de le Mefon difons nous de tous autres loua- 
ge , & de toutes convenances, &: de tous marchics qui font fes par condition, car il 
convient le condition aemplir, ou che qui a efté enconvenanchic efl: de nulc valeur. 

Quant aucuns loue ou marcheande,ou convenanche aucune chofe par condition, 
il eft el chois de chelui qui le condicion doit mètre à fin, ou delelfier la quant che ell 
fet par condicion ; en telc manière que fe il le vieut aemplir , li Marchiés , ou le Con- 
venanche , ou li Louage fi doit eftre tenus , &: fe il ne li plell acmplir le condicion,oa 
ne li puet contraindre fe il ne s'obligea ou cbnvenancha que U l'empliroit , fi comme 
fe je loue à aucun mon Cheval, ou prefie en tele manière que il me doit prefter dix 
livres dufques à chertain terme, & les me convenanche à prefter, en tiex cas &: en 
femblables eft len tenus à emplir les condicions , car fe il ne voloit pas penre mon 
Cheval , (i comme il fu dit, fi m'eft il tenus à prefter les dix livres puifque il ne de- 
meure pas en moi que il n'ait le Cheval. 

Comment que je tiengne ma Mefon ou en Fief, ou en Vilenage, fe aucuns maint 
dedens par louier,&:ilnemcpaieraon louier as termes qui fontdevifes,je puis pcnrc dou 
fien dedens me Mefon pour le louage, comment que il fe foit obligiés pour autrui , 
ou envers autrui, exceptée le fefine dou Seigneur de qui je tieng me Mefon , car fe 
me Mefon eft fefie ou li bien de cheli qui me doit men louier par mon Seigneur par 
deflus , je doi pourcachier que la fefine foit hors avatlt que je i mete la main , ou re- 
querre que il me £iche paier ce qui m'eft deu par le refon dou Louage, & fe cil qui 
en me Mefon maint veut vuider le lieu , ains le terme ou aprez terme, ou en apert, 
ou en rechelée ^ je puis arrefter ou fere arrefter lequel qui miex me pleft , fes biens , 
tant comme il font en me Mefon , mes fe il font mis hors avant que je fâche l'Arrêt 
feur autrui ]uftiche que feur le moie,)e ne le puis arrefter de m'autorité , que il ne 
me convenift le lieu refiifir & amande fere , ainchois me convenroit pourcachier de 
men louier par le Seigneur de chelui qui le me doit, ou moi penre âmes pièges , fe 
je les ais. 

Chaus qui louent les Hiretages à tenir toute leur vie ou à Hiretage à aus & 
à leurs hoirs , font tenus à maintenir les Hiretages loues fe il pueent en aulfint bon e- 
ftat comme il les priftrent , ou au meins en autel point que il vaillent le louage , & fe 
il le veulent empirier en delpechant Mefons , ou par couper Arbres fruit portans , ou 
pour eflarter Bos ou Vignes, fi Sires qui le bailla à loiiage, n'eft pas tenus à che fouf- 
frir , car il en pouroit naiftre damagies que len li pourroit lelÏÏer le lieu pour les Cens 
ou pour le Louage quant il feroit Cmpiriés , mes bien en fâche cil qui \ç.%. tient izw 
pourfit en tele manière comme il li pleft fans fere tiex empiremens, & aucune fois a- 
vient que cil qui prennent aucun Hiretage à Cens ou à Louage à tousjours, baillent 
en lieu de feurté en contre à Cens d'Hiretage, pour che que fc il avient que cil qui 
prennent l'Hiretage à Cens ou à Louage les veulent Icflîer pour che que il leur fcm- 
ble trop chiers , ou pour che que li lieux eft empiriés,que cil qui le baille fe puift 
penre à fon contre à Cens, qui li a efté baillée par pièges , & au lieu que il bailla tel 
comme il eft quant il fu leffiés , &; en che cas difon nous que puifque cil qui l'Hire- 
tage bailla a Cens ou à Louage, a feurté d'autre Hiretage , que l'en appelé contre à 
Cens , il ne puet biau veer que cil qui fon Hiretage tint à Cens ou à Louage n'eu 
face fen pourfit en toutes manières , excepté vaaft &: clTil , car mon propre Hiretage 
meifnies ne me loift il pas à gafter ne à eflîUier par mauvefe caufe, pour che que che 
,feroit li damage des Seigneurs de qui je tieng les chofcs encontre le quemun pourfit, 
& auflint comnle cil doit eftre juftichiés qui art autrui Mefon à efcient,doit ilcftrc 
fe il art le fieue Mefon mefmes en entention de ardoir le fon voifin qui eft prez,car 
li aucuns font haineus & fi félon que il voudroicnt bien fere damage à aus meifmes 
jour fere damage à autrui , & por che ne doivent il pas cftrc cfcufe pour che fc il fe 



Des chofes fit es far louier. 



202 

font dam.igc, ainchois doivent eftre jugie fclonc rentcation que il avoient de autrui 
giever , ^Tchclc cntcntion puet cftie {"cuec par leur reconnoiilanche ou par. menaces 
prouvées. 

Pour chc que nous avons parlé de bailler contre à cens pour Hirctage prins a 
Cc!!S ou à Louicr , l'en ne les puet pas baillier par la Couftume qui orendroit'queuit, 
ib chc n'cft par l'acord des Seigneurs de qui li Hiretages meuvent que on vient bail- 
lier à contre cens , pour chc que li Hirctage qui cil bailliés par manière de feurté , {i 
ne puce puis cftre donnes ne vendus , ne Iclhés en Tcftament , ne eftre mis hors de 
le main de chelui qui en feurté le bailla , le chc n'ell: o toute le carchc de le feurté,- 
che eft à dire que fe le Cens ou le Louage n'cft paies , que cil qui la chofe bailla a 
Cens ou à Louage , fe puet penre à ce qui li e(l baiUié à contre cens en quel main 
que il le truifle, & ainiint perdoiciir fouvcnt li Seigneurs leurs ventes, pour che que 
l'en ne trouvoir qui acataft tels Hiretages pour le carchc de la feurté devant dite , 
&; pour chc eft li rcftraint que il ne puet mes cftre tes fins l'acorr du Seigneur, &/ 
fe aucuns le fet fans l'acort &: fuis la feurté dou Seigneur , li Sires puet gettcr la. 
main à rHircra^e , tant que che la carchc du contre à Cens foit oftée, &; adonques 
cil qui l'avoit prife pour feurté de chc que il avoit baillié à Cens ou à Louage, puet 
fucvir chelui qui ne li puet garantir fon contre à Cens , à che que il li garantiHe , ou 
que il li fâche autre feurté fouffifanr , & le cil qui prift la chofe ^\ Cens ou à Louage, 
i\Q puet tant fere vers le Seigneur que il fueftrc le contre à Cens , ne il ne puet feré 
autre feurté fouffifant , cil qui bailla le chofe à Cens ou à Louage, le puet redeman- 
der arriéres , tout foit ce que cil à qui ele fu bailliéc li die que il le paiera moult bien, 
car nus n'eft tenus à baillier fe. chofe à autrui fans feurté, fe il ne li plcft , & puis 
que cil ne puet fere le feurté que il ot enconvencnt, li marchics ne doit pas tenir. 

Le Couftume de bailler Terres gaaignaules , ou Vignes , ou autrcs_Hiretages,lef- 
quiex il conviengne labourer eft tcle , que chelui qui le prent à Louage ou à Ferme, 
doit fere feurté de paierie Louage ou l'aftcrme, avant que il heveles dcfpueillcs pre- 
mières , tout n'en euft il pas parlé au marchié dou Louage , car il me l'oift bien à bail- 
lier ma Terre vuidc en lequcle il convient mètre labeur &: couft , fans demander feur- 
té dufques à tant que les defpeuilles font aparans, car che eft bonc feurté quant cil 
qui la chofe prent , i met tousjours dou lien en amandant le lieu , dufques à tant que 
che vient au defpouillier , mes avant que il defl'aifiilc le heu , il me doit fere feurté fc 
je le requiert, &: fe il ne le vient fere , &: il a bien le pooir du faire , je puis tciîiir 
les dcfpueillcs en ma main , tant que je foie paies de mon Louage &: des Arrierages, 
fe il en i a aucuns, &: que je foie leur dou tans avenir, fe il l'a encore à tenir par le 
marchié mes autremant feroit fe il u' avoit pooir de paicr,ou de tenir, ou de faire 
le feurté, fi comme feil cftoit d'eftrangc pais, parcoi il ne puet pas avoir pièges, ou fe 
il eft pouvres, parcoi on ne li vient pas plegicr, en tel cas ne perdra il pas fon mar- 
chié,ainchois doivent eftre les chofes mifes en fauve main, fi que chelui qui le bailla a 
Louage, foit tout premier paies de fcn Louage,&: aprez chelui qui prift lemarchié,aa 
tout fe remenant pour fcn labour , & fc cil qui le marchié bailla fe repent, pour chc 
que il h fiulc que il le bailla por trop petit pris , & veut ofter le marchié , & fainc qr, :^ 
chelui qui le print ne l'en puet fere feurté, che ne h vaut riens tant comme cil qui 
le prift mctc en le chofe labour fouffifant, & que il vucille que les oiftues fbient eu 
main fauve, dufques a tant que cil Ibit paies de fon louicr pleinniercment , car au- 
tremant perdroicnt fouvcnt li pouvres &: li cftranges les bonsmarchiés que il penroicnt 
à Louage , efquicx il gaaignient leur vivre par leurs labours, 

Chelui qui prent aucune chofe à louicr ou en garde par louicr, & après la pert y:,. 
jiccrlicTcnce , ou par mauvcfc garde, n'cft pas cfcufés de rendre le damage , aullliit 
comnie cil qui le prent en garde fans louicr ,ainchois eft tenus à rendre ce qm li 
fu baillié à Louage, o tout le louicr , car le louicr que il prent pour le chofes garder 
l'obliire à rendre la chofe qui li fu bailliéc en garde , &: ncpourquanr forche deSei- 
f^neur en efteflîcutée, car en quelc manière que je aie autrui chofe, fe forche de Sei- 
gneur le m'oftc ouarreftc, fms mes coulpes , cil qui la chofe me bailla le doit dé- 
livrer envers le Seigneur qui la prife ou arrcfté , ne moi m'en puet il fievir fe li ar- 
ics ou la prifc ne fu fête pour le caufc de moi, ^ nepourquant il pourroit avenir que / 



Chapitre X X X V 1 1 1. 20^ 

aucun malideufemcnt le pouroit fere penre, ou fefir par fon Seigneur , & quand cil 
que le chofe Icroic la redcmanderoit au Seigneur , fe il vouloir aurre chofe que bien, 
il duoit a vous ne fui je tenus de rien à rcfpondre, car je ai pris leur mon Juftichau- 
Ic, mes tele refponce n'a pas lieu, car tout ait li'Sires Judiche en le Terre &; pooir 
de pcnre par refon dejurtichc, fe aucuns vient avant qui die que la chofe prinfc cft 
fieue &C la vieut prouver à ficue, li Sires li doit rendre fe il la prueve à ficuc , fc il 
nemonftre que il la tiengne par caufe refgnaule de chelui qui le demande à avoir 
car nus ne doit perdre le fien pour autrui mcffet , fe il ne ft efl: obligic par Plcweric, 
ou par Compaignie, ou par autre manière. 

Louages ne engagemens lî ne doivcnt.pas cftre f:iuffcrt , fi coriime nous avons di 
ailleurs , efquiex li Seigneur fi pueent ellrc adamagies , &: aufîînt ne font pas à fou- 
frir cheus qui font fet contre Dieu , ne encontre bonne renommée , ainchois en doi- 
vent eftre chaus moult durement punis qui tiex Louages ou tiex engagemens font, 
lî comme fe aucuns loue ou engage les chofes iainrcs , qui font iacrccs ou cftablics 
pour Dieu fervir, car fe les chofes faintes (ont bailliccs à louicr che eft Simonie, mes 
fe aucuns a Galice ou Veftemens ou autres chofes pour Dieu fervir , bien les puet 
prefter ou donner en tel lieu que Diex en foit fervis , &: non pas en autre lieu , & 
fe li Sire trUevc en fa Terre aucunes tiex chofes en main-laie par engagement ou par 
aucune lede manière , il le doit penre & remette en lieu fiint ou lieu dont eles vin- 
rent , & fe il ne puet favoir le lieu dont eles vindrent , en lieu honneftc de fiinte 
, Efo^lifelesmete, & chelui' qui prefta aucune chofe fus iî doit perdre ce que il preila. & 
encore créons nous que l'en ne li fet nul tort fc on en lieuvc Amande , car nus 
hons lais fi ne doit prefter feur tiex chofes, &: fe li Clerc ou les EgHfcs font tiex cho- 
fes vers les autres autremant que il ne doivent, nous ne voulons de che parler, pour 
chequeas Juftiches laies n'en apartient à parler de levenganchc,mes à noftreSeign^iur 
• & à leur Ordinaires 

Une trop mauvefe Couftume fouloit courre anchiennement fi comme nous avons 

chtendu des Seigneurs de Lois , car il avenoit que uns Hons louoit une Famé duf- 

ques à chertain terme pour chertain louier que il li donnoit avoir à faire à li ou à 

autrui, & fefoit jurer ou fîanchier à le Famé que cle li tienroit tel Convenant , & li 

■ aucuns fi louoient Campions en tele manière que il fe dévoient combatte pour tou- 

I tes lés quereles que il aroient à fere ou bonnes ou iiiauvefcs. Tt li Juif ou li Bougres 

donnoient aucune fois louier as Chreftiens en tele manière que il n'cntraffent en 

fainte Eglife devant Un terme qui eftoit enconvenanchiés entre aus SZ leur faifoienc 

jurer , & au tans de lors il cftoient contrains par les Juftiches laies de tenir leur Con- 

venanchcs, & tout che que il avoient juré à tenir; mes Dieu merchi télés mauvcfes 

; Couftumes ne queutent mes, ainchois fe tex Louages eftoicnt fet maintenant l'en pu- 

.-niroit moult grièvement de cors & d'avair chaus qui louicr en penroient &: chaus qui 

]. les en baillieroient , &: fe aucuns l'avoient pris par erreur il n'cft pas tenus à tenir ccl 

; jSerment , comment que il ait recheu le louier , & miex vaut fe il a pris louier pour 

; ifere tiex chofes defconvenables que il en euvre par le Confcil de fainte Eglife que il 

; lie rende à celui de qui il le prent, &nepourquant fc che eft Famé qui prift louier pour 

\, pechier nous nous acordons fe ele eft poure que li louicrs li demeurt pour fon vi- 

:, vre, & ne foit pas contrainte de fe Gonvenanche tenir, car cel daln.agé & encore plus 

i. gr^int doit bien rcchevoir cil qui tel louage fet , &; à bricment parler , Marchié, 

1: ne Convenanchc, nePreft, ne Engagetnens , ne Louages , ne Foi, ne Seremcnt qui 

foit fet contre Dieu , ne contre bones meurs n'eft à tenir, ne cil n'cft pas parjures 

1: que lefle le mal à fere que il jura à fère , car le repentanche doit fet que il left'c à tere 

ir 3or l'amour de noftre Seigneur le ramaine en l'eftat que il eftoit devant ce que il filt 

li e Seremcnt , ne mes que il euvre par fainte Efglifc dôu fol Serement , nc nus né 

c[|loitfere Vilain fet pour fiuver fon fol Seremcnt. 

;ij Toutes les fois que li Seigneur tiennent autrui chofe en leur main pour aucuns fi 
;,. .pomme lès Biens dé foubz aagies , ou les Biens de aucuns qui s'en font allés pour che 
If. Ijue ils doivent trop , ou par la fieue dete meifraes , ou pour aucunes autres caufes , 
,( par lefqueles il convient chèque li Sircs tient vendre ou louer , les Ventes , ou li 
1; souages doivent eftre fet à chaus qui plus i vuelent donner , ^ par Rcnchieriffc- 
■ 



^ Des chofès fites far lomef. 

, , r j ^„ ion/'f-<; niic l'en mctc tele tans ou Renchienr-^ 

„.cns , 5. quand des ^-^'^^^^tlTi^^^^^^^^^ rcfcouvre le fe U . lavcnc leur 

fcmens que autre G- pu^^ ^-^^^ ^^ ^^^ ^^^^ P^^., ç^^^,, j^ nature des chofcs, ca. 
pourfit, & h terme dou R^^^^^iem lement j^^j^^i^,,,,^rement doit cftre plus loue 

fe che eft Bois qui foit a vendre ir te me dcai lU^^^^ . ^^ ^j^^^,^ ^^^^^ 

que che feeftoit Eles ou Vins °^ /y^^/^;!^^/"^^^ ^ neîi Sircs ne doit pas re- 

fors che qui i eft regarde P^^ «!^ /^f^^ ^"^^^ ouc pour autrui, car fe U les prenok 
tenir pour loi les choies q";,^\^^°^^^^7;X,!on ^contre U que il ne les^uft à 

plus chieres q.^ ^^^ -^^^^[^ f ^ ,l'^t'ete pL^rfiev. de cheFui qui les chofesau- 
greigneur marchiez & pK^toltpo F ^^^.^ ^^^^^^^ ^ ^^^ 

roientefte le e les ^^^^^ ^ ^^^^^^"t iX^- P^^^^ '" donne la Juftiche n'en puct 

^TS;Çtoir que^Lot^ ^^r;:::^!^:^^^:^.^^ 1:^::^^ 

L'irTuf^es rLr:e' oM dX TtouLs les chofeslouées ii doivent ellremain- 
& h autres le ^oua c p , ^^,^^ ^^ ^^^^ ^^ ^^^^^^ oncqucs mes 

Sx':" ^in,c fc aucun ou. '^j^^^fi:^^:^^'^:^:::^^ 

le Coullumccft tclc que c,l q"';= " " ^.^""^esmenues , mesftraoles faille,,- 
doit livrer Chcvllcs, Maux Aune fonfftn le coupes de chcUn qu, le t,e,K ! 
ro"uri,^rTd:C,f:n'îer"J,™.enfua,rpas par. au ^arel,. ferc 

ntZ:t^:t:Z^^^<^<^^ dufques .certain «r„,e ce „., 
,as^orKac,,renareque,fpu,|l^.eV,™„^^^^^^^^^ 

-S5E5Sirfe^^^r^^^^^^^^^ 

5e aucuns loucu p^^rr -^ ^relfoirant & fe cil qui le tient a louier par/o. 

fo qu, dowent eftrecn P"^- P«^°'„7^ , ,Hofes qu, font des appartenances d, 
feurfct bnfe ou delp,ece ou pert auc.i , ^^ 

l^'^^rpi' tHrq:r,t:n''s d^barptroreà-^otlros fuft pour che que cl qui, 

trjo^rLU^rdrrequ^fon^f^^^^^^^^^^^^ 

r;SdrpSrv"St vèt™r^ Xi -c ««. , lou,er ven,,l à eftra,„dr. 
le tult ûu prciiou vi^ rl'Onmcs coume len avoit acouftume autre fc 

prefforr quant, ron,p^ for. que^^^^^^^^^ ""atrc de fon Lcuer,. 

len ne h do,t pas demande, ^^"^V' mouvier , quant il convie 

S4 fe dî q tfcnt le prelTooir à louier met à l'eftraindrc du Prelloir quatre homm 
mais le cU q"^ "^"^ F , acouftumée à mètre que deux ou trois , ou h Mo 

ou cmq, ou lix auqud len n ^^°i^^^°" . ^ ■ p^r quoi H fers dou Moulin ro. 

feurfes r,en de lou.er que ■ P"™ '-" '« ^^ i'' ,t X chofcs louies , ainfint coi 
chaus qui tiennent autru, cl,o e a 'ou.et que '' " . ^ ^,i j.^ j^^„, 

"=l\ ^::rsT«"'SrV,:^!::ir,r.net"qr<^l :,n ,,,,unt ,arlou,e^ 

r,ens'tLr?r,l t 1, p.c.1 i nretre nus cous en la Me on ap ncrlher -e,,u a, ck 

le ao,t ferc apareriher c^^^^^^^ ^a^^e^t ;:,^r;;iervt,"n:rJla,^ 
Cil en pmft fcre fon pourht qu U louc, <x i^ i i ^^^^ ^^^^^ 



chapitre XXXV 11 L ^oj 

iment chcoir, oucle en eft en pcril fe l'en ne ic fcqucm-t prochainement", ou ele dcf- 
-queuvie , fique il pleut ens , &: cil qui la Mefon eft u'cft pas fi près que îcn li puifTe 
ferc favoir le mcfchief de fc Mefon , cil qui i maint doit monftrcr bcfoi<T \ le Juftiche 
ou à bones gens fc il ne puet le Juftiche avoir , &:idoit mctrc le couftcmcnt par leur 
icu , pour le pourfit de le Mefon , & fe il le fet en chefte manière , che que il i met 
Il doit cftrc rabatus dou louier, &: fe il avoit le louicr paie , ou il n'en doit pas tant 
comme li couftcmens montent , li Sires de la Mefons cft tenus à li rendre tout chc 
que il i auroit mis , &£ avec tout che que il i auroit mis, &: avec tout che il li en doit 
favoir bon gîc , car il avicnt à le fois que che qui ne coufte que vingt fols en apa- 
reillier une Mefon , couftcroit dixlivres ou plus, fc ele n'eftoit fecourue haftivemenr 
ncpourquant cil qui en le Mefon maint par louicr, ni cft tenus à riens mètre fe il ne 
li plcft , comment que il aviengne dou loicr &: dou damage, mes toutes voies le doit 
il fere fivoir au pluftoft que il puet à chclui qui le Mefon eft le pcril de fe Mefon, &; 
fe il ne le fet pot li ferc damage & oftc lui &: fcs chofes pour le chclccment por che 
que il vicult bien que le Mefon fonde por che que il puift dire que il n'eft pas tenus 
■M louicr paier , tel barat ne li doi: pas valoir, ainchois fe l'en voit tel malice l'en le 
Goic contraindre à paiet tout le damage qui cft avenu par fon barat, car nus barac 
lit doit aidicr à chclui qui le fet à efcient. 

Chaus qui louent Mefons,ou Vignes,ou Pres,ou autres Hiretagcs,les doivent délivrer 
à chaus à qui clés font loués,en telemanierc que il en puifTentfcrc leur pourfit felonc che 
pourquoi il les loucrent,&: fe il demeure en chaus qui les chofes louèrent, fi comme fe il fe 
repentent doU Marchié , por che n'en font il pas quites , ainchois doivent cftre con- 
trains par Juftiche \ che que il délivrent les chofes à chaus à qui il les louerenr,& fe li tans 
dou Louage pafielePlet pendant,ou une partie dou tans,pour che que il ne les ^'ourcnt-^e- 
livrcr à tans ne à eure,cil qui les louèrent leur pueent demander tous les pouifîs, que il i 
peuflent avoir cuz fe les chofes louées leur euflent été baiUiées felonc le convenant 
puis que chêne fu fet parleur coupes ne en leur defaute, que l'en ne leur bailla. 
Et auflint difon nous que fe aucuns loue Mefons , Vignes, Prés ou autres Hireta^es 
dufques à chertain terme , & après cil qui le doit tenir à louier fe repent , & ne vient 
pas entrer el Marchié par le Louage , fe il plcft à chclui qui les chofes loua, il puec 
ieflier les chofes vuides , &: demander à chclui le louier qui fut enconvenanchiés 
I & feil li plcft il puet fere tenir les chofes en fauve main par Juftiche, & pcnre les 
Ipourfîs qui en iftiront par defleur les cous , &: fe il ni a tant de pourfit comme li 
louicr monte , il puet fievir cil qui il le louadu Rcmenanc, mes fe il avicnt que il 
retiegne en fe main che que il avoit loué quant il voit que cil qui fift marchié ne 
le veut pcnre , il ne puet pas après demander le louier ne le damage , car puis que il 
îe retint en fe main el tans que autres le dévoient tenir, il apert que il aficntift que 
marchiés fuft defpechies fe il ne le fift par l'acort de cheli qui le marchié devoir te- 
nir , fi comme fe il li avoit dit, fêtes voftre pourfit de che que je avois loué à vous, 
& fe vous iavés damage que il ne vaille pas tant que je l'avoie loué à vous, je le vous 
rendrai & vous croirai dou damage , en tel cas le porroit il retenir en fc main , & 
puis demander le damage par fon ferement , &: par che qui eft dit deflus puet l'en 
veoir que toutes manières de Louages, foit d'Hiretages ou de Muebles , doivent 
cftre démené felonc ce qui fut enconvenanchié. 
'■ Chi define h Chapitre des Louages & des Engagemens, 



Çhi commenche li trente neufiefme Chapitre de che Liiire , liquiex parole des 
Prue^es & de faujjtr Tefmoins , ^ des efpurgemens ^ & dou penl 
qui ejî en menachier , ^ de dire contre Tefmoins , & quiex 
cas pueent cheoir en prueve. 



V 



CHAPITRE XXXIX. 

O I R s eft que il font pluriex manières de Prueves , par Icfqueles ou par au- 
cunes defqueles , il foufit que cil qui ont à prouver leur entention la pueent 

Ce 



2oS Des Pi'ue'ves t^ de faujfer Tefmowgs ^ &c. 

prouver , &r pour che nous traiterons en chefte partie quantes manières de Prucvr? 
font , &: de la vertu que chacune manière a en foi, &: quant li poins cft venus dou 
prouver , &: comment on puet & doit débatte Tcfmoins. 

Il nous eft avis felonc noftre Couflume que huicl manières de Pruevcs font ; Le 
première fi efl quant cil à qui l'en demande, congnoift che qui li cft demandé , foit 
que il le congnoiflc fans niance fcrc, ou après che que il avoir le chofe niée, & chcfl(e 
Prucve fi cft la meilleur &: la plus clerc & la mains coufteufc de toutes. 

Le féconde manière de Prucve fi eft par Lctrcs , fî comme quant aucun-s s'cfl 
obligics par Lctrcs, & cil qui fe oblija nie l'Obligation , il ne le convient prouver 
fors par Letres de l'Obligation, fc cil qui la niancc fet , ne dit contre les Letres caufe 
fouffifans , parlaqucle caufe les Letres foient de nule valeur , &c de cefte manière de 
Prucve parlons nous aflez foufiifaumcnt au Chapitre qui parole d'Obligation £ctc par 
Letres. 

La tierche manière de Prueve fi eft par Gages de Bataille, mes chefte manière de 
Prucve ne doit pas eftre recheue fors es cas cfquiex l'en doit Gages recevoir , & de 
cliefte manière de Prueve & des cas ou tele Prueve doit eftre recheue, parlons nous 
el Chapitre des Apiaux , &C bien fe gart qui prent chefte Prueve , car toutes maniè- 
res de Pruevcs che eft la plus pcrillcufe. 

La quarte manière de PrueveS fi eft par Tefmoins , fi comme aucune chofe eft: 
niée &c 11 Demendierres l'offre à prouver par Tcfmoins , & en chefte manière de 
Prueve convient il deux loiaux Tcfmoins au mains, liqucl s'cntrefievcnt fans varier 
es demandes qui leur font fêtes après leurs fcremens , &; comment il doivent eftre 
examiné dirons nous ça avant el Chapitre qui venra après cheftui. 

Le quinte manière de Prueve fi cft par recort , fi comme quant aucuns dcfcort 
cft entre les Parties de che qui a efté pledié en Court par devant hommes qui doi- 
vent jugier , car tex manières de defcors doivent eftre apezié par le Recort des Tu- 
geeurs , &: à briement parler , nule manière de Prueve ne doit eftre recheue de nul 
cas qui doie choir en Recort fors la Prueve du Recort, ncis fc les Parties fe vouloienc 
mètre en autre Prueve , & li cas qui doivent cheoir en Recort font fi comme nous 
avons dit des defcors qui meuvent des chofes qui ont efté plaidiée pardcvant les Ju- 
geeurs ou quant Jugement a efté fes &: il a efté entendus divcrfement des Parties 
il doit eftre recordé par chaus qui le jugierent. 

Nus ne puet recorder de quercle qui a efté plediée en Court pfors cil qui puecMC 
jugier, & quant il recordent l'en ne puet pas d'aus appeler du recort, car fe il rç, 
cordent Jugement qui a été fes h Appiaus pafta quant on ne djft riens contre le Ju- 
gement, & fel'en recorde errement de quercle qui n'a pas encore été jugié , il n'i^^i*; 
point d'appel devant que le Jugemens eft fes. 

Nous avons dit que che qui eft fet devant hommes qui pueent &: doivent jur 
gicr fe doit prouver par recort & non autrcmant , &; que nus en che cas ne puet rer 
corder fors li Jugeeur , &:che cft vérités, mes pluriex cas font qui fe pueent &: doi- 
vent prouver par recort d'autres bonnes gens que Jugeeurs, fi comme dcfcort muet 
pour Convcnanches de Mariage , car en tel cas le Juge doit penre le recort de chaus 
qui furent as Convcnanches & les Convcnanches recordées , il les doit tenir , ou 
quant aucuns fc font mis en mifc, &: li Arbitre ont leur dit rendu, & defcort muet 
entre les Parties par che que chafcuns entent le prononchemcnt des Arbitres divcr- 
fement, ticx manières de defcors doivent eftre apaifiés par le déclaration que li Ar- 
bitre font en leur recort , ou quant Auditeur font baiUiéc à oir Tcfmoins , & il i a 
divers cntendemens ou dit des Tcfmoins , fi conune il avient que il i a deux cnteur 
démens en une parole , li drois cntendemens doit eftre crcus par le Déclaration àc^ 
Auditeurs , car il doivent micx favoir l'entcntion des Tcfmoins que cil qui ne furent 
par à foir. 

Aucuns fi cuident quant un hons qui tient fc Court a poi d'houmes , fi comme il 
n'en a que un , & aucune chofe chiet en Court que il puiftc recorder par foi ou par 
autres gens que par hommes de Fief , mes non fec ; car auflînt bien convient il que; 
le Court foit garnie pour fere recort comme pour Jugement , &: en Recort fercconr 
Vient il au mains deux hommes , auflînt comme nous avons dit ailleurs , que fi Jug€- 



i 



( 



Chafttre X X X 1 X. ^07 

gemcns de mains de deux hommes ne doit pas cftic tenus pour Jucrcmcns, ncpour 
un fcul Tcrmoing nus ne gaaigne fa qucrcle. 

La <îzine manière de prueve fi eft quant aucunes rcfons fonu propoiccs en Court 
& eles ne font niées ne debacues de parties, ehellcs valent comme connues &: prou- 
vées , & che crt rnout bien refon, car il loit à chafcun quant il ot propoler contre Ji 
chofc qui 11 puift nuire que il le debate par niance fere , ou par rclons propolccs en- 
contre pour cheles dellruire qui furent propofées contre li , Il coumc le je demande 
à un homme que il m.e paît vingt livres que je li prcftai fe il ne veut nier le preft^nc 
connoiflrc, il doit eftre contraint à moi paier, pui/quc il Ibit tenus à relpondre en 
ie Court ou je l'aurai fet traire par rajoumcmenti 

Le feptifme manière de prueve lï eft quant le chofe que l'en a à prouver, cft fî 
clere de foi nicifme que il m convient autres tefmoins , il comme fe je demande de- 
main à un home que il paie cinq fols d'une amande que il me fîll pour une buffe que 
il donna à un autre erj me Juftiche, & il connoift bien l'amande , mais il nie que clc 
n'eft pas de cinq fols , il ni convient point de prueve , car le Coullume cft fi clere , 
que ele fe prueve de foi mcifmes, & aufîint comme nous avons dit de chefte aman- 
de , difons nous de tous cas femblables , qui font fi cler par couftume, queilni con- 
vient amener nus tefmoins à prouver , car maie chofe fcroit fe il convenoit amener 
prueves en cas qui font ufe quemunement; mes quant aucuns cas avienncnt qui fonc 
en doute de Couftume , la pucvent chérir prueves. 

L'uitimc manière de prutve fi eft par prefonticiis ,& chefte manière de prueve 
fi puet eftre en moult de manières , car les unes fi pueent donner le fet fi cler que il 
tft prouvés par les prefontion^ , U. les autres font fi douteufcs , que li mcfixt ne fe 
jprueve pas par eles; & de ches deus manières de prcfontions parlerons nous un pe- 
tit pour che que eles aviennent fouvent, & pour che que l'en voie lefquclcs font Çx 
cleres que eles vaillent prueves , &: lefqueles font douteufes. 

Pierre propofr contre Jehan par voie de dénonciation fête au Juge que ledit Jehan 
à le vcue è<: à le feue de bones gens H avoit ochis un fien parent , &: eftoit li fes fi 
notoire que il fe prouvoit de foi meifme fi commenl difoit parquoi il rcqueroit qu'il 
en fift comme bon Juge. A che refpondi Jehan que il nioit moult bien ce fet, &: que 
fe il eftoit nus qui droitemcnt l'en voufift accufer il fen defendcroit , demande li fu 
du Juge fe il atter Jroit l'cnqucfte ou non du fet , refpondi que non > ncpourquant le 
Juge en hft une afrife de fon Office-, &: trouva par le ferement de bones gens que 
lidis Jehan courut fus à cheli qui fu mors le coutel trait j &: tantoft s'aflembla une 
grant trouble de gens en tour aus ,fi que il' ne virent pas que lidis Jehan ferift chelui 
qui fu mors dou couftel, mes il virent que cil Jehan fe parti de la prefle le couftcl 
nu & enfanglanté, &: oirent que cil qui mouruft dift il nia mors, &: en chefte aprife 
ne puet on voir fet notoire fors par prelontion , car nus ne vie le coup donner , nc- 
pourquant lidis Jehan fu condempncs du fet, &: jufticiés par chefte prefontion. 

Le féconde manière de prefontion fi eft li clere que ele vaut prueve , fi eft quant 
rnaneche cft fcte, &: aprez le maneche le chofe cft fête qui en le maneche fu pramife, 
ncpourquant l'en ne puet le fet prouver, mes l'en prueve le maneche feur chelui qui 
manecha , & par le maneche prouvée li Manechicrres cft prouvés du fet, &: pour fe- 
re plus cler entendement en che cas , pour mouftrcr le pcnl qui eft en nienachiennous 
recorderons un Jugement que nous en veifmes à Clermont. 

Une Famé de la Nuevevile en Hez dift à un Bourjois en fcmblaht d' eftre cou- 

rouciée en prefence de bones gent , vous me tolés ma Terre , &: mettez en voftre 

Granche che que je deufle avoir , & vous n'en jorrés ja , car je vous cnvoirai en 

voftre Granche les rouges Carpentiers,ne demeura pas puis demi an que li fer fu bouté 

enchcte Granche, &: ne feue nus quili bouta, mes la prefontion qui eftoit contre. 

la Famé par les maneches dcflus dites , ele fu prife & li demanda fen du fet, ele nia 

îe fet & les maneches, &: quant les maneches furent prouvées ele fu: jugié à ardoir, 

&: fi fu arfe , & par chelui Jugement puet on entendre le péril qui eft en manechier, 

. i La tierche Prefontion eft {\ clere que ele vault prueve du fet , fi cft quant aucuns 

■ icft tenus en Prifon pour aucune foupechon de vilain fet, & il bnfe le Prifon, & quant 

y jia le Prifon brifiée, le prefontion cft fi grant que il n'ofa atendre droit, & pour che 

Ce ij 



2eS D^s Prucves & de fa^Jfer Tifmoi?7gs , fÈc, 

fc il c'î; replis il cft jufti£hics dou fcc pour lequel il eftoit tenus. 

Le quarte manière de Prcfontion clerc fi cft, quant aucuns cft apelcs à droit pour 
foupcchon d'aucun vilain cas par ajournement, &: il fc met en toutes defaurcs &: atanc 
tant que il foit banis , fc il cft repris puis le Banniftcment, il eft juftichié fclonc le fet 
pour lequel il eft apelcs , &: par ches clercs Prefontions que nous avons dites vou-; 
poués entendre les autres clercs Prefontions qui pueent avenir , car toutes cheles qui 
avicnncnt, & qui font auftint clercs comme l'une des quatre deflus dites, pueent bien 
mette houmc à mort. 

Nus ne doit autrui juftichier par Prcfontion fe le Prcfontion n'eft moult apcrrc, 
fi comme nous avons dit deflus , tout foit ce que il ait moût de Prefontions dourcu- 
£c% contre chelui qui eft tenus, fi comme il avient fouvent que un Hons ne par: 
pas à un autre par haine pour che que li autres li a mclîet, & fi ne fi veuc de n 
chofe amender, &: tant que chelui eft tués &: ne fiit on qui l'a tué fors que l'en foi -^ 
pechonnc que cil qui ne parloit pas à li l'ait fet ou fct fcre , fe il eft pris pour 1 :■ 
foupechon & il nie le fer, & l'en ne puxt trouver le fet notoire ne on ne puct trr^ ■ 
ver que il le le manechaft, l'en ne le puct pas ne ne doitcondempner parle Prel. 
tion de le haine , &: par chefte Prcfontion dont il n'eft pas condcmpnés puct l'en c 
tendre moult d'autres Prefontions qui pueent avenir j par lefqueles l'en ne doit pas 
tenir pour atains du fetchaus fur qui teles Prefontions font trouvées. 

Toutes les huid manicTcs de Prueves que nous avons dites ont telc vertu que che- 
îvii qui a aprouvcr fe il prueve par l'une tant feulement il gaagne la quercle qui li 
cftoit niée, & quant une des prueves li fouffîft il ne convient pas que il l'oft're à 
prouver par deux manières de Prueves ne par trois, & fe il l'offre ne doit il pascftre 
recheu dou Juge , car fe uns hons dift , Sire, je offre à prouver che par Tcfmoins^ 
& fe li Tefmoingne me valoient fi l'offre , je à prouver par gages de bataille , il ne 
doit pas cftre rechus en tel offre , ainchois convient que il fe tiengne en une àcs voies 
de prouver tant feulement, & fe il faut à prouver par telc voie que il aura cflitc,iî 
ne puct pas recouvrer à une des autres voies de Prueves , ainchois pert tout che qua 
il avoit mis avant à prouver ^ & chiet autele amande vers le Seigneur , comme fe 
averfe partie feroit fe il avoit prouvé s'entention , &: de tiex manières d'amande» 
avons nous parlé cl Chapitre des Meftes, 

Tuit li defcort qui neffent ou pueent neftre de chofc qui a cfté plcdiéc par dc-^ 
vant houmes,ou de Jugement qiii a cfté fet par houmes,fe doivent*prouver par voies 
de rccort hc non autremant ^ mes fe il avenoit que le Juftiche euft aucun plet pat* 
devant li, auquel plet il n'auroit pas tant d'Oumes que il peuftcntjugicr ne recordci,, 
&: li Juges aflcnoit jour aux Parties par devant les houmcs, le Juftice qui aroit IcPicr 
oi pour mette le Pledoié en Jugement & au jour aftîgné devant les houmcs , le Jufti- 
che qui aroit lePletoi recordcroit che qui fu pledié devant li,lcs Parties ou l'une des 
Parties , ne fe tenroient pas à fon recort fe il ne leur plefoit, ainchois rccorderoicnr 
le Pledoié, &: fe il cftoient en defcort du Pledoié,il pueent oftrir à prouver le reme- 
nant par Tefmoins , &: fe il ne l'offrent à prouver pour che que li ]i>ges fu tout icv\ 
Pledoié, che qui fu pledié eft de nule valeur, & convient que il pledent tout de 
nouvel, car puifquc le chofc ne puct cheoir en Prueve ne en recort, tout che qui tu 
fet ignoramment doit cftrc rapelé &; doivent recommencier nouvel Plct. 

Chaus qui ont à prouver fe doivent pcnre garde en quele Cours il plcdcnt &: > 
qucle Couftimic , car tuit cil qui ont Jnftiche cir le Contée pueent maintenir le; 
Court , & fe il leur pleft fclonc l'anchienneCouftume, & fe il leur plcft , il la puce 
tenir fclonc l'cftabliircmcnt le Roy, &: pour checil qui a aprouvcr doit lavoir à qui i 
Couftume, li Sire vient la Cour tenir, car fc il le tient fclonc l'anchicnnc Couftun:. 
il li convient prouver s'cntencion à la prcmicre journée qui liiv fera affinée eu 
Prueve , &: fe il ne le prueve à chcle journée il pert fe qucrele , ne ne puer 
puis recouvrer à Prueve , &r fe il tient fa Court fclonc l'eftablificment le Roy il a dcu:; 
jours de Prueve, mes que il commcnchc à prouver à la prciaicrc journée qui h fei\> 
affinée ,. car fc il fe metoit en pure dcfaute à le première journée il ni rccouvreroitpa- 
9 l'autre , ainchois pcrdroit fi quercle par dcfaute de Prueve. 

Or vcous comment chaus encontre qui l'en vicut prouver fepuct dcffendre &:dr 



Chapitre XX XIX. 20 ^ 



crcs 



jouter le Pruevc par kquclc l'en vieuc prouver contre li, fe le Prucvc cft par Letr 
ou par Chartes , il la puet débouter par dire refons parcoi cle ne vaut pas , fi comme 
fe il vicutacufcr chclui qui la porte en Prueve de' fluiceté , ou fe il dit que il a plus 
«le vingt ans que le Letrc tu fcte, parcoi il ne vieut rcrpond<-e à le detc qui cft conte- 
nue dcdens , ou fe il alligue paicmant ou refpit , ou fc che eft Charte anchienne par 
îcquelc cil qui vicut prouver en vieut porter aucune droiture d'Hiretage &: il die 
contre la Charte , que il cfb en la fefine en l'ufage &: de lonc tans de che qui cft 
îcn la Charte contenu , & que il n'en ùfa oncqucs felonc la Charte que il a apportée 
avant , en toutes tclcs refons doit l'en eftrc ois contre Lctires. 

Se aucuns veut prouver par gages de Bataille , cil qui eft apclés fc puct deffen- 
drc par les refons qui f:iont dites el Chapitre qui parlera àcs deffences à l'apele. 

Qd veut prouver par recort des cas qui fe doivent prouver par recort,hqucl font 
dis delfus , l'en ne puet dire encontre , mais qui vourroit prouver par recort che qui 
fe doit prouver par autre voie de prueve , l'en le puct bien dcbatrc, 

Che qui eft aprouvé par fet notoire, ou par connoiflancc de la partie côritre qui 
l'en a à prouver, ou par les apertes prefomptions deiîus dites , l'en ne puet dire en- 
contre , car les caufes de eles mefmes ne doivent pas eftrc debatues, 

Qiu vieut prouver par Tefmoins il les doit amener bons & loiaux , &: qu'il foient 

bien chertains de che que il diront en leur tefmôîgnagc aprez leUrs feremcnt, &;tiex 

que l'en me truift en aus que repcnre , fi que ils ne puiflent eftre déboute , & pour 

che que l'en puet moût de manière tefmoins débouter de leur tefmoignagcs , nous 

1 (dirons ci aprez liqueî en pueent eftre déboute, &: comment &: en quel point lerr 

i \\ts puet &: doit débouter. 

j 1 Sitoft comme Icn voit tefmoins atrais encontre 11 , à le première journée , fc len. 
\ç.s veut débouter de leur tefmoignage , l'en doit dire les refons par lefqueles il ne 
doivent pas eftre recheus , tout avant que il fâchent le fercment , car fe il ont fec 
ierement de vérité pefiblemcnt à le veue & aie feue de cheli contre qui il font a- 
î trais , ou de fon Procurceur , il ne pueent puis eftre déboute de leurs tefmoignage , 
jains font approuve fouffifaument pour eftre oi, &: doit eftre le querele déterminée fe- 
jionc le depofition de leur tefmoignage, tout fuft il ainlfint que cil contre qui il font 
trais les peuft avoir déboutes devant leur feremcnt par bonnes refons que il avoic en-< 
contre aus, , 

Quant aucuns voit tefmoins apreftes de tefmcigner encontre li fe il les quenoifi: l£ 
tans elt venus de dire contre aus devant le ferement, fi comme dit cft , & fc il ac 
les qucnoift il puct rcquerre à le Juftiche que li non àiC% témoins &: le lieu donc il 
font li foient baillié en efcrit, &: que jour li foit donnés de dire contre aus , & doic 
fere retenue de dire contre auS au jour qui leur fera afllgniés ; & chefte Requefte lî 
doit fere li Juges , &: nepourquant len ne doit pas dctrier que li tefmoing ne foient 
oi, & leur dis mis en cfcrit & à confeilg , & quant che vient au jour qui eft aiïïgnés 
ide dire encontre les tefmoins , fi cil contre qui il font trait di bones refons, par lef^ 
iqucles il ne deuflent pas eftre ois , che que il ont dit eft de nuk; valeur , & fe chaus 
encontre qui il font trait leflent chelle jornée paflcr qui li fu aftigniée pour dire con- 
tre aus, il ni puct puis recoUvi:er,ainchois vaut li tefmoignagcs felonc ce que il ont dit. 
. Quant aucuns font atrait en tefmoignage , &: il dut fet leur ferenieiit de dire veri-^^ 
té, &: il rcqucrcnt jour de avifement, de che qui leur cft demandé , fe la Court eft; 
tenue felonc l'Etahliftement le Roy, il le doivent avoir , mes par l'anchienne Couftu- 
me , il ne le pueent avoir, car qui eft oft'ert à prouver par l'ancienne Couftume, doic 
eftre prouvé à la première journée , fi comme il eft dit deflus. 

En tous cas ou l'en puet lever tefmoins & mètre en gages , le Clers i foilc apeles 

pour tefmoigner, il pueent eftre déboute , car.il ne pueent eftrc trait en gagés , &: 

I fourche ne doivent il pas eftre rccheu en tel cas quant il font debatu. 

I Dames qui fiant atraites en tefmoignage ne doivent pas eftre rccheues , te ele's 

font debatues de chclui encontre qui eles font traites pour nul eftat que eles ayenr, 

foit que eles fiaient Veuves oix mariées ou Puchclcs, fors en un cas tant feulement ^ 

I cheft à favoir quant aucune chofc chiet en tefmoignage de neffance d'Enfans , ou de 

leur aage prouver , fi com.me il avieat que une Farac a deux Enfans maries Jumieaux^ 



8C li ainnes en vieut porter rainnccfce, l'en ne porroic Gvoir liquicx feroit ainnés fe 
ce n'eftoit par le tefmoignage des Famés, & pour che doivent des cftre crcues en 
ticx cas. 



Des Frueves & de faujfer Tefmoins , &c. 

leut porter l'ainnccfce, l'en ne porroic favoir liquiex feroit : 
tefmoignage des Famés, & pour che doivent cles cftre ( 

"Batars & Sers doivent cftre débouté de leur TcfmoigHagc, fe le qucrele n'cftcon^ 
tre Sas ou centre Bctar, car il ne pueent pas débouter chaus qui font de leur propre 
condicion , mes fe il fon atrait contre franche perfonne &: il font debatus , il ne doi. 

vent pas eftrc oi. ^ ^ . ^ n ' j -, r ■ 

Meliaus ne doit pas cftre oi en Tefmoignage, car Couftume s acordc que il foicnt 
débouté de la Convcrfxcion des autres gens. 

Chaus qui font à mcnPain èc à men Pot, ou en me Mainburnie, ou en menBail, 
ou en me Garde, ou qui perdent ou gaigncnt avec moi par rcfon de Compaignie, 
ne doivent pas cftre ois en Tcfmoignage pour moi , fc il Ibnt debatus de parue , car 
Prefontion cft contre aus que il ne duflent autre quofe que vérité pout l'amour de 
moi , tout foit il ainflint que nus ne fc doie parjurer, neis por fon Père. 

Nus ne doit cftre ois ne recheus en Tefmoignagc de che que il vieut tefmoigner 
en fon pourfit ou pour fe delivranchc^ fi comme fe aucuns vient tefmoigner que une 
detc paiée de laqucle il fu Plegc , l'en le puet bien débouter de Tefmoignage , car 
fc li paiemcns eftoit prouvée par h il feroit aquities de fe Plevinc , & ainlht tef- 
moi^-neroit en fon pourfit, laquele chofe ne feroit pas refon , & par chcfti cas puet 
l'en entendre tous les autres efquiex l'en pourroit avoir pourfit par fon Tefmoignage, 
foit de pourfit prefent ou de pourfit à avenir , car fe je fui trais en Tefmoignage d'au. 
cun Hireta<Te que cil demande auquel je fui drois Hoirs , ^e puis bien par refon eftrc 
débouté de mon Hiretage, 

Chaus qui font en guerre oti en haine tele que il ne parolent pas les uns aus au- 
tres fi comme envers chaus contre qui il font trait en tefmoignage , pueent bien e- 
ftre 'déboute de leur tefmoignage , car cruel quofe feroit que cil qui font en guerre 
contre moi, ou en fi grant haine que il ne parolent pas à moi , fuflent oi contre moi 
en tefmoignage. _ , , > r 

Se aucuns cft atrais contre moi pour telmoigner hquiex m ait manechic a rert 
sricf ou damage , je le puis débouter de fon tefmoignage , ne ne doit 'pas cftre ois 
îontre moi , ca^ par le menache eft prouvée la malc volenté qu'il a vers moi. 

Quant aucuns eft acufés d'aucun cas de crieme , par lequel il porroit perdre le \ 
cors , fe il en eftoit atains ^ & len veut oir tefmoins pour favoir le venté du fec , nus 
QTji foit de fa mefniée ne de fon hgnage, ne fe Famé ne doivent cftre veu en fe de- 
Lvranche, car péril feroit que il ne fe pa